La desmite dégénérative du ligament suspenseur, parfois désignée dégénérescence progressive du ligament suspenseur du boulet ou encore accumulation systémique de protéoglycanes équine (DSLD ou ESPA en anglais), est une maladie chronique des chevaux qui affecte les tissus conjonctifs, y compris le ligament suspenseur et d’autres ligaments et tendons. Cette maladie douloureuse mène généralement à une boiterie débilitante.
Chez les chevaux atteints de DSLD, les ligaments suspenseurs s’affaiblissent progressivement, entraînant l’hyperextension du boulet, du jarret et du grasset.
Les causes et les mécanismes précis de la DSLD font toujours l’objet de recherches actives. Les études cliniques visent actuellement à développer une méthode de diagnostic fiable et précoce, et à améliorer les protocoles de traitement.
La recherche suggère que la DSLD est héréditaire, du moins en partie sinon en totalité. On a identifié cette maladie pour la première fois chez les chevaux ambleurs péruviens (Peruvian Paso) et elle semble prédominer dans certaines lignées. Elle touche jusqu’à 40 % des chevaux de certaines familles d’ambleurs péruviens. [1] On a aussi trouvé cette affection chez les chevaux des races Quarter Horse, Warmblood et arabe. [2]
Malheureusement, il n’existe actuellement aucun traitement qui guérit la DSLD et aucune mesure fiable pour ralentir la progression de la maladie. Les soins de soutien, y compris une ferrure orthopédique, les programmes d’exercice contrôlé et les thérapies antidouleur peuvent aider à soulager les symptômes.
Tous les chevaux devraient recevoir une alimentation bien équilibrée pour favoriser la santé des tissus conjonctifs. Celle-ci doit inclure les vitamines et les minéraux nécessaires au remodelage des tissus conjonctifs pendant la croissance et la réparation de ces derniers.
Qu’est-ce que la DSLD?
Les ligaments sont des tissus conjonctifs fibreux qui rejoignent les os, aidant à les stabiliser et à soutenir le bon fonctionnement des articulations. Chez les chevaux, la partie supérieure du ligament suspenseur se fixe à l’arrière de l’os du canon et de l’os du paturon qui se trouve dessous.
À cet endroit, le ligament se sépare en deux branches qui entourent les os sésamoïdes. On peut imaginer le ligament suspenseur ressemblant à un Y à l’envers.

La desmite dégénérative du ligament suspenseur se caractérise souvent par une accumulation de protéoglycanes dans l’espace entre les cellules qui forment le ligament.
Les protéoglycanes sont des protéines glycosylées présentes naturellement dans les tissus conjonctifs. Ils sont constitués de protéines liées à d’autres molécules telles que le sulfate de chondroïtine.
Ces protéines existent à l’extérieur des cellules et forment la matrice extracellulaire. Les protéoglycanes aident à fournir un soutien structurel aux cellules des ligaments, mais un surplus de ces protéines peut en fait affaiblir les tissus conjonctifs.
Chez les chevaux atteints de DSLD, on retrouve une accumulation excessive de protéoglycanes dont la composition est modifiée. Cette accumulation nuit à la mobilité de l’articulation, entraînant une boiterie progressive et douloureuse. [1]
Même quelqu’un qui ne connaît pas bien les équidés peut repérer un cheval souffrant de DSLD grave. Dans les cas avancés, les boulets s’affaissent énormément, à tel point qu’on a l’impression que l’animal y prend appui pour marcher.
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Un trouble systémique?
Ce n’est qu’à la fin du 20? siècle que la science a identifié la DSLD en tant que maladie distincte. Autrefois considérée comme une maladie de « vieux cheval », la DSLD est maintenant reconnue comme étant un trouble des tissus conjonctifs qui touche tout l’organisme.
En 2006, des chercheurs de l’Université de Géorgie ont découvert que la DSLD ne se limitait pas aux ligaments suspenseurs des équidés affectés. Ils ont découvert qu’il s’agit d’un trouble systémique, « qui affecte les tissus et les organes possédant une composante importante de tissu conjonctif ».
