Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont des médicaments utilisés pour réduire l’inflammation et traiter la douleur chez les chevaux. Ils sont couramment utilisés en médecine équine pour gérer des affections telles que les coliques, la fièvre, la laminite et les blessures.
Bien que les AINS soient efficaces pour la gestion de la douleur, une utilisation prolongée ou une surdose aiguë peut entraîner une toxicité grave chez les chevaux.
L’intoxication aux AINS peut affecter plusieurs systèmes organiques, y compris le tractus gastro-intestinal, les reins, le foie et le système nerveux central (SNC). [1][2] Les symptômes d’une intoxication aux AINS incluent des coliques, la diarrhée, une perte de poids et un manque d’appétit.
Le diagnostic de l’empoisonnement aux AINS repose sur l’identification des antécédents d’exposition aux AINS, la réalisation de tests sanguins, la gastroscopie et l’utilisation de l’imagerie diagnostique. Il n’existe pas d’antidote spécifique à l’intoxication aux AINS.
Le traitement se concentre sur la gestion des symptômes, y compris la thérapie par fluides intraveineux pour prévenir la déshydratation, l’administration d’huile minérale pour rédure une éventuelle absorption additionnelle du médicament et l’utilisation de médicaments anti-ulcéreux.
Anti-inflammatoires non stéroïdiens pour les chevaux
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont couramment utilisés en médecine vétérinaire pour gérer la douleur, l’inflammation et la fièvre chez les chevaux.
Le terme « non stéroïdien » distingue les AINS des corticostéroïdes, une autre classe d’anti-inflammatoires. Alors que les corticostéroïdes réduisent la douleur et l’inflammation en inhibant plusieurs voies, les AINS ciblent spécifiquement l’inflammation en inhibant les enzymes cyclooxygénases (COX).
Ces enzymes jouent un rôle clé dans la réponse inflammatoire de l’organisme en produisant des composés appelés prostaglandines. Les prostaglandines ont plusieurs fonctions importantes, incluant la promotion de l’inflammation, de la douleur et de la fièvre dans le cadre de la réponse naturelle du corps à une blessure ou une maladie. [1][2] En inhibant les enzymes COX, les AINS réduisent la production de prostaglandines, diminuant ainsi la douleur et l’inflammation.
Toxicité
Bien que les AINS soient efficaces pour gérer la douleur et l’inflammation chez les chevaux, leur utilisation comporte un risque de toxicité, en particulier lorsqu’ils sont administrés à de fortes doses ou sur de longues périodes. La toxicité des AINS peut affecter plusieurs systèmes organiques, la gravité et le mode de toxicité dépendant du médicament spécifique, de la dose, de la durée du traitement et de l’état de santé général du cheval.
La surdose d’AINS peut se produire sous deux formes : aiguë ou chronique.
- L’intoxication aiguë survient lorsqu’un cheval reçoit accidentellement une dose unique, élevée et toxique d’un AINS. Cela entraîne souvent des symptômes soudains et graves, tels que des troubles gastro-intestinaux, une dysfonction rénale ou des coliques.
- L’intoxication chronique se développe quant à elle au fil du temps en raison de l’administration prolongée d’AINS, même à des doses plus faibles. L’inhibition continue des enzymes COX protectrices peut progressivement entraîner des dommages cumulatifs, affectant le tractus gastro-intestinal, les reins ou d’autres organes.
Dans les deux cas, le risque de toxicité augmente avec un dosage inapproprié ou une utilisation prolongée sans supervision vétérinaire. [4]
Complications
En général, la toxicité des AINS peut entraîner deux pathologies graves chez les chevaux : la colite du côlon dorsal droit (CCDD) et la nécrose papillaire rénale (NPR). [2][3]
- La CCDD survient lorsque la muqueuse du gros intestin, en particulier dans le côlon dorsal droit, devient enflammée ou ulcérée en raison d’une utilisation prolongée des AINS. Les symptômes de la CCDD peuvent inclure de la diarrhée, une perte de poids et des douleurs abdominales.
