Le fourrage est la composante qui occupe le plus gros volume dans l’alimentation équine. Le type, la qualité et la maturité du fourrage ont le plus grand impact sur le contenu nutritionnel de la ration du cheval.

Le choix du fourrage qui convient à chaque cheval permet de satisfaire ses besoins en calories, en protéines et en nutriments, tout en minimisant le risque de troubles métaboliques, de prise de poids excessive, de troubles intestinaux et de laminite.

Le seul moyen d’évaluer avec précision la qualité du fourrage est de soumettre un échantillon pour en faire l’analyse. Cela dit, certains indices visuels et sensoriels peuvent aider à identifier les espèces fourragères et la maturité des plantes en vue d’estimer la qualité nutritive du foin. Ces indices sont utiles pour choisir le fourrage qui convient au cheval concerné.

Cet article examine l’importance de nourrir les chevaux avec un fourrage adéquat. Il décrit comment identifier et inspecter le foin destiné aux chevaux.

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Le fourrage dans l’alimentation des chevaux

Le fourrage doit constituer la plus grande partie des calories et des protéines contenues dans l’alimentation du cheval. [1]

Les chevaux sont des animaux qui broutent. Ils ont évolué pour prospérer en mangeant continuellement des aliments riches en fibres comme l’herbe et d’autres fourrages. [2][7]

Pour maintenir une santé optimale, le cheval moyen doit manger quotidiennement une quantité de fourrage qui correspond à 2 % de son poids vif. Pour un cheval de 500 kilogrammes (1 100 livres), cela équivaut à 10 kilogrammes (22 livres) de matière sèche de foin ou d’herbe fraîche par jour. [4][13]

Dans la mesure du possible, les chevaux doivent idéalement avoir accès au fourrage à volonté. [1] La consommation ad libitum de foin réduit l’incidence des comportements stéréotypés. Elle garantit que l’estomac du cheval ne reste pas vide pendant de longues périodes, ce qui diminue le risque de formation d’ulcères gastriques.

Il est important de noter que les chevaux atteints du syndrome métabolique ont une résistance à la leptine. La leptine est l’hormone de la satiété. Puisqu’ils sont résistants à ses effets, les chevaux atteints du SM mangent trop s’ils sont nourris à volonté. [36]

Le fourrage à longues tiges représente la meilleure option, y compris l’herbe fraîche ou le foin qui mesure deux pouces ou plus. Ces fourrages stimulent la sécrétion de salive et ralentissent la consommation. [5]

Il faut éviter de donner aux chevaux de grandes quantités de moulée commerciale. Les régimes qui contiennent trop de céréales et pas assez de fourrage peuvent contribuer à l’apparition de troubles digestifs, de maladies métaboliques et de problèmes de comportement. [3]

En quoi consiste le fourrage?

Les cavaliers emploient souvent les termes foin et fourrage de manière interchangeable. En fait, le fourrage désigne toute matière végétale comestible que mangent les animaux qui paissent, à l’exception des céréales. [6]

Dans l’alimentation équine, le fourrage comprend l’herbe fraîche, le foin, l’ensilage, la paille ou d’autres substituts de foin riches en fibres. Ces aliments doivent former la base du régime alimentaire de tous les chevaux. [1]

Les principales caractéristiques des sources de fourrage communément données aux chevaux sont les suivantes : [12][15]

