La colique d’obstruction, communément appelée « bouchon », est une affection douloureuse causée par un blocage dans le tractus gastro-intestinal du cheval. Il s’agit d’un trouble grave qui peut être fatal. [1]
Chez le cheval, la colique décrit une douleur ou un inconfort abdominal généralisé. Dans de nombreux cas, cette douleur abdominale provient du tractus gastro-intestinal. Il importe toutefois de se rappeler que d’autres organes dans l’abdomen peuvent être à l’origine de la douleur.
On divise habituellement les cas de colique gastro-intestinale en trois catégories : la colique spasmodique (colique de gaz), l’obstruction sans étranglement et l’obstruction avec étranglement.
Le bouchon appartient à la catégorie des obstructions sans étranglement. Il désigne tout type de blocage dans la lumière du tractus gastro-intestinal. Il se forme souvent à partir d’aliments secs ou du digesta. Mais d’autres corps étrangers, notamment les parasites, le sable et les entérolithes, peuvent en être la cause. [2]
Ces blocages peuvent empêcher le transit normal des aliments, des gaz et des liquides dans le système digestif. Ils provoquent des douleurs abdominales légères ou intenses en fonction du site de l’obstruction et de sa gravité. [2]
Le traitement de la colique d’obstruction inclut l’administration d’analgésiques pour soulager la douleur, la réhydratation et l’emploi de laxatifs ou de psyllium pour stimuler la motilité intestinale. Les cas plus complexes peuvent nécessiter une intervention chirurgicale pour retirer l’obstruction. [2][3][4][5]
La meilleure façon d’éviter les coliques d’obstruction est d’offrir un accès à volonté (en tout temps) à du fourrage de bonne qualité ainsi qu’à de l’eau fraîche et propre. L’alimentation et le programme d’exercice du cheval doivent demeurer constants. De plus, il faut éviter de nourrir les chevaux dans les aires sablonneuses et suivre un protocole de contrôle des parasites recommandé par un vétérinaire.
Si votre cheval présente des signes de colique, il s’agit d’une urgence médicale et vous devez contacter immédiatement un vétérinaire.
Les signes cliniques de la colique d’obstruction
Les symptômes de la colique d’obstruction sont souvent faciles à identifier, mais tous les chevaux ne présentent pas les mêmes signes. Ils diffèrent considérablement d’un individu à l’autre, ainsi qu’en fonction du site et de la gravité du bouchon.
L’apparition soudaine des signes suivants peut signaler de la douleur abdominale et il faut les prendre au sérieux : [2][3][6]
- la diminution des bruits intestinaux;
- l’augmentation de la fréquence cardiaque (plus de 64 bpm) ou tout autre changement des signes vitaux;
- une diminution de la quantité de crottins;
- le pâlissement des gencives;
- le reflux gastrique;
- la transpiration;
- la distension abdominale;
- l’aversion pour les aliments ou la perte d’appétit;
- le cheval qui déambule sans cesse, se campe et se roule;
- le cheval qui tape du pied ou gratte le sol;
- le cheval qui se frappe ou se mord les flancs ou le ventre.
Les chevaux affectés paraissent souvent déprimés, mal à l’aise ou inconfortables. Ils peuvent sembler indifférents à leur environnement et ont du mal à se concentrer.
Les coliques sont toujours une urgence. On doit les soupçonner chaque fois que le cheval ne se comporte pas normalement. [6] Si vous pensez que votre cheval souffre d’une colique d’obstruction, consultez votre vétérinaire pour obtenir un diagnostic.
Mon cheval est-il à risque pour la colique d’obstruction?
Tous les chevaux peuvent souffrir de colique, même ceux qui bénéficient des meilleurs soins, de la meilleure gestion et de la meilleure alimentation. Cela dit, certaines pratiques de gestion modernes, telles que le confinement en stalle de longue durée et un horaire d’alimentation intermittent, sont liées à une hausse du risque de colique.
