La bursite supraépineuse, plus souvent désignée « fistule du garrot », n’est pas un trouble fréquent chez les chevaux, du moins en Amérique du Nord. Il s’agit cependant d’une maladie grave qui touche plus souvent les chevaux et les ânes dans les pays à faibles ou à moyens revenus.
La fistule du garrot ou bursite brucellique désigne l’inflammation et l’infection de la bourse supraépineuse, un sac rempli de liquide qui se trouve dans la région du garrot du cheval. Elle mène à la formation de plaies ouvertes ou de voies de drainage appelées fistules qui sont reliées à la bourse.
La fistule du garrot accompagne couramment la brucellose, une maladie zoonotique qui peut affecter les humains et les animaux. Cette maladie infectieuse est causée par différentes bactéries du genre Brucella qui peuvent pénétrer dans la bourse par des plaies ouvertes ou des abrasions cutanées.
Cette pathologie peut être douloureuse et faire en sorte que le cheval boite ou refuse de se déplacer. Nous vous invitons à poursuivre votre lecture pour en savoir plus sur la fistule du garrot, y compris ses causes, ses symptômes, les différents traitement disponibles et les stratégies préventives.
La fistule du garrot chez les chevaux
La fistule du garrot est une maladie septique et inflammatoire de la bourse supraépineuse, un sac rempli de liquide qui mesure environ 5 centimètres de large, et de 5 à 11 centimètres de long.
La bourse supraépineuse est située entre la base de l’encolure du cheval et le début du dos, plus précisément dans la région connue sous le nom de garrot. Elle peut contenir de 30 à 90 millilitres de liquide. Elle est située entre le ligament nuchal et les extrémités des processus épineux. Le ligament nuchal s’attache aux processus épineux des vertèbres dorsales T3 et T5. [1][2]
Les formes de fistules du garrot
Il existe deux formes de fistule du garrot chez les chevaux : [2]
- La fistule typique ou idiopathique: sous cette forme, l’infection commence à l’intérieur de la bourse et finit par se propager au ligament nuchal ainsi qu’aux processus épineux des vertèbres dorsales.
- La fistule atypique ou traumatique: cette forme se développe à la suite d’un traumatisme contondant ou d’une plaie pénétrante dans la région du garrot.
La bursite du dessus de l’atlas, communément nommée « poll evil » en anglais (fléau de la nuque), est une affection similaire que peut aussi causer la brucellose. Les symptômes sont les mêmes que ceux de la fistule du garrot. Cette infection se produit toutefois dans la région de la nuque, près de la tête du cheval. [1]
L’évolution de la maladie
Une fistule est une plaie qui produit un écoulement et qui apparaît dans une structure normalement fermée. Aux premiers stades de la maladie, la fistule est absente. Elle se forme lorsque des bactéries infectent la bourse séreuse et que cette dernière se rompt, ou qu’on l’ouvre chirurgicalement pour la drainer. [1][3]
La fistule du garrot peut apparaître soudainement ou progressivement. Les premiers symptômes comprennent une douleur localisée, de la chaleur et l’enflure de la bourse sans écoulement. Le cheval peut également sembler léthargique et courbaturé. [9]
L’inflammation locale que cause un traumatisme ou une infection entraîne un épaississement considérable de la paroi de la bourse. La bourse séreuse se distend et peut alors se rompre.
Une fois la bourse rompue, un liquide épais s’écoule de la fistule, soit par une seule ou par plusieurs voies de drainage. Cela peut se produire d’un seul côté, des deux côtés, ou directement au-dessus du garrot. [3]
L’écoulement contient souvent plusieurs bactéries, y compris Streptococcus spp., Staphylococcus aureus et Actinomyces bovis. [1]
À mesure que la maladie évolue, l’infection peut se propager aux tissus mous avoisinants, notamment le ligament nuchal qui longe l’encolure. Elle peut d’autre part atteindre les structures osseuses comme les apophyses des vertèbres dorsales et causer une pathologie nommée ostéomyélite ou inflammation de l’os. [3]
Aux derniers stades de la fistule du garrot, il se produit une nécrose considérable (la mort) des tissus qui entourent le garrot. Une fois que l’écoulement dans la région cesse, il peut apparaître des signes de cicatrisation, de fibrose et de récurrence de la fistule. [1][2][9]
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La brucellose
Parce que la brucellose accompagne souvent la fistule du garrot, les propriétaires de chevaux, d’ânes et de mules doivent impérativement comprendre les causes et les symptômes de cette maladie.