  • Le pâturage: l’herbe fraîche est généralement plus riche en calories, en protéines et en nutriments que le foin sec. L’herbe fraîche tend à avoir une teneur élevée en sucre, ce qui peut accroître le risque d’obésité et de laminite chez les chevaux souffrant du syndrome métabolique.
  • Le foin: la conservation du fourrage sec diminue sa teneur en vitamines, en particulier la vitamine E, ainsi que celle d’autres nutriments. Sa qualité nutritive dépend du stade de maturité des plantes au moment de la coupe, des espèces qui le composent, ainsi que des conditions pendant la récolte et l’entreposage.
  • Les granulés ou les cubes de fourrage: le foin finement haché et comprimé peut remplacer le foin à longues tiges lorsque la disponibilité du fourrage est limitée ou lorsqu’on doit nourrir des chevaux qui souffrent de problèmes dentaires. On peut devoir faire tremper ces aliments pour réduire le risque d’obstruction œsophagienne.
  • Les substituts de fourrage: certains sous-produits riches en fibres, comme la pulpe de betterave, peuvent remplacer une partie du fourrage dans l’alimentation. Nous vous conseillons de faire appel à un nutritionniste équin pour vous assurer que l’alimentation de votre cheval est équilibrée et qu’elle répond à ses besoins.

Le choix du fourrage qui convient au cheval

Le meilleur choix de fourrage pour chaque cheval dépend de ses besoins individuels en protéines, en calories et en nutriments. Les chevaux astreints à une charge de travail intense ont des besoins différents de ceux des chevaux de loisir qui font de l’exercice léger.

Alors que les propriétaires souhaitent souvent trouver du foin de la meilleure qualité, certains chevaux ont en réalité besoin d’un fourrage de faible qualité qui est moins nutritif. [2]

Le fourrage de bonne qualité

Le fourrage de bonne qualité réfère généralement au foin dont la densité nutritionnelle est plus élevée, c’est-à-dire qu’il contient plus de protéines et de calories, et moins de fibres indigestes. Les chevaux qui peuvent bénéficier d’un foin de bonne qualité incluent ceux qui suivent :

Le foin mixte, le foin de légumineuses ou le foin de graminées récolté à un stade plus précoce de croissance peut convenir à ces animaux. Ils peuvent aussi avoir besoin de sources de calories supplémentaires comme les suppléments de matières grasses, le son de riz, les coques de soya ou la pulpe de betterave pour répondre pleinement à leurs besoins caloriques. [17]

Le fourrage de faible qualité

Le fourrage de faible qualité fait référence au foin qui contient moins d’énergie digestible et de protéines, et plus de fibres indigestes. Les chevaux qui peuvent tirer profit d’un foin moins nutritif incluent ceux qui suivent :

Le foin de graminées récolté à un stade plus tardif de croissance, alors que sa teneur en fibres est plus élevée et que sa teneur en protéines est plus basse, convient mieux à ces chevaux.

Les vitamines et les minéraux

Quel que soit le type de fourrage, le foin seul ne comble pas tous les besoins en vitamines et en minéraux du cheval. [16] Les chevaux qui reçoivent un régime alimentaire exclusivement composé de fourrage souffrent souvent d’une carence de plusieurs des nutriments suivants :

  • le sodium;
  • le sélénium (selon la région);
  • le zinc;
  • le cuivre;
  • la vitamine E (dans le cas des chevaux nourris au foin sec).

Un supplément équilibré de vitamines et de minéraux, par exemple Omneity de Mad Barn, permet de veiller à ce que le cheval qui reçoit une alimentation axée principalement sur le fourrage obtienne aussi ces micronutriments en quantités adéquates.

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Les types de foin pour les chevaux

Il existe trois catégories de foin destiné aux chevaux : les graminées de saison fraîche, les graminées de saison chaude et les légumineuses. Chaque catégorie possède un profil nutritionnel différent.

Les graminées de saison fraîche sont :

  • les fourrages de céréales: l’avoine, le seigle, le blé et l’orge;
  • le dactyle pelotonné;
  • la fléole des prés ou mil;
  • la fétuque;
  • le pâturin des prés.

Les graminées de saison chaude sont :

  • le chiendent pied-de-poule ou cynodon;
  • le tef;
  • l’herbe de Bahia;
  • le panic raide ou millet dressé;
  • le sorgho.

Les légumineuses sont :

  • la luzerne;
  • le trèfle rampant ou trèfle blanc;
  • le trèfle rouge ou trèfle des prés;
  • l’Arachis glabrata;
  • le lotier corniculé ou pied-de-poule;
  • le lespédéza ou trèfle du Japon.

