L’herpèsvirus équin (HVE), aussi appelé la rhinopneumonie du cheval ou le virus de l’herpès équin, est une infection endémique contagieuse qui touche les chevaux partout dans le monde.
L’HVE peut causer des symptômes qui peuvent être bénins ou graves, qui affectent habituellement les voies respiratoires supérieures. Dans de rares cas, il peut provoquer des symptômes neurologiques, l’avortement ou la mort. [1]
L’infection à l’HVE peut être latente, auquel cas le virus vit en latence dans l’organisme du cheval et n’entraîne pas de symptômes. [1]
Il existe neuf types connus d’herpèsvirus équin. Les plus communs sont l’HVE-1 et l’HVE-4. [2] L’HVE-1 engendre généralement des symptômes plus graves, mais l’HVE-4 est plus prévalent.
On estime que l’HVE-4 infecte la vaste majorité des chevaux à un moment ou un autre. Un grand nombre d’animaux peuvent abriter le virus en latence pour le reste de leur vie. [2][3]
Les éclosions d’HVE menacent la santé et le bien-être des équidés. Elles peuvent entraîner des conséquences économiques considérables. Le prix des épizooties d’HVE peut être élevé. En effet, elles peuvent mener à l’annulation d’événements, en plus des coûts liés à l’isolement et au traitement des animaux infectés. [1]
Qu’est-ce que l’herpèsvirus équin (HVE)?
L’HVE est une famille de virus à ADN extrêmement contagieux qui peuvent causer différents symptômes respiratoires et neurologiques chez les chevaux.
L’HVE peut se propager rapidement. En effet, les chevaux peuvent transmettre la maladie même lorsqu’ils sont asymptomatiques.
Après l’infection, l’HVE peut demeurer latent dans l’organisme pour le reste de la vie du cheval. Le virus en latence peut cependant redevenir actif. Il cause alors des signes cliniques et l’excrétion virale. [3]
Les facteurs de stress sont des déclencheurs qui peuvent réactiver l’HVE latent, notamment le transport en remorque, la castration, le sevrage ou la parturition. L’HVE peut aussi redevenir actif si le cheval reçoit des corticostéroïdes. [2][3][4]
En général, chaque réactivation ultérieure de l’HVE-1 ou de l’HVE-4 latent est moins grave que la première infection. [2][5]
Les humains ne peuvent pas contracter l’herpèsvirus équin. Toutefois, ils peuvent être responsables de sa propagation entre les chevaux par le biais de mains ou de vêtements contaminés.
Les symptômes de l’herpèsvirus équin
Les signes cliniques de l’HVE apparaissent ordinairement deux jours après l’infection. Ils durent normalement huit jours. Les symptômes courants incluent ceux qui suivent : [2][4][9]
- un écoulement nasal liquide qui peut contenir du mucus et du pus;
- la fièvre;
- l’enflure des ganglions lymphatiques;
- la perte d’appétit;
- des yeux larmoyants;
- une attitude déprimée;
- la toux.
D’autres symptômes peuvent se manifester selon le type d’HVE dont souffre le cheval. Ils sont souvent plus graves chez les animaux plus jeunes.
Quelle est votre priorite numero un pour la sante de votre cheval?
L’herpèsvirus équin de type 1 (HVE-1)
On estime que la prévalence de l’HVE-1 au sein des différentes populations équines se situe entre 13 et 88 %. [1][2][3][4]
Les chevaux peuvent contracter l’HVE-1 par contact nez à nez avec un cheval contagieux ou par contact avec des sécrétions respiratoires et du matériel contaminé. C’est le cas notamment du harnachement, des mangeoires, des abreuvoirs et des seaux, des vêtements et des articles de pansage.
La plupart des animaux adultes possèdent une certaine immunité contre l’HVE-1 en raison d’une infection antérieure. En revanche, la vie des anticorps est de courte durée. Ils peuvent ne pas protéger le cheval contre les formes d’HVE-1 qui causent l’avortement ou les troubles neurologiques. [8]
L’HVE-1 est difficile à soigner, car le système immunitaire omet souvent de détecter les cellules infectées. [4]
La pathogenèse de l’HVE-1
L’HVE-1 peut infecter différentes parties du corps et déclencher une panoplie de symptômes, selon la souche du virus dont souffre le cheval. [5]
Le virus passe dans les voies respiratoires supérieures, qui comprennent les naseaux, le pharynx (la gorge) et la trachée. [4][6]
Ces voies respiratoires sont tapissées d’une couche muqueuse qui contient des cellules épithéliales. Le virus se multiplie dans les cellules épithéliales. Il déclenche une inflammation, des lésions cellulaires et des symptômes respiratoires. [4][6]
De plus, l’HVE-1 peut infecter les vaisseaux sanguins. Cette infection peut conduire à une inflammation des vaisseaux sanguins (la vascularite) et à la formation de caillots qui restreignent l’apport d’oxygène dans tout le corps (la thrombose ischémique). [4][6]
Le virus peut par ailleurs atteindre le système nerveux périphérique ou central, les poumons et les organes reproducteurs. [4][7]
Chez les chevaux porteurs de l’HVE-1 en latence, le virus inactif infecte les cellules du système nerveux périphérique et les lymphocytes qui se trouvent près du système respiratoire. [4]
Le virus à l’état latent peut redevenir actif en tout temps. Le cheval développe alors les signes cliniques d’infection à l’HVE-1 et devient contagieux.