La recherche montre que l’hébergement d’un cheval en stalle la majeure partie de la journée sans accès au fourrage à volonté peut accroître le risque de colique de plus de 50 %. [4] Le manque de mouvement et le jeûne entre les repas peuvent également réduire la motilité intestinale et le transit de l’eau par les muqueuses, ce qui affecte le microbiome et par conséquent, augmente le risque de colique. [1][2]
Les changements soudains de routine et d’alimentation peuvent perturber le système digestif sensible du cheval. Si celui-ci doit demeurer confiné en stalle en raison d’une maladie ou d’une blessure, la diminution soudaine de sa capacité à se déplacer peut nuire à sa digestion et au transit des aliments dans l’intestin.
Certains facteurs comme une mauvaise dentition, la déshydratation et l’ingestion rapide d’aliments peuvent d’autre part exposer les chevaux à un risque plus élevé de colique d’obstruction. [7] Les autres facteurs de risque présumés de la colique incluent ceux qui suivent :
- une diète qui contient beaucoup de concentrés et peu de fourrage;
- des antécédents de crises de colique;
- l’administration de médicaments ou de vermifuges au cours du mois qui précède.
L’anatomie du tube digestif équin
Les chevaux fermentent les aliments dans l’intestin postérieur où ils décomposent et extraient l’énergie des fourrages grâce à la digestion bactérienne. [1]
Lorsque le cheval mange, la nourriture passe d’abord dans l’intestin antérieur formé de l’estomac et de l’intestin grêle où des enzymes entament la digestion.
L’estomac équin est relativement petit par rapport à sa taille. [7] La nourriture traverse rapidement l’intestin antérieur, ce qui permet au cheval de brouter continuellement toute la journée.
Les aliments atteignent ensuite l’intestin postérieur qui est responsable de la fermentation des fibres. Ce dernier comprend le cæcum, le gros côlon et le petit côlon. Les bactéries dans l’intestin postérieur permettent au cheval de décomposer la cellulose contenue dans le fourrage et de la transformer en calories.
Fait intéressant, le cheval est incapable de vomir parce que son œsophage permet aux aliments et aux gaz de se déplacer dans une seule direction. C’est ce qui explique que ses troubles digestifs sont plus graves et peuvent déclencher les coliques. [7]
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Les sites fréquents d’obstruction
Le tractus gastro-intestinal équin est rempli de coudes et de courbes. Les bouchons peuvent survenir dans n’importe quelle partie du système. Cependant, l’obstruction se produit plus fréquemment à certains endroits.
La plupart des obstructions se forment dans le gros côlon, notamment au niveau de la flexion pelvienne et du côlon transversal. À ces deux endroits, le diamètre du côlon diminue considérablement, ce qui hausse la probabilité que le digesta se coince. [2][8]
La gravité des symptômes de colique et la réaction physiologique du cheval dépendent de l’emplacement et de la taille du bouchon. [2]
Des obstructions partielles peuvent se former dans les parties plus larges du tractus gastro-intestinal, comme l’estomac, le cæcum et certaines parties du gros côlon. Dans ce type d’obstruction, certains fluides et gaz peuvent encore contourner l’occlusion ou le digesta emprisonné.
Les obstructions complètes se produisent au niveau des sphincters ou des parties étroites de l’intestin, notamment dans l’intestin grêle. Dans ces cas, le bouchon bloque totalement une partie du tractus gastro-intestinal. Les obstructions complètes peuvent être fatales si on n’intervient pas.
L’obstruction de la flexion pelvienne
La flexion pelvienne, soit la jonction entre le côlon ventral gauche et le côlon dorsal gauche, est la partie du gros côlon où se forment le plus souvent les obstructions alimentaires. La flexion pelvienne se trouve dans la partie inférieure gauche de l’abdomen. [2][8]
Le diamètre et la surface de cette partie du côlon diminuent de manière importante et soudaine, en plus d’effectuer un virage en épingle à 180 degrés. Ces caractéristiques font en sorte que c’est à cet endroit que se coincent fréquemment le foin de mauvaise qualité ou d’autres digestas déshydratés. [7] [8]
Les signes de colique dans la flexion pelvienne incluent une douleur intermittente légère ou modérée accompagnée d’une baisse de la quantité de fumier excrété. Les facteurs de risque associés à l’obstruction de la flexion pelvienne chez les chevaux incluent les suivants : [2]
- le fourrage de piètre qualité;
- une dentition en mauvais état;
- un manque d’apport en eau ou la déshydratation;
- des changements de gestion fréquents et soudains (la mise au repos en stalle, un programme d’exercice irrégulier).
