La rhodococcose, dont le nom clinique est la pneumonie à Rhodococcus equi, est une affection respiratoire grave qui touche les poulains en croissance. Cette pathologie est l’une des principales causes de maladie grave chez les jeunes poulains. Elle se caractérise par une toux, des écoulements nasaux et une fréquence respiratoire accélérée.
La bactérie Rhodococcus equi est responsable de la rhodococcose. Ce pathogène est omniprésent dans l’environnement, en particulier dans les fermes d’élevage. La maladie n’est pas contagieuse. En revanche, la forte concentration de bactéries dans un milieu contaminé peut engendrer plusieurs cas dans la même exploitation.
Le traitement de la rhodococcose consiste généralement à administrer des antibiotiques durant une période prolongée. En général, le pronostic pour les poulains atteints varie de passable à favorable avec un traitement approprié. Il n’existe aucun vaccin contre cette bactérie, de sorte que de nombreuses exploitations ont recours à des protocoles de dépistage pour identifier les poulains à risque.
Cet article traite de l’évolution de la maladie, des signes cliniques, du diagnostic, du traitement et de la prévention de la rhodococcose chez les poulains.
La rhodococcose du poulain
Rhodococcus equi est la bactérie qui est le plus souvent responsable de la pneumonie chez les poulains âgés entre trois semaines et cinq mois. [1][2] Les poulains la contractent en inhalant les particules en suspension dans l’air de leur milieu de vie. [2]
Cette maladie infectieuse touche les voies respiratoires inférieures des jeunes chevaux. La présentation clinique de la rhodococcose peut varier de bénigne à grave. Elle peut entraîner la formation d’abcès dans les poumons.
La pneumonie causée par R. equi, dénommée « rhodococcose », est particulièrement problématique pour les vétérinaires et les éleveurs de chevaux. La bactérie peut devenir endémique dans les fermes d’élevage de chevaux. Il est alors impossible de l’éliminer de l’environnement.
Plusieurs poulains peuvent être affectés chaque année dans les fermes concernées. Cette maladie engendre des dépenses vétérinaires importantes, une augmentation de la charge de travail du personnel astreint à de longs protocoles de traitement et même la mort des poulains malades. [1][2]
Le cycle d’infection de la maladie
Les poulains acquièrent la bactérie R. equi en inhalant de la matière contaminée pendant leurs deux premières semaines de vie. [2] Les bactéries s’installent dans les poumons où les macrophages les gobent. Ces derniers sont les principales cellules du système immunitaire qui servent à éliminer les infections. [2]
Cependant, chez les jeunes poulains, la bactérie R. equi est capable d’échapper aux mécanismes de destruction normaux des macrophages, permettant à cet agent pathogène de se multiplier dans la cellule. [2] À mesure qu’elles se multiplient, les bactéries finissent par causer la mort de la cellule. Cette dernière libère alors les bactéries qui peuvent ensuite infecter d’autres macrophages. [2]
Si le cycle d’infection persiste, il peut conduire à la formation d’abcès dans les poumons, soit des accumulations de pus qui contiennent des cellules mortes. Les abcès interfèrent avec la fonction respiratoire normale et engendrent les symptômes caractéristiques de la pneumonie à R. equi. [2]
En règle générale, les symptômes de la maladie se manifestent chez les poulains plusieurs semaines ou même plusieurs mois après l’infection initiale. [2]
Les infections extrapulmonaires
Une infection extra-pulmonaire fait référence à la propagation de la rhodococcose hors des poumons vers d’autres parties du corps du poulain. Bien que R. equi touche le plus souvent les poumons, elle peut affecter d’autres organes si elle pénètre dans la circulation sanguine. Dans les cas graves, plusieurs systèmes d’organes peuvent être affectés simultanément.
Les autres organes que R. equi peut infecter incluent : [2]
- le tractus intestinal, ce qui provoque une diarrhée et un retard de croissance;
- les articulations, ce qui mène à l’enflure des articulations et à une boiterie;
- les yeux, ce qui provoque une accumulation de pus dans l’œil;
- les vertèbres du rachis, ce qui cause des difficultés à marcher et un manque de coordination.