En 1902, le bactériologiste et chirurgien britannique Sir Percy William Bassett-Smith a étudié la fièvre méditerranéenne, aussi appelée fièvre de Malte, chez des patients humains infectés par la bactérie Brucella melitensis. Bassett-Smith a noté la nature récurrente de la maladie qui pouvait perdurer pendant des décennies. [4]
Au cours du XXe siècle, la brucellose est devenue un problème zoonotique mondial chez les animaux domestiques et les humains. En raison de sa forte prévalence dans la population humaine, cette maladie a fait l’objet de nombreuses études.
Aujourd’hui, l’infection par la brucellose est plus fréquente dans les pays à faibles ou à moyens revenus. Elle peut entraîner des pertes économiques importantes. Dans les pays où les revenus sont élevés, on a à peu près éradiqué la brucellose des animaux d’élevage. En revanche, elle existe toujours chez les animaux sauvages et les chiens. On la considère désormais comme une infection humaine « exotique ». [4]
La brucellose chez les espèces d’animaux d’élevage
Plusieurs bactéries peuvent causer la brucellose chez les animaux d’élevage : [5]
- abortus touche principalement les bovins, mais elle peut également infecter les chèvres, les moutons et les chevaux.
- suis affecte majoritairement les porcs.
- melitensis touche surtout les chèvres et les moutons.
- ovis n’existe qu’aux États-Unis et elle infecte principalement les moutons. Cette souche ne donne toutefois pas lieu à des maladies notables.
Chez les principaux hôtes, y compris les bovins, les moutons, les chèvres et les porcs, la brucellose peut occasionner des avortements spontanés, la naissance de progéniture faible, une diminution de la production de lait et l’infertilité. [4]
La brucellose peut se transmettre des animaux aux humains par contact direct avec le sang, le placenta, les fœtus ou les sécrétions utérines infectés. Elle peut aussi se transmettre à l’humain par la consommation de produits animaux crus, notamment le lait et les produits laitiers. [5]
Si on ne les traite pas, les bactéries peuvent demeurer dans les tissus pendant de longues périodes. Elles peuvent provoquer des récurrences qui se produisent parfois à de nombreuses années d’intervalle. [4]
La brucellose chez les bovins fait l’objet d’une attention particulière en raison de l’impact économique que causent les avortements et les troubles de reproduction. De plus, le bétail est la principale source d’infection des humains et des chevaux. [6]
La brucellose peut se propager par différents moyens, y compris les plaies, la voie aérienne, les mouches et les insectes piqueurs, la reproduction et même par les yeux (la transmission oculaire). De plus, le partage d’aiguilles pour la vaccination peut propager les bactéries.
Le tractus gastro-intestinal est la principale voie d’infection par la brucellose chez les chevaux. Le contact avec les liquides corporels constitue le mode de transmission le plus fréquent. [7]
La brucellose équine
On considère que les chevaux sont des hôtes accidentels de la brucellose. Ils contractent le plus souvent la maladie par contact avec le bétail, soit en ingérant de la matière contaminée, soit par exposition du système respiratoire, ou encore par le biais de plaies cutanées. La maladie ne semble pas montrer de prévalence liée à l’âge, au sexe ou à la race, bien que la plupart des cas signalés chez les chevaux surviennent chez les individus de plus de trois ans. [8][9]
B. abortus est la principale responsable des infections chez les chevaux, mais ces derniers contractent parfois B. suis. Une mauvaise gestion ainsi qu’une immunité ou un état de santé compromis sont habituellement à l’origine des infections équines par la brucellose. [6][9]
Dans certains pays, l’infection par le genre Brucella est relativement répandue chez les équidés. Cependant, elle est souvent latente ou subclinique chez un grand nombre de sujets. Ces animaux présentent des symptômes très légers ou ils sont asymptomatiques. [8]
Les symptômes
Chez les chevaux atteints d’une brucellose symptomatique, les signes cliniques se caractérisent par une inflammation aiguë de la bourse supraépineuse (la fistule du garrot) ou de la bourse de l’atlas (« poll evil » en anglais). [6][8]
La brucellose équine peut d’autre part causer l’inflammation des ligaments, des tendons et des articulations. Elle peut entraîner de la douleur, une baisse de performance et une plus grande sensibilité aux infections secondaires. [6]
Les autres symptômes de la brucellose équine peuvent inclure ceux qui suivent :
- la faiblesse;
- une attitude déprimée;
- des courbatures;
- une fièvre intermittente;
- des troubles de locomotion. [8]
Contrairement aux autres animaux, les troubles de reproduction sont rares chez les chevaux atteints de brucellose. [8]
Les chevaux peuvent-ils transmettre la brucellose?