Cette maladie est également appelée accumulation systémique de protéoglycanes équine (ESPA en anglais) pour refléter sa nature systémique. [3]
Les chercheurs ont étudié les tissus et les organes de 28 chevaux affectés, tous des ambleurs péruviens sauf six, ainsi que les tissus et les organes de huit animaux témoins. Ils ont découvert des quantités excessives de protéoglycanes dans les organes suivants : [3]
- les ligaments suspenseurs;
- les tendons fléchisseurs profonds;
- les tendons fléchisseurs superficiels;
- les ligaments patellaires;
- le ligament nucal;
- le système cardiovasculaire;
- les tissus de l’œil.
La chromatographie d’exclusion diffusion effectuée sur des extraits de tendon a révélé la présence d’un excès de protéoglycanes chez les chevaux affectés. Le groupe de chevaux témoins n’avait pas ce surplus de protéoglycanes.
Les recherches se poursuivent pour comprendre comment se produit cette accumulation de protéoglycanes, dans l’espoir de trouver un biomarqueur de la DSLD grâce auquel on pourrait repérer les chevaux touchés avant l’apparition des symptômes. [2]
La détection précoce pourrait permettre de mettre en œuvre des protocoles de traitement pour ralentir la progression des symptômes. De plus, elle pourrait aider à encadrer les pratiques de reproduction, afin d’éviter de propager cette maladie héréditaire chez les descendants de chevaux porteurs du gène.
Les causes et les facteurs de risque de la DSLD
On ne comprend pas bien les causes de la DSLD. Il est fort probable que la composante génétique joue un rôle important, car le taux d’incidence est particulièrement élevé au sein de certaines lignées. [4]
N’importe quel cheval peut développer la DSLD, mais certaines races courent un risque accru, notamment : [1][2]
- les ambleurs péruviens (Peruvian Paso);
- les chevaux arabes;
- les Warmblood européens;
- les chevaux Quarter Horse;
- les chevaux paso fino;
- les Saddlebred américains;
- la race Akhal-Teke.
On doit surveiller les signes de DSLD chez les chevaux appartenant à ces races, en particulier les ambleurs péruviens.
Les signes et symptômes
Les premiers signes de la DSLD sont souvent subtils. Cette maladie tend à affecter plus d’un membre à la fois; elle peut se manifester dans les deux membres postérieurs ou antérieurs, ou même dans les quatre membres.
La DSLD n’est habituellement pas liée à un antécédent de blessure. Au fil du temps, la douleur et la boiterie s’aggravent progressivement chez les chevaux touchés.
La boiterie est souvent accompagnée de chaleur et d’enflure des boulets ou d’une expansion notable de l’articulation. Peu à peu, les boulets s’affaissent. Dans la présentation classique du DSLD, les boulets commencent à ressembler à des patates douces, c’est-à-dire qu’ils élargissent et se remplissent de liquide.
Les signes de la DSLD/ESPA peuvent inclure ce qui suit :
- Le cheval trébuche et bute en se déplaçant.
- Il tape constamment du pied même en l’absence d’insectes.
- Il se couche souvent.
- Les allures sont irrégulières, ce qui peut faire penser à un trouble d’origine neurologique.
- Le cheval éprouve de la douleur au dos en changeant de position pour soulager ses membres.
- Le cheval s’assoit sur des clôtures, des seaux et d’autres objets pour soulager la douleur.
- Il bascule d’avant en arrière pour se soulager.
- Il devient irritable et affiche d’autres changements de comportement.
Il y a évidence de DSLD possible si le cheval commence à creuser des trous dans le pâturage et à se tenir avec la pince des sabots en direction du trou. Les chevaux affectés peuvent également s’assoir momentanément comme chien avant de se lever complètement lorsqu’ils sont couchés.
En plus de ces symptômes classiques qui signalent de la douleur ou de l’inconfort aux membres, certains chevaux peuvent présenter d’autres signes. On a observé des anomalies cutanées comme une peau lâche et des taches blanches sur les poils. [5]
Le diagnostic
Bon nombre des signes et des symptômes de la DSLD peuvent aussi signaler d’autres problèmes tels que les coliques, ou des problèmes neurologiques comme la myéloencéphalite équine à protozoaire (MÉP) ou le virus du Nil occidental. Conséquemment, il peut être difficile de poser un diagnostic de DSLD sans commettre d’erreur, en particulier aux premiers stades de la maladie.
