La maladie inflammatoire de l’intestin (MII) est un terme général qui décrit un groupe de maladies caractérisées par une inflammation du tractus gastro-intestinal du cheval.
Les chevaux atteints de MII peuvent montrer des signes extérieurs, y compris des coliques récurrentes, de la diarrhée, une perte de poids et un faible niveau d’énergie.
La MII chez les chevaux est un problème inflammatoire rare mais grave qui affecte la perméabilité intestinale et l’absorption des nutriments. [1] Dans certains types de MII, d’autres tissus sont également affectés, ce qui entraîne une gamme plus large de symptômes qui peuvent inclure des lésions cutanées et de l’anémie.
Bien que la cause exacte de la MII soit inconnue, on pense qu’elle implique une réponse immunitaire anormale à des bactéries, parasites ou composantes alimentaires normalement présents dans l’intestin. [1]
La MII est une affection sérieuse qui augmente considérablement le risque de coliques chez les chevaux affectés. Puisqu’elle peut affecter considérablement l’absorption des nutriments, elle est souvent associée à une perte de poids même lorsque l’appétit du cheval est normal.
La génétique joue probablement un rôle dans la MII, car les Standardbreds sont plus susceptibles de développer cette affection. Cependant, des stratégies alimentaires telles qu’offrir des repas plus petits et plus fréquents composés d’aliments simples et hautement digestibles peuvent aider à atténuer les symptômes et améliorer la fonction intestinale chez les chevaux affectés.
Consultez votre vétérinaire et des nutritionnistes équins si vous suspectez une MII ou d’autres troubles intestinaux chez votre cheval. Vous pouvez soumettre le régime alimentaire de votre cheval pour une évaluation gratuite par nos nutritionnistes équins afin d’optimiser le soutien nutritionnel de la santé intestinale.
Qu’est-ce que la maladie inflammatoire de l’intestin?
Chez les animaux en bonne santé, des réponses immunitaires se produisent lorsqu’une substance inconnue ou potentiellement nocive (un antigène) entre dans l’organisme, notamment les agents pathogènes tels que les bactéries et les virus.
La MII survient chez les chevaux lorsque le système immunitaire confond des non-antigènes (substances inoffensives) avec quelque chose de pathogène. Ces non-antigènes peuvent être des protéines alimentaires courantes ou même des protéines propres à l’organisme. Dans ce cas, on parle de maladie autoimmune.
Dans le cas de la MII, les globules blancs du système immunitaire infiltrent la muqueuse intestinale, perturbant les cellules qui absorbent les nutriments, sécrètent des hormones et produisent la barrière muqueuse. [2]
Ces chevaux ont souvent des taux de protéines très faibles dans le sang. Cela est dû à la fois à une mauvaise absorption des protéines ainsi qu’à une perte de protéines dans le tube digestif. Cette perte de protéine est appelée entéropathie exsudative (ou entéropathie avec pertes de protéines) et est courante lorsqu’une inflammation chronique se produit dans le tractus gastro-intestinal.

Légende:
Pathobiont accumulation and penetration: Accumulation et pénétration de pathobiontes
Neutrophil: Neutrophile
Th1 cell: Cellule Th1
Th17 cell: Cellule Th17
DC:CD (cellules dentritiques)
Treg Cell: Cellule Tr
Macrophage: Macrophage
Early inflammatory response: Réponse inflammatoire précoce
Mucus: Mucus
Mucosal layer: Couche muqueuse
White blood cells: Globules blancs
Symptômes de la MII chez les chevaux
Comme pour de nombreuses maladies à médiation immunitaire, les symptômes de la MII équine sont souvent vagues et non spécifiques, rendant le diagnostic difficile. D’autres pathologies présentant des symptômes similaires doivent être exclues dans le cadre du processus de diagnostic. [1]
Les symptômes courants incluent :
- Une perte de poids malgré une alimentation adéquate
- Une diminution de l’appétit
- Une mauvaise condition physique
- De la diarrhée (si le gros intestin est également affecté)
- Un gonflement abdominal (œdème ventral)
- Des antécédents de coliques légères ou d’épisodes concomitants de coliques
Beaucoup de ces symptômes peuvent se présenter chez un cheval souffrant d’une mauvaise santé intestinale. Cela ne signifie pas que chaque cheval ayant une mauvaise santé intestinale est nécessairement atteint d’une MII puisqu’il peut y avoir de nombreuses causes de dysfonctionnement gastro-intestinal chez les chevaux.