Des études montrent qu’il est peu probable que les chevaux puissent transmettre Brucella à d’autres animaux ou à l’humain. Ce sont plutôt des réservoirs ou des hôtes secondaires pour cette bactérie. [8][11]
En revanche, il n’est pas exclu qu’un cheval puisse transmettre cette maladie à un humain. De rares cas de transmission se sont produits par contact avec des liquides corporels, des tissus ou des carcasses contaminés. Pour cette raison, on doit toujours prendre des précautions lorsqu’on manipule un cheval infecté. [12]
Aux États-Unis et au Canada, la brucellose est une maladie à déclaration obligatoire. Si un vétérinaire découvre ou soupçonne qu’un cheval souffre de la maladie, il est tenu par la loi de le signaler à l’ACIA ou à l’USDA/APHIS. [10]
Les autorités agricoles peuvent alors enquêter pour surveiller la santé des équidés dans la région ou l’État concerné. Elles peuvent par ailleurs coordonner leurs efforts avec les administrations d’autres États et le gouvernement national afin d’empêcher la propagation de la maladie. [10]
Les autres causes de la fistule du garrot
Bien que B. abortus soit souvent associée à la fistule du garrot, d’autres organismes infectieux, ou encore un traumatisme du garrot ou de la bourse supraépineuse, peuvent aussi être à l’origine de cette pathologie.
Dans les régions où l’infection par Brucella est rare chez les bovins, les cas de chevaux qui présentent une fistule du garrot causée par B. abortus sont peu fréquents. Lorsque l’on fait une culture des écoulements purulents provenant de chevaux atteints, on y décèle fréquemment plusieurs bactéries différentes. [1][9]
Un harnachement inadapté est l’un des traumatismes qui peut entraîner la fistule du garrot. Il s’agit d’un facteur plus répandu parmi les ânes qui travaillent dans les pays à faibles ou à moyens revenus. [3]
Certaines variations de conformation naturelles peuvent hausser le risque de développer une fistule du garrot. Les chevaux qui ont un garrot effacé ou saillant et dont le harnachement est mal ajusté courent le risque de subir un traumatisme dans cette partie du corps et de développer une fistule du garrot. [1]
Les autres causes possibles de fistule du garrot comprennent les infections suivantes :
- Actinomyces bovis est une bactérie qui infecte normalement la bouche et les voies nasales des bovins.
- Les bactéries Streptococcus spp sont une autre source possible d’infection.
- Onchocerca cervicalis, le ver filiforme de la nuque, est un parasite qui vit dans le ligament nuchal du cheval. [13]
Les scientifiques comprennent mal le rapport entre la présence d’Onchocerca cervicalis et celle de la fistule du garrot équine. Il pourrait s’agir d’une découverte fortuite en raison de la grande prévalence de ces parasites chez les chevaux. Une étude suggère néanmoins que les vers filiformes de la nuque pourraient être un facteur qui prédispose au développement de la fistule du garrot. [13]
Le diagnostic et le traitement
Le diagnostic de la fistule du garrot tient compte des antécédents de l’animal, de l’examen physique, des résultats de la culture bactérienne, ainsi que, dans certains cas, des images radiographiques. [2]
Les radiographies des chevaux dont les tests sont positifs pour la présence de B. abortus sont beaucoup plus susceptibles de révéler une ostéomyélite des processus épineux dorsaux sous-jacents. [9]
Le vétérinaire peut effectuer des tests pour détecter la présence de Brucella dans le sang, le sperme ou le lait équin. Une culture négative n’exclut toutefois pas nécessairement la présence de Brucella, car il peut être difficile de faire une culture de cette bactérie. [10][11]
Il peut en outre faire une épreuve de dosage pour détecter la présence d’anticorps dans le sang.
