Les mors font communément partie du harnachement équestre. La majorité des sportifs équestres les utilisent. Les mors jouent un rôle important dans la communication entre une monture et son cavalier. Le choix du mors peut influencer la réactivité du cheval aux aides.

Les cavaliers emploient des mors depuis les tout débuts de la domestication des équidés.  [1] Les premières preuves d’existence des mors datent de l’an 3 000 av. J.-C. Les mors en métal ne sont toutefois apparus qu’à l’âge du bronze, alors que la fusion des métaux s’est répandue. Aujourd’hui, les mors sont une pièce de harnachement standard pour la plupart des cavaliers, bien qu’il y ait un intérêt croissant pour les brides exemptes d’embouchure.

Il y a sur le marché une grande variété de mors avec de nombreuses configurations d’embouchures et de montants. Que l’on soit un cavalier chevronné ou un novice passionné d’équitation, il est essentiel de comprendre l’action et l’impact des mors pour veiller au confort du cheval et optimiser ses performances.

Nous vous invitons à poursuivre votre lecture pour apprendre tout ce que vous devez savoir sur les mors, y compris les différents types, leur mode de fonctionnement et les considérations dont il faut tenir compte au moment de choisir celui qui convient au cheval.

Le mode de fonctionnement des mors

Les mors servent à exercer une pression sur la bouche et la tête du cheval comme moyen de contrôle. Les chevaux cherchent naturellement à échapper à la pression. Ils modifient donc leur mouvement en réaction aux aides de rênes. [1]

Lorsque l’action du mors est intense, que ce soit en raison des mains du cavalier ou de la mécanique du mors en question, les chevaux peuvent réagir négativement et se défendre contre cette pression. [1]  Ces montures peuvent nécessiter un choix de mors différent pour trouver une pression qu’ils peuvent accepter tout en permettant au cavalier de communiquer efficacement. [1]

Il faut tenir compte de deux facteurs principaux lors du choix d’un mors : son action et sa sévérité.

L’action du mors

Selon le sport pratiqué, le comportement du cheval et d’autres facteurs, les cavaliers sélectionnent les mors en fonction du ou des endroits où ces derniers exercent une pression. [1]   L’endroit où le mors exerce une pression s’appelle l’action du mors.

Les montants sont responsables de la plus grande partie de cette action. [1]   Selon sa configuration, les rênes modifient la position du mors dans la bouche du cheval et exercent une pression à un ou à plusieurs endroits. [1]

Les endroits où les mors font communément pression sont les suivants : [1]

  • la nuque;
  • la langue;
  • la commissure des lèvres;
  • le palais;
  • les barres;
  • le creux du menton;
  • le chanfrein.

Ces parties sont très sensibles. Elles contiennent de nombreuses terminaisons nerveuses qui peuvent détecter des changements de pression du mors très subtils. [1]   Le cheval peut donc ressentir les plus petits mouvements des mains du cavalier sur les rênes.

La sévérité du mors

Les cavaliers doivent en outre tenir compte de la sévérité d’un mors lorsqu’ils font leur choix. Celle-ci dépend de l’intensité de la pression exercée et du degré de douleur associée à la pression.

L’intensité de la pression varie en fonction de l’action du mors et de sa configuration. Par exemple, les mors de filet dont les rênes s’attachent directement à l’embouchure ont généralement un ratio de pression de 1 à 1. [1]   En d’autres termes, la pression exercée sur les rênes est égale à la pression ressentie dans la bouche du cheval.

Ces mors contrastent avec les mors à effet de levier et d’autres types d’embouchures munies de branches. [1]   Dans le cas de ces mors, les rênes s’attachent aux branches qui sont plus basses que l’embouchure. Cette configuration produit un effet de levier qui agit sur la bouche et la nuque du cheval.