La maladie des voies respiratoires
L’HVE-1 débute normalement dans les voies respiratoires supérieures. Il peut cependant se propager aux voies respiratoires inférieures dans les poumons et provoquer une broncho-pneumonie.
La maladie respiratoire grave causée par l’HVE-1 touche le plus souvent les jeunes chevaux, en particulier ceux que l’on vient de sevrer. [8]
La maladie respiratoire liée à l’HVE-1 se caractérise par des saignements, l’œdème, l’inflammation des vaisseaux sanguins et une baisse du nombre de globules blancs dans les poumons. [5][9]
En règle générale, les symptômes durent de neuf à douze jours et peuvent inclure ceux qui suivent : [4][8]
- la fièvre;
- l’enflure des ganglions lymphatiques;
- un écoulement nasal liquide;
- la toux.
Des infections bactériennes secondaires peuvent se déclarer qui mènent à un écoulement nasal contenant du mucus ou du pus. [4]
La pathologie neurologique
Si l’HVE-1 infecte le système nerveux central, il peut causer une maladie neurologique connue sous le nom de myéloencéphalopathie causée par l’herpèsvirus équine.
Le virus peut alors provoquer des saignements, l’inflammation et des caillots sanguins qui restreignent l’apport d’oxygène et de nutriments au cerveau et à la moelle épinière. [1][4]
La privation d’oxygène et l’inflammation peuvent entraîner la dégénérescence des neurones, laquelle engendre des symptômes neurologiques. [4]
Les symptômes se manifestent normalement jusqu’à dix jours après l’infection de l’animal. [4][7][8][10]
Les signes cliniques de la myéloencéphalopathie causée par l’herpèsvirus équine peuvent inclure ceux qui suivent : [11]
- un manque de coordination;
- la paralysie d’un ou de plusieurs membres;
- l’incontinence anale ou urinaire;
- l’incapacité à se tenir debout;
- un port de tête incliné;
- la paralysie de la queue;
- la cécité;
- l’accumulation de liquide dans la partie inférieure des membres;
- la faiblesse.
La guérison peut demander des jours, voire des semaines, selon la gravité de l’infection. [5]
La prévalence de l’HVE-1 sous sa forme neurologique fluctue selon les éclosions et la souche du virus. Certaines études rapportent que 10 % des infections à l’HVE-1 conduisent à des symptômes neurologiques, alors que d’autres les signalent dans jusqu’à 50 % des cas. [1][8][12][20][21]
Les facteurs suivants influent sur le risque que court un cheval de développer des symptômes neurologiques liés à l’HVE-1 : [4][5][8][11]
- L’âge du cheval: le risque augmente avec l’âge.
- La race: les Standardbred, les chevaux ibériques et les races de trait peuvent courir un risque plus élevé, alors que les poneys et les races plus petites sont moins à risque.
- Le sexe: les juments, surtout si elles sont gestantes ou suitées, courent un risque accru de contracter cette maladie.
- La saison: la plupart des cas surviennent durant l’hiver.
- La souche du virus à l’origine de l’infection modifie le niveau de risque.
- La présence de fièvre : les chevaux fiévreux sont plus à risque.
L’avortement et la maladie néonatale du poulain
L’HVE-1 peut atteindre l’utérus des juments gestantes et provoquer l’avortement du fœtus. [5]
Puisque l’HVE-1 représente une cause majeure de perte des fœtus, on l’appelait autrefois le virus abortif équin. [4] Une étude a révélé que l’HVE-1 est responsable de 10 % de tous les avortements au sein d’une certaine population de chevaux Thoroughbred. [1][5][22]
La grande majorité des avortements causés par l’HVE-1 surviennent au cours du troisième trimestre. [1][5]
L’HVE-1 atteint l’utérus par la circulation sanguine. Le virus pénètre ensuite dans la paroi interne de l’utérus où il déclenche l’inflammation des vaisseaux sanguins et la formation de caillots. [4] Les membranes fœtales se détachent ensuite de l’endomètre, ce qui provoque l’avortement.