Le traitement
Le traitement en temps opportun de la fistule du garrot est crucial pour que le pronostic soit favorable. Des études montrent que le traitement le plus efficace est l’ablation chirurgicale complète des bourses et du ligament nuchal infectés ainsi que des tissus nécrotiques connexes. [3]
Le débridement chirurgical
Le vétérinaire peut procéder à l’intervention chirurgicale soit en mettant le cheval debout sous anesthésie locale, soit en le mettant sous anesthésie générale. L’opération consiste à débrider la région, c.-à-d. à retirer la matière infectée de la bourse et, dans certains cas, des processus épineux des vertèbres dorsales. De plus, le chirurgien pratique une voie de drainage sous les muscles rhomboïdes pour stimuler la cicatrisation. [3][13]
Le choix de l’anesthésie et l’étendue du débridement peuvent dépendre de la gravité et de l’étendue de l’infection. Bien que la chirurgie soit la meilleure option de traitement, des études indiquent que le taux de réussite est d’environ 50 %, avec un taux de récurrence de 25 à 30 %. [13]
Certains hôpitaux équins peuvent refuser de procéder au débridement chirurgical sur les chevaux atteints de brucellose en raison du risque de transmission au vétérinaire. [13]
Les autres thérapies
Dans les cas où la chirurgie n’est pas possible ou avant d’envisager cette approche, les vétérinaires ont fréquemment recours aux antibiotiques pour soigner la fistule du garrot. En revanche, il est difficile d’éradiquer complètement l’infection uniquement à l’aide de médicaments.
Le vétérinaire obtient ordinairement une culture du liquide écoulé et prescrit des antibiotiques selon la nature des bactéries identifiées. [3][11]
Le nettoyage des voies de drainage avec des solutions antiseptiques et l’application de diméthylsulfoxyde (DMSO) peuvent également être utiles. [1] Une autre thérapie possible pour la fistule du garrot consiste à appliquer une pommade topique sur les plaies suintantes.
Les résultats
Le traitement des chevaux atteints de fistule du garrot chronique peut être ardu et coûteux. Il peut requérir une intervention chirurgicale importante, la prise d’antibiotiques à long terme et une longue période de récupération. [3][10]
Malheureusement, la récurrence des fistules est fréquente chez les chevaux atteints d’une infection fistuleuse du garrot. Les causes possibles de récurrence comprennent une infection persistante par O. cervicalis, l’ablation chirurgicale insuffisante de tous les tissus infectés ou un drainage inadéquat de la zone après l’intervention. [13]
La prévention
Comme mentionné précédemment, la fistule du garrot est une maladie rare dans de nombreux pays. Cependant, pour aider à prévenir cette pathologie, les propriétaires peuvent prendre plusieurs mesures, notamment celles qui suivent :
- tenir les chevaux à l’écart des bovins et des porcs;
- éviter de faire paître les chevaux sur des terres qui ont accueilli des bovins;
- vacciner les génisses âgées de 4 à 12 mois, ou suivre les directives de vaccination de l’État, de la province ou du territoire; [5]
- employer un harnachement bien ajusté et suffisamment rembourré;
- soutenir la fonction immunitaire du cheval en lui donnant une alimentation saine qui contient des quantités équilibrées de vitamines et de minéraux, et suffisamment de protéines.