L’effet de levier de ces mors multiplie la pression exercée par la main du cavalier. [1]   Par exemple, un mors à effet de levier muni de branches longues de trois pouces peut multiplier par trois la pression ressentie par le cheval. [1]

L’embouchure du mors influe également sur sa sévérité. Certaines embouchures ont un effet plus concentré et plus ciblé dans la bouche du cheval, comparativement à d’autres qui engendrent une pression diffuse. Plus l’embouchure est « précise », plus le mors est sévère, quelle que soit son action ou sa configuration. [1]

Enfin, d’autres méthodes d’attache du mors peuvent aussi modifier sa sévérité. Par exemple, certains mors sont munis de gourmettes qui reposent dans le creux du menton du cheval et y exercent une pression lorsque le cavalier agit sur les rênes.

Les gourmettes peuvent être une simple lanière de cuir ou une chaîne. Les lanières de cuir exercent moins de pression, tandis que les chaînes engendrent une pression plus intense et plus sévère. [1]   Cette notion s’applique aussi aux mors munis de muserolles intégrées dont la sévérité peut aussi varier en fonction de leur conception et de la tension sur le chanfrein.

La sévérité du mors peut masquer les lacunes et les failles d’entraînement du cheval et du cavalier. [1]   Les cavaliers ne devraient pas compter sur la sévérité du mors pour régler les problèmes rencontrés durant l’entraînement. [1]   Tous les sportifs équestres doivent avoir pour but de pouvoir monter leur cheval avec le mors le plus doux possible afin de maximiser son bien-être.

L’embouchure

L’embouchure est la partie du mors qui repose dans la bouche du cheval. Il existe de nombreux modèles d’embouchures faits de matériaux différents. Les cavaliers choisissent le matériau, la taille du mors et la conception de l’embouchure en fonction des besoins propres de leur cheval de performance. [1]

Les matériaux

Le matériau du mors peut affecter la réaction du cheval à son action. Certains chevaux préfèrent le goût de certains métaux. D’autres ne tolèrent pas du tout les embouchures en métal. Un certain degré d’expérimentation est souvent nécessaire pour déterminer le matériau qui convient le mieux à un cheval donné.

Les matériaux qui servent communément à fabriquer les embouchures incluent ceux qui suivent : [1] [2]

  • L’acier inoxydable est le matériau traditionnellement employé pour la fabrication des mors.
  • Le cuivre favorise une plus grande salivation.
  • Le fer doux est un métal au goût sucré qui stimule une salivation accrue.
  • L’argent allemand est un métal doré dont le goût est plus sucré que celui de l’acier inoxydable ordinaire.
  • Le caoutchouc ou le plastique procure une sensation plus douce dans la bouche du cheval.
  • Le cuir procure une sensation douce et s’adapte à la forme de la bouche du cheval lorsqu’il est mouillé.

L’ajustement et la taille du mors

Les cavaliers doivent choisir un mors adapté à la conformation de chaque cheval. [1] Ce dernier doit être à l’aise de porter le mors au repos lorsque le cavalier ne fait aucun effet de rêne.

Les facteurs de conformation dont il faut tenir compte lors du dimensionnement d’un mors incluent ceux qui suivent : [1]

  • la largeur de la bouche du cheval;
  • la grosseur de la langue du cheval;
  • l’espace disponible entre la langue du cheval et son palais.

L’étiquette du fabricant de mors ne mentionne habituellement que la largeur de l’embouchure. [1] Les cavaliers doivent demander à une personne expérimentée d’examiner l’ajustement du mors dans la bouche de leur cheval. Voici les points à évaluer pour savoir si un mors est bien ajusté : [1]

  • l’absence de pincement de la langue;
  • l’épaisseur du mors par rapport à la bouche du cheval;
  • les interactions involontaires du mors avec le palais du cheval.

L’épaisseur de l’embouchure entraîne d’autre part des conséquences sur sa sévérité. [6]   Les embouchures minces exercent une pression plus intense, tandis que les embouchures plus épaisses créent moins de pression. En revanche, une embouchure trop épaisse peut gêner le cheval. [6]   La plupart des embouchures mesurent environ 9,5 mm (3/8 po) de diamètre. [6]

Les professionnels de l’ajustement des mors, que l’on appelle des bourreliers, peuvent aider les cavaliers à trouver l’ajustement idéal pour leur cheval. [3]

La conception de l’embouchure

Il existe un grand choix d’embouchures différentes. La conception de l’embouchure peut avoir un impact considérable sur la sévérité du mors. Le choix de celle qui convient au cheval est un volet important du processus d’acceptation du mors.