L’identification des fourrages

L’évaluation visuelle peut aider à identifier l’espèce de fourrage contenue dans le foin et à estimer sa qualité. [11] Lorsqu’ils poussent dans les champs, la structure des graminées et des légumineuses permet de les distinguer facilement.

Les graminées ont des tiges rondes ou plates, avec des limbes qui poussent sur toute la longueur de la tige. En observant la plante, on constate que les limbes s’étendent dans deux directions à partir de la tige. [33]

La forme et la structure des tiges porte-graines, ainsi que la taille de la plante à un stade de maturité donné, sont les meilleurs moyens de reconnaître visuellement les différentes graminées. Le nombre de tiges porte-graines varie en fonction de la maturité de la plante au moment de la récolte. [6]

Au lieu de limbes, les légumineuses produisent des feuilles formées de plusieurs folioles. Celles-ci sont plus abondantes au sommet de la tige, mais certaines peuvent également apparaître le long de la tige. Selon les espèces, les feuilles peuvent contenir de trois à sept folioles. Elles peuvent ou non avoir des bords dentelés. [33]

Grass and Legume Structure

Figure 1 : structure générale A) des graminées et B) des légumineuses

Légende:
Seedhead: Tige porte-graines
Blade: Limbe
Node: Noeud
Internode: Entrenoeud
Collar: Collet
Sheath: Gaine
Crown: Couronne
Stolon: Stolon
New Plants: Nouveaux plants
Roots: Racines
Rhizome: Rhizome
Stem: Tige
Leaf: Feuille
Leaflets: Folioles
Inflorescence: Inflorescence

L’identification des espèces de légumineuses

La luzerne

La luzerne est le foin de légumineuses le plus populaire pour les chevaux. Bien qu’on la décrive souvent comme une légumineuse feuillue d’un vert intense avec un parfum sucré et des fleurs violettes distinctives, les différentes méthodes de récolte et les conditions de croissance peuvent en modifier l’apparence. [18]

La luzerne atteint une hauteur de deux à trois pieds. La plante produit des fleurs violettes ou jaunes ainsi que de longues feuilles étroites qui sont dentelées seulement à leur extrémité. [19][20]

La luzerne de la meilleure qualité contient des bourgeons et est exempte de fleurs, ce qui indique que l’agriculteur a récolté le foin au stade de maturité idéal. La luzerne devient moins feuillue et plus grossière à la fin de sa floraison. [19]

Alfalfa Hay

Figure 2 : foin de luzerne avec des folioles visibles et des tiges grossières

Le trèfle

On cultive habituellement le trèfle dans des champs mixtes où poussent aussi des graminées. On peut toutefois donner du foin exclusivement composé de trèfle aux chevaux. Le trèfle rouge ou trèfle des prés est l’espèce la plus fréquemment destinée aux chevaux.

Le trèfle rouge atteint une hauteur de deux à trois pieds. Il possède de grandes feuilles qui arborent souvent un motif en forme de V ou un filigrane proéminent. Ses fleurs sont roses et ses tiges sont poilues et charnues. [19]

Le trèfle blanc ou trèfle rampant (Trifolium repens) produit des fleurs blanches et parfumées. Il possède de larges folioles entièrement vertes, parfois marquées d’un motif blanc en forme de V ou de taches rouge foncé. [19]

Le trèfle est sujet à la maladie des taches noires causée par le champignon S. leguminicola. Cette maladie produit une toxine appelée slaframine qui peut mener à une salivation excessive (la bave) chez les chevaux. Celle-ci est ordinairement inoffensive.

Un troisième type de trèfle est le trèfle alsike. Le trèfle alsike peut provoquer une photosensibilité ou une insuffisance hépatique. On le reconnaît à ses fleurs bicolores, avec une base rose foncé et des extrémités rose clair. Les feuilles du trèfle alsike sont dépourvues du « V » blanc caractéristique du trèfle rouge et du trèfle blanc.