Ces symptômes justifient toujours une visite de votre vétérinaire pour déterminer la cause sous-jacente. Vous devrez peut-être apporter des ajustements à l’environnement, à la routine ou au programme alimentaire de votre cheval pour mieux soutenir sa santé immunitaire et intestinale.
Les chevaux qui ont du mal à maintenir un poids santé ou qui ont des selles de qualité inégale bénéficieraient probablement d’un programme d’alimentation axé sur le fourrage et riche en fibres. Les régimes riches en céréales sont plus susceptibles de mener à un dysfonctionnement intestinal.
Les chevaux souffrant de problèmes digestifs peuvent également bénéficier d’un supplément complet pour la santé intestinale tel que les granulés Optimum Probiotic de Mad Barn.
Optimum Digestive Health contient des probiotiques, des prébiotiques, de la levure, des liants de toxines et des enzymes digestives pour soutenir la digestion, la fonction immunitaire et un équilibre microbien sain dans l’intestin.
Types de maladies inflammatoires de l’intestin
Plusieurs types de MII sont diagnostiqués en fonction du type spécifique de globules blancs qui envahissent la muqueuse intestinale. [1][9]
Les cinq types de globules blancs sont :
- Les neutrophiles
- Les lymphocytes
- Les basophiles
- Les éosinophiles
- Les macrophages (monocytes)
1) Entérocolite éosinophilique et maladie épithéliotrope multisystémique éosinophilique (MEME)
L’entérocolite éosinophilique est une inflammation de l’intestin causée par l’intrusion d’éosinophiles et de lymphocytes dans la muqueuse de l’intestin grêle et du gros intestin. Les chevaux atteints de cette affection développent souvent des coliques.
Une version plus sévère de cette pathologie, appelée maladie épithéliotrophe multisystémique éosinophilique (MEME), affecte l’intestin grêle et d’autres organes, y compris le foie, la peau et les poumons.
Les chevaux atteints de MEME ont souvent une peau de très mauvaise qualité et même des lésions cutanées, ce qui peut être utilisé pour diagnostiquer la MEME via une biopsie.
Causes :
On pense que la cause de l’entérocolite éosinophilique ou de la MEME est une réponse allergique à un antigène inhalé, alimentaire ou parasitaire. On pense que la MEME pourrait être causée par les larves (œufs) de parasites qui infectent plusieurs tissus.
Épidémiologie :
L’entérocolite éosinophilique et la MEME semblent être les plus courantes chez les jeunes chevaux standardbreds et thoroughbreds. Cependant, les chevaux de tout sexe, race ou âge peuvent être affectés.
2) Entérite granulomateuse (EG)
Ce type de MII est similaire à la maladie de Crohn chez l’homme et à la maladie de Johne chez le bétail. Comme toutes les formes de MII, la cause exacte est inconnue, mais encore une fois, on pense qu’il s’agit d’une réponse immunitaire anormale aux bactéries ou composantes alimentaires.
Elle affecte souvent le segment de l’iléon de l’intestin grêle. L’iléon est le dernier segment de l’intestin grêle qui se connecte au cæcum.
La plupart des chevaux atteints d’EG présentent une perte de poids chronique, un mauvais appétit et une anémie (faible taux de globules rouges).
Causes :
L’entérite granulomateuse est causée par l’intrusion de lymphocytes et de macrophages dans la muqueuse de l’intestin grêle.
Cette maladie provoque le rétrécissement des microvillosités dans l’intestin, ce qui réduit la surface totale disponible pour l’absorption des nutriments. Ces chevaux présentent souvent une malabsorption, y compris une mauvaise absorption des sucres simples comme le glucose, ce qui entraîne une perte de poids importante.
Épidémiologie :
L’entérite granulomateuse semble être plus fréquente chez les jeunes Standardbreds et pourrait avoir une origine génétique.
3) Entérite lymphoplasmocytaire et lymphosarcome
Dans la littérature, on rapporte très peu de chevaux (20 au total) atteints d’une entérite lymphoplasmocytaire (ELP).
On pense que L’ELP est un stade précoce du cancer intestinal, connu sous le nom de lymphosarcome intestinal.