Les obstructions de la flexion pelvienne peuvent être fréquentes dans les régions où le fourrage est de mauvaise qualité. Elles réagissent généralement bien à une intervention médicale rapide.
L’obstruction iléale
L’obstruction iléale survient lorsque le bol alimentaire ou un corps étranger obstruent les 46 derniers centimètres (18 pouces) de l’intestin grêle, appelé iléon. Celle-ci peut empêcher le transit normal des aliments, des gaz et des liquides, et ainsi causer une distension intestinale importante et des symptômes de colique. [2][8]
L’obstruction du cæcum
Le cæcum est un grand sac aveugle situé sur le côté droit de l’abdomen du cheval, où a lieu la fermentation des aliments. Il mesure entre 1,2 et 1,5 mètre de long (de 4 à 5 pieds). Il contient des bactéries capables de décomposer la cellulose des plantes. [8]
Les causes définitives de l’obstruction du cæcum sont inconnues, mais elles pourraient impliquer le fourrage grossier, une diminution soudaine du niveau d’activité ainsi que certains médicaments et parasites. [2][8]
Les sites moins fréquents d’obstruction
L’obstruction gastrique (de l’estomac)
Les aliments passent peu de temps dans l’estomac du cheval, soit entre 2 et 6 heures environ, comparativement à la durée totale de transit du digesta dans le tractus gastro-intestinal. Néanmoins, l’estomac peut devenir trop plein s’il contient un corps étranger ou si une obstruction du pylore, la voie de sortie vers l’intestin grêle, empêche la vidange normale des aliments qui s’y trouvent.
Les obstructions dans l’estomac sont rares. En règle générale, on ne les découvre que lorsque le cheval subit une gastroscopie pour trouver des ulcères gastriques. L’intervention chirurgicale n’est habituellement pas nécessaire pour éliminer les obstructions gastriques. [2][8]
Certains aliments sont associés à l’obstruction gastrique, notamment les graines de kaki, la pulpe de betterave déshydratée, les moulées en granulés, la paille, le foin de mauvaise qualité et l’orge. Ces aliments peuvent s’accumuler au fil du temps et faire en sorte que l’estomac enfle, se distende et risque de se rompre. [8][9]
L’obstruction duodénale (duodénum)
Le duodénum est le premier segment de l’intestin grêle qui se trouve sur le côté droit du cheval. L’obstruction duodénale est rare et on n’en connaît pas les causes. [2][8]
Les bouchons duodénaux se forment à proximité immédiate du pylore, la sortie de l’estomac qui mène à l’intestin grêle. Ils peuvent faire en sorte que le liquide du duodénum remplisse l’estomac. Le signe clinique le plus important de l’obstruction duodénale est un reflux gastrique volumineux. [2]
Le traitement de l’obstruction duodénale est complexe, car les obstructions dans cette partie de l’intestin ont tendance à être inaccessibles lors de la chirurgie abdominale exploratoire. Si le chirurgien ne parvient pas à déplacer l’obstruction dans une partie plus accessible de l’intestin grêle pour la retirer, le pronostic est sombre.