La conception des embouchures varie selon sa configuration, la présence d’un mullen (un canon cintré ou arqué) et la forme du canon, soit la ou les parties du mors qui reposent sur la langue et la mandibule du cheval. [4]

Les configurations d’embouchure

En général, les embouchures sont soit brisées ou munies d’un passage de langue. Les deux modèles laissent plus de place à la langue du cheval. Les mors brisés sont plus fréquents en équitation classique, alors que les cavaliers westerns emploient plus souvent des mors avec passage de langue. [1]

Les brisures font référence aux joints entre des pièces de métal séparées qui reposent dans la bouche du cheval. Cette configuration accroît la flexibilité du mors et lui permet de mieux se conformer à la forme de la bouche.

Parmi les configurations courantes dénuées d’un passage de langue, on retrouve celles qui suivent : [1]

  • Le mors mullen, cintré ou à canon droit comporte un canon droit sans brisure. Certains chevaux se défendent contre ces embouchures, car elles ne s’adaptent pas à la forme de leur bouche.
  • Le mors à brisure simple comporte deux canons droits séparés par une seule brisure. Ce type d’embouchure peut avoir un effet casse-noisette sur la langue lorsque le cavalier exerce une pression sur les rênes et piquer involontairement le palais du cheval.
  • Le mors à brisure double est formé de deux canons reliés par un lien central plus petit. L’embouchure comporte donc trois segments au total. Ces mors ont tendance à mieux se conformer à la forme de la bouche et de la langue du cheval que les embouchures à canon droit ou les mors à brisure simple. Les mors à brisure double peuvent avoir différents liens centraux, y compris des boules qui tournent librement, des liens en forme d’os pour chien, des anneaux, des disques plats ou des losanges. Ces liens centraux ont une variété d’effets qui vont de l’augmentation de la salivation à une hausse de la sévérité du mors.
  • Le mors Waterford est entièrement constitué de maillons métalliques. Il ressemble un peu à une chaîne. Cette embouchure est extrêmement flexible et elle peut empêcher le cheval de « s’appuyer » sur la main.

Les mors munis d’un passage de langue sont généralement exempts de brisures. Ils comportent plutôt en leur centre une courbe vers le haut, le « passage de langue », qui laisse plus de place à la langue du cheval ou qui exerce une pression sur le palais. [5]   S’assurer que la forme du passage de langue correspond à la conformation de la langue du cheval est une considération importante pour ajuster ce type d’embouchure.

La conception de certains passages de langue augmente la sévérité du mors en agissant sur le palais lorsque le cavalier se sert des rênes. [1]   Chez la majorité des chevaux, le passage de langue doit avoir une hauteur de 5 à 6 cm (de 2 à 2,5 po) pour toucher au palais. [6]

Les configurations de passage de langue courantes incluent celles qui suivent : [1]

  • Le passage de langue de base est fait de métal lisse. Les cavaliers choisissent le style de passage de langue en fonction de la forme de la langue de leur cheval.
  • Le Segundo est un mors muni d’un passage de langue dont les côtés comportent de petites saillies qui agissent sur la langue du cheval et accroissent la sévérité de l’embouchure.
  • Le mors correcteur est un mors muni d’un passage de langue très haut, de sorte que lorsque le cavalier utilise les rênes, le passage de langue touche au palais du cheval.
  • Le mors à spatule (Spoon mouth en anglais) comporte un passage de langue en métal qui se rabat à plat au lieu de conserver la forme arrondie du reste de l’embouchure. Ce mors est habituellement conçu pour agir sur le palais du cheval.
  • Le mors à palette (Spade en anglais) comporte en général une embouchure en métal droite et il est dénué du passage de langue traditionnel. Ce dernier est remplacé par une projection droite de l’embouchure qui ressemble à une cuillère et qui repose le long de la langue du cheval. Des montants recouverts de cuivre soutiennent la palette et ajoutent une largeur supplémentaire à l’embouchure. Lorsque le cavalier actionne le mors, la palette exerce une pression sur le palais du cheval.

