Les chevaux émaciés ont un score d’état de chair très bas. Ils ont perdu énormément de muscles et de graisse.
Les chevaux qui ont souffert de négligence et de privation de nourriture risquent de développer des troubles de santé graves, y compris des effets néfastes sur le cœur et le tube digestif.
On doit gérer les chevaux qui présentent une insuffisance pondérale grave avec rigueur. Leur rétablissement requiert un suivi vétérinaire et de stratégies nutritionnelles ciblées.
On doit réintroduire la nourriture progressivement pour permettre à l’organisme du cheval de se réhabituer. Sinon, les changements métaboliques subis peuvent déclencher des complications potentiellement fatales.
Lorsqu’on réchappe un cheval très maigre, il faut commencer par lui donner de petits repas de fourrages riches en protéines, par exemple de la luzerne ou du foin de graminées de bonne qualité. Il faut éviter les céréales au début du régime de réalimentation pour prévenir le syndrome de renutrition.
Soigner les chevaux émaciés
Lorsque les besoins caloriques d’un cheval ne sont pas satisfaits, son organisme exploite en premier lieu ses réserves de graisses et de glucides (sucre) pour soutenir les mécanismes corporels essentiels. Une fois les réserves de graisses et de glucides épuisées, il commence à décomposer les protéines pour répondre à ses besoins caloriques. [1]
Par réserves de protéines du corps, on entend généralement les muscles. En effet, les chevaux qui n’ont pas reçu suffisamment de calories décomposent les tissus des muscles et perdent de la masse musculaire.
Cependant, en période de restriction calorique extrême telle que la privation de nourriture, l’organisme du cheval peut aussi décomposer d’autres réserves de protéines, y compris le cœur et les tissus gastro-intestinaux.
La détérioration des tissus cardiaques et digestifs s’accompagne de modifications du métabolisme qui peuvent donner lieu à des complications et à des troubles de santé qui requièrent les soins d’un professionnel.
Pour cette raison, chaque régime de réalimentation doit commencer par des soins vétérinaires et faire l’objet d’une surveillance étroite.
Le syndrome de renutrition
Le syndrome de renutrition ou de réalimentation survient lorsqu’on réintroduit trop rapidement des aliments nutritifs dans l’alimentation des chevaux émaciés. Chez les chevaux en bonne santé, les repas haussent les concentrations de glucose dans le sang et stimulent la libération d’insuline.
Il en va de même pour les chevaux émaciés. Mais l’altération du métabolisme des minéraux et des électrolytes stimulés par l’insuline chez ces animaux peut causer des complications potentiellement fatales telles que l’œdème, la diarrhée, des troubles neurologiques et l’insuffisance cardiaque. [2]
Un seul repas ne déclenche pas le syndrome de renutrition. Il se développe au bout de quelques jours ou d’une semaine. On doit procéder avec prudence pour réalimenter les chevaux émaciés pour leur faire prendre du poids. Cela doit se faire sous étroite supervision du vétérinaire afin de limiter les facteurs qui peuvent précipiter les complications.
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Le suivi vétérinaire
Les évaluations vétérinaires régulières et fréquentes sont cruciales, en particulier au début des régimes de réalimentation des chevaux émaciés.
Vous trouverez ci-dessous plusieurs troubles de santé courants que le vétérinaire souhaitera probablement évaluer et surveiller :
Les problèmes dentaires
Une dentition en mauvais état peut être à la fois le résultat de la privation de nourriture et de la négligence. Les chevaux négligés reçoivent rarement des soins dentaires adéquats, ce qui peut mener à des problèmes de dents qui nuisent à leur consommation de fourrage.
Les dents en mauvaise santé peuvent aussi contribuer à la perte de poids et avoir un impact sur les stratégies de réalimentation. Si le vétérinaire découvre que le cheval souffre de problèmes dentaires, le trempage de certains aliments comme les granulés de fourrage rend l’ingestion des repas plus aisée.