L’obstruction jéjunale (jéjunum)
Le jéjunum est la partie centrale de l’intestin grêle. C’est aussi la plus longue. Il peut mesurer jusqu’à 20 mètres de long (65 pieds). L’obstruction jéjunale est rare. Elle se développe presque toujours en réaction à une maladie primaire ou à une blessure. [2][8]
L’obstruction jéjunale se caractérise par le reflux gastrique, la distension de l’intestin grêle et la douleur provoquée par la distension. Dans la plupart des cas, le vétérinaire doit procéder à une intervention chirurgicale pour rectifier le trouble principal afin d’éliminer l’obstruction. [2]
L’obstruction du petit côlon
Le petit côlon est le dernier tronçon de l’intestin qui se trouve entre le gros côlon et le rectum. L’obstruction du petit côlon est peu fréquente, mais on constate une incidence plus élevée dans les régions où l’entérolithiase est fréquente. [10]
La rétention de méconium est une cause spécifique d’obstruction du petit côlon chez les poulains nouveau-nés. Elle se produit si le poulain ne passe pas ses premiers crottins en deçà de quelques heures après la naissance. Heureusement, le pronostic est excellent avec une prise en charge médicale rapide. [8][10]
Le pronostic pour les petites obstructions est excellent pour les cas que le vétérinaire réussit à soigner. Il est jugé bon pour celles qui requièrent une intervention chirurgicale. [10]
Les causes d’obstruction dans le tractus digestif
Les parasites, le foin de mauvaise qualité, l’ingestion de sable, la formation d’entérolithes et l’ingestion d’autres corps étrangers peuvent causer les bouchons qui provoquent les coliques d’obstruction.
Les parasites
L’infestation par un grand nombre de Parascaris equorum, également appelés ascarides ou vers ronds équins, peut mener aux obstructions dans l’intestin grêle en particulier. Les ascarides vivent dans l’intestin grêle. On observe habituellement les infestations d’ascarides chez les poulains sevrés ou les yearlings qui n’ont pas bénéficié d’un programme régulier de contrôle des parasites. Les poulains affectés peuvent avoir le ventre gonflé et grandir plus lentement. Leur robe est souvent en mauvais état. [8][11]
L’administration d’un anthelminthique très efficace, par exemple l’ivermectine, à un animal infesté par une grande quantité d’ascarides peut paralyser des milliers de parasites à la fois. Les vers morts peuvent s’accumuler abruptement dans l’intestin. Ils entravent alors le transit des aliments, des liquides et des gaz dans le tractus gastro-intestinal. [8][11]
La recherche montre que les chevaux qui hébergent le ténia équin (Anoplocephala perfoliata) sont également à risque d’obstruction iléale. Les ténias se fixent à la jonction de l’iléon et du cæcum, où ils peuvent obstruer l’intestin. [2][12][13]
Le foin de mauvaise qualité
Le cynodon ou chiendent pied-de-poule côtier est un foin fin et fibreux que l’on donne couramment aux chevaux dans le sud-est des États-Unis. Il est pauvre en protéines et en calories. Il contient plus de fibres que les graminées de saison fraîche. [1]
Les diètes composées principalement de foin de chiendent pied-de-poule côtier sont un facteur de risque d’obstruction iléale. Cela dit, la qualité du foin a une incidence plus importante sur le risque d’obstruction que les espèces fourragères qu’il contient. [13]
On considère que le foin mature est de qualité inférieure et qu’il est moins digeste. Il est plus susceptible de s’accumuler dans le tube digestif. Il peut ainsi mener à une obstruction et à la colique.
L’ingestion de sable
On constate ordinairement l’obstruction due au sable chez les chevaux élevés sur un terrain ou dans des enclos sablonneux. Lorsque le cheval broute ou mange du fourrage posé à même le sol, il ingère du sable et de la terre qui peuvent s’accumuler dans l’intestin, notamment dans le gros côlon. [8][13]
Les corps étrangers et les entérolithes
Dans de rares cas, les chevaux peuvent ingérer des matières indigestes qui forment un bouchon dans le tube digestif. La colique peut survenir si le corps étranger se retrouve coincé dans les parties étroites du tractus gastro-intestinal. [15]
Les corps étrangers dans le tube digestif peuvent entraîner des symptômes de colique plusieurs mois ou plusieurs années après leur ingestion. Ce type d’obstruction est plus fréquent chez les jeunes chevaux, qui ont tendance à être curieux et à grignoter toutes sortes d’objets. [15]
Les matières qui peuvent mener aux coliques d’obstruction comprennent, mais sans s’y limiter, les fibres des laisses, la ficelle des balles de foin, les filets, les crins, le caoutchouc, les cailloux et le métal.