Les facteurs de risque
Les enquêtes sur les éclosions de R. equi ont identifié plusieurs facteurs qui haussent le risque d’exposition d’un poulain à la bactérie.
Les facteurs de risque de la rhodococcose incluent les suivants : [3][4][5][6][7]
- un climat sec;
- un nombre élevé de juments et de poulains dans le paddock ou le pré;
- la mauvaise gestion du fumier dans les box et les enclos qui abritent des poulains;
- les mises bas dans un box plutôt que dans les paddocks ou les pâturages;
- des incidences antérieures de pneumonie à equi à la ferme.
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Les symptômes
R. equi est majoritairement responsable de la pneumonie équine. Ses symptômes ressemblent aux signes cliniques courants de maladie respiratoire. Ces symptômes incluent ceux qui suivent : [2]
- la fièvre;
- un manque d’appétit;
- la léthargie;
- une respiration rapide;
- des difficultés respiratoires;
- la toux;
- l’écoulement nasal.
Les poulains infectés par R. equi ne présentent pas nécessairement de symptômes. Les recherches indiquent qu’environ 70 à 85 % des poulains touchés demeurent asymptomatiques. De plus, les abcès qui se forment chez ces poulains tendent à se résorber naturellement avec le temps. [2]
Le diagnostic
La confirmation du diagnostic de pneumonie à R. equi est cruciale pour que le traitement soit efficace. En effet, cette bactérie peut ne pas réagir aux antibiotiques que l’on emploie normalement pour soigner d’autres formes de pneumonie bactérienne. [2] Les vétérinaires ne peuvent pas se fier uniquement aux symptômes pour poser un diagnostic, car tous les types de pneumonie bactérienne engendrent des symptômes similaires. [2]
Pour diagnostiquer la rhodococcose chez un poulain, le vétérinaire peut faire appel à l’une ou à plusieurs des techniques suivantes :
- l’échographie ou la radiographie des poumons pour détecter les abcès;
- les analyses sanguines;
- le prélèvement par aspiration trachéobronchique;
- le dépistage des bactéries dans les selles.
Les cultures bactériennes
Le diagnostic définitif d’une infection à R. equi requiert le prélèvement d’un aspirat trachéobronchique. Cette procédure consiste à introduire une solution saline stérile dans la trachée, puis à prélever un échantillon de liquide pour effectuer des analyses supplémentaires.
Si le laboratoire constate que R. equi croît dans la culture bactérienne de l’échantillon prélevé par aspiration trachéobronchique, il confirme sa présence dans le système respiratoire du poulain et l’infection à R. equi. [2]
Étant donné que la culture bactérienne peut prendre plusieurs jours, de nombreux vétérinaires commencent le traitement en se fondant sur les antécédents médicaux, les symptômes et l’identification des structures qui ressemblent à des abcès sur l’échographie ou les radiographies. Cependant, ils doivent toujours confirmer le diagnostic en faisant une culture bactérienne.
Certaines souches de R. equi résistent aux antibiotiques couramment utilisés pour soigner cette maladie. [2][8] Les prélèvements par aspiration trachéobronchique permettent le développement d’un échantillonnage de sensibilité. Ce dernier permet de choisir les antibiotiques qui seront les plus efficaces contre la souche particulière de R. equi responsable de l’infection du poulain. [2]
Le diagnostic des infections extrapulmonaires
Le diagnostic des infections extrapulmonaires par R. equi peut s’avérer complexe, en particulier lorsque des abcès se forment dans l’abdomen.
Il implique souvent une combinaison d’examen des signes cliniques, d’études d’imagerie comme les radiographies ou l’échographie, et parfois même une biopsie pour confirmer la présence de R. equi dans les tissus affectés.