L’HVE-1 peut d’autre part passer dans le cordon ombilical pour rejoindre et infecter mortellement le fœtus. [4]
Une poulinière en fin de gestation infectée par l’HVE-1 peut donner naissance à un poulain vivant. Toutefois, ce dernier survit rarement plus de quelques jours. [4] Les poulains qui naissent vivants sont souvent affaiblis. Ils ont la jaunisse, ont du mal à respirer et peuvent souffrir d’une pneumonie interstitielle. [5]
L’HVE-1 ne conduit pas à une infertilité permanente. Il n’affecte pas les gestations subséquentes sauf si l’infection latente redevient active.
L’HVE-1 passe facilement inaperçu chez les poulinières. En revanche, certaines juments développent de l’œdème dans le bas des membres, perdent l’appétit, ont des poussées de fièvre et présentent des symptômes respiratoires.
Les avortements coïncident souvent avec l’apparition des symptômes respiratoires ou neurologiques de l’HVE-1. [4][5]
Les conséquences sur la fertilité des étalons
On connait mal les conséquences de l’HVE-1 sur la fertilité des étalons. Davantage de recherches sont nécessaires pour en savoir plus.
Il existe une seule étude portant sur l’HVE-1 chez les poulains mâles et les étalons. Les chercheurs ont découvert que le virus se propageait par la circulation sanguine aux organes génitaux, en particulier les testicules et l’épididyme. [7]
Les organes génitaux infectés ont développé des vaisseaux sanguins enflammés, de l’œdème et des caillots. L’HVE-1 a aussi occasionné la malformation d’un certain nombre de spermatozoïdes chez les étalons qui sont alors devenus moins fertiles pendant l’infection. [7]
Les infections oculaires
L’HVE-1 peut atteindre l’œil. Il peut causer des lésions multifocales sur le chorion et la rétine, ce qu’on appelle la choriorétinopathie. Les infections oculaires sont habituellement subcliniques. Elles peuvent néanmoins, dans certains cas, mener à des lésions oculaires, à une déficience visuelle ou même à la cécité. [4]
Certaines expériences scientifiques ont constaté qu’entre 50 et 90 % des chevaux infectés par l’HVE-1 subissent des lésions oculaires. Cela dit, la prévalence de la choriorétinopathie pourrait être différente hors du contexte expérimental. [12]
L’HVE-1 peut également engendrer l’uvéite ou la choriorétinite. Ces pathologies se caractérisent par des yeux douloureux et enflammés. Elles peuvent nuire à la vision du cheval. [8]
L’herpèsvirus équin de type 4 (HVE-4)
Les infections à l’HVE-4 sont souvent bénignes. Le cheval peut ne montrer aucun symptôme.
S’ils se manifestent, ce sont principalement des symptômes respiratoires. L’HVE-4 est rarement associé à un avortement ou à des symptômes neurologiques.
Il existe toutefois plusieurs souches d’HVE-4. La gravité des symptômes dépend de la forme du virus qui infecte le cheval. [2][13]
Tout comme l’HVE-1, l’infection à l’HVE-4 débute dans la partie supérieure du système respiratoire du cheval. Le virus se multiplie dans l’épithélium respiratoire, puis il se propage aux ganglions lymphatiques et au sang. [5]
L’HVE-4 infecte les lymphocytes et les cellules du système nerveux où il devient latent. [2]
Les signes cliniques de l’HVE-4
Les signes cliniques de l’HVE-4 durent généralement jusqu’à sept jours. Ils peuvent comprendre ceux qui suivent : [5]
- la fièvre;
- la perte d’appétit;
- l’écoulement nasal;
- l’enflure des ganglions lymphatiques.
Les cas graves d’HVE-4 sont plus fréquents chez les chevaux de moins de deux ans et ceux qui souffrent d’une infection bactérienne secondaire. [5]
L’HVE-4 peut d’autre part causer des lésions aux vaisseaux sanguins des poulains. [2]
Les vecteurs de transmission et la prévention de l’herpèsvirus équin
Les chevaux peuvent contracter l’HVE-1 ou l’HVE-4 en inhalant des particules qui contiennent le virus ou en entrant en contact avec ce qui suit : [4]
- les sécrétions, soit l’écoulement nasal ou la salive, de chevaux infectés;
- les tissus de fœtus ou de placenta infectés, ou encore du liquide fœtal contaminé;
- d’autres chevaux infectés;
- des objets contaminés tels que l’équipement, la litière ou les vêtements.