Dans les cas avancés, les vétérinaires peuvent diagnostiquer la DSLD en observant simplement les membres affligés. Les chevaux atteints de la DSLD présentent un élargissement des ligaments suspenseurs perceptible à la palpation. Si la boiterie du cheval est mineure, le vétérinaire doit avoir recours à des techniques de diagnostic supplémentaires. [6]
Il effectuera alors des tests de flexion des boulets. L’échec d’un tel test sur deux membres ou plus révèle une DSLD soupçonnée. À la palpation, les ligaments suspenseurs sont durs et on sent parfois des nodules. Chez certains chevaux, les suspenseurs sont spongieux.
À l’échographie, on peut constater un accroissement de la circonférence des branches médiale et latérale du ligament suspenseur chez le cheval atteint de DSLD. Le vétérinaire sera à l’affût de déchirures des fibres de collagène, d’irrégularités du motif des fibres et de calcifications sur les ligaments.
Le pronostic
La DSLD est une maladie dégénérative incurable. Malgré cela, avec une régie adaptée, il est possible pour le cheval affecté de pouvoir vivre confortablement pendant de nombreuses années.
Certains chevaux se stabilisent et vivent sans douleur pendant très longtemps. D’autres peuvent décliner plus rapidement et devoir être euthanasiés.
Il ne faut pas oublier que les chevaux atteints de DSLD peuvent subir des dommages internes invisibles extérieurement. Les résultats de nécropsie révèlent que dans les cas où les dommages visibles semblent toucher uniquement les membres postérieurs, ils peuvent en réalité s’étendre aux quatre membres ainsi qu’à d’autres tissus internes. [3]
Il revient au propriétaire de décider avec le vétérinaire s’il doit envisager d’euthanasier humainement le cheval avant que ses symptômes s’aggravent.
La prévention de la DSLD
Il n’existe actuellement aucun moyen de prévenir ou de ralentir la progression de la desmite dégénérative des ligaments suspenseurs.
La recherche se concentre actuellement sur l’élaboration d’un test génétique permettant de repérer les chevaux qui courent un risque accru de développer la maladie. Il faut éviter autant que possible de reproduire les chevaux ayant des antécédents connus de DSLD dans leur lignée pour ne pas transmettre le gène de la maladie.
Le vétérinaire peut procéder à une évaluation de base de la santé des ligaments lors de l’examen préachat. Renseignez-vous à ce sujet, en particulier si vous envisagez d’acheter un cheval appartenant à l’une des races fréquemment touchées, comme l’ambleur péruvien ou le paso fino.
Même si les éleveurs responsables excluent sans doute de leur programme de reproduction les animaux qu’ils savent être transmetteurs de la DSLD, la maladie se manifeste tardivement dans la majorité des cas. Par conséquent, les éleveurs peuvent ignorer que le problème existe au sein de leur cheptel reproducteur. En effet, les chevaux peuvent n’afficher aucun symptôme avant la fin de leurs années de reproduction.
Le traitement et la gestion de la DSLD
La ferrure orthopédique peut aider à soutenir les membres affectés d’un cheval atteint de DSLD. Il est préférable de trouver un maréchal-ferrant qui possède l’expérience requise pour parer et ferrer les chevaux souffrant de DSLD.
Les fers en œuf ou les fers à éponge prolongée peuvent procurer un soutien au boulet. Lorsque la DSLD est à un stade avancé, les fers à éponges compensées peuvent soulager les membres. Si le cheval commence à se sentir mieux, le maréchal-ferrant abaisse progressivement l’éponge à une hauteur normale.
Nous vous recommandons de consulter un maréchal-ferrant qui a de l’expérience avec la DSLD. Les rapports anecdotiques suggèrent que les tissus conjonctifs compromis pourraient subir moins de tension si le cheval est gardé pieds nus avec un bon parage.
Les soins palliatifs pour la DSLD peuvent inclure ce qui suit :
- l’injection de cellules souches autour du ligament suspenseur;
- le traitement au plasma riche en plaquettes (PRP);
- la thérapie au laser.