Les entérolithes, des accumulations de minéraux qui recouvrent des objets indigestes dans l’intestin, peuvent par ailleurs former des bouchons. Les entérolithes se forment dans le gros côlon sur une période de plusieurs années. Ils ressemblent à des cailloux ou à des pierres. Si les entérolithes se déplacent, ils peuvent bloquer certaines parties du gros ou du petit côlon et déclencher une crise de colique. [8][16]
Des niveaux plus élevés de magnésium, d’azote et de phosphore alimentaires jumelés au milieu alcalin du côlon contribuent à la formation des entérolithes. On palpe difficilement les entérolithes. Pour les retirer, le vétérinaire doit normalement procéder à une intervention chirurgicale. [16]
Le diagnostic et l’examen
Pour diagnostiquer les coliques d’obstruction, le vétérinaire évalue d’abord les signes de douleur et prend les signes vitaux du cheval. Certains chevaux présentent peu des signes cliniques. Le diagnostic requiert alors un examen plus approfondi.
L’auscultation et les bruits intestinaux
Lorsque le digesta se déplace normalement dans le tractus gastro-intestinal, l’intestin équin a tendance à être bruyant. Il émet des bourdonnements, des grondements et des gargouillis. Ces sons proviennent du mouvement des fluides et des gaz à travers le tractus. On les appelle des borborygmes. [7]
Une diminution soudaine ou l’absence de borborygmes peut être un signe de colique. Avant de confirmer le diagnostic de colique, le vétérinaire peut ausculter l’abdomen du cheval pour détecter des signes de manque de motilité ou de diminution des mouvements dans l’intestin.
En cas d’obstruction par le sable, les bruits intestinaux sous le ventre rappellent le son du papier sablé qu’on frotte ou des vagues qui s’écrasent. L’intensité et la durée des bruits varient en fonction de la quantité de sable accumulée. [14]
L’examen rectal
L’examen rectal est un outil de diagnostic important lorsqu’on soupçonne un cas d’obstruction. Cette procédure consiste à palper l’intérieur de l’abdomen à travers la paroi du rectum pour détecter un blocage ou une anomalie. [3][4][5]
Le vétérinaire peut palper plusieurs organes lors d’un examen rectal en vue de trouver les obstructions, notamment la flexion pelvienne, le petit côlon, la base cæcale et la bande cæcale ventrale. Il n’est pas possible de palper l’intestin grêle chez un cheval en bonne santé. [8]
Si le vétérinaire trouve une anomalie pendant l’examen rectal, il peut alors prescrire le meilleur traitement pour soigner le cheval. On doit procéder à un examen rectal sur tout cheval qui présente des douleurs abdominales, une perte de poids soudaine ou un manque d’intérêt pour la nourriture.
Malheureusement, les résultats de l’examen rectal peuvent être normaux lorsque les obstructions se trouvent plus haut dans le tractus gastro-intestinal. Elles sont alors hors de portée du bras du vétérinaire. L’abdomen du cheval est vaste. La palpation rectale ne permet d’en examiner qu’une petite partie. D’autres méthodes de diagnostic sont donc nécessaires pour les autres régions de l’abdomen.
L’intubation naso-gastrique
L’intubation naso-gastrique est une procédure qui permet au vétérinaire d’accéder directement à l’estomac du cheval et de soulager la pression. Le vétérinaire insère un tube dans les naseaux du cheval jusqu’à ce qu’il atteigne l’estomac.
Cette procédure permet d’évaluer le contenu de l’estomac et d’identifier les blocages ou l’accumulation de gaz et de liquide. Les vétérinaires ont aussi recours à l’intubation naso-gastrique pour administrer du liquide et des médicaments directement dans le tube digestif du cheval ou pour éliminer certaines obstructions. [3][4]
L’imagerie échographique
Les échographies abdominales peuvent être utiles pour détecter un surplus de liquide dans l’abdomen, la distension de l’intestin grêle et la présence de corps étrangers dans le tractus gastro-intestinal. [3][5]
On emploie communément l’échographie ou la radiographie pour diagnostiquer l’accumulation de sable dans le gros côlon. [8]
Le traitement
Le soulagement de la douleur
Les crises de colique aiguës sont associées à une douleur intense chez les chevaux, ce qui peut les rendre nerveux. Ils peuvent alors se blesser ou blesser les personnes à proximité. Une fois qu’il a pris les signes vitaux, le vétérinaire entreprend immédiatement de soulager la douleur de l’animal. [3][4][5]
Les analgésiques courants pour les coliques d’obstruction incluent les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme la flunixine méglumine (Banamine). La Banamine administrée à une dose appropriée prescrite par un vétérinaire peut aider à maintenir la motilité intestinale et à diminuer la douleur chez les animaux atteints d’une obstruction.