Malheureusement, on diagnostique de nombreux cas d’infections extrapulmonaires à R. equi uniquement lors de la nécropsie une fois que le poulain est décédé. [2]
Le traitement
Le traitement des infections à R. equi chez les poulains est complexe, car ces bactéries résident dans les cellules immunitaires. Les antibiotiques couramment utilisés pour soigner la pneumonie bactérienne sont souvent inefficaces contre R. equi, car ils peuvent ne pas atteindre une concentration efficace à l’intérieur des macrophages. [2]
Pour soigner R. equi, les vétérinaires ont recours à une combinaison d’antibiotiques ciblés. Les protocoles de médication les plus courants incluent les suivants : [1][2]
- la clarithromycine et la rifampicine;
- l’azithromycine et la rifampicine;
- l’érythromycine et la rifampicine.
Le traitement de la pneumonie à R. equi dure habituellement de quatre à douze semaines, selon la gravité de la maladie. [3]
Les effets secondaires du traitement
Des études montrent qu’entre 17 et 36 % des poulains qui reçoivent ces combinaisons d’antibiotiques développent une diarrhée. [1] Dans les cas graves, ces poulains peuvent nécessiter des soins de soutien comme l’administration de fluides par voie intraveineuse pour prévenir la déshydratation.
Ils sont d’autre part sujets à l’hyperthermie, car les antibiotiques utilisés peuvent nuire à leur capacité à transpirer. [2] On doit garder les poulains en traitement dans un endroit frais et les surveiller de près pour détecter tout signe d’accélération de la fréquence respiratoire ou de léthargie.
Par temps chaud, on les héberge à l’intérieur et on les arrose périodiquement avec de l’eau froide pour les empêcher de surchauffer. [1]
Le pronostic
On considère aujourd’hui que le pronostic pour les poulains atteints de pneumonie à R. equi varie de passable à favorable. Avec un traitement aux antibiotiques approprié, la plupart des poulains se rétablissent complètement.
Les études des centres spécialisés qui soignent les cas graves de rhodococcose rapportent des taux de survie compris entre 59 et 72 %. [1][9]
Les recherches menées sur les Pur-sang anglais de course montrent que les poulains atteints sont légèrement moins susceptibles de prendre part aux courses une fois adultes. En revanche, les chevaux qui courent enregistrent des performances comparables à celles de ceux qui n’ont pas souffert de la maladie. [1]
Les poulains qui développent des abcès ailleurs que dans les poumons ont un pronostic réservé. [10] Les chevaux atteints d’infections extrapulmonaires réagissent souvent mal au traitement. Leur taux de mortalité est plus élevé que celui des sujets uniquement atteints d’abcès pulmonaires. [10]
La maladie endémique
R. equi peut devenir endémique dans les fermes. Autrement dit, la bactérie est omniprésente dans l’environnement et elle est difficile à éliminer. Les poulains qui vivent dans des fermes où la bactérie est endémique courent un risque d’infection plus élevé que ceux qui vivent dans des exploitations qui n’ont jamais connu la maladie. [4]
Des études montrent que les fermes où la maladie est endémique abritent communément des souches plus agressives de R. equi. [4]
Une fois qu’un seul poulain de la propriété est infecté, il excrète la bactérie R. equi dans ses crottins. Cette excrétion contamine l’environnement et peut éventuellement exposer d’autres poulains. [4]
Au fil du temps, les cas répétés de pneumonie à R. equi, qui peuvent s’étendre sur de nombreuses années, mènent à une contamination importante du milieu. La ferme acquiert alors le statut d’exploitation où la maladie est « endémique ». [4]
L’élimination de la maladie endémique
Malheureusement, il n’existe pas de méthode efficace pour éliminer R. equi dans les sols contaminés. Jusqu’à présent, la recherche n’a identifié aucun désinfectant efficace pour neutraliser R. equi dans les fermes.
Les stratégies de gestion possibles comprennent le déplacement de l’endroit où les poulains naissent et grandissent pour réduire leur exposition au sol contaminé. L’ajout d’une nouvelle couche de terre à un emplacement existant peut par ailleurs être bénéfique, bien que cela n’ait pas fait l’objet d’études. [4]
Pour les fermes où la maladie est endémique, les recherches actuelles recommandent les méthodes de prévention centrées sur les poulains. C’est le cas du dépistage médical au lieu du traitement de l’environnement. Ce premier permet de maximiser l’efficacité et de minimiser les coûts.