La conception de certaines embouchures chevauche ces deux types de mors. Par exemple, certains mors sont munis d’un passage de langue et de joints latéraux qui permettent aux deux côtés de s’articuler indépendamment. [1]

Le cintrage de l’embouchure (le « mullen »)

Le cintrage ou le « mullen » de l’embouchure, vue de haut en bas, peut modifier la sévérité du mors.

L’ajout d’un cintrage à la forme du mors le rend plus confortable pour le cheval, car il correspond mieux à l’incurvation de la langue qui repose dans la mâchoire inférieure. [1]   De nombreux concepteurs de mors ajoutent un léger cintrage à tous leurs mors pour en améliorer le confort. Le cintrage garantit d’autre part que l’embouchure répartit également la pression sur la langue et la mâchoire inférieure. [1]

Certains cavaliers peuvent préférer un canon droit exempt de cintrage pour augmenter la sévérité de l’action du mors. Ces embouchures ont ordinairement une action plus forte sur la langue du cheval, car elles exercent d’abord une pression sur cette dernière avant d’entrer en contact avec la mâchoire. Certains chevaux résistent à cette pression supplémentaire sur la langue et peuvent mal tolérer les mors qui ne sont pas cintrés.

Les différents canons

La forme des canons du mors modifie la sévérité de son action dans la bouche. La plupart des embouchures ont des canons lisses qui engendrent une pression diffuse dans la bouche du cheval. Certains cavaliers peuvent choisir un canon dont l’effet est plus intense et plus ciblé.

Les types de canons couramment retrouvés dans les embouchures incluent ceux qui suivent : [1]

  • Les canons lisses sont en métal lisse dénué de saillies.
  • Les filets tordus (twisted bit en anglais) ont des canons en métal plus ou moins « torsadés » qui forment une surface rugueuse. Certains sont munis de torsades espacées dont la rugosité est subtile. D’autres ont des torsades concentrées dont les saillies sont plus prononcées. Les embouchures à torsades serrées sont plus sévères que celles à torsades espacées.
  • Le mors de broche tordu (twisted wire bit en anglais) comporte des canons en broche torsadée. Certains ont deux jeux de fils torsadés qui forment chacun un canon.
  • Le mors Magennis ou mors à rouleaux: le canon de ce mors a une surface texturée qui peut rouler. Il a pour but d’encourager le cheval à jouer avec le mors et d’accroître la salivation.

La forme des canons peut en outre en modifier la sévérité. La plupart des embouchures ont une forme arrondie ou ovale pour éviter les arêtes vives qui peuvent blesser la bouche du cheval. Cependant, certains mors ont une forme triangulaire ou carrée aux arêtes émoussées. Ces derniers sont plus sévères, car les arêtes émoussées agissent sur la bouche du cheval en y exerçant une pression intense.

Les montants

Les montants du mors déterminent son action, soit la manière et l’endroit où il fait pression sur la tête du cheval.

On divise les mors en quatre catégories principales selon leur action : [1][3][7]

  • Les mors de filet permettent un contact direct avec la bouche du cheval.
  • Les mors à effet de levier ou mors de bride agissent sur la bouche, la nuque et le creux du menton.
  • Les mors releveurs agissent sur la bouche et la nuque du cheval.
  • Les brides sans mors sont dénuées d’embouchure. Elles agissent sur la nuque, le chanfrein, le creux du menton et/ou les joues du cheval.

Les mors de filet

Les mors de filet sont des embouchures à action directe. La pression exercée sur les rênes est la même que celle ressentie sur la tête du cheval. [1] Dans tous les cas, le point d’attache des rênes des mors de filet est en ligne droite avec sur l’embouchure. [1][5]

Divers types de mors de filet sont munis d’« anneaux » différents, soit les points d’attache du mors et de la bride qui se trouvent de part et d’autre de l’embouchure. [1][5] Le type d’anneau peut affecter la façon dont le cheval réagit au mors, mais il ne change pas l’action du filet.