La xylazine et la détomidine sont des sédatifs à action rapide efficaces qu’un clinicien peut administrer pour atténuer la douleur et calmer le cheval. Ils procurent un soulagement temporaire de l’inconfort en détendant l’intestin autour de l’obstruction. Une petite quantité de gaz et de fluide peut ainsi contourner le blocage.
D’autres médicaments, tels que les opioïdes ou les spasmolytiques, peuvent être utiles pour contrôler les symptômes.
L’hydratation
Les liquides entéraux (administrés par voie orale)
Le transit des aliments dans le tube digestif long et sinueux requiert beaucoup de liquide pour faciliter leur transport. La déshydratation compromet la capacité du cheval à faire passer les aliments dans son système digestif.
Les lavages à l’eau peuvent dans certains cas défaire et déplacer les obstructions qui se trouvent dans l’intestin pour favoriser l’hydratation et la lubrification. [3] Le vétérinaire procède généralement au lavage au moyen d’une sonde naso-gastrique.
Plusieurs lavages à l’eau peuvent être nécessaires si le vétérinaire croit que le cheval a une obstruction. On doit toutefois surveiller attentivement le patient pendant le traitement, car un lavage à grand volume peut provoquer de la douleur ou de la distension abdominale. [3][5]
Les fluides administrés par voie intraveineuse
La plupart des chevaux atteints de colique d’obstruction sont plus ou moins déshydratés. Les chevaux qui souffrent d’une obstruction intestinale peuvent avoir de la difficulté à absorber l’eau normalement par l’intestin grêle.
On peut les réhydrater en leur administrant une solution électrolytique équilibrée. Le vétérinaire administre les fluides par voie intraveineuse, c’est-à-dire qu’il les injecte directement dans une veine pour contourner le tractus gastro-intestinal. [3]
Cette méthode contribue à stimuler l’hydratation, ainsi que la décomposition et le transit du digesta coincé. Le vétérinaire peut injecter entre 40 et 80 litres de fluides pendant la journée pour aider à dégager l’obstruction.
Un clinicien et un personnel compétents doivent surveiller attentivement le cheval lors des injections de fluides pour éviter la surhydratation. Ils doivent aussi vérifier soigneusement la quantité de liquide administrée et la pose du cathéter. [3]
Les laxatifs
On emploie le sulfate de magnésium (sel d’Epsom) pour soigner les obstructions dans le cæcum, le gros côlon et le petit côlon. Il agit en réhydratant la matière alimentaire sèche et ferme qui forme l’obstruction. On le dissout dans un grand seau d’eau et on l’administre par sonde naso-gastrique. [3][5]
Auparavant, les vétérinaires administraient de l’huile minérale par voie entérale (par sonde naso-gastrique) pour soigner les obstructions. On croyait que l’huile aidait à lubrifier l’intestin pour que l’obstruction puisse se déplacer plus facilement. Le sulfate de magnésium s’est avéré plus efficace pour traiter les obstructions. [3]
On peut aussi donner au cheval un mucilage de psyllium pour éliminer le sable accumulé dans le gros côlon. La fibre de psyllium forme un gel lorsqu’elle est mélangée à de l’eau. On pense qu’elle stimule la motilité intestinale et le péristaltisme, poussant l’ingesta et le sable à travers le tube digestif. [8]
La chirurgie
Lorsqu’on soupçonne qu’un cheval a une obstruction complète de l’intestin ou s’il présente des signes de douleur abdominale intense, le vétérinaire peut proposer de le référer pour une opération d’urgence afin de soigner la colique.