- La NPR est une lésion rénale résultant d’une réduction de la circulation sanguine vers les papilles rénales, entraînant une nécrose tissulaire (mort des tissus). Cette maladie est souvent causée par une utilisation prolongée d’AINS, en particulier chez les chevaux déshydratés ou ceux présentant des problèmes rénaux préexistants.
Mécanismes
Le mécanisme principal de l’intoxication aux AINS implique l’inhibition des enzymes cyclooxygénases (COX). Les chevaux produisent deux enzymes COX distinctes; COX-1 et COX-2, qui remplissent des fonctions différentes dans le corps.
- COX-1 : cette enzyme est principalement responsable du maintien de l’homéostasie en produisant des prostaglandines qui soutiennent la fonction physiologique des tissus sains. Plus précisément, les prostaglandines dérivées de l’enzyme COX-1 jouent un rôle crucial dans le maintien de la paroi protectrice du tractus gastro-intestinal chez les chevaux. Une inhibition prolongée ou excessive de COX-1 peut affaiblir cette barrière protectrice, augmentant le risque d’ulcères gastriques et de dysfonctionnement digestif. [2]
- COX-2 : les concentrations de cette enzyme dans le corps augmentent en réponse à des stimuli externes tels que des infections ou des blessures. L’enzyme COX-2 induit l’inflammation en agissant comme un vasodilatateur (c’est-à-dire qu’il provoque une expansion des vaisseaux sanguins), inhibant l’agrégation des plaquettes. La vasodilatation est l’un des principaux mécanismes de la réponse inflammatoire. [1][2]
La gravité et le type d’empoisonnement aux AINS dépendent de l’inhibition sélective des enzymes COX-1 et/ou COX-2 par le médicament, de la dose, de la durée du traitement et de l’état de santé général du cheval.
Les AINS qui inhibent principalement les enzymes COX-1 ont tendance à provoquer des effets indésirables tels que des ulcérations gastro-intestinales et une dysfonction rénale en raison de la suppression des prostaglandines protectrices. En revanche, l’inhibition sélective de l’enzyme COX-2 est généralement associée à une réduction du risque de ces effets secondaires, bien qu’une utilisation prolongée ou excessive d’inhibiteurs sélectifs de COX-2 puisse toujours entraîner une intoxication.
Sélectivité des AINS
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont généralement classés en deux types en fonction de leur sélectivité pour les enzymes COX : [1][2]
- Les AINS sélectifs de la COX-2 : ils inhibent principalement l’enzyme COX-2, qui est impliquée dans l’inflammation, tout en épargnant l’enzyme COX-1 qui protège les fonctions physiologiques normales, telle que le maintien de la muqueuse du tractus gastro-intestinal.
- Les AINS non sélectifs : ils inhibent les enzymes COX-1 et COX-2, réduisant l’inflammation mais augmentant également le risque d’effets secondaires, tels que des lésions du tractus gastro-intestinal ou des problèmes rénaux, en raison de l’inhibition de la COX-1.
Lorsqu’ils prescrivent un AINS, les vétérinaires prennent en compte plusieurs facteurs, incluant l’état de santé général du cheval, ses antécédents d’ulcères gastriques, des facteurs liés à l’alimentation et au mode de vie, les exigences de travail ou de performance, l’âge, ainsi que l’objectif thérapeutique spécifique et la durée du traitement. Cela permet de garantir l’efficacité du médicament tout en minimisant le risque d’effets indésirables.
Certains des AINS les plus couramment utilisés pour les chevaux, ainsi que leur sélectivité, incluent : [1][2][4][5][6][7][8]
- La phénylbutazone (butazone) : un AINS non sélectif largement utilisé en médecine équine. Disponible sous forme injectable, en pâte, en comprimé et en poudre, elle est couramment utilisée pour gérer la douleur musculosquelettique, la boiterie et les blessures.
- Le firocoxib (Equioxx® ou Previcox®) : un AINS sélectif de la COX-2, commercialisé sous les noms Equioxx® ou Previcox®, utilisé pour traiter l’arthrite et la douleur post-opératoire. Il est disponible sous forme de comprimé oral, de pâte ou de solution injectable.
