Le sevrage des poulains consiste à les séparer de leur mère afin qu’ils cessent de consommer du lait en tétant. Une fois sevrés, les poulains doivent obtenir leurs nutriments à partir de fourrages et d’autres aliments.
Les poulains domestiques sont généralement sevrés entre quatre et sept mois après la naissance. Différentes stratégies de sevrage peuvent être utilisées, incluant la séparation progressive ou abrupte du poulain et de la mère.
Une séparation progressive est considérée comme moins stressante pour les poulains. Héberger les poulains récemment sevrés dans un environnement naturel, en présence de chevaux adultes non apparentés ou de jeunes congénères, peut aussi réduire le stress.
L’introduction à l’alimentation complémentaire sélective (consommation de petites quantités de concentrés, aussi appelée creep feeding en anglais) avant le sevrage offre plusieurs avantages. L’alimentation complémentaire apporte des nutriments additionnels aux poulains allaités, réduit le stress lié au sevrage et permet au poulain en développement de s’habituer graduellement à la consommation d’aliments solides.
On peut proposer une alimentation complémentaire aux poulains en utilisant des mangeoires qui sont conçues pour n’être accessibles qu’à eux (structures à la dérobée). Il est également possible de construire une structure dont l’entrée est réservée aux poulains pour faciliter ce type d’alimentation.
Processus de sevrage
Au cours des premiers mois de leur vie, les poulains dépendent de leur mère pour leur alimentation, leur protection et leur sécurité. Toutefois, après un certain temps, ils doivent être sevrés du lait maternel puisque leurs besoins nutritionnels finissent par excéder ce que le lait peut fournir.
La production de lait de la jument diminue considérablement après le troisième mois de lactation. À l’âge de trois à quatre mois, les poulains peuvent bénéficier d’une alimentation combinant du lait et de la nourriture solide, ou composée uniquement de nourriture solide, pour soutenir une croissance régulière. [1]
Le processus de sevrage peut être stressant tant pour la jument que pour le poulain, et doit être effectué avec soin.
Quand faut-il sevrer un poulain?
Chez les chevaux sauvages, les poulains sont généralement sevrés entre neuf et onze mois. En revanche, les poulains domestiques sont habituellement sevrés entre quatre et sept mois. [1]
Le choix du moment du sevrage dépend de plusieurs facteurs, incluant la maturité du poulain ainsi que l’état de santé et le tempérament de la jument et du poulain. Le degré d’implication du propriétaire de l’établissement en ce qui a trait à la gestion et l’aménagement de ses installations équines peut aussi influencer le sevrage des poulains.
Bien que les poulains puissent être sevrés quelques jours seulement après la naissance, ce scénario est loin d’être idéal, puisqu’ils auront besoin de colostrum et de laits de remplacement. Un sevrage trop précoce peut entraîner des effets négatifs sur le plan nutritionnel et comportemental. [2]
Facteurs à considérer pour le sevrage
Les facteurs suivants doivent être pris en compte pour déterminer comment et quand sevrer votre poulain.
Santé du poulain
Le sevrage pouvant être stressant pour la jument comme pour le poulain, le poulain doit être en bonne santé avant d’être séparé de sa mère.
Les poulains devraient être à jour dans leurs vaccinations et leur programme de vermifugation avant le sevrage.
Comportement de la jument
Les caractéristiques comportementales des juments peuvent être transmises à leurs poulains, bien qu’on ne sache pas si cela est dû à des facteurs génétiques ou environnementaux. Si une jument présente des comportements indésirables, certains éleveurs estiment qu’il est préférable d’entamer le processus de sevrage le plus tôt possible. [2]
Lien entre la jument et le poulain
Lorsqu’on choisit le moment et la méthode de sevrage, il est important de tenir compte de la force du lien entre la jument et son poulain, qui varie d’un duo à l’autre. [2]
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Stratégies de sevrage
Aucun protocole de sevrage spécifique n’est recommandé dans les études scientifiques. Les stratégies courantes pour sevrer les poulains incluent : [1][2]
Séparation abrupte
Une séparation abrupte entre la jument et le poulain implique que chaque cheval soit déplacé dans des endroits différents de la propriété, sans possibilité de se voir, de se sentir ou d’entrer en contact.