Les autres légumineuses

Arachis glabrata

Cette légumineuse tropicale pousse sous des climats chauds, notamment dans le sud-est des États-Unis. Elle produit des fleurs orange ou jaunes et des feuilles à quatre folioles. Cette plante possède des tiges fines. Elle forme des racines épaisses qui s’étendent de quatre à six pouces sous la surface du sol. [21]

Le lotier corniculé ou pied-de-poule

Cette légumineuse atteint une hauteur de deux à trois pieds. Le lotier corniculé produit des fleurs et des gousses jaune vif qui ressemblent à une patte d’oiseau, d’où son appellation commune « patte d’oiseau ». Chaque feuille comporte cinq folioles de forme triangulaire et des structures foliaires proéminentes (les stipules) au bas des tiges. [19]

Le lespédéza annuel

Le lespédéza annuel atteint une hauteur d’un à deux pieds. Il produit des feuilles vert pâle striées de veines visibles. Sa tige est fine et feuillue. [19]

Le lespédéza vivace

Cette légumineuse atteint une hauteur de 18 à 40 pouces. Le lespédéza vivace possède une tige principale rigide d’où partent les feuilles. [19]

L’identification des espèces de graminées

Le foin de graminées est normalement plus riche en fibres et plus faible en protéines que le foin de légumineuses. Sa teneur élevée en fibres et sa teneur modérée en protéines en font un aliment de base populaire dans les régimes alimentaires équins. [22]

Le foin de graminées contient plus de fibres indigestes lorsque les plantes récoltées sont matures[23]

Les graminées de saison fraîche

Les chevaux préfèrent généralement les graminées de saison fraîche à celles de saison chaude. [24] Ces premières graminées ont évolué pour survivre à des températures inférieures au point de congélation et aux conditions météorologiques hivernales.

La fléole des prés ou le mil

La fléole des prés atteint une hauteur de deux à cinq pieds. Cette plante produit des feuilles de couleur bleu-vert. Elle possède une tige porte-graines cylindrique et une sorte de bulbe à la base de la tige. [19]

Timothy Hay

Figure 3 : foin de fléole des prés (mil) avec des limbes et des tiges porte-graines visibles

Le dactyle pelotonné

Le dactyle pelotonné donne un foin à texture souple que les chevaux mangent facilement. Les feuilles de cette plante sont de couleur bleu-vert et la base de la tige est presque plate. Elle possède une excroissance haute et mince, la ligule, à la jonction de la feuille et de la tige. [19]

L’ivraie annuelle ou ray-grass:

Cette plante atteint une hauteur de deux à quatre pieds. L’ivraie annuelle, ou ray-grass, produit des feuilles vert foncé lisses et brillantes et des tiges arrondies. Ses feuilles émergent roulées avec de petites projections semblables à des oreilles (les oreillettes) qui s’enroulent autour de la tige. L’ivraie annuelle possède des poils fins, les barbes, qui s’étendent à partir de l’extrémité des graines. [19]

L’ivraie ou ray-grass vivace

L’ivraie vivace atteint une hauteur de deux à quatre pieds. Cette plante produit des feuilles vert foncé lisses et brillantes. Contrairement à l’ivraie annuelle, l’ivraie vivace n’a pas de barbes. Elle produit moins de petites fleurs, appelées fleurons. Ces dernières forment de grosses grappes fleuries. [19]

L’avoine cultivée ou avoine commune (Avena sativa)

L’avoine cultivée est une graminée verte qui atteint une hauteur d’un à quatre pieds. Elle possède des tiges creuses et de longues feuilles vert foncé qui mesurent jusqu’à un centimètre de large. Les feuilles ont une texture rugueuse en raison des petits poils qui les recouvrent. [19]

L’orge des lièvres (Hordeum leporinum)