- La méglumine de fluxinine (Banamine®) : un AINS non sélectif généralement administré par injection, souvent utilisé pour un traitement à court terme des coliques et des douleurs abdominales.
- Le méloxicam : un AINS préférentiels de la COX-2, souvent prescrit pour les troubles musculosquelettiques aigus et chroniques, ainsi que pour soulager la douleur associée aux coliques.
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Facteurs de risque de l’empoisonnement aux AINS
L’utilisation d’AINS en médecine vétérinaire équine est une pratique courante, car ces médicaments soulagent efficacement divers types de douleur et d’inflammation. Cependant, tous les AINS comportent un risque d’effets indésirables, pouvant aller d’effets secondaires légers, tel qu’un inconfort gastro-intestinal, à des complications graves, voire mortelles, telles que des lésions rénales ou même des coliques dans les cas sévères. Un dosage approprié et une surveillance attentive sont essentiels pour minimiser ces risques tout en conservant leurs avantages thérapeutiques.
Les enzymes COX-1 produisent des prostaglandines qui aident à protéger la muqueuse de l’estomac. Par conséquent, une utilisation excessive prolongée ou des doses élevées à court terme d’AINS non sélectifs peuvent entraîner la dégradation de ce tissu gastro-intestinal protecteur. [4]
Les AINS sélectifs de la COX-2 sont généralement considérés comme plus sûrs pour le tractus gastro-intestinal, mais des doses excessives ou une utilisation prolongée peuvent tout de même entraîner des complications rénales. [4]
Chez les chevaux affectés par la toxicité des AINS, plusieurs facteurs peuvent influencer la gravité des symptômes : [9][10][11]
- Le type d’AINS : les inhibiteurs non sélectifs de la COX, tels que la phénylbutazone et la flunixine méglumine, présentent un risque de toxicité plus élevé par rapport aux médicaments sélectifs de la COX-2 comme le firocoxib. Cependant, les AINS sélectifs de l’enzyme COX-2 comportent également leurs propres effets secondaires potentiels, qui peuvent inclure des problèmes rénaux, des problèmes cardiovasculaires et un retard de cicatrisation des plaies.
- Le dosage et la durée : des doses élevées et des périodes de traitement prolongées augmentent considérablement le risque d’intoxication aux AINS. Il est essentiel de suivre la posologie et les instructions prescrites par un vétérinaire pour prévenir une intoxication aux AINS.
- Les maladies sous-jacentes : les chevaux ayant des problèmes gastro-intestinaux et/ou rénaux préexistants, ainsi que ceux souffrant de déshydratation sont plus à risque d’empoisonnement aux AINS.
- Les médicaments concomitants : certains médicaments peuvent interagir avec les AINS, augmentant potentiellement leur toxicité. Les médicaments qui modifient le pH gastrique interfèrent avec l’absorption des AINS administrés par voie orale. Certains types d’antibiotiques à large spectre peuvent également augmenter la toxicité des AINS.
- La combinaison de plusieurs AINS : l’administration simultanée de plusieurs AINS peut considérablement augmenter le risque d’effets indésirables. La combinaison de plusieurs AINS est généralement déconseillée et, avant d’envisager cette approche, les vétérinaires en évaluent soigneusement la nécessité.
- L’âge et la race : les poulains nouveau-nés et les chevaux âgés sont plus sensibles à l’empoisonnement aux AINS. Les AINS ne doivent pas être administrés aux juments gestantes ou allaitantes. Les chevaux miniatures présentent un risque accru de surdose accidentelle en raison de leur petite taille.