Pour contrôler la douleur, on peut administrer des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme le firocoxib, commercialisé sous le nom d’Equioxx. La phénylbutazone, aussi connue sous le nom de « butazone », est un AINS qui peut aider initialement à contrer la douleur.
Cependant, l’utilisation à long terme de la butazone peut endommager le tractus gastro-intestinal, et causer l’apparition d’ulcères de l’estomac et de l’intestin postérieur. Il est préférable de la réserver aux traitements de courte durée, sauf avis contraire du vétérinaire.
Les protections qui soutiennent les membres peuvent s’avérer utiles, mais le cheval ne doit pas les porter plus de 12 heures par jour.
Le repos en stalle prolongé n’est pas bénéfique pour les chevaux ayant reçu un diagnostic de DSLD. Bien qu’on ne doive pas monter les chevaux atteints de DSLD, l’exercice régulier à faible intensité leur est salutaire. Il est préférable de les mettre en liberté aussi longtemps que possible. Le mouvement atténue la raideur et peut diminuer la boiterie. [7]
Comme toute maladie dégénérative et progressive, il peut être difficile de gérer la DSLD. Le pronostic est sombre, car il n’existe actuellement aucun traitement.
On doit plutôt mettre en œuvre une régie axée sur le soulagement de la douleur et le soutien nutritionnel pour favoriser la santé des tissus conjonctifs. Malheureusement, la douleur est souvent difficile à contrôler dans les cas avancés, ce qui mène à une décision difficile, celle d’euthanasier l’animal pour lui donner une fin humaine.
Le soutien nutritionnel du cheval atteint de DSLD
Un régime alimentaire qui répond aux besoins en nutriments nécessaires pour favoriser la santé des tissus conjonctifs et qui soutient les mécanismes anti-inflammatoires peut s’avérer bénéfique pour les chevaux atteints de DSLD.
Les régimes riches en amidon et en sucres peuvent accroître les marqueurs inflammatoires et stimuler les processus pro-inflammatoires de l’organisme. [8] Il est préférable d’éviter autant que possible les céréales et les aliments commerciaux riches en amidon et en sucres.
Pour répondre aux besoins caloriques du cheval, on peut ajouter des sources de fibres hautement digestibles comme la pulpe de betterave sans mélasse ou les balles de soja. Les huiles alimentaires sont un autre moyen d’augmenter la densité calorique de la ration sans nuire à la santé intestinale.
Il a été démontré que les sources de matières grasses riches en acides gras oméga-3 anti-inflammatoires DHA ou EPA favorisent la santé des articulations et soulagent les douleurs articulaires chez les chevaux. [9][10] L’huile de poisson et l’huile w-3, qui contient du DHA extrait de microalgues, sont deux options riches en acides gras oméga-3 bénéfiques.
Parmi les autres suppléments qui peuvent soutenir la santé articulaire, on retrouve le MSM (méthylsulfonylméthane), une forme de soufre facilement disponible qui joue un rôle important pour la structure et la souplesse des tissus conjonctifs.
Selon des rapports de cas vétérinaires anecdotiques, le MSM aide à améliorer le confort et la mobilité des chevaux atteints de DSLD.
En Asie, on utilise depuis longtemps le jiaogulan à des fins médicinales. Cette herbe chinoise possède des propriétés semblables à celles du ginseng. Elle peut être avantageuse pour les chevaux atteints de DSLD, car elle favorise la circulation et agit comme un antioxydant.
Il est essentiel de combler les besoins en minéraux et en vitamines du cheval qui souffre de DSLD pour entretenir les tissus conjonctifs. Pensez à lui donner Omneity, un supplément qui contient des antioxydants comme le sélénium, le zinc, le cuivre, la vitamine E et la vitamine C.
Il procure également un profil complet de vitamines B et d’autres nutriments axé sur les besoins nutritionnels des chevaux promulgués par le Conseil national de recherches.