Les types de filet les plus fréquents incluent ceux qui suivent : [1][8]

  • Le filet Verdun: ces mors ont des anneaux en forme de D fixés à l’embouchure par des charnières. Les anneaux restent fixes lorsque le cavalier utilise les rênes. Ce mors convient aux jeunes chevaux qui ont besoin d’une communication plus stable de la part de leur cavalier.
  • Le filet à olives: ce mors comporte de chaque côté des anneaux en forme d’œuf reliés à l’embouchure par une charnière. Les anneaux peuvent se déplacer horizontalement, mais ils ne coulissent pas lorsque le cavalier se sert des rênes. Ce mors convient aux jeunes chevaux qui ont besoin d’une communication plus stable de la part de leur cavalier.
  • Le filet Chantilly ou à anneaux mobiles: les anneaux de ce mors traversent des orifices pratiqués dans l’embouchure et ne sont pas fixes. Lorsque le cavalier active les rênes, les anneaux coulissent légèrement et donnent au cheval un signal préparatoire qui l’avertit que le mors est sur le point de faire pression.
  • Le filet à aiguilles: ce filet est muni d’un petit anneau fixé à l’embouchure par une charnière. À la jonction de l’embouchure et de la joue, de longues extensions métalliques s’étendent de haut en bas du mors (les « aiguilles »). Ces aiguilles peuvent aider certains chevaux à apprendre à suivre la direction des aides de rênes en appliquant une pression sur le côté du nez qui les incite à suivre celle du mors.
  • Le mors Fulmer: ce mors est un type de filet à aiguilles muni d’anneaux coulissants plutôt que fixes. Il donne un « signal préparatoire » au cheval tout en aidant à le diriger.
  • Le mors Baucher: ce mors porte parfois aussi le nom de mors Fillis ou hanging cheek en anglais. Les anneaux principaux de ces embouchures sont munis d’une courte extension où s’attache la bride. Le mors Baucher pourrait exercer un léger effet de levier, mais les experts en la matière se contredisent à ce sujet.

Les mors de bride ou à effet de levier

Les mors à effet de levier et les mors de bride agissent sur la bouche, la nuque, le chanfrein et le creux du menton du cheval, selon leur conception. Pour agir sur le creux du menton, les mors à effet de levier doivent être munis d’une gourmette[1]

La gourmette entre en jeu lorsque les branches effectuent une rotation. Elle exerce une pression sur le creux du menton et serre comme un étau la bouche du cheval contre la mentonnière. Puisque la mentonnière tire le mors vers le bas en l’appuyant contre la langue et la mâchoire, le cheval ramène la tête vers le poitrail en cherchant à éviter la pression du mors. Jumelée à la pression sur la nuque, cette action encourage habituellement le cheval à baisser la tête et à rapprocher le menton du poitrail.

La gourmette empêche d’autre part la rotation excessive des branches qui peut faire remonter le mors dans la bouche du cheval et faire pression sur les commissures des lèvres. Certains cavaliers omettent la gourmette sur leur mors de bride, ce qui engendre une action plus proche du mors releveur. Pour agir sur le chanfrein, les mors de bride doivent être munis d’une muserolle.

On reconnaît les embouchures à effet de levier grâce à leurs côtés allongés. La partie du montant qui se trouve au-dessus de l’embouchure s’appelle la tige supérieure (purchase en anglais), et la partie qui se trouve en dessous se nomme la branche ou la tige inférieure du mors (shank en anglais)[1]

Les rênes du cavalier s’attachent au bas des tiges inférieures. Lorsque le cavalier actionne le mors, ce dernier effectue une rotation dans la bouche du cheval. [1] Les tiges supérieures fixées à la bride se déplacent alors vers l’avant en tirant vers le bas sur les montants de la bride et en augmentant la pression sur la nuque[1][5]

Les longueurs relatives des tiges supérieures et inférieures déterminent le degré d’effet de levier, et conséquemment, la sévérité du mors. [1][2] Les branches plus longues requièrent moins de pression sur les rênes pour communiquer avec le cheval. [1]

La forme des tiges inférieures peut aussi avoir un impact sur la multiplication de l’effet de levier. Les mors d’équitation classique ont normalement des branches droites dont l’effet de levier tend à être plus prononcé. [1] Cependant, les cavaliers d’équitation classique communiquent en général surtout au moyen des rênes de filet du mors de bride. Ils ne mettent en jeu l’effet de levier que lorsque cela s’avère nécessaire. [1]