Les chevaux qui abritent une infection latente à l’HVE peuvent transmettre le virus s’il redevient actif. Les infections latentes redeviennent facilement actives chez les poulinières qui subissent le stress de la parturition ou de l’allaitement. Elles exposent les poulains à un risque élevé de contracter l’HVE transmis par leur mère. [14]
Les chevaux demeurent normalement contagieux de 10 à 14 jours suivant l’infection initiale, bien que cela dépende de la souche du virus et de la santé de leur système immunitaire. Ceux atteints de myéloencéphalopathie causée par l’herpèsvirus équin sont normalement infectieux plus longtemps. [1][4]
L’HVE-1 peut en outre se transmettre par le sperme des poulains ou des étalons de 17 à 25 jours après avoir infecté l’animal. [7]
Il importe de mettre en œuvre des protocoles de biosécurité adéquats pour éviter que le virus ne se propage entre les chevaux. Les mesures de biosécurité qui peuvent diminuer le risque d’infection incluent celles qui suivent : [5]
- mettre en quarantaine les nouveaux arrivants pendant trois semaines avant de leur permettre d’interagir avec d’autres chevaux hébergés à la ferme;
- diviser les chevaux en groupes plus petits; de cette manière, si le virus éclot dans un troupeau, on peut éviter qu’il se propage aux autres groupes;
- éviter de mettre les juments gestantes dans des situations stressantes, en particulier au cours du troisième trimestre;
- tenir un registre des dates et des lieux où les chevaux ont voyagé.
Les facteurs de risque d’infection à l’HVE
L’HVE peut infecter n’importe quel cheval. Néanmoins, certains chevaux courent un risque accru de contracter le virus, notamment dans les cas suivants : [16]
- les chevaux employés dans l’industrie des courses;
- les chevaux qui ont moins de trois ans;
- les chevaux qui vivent dans un troupeau où se trouve un animal infecté;
- les chevaux exposés au stress, c.-à-d. ceux en cours de sevrage, que l’on transporte et qui souffrent déjà d’autres problèmes de santé.
Ils sont d’autre part plus susceptibles de contracter l’HVE-1 à la fin de l’automne, en hiver et au printemps. En revanche, l’HVE-4 est présent toute l’année.
Une étude menée sur une éclosion d’HVE-4 en Allemagne a révélé que les expériences stressantes, telles que l’entraînement et les changements de gestion, ont contribué à l’épizootie. En revanche, les chercheurs n’ont pas pu confirmer si le stress causait de véritables infections ou s’il réactivait simplement les virus en latence. [19]
Les chevaux de moins de deux ans présentent généralement des symptômes cliniques plus graves. Ils courent un risque accru de contracter la forme respiratoire de l’HVE-1. [1][4]
L’HVE-4 infecte fréquemment les poulains au moment du sevrage. Ils contractent l’infection par contact avec leur mère ou en interagissant avec des poulains contagieux. [5]
Les preuves suggèrent que les poulains peuvent recevoir des anticorps qui combattent l’HVE en buvant le colostrum de la poulinière si le virus l’a déjà été infectée auparavant. En revanche, ces anticorps perdent leur efficacité avec le temps. Ils peuvent conséquemment faire en sorte que les poulains soient sensibles au virus au moment du sevrage. [18]
Le diagnostic et le traitement de l’HVE
Contactez votre vétérinaire si vous savez ou soupçonnez que votre cheval a été exposé à l’HVE ou s’il présente des symptômes de la maladie.
Le vétérinaire peut confirmer le diagnostic au moyen d’un écouvillonnage naso-pharyngé ou d’un prélèvement sanguin pour isoler le virus, ou encore en effectuant un test PCR. Le test PCR en temps réel représente la meilleure option pour diagnostiquer l’HVE. [1]
Les prélèvements sanguins ne sont positifs que si le virus a pénétré la circulation sanguine du cheval. [1]
Il faut immédiatement mettre les chevaux infectés en quarantaine. On doit désinfecter tous les équipements, les surfaces et les objets qui ont pu entrer en contact avec l’animal infecté.
On doit aussi surveiller les chevaux qui ont été en contact avec des animaux infectés pour détecter la fièvre ou tout autre signe d’infection.
Les médicaments
Il n’existe pas de médicament normalisé pour soigner l’HVE-1 ou l’HVE-4. En revanche, certaines mesures peuvent aider les chevaux malades à se rétablir. [4]
On peut soulager les symptômes de l’HVE en prodiguant des soins de soutien, par exemple en donnant des antipyrétiques ou des anti-inflammatoires, y compris la phénylbutazone, la flunixine méglumine ou le diméthylsulfoxyde. [10] La fluidothérapie par intraveineuse peut aussi être utile.