Si vous souhaitez obtenir des recommandations alimentaires personnalisées pour votre cheval atteint de DSLD, transmettez-nous ses renseignements en ligne, qui seront analysés par nos nutritionnistes équins.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur la desmite dégénérative du ligament suspenseur chez les chevaux :
La desmite dégénérative du ligament suspenseur est un trouble chronique et progressif du tissu conjonctif chez les chevaux qui affecte principalement les ligaments suspenseurs, les tendons et les structures connexes. Le ligament suspenseur s’affaiblit progressivement, ce qui peut entraîner une hyperextension du boulet, du jarret et du grasset. Les chevaux atteints développent souvent de la douleur, de la boiterie et de l’instabilité qui s’aggravent avec le temps. Il n’existe actuellement aucun remède, mais une prise en charge de soutien peut contribuer à améliorer le confort et la qualité de vie [1].
La desmite dégénérative du ligament suspenseur est également appelée accumulation systémique de protéoglycanes équine parce que la maladie peut affecter les tissus conjonctifs dans tout l’organisme. Les recherches ont mis en évidence un excès de protéoglycanes dans les ligaments suspenseurs, les tendons, les ligaments rotuliens, les ligaments nucaux, les tissus cardiovasculaires et les tissus de l’œil. Cela signifie que la maladie ne se limite pas aux membres, même lorsque les signes les plus visibles sont des boulets affaissés ou de la boiterie. La nature systémique du trouble aide à expliquer pourquoi certains chevaux peuvent présenter des changements dans les tissus internes qui ne sont pas évidents de l’extérieur [3].
La cause exacte de la desmite dégénérative du ligament suspenseur chez les chevaux n’est pas entièrement comprise, mais la génétique semble jouer un rôle important. La maladie est observée à des taux plus élevés dans certaines lignées familiales, particulièrement chez les chevaux Paso péruviens. Chez les chevaux atteints, les protéoglycanes s’accumulent excessivement dans les tissus conjonctifs et semblent affaiblir la structure des ligaments. Les recherches se poursuivent afin de mieux comprendre pourquoi cette accumulation se produit et comment les chevaux atteints pourraient être identifiés plus tôt [2][4].
Les races de chevaux les plus à risque de développer une desmite dégénérative du ligament suspenseur comprennent le Paso péruvien, le Paso Fino, l’Arabe, le Warmblood européen, le Quarter Horse, l’American Saddlebred et l’Akhal-Téké. Tous les chevaux peuvent développer cette maladie, mais les Paso péruviens sont particulièrement associés à un risque héréditaire. Dans certaines familles de Paso péruviens, jusqu’à 40 % des chevaux peuvent être atteints [1]. Les chevaux provenant de lignées connues pour être touchées devraient être surveillés attentivement et ne devraient pas être reproduits lorsqu’il existe des antécédents familiaux connus de la maladie [4].
Les signes de la desmite dégénérative du ligament suspenseur chez les chevaux peuvent inclure de la boiterie, de la chaleur ou de l’enflure autour des boulets, des paturons affaissés, des trébuchements, des faux pas et une instabilité de l’allure. La maladie affecte souvent plus d’un membre à la fois et apparaît généralement sans antécédent clair de blessure. Les chevaux peuvent se coucher plus souvent, déplacer fréquemment leur poids, présenter une sensibilité du dos ou devenir irritables en raison de la douleur aux membres. Dans les cas avancés, les boulets peuvent devenir élargis et s’affaisser à un point tel que le cheval semble marcher dessus.
La desmite dégénérative du ligament suspenseur est diagnostiquée au moyen d’une évaluation vétérinaire, de la palpation des membres, de tests de flexion et d’imagerie lorsque nécessaire. Dans les cas avancés, un vétérinaire peut reconnaître la maladie en observant les membres et en palpant des ligaments suspenseurs élargis. Les chevaux présentant des signes plus légers nécessitent souvent des examens diagnostiques supplémentaires, car les symptômes précoces peuvent ressembler à ceux de la colique, d’une maladie neurologique ou d’autres causes de boiterie. L’échographie peut révéler un élargissement des branches du ligament suspenseur, des déchirures des fibres de collagène, des motifs fibreux irréguliers et des calcifications dans les ligaments [6].