Les infections parasitaires
Le retour à un programme de contrôle des parasites normal peut atténuer les infections parasitaires et favoriser le gain de poids. [3]
En revanche, si le cheval est extrêmement maigre au début de la réalimentation, il peut être préférable d’attendre que son état de santé soit stable avant de mettre en œuvre un programme de vermifugation. [2][4]
Une collaboration étroite avec le vétérinaire permet de mettre au point la stratégie et le calendrier les plus sûrs pour vermifuger le cheval.
Les infections et l’inflammation chronique
Les infections chroniques peuvent contribuer à la perte de poids. Cependant, la privation de nourriture peut également augmenter la sensibilité à l’infection et conduire à l’inflammation chronique. [5]
On doit user de prudence pour mettre en place un programme de vaccination régulier qui doit se dérouler sous la supervision d’un vétérinaire. [4]
L’anémie
L’anémie est fréquente chez les chevaux émaciés. Elle peut être le résultat de troubles médicaux sous-jacents tels que les infections parasitaires, les infections subcliniques ou l’inflammation chronique associée à la privation de nourriture. [6]
Le vétérinaire peut déterminer si ces troubles sous-jacents peuvent être à l’origine de l’anémie et élaborer un programme sûr pour les rectifier.
Les anomalies biochimiques
Le vétérinaire voudra sans doute surveiller les concentrations circulantes de minéraux et d’électrolytes comme le phosphore, le magnésium et le potassium.
Ces niveaux peuvent être normaux avant la réalimentation. En revanche, un faible taux circulant de phosphate, également connu sous le nom d’hypophosphatémie, caractérise le syndrome de renutrition. Le vétérinaire surveillera probablement les taux circulants de potassium, de magnésium et de thiamine, car des niveaux bas peuvent signaler l’apparition du syndrome de renutrition. [2]
Le vétérinaire peut prélever des échantillons quotidiennement pendant la première semaine de réalimentation, puis plusieurs fois par semaine durant les trois premières semaines pour vérifier que le cheval ne développe pas le syndrome de renutrition. [2]
Les troubles métaboliques, la laminite et la fourbure
Les maladies métaboliques peuvent à la fois causer un mauvais état de chair et en être la conséquence. De plus, la réalimentation peut exacerber les troubles métaboliques existants.
Il faut surveiller de près le cheval pour détecter tout symptôme de laminite ou de fourbure pendant la réalimentation. On doit contacter immédiatement le vétérinaire si le cheval présente l’un des signes suivants de laminite lors de la réalimentation :
- une augmentation du temps passé couché;
- une réticence à se déplacer;
- une démarche au ralenti ou difficile;
- le basculement du poids sur les membres postérieurs.
La durée du rétablissement et le pronostic
Le temps dont a besoin le cheval émacié pour récupérer dépend de plusieurs facteurs, notamment de la durée pendant laquelle il a manqué de nutriments, du poids qu’il doit prendre et de ses troubles de santé additionnels.
On constate souvent une certaine amélioration du poids et de l’état de chair dès le premier mois de réadaptation. [7] Le rétablissement complet de l’état de chair des chevaux émaciés peut demander de trois à dix mois, selon l’état du cheval au début du régime de réalimentation. [7]
Le rétablissement du cheval dépend de la qualité des soins vétérinaires prodigués et de son régime alimentaire. Il exige beaucoup de patience. Il en vaut toutefois la peine une fois que l’animal est remis sur pied.
Il importe d’être conscient de la réalité quand on tente de réadapter un cheval émacié. On estime que 20 % des chevaux émaciés peuvent mourir lors de la réalimentation. D’autres peuvent mal réagir aux changements alimentaires même en bénéficiant du meilleur régime. [2][4]
Une gestion prudente et réactive de l’alimentation est cruciale pour améliorer le pronostic de ces chevaux.