Si l’on choisit une méthode de séparation abrupte pour le sevrage, il est préférable de ne pas isoler complètement le poulain de tous les autres chevaux.
Des recherches indiquent que les poulains sevrés de manière abrupte présentent un niveau de stress plus élevé (indiqué par des taux de cortisol supérieurs) que ceux sevrés progressivement. [3][4]
Séparation progressive
Diverses approches peuvent être utilisées pour effectuer une séparation progressive entre la jument et son poulain. [1][2]
L’une de ces méthodes consiste à placer la jument et le poulain dans des enclos distincts, mais partageant un côté commun. Ce type de séparation empêche la tétée, tout en permettant un contact visuel entre la mère et son poulain.
Permettre un contact visuel pendant plusieurs jours procure un sentiment de sécurité et de réconfort au poulain. Après cette étape, les deux chevaux sont déplacés dans des endroits différents.
Une autre méthode consiste à séparer la jument et le poulain afin qu’ils ne puissent pas se voir ou se toucher pendant une durée déterminée chaque jour. La durée et la fréquence des séparations sont ensuite augmentées progressivement jusqu’à ce que la jument et le poulain ne soient plus hébergés ensemble.
Effets du sevrage sur les poulains
Des chercheurs ont étudié les effets de différentes méthodes de sevrage sur la santé physique et psychologique des poulains.
Un sevrage inadéquat peut favoriser l’apparition de comportements stéréotypés, tels que le tic à l’appui ou le tic à l’air.
Influence de l’environnement
L’environnement dans lequel se déroule le sevrage peut influencer le niveau de stress des poulains, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires.
Idéalement, le sevrage devrait se faire dans un environnement aussi naturel que possible. Laisser les poulains dans un milieu auquel ils sont déjà habitués peut réduire le stress associé au sevrage. [1][2]
Les poulains en cours de sevrage devraient avoir un accès constant à de l’eau propre et un accès à volonté à du fourrage. [5]
Des études montrent que les poulains sevrés en groupe au pâturage sont moins susceptibles de développer des comportements anormaux que ceux sevrés au box ou dans une écurie. [5]
Sevrage en groupe
Plusieurs études démontrent que les poulains sont moins stressés lorsqu’ils sont sevrés en compagnie d’autres chevaux plutôt que seuls.
Une étude portant sur 16 poulains a conclu que le sevrage en groupe favorise un comportement alimentaire positif. Cette étude a révélé que les poulains sevrés dans un enclos collectif ont consommé du foin et des aliments concentrés sept heures après avoir été séparés de leur mère. [6]
Les poulains sevrés dans des enclos individuels n’ont pas consommé de nourriture durant les 48 premières heures suivant la séparation. [6]
Une étude portant sur des paires de poulains sevrés au box a révélé que les poulains émettaient moins de vocalisations (un signe de stress) que ceux sevrés seuls. [9]
Contact avec des chevaux adultes
Une autre étude menée sur 32 poulains domestiques a montré qu’il était bénéfique pour eux d’avoir un contact avec des chevaux adultes non apparentés pendant le processus de sevrage.
Cette étude a noté que les poulains sevrés sans la présence d’adultes non apparentés manifestaient une agressivité accrue envers les autres poulains ainsi que des comportements anormaux, comme une mastication excessive du bois et des comportements de succion redirigée. [7]
Des recherches supplémentaires indiquent que les poulains hébergés avec des adultes non apparentés présentent des niveaux de cortisol plus bas, moins de vocalisations et une agressivité plus faible que ceux sevrés uniquement avec leurs jeunes congénères. [5]
Inconvénients du sevrage par paire
Dans une étude comparant des poulains sevrés seuls ou en paire, les paires présentaient plus de comportements agressifs les uns envers les autres que ceux sevrés individuellement. [5]
Une autre étude portant sur 20 poulains les a répartis en trois groupes : non sevrés, sevrés en paire et sevrés seuls. Les poulains sevrés en paire ont montré des signes de stress, mesurés par une augmentation du taux de cortisol plasmatique et de la réponse immunitaire à médiation cellulaire.
Les chercheurs ont conclu que le stress accru chez les paires pourrait être dû à des comportements agressifs de la part du poulain dominant. [8]
Surveillance des poulains récemment sevrés
Pendant le processus de sevrage, les poulains doivent être surveillés attentivement afin d’assurer leur sécurité et pour détecter tout signe de stress ou l’apparition de comportements anormaux.