La prévention
La prévention est particulièrement importante dans les fermes où R. equi est endémique, car pratiquement tous les poulains nés sur la propriété sont exposés. Les protocoles de prévention actuels se concentrent sur les mesures visant à limiter l’exposition à la bactérie, le renforcement du système immunitaire et le dépistage pour pouvoir soigner les poulains rapidement.
Malheureusement, les chercheurs n’ont pas encore réussi à élaborer un vaccin contre la pneumonie à R. equi. [3] La raison principale de cet échec est liée au fait que l’immunisation requiert que le poulain développe une réponse immunitaire robuste contre les bactéries avant d’être infecté. [2] Or le système immunitaire des poulains est faible. Il ne peut normalement pas produire d’anticorps dans les premières semaines de vie, ce qui nuit à l’efficacité des vaccins. [2]
Les tentatives visant à élaborer un vaccin pour les poulinières, afin qu’elles puissent transmettre des anticorps au poulain dans le colostrum, ont également échoué. [2]
Limiter l’exposition
Les stratégies de gestion environnementale visant à prévenir l’exposition à R. equi n’ont pas fait l’objet d’études approfondies. [3] Toutefois, d’après ce que l’on sait sur la maladie, les stratégies suivantes pourraient réduire le risque d’exposition : [3][6][7][9]
- augmenter la couverture herbeuse dans les enclos;
- réduire le nombre de juments et de poulains dans les enclos;
- retirer systématiquement le fumier des box ou des paddocks;
- laisser les poulinières mettre bas au pâturage au lieu d’un enclos dénué d’herbe ou d’un box;
- nettoyer soigneusement les box avant d’y mettre les poulains.
Renforcer le système immunitaire des poulains
Bien qu’il n’existe pas de vaccin, il y a d’autres moyens de renforcer le système immunitaire du poulain contre R. equi.
La principale méthode est la transfusion de plasma, qui transfère les anticorps d’un autre cheval au poulain. Les vétérinaires utilisent surtout le plasma hyperimmun qui provient d’un cheval préalablement exposé à R. equi. [11]
L’emploi du plasma hyperimmun est controversé. Certaines études montrent des avantages protecteurs et d’autres ne révèlent aucun avantage. [3][9][11] Une étude a révélé que la transfusion de plasma hyperimmun diminuait l’excrétion des bactéries dans les crottins du poulain, ce qui pourrait réduire l’exposition des autres chevaux. [3][9][11]
Si le propriétaire choisit d’utiliser cette méthode, la plupart des vétérinaires recommandent d’effectuer la transfusion d’un à deux jours après la naissance, afin que le poulain ait les anticorps au moment où il est le plus sensible à la maladie. Certains vétérinaires font un suivi avec une autre transfusion de plasma hyperimmun à l’âge de trois ou quatre semaines. Celle-ci agit alors comme un « rappel ». [3]
Les inconvénients des transfusions de plasma
Le principal inconvénient des transfusions de plasma est leur coût. Le plasma est très onéreux. En effet, on doit l’acheter auprès de fabricants qui entretiennent un troupeau de donneurs exempts de la maladie qui subissent régulièrement des analyses.
Étant donné que le produit provient d’animaux donneurs, la qualité du plasma est sujette à un taux de variabilité important, mesuré par la concentration d’anticorps qui combattent R. equi. [2]
De plus, les poulains ont souvent des réactions indésirables aux transfusions de plasma. Des études montrent que 6 % des chevaux ont une réaction négative au traitement et les effets secondaires sont plus fréquents chez les poulains. [11]
Les symptômes d’une réaction négative à une transfusion de plasma comprennent :
- la fièvre;
- un pouls rapide;
- une respiration rapide;
- les coliques;
- des tremblements musculaires.
En cas de réactions indésirables aux transfusions, il devient nécessaire de ralentir le taux d’administration du plasma au poulain. Cela prolonge le traitement et augmente la quantité de travail nécessaire. Dans les cas graves, il peut être nécessaire de cesser complètement la transfusion de plasma. [2]
Le dépistage des poulains
La principale méthode de prévention dans les fermes où la maladie est endémique est le dépistage systématique de tous les poulains pour identifier la maladie à un stade précoce.