Les corticostéroïdes sont une possibilité, mais leur efficacité demeure controversée. Ils soulagent l’inflammation. Cependant, ils inhibent le système immunitaire, ce qui peut nuire à la récupération du cheval. [5]
De plus, on peut avoir recours à certains médicaments antiviraux, notamment l’acyclovir et le valacyclovir. [5]
Le valacyclovir peut atténuer la fièvre, les symptômes neurologiques et l’excrétion virale. Ce médicament est plus efficace lorsqu’on le donne au cheval avant que l’infection se déclare. Il est aussi utile si on l’administre les deux premiers jours de l’infection. [17]
L’acyclovir est un autre médicament antiviral qui ressemble au valacyclovir. Il est cependant mal absorbé et moins efficace que le valacyclovir. [5]
Si votre cheval a contracté l’HVE, contactez votre vétérinaire pour décider du meilleur plan de traitement.
Les vaccins
Il existe des vaccins qui combattent l’herpèsvirus équin. Cela dit, ils ne sont pas entièrement efficaces, car le système immunitaire n’est pas toujours en mesure de détecter le virus de l’herpès. [4][15]
La vaccination peut soulager les symptômes et diminuer l’excrétion virale, mais elle ne prévient pas l’HVE-1. De plus, elle lutte mieux contre certaines formes d’HVE que d’autres. [3]
Bien que les vaccins aient une efficacité limitée, ils peuvent tout de même être bénéfiques pour diminuer la gravité de l’infection et améliorer le pronostic de guérison des chevaux touchés. Les vaccins peuvent d’autre part faire en sorte que les animaux malades soient moins contagieux en réduisant l’excrétion virale. [16]
Le traitement des juments gestantes qui ont contracté l’HVE-1
Il n’y a aucun moyen de prévenir l’avortement induit par l’HVE-1 chez les poulinières infectées ou de soigner la maladie néonatale du poulain.
Si la jument avorte, on doit retirer les tissus fœtaux et placentaires, ainsi que laver soigneusement sa queue et son arrière-main pour éviter la propagation du virus. [5]
Le traitement de la forme neurologique de l’HVE-1
L’HVE-1 neurologique est incurable. Néanmoins, certains soins de confort et stratégies de gestion peuvent soulager les chevaux infectés.
L’intervention immédiate du vétérinaire en cas d’éclosion ou au cours des deux premiers jours de l’infection peut réduire la gravité de la myéloencéphalopathie causée par l’herpèsvirus équin.
Les chevaux paralysés, qui ne peuvent plus se lever ou qui ont des problèmes de mobilité peuvent requérir des aménagements spéciaux pour pouvoir manger et s’abreuver. [5]
Ils peuvent par ailleurs avoir besoin d’un cathéter vésical pour vider leur vessie et d’assistance pour vidanger leur rectum. [5] Le rinçage et la prise d’antibiotiques peuvent aider à diminuer ou à prévenir l’inflammation de la vessie. [5]
Les chevaux qui ne peuvent plus se lever courent le risque de formation d’escarres et de développement d’une pneumonie par aspiration. Cette dernière peut survenir lorsque le cheval aspire de la nourriture ou de l’eau en tentant de manger. Le vétérinaire peut prescrire des antibiotiques pour soigner ou prévenir les escarres et la pneumonie. [5]
On peut aussi prévenir la formation d’escarres en mettant le cheval sur de la paille ou de la literie épaisse bien matelassée et en le retournant toutes les quatre à six heures. [5]
Le pronostic de l’herpèsvirus équin
La plupart des chevaux infectés par le virus de l’herpès sont asymptomatiques ou ne présentent que des symptômes très mineurs. Le pronostic pour ces chevaux est excellent. La plupart récupèrent complètement au bout d’une à deux semaines.
Cependant, il y a un risque de cas clinique plus grave. Si cela se produit, l’HVE peut être fatal ou engendrer des séquelles permanentes.
Les facteurs suivants sont corrélés à une probabilité plus élevée de survivre à l’HVE-1 : [10]
- le traitement aux antiviraux;
- l’âge (entre 1 et 5 ans);
- une poussée de fièvre qui culmine à 39,7°C (103,5 °F) ou moins;
- une poussée de fièvre qui culmine au plus tard le deuxième jour;
- l’absence de symptôme neurologique grave.
Le pronostic de la forme neurologique de l’HVE-1
On estime qu’entre 50 et 91 % des chevaux survivent à la forme neurologique de l’HVE-1. Toutefois, la survie dépend de la gravité des symptômes. [8][10]
Habituellement, les chevaux qui peuvent encore se lever et se tenir debout se rétablissent. La guérison peut demander de quelques jours à quelques mois. [4]
Les chevaux qui ne peuvent plus se lever à cause de la paralysie ou qui ont développé d’autres complications comme l’incontinence récupèrent rarement complètement.