Les mors d’équitation classique

Les trois mors à effet de levier employés le plus couramment en équitation classique sont les suivants : [1][3]

  • Le mors Pelham est muni d’un anneau fixe fixé à l’embouchure, de tiges supérieures courtes et de tiges inférieures courtes, le tout combiné en un seul mors. Les cavaliers utilisent une paire de rênes attachées aux anneaux du filet et une autre fixée aux anneaux des tiges inférieures pour contrôler le cheval. Certains cavaliers ont recours à une alliance qui leur permet de mettre en jeu à la fois l’action du filet et celle des branches avec une seule paire de rênes, ce qui renforce la pression qu’exerce le mors.
  • Le mors Weymouth est un mors de bride traditionnel dénué des anneaux d’un filet. Il comporte uniquement les tiges supérieures et inférieures. Les cavaliers d’équitation classique emploient ce mors jumelé à un filet dans une configuration appelée bride complète. Cette bride est populaire chez les amateurs de dressage. Elle est obligatoire aux échelons supérieurs du sport.
  • Le mors Kimberwick marie l’action du filet et du mors à effet de levier. Les montants sont semblables à ceux d’un filet Verdun, mais le mors est muni d’une gourmette et de tiges supérieures courtes. Les cavaliers peuvent utiliser ces mors avec une ou deux paires de rênes. Avec une seule paire de rênes, ils peuvent choisir d’attacher le mors plus bas ou plus haut pour modifier sa puissance. Lorsque le cavalier actionne le mors, ce dernier agit principalement comme un filet avec un léger effet de levier sur la nuque et le creux du menton.

Les mors d’équitation western

Les mors à effet de levier western sont conçus pour la monte avec un minimum de contact avec la bouche du cheval, contrairement à l’équitation classique où le cavalier cherche à maintenir un contact constant. [1] Par conséquent, les mors westerns n’ont aucune action de filet et reposent uniquement sur l’application d’un effet de levier lorsque cela est nécessaire. [1]

Les formes courantes de branches de mors western incluent celles qui suivent : [1]

  • Les branches incurvées (curved grazer shank en anglais) : il s’agit du type de branche le plus fréquent. Les branches sont légèrement incurvées en direction du cavalier, ce qui atténue une partie de l’effet de levier par rapport aux branches droites. Cette forme permet également de garder les branches hors de portée du cheval qui broute.
  • Les branches en S: ces branches aident à adoucir l’effet de levier et à éloigner les branches de la bouche du cheval.
  • Les branches en forme de chiffre 7: ces branches ont aussi un effet de levier sur la nuque et le creux du menton. L’effet de levier est néanmoins légèrement plus puissant que les branches en forme de S en raison de la rectitude de ce type de tige.

Les mors releveurs ou gags

Les mors releveurs agissent uniquement sur la bouche et la nuque. [1] Comme il n’y a pas de gourmette, aucun signal ne fait en sorte que le cheval incline la tête vers le poitrail une fois que la pression sur la nuque l’ait encouragé à baisser la tête. [1] Par conséquent, les chevaux réagissent uniquement en baissant la tête plutôt qu’en ramenant le menton vers le poitrail.

Comme il n’y a pas de gourmette pour empêcher la rotation excessive du mors et le maintenir en place, les mors releveurs ont en outre tendance à appliquer plus de pression sur les commissures des lèvres plutôt que sur la langue ou la mâchoire inférieure du cheval. [1] Cette pression vers le haut peut indiquer au cheval de lever la tête, ce qui contrecarre directement l’invitation à abaisser la tête provenant de la pression sur la nuque. [1]

Pour cette raison, de nombreux experts pensent que les mors releveurs donnent aux chevaux des signaux contradictoires et déclenchent des comportements de défense et par conséquent, qu’il est préférable de les éviter. [1][9]

Les cavaliers peuvent choisir de monter avec un mors releveur muni d’un ou de deux jeux de rênes. La monte à deux rênes permet aux cavaliers de contrôler le moment et la manière d’activer l’action du gag en plus de la pression conventionnelle exercée sur l’embouchure. Avec un seul jeu de rênes, l’action du mors releveur est toujours en jeu lorsque les rênes font pression.