Le protocole de réalimentation
Il n’y a pas qu’un seul régime de réalimentation qui vaut pour tous les cas. Le programme recommandé ci-dessous est fondé sur des données probantes et constitue un bon point de départ. [1][2][7]
Le régime de réalimentation optimal du cheval dépend de son score d’état de chair actuel. On doit aussi l’adapter selon que l’animal a été complètement privé de nourriture ou n’en a pas eu suffisamment. Ceux qui n’ont reçu aucune nourriture demandent habituellement plus de temps à récupérer que ceux qui sont sous-alimentés.
Nous vous encourageons à consulter un vétérinaire et un nutritionniste équin pour établir la meilleure voie à suivre selon les besoins précis du cheval concerné.
Pour vous aider à élaborer le meilleur régime alimentaire pour votre cheval trop maigre, nous vous invitons à nous soumettre un échantillon de foin pour analyse afin de déterminer sa teneur en calories et en protéines. Les résultats vous aideront à calculer la quantité de foin que doit recevoir le cheval chaque jour.
Il faut surveiller le cheval de près, en particulier au début du régime de réalimentation, pour détecter tout signe de syndrome de renutrition, de laminite ou d’autres complications.
Jours 1 à 3
Foin : 0,5 kg (1 lb) de foin de luzerne ou de graminées de grande qualité toutes les quatre heures.
Céréales : aucune
Autres suppléments : un supplément complet de vitamines et de minéraux à 50 % du taux recommandé et une cuillère à soupe de sel en vrac.
- Si le cheval n’a pas reçu de foin au cours des 24 heures précédant la réalimentation, on peut essayer de lui offrir du foin à la main une fois par heure le premier jour.
- L’objectif est de lui fournir 50 % de ses besoins caloriques répartis en six repas échelonnés sur 24 heures.
- Le foin idéal est feuillu avec des tiges fines, exempt de poussière ou de moisissure. Sa teneur en protéines brutes se situe entre 16 et 20 %.
- Il vaut mieux éviter les blocs de sel pendant les deux premières semaines de réalimentation.
- On évite aussi de donner au cheval des céréales et des friandises jusqu’à ce que son rétablissement soit très avancé.
Jours 4 et 5
Foin : de 0,9 à 1,4 kg (de 2 à 3 lb) de foin de luzerne ou de graminées de grande qualité toutes les quatre heures.
Céréales : aucune
Autres suppléments : un supplément complet de vitamines et de minéraux à 75 % du taux recommandé et 1,5 cuillère à soupe de sel en vrac.
- L’objectif est de lui fournir 75 % de ses besoins caloriques répartis en six repas échelonnés sur 24 heures.
Jours 6 à 10
Foin : de 1,8 à 2,3 kg (de 4 à 5 lb) de foin de luzerne ou de graminées de grande qualité toutes les quatre heures.
Céréales : aucune
Autres suppléments : un supplément complet de vitamines et de minéraux à 100 % du taux recommandé et 2 cuillères à soupe de sel en vrac.
- L’objectif est de lui fournir 100 % de ses besoins caloriques répartis en six repas échelonnés sur 24 heures.
Jours 10 à 120
Foin : on augmente lentement les quantités de foin de grande qualité distribuée toutes les 8 à 12 heures.
Céréales : lorsque le cheval a un score d’état de chair de 2 ou plus et qu’il se rétablit bien, on peut introduire lentement de petits repas de céréales (0,25 kg/0,5 lb).
Autres suppléments : un supplément complet de vitamines et de minéraux à 100 % du taux recommandé et au moins 2 cuillères à soupe de sel en vrac.
- Le vétérinaire et un nutritionniste sont d’une aide précieuse pour choisir une moulée sûre pour la réalimentation.
- La moulée choisie pour la renutrition doit être pauvre en amidon et en sucres. Les granulés ou les cubes de luzerne, la pulpe de betterave trempée ou rincée et les graines de lin moulues sont de bonnes options.
- Lors de l’introduction des céréales, il est préférable de les répartir en quatre à six petits repas par jour. On supervise alors leur consommation et on surveille de près les signes de syndrome de renutrition ou de troubles digestifs.