Dans ce cas, ils peuvent ne pas survivre. La plupart du temps, on choisit d’euthanasier humainement ceux qui ne meurent pas naturellement. [4]
Le pronostic de la forme respiratoire de l’HVE-1
La plupart des chevaux se rétablissent des conséquences de l’HVE-1 sur le système respiratoire. En revanche, les cas graves peuvent causer la détresse respiratoire et être fatals. [5]
Le pronostic de la forme reproductive de l’HVE-1
Les poulinières qui avortent ou qui mettent bas des poulains faibles se rétablissent habituellement complètement. L’appareil reproducteur élimine le virus qui n’affecte pas les gestations subséquentes, à moins qu’il ne demeure latent dans l’organisme de la jument. [4]
Si la jument souffre d’une infection latente, il importe de minimiser son stress lors des gestations suivantes pour éviter de réactiver le virus et de provoquer un avortement.
Le pronostic de la forme choriotrétinienne de l’HVE-1
Les lésions choriorétiniennes sont souvent permanentes et peuvent limiter la vision du cheval. [12]
Les protocoles en cas d’éclosion de l’HVE
Si l’HVE se déclare dans la région ou sur la ferme, il est prudent de mettre en œuvre les protocoles suivants : [5][10]
- Il faut immédiatement mettre en quarantaine les animaux que l’on soupçonne d’être porteurs de l’herpèsvirus ou qui ont obtenu un résultat positif aux tests de l’HVE.
- Si on soupçonne qu’un cheval a été en contact avec l’HVE ou l’a contracté, on doit contacter immédiatement le vétérinaire pour obtenir un diagnostic. Le vétérinaire recommandera un traitement et un plan d’action pour empêcher le virus de se propager.
- Il faut surveiller les chevaux susceptibles de présenter des signes d’infection et prendre régulièrement leur température.
- Il faut tenir les poulinières à l’écart du reste du troupeau pour prévenir les avortements induits par l’HVE.
- On doit soigner les chevaux en bonne santé en premier, avant les animaux infectés, pour éviter de propager le virus.
- On emploie des équipements, un harnachement, des seaux et des articles de pansage différents pour les chevaux infectés et ceux qui ne le sont pas.
- Il faut prendre une douche, ainsi que changer de vêtements et de chaussures après avoir été en contact avec les animaux infectés.
- On désinfecte ou on jette les objets qui entrent en contact avec des chevaux infectés, y compris les vêtements et le matériel.
- On restreint le nombre de visiteurs dans les locaux.
- Si l’éclosion a lieu à la ferme, on ne doit laisser aucun cheval quitter les lieux jusqu’à trois semaines suivant le rétablissement du dernier cheval infecté.
- Il faut aseptiser soigneusement les stalles qui ont servi à héberger les chevaux infectés. Elles doivent demeurer inoccupées pendant trois semaines avant de recommencer à les utiliser.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur l’herpèsvirus équin (EHV) :
Les humains ne peuvent pas attraper l’herpèsvirus équin, et l’EHV infecte uniquement les chevaux. Même si le nom ressemble à celui des virus de l’herpès qui affectent les humains, l’EHV appartient à un groupe de virus propre aux chevaux. Les humains peuvent quand même transmettre l’EHV entre les chevaux par les mains, les vêtements, le matériel d’équitation, les seaux ou les outils de pansage, donc l’hygiène est importante lors d’une exposition suspectée ou d’une éclosion.
L’herpèsvirus équin est très contagieux et peut se propager rapidement entre les chevaux par les écoulements nasaux, la salive, les gouttelettes en suspension dans l’air et les objets contaminés. Les chevaux peuvent excréter le virus avant l’apparition de symptômes évidents, ce qui rend le contrôle précoce difficile. Les contacts rapprochés, le partage d’équipement, les écuries bondées et les déplacements peuvent tous augmenter le risque, particulièrement lorsque des chevaux stressés réactivent une infection dormante.
Les chevaux atteints d’EHV sont souvent contagieux pendant environ 10 à 14 jours après l’infection, bien que certains excrètent le virus plus longtemps. Les chevaux atteints d’EHV-1 neurologique peuvent demeurer infectieux pendant une période prolongée. Durant cette période, la quarantaine, l’utilisation d’équipement séparé, une désinfection rigoureuse et des prises de température quotidiennes peuvent réduire la propagation aux autres chevaux sur la propriété.
Les signes de l’EHV comprennent souvent de la fièvre, un écoulement nasal aqueux, de la toux, des ganglions lymphatiques enflés, une perte d’appétit, un écoulement oculaire et de l’abattement. Les symptômes apparaissent habituellement environ 2 jours après l’infection et peuvent durer environ 8 jours. Certains chevaux présentent des signes légers ou aucun signe du tout, tandis que l’EHV-1 peut aussi causer des avortements, de la faiblesse, de l’incoordination, de la paralysie ou d’autres problèmes neurologiques.