Colite du côlon dorsal droit
La colite du côlon dorsal droit est une pathologie résultant d’une utilisation prolongée ou excessive d’anti-inflammatoires non stéroïdiens chez les chevaux. [13] Parmi tous les AINS, la phénylbutazone est le plus souvent associée à la CCDD. [12]
Cette affection implique une inflammation et une ulcération du côlon dorsal droit, une section spécifique de l’intestin postérieur ou gros intestin. [13]
Les AINS, en particulier les AINS non sélectifs comme la phénylbutazone, inhibent les enzymes cyclooxygénase-1, responsables de la production de prostaglandines qui protègent la muqueuse gastro-intestinale. Lorsque la COX-1 est inhibée, la production de ces prostaglandines protectrices diminue, compromettant l’intégrité du tube digestif. Au fil du temps, cela peut entraîner l’érosion et l’inflammation de la muqueuse du côlon, en particulier dans le côlon dorsal droit, aboutissant à la CCDD.
Les symptômes les plus courants de la CCDD chez les chevaux sont des coliques et de la diarrhée, survenant dans plus de 50 % des cas. [13] Les chevaux atteints de CCDD peuvent présenter d’autres symptômes, notamment : [14]
- Des excréments liquides
- De la déshydratation
- Une ulcération buccale
- Une difficulté à mâcher
- Une hypersalivation (bave)
- Des coliques (douleur abdominale)
- Une léthargie
- Une perte de poids
- Une diminution de l’appétit (anorexie)
- Un œdème ventral (enflure de l’abdomen inférieur)
- De la fièvre
- Un décubitus
La prévention de la CCDD implique une gestion rigoureuse des dosages d’AINS, l’examen d’alternatives thérapeutiques ainsi que l’utilisation d’AINS sélectifs de la COX-2 lorsque cela est approprié, car ces derniers sont moins susceptibles d’endommager la muqueuse gastro-intestinale.
Nécrose papillaire rénale
L’utilisation prolongée ou excessive d’AINS peut entraîner une NPR, une maladie où les tissus des papilles rénales (les zones des reins responsables de la filtration des déchets) sont endommagées en raison de la diminution de la circulation sanguine.
Les AINS inhibent la production de prostaglandines, qui aident normalement à maintenir une circulation sanguine adéquate vers les reins. Sans suffisamment de prostaglandines, les vaisseaux sanguins se contractent, limitant l’apport d’oxygène et de nutriments se rendant aux papilles rénales, ce qui entraîne la mort des tissus.
Bien que les AINS provoquent rarement une dysfonction rénale chez les chevaux en bonne santé, ils peuvent réduire la circulation sanguine vers les reins chez les chevaux souffrant de problèmes comme une insuffisance cardiaque congestive, une hypovolémie (faible volume sanguin) ou une hypotension (pression artérielle basse). Ces affections nuisent déjà à la circulation et les AINS peuvent aggraver la situation en réduisant davantage l’apport sanguin aux reins. [2]
En cas d’intoxication aux AINS, l’inhibition des enzymes COX-1 sollicite davantage le système vasculaire de l’organisme, détournant la circulation sanguine des reins. Cela contracte les vaisseaux sanguins dans les zones fonctionnelles des reins, menant à une NPR. [2]
Les symptômes de la NPR chez les chevaux incluent : [15]
- Du sang dans les urines
- Des ulcères buccaux
Sans traitement rapide, la nécrose papillaire rénale peut évoluer vers des lésions rénales à long terme et une insuffisance rénale, ce qui limite l’espérance de vie.
Diagnostic de l’empoisonnement aux AINS
Le diagnostic de l’intoxication aux AINS chez les chevaux repose sur une combinaison de facteurs, y compris un historique d’administration d’AINS et des signes cliniques.
Les chevaux présentant des signes d’intoxication aux AINS nécessitent une évaluation approfondie par un vétérinaire, incluant plusieurs tests diagnostiques pour évaluer l’étendue des dommages. Ces tests peuvent inclure : [4][9][16]
- Des analyses sanguines pour vérifier la fonction rénale, les niveaux d’électrolytes et les signes d’inflammation ou d’anémie.
- Une analyse d’urine pour détecter du sang dans les urines (hématurie) et évaluer la performance rénale.
- Une endoscopie pour examiner le tractus gastro-intestinal à la recherche d’ulcères ou de lésions, en particulier dans l’estomac et le côlon.