- Après deux semaines de petits repas de céréales, le cheval peut commencer à manger de plus gros repas distribués deux ou trois fois par jour.
Six facteurs clés à considérer pour la réalimentation
Il y a de nombreux facteurs à considérer pour savoir quand et comment réintroduire différents aliments lorsqu’on soigne un cheval émacié. Une gestion prudente peut faire la différence entre une récupération saine et la descente vers le syndrome de renutrition.
1) L’eau
La réalimentation doit commencer par l’eau. Le cheval doit avoir accès à de l’eau fraîche et propre en tout temps.
Si le cheval vit en groupe, il faut veiller à installer plusieurs points d’eau pour permettre aux chevaux qui se trouvent plus bas dans la hiérarchie sociale de pouvoir boire suffisamment.
2) Le foin
Le foin de bonne qualité peut diminuer la probabilité d’apparition du syndrome de renutrition.
La luzerne constitue un bon choix, car elle est relativement pauvre en sucre et en amidon, tout en étant riche en protéines et en calories. La luzerne fournit également une bonne dose de nutriments importants, notamment le phosphore, le magnésium et les électrolytes. [1] Cependant, il est important de s’assurer de conserver un équilibre particulier compte tenu de la teneur très élevée en calcium de la luzerne. La luzerne ne doit pas être donnée aux chevaux souffrant de problèmes urinaires.
Quel que soit le foin choisi, il faut le réintroduire lentement, en commençant par du foin de luzerne ou de graminées de bonne qualité. [1]
Si on réalimente un cheval pendant l’hiver, la consommation de foin hausse aussi la fermentation dans l’intestin postérieur, ce qui peut aider à réchauffer l’animal.
Il faut éviter les foins de piètre qualité ou fibreux qui peuvent irriter le tube digestif et causer la diarrhée. [1][7]
D’autre part, les foins de qualité moindre sont souvent moins riches en protéines, en calories et en minéraux que les foins de graminées et de luzerne de qualité supérieure. [1]
3) Le pâturage
Une fois que le cheval est stable et qu’il se porte bien avec un régime à base de foin, on demande au vétérinaire s’il est temps de réintroduire le pâturage.
Si l’herbe est luxuriante, on restreint l’accès au pâturage à trois à quatre sorties par jour d’une durée d’une ou deux heures pour éviter un apport excessif en glucides hydrolysables. Cette méthode peut aider à réduire le risque de laminite liée au pâturage. [7]
4) Les céréales
Une fois que le cheval est stable et qu’il se porte bien avec un régime alimentaire à base de fourrage, on peut ajouter une moulée commerciale à sa diète. Il est à noter que les chevaux n’ont pas besoin de céréales dans leur alimentation et qu’ils peuvent prospérer grâce à un régime alimentaire axé principalement sur le fourrage.
Si on décide de donner un concentré de céréales, on privilégie une moulée pauvre en sucres et en amidon, exempte de mélasse et idéalement à base de luzerne. [1]
On peut réintroduire les céréales au bout de quelques semaines si le cheval se porte bien et que son score d’état de chair dépasse le 2. [2] Il faut réintroduire les céréales lentement, en donnant de petits repas plusieurs fois par jour pour éviter de déclencher le syndrome de renutrition.
La moulée choisie doit fournir suffisamment de calories et de protéines pour favoriser la prise de poids, tout en limitant l’apport de sucre et d’amidon. [1][2][7]
Pour choisir la moulée qui convient, on étudie les composants nutritifs suivants indiqués sur l’étiquette de l’emballage :
Les sucres et l’amidon
Le contenu en glucides hydrolysables (sucres et amidon) de la moulée doit être bas, idéalement de 10 à 12 % environ.