Cette plante atteint une hauteur de deux à quatre pieds. Il s’agit d’une graminée verte ou jaune avec une tige velue. Le sommet de la plante produit un bouquet de fleurs ou des pousses reproductrices appelées épillets. [25]

La fétuque

La fétuque atteint une hauteur de deux à quatre pieds. Cette graminée produit des feuilles vert foncé épaisses et larges, striées de veines proéminentes. [19]

La fétuque est fréquemment infestée par un champignon endophyte (interne) qui peut entraîner une gestation prolongée, des cas de « placenta en sac rouge » ainsi qu’une incapacité à produire du lait maternel. Ce champignon provoque également des douleurs similaires à celles de la laminite, ou aggrave les cas de laminite existants en raison de la vasoconstriction. [37]

Le pâturin des prés

Le pâturin des prés atteint une hauteur d’un à trois pieds. Il produit des feuilles vert foncé qui sont plus étroites que celles de la fétuque élevée et du dactyle pelotonné. Les feuilles de cette plante ont des extrémités à limbes fines qui ressemblent à la proue d’un bateau. [19]

Les graminées de saison chaude

Le chiendent pied-de-poule ou cynodon:

Cette graminée de saison chaude atteint une hauteur de quatre à seize pouces. Le chiendent pied-de-poule produit des feuilles courtes et plates. La plante produit quatre ou cinq épillets minces au bout de ses tiges. [19][20]

Le tef

Le tef atteint une hauteur de trois à quatre pieds. Il produit de nombreuses ramifications latérales qui s’étendent de la base de la tige. La plante produit une tige fine et pousse en touffes. Elle possède un bouquet de fleurs ramifié avec des épillets sur le dessus. [26]

L’herbe de Bahia

Cette plante atteint une hauteur de 8 à 30 pouces. L’herbe de Bahia produit une tige porte-graines en forme d’Y. Elle est de couleur claire et sa texture est grossière. [27]

Le panic raide ou millet dressé

Le panic raide atteint une hauteur de trois à sept pieds. La plante produit des feuilles velues. Elle développe une touffe dense de poils où se rejoignent la tige et les feuilles. [19]

Le sorgho

Le sorgho mesure généralement de deux à huit pieds de haut, mais il peut atteindre jusqu’à quinze pieds. Les tiges et les feuilles de la plante sont enduites de cire blanche. Les plants de sorgho produisent des grappes de fleurs et des feuilles qui mesurent environ deux pouces de large et plus de deux pieds de long. [20]

Les foins mixtes

Les foins de graminées mixtes contiennent plusieurs espèces de graminées différentes. Les foins mixtes qui contiennent à la fois des graminées et des légumineuses sont aussi populaires. [6]

Les mélanges retrouvés couramment en Amérique du Nord sont le foin de luzerne et de fléole des prés, ainsi que le foin de luzerne et de dactyle.

Mode d’emploi pour évaluer visuellement la qualité du foin

Bien qu’une analyse en laboratoire soit le seul moyen fiable de mesurer la valeur nutritive du foin, certains indicateurs visuels peuvent être utiles pour estimer sa qualité relative.

Une étude récente suggère que les individus peuvent déceler en partie si le contenu d’énergie digestible des foins est haut ou bas en l’inspectant visuellement et en le touchant. [34]

Le foin dont la teneur en énergie digestible est la plus élevée tend à être :

  • vert foncé;
  • fin;
  • doux;
  • souple

Le foin dont la teneur en énergie digestible est la plus basse tend à être :

  • jaune;
  • sec;
  • raide;
  • épineux;
  • de la paille.

Lorsque sa teneur en fibres est basse et qu’il contient beaucoup de calories et de protéines, le foin a tendance à être doux, fin et souple. Inversement, le foin mature dont la teneur en fibres est plus haute tend à être raide.

Le foin jauni peut avoir subi une exposition importante au soleil ou de mauvaises conditions d’entreposage, ce qui peut également diminuer sa valeur nutritive.