Signes de stress et changements comportementaux
Les poulains sevrés dans des conditions domestiques sont exposés à divers facteurs de stress liés à la séparation de leur mère ainsi qu’à des changements dans leur alimentation et leur environnement physique et social. Chacun de ces facteurs peut induire du stress.
Les signes comportementaux de stress comprennent : [2]
- Une augmentation des vocalisations
- Des mouvements anormaux tels que le tic de l’ours (balancement latéral répétitif de la tête)
- Des comportements agressifs
- Le tic à l’appui (mordre un objet fixe et aspirer de l’air)
- Une succion redirigée
- Un arrêt des jeux
- Des changements dans les habitudes alimentaires et de sommeil
Les indicateurs physiologiques de stress comprennent : [2]
- Une augmentation de la fréquence cardiaque
- Une augmentation des concentrations de cortisol
L’augmentation des hormones de stress au moment du sevrage peut affaiblir la réponse immunitaire chez les poulains. [2]
Les réactions de stress dues au sevrage peuvent être plus fortes durant les premiers jours suivant le sevrage, puis diminuer avec le temps.
Facteurs de sécurité à considérer
Les espaces où les poulains sont hébergés doivent être inspectés pour s’assurer que ceux-ci sont en sécurité dans leur environnement.
Les mangeoires saillantes représentent un risque de blessure. Les trous dans les clôtures ou les box peuvent aussi comporter des dangers. En effet, s’ils sont d’une taille supérieure à celle du sabot d’un poulain, ce dernier pourrait y rester coincé.
Alimentation pré-sevrage et complémentaire
Avant le sevrage, il est bénéfique pour la plupart des poulains de consommer de petites quantités d’aliments solides (appelés aliments complémentaires sélectifs ou creep feeding) afin de réduire le stress lié au sevrage.
De nombreux propriétaires de chevaux permettent au poulain d’avoir accès à la ration de la jument pour introduire les aliments solides. Lorsqu’ils ont accès à des céréales, les poulains commencent à en consommer de petites quantités quelques semaines après la naissance et en mangent volontiers vers l’âge de deux à trois mois.
L’alimentation complémentaire permet aux poulains allaités d’avoir accès à une source de nourriture autre que le lait, ce qui est particulièrement utile pour les poulains qui sont sevrés après l’âge de quatre mois.
Dès l’âge de deux mois, les besoins nutritionnels des poulains peuvent dépasser l’apport fournit par le lait maternel. [9] Les aliments complémentaires apportent des vitamines, des minéraux, des protéines et de l’énergie supplémentaires aux poulains en croissance, favorisant ainsi une prise de poids sain.
On estime que les poulains qui reçoivent une alimentation complémentaire subissent moins de stress durant le sevrage, alors qu’ils passent du lait aux aliments solides. L’alimentation complémentaire aide également les poulains à maintenir leur poids après le sevrage. [9]
Les aliments complémentaires peuvent être introduits chez les poulains vers l’âge de un à deux mois. Les poulains orphelins peuvent commencer à en recevoir dès leur première semaine de vie. [9]
Est-ce que tous les poulains ont besoin d’une alimentation complémentaire?
Tous les poulains doivent éventuellement être sevrés. Toutefois, ils n’ont pas tous besoin d’aliments complémentaires dans leur régime alimentaire.
Les principales raisons d’utiliser l’alimentation complémentaire incluent :
- Donner des calories supplémentaires aux poulains dont la croissance est anormale.
- Fournir des niveaux équilibrés de vitamines et de minéraux dans l’alimentation.
- Réduire le stress des poulains pendant le processus de sevrage.
Il est possible que les poulains gardés au pâturage ou recevant du foin à volonté n’aient pas besoin d’aliments complémentaires. Toutefois, ils doivent recevoir un supplément de vitamines et minéraux afin de combler leurs besoins nutritionnels.
Les carences ou déséquilibres nutritionnels dans l’alimentation des poulains augmentent le risque de troubles orthopédiques du développement, tels que l’ostéochondrose ou l’ostéochondrite disséquante (OCD).
Stratégies pour l’alimentation complémentaire
Divers outils sont disponibles pour faciliter l’alimentation complémentaire des poulains, y compris certains types de mangeoires et de structures.