Les échographies pulmonaires régulières sont la méthode de dépistage la plus populaire. Elles permettent au vétérinaire d’identifier les abcès et de mesurer leur taille. [3] La plupart des protocoles débutent lorsque les poulains sont âgés de trois semaines. [1]
Les protocoles de dépistage recommandés
Les recommandations en matière de dépistage ont considérablement évolué au cours des 15 à 20 dernières années. On administrait auparavant des antibiotiques à tous les poulains qui présentaient des abcès repérables à l’échographie. [2] Désormais, on traite seulement les abcès au-delà d’une certaine taille.
Des études réalisées dans des fermes qui soignent régulièrement tous les poulains qui présentent des abcès repérables ont montré que ces exploitations enregistraient une incidence plus élevée de souches de bactéries R. equi résistantes aux antibiotiques. [2][8]
Le nombre de souches résistantes aux antibiotiques diagnostiquées dans les exploitations est passé de 0,7 % à 13 % entre 2010 et 2017. [2] Sur la base de ces résultats, la médecine vétérinaire a développé de nouveaux protocoles de dépistage pour réagir aux préoccupations concernant la résistance aux antibiotiques.
Les protocoles de dépistage initiaux recommandaient le traitement des poulains qui présentaient des abcès de plus de 10 millimètres (1 centimètre) de diamètre. [9]
De 2004 à 2014, le seuil minimum de traitement a augmenté jusqu’à atteindre un diamètre de 100 millimètres (10 centimètres). [9][12] Les poulains avec des abcès plus petits se rétablissent souvent complètement sans traitement et sans manifester de symptômes. [3][12]
La modification du seuil minimum de traitement a considérablement réduit le recours aux antibiotiques. Une étude a révélé une diminution d’environ 20 % du recours aux antibiotiques entre 2008 et 2016. [12]
On espère que l’évolution continue des protocoles de traitement réduira le nombre de souches de R. equi résistantes aux antibiotiques qui affectent les fermes, sans toutefois nuire à la santé des poulains. [3]
En résumé
- La rhodococcose ou l’infection à Rhodococcus equi est la cause la plus fréquente de pneumonie chez les poulains.
- equi peut être endémique dans certaines fermes, ce qui constitue un défi pour les élevages.
- Le traitement implique une antibiothérapie à long terme qui cible la bactérie equi.
- Il n’existe aucun vaccin, de sorte que de nombreux éleveurs et vétérinaires ont recours à des protocoles de dépistage pour identifier les poulains à risque.
Questions Fréquemment Posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur la gourme du poulain :
La gourme du poulain est une forme grave de pneumonie causée par la bactérie Rhodococcus equi. Cette infection affecte les voies respiratoires inférieures et survient le plus souvent chez les poulains âgés de 3 semaines à 5 mois. Les poulains inhalent généralement de la poussière contaminée ou des particules en suspension dans l'air tôt dans leur vie, et les symptômes peuvent ne pas apparaître avant plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Les signes de la gourme du poulain comprennent souvent de la fièvre, de la toux, un écoulement nasal, une diminution de l'appétit, de la léthargie, une respiration rapide et de la difficulté à respirer. Certains poulains atteints développent des abcès pulmonaires qui nuisent à une respiration normale. Les poulains infectés ne semblent pas tous malades, et de nombreux cas légers peuvent se résoudre naturellement, ce qui explique pourquoi les fermes ayant des antécédents de gourme utilisent souvent un dépistage de routine.
Les jeunes poulains sont plus susceptibles de développer la gourme parce que leur système immunitaire est encore en développement lorsqu'ils rencontrent Rhodococcus equi pour la première fois. Les poulains inhalent généralement la bactérie au cours des deux premières semaines de vie, lorsque leurs poumons peuvent ne pas éliminer efficacement l'organisme. Cela permet à la bactérie de se multiplier à l'intérieur des cellules immunitaires et de former éventuellement des abcès dans les poumons.