Une ration riche en sucre et en amidon peut entraîner une hausse rapide de la glycémie et de l’insuline, et déclencher le syndrome de renutrition. [1][2][7]
Les matières grasses
Les sources de matières grasses ne doivent pas remplacer les calories provenant d’un foin de bonne qualité au début des régimes de réalimentation. Le foin de bonne qualité est normalement riche en protéines et en minéraux, ce qui est bénéfique pour les chevaux émaciés. [1]
En revanche, les sources de matières grasses riches en oméga-3 sont un aliment à haute teneur en calories qui convient lorsque le cheval est en bonne voie de se rétablir. [7]
Les huiles riches en acide gras oméga-3 DHA peuvent par ailleurs fournir un soutien anti-inflammatoire, ce qui peut être utile si le cheval souffre d’infections ou d’inflammation chronique liées à la malnutrition.
Les protéines
On privilégie les moulées qui contiennent environ 12 % de protéines brutes. [7] Les chevaux émaciés perdent souvent une grande partie de leur masse musculaire.
La réalimentation requiert des protéines supplémentaires pour soutenir la reconstruction de la masse musculaire et de la chaîne dorsale. L’objectif est de fournir 20 % plus de protéines que celles nécessaires pour répondre aux besoins minimaux. [7]
La source de protéines doit contenir le bon équilibre de lysine, de thréonine et de méthionine. Si ce n’est pas le cas, on peut ajouter un supplément d’acides aminés pour soutenir le développement des muscles.
Les fibres
On privilégie un aliment qui est une bonne source de fibres solubles pour promouvoir la santé de l’intestin postérieur.
Il faut réintroduire les céréales progressivement, en commençant par de petits repas fréquents, puis en augmentant la quantité des repas et en les espaçant. Bien qu’on soit tenté de donner une grande quantité de céréales pour encourager le gain de poids, le dépassement des besoins du cheval engendre plus de problèmes que de bienfaits.
5) Les suppléments de vitamines et minéraux
Un supplément complet de vitamines et de minéraux favorise le gain de poids et la santé métabolique tout en comblant les carences en nutriments.
Le supplément recherché doit fournir suffisamment de thiamine, de phosphore et de magnésium, car ces nutriments sont souvent épuisés chez les chevaux émaciés. [2] Il faut introduire les suppléments lentement pour éviter les troubles digestifs ou le déclenchement du syndrome de renutrition.
6) Les électrolytes
Les chevaux émaciés ont souvent épuisé leurs réserves de minéraux électrolytiques, notamment le potassium et le chlorure. [2][5] L’ajout d’un supplément d’électrolytes peut aider à reconstituer ces minéraux pour favoriser un métabolisme plus sain et encourager la consommation d’eau. [5][6][7]
On doit toujours vérifier auprès du vétérinaire avant d’ajouter des électrolytes à un régime de réalimentation. Celui-ci peut vouloir effectuer des tests de laboratoire pour s’assurer que le cheval ne présente pas de signes biochimiques de syndrome de renutrition.
Les facteurs de gestion à considérer
Lorsqu’on nourrit un cheval émacié, on ne doit pas négliger les huit pratiques suivantes en matière de soins et de gestion :
1) La réalimentation doit être graduelle en respectant des pourcentages de besoins caloriques ciblés.
On commence la réalimentation à 50 % des besoins minimaux du cheval et on augmente le taux progressivement jusqu’à atteindre 100 % des besoins au bout de deux ou trois semaines. [2]
Un nutritionniste peut vérifier que le cheval reçoit la bonne quantité de calories pendant la réalimentation.
2) Faire une analyse de fourrage
La densité calorique du foin est variable. Par conséquent, une analyse du foin ou du pâturage permet de vérifier que le cheval obtient ce dont il a besoin pendant la réalimentation. [2]
3) Donner de petits repas
Le volume, la vidange et la capacité d’absorption des nutriments de l’estomac sont souvent altérés chez les chevaux émaciés. [3] Les petits repas évitent de submerger le système digestif en cours de convalescence du cheval en insuffisance pondérale.