Causes :
L’entérite lymphoplasmocytaire implique l’entrée de lymphocytes ou de plasmocytes dans la paroi intestinale. Les plasmocytes sont simplement des lymphocytes B différenciés ou matures.
Une prolifération incontrôlée des lymphocytes dans l’intestin peut conduire à un lymphosarcome. Bien qu’il s’agisse d’une forme de cancer, il est également classé comme un type de MII.
En raison de la gravité de cette maladie, le pronostic est souvent très sombre et la plupart des chevaux ne répondent pas au traitement.
Épidémiologie :
Il n’existe aucune prédisposition d’âge, de sexe ou de race connue pour l’une ou l’autre forme de MII.
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Diagnostic et traitement
Une évaluation de la MII équine doit être envisagée pour les chevaux présentant une perte de poids inexpliquée, des coliques récurrentes et des problèmes persistants de qualité de la peau.
Le seul moyen de confirmer de manière définitive un diagnostic de MII est de pratiquer une biopsie du segment de la paroi intestinale affecté. Cependant, obtenir des biopsies intestinales chez les chevaux n’est pas tâche facile, car seules les parties les plus proximales de l’intestin grêle (duodénum) et les parties les plus distales du gros intestin (rectum) sont accessibles sans chirurgie. [8]
Une chirurgie abdominale exploratoire, une laparoscopie ou des biopsies post-mortem peuvent être nécessaires pour un diagnostic définitif. [8]
Afin d’exclure d’autres troubles tels que l’acidose de l’intestin postérieur ou les coliques, plusieurs tests diagnostiques peuvent être réalisés. [1]
Prises de sang :
Les résultats des analyses de sang montrent souvent une augmentation des globules blancs et de faibles niveaux de protéines (hypoprotéinémie).
Avec la MEME, d’autres valeurs sanguines peuvent être anormales en fonction des autres organes affectés.
Test oral d’absorption du glucose ou du xylose :
Ce test mesure la quantité de sucre (glucose ou xylose) absorbée par l’intestin. Le cheval reçoit du glucose ou du xylose par voie orale et des échantillons de sang sont ensuite prélevés à plusieurs moments après l’administration pour mesurer l’absorption ou son absence.
Examen rectal :
Cet examen permet à votre vétérinaire de palper l’intestin grêle pour détecter un épaississement de la paroi intestinale.
Si un épaississement est détecté, une échographie de l’abdomen peut fournir une image beaucoup plus claire de l’intestin grêle, et les mesures de l’épaisseur de la paroi intestinale peuvent aider à déterminer la gravité de la maladie.
Biopsie :
Avec une échographie, une biopsie du duodénum (la première partie de l’intestin grêle) ou une biopsie rectale peut être réalisée pour détecter des cellules immunitaires dans les tissus.
Cependant, ces biopsies ne permettent pas d’obtenir un échantillon de toute l’épaisseur de la paroi intestinale et peuvent même ne pas prélever la partie affectée de l’intestin, ce qui rend l’interprétation limitée. Si des lésions cutanées sont présentes, une biopsie de la peau peut être utile pour établir un diagnostic.
Ces tests ont différents niveaux de pouvoir diagnostique et de caractère invasif. La chirurgie laparoscopique visant à obtenir du tissu intestinal fournit les informations les plus précises, mais elle est aussi la technique la plus invasive.
Les avantages et les inconvénients de chaque technique devront être évalués par votre vétérinaire afin de déterminer laquelle est appropriée dans chaque cas.
Traitement
Une fois qu’un diagnostic est posé ou que d’autres maladies sont écartées, comment peut-on traiter la MII et quel est le pronostic?
Malheureusement, le pronostic est considéré de réservé à mauvais pour la plupart des chevaux.
La MII est une affection grave qui peut nécessiter une intervention chirurgicale pour enlever le tissu intestinal malade. Cela n’est susceptible d’être efficace que dans un petit nombre de cas où l’inflammation est limitée à une zone relativement petite de l’intestin.
Dans la plupart des cas, une utilisation à long terme de corticostéroïdes tels que la dexaméthasone ou la prednisone est nécessaire pour réduire la réponse inflammatoire. Les corticostéroïdes ne doivent être administrés que parallèlement à la consultation avec votre vétérinaire.