Lors de l’évaluation de l’herbe des pâturages, les herbages feuillus et verts sont plus riches en énergie digestible que ceux où les tiges porte-graines abondent ou qui ont bruni.

Les pâturages très feuillus et verts sont plus caloriques que ceux où l’on voit des tiges porte-graines. Ces derniers ont une valeur calorique plus grande que les herbages complètement brunis.

Le contenu nutritionnel du foin de graminées et de légumineuses

Le contenu nutritionnel du foin de graminées est différent de celui du foin de légumineuses. De plus, la teneur en nutriments de chaque type de foin varie en fonction du stade de maturité des végétaux à la récolte, des conditions de croissance et d’autres facteurs.

En général, le foin de légumineuses contient plus de protéines brutes, de calcium et de magnésium que le foin de graminées. Ce type de foin offre d’autre part une concentration plus élevée d’énergie digestible (les calories). [28]

Les foins de légumineuses riches en nutriments conviennent aux chevaux qui ont besoin de plus de calories et de protéines. Les propriétaires devront alors ajouter des minéraux supplémentaires à la ration du cheval pour équilibrer la teneur élevée en calcium ce type de fourrage. [11]

Graminées Légumineuses
Énergie digestible 0,9 mcal/lb
(0,8 à 1 mcal/lb)
1,1 mcal/lb
(1 à 1,2 mcal/lb)
Protéines brutes 11 %
(7 à 14,8 %)
21 %
(18,8 à 24 %)
FDN 61 %
(54,6 à 68 %)
38 %
(33,5 à 43,5 %)
Lignine 5 %
(3,3 à 7 %)
7 %
(6 à 8 %)
Amidon 1,4 %
(0,2 à 2,6 %)
1,3 %
(0,5 à 2,1 %)
GSEt 7 %
(4,6 à 9,5 %)
6,8 %
(5,2 à 8,4 %)
GH 12,5 %
(7,6 à 17 %)
10,8 %
(8,8 à 13 %)

Compte tenu des variations de valeur nutritive, il est préférable de soumettre le fourrage à une analyse pour cerner son contenu nutritionnel et savoir s’il s’agit d’un choix qui convient au cheval.

La teneur en protéines

En général, à mesure que les plants de graminées et de légumineuses mûrissent, leur teneur en protéines diminue et leur teneur en fibres s’accroît.

Au même stade de maturité, les légumineuses sont ordinairement plus riches en protéines et moins riches en fibres que les graminées, ce qui se traduit par un taux d’énergie digestible plus élevé.

La différence de teneur en protéines des légumineuses et des graminées est liée à la physiologie de la plante et à la façon dont elle emmagasine les nutriments.

L’une des principales distinctions entre les légumineuses et les graminées est leur capacité à transformer l’azote en protéines. Les légumineuses entretiennent une relation symbiotique avec les microbes fixateurs d’azote qui vivent autour des racines de la plante. C’est ce qui permet aux légumineuses de synthétiser plus de protéines que les graminées. [33]

La teneur en fibres

La fibre est un type d’glucide structurel que les rapports d’analyse de fourrage mentionnent en tant que fibre au détergent acide (FDA) et fibre au détergent neutre (FDN).

La FDN se compose de cellulose et d’hémicellulose, que le système digestif équin fermente dans l’intestin postérieur pour produire de l’énergie. La portion de FDN contient aussi de la lignine qui n’est pas fermentescible par les microbes et qui ne fournit aucune calorie au cheval. La FDA contient de la lignine et de la silice, les éléments les moins fermentescibles de la cellulose,

Bien que la teneur en lignine ait tendance à être plus haute dans les légumineuses, elle est concentrée dans les tissus qui transportent l’eau et les nutriments (le xylème), alors que les autres parties de la plante demeurent hautement digestibles. Inversement, à mesure que les graminées mûrissent, la teneur en lignine augmente dans toute la plante. Elle a donc un impact plus important sur la digestibilité et l’appétence de ce type de foin. [33]

La teneur en amidon et en sucre

La teneur en sucre et en amidon du fourrage est une préoccupation importante pour les propriétaires de chevaux. Collectivement, le sucre et l’amidon forment les glucides hydrolysables (GH) qu’on retrouve dans les végétaux.