Séparation de la jument et du poulain
Les poulains peuvent être brièvement séparés de leur mère pendant les repas afin de leur permettre de bénéficier d’une alimentation complémentaire. Cependant, les juments et les poulains doivent rester proches l’un de l’autre et garder un contact visuel.
Partage d’une mangeoire régulière
La plupart des poulains acceptent volontiers de manger dans la même mangeoire ou la même auge que leur mère. Si le poulain et la jument sont autorisés à manger ensemble dans la même mangeoire, il est essentiel de s’assurer que les besoins nutritionnels du poulain sont comblés.
Utilisation d’une mangeoire à la dérobée
Les poulains peuvent être nourris en présence de leur mère à l’aide de mangeoires à la dérobée commerciales. Ces mangeoires sont conçues avec des barres à fentes réglables qui permettent à un poulain d’accéder à la nourriture tout en empêchant à la tête d’un cheval adulte de s’y introduire.
Structures d’alimentation accessibles uniquement au poulain
Des structures conçues pour permettre uniquement aux poulains d’accéder à la nourriture peuvent être utilisées dans le cadre de l’alimentation complémentaire. Ce type de structure à la dérobée permet aux poulains d’entrer par des ouvertures trop petites pour qu’un cheval adulte puisse y pénétrer.
Les structures d’alimentation à la dérobée doivent empêcher les juments d’atteindre la nourriture en passant la tête et l’encolure par-dessus les barrières ou à travers les ouvertures. Ces structures doivent également être solides, car les juments pourraient tenter de forcer l’entrée.
Les structures utilisées comme mangeoires à la dérobée peuvent être conçues et construites dans diverses tailles pour permettre à un ou plusieurs poulains d’y entrer afin d’accéder à la nourriture.
Afin de réduire les risques de blessure, le poulain doit pouvoir faire demi-tour facilement à l’intérieur de la structure et rester en contact visuel avec sa mère pour éviter l’anxiété.
Idéalement, les structures d’alimentation à la dérobée devraient comporter plusieurs entrées et sorties. Au début, il peut être nécessaire de montrer au poulain comment utiliser la structure en le plaçant vous-même à l’intérieur et en l’aidant à trouver la nourriture.

Quelle quantité d’aliment complémentaire faut-il offrir au poulain?
La quantité de nourriture consommée par les poulains varie considérablement d’un cheval à l’autre. Toutefois, la plupart des poulains consomment de petites quantités de nourriture à plusieurs reprises dans la journée.
Il est préférable de distribuer de petites quantités de nourriture tout au long de la journée plutôt qu’une grande portion de concentrés par jour. [9]
Les mangeoires à la dérobée doivent être inspectées au moins une fois par jour afin de remplacer toute nourriture humide ou moisie.
Pour s’assurer que les poulains grandissent de façon constante, leur poids corporel et leur note d’état de chair doivent être évalués toutes les deux semaines. La ration alimentaire peut être ajustée pour maintenir une note d’état de chair idéale de cinq sur l’échelle de Henneke à neuf points.
Une prise de poids allant de 1,25 à 2 livres par jour est généralement appropriée pour les poulains sevrés qui devraient atteindre un poids adulte de 1 100 à 1 200 livres. [2]
Nutrition pour les poulains
Lorsqu’on nourrit les poulains, il est essentiel de répondre à leurs besoins nutritionnels et énergétiques sans trop les dépasser. Il faut éviter de donner des quantités excessives de macronutriments tels que les protéines ou les glucides non structuraux.
Un programme alimentaire équilibré vise à maintenir un rythme de croissance stable et à éviter les poussées de croissance rapides. [9]
L’alimentation complémentaire peut favoriser une croissance constante chez les poulains. Une étude menée sur 30 poulains allaités pendant 120 jours a révélé qu’un apport contenant les niveaux de nutriments recommandés par le National Research Council (NRC) augmentait le taux de croissance du squelette avec un impact minimal sur la qualité osseuse. [10]
Les aliments commerciaux pour poulains sevrés sont formulés pour équilibrer l’apport en énergie, en protéines, en vitamines et en minéraux, et peuvent être utilisés comme aliments complémentaires. Un aliment complémentaire typique est très appétissant et fournit environ 14 % à 16 % de protéines brutes, ainsi que des proportions adéquates de vitamines et minéraux.