Certains chevaux peuvent avoir besoin de continuer à prendre de faibles doses de stéroïdes pour le reste de leur vie si les symptômes réapparaissent après l’arrêt de leur utilisation. [1]
On pense que les parasites jouent un rôle dans cette maladie, en particulier dans la MEME. La vermifugation avec des médicaments anthelminthiques qui tuent les larves peut être bénéfique.
Une étude clinique portant sur 20 chevaux diagnostiqués et traités pour la MII a évalué l’utilisation d’un vermifuge (pendant une semaine) et de corticostéroïdes (pendant 3 semaines) sur l’évolution de la MII. [7]
Après 3 semaines, 15 des 20 chevaux ont montré une amélioration et ont été progressivement sevrés du stéroïde. Les 5 autres ont commencé à prendre un stéroïde différent. Lors du suivi 3 ans plus tard, 6 des 20 chevaux étaient morts.
Parmi les chevaux ayant répondu au traitement initial, le taux de survie après 3 ans était de 80%, ce qui suggère que la réponse initiale au traitement est un prédicteur du pronostic à long terme.
MII chez les poulains
Lorsque la MII est diagnostiquée chez les poulains, c’est souvent en raison d’une infection bactérienne de la paroi intestinale. Les poulains sont particulièrement susceptibles à la MII au moment du sevrage (âge de 4 à 7 mois) lorsqu’ils sont confrontés à de nouveaux facteurs de stress et à l’exposition à des agents pathogènes inconnus. [1]
Deux types de bactéries ont été identifiés comme les principaux responsables de la MII chez les poulains, à savoir Lawsonia intracellularis et Rhodococcus equi. Les poulains intégrés à un troupeau peuvent être exposés à des excréments contaminés contenant ces agents pathogènes.
Lawsonia intracellularis
L’infection par la bactérie Lawsonia intracellularis provoque une pathologie appelée entéropathie proliférative.
Elle se produit lorsque les bactéries envahissent les cellules de la paroi intestinale (entérocytes) et provoquent leur réplication. Cela entraîne un épaississement de la paroi intestinale et nuit à l’absorption des nutriments.
Cette infection est principalement diagnostiquée chez les poulains âgés de 4 à 7 mois et provoque une hypoprotéinémie, une déplétion sévère des niveaux de protéines dans le sang. Elle peut également provoquer une accumulation de liquide dans l’abdomen et des déséquilibres électrolytiques.
L’entéropathie proliférative peut être diagnostiquée par la présence d’anticorps dans le sang ou par un test fécal qui détecte la bactérie. Le traitement implique des antibiotiques intraveineux et oraux pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois après le diagnostic. Très souvent, le traitement est fructueux si l’affection est détectée tôt.
Rhodococcus equi
Cette bactérie est couramment trouvée dans le sol mais ne pose pas de problèmes aux chevaux plus âgés qui ont un système immunitaire mature. Les jeunes poulains qui inhalent le Rhodococcus equi peuvent développer une forme grave de pneumonie qui est l’affection la plus courante associée à cet agent pathogène.
Le crottin des poulains qui développent une pneumonie à Rhodococcus equi peut contenir des niveaux élevés de cet agent pathogène et contaminer l’environnement.
Les poulains qui ingèrent cet agent pathogène à partir du sol ou de crottin contaminé peuvent développer une MII en raison de l’infiltration dans la paroi intestinale. Ces poulains présentent généralement de la fièvre, une dépression, une anorexie, une perte de poids, des coliques et de la diarrhée.
Avec un traitement efficace comprenant plusieurs semaines d’antibiotiques, la plupart des poulains survivent et développent une immunité contre cette bactérie.
Les jeunes poulains (âgés de moins de 4 mois) présentant des signes de pneumonie doivent être évalués par votre vétérinaire. Ils doivent être isolés pour minimiser la propagation de l’agent pathogène et réduire le risque de pneumonie ou de MII chez les autres poulains.
Prévention et soutien de la santé intestinale
Des modifications appropriées à l’alimentation et au programme de nutrition de votre cheval peuvent aider à améliorer la digestibilité et l’absorption des nutriments chez tous les chevaux, et non uniquement chez ceux atteints de MII.
Vous pourrez peut-être identifier les composantes alimentaires qui déclenchent la réponse immunitaire des chevaux que vous suspectez de souffrir d’une MII. Puisque certains chevaux peuvent être génétiquement prédisposés à la MII, un certain risque de développer la maladie persistera même avec les meilleures pratiques visant à réduire le risque.