4) Envisager d’utiliser un agent de protection gastrique
Les chevaux émaciés peuvent souffrir de troubles digestifs qui limitent leur capacité à assimiler les nutriments et à maintenir leur poids. [1]
Une consultation du vétérinaire s’impose pour savoir si le cheval souffre d’ulcères. Si c’est le cas, on peut lui donner un supplément pour améliorer la santé de son estomac ou de son intestin postérieur.
5) Éviter le stress
Le stress peut mener à une hausse des dépenses caloriques et exacerber les troubles de santé. [1] Le cheval devrait sortir avec des compagnons appropriés afin de minimiser le stress.
Cela est particulièrement important pour les chevaux émaciés. Ces derniers adoptent souvent des habitudes alimentaires anormales, telles que l’agressivité face aux aliments et le pica (l’acte de manger de la terre et des corps étrangers), qui peuvent subsister après la réalimentation. [1]
6) Mettre une couverture par temps froid
Si le cheval a froid, il doit brûler plus de calories pour se réchauffer. Cela peut ralentir sa prise de poids et sa récupération.
Lorsqu’on entame un régime de réalimentation en hiver, on garde le cheval au chaud en lui fournissant un abri adéquat. On peut aussi envisager de lui mettre une couverture. [1]
7) Prendre des notes
Il importe de consigner régulièrement le poids, le score d’état de chair ainsi que la consommation d’eau et d’aliments du cheval, et de les suivre pour détecter tout changement.
Si on ne dispose pas d’une balance pour gros animaux, on peut estimer le poids du cheval au moyen d’un ruban de poids spécialement gradué.
8) Faire preuve de souplesse
Chaque situation de réalimentation est unique. Il faut donc être disposé à s’adapter en fonction des progrès du cheval.
Les symptômes du syndrome de renutrition
On doit introduire graduellement tout changement alimentaire lors de la réalimentation des chevaux émaciés. Il faut aussi surveiller les symptômes suivants durant la réalimentation et contacter le vétérinaire dès leur apparition :
Les symptômes préoccupants
- la diarrhée;
- l’œdème (l’enflure);
- les anomalies cardiaques, notamment l’arythmie, ou l’augmentation ou la diminution de la fréquence cardiaque;
- les symptômes neurologiques, tels que la faiblesse, les signes que le cheval ressent des picotements ou un engourdissement dans les membres inférieurs, ou les tremblements;
- les signes de laminite ou de fourbure, tels qu’une augmentation du temps passé couché, la réticence à se déplacer, une démarche difficile ou le basculement du poids sur les membres postérieurs. [2]
Les signes encourageants
Les signes suivants indiquent que le régime de réalimentation donne de bons résultats et que le cheval récupère progressivement :
- On remarque parfois une amélioration du mouvement des yeux, des oreilles et de la tête au bout de quelques semaines. [1]
- Une accélération du gain de poids peut se manifester au bout d’un mois environ. [7]
- Selon son état au début du régime de réalimentation, le cheval pourrait retrouver un poids normal au bout de trois à dix mois. [7]
Conclusion
Le syndrome de renutrition peut mettre la vie du cheval en danger. On peut toutefois l’éviter grâce à une gestion vétérinaire et alimentaire attentive et à une surveillance étroite.
On doit consulter un vétérinaire avant de commencer à réalimenter un cheval émacié pour résoudre les troubles sous-jacents comme une dentition en mauvais état, les infections parasitaires ou autres, l’anémie, les anomalies biochimiques et les maladies métaboliques.
Le vétérinaire peut aussi être en mesure de se prononcer sur le pronostic du cheval et d’estimer le temps qu’il lui faudra pour se rétablir.
Le régime de réalimentation doit en premier lieu se concentrer sur la distribution de petites quantités de fourrage de grande qualité. Au fil du temps, on peut réintroduire progressivement des aliments supplémentaires tels que les céréales pour favoriser une prise de poids saine.