Les études ont lié une consommation importante de GH à l’exacerbation du syndrome métabolique équin et à la laminite. [8][9][14]

Le sucre existe dans les plantes sous forme de sucres simples ou de formes de stockage complexes constituées de nombreuses molécules de sucre liées entre elles. Parmi les exemples de sucres complexes, on compte l’amidon et le fructane, un glucide composé de molécules de fructose.

Les graminées de saison chaude emmagasinent les sucres excédentaires sous forme d’amidon. Les graminées de saison fraîche et les légumineuses les stockent plutôt sous forme de fructanes. Le cheval digère les fructanes dans l’intestin postérieur, alors que l’intestin antérieur digère l’amidon et le décompose en sucres. [6]

Le principal facteur qui détermine la teneur en sucre et en amidon ou en fructane des plantes est l’heure de la récolte. Les plantes fourragères exploitent l’amidon et les fructanes durant la nuit, de sorte que leurs niveaux sont au plus bas le matin et au plus hauts le soir. Cette fluctuation est plus grande dans les graminées que dans les légumineuses. [6]

L’évaluation de la qualité du fourrage

L’inspection du foin à la vue, à l’odorat et au toucher peut aider à évaluer la qualité du fourrage avant de l’acheter. Selon leur maturité, leur souplesse, leur couleur et leur odeur, le contenu nutritif de différentes balles d’une même espèce de foin peut fluctuer considérablement. [29]

L’inspection visuelle peut par ailleurs aider à prédire l’appétence du foin et à vérifier qu’il est exempt de moisissure. En revanche, pour obtenir des renseignements nutritionnels précis, on doit absolument faire analyser le foin.

La couleur

La couleur extérieure d’une balle ne reflète pas toujours la qualité du foin qui se trouve à l’intérieur. L’ouverture des balles pour les inspecter permet d’obtenir une meilleure idée de la qualité globale du foin.

Une teinte verte indique souvent que l’agriculteur a asséché le foin correctement. Toutefois, certains foins de couleur verte sont moins nutritifs que les foins brunis. [30]

Alors que le foin qui a pâli au soleil conserve sa valeur nutritive, l’excès de pluie après la coupe élimine les nutriments et entraîne une perte de couleur. [23]

Le foin prend d’autre part une teinte vert foncé ou brune si sa teneur en eau est trop élevée au moment de le mettre en balles. [30] La couleur vert foncé ou brune peut indiquer la croissance de moisissures, ce qui est plus probable dans le foin humide.

Le foin moisi représente un problème de santé en raison des mycotoxines qui peuvent avoir un impact sur la fonction intestinale et la santé du système respiratoire des chevaux.

De plus, l’entreposage du foin dont la teneur en humidité est élevée soulève une question de sécurité, car il s’agit de l’une des principales causes d’incendie dû au foin. Si la chaleur que génère la croissance des moisissures ne se dissipe pas correctement, les balles peuvent chauffer dangereusement. Le foin dont la teneur en humidité est supérieure à 25 % risque de s’enflammer spontanément. [31][32]

L’odeur

L’odeur du foin peut d’autre part refléter la teneur en humidité du fourrage lors de la mise en balles. [30]

Le foin fraîchement coupé doit dégager une odeur agréable. Le foin qui sent le mildiou, le moisi ou la pourriture est probablement moisi. On doit toujours inspecter et sentir le foin pour détecter la présence de moisissures avant de le distribuer aux chevaux. [30]

La souplesse et la quantité de feuilles

Le foin dont la texture est plus souple est souvent plus appétent pour les chevaux que le foin grossier. Les chevaux n’aiment pas manger des tiges trop grossières. [24]