Les suggestions d’ajustements de la composition et de la gestion de l’alimentation pour minimiser le risque de MII et soutenir la santé intestinale globale incluent : [1][3]
- Fournir une alimentation hautement digestible
- Offrir fréquemment de plus petites portions tout au long de la journée pour augmenter la digestion et l’absorption
- Fournir une alimentation riche en fibres pour diminuer la charge sur l’intestin grêle, car les fibres sont fermentées dans le gros intestin. La pulpe de betterave est une fibre hautement digestible qui peut être bénéfique pour les chevaux ayant déjà reçu un diagnostic de MII
- Offrir une alimentation simple contenant peu d’ingrédients si vous suspectez qu’une composante alimentaire est le déclencheur d’une réponse immunitaire hypersensible. Par exemple, le son de riz est une excellente source de fibres solubles et peut être combiné avec une huile pour augmenter l’apport énergétique
- Si votre cheval souffre d’une MII, l’hypoprotéinémie (faibles niveaux de protéines dans le sang) est un symptôme courant. Il est recommandé que les chevaux atteints de MII reçoivent une alimentation contenant au moins 14 % de protéines brutes et une supplémentation en acides aminés peut être pertinente
Bien qu’une intervention médicale soit nécessaire, nous pouvons faire un certain nombre de choses pour atténuer les symptômes via l’alimentation, tel que mentionné ci-haut.
Il y a un manque de recherche concernant le traitement de la MII par l’alimentation chez les chevaux. Le reste de cet article se concentrera sur la littérature actuelle traitant du traitement de la MII chez les chevaux via l’alimentation.
Sensibilité au gluten chez les chevaux atteints de MII
Une étude a évalué la présence d’anticorps spécifiques chez 12 chevaux atteints de MII. Ces anticorps sont connus comme étant importants dans le diagnostic de la maladie cœliaque chez les humains.
Les 12 chevaux atteints de MII ont été nourris avec une alimentation riche en gluten et on les a comparés à deux groupes de chevaux ne souffrant pas de MII. Un groupe a reçu une alimentation riche en gluten et l’autre, une alimentation pauvre en gluten. [4]
L’un des 12 chevaux atteints de MII présentait une augmentation des anticorps cœliaques. Ce cheval est passé à une alimentation sans gluten. Après 6 mois, les symptômes du cheval ont disparu et les concentrations d’anticorps cœliaques ont diminué.
Cette étude a été la première à suggérer une possible composante alimentaire liée au développement de la MII : le gluten.
Microbiome des chevaux atteints de colite
La colite est une maladie gastro-intestinale similaire qui implique une inflammation du gros intestin. Les signes de colite sont similaires à ceux de la MII, y compris la diarrhée, un risque accru de coliques et un gonflement abdominal.
Il existe des preuves qu’une altération du microbiome est associée à la colite chez les chevaux. Les populations microbiennes dans les selles ont été comparées entre les chevaux atteints de colite et les chevaux en bonne santé.
Les bactéries les plus prédominantes chez les chevaux en bonne santé étaient les Firmicutes, tandis que les plus prédominantes chez les chevaux atteints de colite étaient les Bacteroidetes. Les chevaux atteints de colite avaient également plus de Fusobacteria que les chevaux témoins. [5]
Il a été démontré que les Fusobacteria jouent un rôle dans la maladie de Crohn chez les humains, une affection similaire à la MII et à la colite chez les chevaux. [6]
Chez les humains atteints du syndrome du côlon irritable (SCI), les études montrent que la supplémentation en probiotiques présente certains bénéfices thérapeutiques.
Les probiotiques sont des microbes vivants bénéfiques qui sont ajoutés à l’alimentation pour rétablir un environnement microbien intestinal sain.
On pense que les probiotiques aide les humains atteints du SCI grâce à plusieurs mécanismes, y compris : [6]
- En faisant concurrence aux microbes pathogènes afin qu’ils ne puissent se lier à la paroi intestinale
- En modulant la réponse immunitaire pour réduire l’inflammation
- En supprimant la croissance des microbes pathogènes
- En améliorant la fonction de la barrière intestinale via la stimulation de la production de mucus
Bien qu’ils n’aient pas encore été évalués chez les chevaux atteints de MII, ces résultats chez les humains suggèrent que la supplémentation en probiotiques pour favoriser un environnement intestinal sain pourrait être bénéfique pour les chevaux atteints de colite ou d’autres troubles intestinaux tels que la MII.