La gourme n'est pas considérée comme directement contagieuse entre les poulains de la même manière que de nombreuses infections respiratoires. Rhodococcus equi se propage généralement par le sol contaminé, la poussière, la litière et les fèces plutôt que par contact nez à nez. Les poulains malades peuvent excréter la bactérie dans le fumier, ce qui augmente la contamination de l'environnement et le risque pour les autres poulains sur la même propriété.
Les élevages présentant un risque plus élevé de gourme ont souvent des conditions sèches, des groupes de juments et de poulains surpeuplés, une mauvaise gestion du fumier ou des antécédents de pneumonie à Rhodococcus equi. Le poulinage en stalles plutôt qu'au pâturage peut également augmenter l'exposition. Une fois que la bactérie s'établit dans le sol, il peut être très difficile de l'éliminer de l'environnement de la ferme.
La gourme est diagnostiquée à l'aide d'une combinaison des résultats de l'examen vétérinaire, de l'imagerie pulmonaire, des analyses sanguines et des tests de laboratoire. L'échographie ou les radiographies peuvent aider à identifier les abcès dans les poumons, tandis qu'un lavage trachéobronchique peut confirmer la présence de Rhodococcus equi par culture bactérienne. La culture aide également les vétérinaires à choisir les antibiotiques les plus susceptibles d'être efficaces contre l'infection du poulain.
Le traitement de la gourme implique généralement plusieurs semaines d'antibiotiques ciblés capables d'atteindre Rhodococcus equi à l'intérieur des cellules immunitaires. Les combinaisons courantes comprennent la clarithromycine et la rifampine, l'azithromycine et la rifampine, ou l'érythromycine et la rifampine. Le traitement dure souvent de 4 à 12 semaines, selon la gravité de la maladie, et les poulains doivent être étroitement surveillés pour détecter la diarrhée, la surchauffe et les changements respiratoires.
De nombreux poulains peuvent se rétablir de la gourme avec un traitement vétérinaire approprié, surtout lorsque l'infection est limitée aux poumons. Le pronostic actuel est considéré comme passable à bon, et la plupart des poulains traités se rétablissent complètement. Les poulains présentant des abcès à l'extérieur des poumons ont un pronostic plus réservé, car les infections extrapulmonaires sont plus difficiles à diagnostiquer et répondent souvent moins bien au traitement.
Aucun vaccin contre la gourme du poulain n'est actuellement disponible. Le développement d'un vaccin a été difficile parce que les poulains ont besoin d'une protection très tôt dans leur vie, avant que leur système immunitaire puisse monter une réponse efficace. La vaccination des juments afin qu'elles transmettent des anticorps par le colostrum n'a pas non plus été couronnée de succès, de sorte que la prévention repose sur le contrôle de l'exposition, le dépistage et, parfois, le plasma hyperimmun.
La prévention de la gourme dans les élevages vise à réduire l'exposition et à détecter la maladie rapidement. Les mesures utiles peuvent inclure l'amélioration du couvert végétal, la réduction de la surpopulation dans les paddocks de juments et de poulains, le retrait régulier du fumier, le poulinage au pâturage lorsque possible et le nettoyage approfondi des stalles avant d'y loger les poulains. Les fermes où la maladie est endémique utilisent souvent un dépistage de routine par échographie pulmonaire à partir d'environ 3 semaines d'âge.
Le plasma hyperimmun utilisé pour la prévention de la gourme est un produit sanguin qui fournit aux poulains des anticorps contre Rhodococcus equi. Les vétérinaires peuvent l'administrer dans les 1 à 2 jours suivant la naissance, avec un rappel possible à 3 à 4 semaines d'âge. Les données probantes sont mitigées, et les transfusions de plasma peuvent être coûteuses ou provoquer des réactions telles que de la fièvre, une respiration rapide, des coliques ou des tremblements.
Résumé
- Les « rattles » ou l’infection à Rhodococcus equi est la cause la plus fréquente de pneumonie chez les poulains
- R. equi peut être endémique dans les fermes, ce qui représente un défi pour les opérations d’élevage
- Le traitement implique une antibiothérapie à long terme ciblant la bactérie R. equi
- Aucun vaccin n’est disponible; de nombreux éleveurs et vétérinaires utilisent donc des protocoles de dépistage pour identifier les poulains à risque
Références
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