La desmite dégénérative du ligament suspenseur ne peut actuellement pas être guérie et aucun traitement fiable n’a démontré sa capacité à arrêter sa progression. La prise en charge vise à réduire la douleur, soutenir les membres atteints, maintenir le confort et préserver la qualité de vie. Certains chevaux se stabilisent et demeurent confortables pendant longtemps avec des soins appropriés, tandis que d’autres se détériorent plus rapidement. Les propriétaires devraient travailler étroitement avec leur vétérinaire afin de surveiller la douleur, la mobilité et les décisions liées au bien-être de l’animal.
La desmite dégénérative du ligament suspenseur est prise en charge à l’aide de soins de soutien pouvant inclure un parage ou une ferrure thérapeutique, un exercice léger contrôlé, la gestion de la douleur et un soutien nutritionnel. Les fers en œuf, les fers avec talons prolongés, les talons fortement relevés dans les cas avancés ou un parage pieds nus soigneusement réalisé peuvent aider à réduire les contraintes exercées sur les tissus conjonctifs compromis. Certains chevaux peuvent également recevoir des thérapies palliatives comme des injections de cellules souches, des injections de plasma riche en plaquettes ou une thérapie au laser. La prise en charge devrait être individualisée avec les conseils d’un vétérinaire et d’un maréchal-ferrant expérimenté.
Un cheval atteint de desmite dégénérative du ligament suspenseur ne devrait généralement pas être monté parce que les ligaments suspenseurs sont déjà affaiblis et douloureux. Cependant, les chevaux atteints ne bénéficient habituellement pas d’un repos prolongé au box. Des mouvements légers réguliers et l’accès à un paddock peuvent aider à réduire la raideur et diminuer la boiterie chez certains chevaux [7]. Les programmes d’exercice devraient demeurer prudents et être guidés par le confort du cheval, le stade de la maladie et les recommandations vétérinaires.
La nutrition peut aider à soutenir les chevaux atteints de desmite dégénérative du ligament suspenseur, mais elle ne peut pas guérir la maladie ni inverser la dégénérescence des ligaments. Une alimentation équilibrée devrait répondre aux besoins en vitamines et en minéraux nécessaires à la santé des tissus conjonctifs et soutenir les processus normaux de réparation. Les régimes riches en amidon et en sucre peuvent favoriser les processus inflammatoires; les aliments faibles en amidon et riches en fibres sont donc généralement privilégiés [8]. Des sources de fibres hautement digestibles, des sources appropriées de matières grasses et un soutien nutritionnel ciblé peuvent contribuer au maintien du confort et de la santé générale.
Résumé
La desmite dégénérative du ligament suspenseur (DSLD) est une affection progressive et douloureuse du tissu conjonctif qui affaiblit le ligament suspenseur ainsi que d’autres tendons/ligaments, entraînant une hyperextension du boulet et une boiterie.
- Cette affection comporte probablement une forte composante héréditaire, d’abord observée chez les Pasos péruviens et aussi chez les Quarter Horses, les Warmbloods, les Arabians et des lignées apparentées.
- Une caractéristique de la DSLD est l’accumulation systémique et la composition modifiée de protéoglycanes qui affaiblissent les tissus conjonctifs dans tout le corps.
- Les signes cliniques sont souvent bilatéraux et progressifs : boulets qui s’affaissent, chaleur/enflure, instabilité de la démarche et changements de comportement.
- Le diagnostic de la DSLD chez le cheval repose sur l’examen, les tests de flexion et l’échographie.
- Il n’existe aucun remède ni moyen éprouvé de ralentir la progression; le pronostic est donc réservé et la prévention se concentre sur les décisions d’élevage et de futurs tests génétiques.
- La prise en charge est palliative et comprend une maréchalerie de soutien, un exercice léger contrôlé avec beaucoup de temps au pâturage, une utilisation prudente des AINS et des thérapies d’appoint, ainsi qu’une alimentation pauvre en NSC, axée d’abord sur les fourrages, avec des oméga-3, du MSM et un apport équilibré en vitamines/minéraux.
References
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- Halper, J. et al. Degenerative suspensory ligament desmitis as a systemic disorder characterized by proteoglycan accumulation. BMC Vet Res. 2006.
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