Les aliments complémentaires à base de fibres pourraient être plus bénéfiques que les aliments à base de céréales pour les poulains. Une étude menée sur huit poulains pendant huit semaines a révélé que ceux nourris exclusivement avec un aliment complémentaire entièrement composé de fibres présentaient un taux de croissance similaire à ceux recevant des cubes pour les chevaux d’élevage à base de céréales.
D’après des tests effectués sur les aliments dans des conditions simulées (in vitro) d’intestin antérieur et postérieur, les aliments à base de fibres pourraient favoriser une meilleure santé digestive, comme en témoignent un pH plus élevé et des taux de lactate plus faibles. [11]
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur le sevrage des chevaux :
Le sevrage d’un poulain signifie séparer le poulain de la jument afin que l’allaitement cesse et que les nutriments proviennent du fourrage et d’autres aliments solides. Ce changement fait partie normale du développement, mais il doit être géré avec soin parce que le poulain perd également une importante source de confort et de sécurité. La plupart des poulains domestiques sont sevrés entre quatre et sept mois.
Les poulains sont habituellement sevrés entre quatre et sept mois dans les élevages domestiques. Le moment dépend de la croissance, de la santé, de la maturité du poulain ainsi que de l’état et du tempérament de la jument. Les poulains sauvages tètent souvent plus longtemps, généralement jusqu’à neuf à onze mois. Un sevrage très précoce n’est pas idéal sauf si cela est nécessaire, puisque les jeunes poulains ont encore besoin de colostrum, de lait ou de substitut de lait.
Le sevrage progressif est souvent moins stressant qu’une séparation abrupte parce qu’il donne au poulain le temps de s’adapter. Une approche consiste à garder la jument et le poulain côte à côte avec un contact visuel tout en empêchant la tétée. Une autre approche consiste à les séparer pour des périodes graduellement plus longues chaque jour. Un environnement familier, des routines stables et une compagnie sécuritaire peuvent également aider à réduire le stress pendant la transition.
Le sevrage abrupt peut être utilisé, mais il est généralement plus stressant qu’une séparation graduelle. Cette méthode consiste à déplacer la jument et le poulain dans des endroits différents où ils ne peuvent ni se voir, ni se sentir, ni entrer en contact. Les poulains ne devraient pas être isolés de tous les autres chevaux pendant un sevrage abrupt, puisque le contact social avec des congénères ou des chevaux adultes non apparentés peut aider à réduire la détresse.
Le stress lié au sevrage chez les poulains peut se manifester par davantage de hennissements, du tic à l’appui, du tic de l’ours, une tétée redirigée, de l’agressivité ou une diminution du jeu. Certains poulains modifient également leurs habitudes alimentaires et de sommeil, particulièrement durant les premiers jours après la séparation. Une surveillance attentive aide les propriétaires à détecter rapidement les problèmes, à ajuster l’environnement et à communiquer avec un vétérinaire si le poulain cesse de manger ou semble en danger.
Les poulains tolèrent généralement mieux le sevrage lorsqu’ils ont une compagnie sécuritaire plutôt que d’être gardés seuls. Le sevrage en groupe peut encourager une alimentation plus précoce et des comportements plus normaux, tandis que le contact avec des chevaux adultes non apparentés peut réduire les hennissements, l’agressivité et les comportements anormaux. Le sevrage en paire n’est pas toujours idéal, puisqu’un poulain dominant peut intimider l’autre et augmenter le stress.
Un environnement familier basé sur le pâturage favorise souvent une transition de sevrage plus douce que les stalles ou les écuries seules. Les poulains devraient avoir accès à de l’eau propre, à du fourrage à volonté, à des clôtures sécuritaires et à suffisamment d’espace pour bouger. Les ouvertures pouvant coincer un sabot et les mangeoires saillantes devraient être vérifiées avant la séparation. Les interactions sociales naturelles peuvent également réduire le risque de comportements anormaux.
L’alimentation creep feed permet aux poulains allaités d’avoir accès à de petites quantités d’aliments solides avant le sevrage. Les mangeoires ou les petits enclos peuvent être conçus de façon à permettre au poulain d’entrer ou d’atteindre la nourriture alors que la jument ne le peut pas. Cela aide le poulain à s’habituer à manger des concentrés ou des aliments équilibrés avant le retrait du lait, ce qui rend le changement alimentaire après le sevrage moins abrupt.