Le supplément Optimum Probiotic de Mad Barn est un mélange pur de 5 souches de probiotiques qui fournit 20 milliards d’UFC par portion pour aider à rétablir un équilibre microbien sain.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées au sujet des maladies inflammatoires de l’intestin chez les chevaux :
Les maladies inflammatoires de l’intestin chez les chevaux constituent un groupe de troubles inflammatoires graves qui affectent le tractus gastro-intestinal. Elles se développent lorsque le système immunitaire réagit anormalement à des substances comme certains composants alimentaires, des bactéries ou des parasites qui sont normalement tolérés dans l’intestin. Cette inflammation endommage la paroi intestinale, nuit à l’absorption des nutriments et peut augmenter la perméabilité intestinale. Les chevaux atteints perdent souvent du poids, ont de la difficulté à maintenir des taux adéquats de protéines et présentent un risque accru de coliques récurrentes. [1][2]
Les symptômes courants des maladies inflammatoires de l’intestin chez les chevaux comprennent une perte de poids inexpliquée, un mauvais état corporel, une diminution de l’appétit, une diarrhée intermittente, un œdème ventral et des épisodes répétés de coliques légères. Certains chevaux présentent également un faible niveau d’énergie ou une mauvaise qualité du pelage et de la peau. Ces signes sont souvent vagues et peuvent se chevaucher avec ceux de nombreux autres troubles digestifs. Tout cheval présentant ce type de problèmes digestifs chroniques ou de perte de poids devrait être évalué par un vétérinaire. [1]
Les maladies inflammatoires de l’intestin causent une perte de poids chez les chevaux parce que l’inflammation chronique endommage les cellules responsables de l’absorption des nutriments dans l’intestin. Chez certains chevaux, les protéines sont également perdues directement à travers l’intestin enflammé, ce qui entraîne une entéropathie exsudative. Cela signifie qu’un cheval peut continuer à perdre de la condition même si son appétit est normal et que son alimentation semble adéquate. La perte de poids est l’un des signes les plus évidents que la digestion et l’absorption normales sont perturbées.
La cause exacte des maladies inflammatoires de l’intestin chez les chevaux n’est pas entièrement connue, mais on pense qu’elles impliquent une réponse immunitaire anormale à l’intérieur de l’intestin. Parmi les déclencheurs possibles figurent les bactéries, les parasites, les protéines alimentaires ou d’autres substances que le système immunitaire considère à tort comme nocives. La génétique pourrait également jouer un rôle, puisque les Standardbreds semblent être touchés plus fréquemment dans certaines formes de la maladie. Chez les poulains, une infection bactérienne de la paroi intestinale constitue une cause importante de maladie semblable aux maladies inflammatoires de l’intestin. [1]
Il existe différents types de maladies inflammatoires de l’intestin chez les chevaux, qui sont classés selon le type de globule blanc qui infiltre la paroi intestinale. Parmi les formes importantes figurent l’entérocolite éosinophilique, la maladie épithéliotrope éosinophilique multisystémique, l’entérite granulomateuse et l’entérite lymphocytaire ou plasmocytaire. Ces formes peuvent évoluer différemment et avoir des pronostics distincts. Certaines affectent principalement l’intestin, tandis que d’autres peuvent également toucher la peau, les poumons ou le foie. [1][9]
Les maladies inflammatoires de l’intestin chez les chevaux sont diagnostiquées en combinant les signes cliniques avec des tests visant à exclure d’autres causes de dysfonction digestive, mais un diagnostic définitif nécessite une biopsie du tissu intestinal affecté. Les tests courants comprennent les analyses sanguines, les tests d’absorption orale du glucose ou du xylose, l’examen rectal, l’échographie et la biopsie tissulaire. Les analyses sanguines révèlent souvent une faible concentration de protéines et une augmentation du nombre de globules blancs, tandis que l’imagerie peut montrer un épaississement de la paroi intestinale. Une biopsie intestinale pleine épaisseur obtenue par chirurgie ou laparoscopie fournit le diagnostic le plus précis, mais constitue également l’option la plus invasive. [1][8]