L’EHV-1 est généralement associé à une maladie plus grave, incluant des maladies respiratoires, des signes neurologiques, des avortements et des maladies chez les poulains nouveau-nés. L’EHV-4 est plus courant et provoque principalement des symptômes respiratoires légers, surtout chez les jeunes chevaux. Les deux virus peuvent devenir latents, ce qui signifie qu’ils restent dormants chez le cheval et peuvent se réactiver plus tard lors de stress, de déplacements, du sevrage ou d’une maladie.
L’EHV peut rester dormant chez les chevaux toute leur vie après l’infection. Ce virus latent peut ne causer aucun symptôme, mais il peut se réactiver lors d’événements stressants comme le transport en remorque, le sevrage, la mise bas, la castration, une maladie ou l’utilisation de corticostéroïdes. Lorsqu’il se réactive, un cheval peut présenter de nouveau des signes cliniques et excréter le virus, créant un risque pour les autres chevaux à proximité.
L’EHV est diagnostiqué par un vétérinaire à l’aide d’un écouvillon nasopharyngé, d’un échantillon sanguin, d’une isolation virale ou d’un test PCR. La PCR en temps réel est considérée comme une bonne option diagnostique parce qu’elle peut détecter le matériel viral dans les échantillons respiratoires. Les analyses sanguines ne fonctionnent que lorsque le virus est entré dans la circulation sanguine, donc le type d’échantillon et le moment du prélèvement influencent l’utilité des résultats.
Les vaccins contre l’EHV peuvent réduire les symptômes et l’excrétion virale, mais ils ne préviennent pas complètement l’infection. La vaccination peut rendre les chevaux infectés moins contagieux et peut améliorer les chances de rétablissement dans certains cas. Chez les juments gestantes, la vaccination peut réduire le risque d’avortement lié à l’EHV. Le choix du vaccin et le moment de l’administration dépendent de l’âge, du niveau de risque, des déplacements, du statut gestationnel et des recommandations vétérinaires.
Les écuries peuvent réduire le risque d’éclosion d’EHV en mettant les nouveaux chevaux en quarantaine pendant 3 semaines, en limitant le partage d’équipement, en gardant les chevaux en plus petits groupes et en suivant leur historique de déplacements. Le nettoyage des seaux, la désinfection du matériel, le lavage des mains et le changement de vêtements après avoir manipulé des chevaux malades contribuent aussi à limiter la propagation. Les juments gestantes ont besoin d’une protection supplémentaire contre le stress et le contact avec des chevaux susceptibles d’excréter le virus.
L’EHV neurologique survient lorsque l’EHV-1 affecte la circulation sanguine et provoque une inflammation dans le cerveau ou la moelle épinière. Les chevaux atteints peuvent devenir faibles, déscoordonnés, incapables de se lever, incontinents, aveugles ou paralysés dans un ou plusieurs membres. Le rétablissement peut prendre de quelques jours à plusieurs mois, et le pronostic dépend fortement de la capacité du cheval à rester debout sans assistance.
L’EHV-1 peut provoquer un avortement lorsque le virus atteint l’utérus et endommage les vaisseaux sanguins qui soutiennent le fœtus. La plupart des avortements liés à l’EHV surviennent durant le troisième trimestre. Les juments peuvent présenter peu de signes avant la perte de gestation, bien que de la fièvre, un gonflement des membres, une perte d’appétit ou des signes respiratoires puissent être présents. Les gestations futures ne sont généralement pas affectées, sauf si le virus latent se réactive plus tard.
Le traitement de l’EHV repose sur des soins de soutien, car aucun médicament standard ne guérit l’EHV-1 ou l’EHV-4. Les vétérinaires peuvent utiliser des anti-inflammatoires, des médicaments pour contrôler la fièvre, des fluides intraveineux, des antiviraux et des soins infirmiers attentifs selon les symptômes. Les chevaux atteints d’une maladie neurologique peuvent avoir besoin d’aide pour manger, boire, uriner, demeurer confortables et éviter les plaies de pression ou la pneumonie pendant le rétablissement.
Résumé
L’herpèsvirus équin est une infection hautement contagieuse que la plupart des chevaux rencontrent à un moment donné de leur vie. Il touche principalement le système respiratoire, mais peut aussi atteindre le système nerveux ou l’appareil reproducteur. De nombreux chevaux sont porteurs du virus sans signes apparents et peuvent l’excréter de nouveau durant des périodes de stress.