Il faut être vigilant pour détecter les signes du syndrome de renutrition et être prêt à adapter le régime alimentaire au besoin, car chaque cheval réagit différemment.
Vous pouvez transmettre les informations concernant votre cheval en ligne pour obtenir une consultation gratuite avec l’un de nos nutritionnistes équins. Vous pourrez ainsi vous assurer que votre cheval est sur la bonne voie et a toutes les chances de se rétablir rapidement.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur les soins des chevaux émaciés :
Les chevaux deviennent émaciés lorsque leur apport énergétique demeure trop faible pendant trop longtemps, forçant l’organisme à utiliser les réserves de gras, les muscles, puis éventuellement les protéines provenant des tissus vitaux. La négligence, la famine, de mauvaises dents, les parasites, les infections chroniques, l’inflammation et d’autres problèmes de santé peuvent tous y contribuer. Une perte de poids sévère peut affecter le cœur et les tissus digestifs, ce qui rend une évaluation vétérinaire essentielle avant le début de la réalimentation.
Le syndrome de réalimentation est une complication métabolique dangereuse qui peut survenir lorsqu’un cheval émacié reçoit trop de nourriture trop rapidement. À mesure que l’apport alimentaire augmente, l’insuline modifie la façon dont les minéraux et les électrolytes circulent dans l’organisme. Une faible concentration de phosphate, de potassium, de magnésium ou de thiamine peut entraîner de l’enflure, de la diarrhée, des signes neurologiques, des problèmes cardiaques ou même la mort en quelques jours à une semaine.
La réalimentation d’un cheval émacié commence par de petits repas fréquents de fourrage de haute qualité sous supervision vétérinaire. Pour plusieurs chevaux, l’alimentation initiale débute avec environ 1 lb (0,5 kg) de luzerne ou de bon foin de graminées toutes les 4 heures. Les grains et les gâteries sont évités au départ parce qu’un apport élevé en amidon et en sucre peut augmenter le risque de syndrome de réalimentation.
La luzerne ou le foin de graminées de haute qualité sont souvent utilisés lors de la réalimentation d’un cheval émacié parce qu’ils fournissent des protéines, de l’énergie et des minéraux importants sans dépendre des grains. Le foin idéal est feuillu, à tiges fines, propre et exempt de poussière ou de moisissure. La luzerne peut être utile, mais sa teneur élevée en calcium doit être équilibrée et elle peut ne pas convenir aux chevaux ayant des problèmes urinaires.
Les grains peuvent être introduits plus tard durant la récupération, une fois que le cheval émacié est stable, mange bien son fourrage et présente un indice d’état corporel supérieur à 2. Les premières portions de grains sont petites, souvent autour de 0,5 lb (0,25 kg), et offertes plusieurs fois par jour. Les aliments faibles en amidon et en sucre, comme la pulpe de betterave trempée, les granules de luzerne ou les options à base de lin, sont des choix plus sécuritaires.
Les signes du syndrome de réalimentation comprennent la diarrhée, l’enflure, un rythme cardiaque anormal, de la faiblesse, des tremblements, des changements neurologiques et des signes de fourbure. Les chevaux atteints peuvent se coucher davantage, hésiter à bouger, marcher avec précaution ou transférer leur poids vers les membres postérieurs. Ces changements peuvent rapidement mettre la vie en danger, donc tout signe inquiétant durant la réalimentation nécessite des soins vétérinaires immédiats.
La récupération après une émaciation peut prendre plusieurs mois, selon l’état corporel de départ, la durée de la famine et la présence de problèmes de santé sous-jacents. Certains chevaux montrent une amélioration précoce en quelques semaines, tandis qu’un gain de poids visible peut apparaître après environ un mois. Un retour complet à un état corporel sain peut prendre de 3 à 10 mois avec une alimentation prudente, une surveillance étroite et des soins vétérinaires.