Le meilleur traitement des maladies inflammatoires de l’intestin chez les chevaux repose généralement sur un contrôle à long terme de l’inflammation combiné à un soutien nutritionnel attentif. Les corticostéroïdes comme la dexaméthasone ou la prednisone sont couramment utilisés pour réduire la réponse immunitaire anormale, et certains chevaux peuvent devoir rester sous une faible dose d’entretien si les signes réapparaissent après l’arrêt du traitement. Dans certains cas où la maladie est limitée à une petite section de l’intestin, une chirurgie visant à retirer le tissu atteint peut être bénéfique. Si l’on soupçonne que des parasites contribuent au problème, la vermifugation peut également faire partie du plan de traitement. [1][7]
Le pronostic pour un cheval atteint d’une maladie inflammatoire de l’intestin est généralement réservé à sombre, bien que certains chevaux répondent suffisamment bien au traitement pour obtenir une survie significative à long terme. Dans une étude, 15 chevaux sur 20 traités se sont améliorés après une thérapie initiale combinant un vermifuge et des corticostéroïdes, et les chevaux ayant répondu rapidement au traitement présentaient un taux de survie de 80 % après trois ans. Une réponse précoce au traitement semble être un indicateur important du pronostic à long terme. Le pronostic dépend du type de maladie, de sa gravité et de la réponse du cheval au traitement. [7]
Les poulains peuvent développer une maladie inflammatoire de l’intestin, et lorsqu’elle survient, elle est souvent liée à une infection bactérienne de la paroi intestinale plutôt qu’au même modèle observé chez les chevaux adultes. Les poulains sont particulièrement vulnérables au moment du sevrage, lorsque le stress et l’exposition à de nouveaux agents pathogènes augmentent. Parmi les causes importantes figurent Lawsonia intracellularis et Rhodococcus equi. Ces infections peuvent provoquer une perte importante de protéines, de la diarrhée, des coliques, une perte de poids et d’autres signes de maladie systémique, ce qui rend une prise en charge vétérinaire rapide essentielle. [1]
Résumé
La maladie inflammatoire de l’intestin (MII) chez les chevaux est un ensemble rare mais grave de troubles intestinaux caractérisés par une inflammation intestinale qui altère la perméabilité et l’absorption des nutriments.
- Les signes courants de la MII équine comprennent des coliques récurrentes, de la diarrhée, une perte de poids malgré un appétit normal, une mauvaise condition corporelle et un faible niveau d’énergie.
- Bien que sa cause exacte soit inconnue, la MII provient probablement d’une réponse immunitaire anormale aux bactéries intestinales normales, aux parasites ou à des composants alimentaires, et certaines races comme les Standardbreds semblent plus prédisposées.
- Le diagnostic est difficile et consiste souvent à exclure d’autres maladies, au moyen d’examens de soutien comme des analyses sanguines, des tests d’absorption du glucose, une échographie, et une confirmation définitive par biopsie intestinale.
- Le traitement repose généralement sur des corticostéroïdes à long terme, un vermifuge ciblé et, dans certains cas localisés, la chirurgie, mais le pronostic global est réservé.
- La gestion nutritionnelle (petits repas fréquents d’aliments hautement digestibles, axés d’abord sur les fourrages et composés d’ingrédients simples), ainsi que les conseils d’un vétérinaire et d’un nutritionniste, peuvent aider à soutenir la fonction intestinale et à réduire les signes cliniques.
Références
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- Cerf-Bensussan, N., Gaboriau-Routhiau, V. The immune system and the gut microbiota: friends or foes?. Nature Rev Immunol. 2010.
- House, A.M., Warren, L.K. Nutritional management of recurrent colic and colonic impactions. Equine Vet Educ. 2016.
- Van der Kolk, J.H. et al. Gluten-dependent antibodies in horses with inflammatory small bowel disease (ISBD). Vet Q. 2012. View Summary
- Costa, M.C. et al. Comparison of the fecal microbiota of healthy horses and horses with colitis by high throughput sequencing of the V3-V5 region of the 16S rRNA gene. PLoS One. 2012. View Summary
- Fedorak, R.N., Madsen, K.L. Probiotics and the Management of Inflammatory Bowel Disease. Inflamm Bowel Dis. 2004.
- Kaikkonen, R. et al. Diagnostic evaluation and short-term outcome as indicators of long-term prognosis in horses with findings suggestive of inflammatory bowel disease treated with corticosteroids and anthelmintics. Acta Veterinaria Scandinavica. 2014. View Summary
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