- L’EHV se propage rapidement par les sécrétions nasales, le contact étroit et l’équipement contaminé
- Les infections latentes peuvent se réactiver lors d’événements tels que le sevrage, le transport ou le poulinage
- Les signes respiratoires comme la fièvre, l’écoulement nasal et la toux sont les symptômes les plus fréquents
- Certaines infections à l’EHV-1 entraînent une maladie neurologique, un avortement ou une maladie chez les poulains nouveau-nés
- Le test PCR sur des écouvillons nasaux ou des échantillons de sang est utilisé pour confirmer l’infection
- Les soins de soutien, le traitement antiviral et la vaccination réduisent la gravité des symptômes et l’excrétion virale
Références
- Lunn, D.P. et al. Equine herpesvirus-1 consensus statement. J Vet Intern Med. 2009. View Summary
- Patel, J.R. et al. Equine herpesviruses 1 (EHV-1) and 4 (EHV-4) - epidemiology, disease and immunoprophylaxis: a brief review. Vet J. 2005. View Summary
- Zineb, E.B. et al. Seroprevalence of equine herpesvirus 1 (EHV-1) and equine herpesvirus 4 (EHV-4) in the northern Moroccan horse populations.. Animals (Basel). 2021. View Summary
- Laval, K. et al. The pathogenesis and immune evasive mechanisms of equine herpesvirus type 1. Front. Microbiol. 2021. View Summary
- van Maanen, C. Equine herpesvirus 1 and 4 infections: an update. Vet Q. 2002. View Summary
- Negussie, H. et al. Replication characteristics of equine herpesvirus 1 and equine herpesvirus 3: comparative analysis using ex vivo tissue cultures.. Vet Res. 2016.
- Tearle, J.P. et al. Replication of equid herpesvirus-1 (EHV-1) in the testes and epididymides of ponies and venereal shedding of infectious virus. J Comp Pathol. 1996. View Summary
- Paillot, R. et al. Equine herpes virus-1: virus, immunity and vaccines. Open Vet Sci J. 2008.
- Gibson, J.S. et al. Pathogenesis of equine herpesvirus-1 in specific pathogen-free foals: primary and secondary infections and reactivation. Arch Virol. 1992. View Summary
- Henninger, R.W. et al. Outbreak of neurologic disease caused by equine herpesvirus?1 at a university equestrian center. J Vet Intern Med. 2007. View Summary
- Allen, G.P. Risk factors for development of neurologic disease after experimental exposure to equine herpesvirus-1 in horses. Am J Vet Res. 2008. View Summary
- Hussey, G.S. et al. Experimental infection with equine herpesvirus type 1 (EHV-1) induces chorioretinal lesions. Vet Res. 2013. View Summary
- Matsumura, T. et al. Epizootiological aspects of type 1 and type 4 equine herpesvirus infections among horse populations. J Vet Med Sci. 1992. View Summary
- Gilkerson, J.R. et al. Epidemiology of EHV-1 and EHV-4 in the mare and foal populations on a Hunter Valley stud farm: are mares the source of EHV-1 for unweaned foals. Vet Microbiol. 1999. View Summary
- Cruz, F. et al. Seroprevalence and factors associated with equine herpesvirus type 1 and 4 in Spanish Purebred horses in Spain. Vet Rec. 2016. View Summary
- Pusterla, N. et al. Prevalence factors associated with equine herpesvirus type 1 infection in equids with upper respiratory tract infection and/or acute onset of neurological signs from 2008 to 2014. Vet Rec. 2016.View Summary
- Maxwell, L.K. et al. Efficacy of the early administration of valacyclovir hydrochloride for the treatment of neuropathogenic equine herpesvirus type-1 infection in horses. Am J Vet Res. 2017. View Summary
- Gilkerson, J.R. et al. Epidemiological studies of equine herpesvirus 1 (EHV-1) in Thoroughbred foals: a review of studies conducted in the Hunter Valley of New South Wales between 1995 and 1997. Vet Microbiol. 1999. View Summary
- Pavulraj, S. et al. Equine herpesvirus type 4 (ehv-4) outbreak in Germany: virological, serological, and molecular investigations. Pathogens. 2021. View Summary
- Friday, P.A. et al. Ataxia and paresis with equine herpesvirus type 1 infection in a herd of riding school horses. J Vet Intern Med. 2008. View Summary
- Slater, J. Chapter 14 - equine herpesviruses. Equine Infectious Diseases (Second Edition). 2014.
- Mumford, J.A. et al. Serological and virological investigations of an equid herpesvirus 1 (EHV-1) abortion storm on a stud farm in 1985. J Reprod Fertil Suppl. 1987. View Summary