Certains chevaux qui souffrent d’obstruction complète du tractus gastro-intestinal demeurent dans un état stable avec une légère douleur pendant de longues périodes, de sorte qu’on ne les oriente pas toujours immédiatement vers une intervention chirurgicale. [8] Il est impératif de consulter un vétérinaire pour déterminer le traitement qui convient le mieux au cheval concerné.
La prévention
La mise en œuvre de plusieurs pratiques de gestion peut réduire le risque que le cheval développe des coliques d’obstruction et stimuler sa motilité intestinale. Les facteurs les plus importants pour prévenir les blocages intestinaux incluent un accès à l’eau en tout temps et les mesures pour encourager l’hydratation, une alimentation à base de fourrage de qualité et suffisamment de sorties en liberté ou d’exercice. [4]
L’eau et les aliments
Les chevaux doivent avoir accès à de l’eau fraîche et propre en tout temps. [1][4] L’ajout de sel et d’électrolytes encourage l’hydratation, en particulier par temps chaud ou après le travail. Les aliments trempés peuvent d’autre part améliorer l’hydratation.
Les chevaux doivent aussi avoir un accès à volonté à du fourrage de qualité convenable afin de pouvoir exprimer leur comportement alimentaire naturel. Il faut vérifier que le fourrage ne contient pas trop de saletés ou de corps étrangers et choisir du foin de meilleure qualité qui est plus facile à digérer.
Si seul le fourrage de piètre qualité est disponible, il est préférable de le faire tremper ou de le traiter à la vapeur pour en améliorer la digestibilité. Les chevaux qui ont des problèmes dentaires peuvent éprouver de la difficulté à défaire les fibres à longues tiges en plus petits morceaux. On peut dans ce cas remplacer le foin à longues tiges par des cubes de fourrage ou du foin haché.
On doit soulever légèrement du sol tous les dispositifs d’alimentation, tels que les abreuvoirs ou les seaux, pour éviter l’ingestion accidentelle de sable. Il faut éviter que le cheval broute l’herbe courte et cherche de la nourriture dans un sol terreux pour restreindre l’accumulation de sable dans l’intestin.
La gestion
Les mises en liberté à l’extérieur et l’exercice quotidiens stimulent la motilité intestinale, c’est-à-dire le transit des aliments dans les intestins. Les chevaux sont des animaux qui broutent et qui ont évolué pour parcourir de grandes distances. Ils ont besoin de nombreuses occasions de bouger en liberté.
Tous les chevaux doivent bénéficier d’un programme de contrôle des parasites adéquat. Cela est particulièrement vrai pour les jeunes chevaux qui courent un risque accru d’infestation d’ascarides ou de ténia. [4][11][12]
Le pronostic
Les coliques sont une maladie grave. Il faut toujours les traiter comme une urgence vétérinaire. Une intervention rapide dès les premiers signes de la colique d’obstruction est essentielle pour obtenir un résultat positif.
Le pronostic d’un cheval qui souffre d’une colique d’obstruction dépend de la taille du bouchon et de son emplacement. Cela dit, chaque cas est unique. Certains animaux réagissent mieux au traitement que d’autres.
Si le vétérinaire réussit à éliminer l’obstruction au moyen de méthodes non invasives, le pronostic est excellent dans la majorité des cas. En revanche, la réussite ou l’échec de la prise en charge médicale dépend du site et de la gravité de l’obstruction. Le pronostic à la suite d’une intervention chirurgicale dépend de chaque cas. [3]
En résumé
- Les coliques d’obstruction engendrent de la douleur abdominale ou de l’inconfort dans le tractus gastro-intestinal du cheval. L’observation de différents signes cliniques permet d’identifier les crises de colique d’obstruction.
- Tous les chevaux peuvent souffrir de coliques. Toutefois, le risque est plus élevé chez ceux qui n’ont pas accès au fourrage ou à l’eau ad libitum (à volonté) et chez les animaux qui souffrent d’un manque d’exercice ou de sorties en liberté.