- Une échographie pour visualiser les reins et détecter d’éventuels changements structurels ou signes de lésions rénales.
- Un test de recherche de sang occulte dans les selles pour détecter du sang caché dans le crottin, ce qui pourrait indiquer des saignements gastro-intestinaux.
Ces diagnostics aident les vétérinaires à déterminer la gravité de l’intoxication aux AINS et à orienter les stratégies de traitement appropriées.
Diagnostic différentiel
Dans le cadre du processus de diagnostic, les vétérinaires doivent exclure d’autres toxines et maladies sous-jacentes pouvant provoquer des symptômes similaires à ceux de l’intoxication aux AINS.
Les affections à prendre en compte incluent : [4]
- Des infections bactériennes, telles que le botulisme et la salmonelle
- La fièvre équine du Potomac
- Le coronavirus équin
- La maladie inflammatoire de l’intestin
- Une néoplasie (cancer)
D’autres formes d’empoisonnement doivent également être exclues, car bon nombre d’entre elles présentent des symptômes similaires, y compris : [4]
- Une intoxication aux antibiotiques
- Une intoxication aux renoncules
- Une intoxication aux solanacées
- Une intoxication au chêne
- Une intoxication au laurier-rose
- Une intoxication à la phytolaque
- Une intoxication au rhododendron
Traitement de l’intoxication aux AINS
Il n’existe aucun antidote spécifique contre l’intoxication aux AINS chez les chevaux. [4]
Une fois l’intoxication aux AINS diagnostiquée, le traitement vise à limiter une absorption supplémentaire ultérieure du médicament et à fournir des soins de soutien. Le traitement initial pour les chevaux atteints d’intoxication aiguë aux AINS comprend généralement une détoxification, qui peut inclure : [9]
- De l’huile minérale
- Une perfusion de plasma
- La fluidothérapie par voie intraveineuse
- Une thérapie antimicrobienne
- Des médicaments anti-ulcéreux
Dans les cas graves, les chevaux peuvent nécessiter une chirurgie, car la présence d’une grande quantité de cicatrices peut entraîner une obstruction intestinale. [16]
Gestion alimentaire à long terme
Les chevaux qui se remettent d’un empoisonnement aux AINS nécessitent une gestion alimentaire attentive pour soutenir la fonction gastro-intestinale et pour minimiser de potentielles complications supplémentaires.
La gestion alimentaire vise à réduire la charge de travail de l’intestin en fournissant de petits repas pauvres en fibres, permettant ainsi au tractus gastro-intestinal de guérir et à la muqueuse protectrice de se réparer.
Les stratégies peuvent inclure : [16][17]
- Passer des fourrages aux concentrés : l’utilisation d’une alimentation pauvre en fibres, comme des granulés à base de luzerne, peut faciliter la digestion en réduisant la charge de travail de l’intestin.
- Restreindre les fourrages : bien que de petites quantités de foin ou de paille puissent être appropriées dans certains cas, l’élimination complète des fourrages peut être recommandée pendant la période de convalescence afin de minimiser la charge digestive.
- Distribuer des repas plus petits et plus fréquents : offrir quatre à six petits repas tout au long de la journée est optimal, car cela favorise une digestion plus facile et réduit le stress sur le tractus gastro-intestinal du cheval.
Une réintroduction progressive du régime et de la routine alimentaires habituels du cheval est essentielle pour éviter d’autres problèmes gastro-intestinaux. Suivez toujours les recommandations de votre vétérinaire pendant la convalescence et ne modifiez jamais les médicaments de votre cheval sans avis médical.
Si vous n’êtes pas certain de la manière dont la gestion alimentaire à long terme peut favoriser la récupération de votre cheval, consultez un nutritionniste équin qualifié pour examiner le cas de votre cheval et développer un plan alimentaire individualisé.
Pronostic
Le pronostic pour les chevaux atteints d’intoxication aux AINS varie de bon à réservé, en fonction de la gravité et de la durée de l’intoxication.