Si vous remarquez des symptômes de fistule du garrot ou de brucellose chez votre équidé, contactez immédiatement votre vétérinaire. Un traitement précoce peut grandement améliorer le pronostic de guérison.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur la bursite du garrot chez les chevaux :
La bursite du garrot chez les chevaux est une maladie inflammatoire septique de la bourse supraspineuse, un sac rempli de liquide situé dans la région du garrot entre le ligament nuchal et les processus épineux dorsaux. Cette affection provoque une infection et une inflammation de cette bourse et peut éventuellement former des trajets de drainage ouverts appelés fistules. Il s’agit d’un problème grave et douloureux qui peut rendre un cheval raide, sensible et réticent à se déplacer. Dans certains cas, elle est associée à la brucellose. [1][2]
Les signes qui apparaissent avant qu’une plaie drainante ne se développe comprennent généralement une douleur localisée, de la chaleur et un gonflement au niveau du garrot sans aucun écoulement. Les chevaux atteints peuvent également sembler léthargiques, raides ou réticents à se déplacer normalement. Ces changements précoces peuvent apparaître graduellement ou soudainement selon le cas. Il est important de reconnaître ce stade parce que la fistule se développe généralement plus tard, après la rupture de la bourse infectée ou son ouverture chirurgicale. [1][3][9]
Lorsque la bursite du garrot progresse, la bourse épaissie et infectée peut se distendre puis éventuellement se rompre. Lorsque cela se produit, un écoulement épais peut s’écouler à partir d’un ou de plusieurs trajets au niveau du garrot ou sur un ou les deux côtés de la région. À mesure que la maladie progresse, l’infection peut se propager aux tissus mous voisins, comme le ligament nuchal, et même aux processus épineux dorsaux. Dans les cas graves, cela peut entraîner une nécrose tissulaire, une fibrose, des écoulements récurrents et une ostéomyélite. [1][2][3][9]
La bursite du garrot chez les chevaux peut être causée par une infection, un traumatisme ou une combinaison des deux. Cette affection est souvent associée à la brucellose causée par des bactéries du genre Brucella, mais d’autres bactéries et même certains parasites y ont également été associés. Un traumatisme au garrot, y compris un traumatisme contondant ou une blessure pénétrante, peut également déclencher la maladie. Chez certains chevaux, l’affection se développe sans cause clairement identifiée et est alors décrite comme idiopathique. [1][2][13]
La bursite du garrot n’est pas toujours causée par la brucellose, même si Brucella abortus est une cause bien connue. Dans les régions où l’infection à Brucella est peu fréquente chez les bovins, on constate souvent que d’autres organismes infectieux sont impliqués chez les chevaux atteints de bursite du garrot. L’article mentionne également que les traumatismes, l’équipement mal ajusté, les espèces de Streptococcus, Actinomyces bovis et possiblement les filaires cervicales peuvent contribuer à son développement. Cela signifie que la bursite du garrot doit être considérée comme un processus pathologique plus large et non seulement comme un problème lié à Brucella. [1][9][13]
Certains chevaux développent une bursite du garrot parce qu’ils sont exposés à des facteurs de risque particuliers que d’autres peuvent éviter. Les chevaux sont plus susceptibles d’être touchés s’ils sont en contact avec des bovins, présentent une immunité réduite ou un mauvais état de santé général, subissent un traumatisme au garrot ou portent un équipement mal ajusté qui irrite la région de façon répétée. Certaines différences naturelles de conformation, comme un garrot très bas ou très élevé, peuvent également augmenter le risque lorsque l’équipement est mal ajusté. Chez de nombreux chevaux, l’infection peut demeurer légère ou subclinique, ce qui explique en partie pourquoi tous les chevaux exposés ne deviennent pas visiblement malades. [1][6][8][9]
Un équipement mal ajusté peut provoquer une bursite du garrot en causant des traumatismes répétés au niveau du garrot et de la bourse supraspineuse. La pression, le frottement ou de petites blessures dans cette région peuvent permettre aux bactéries de pénétrer et d’établir une infection. Les chevaux présentant une conformation inhabituelle du garrot peuvent être particulièrement vulnérables si les selles ou les tapis ne sont pas bien ajustés. C’est pourquoi un bon ajustement de la selle et un rembourrage adéquat constituent des éléments importants de la prévention. [1][3]
Les chevaux peuvent contracter une bursite du garrot à partir des bovins parce que ceux-ci sont considérés comme la principale source d’infection à Brucella pour les humains et les chevaux. Les chevaux deviennent généralement infectés par contact avec des bovins ou du matériel contaminé, notamment par exposition par le tube digestif, le système respiratoire ou des plaies cutanées. L’article indique que les chevaux sont des hôtes accidentels plutôt que l’espèce hôte principale. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est recommandé de séparer les chevaux des bovins à titre préventif. [6][7][8]