- Les chevaux fermentent les aliments dans l’intestin postérieur. Ils sont incapables de régurgiter la nourriture. L’anatomie et la taille du tractus gastro-intestinal du cheval peuvent donner lieu à plusieurs sites d’obstruction différents.
- L’infestation d’un grand nombre de parasites, le foin de piètre qualité, l’ingestion de sable ou de corps étrangers et les entérolithes peuvent provoquer une obstruction.
- Il existe différentes interventions qui permettent de soigner la colique selon le site et la gravité de l’obstruction.
- Les pratiques de gestion préventives peuvent aider à diminuer le risque de colique d’obstruction, notamment les mesures qui favorisent l’hydratation et le choix avisé du fourrage.
- Une intervention immédiate dès les premiers signes de colique d’obstruction améliore le pronostic et les résultats pour les chevaux affectés.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées au sujet de la colique par impaction chez les chevaux :
La colique par impaction survient lorsque de la nourriture, du sable ou d’autres matières se compactent dans le tractus intestinal du cheval, bloquant le passage normal du contenu digestif. Cette obstruction provoque des douleurs abdominales et une distension. Les chevaux atteints de colique par impaction ont souvent besoin de soins vétérinaires pour soulager l’obstruction et rétablir la motilité intestinale.
La colique par impaction peut se développer en raison de la déshydratation, de foin de mauvaise qualité, de l’ingestion de sable, d’une forte charge parasitaire ou de changements soudains d’alimentation ou d’exercice. Ces facteurs ralentissent le mouvement intestinal et permettent à la nourriture sèche de s’accumuler. Offrir un fourrage constant et de bonne qualité et assurer un accès continu à l’eau peut réduire le risque.
Une chirurgie est nécessaire lorsque le traitement médical ne parvient pas à résoudre l’obstruction ou lorsque le cheval présente une douleur intense et persistante. L’intervention chirurgicale permet aux vétérinaires de retirer des obstructions qui ne peuvent pas s’évacuer naturellement. La décision dépend de l’emplacement et de la gravité de l’impaction ainsi que de l’état général du cheval.
La prévention vise à maintenir une bonne hydratation, à fournir du fourrage à volonté et à encourager le mouvement. Évitez de nourrir sur un sol sablonneux, suivez un calendrier de vermifugation régulier et apportez les changements alimentaires graduellement. Les chevaux ayant un accès régulier au pâturage, un accès constant à de l’eau propre et des routines cohérentes présentent un risque plus faible de colique par impaction.
Résumé
- Les coliques par impaction impliquent une douleur ou un inconfort abdominal dans le tractus gastro-intestinal du cheval. Les cas de coliques par impaction peuvent être identifiés au moyen de divers signes cliniques.
- Tous les chevaux sont susceptibles de faire des coliques, mais le risque est plus élevé chez les chevaux qui ne reçoivent pas de fourrage ou d’eau ad libitum et chez ceux qui manquent d’exercice ou de temps de sortie appropriés.
- Les chevaux sont des fermenteurs de l’intestin postérieur incapables de régurgiter les aliments. L’anatomie et la taille du tractus gastro-intestinal du cheval entraînent plusieurs sites différents d’impaction.
- L’impaction peut être déclenchée par des causes, notamment une charge parasitaire, du foin de mauvaise qualité, l’ingestion de sable et/ou des corps étrangers et des entérolithes.
- L’impaction peut être traitée au moyen de diverses interventions, selon l’emplacement et la gravité de l’épisode.
- Des pratiques de gestion préventives peuvent aider à réduire le risque de coliques par impaction, notamment en favorisant l’hydratation et en choisissant le bon fourrage.
- Une réaction immédiate aux signes de coliques par impaction améliorera le pronostic et l’issue pour les chevaux atteints.
Références
- Blikslager, A. T. Colic Prevention to Avoid Colic Surgery: A Surgeon’s Perspective. J. Equine. Vet. Sci. 2019.
- White, N. A. & Dabareiner, R. M. Treatment of Impaction Colics. Vet. Clin. North Am. 1994.
- Blikslager, A. How to Manage a Horse with Colic in the Field. American Association of Equine Practitioners (AAEP). 2020.
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