Les chevaux présentant des symptômes plus graves ou souffrant d’une intoxication chronique et d’une CCDD nécessitent une gestion à long terme. [4][9] La guérison complète de la CCDD chronique est souvent plus complexe et varie en fonction de la gravité de la maladie et des facteurs individuels relatifs à chaque cas.
Prévention
L’intoxication aux AINS chez les chevaux peut être évitée grâce à une gestion appropriée. Bien qu’il ne soit pas toujours possible d’éviter complètement les AINS, car ils sont souvent un traitement standard pour diverses affections équines, une administration prudente peut réduire le risque.
Les médicaments doivent être administrés strictement selon les instructions du vétérinaire prescripteur. De plus, si votre cheval prend actuellement des médicaments, il est important d’en informer votre vétérinaire avant d’en introduire de nouveaux.
La déshydratation est un facteur connu qui peut exacerber la toxicité des AINS. Surveiller l’apport en eau d’un cheval pendant le traitement aux AINS peut aider à atténuer ce risque. L’utilisation d’AINS sélectifs pour la COX-2, associée à la dose efficace la plus faible et à des intervalles de dosage les plus longs possibles, peut réduire le risque d’intoxication. [9][16]
Foire aux questions
L’utilisation d’AINS peut entraîner de graves problèmes de santé lorsque les chevaux reçoivent des doses élevées ou des traitements prolongés. Des complications comme la colite du côlon dorsal droit, des lésions rénales et des ulcères gastro-intestinaux sont des issues possibles d’une intoxication aux AINS. Les chevaux souffrant d’un empoisonnement aux AINS peuvent développer des coliques, de la diarrhée ou une perte de poids, ce qui montre que ces médicaments, bien qu’efficaces, comportent des risques importants s’ils ne sont pas gérés avec soin.
Certains chevaux présentent un risque plus élevé de toxicité aux AINS en raison de facteurs comme la déshydratation, une maladie rénale ou gastro-intestinale préexistante, l’âge ou l’utilisation concomitante de plusieurs médicaments. Les chevaux miniatures, les poulains et les animaux plus âgés sont particulièrement sensibles, et l’association de plusieurs AINS peut encore accroître le risque de complications graves.
Les symptômes qui suggèrent une intoxication aux AINS comprennent une diminution de l’appétit, de la diarrhée, de la léthargie, des coliques, une perte de poids ou un gonflement de l’abdomen. Dans les cas plus avancés, du sang dans l’urine ou des ulcères buccaux peuvent apparaître, signalant des complications graves comme des lésions rénales ou une colite du côlon dorsal droit.
Les propriétaires peuvent aider à prévenir les complications liées aux AINS en suivant attentivement les instructions de dosage du vétérinaire, en évitant d’utiliser plusieurs AINS en même temps et en veillant à ce que les chevaux restent bien hydratés. Choisir des AINS sélectifs de la COX-2 lorsque cela est approprié et utiliser la dose efficace la plus faible pendant la durée la plus courte réduit davantage la probabilité de toxicité.
Résumé
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont couramment utilisés pour gérer la douleur et l'inflammation chez les chevaux. Cependant, leur utilisation nécessite une gestion prudente en raison du risque de toxicité, qui, sans surveillance adéquate, peut entraîner des effets néfastes sur la santé.
- L'intoxication aux AINS résulte de l'administration d'une dose toxique (intoxication aiguë) de médicaments AINS.
- L'utilisation prolongée des AINS peut entraîner une intoxication chronique et des complications telles que la colite du côlon dorsal droit (CCDD) et la nécrose papillaire rénale (NPR).
- Le diagnostic de l'intoxication aux AINS repose sur une combinaison de facteurs, y compris un historique d'utilisation des AINS et des signes cliniques observés.
- Il n'existe pas d'antidote spécifique pour l'intoxication aux AINS. Les chevaux en convalescence après un surdose d'AINS nécessitent une gestion alimentaire attentive pour minimiser le stress sur le côlon.
- Les AINS sélectifs de la COX devraient être envisagés, car ils sont moins susceptibles de provoquer des complications gastro-intestinales chez les chevaux.
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