Le rapport des feuilles aux tiges est l’un des principaux facteurs clés pour évaluer la qualité du foin. En effet, les feuilles contiennent la majeure partie des nutriments contenus dans le foin, alors que les tiges contiennent des fibres moins digestes. [23]

Une proportion élevée de limbes ou de feuilles indique que l’agriculteur a récolté le foin lorsque les plantes étaient plus jeunes. Les foins de légumineuses matures ont très peu de feuilles, car celles-ci tombent pendant la fenaison. [23]

La maturité des plantes

La maturité du foin a un impact direct sur sa valeur nutritive et la prise alimentaire du cheval. Les plantes immatures ont des valeurs nutritives plus élevées que les plantes matures, car elles contiennent moins de fibres indigestes. [23]

Les chevaux mangent le foin immature plus rapidement que le foin mature. L’accroissement de la prise alimentaire et de la digestibilité fait en sorte que les plantes plus jeunes fournissent plus de nutriments. [23]

Un rapport des feuilles aux tiges élevé et une faible densité de tiges porte-graines signalent que les plantes étaient plus jeunes au moment de la coupe. Les chevaux dont les besoins en nutriments sont moindres peuvent tirer parti d’un foin dont le rapport des feuilles aux tiges est plus bas et qui contient plus de tiges porte-graines. [6]

L’analyse du foin

L’analyse du foin fournit des renseignements détaillés sur son contenu nutritionnel. Bien que l’inspection visuelle soit utile pour identifier le foin de bonne qualité, il est impossible de déterminer les quantités exactes de nutriments contenus dans le fourrage sans obtenir une analyse. [11]

Les résultats de l’analyse du fourrage incluent des renseignements sur le taux d’humidité, les protéines brutes, les glucides, les fibres, l’énergie digestible et les minéraux que contient le foin.

Vous pouvez en apprendre plus sur l’interprétation des rapports d’analyse de fourrage en lisant notre article Comment lire une analyse de foin destiné aux chevaux.

Une fois que vous aurez obtenu vos résultats, nous vous invitons à téléverser votre rapport d’analyse de foin dans notre outil d’évaluation de l’alimentation. Nos nutritionnistes peuvent vous aider à déterminer si votre cheval a besoin d’aliments supplémentaires ou de suppléments pour répondre à ses besoins nutritionnels.

Analyse de foin
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En résumé

  • Une quantité suffisante de fourrage propre et adéquat doit constituer la base de l’alimentation des chevaux.
  • Les sources de fourrage incluent l’herbe fraîche des pâturages et le foin, qui fournissent les fibres à longues tiges dont le cheval a besoin pour avoir une fonction intestinale optimale.
  • La valeur nutritive du foin varie en fonction du type de plantes, de leur maturité à la récolte et du processus de mise en balles.
  • On peut inspecter la couleur, l’odeur, la texture et la finesse du foin pour identifier les espèces végétales qu’il contient et estimer leur maturité au moment de la récolte.
  • L’analyse de fourrage est le seul moyen de connaître précisément les teneurs en nutriments du foin.

Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur les fourrages pour les chevaux :

Résumé

  • Des quantités adéquates de fourrage approprié et propre devraient constituer la base de l’alimentation de votre cheval.
  • Les sources de fourrage comprennent le pâturage et le foin, qui fournissent la fibre à longues tiges nécessaire pour soutenir un fonctionnement intestinal optimal.
  • La valeur nutritive du foin varie selon le type, la maturité et le processus de mise en balles.
  • Examinez la couleur, l’odeur, la texture et la quantité de feuilles de votre foin pour aider à identifier l’espèce et estimer la maturité au moment de la récolte.
  • Une analyse du fourrage est la seule façon de déterminer les niveaux spécifiques de nutriments dans votre foin.
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Identifier les manques dans le programme alimentaire de votre cheval pour optimiser son bien-être.

Références

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