L’alimentation creep feed peut généralement commencer lorsque les poulains ont entre un et deux mois. Plusieurs poulains commencent à grignoter de petites quantités de grains dans les semaines suivant la naissance et mangent plus facilement vers deux à trois mois. Les poulains orphelins peuvent avoir besoin de creep feed dès leur première semaine. Tout changement alimentaire devrait être progressif et adapté aux besoins de croissance.
Tous les poulains n’ont pas besoin de creep feed avant le sevrage, surtout si le pâturage ou le foin à volonté soutient déjà une croissance régulière. Le creep feed est plus utile lorsqu’un poulain a besoin de calories supplémentaires, de vitamines et minéraux équilibrés ou d’aide pour s’adapter aux aliments solides. Même sans creep feed, plusieurs poulains ont quand même besoin d’un supplément de vitamines et minéraux pour éviter les carences nutritionnelles.
La consommation de creep feed varie d’un poulain à l’autre, donc de petits repas fréquents sont préférables à une seule grande portion. Les mangeoires devraient être vérifiées au moins une fois par jour et les aliments humides ou moisis devraient être retirés. Les poulains sevrés qui devraient atteindre un poids adulte de 1 100 à 1 200 lb (500 à 545 kg) gagnent souvent environ 1,25 à 2 lb (0,57 à 0,91 kg) par jour.
Un poulain sevré devrait consommer du fourrage propre, de l’eau fraîche ainsi qu’un aliment ou un supplément équilibré favorisant une croissance régulière. Une suralimentation en protéines, en amidon ou en calories peut contribuer à une croissance rapide, ce qui peut augmenter le risque de problèmes orthopédiques du développement. Les aliments commerciaux pour poulains sevrés sont conçus pour équilibrer l’énergie, les protéines, les vitamines et les minéraux pour les chevaux en croissance.
Résumé
- Les poulains domestiqués sont généralement sevrés à l'âge de quatre à sept mois.
- Il est important de s’assurer que les poulains sont en bonne santé avant le sevrage.
- Le sevrage progressif est considéré comme moins stressant qu'une séparation abrupte.
- Si possible, les poulains devraient être sevrés en groupe, en présence d’adultes non apparentés dans un environnement familier.
- L’alimentation complémentaire contribue à assurer un apport nutritionnel adéquat et à réduire le stress au moment du sevrage.
- Les mangeoires à la dérobée et les structures à accès restreint peuvent empêcher les juments de consommer les concentrés destinés aux poulains.
- Après le sevrage, il est crucial de surveiller les poulains pour détecter tout signe de stress et vérifier qu'il prend du poids de façon saine.
- Consultez un nutritionniste équin pour vous assurer que votre poulain reçoit une alimentation équilibrée.
Références
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- Honey, K. Weaning and Management of Weanling Horses. Oklahoma State University. 2020.
- McCall, C.A. et al. Physiological responses in foals weaned by abrupt or gradual methods. Journal of Equine Veterinary Science. 1987.
- Lansade L. et al. Progressive habituation to separation alleviates the negative effects of weaning in the mother and foal. Psychoneuroendocrinology. 2018. View Summary
- Waran, N.K. et al. The effects of weaning on the domestic horse (Equus caballus). Applied Animal Behaviour Science. 2008.
- da Silva, AH. Influence of weaning management on gastritis incidence in foals. J Equine Vet Sci. 2022. View Summary
- Zanella, H.S. Adults may be used to alleviate weaning stress in domestic foals (Equus caballus). Physiol Behav. 2012. View Summary
- Malinowski, K. et al. Effect of different separation protocols between mares and foals on plasma cortisol and cell-mediated immune response. Journal of Equine Veterinary Science. 1990.
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- Thompson, KN. et al. The influence of supplemental feed on growth and bone development of nursing foals. J Anim Sci. 1988. View Summary
- Moore-Colyer, M. et al. Growth Rates of Thoroughbred Foals and In Vitro Gut Health Parameters When Fed a Cereal or an All-Fiber Creep Feed. J Equine Vet Sci. 2020. View Summary