Les chevaux sont peu susceptibles de transmettre la brucellose aux humains ou à d’autres animaux, mais cette transmission n’est pas impossible. L’article décrit les chevaux comme des hôtes secondaires ou des réservoirs plutôt que comme des propagateurs importants de la maladie. De rares infections humaines sont survenues à la suite d’un contact avec des liquides biologiques, des tissus ou des carcasses contaminés. En raison de ce risque, une manipulation prudente demeure importante lorsqu’on s’occupe d’un cheval infecté. [8][11][12]
La bursite du garrot est diagnostiquée à l’aide des antécédents du cheval, d’un examen physique et des résultats de culture bactérienne, avec l’utilisation de radiographies dans certains cas. Les vétérinaires peuvent également effectuer des tests pour détecter Brucella dans le sang, le sperme ou le lait, ou utiliser des titres d’anticorps pour rechercher des preuves d’exposition. Une culture négative n’exclut pas complètement la présence de Brucella, car ces bactéries peuvent être difficiles à cultiver. L’imagerie est particulièrement utile lorsqu’une infection plus profonde ou une atteinte osseuse est soupçonnée. [2][9][10][11]
Les radiographies sont parfois utilisées chez les chevaux atteints de bursite du garrot pour rechercher une atteinte plus profonde des tissus et des os. Les chevaux qui obtiennent un résultat positif à Brucella abortus sont plus susceptibles de présenter une ostéomyélite des processus épineux dorsaux visible aux radiographies. Cela est important parce qu’une infection qui s’étend à l’os peut rendre l’affection plus grave et plus difficile à traiter. L’imagerie peut donc aider à orienter le pronostic et la planification du traitement. [9]
Le meilleur traitement pour la bursite du garrot chez les chevaux consiste généralement en l’ablation chirurgicale complète des bourses infectées, des tissus atteints du ligament nuchal et de tout matériel nécrotique associé. Cette approche offre les meilleures chances rapportées de contrôler l’infection, particulièrement lorsque le traitement est entrepris rapidement. La chirurgie peut être réalisée sur un cheval debout sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale selon le cas. Même avec une intervention chirurgicale, toutefois, le traitement peut être difficile et les récidives demeurent fréquentes. [3][13]
Les antibiotiques seuls peuvent aider à gérer la bursite du garrot, mais ils ne suffisent souvent pas à éliminer complètement l’infection. Le vétérinaire effectue généralement une culture du liquide drainé et choisit les antibiotiques en fonction des organismes identifiés. Les médicaments peuvent être utilisés lorsque la chirurgie n’est pas réalisable ou avant une intervention chirurgicale, mais l’éradication complète par les médicaments seuls demeure difficile. Des soins supplémentaires, comme le nettoyage des trajets drainants et des traitements topiques, peuvent également être utilisés. [1][3][11]
Le pronostic pour un cheval atteint de bursite du garrot dépend fortement de la rapidité avec laquelle la maladie est reconnue et de l’efficacité du traitement de l’infection. Les cas chroniques peuvent être difficiles, coûteux et longs à résoudre, car ils peuvent nécessiter une chirurgie majeure, des antibiotiques à long terme et une longue période de récupération. Les récidives sont fréquentes, particulièrement si les tissus infectés ne sont pas complètement retirés ou si le drainage est inadéquat. Une intervention vétérinaire précoce offre les meilleures chances d’obtenir un meilleur résultat. [3][10][13]
La meilleure façon de prévenir la bursite du garrot chez les chevaux consiste à réduire à la fois l’exposition aux agents infectieux et les traumatismes au niveau du garrot. Parmi les mesures pratiques, on retrouve la séparation des chevaux et des bovins ou des porcs, l’évitement du pâturage sur des terres précédemment utilisées par les bovins et l’utilisation d’un équipement bien ajusté avec un bon rembourrage. Le maintien d’un bon état de santé général grâce à une alimentation équilibrée et à de bonnes pratiques de gestion peut également contribuer à réduire le risque. Si vous remarquez un gonflement suspect, de la douleur ou un écoulement, il est recommandé de consulter rapidement un vétérinaire, car un traitement précoce améliore le pronostic. [5]
Résumé
La fistule du garrot est une affection inflammatoire et souvent infectieuse de la bourse supraspineuse au niveau du garrot du cheval, fréquemment associée à la bactérie Brucella. Bien que rare dans les pays développés, elle peut causer une douleur intense, une boiterie et un écoulement chronique.
- La fistule du garrot implique l’infection et la rupture de la bourse supraspineuse, entraînant la formation de trajets fistuleux drainants
- L’infection par Brucella abortus (brucellose) est une cause fréquente et présente un risque zoonotique pour les humains
- Le diagnostic repose sur la culture bactérienne, l’imagerie et des analyses sanguines pour détecter des anticorps contre Brucella
- Le traitement comprend un débridement chirurgical, des antibiotiques et des soins de plaies de soutien afin de prévenir les récidives
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