Un vétérinaire vérifie la présence de maladie dentaire, de parasites, d’infection, d’anémie, de problèmes métaboliques, de risque de fourbure ainsi que d’anomalies électrolytiques ou minérales chez un cheval émacié. Des analyses sanguines peuvent être répétées fréquemment durant les premières étapes de la réalimentation, particulièrement pendant la première semaine et les trois premières semaines. Une surveillance étroite aide à détecter de faibles concentrations de phosphate, de potassium, de magnésium ou de thiamine avant que les complications ne deviennent graves.
Le vermifuge d’un cheval émacié dépend de son état de santé, de sa charge parasitaire et de sa stabilité au début de la récupération. Certains chevaux très maigres peuvent avoir besoin de temps pour se stabiliser avant de reprendre un programme régulier de contrôle parasitaire. Un vétérinaire peut choisir le moment et le produit les plus sécuritaires, puisque les charges parasitaires élevées et les traitements soudains nécessitent tous deux une gestion prudente chez les chevaux fragiles.
Le pâturage peut être réintroduit une fois que le cheval émacié est stable et se porte bien avec une alimentation à base de foin. Les pâturages luxuriants nécessitent une prudence supplémentaire parce qu’un apport élevé en glucides peut augmenter le risque de fourbure. Certains chevaux en récupération peuvent commencer avec un accès limité, par exemple de 1 à 2 heures, trois à quatre fois par jour, selon les recommandations vétérinaires et la qualité du pâturage.
La surveillance d’un cheval émacié comprend le suivi du poids corporel, de l’indice d’état corporel, de la consommation d’eau, de la consommation alimentaire, de la qualité du fumier, des mouvements et du comportement. Un ruban de pesée peut servir à estimer le poids lorsqu’une balance pour bétail n’est pas disponible. Des notes écrites facilitent l’observation des progrès, du ralentissement du gain de poids, des troubles digestifs, des signes de fourbure ou des changements précoces nécessitant une attention vétérinaire.
Les bons signes durant la réalimentation comprennent une expression plus vive, une amélioration des mouvements des yeux et des oreilles, un meilleur mouvement de la tête, un appétit plus stable et un gain de poids graduel. Certains changements peuvent apparaître en quelques semaines, tandis qu’une amélioration plus importante du poids prend souvent environ un mois. Les progrès sont généralement lents, et une récupération graduelle est plus sécuritaire qu’un gain de poids rapide chez les chevaux gravement insuffisants pondéraux.
Résumé
La réalimentation des chevaux émaciés est un processus délicat qui nécessite des soins vétérinaires, une surveillance étroite et une nutrition adéquate. Une réalimentation rapide ou inadéquate peut entraîner de graves complications, notamment le syndrome de réalimentation.
- Les chevaux émaciés doivent être réintroduits à la nourriture progressivement afin d’éviter des complications métaboliques
- Les risques pour la santé courants chez les chevaux négligés comprennent des soins dentaires insuffisants, des infections parasitaires et l’anémie
- Le syndrome de réalimentation est une affection potentiellement mortelle qui survient lorsque la nutrition est réintroduite trop rapidement
- La supervision vétérinaire est essentielle, particulièrement durant les premières étapes de la réalimentation, afin de prévenir des complications comme la fourbure, des problèmes cardiaques ou une détresse digestive
Références
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- Witham, C. et al. Metabolic responses of chronically starved horses to refeeding with three isoenergetic diets. JAVA. 1998. View Summary
- Whiting, T. et al. Chronically starved horses: Predicting survival, economic, and ethical considerations. Can Vet J. 2005. View Summary
- Schneider, L. et al. Clinical Factors Associated With Survival Outcomes in Starved Equids: A Retrospective Case Series. JEWS. 2021.View Summary
- Muñoz, A. et al. Hematology and Clinical Pathology Data in Chronically Starved Horses. JEWS. 2010.
- Freeman, D. and Gilliam, L Refeeding the Poorly Conditioned Horse. Oklahoma Cooperative Extension Service. 2007.