Les types de mors releveur les plus populaires sont les suivants : [1]

  • Le mors releveur conventionnel ou coulissant: ce mors est muni d’une corde qui part de la bride, coulisse à travers les espaces dans les anneaux d’un filet, puis s’attache aux rênes. Cet agencement engendre une « action de traction » lorsque le cavalier tire sur les rênes, ce qui fait coulisser la corde à travers le mors, et tire sur la nuque et les lèvres du cheval. Ces mors sont plus fréquents dans les disciplines d’équitation classique, en particulier pour le saut d’obstacles. On les voit aussi dans certaines disciplines westerns, notamment la course de barils.
  • Le mors Wonder gag: ce mors ressemble à un filet Chantilly muni de tiges supérieures et inférieures. Lorsque le cavalier tire sur les rênes, les anneaux du mors coulissent à travers l’embouchure et l’effet se fait sentir sur les lèvres et la nuque du cheval. Ces mors releveurs sont plus fréquents en équitation western.
  • Les mors élévateurs: ces mors ressemblent à un Pelham, mais ils ont des tiges supérieures longues et des tiges inférieures généralement plus longues. Bien que l’embouchure soit fixe, les longues tiges supérieures exercent une action sur les lèvres du cheval avant de faire pression sur la nuque, ce qui crée un effet de « faux gag ». Les mors élévateurs peuvent comporter un ou deux anneaux sur les branches qui permettent aux cavaliers de contrôler la puissance de l’action du mors.
  • Le mors releveur hollandais (Dutch gag en anglais) : on nomme aussi cette embouchure mors à quatre anneaux ou mors à bulles. Ces embouchures ressemblent à un filet Chantilly muni d’anneaux supplémentaires soudés au haut et au bas de l’anneau coulissant. La bride s’attache aux anneaux supérieurs, puis les rênes se fixent à l’un des anneaux inférieurs qui créent un effet de levier. Étant donné que l’anneau mobile coulisse et qu’il n’y a pas de gourmette, ce mors a une action qui incite le cheval à relever et à abaisser simultanément la tête.

Les mors élévateurs peuvent comporter un ou deux anneaux sur chaque branche, ce qui permet aux cavaliers de contrôler la puissance de l’action du mors.

Les brides sans mors

De nombreux cavaliers choisissent désormais d’utiliser des brides sans embouchure au lieu d’un mors traditionnel. Ces brides agissent en exerçant une pression sur différentes parties de la tête sans contact avec la bouche[1] Les chevaux qui ne tolèrent pas les mors ont tendance à mieux accepter une bride sans mors. [1]

Il existe de nombreux types de brides sans embouchure et les fabricants lancent constamment de nouveaux modèles sur le marché. Les conceptions fréquemment utilisées de nos jours incluent les suivantes : [1]

  • Le bosal: ces brides, aussi appelées hackamores, sont plus fréquentes en équitation western. Elles sont munies d’un bosal, une muserolle tressée en cuir brut qui s’attache aux rênes du cavalier. La bride exerce une pression sur le dessus et les côtés du chanfrein pour freiner le cheval et le diriger. Les bosals sont issus des méthodes d’entraînement espagnoles traditionnelles employées par les vaqueros.
  • Le hackamore mécanique: ces hackamores sont munis d’une muserolle en corde, en métal ou en cuir attachée à de longues branches auxquelles le cavalier fixe les rênes. Ces branches peuvent être plus longues ou plus courtes, selon la conception. Les hackamores mécaniques ont normalement une gourmette pour exercer une pression sur le creux du menton et éviter une rotation excessive des branches.
  • Le hackamore à roues ou papillon: ces hackamores sont munis des roues à rayons de chaque côté de la tête du cheval plutôt que de longues branches. Lorsque le cavalier tire sur les rênes, les roues tournent légèrement et appliquent une pression sur le chanfrein, le creux du menton et la nuque du cheval.
  • Les licous en corde: certains cavaliers choisissent de monter leur cheval avec un licou en corde plutôt que d’utiliser un équipement distinct. Les nœuds de ces licous font pression sur le chanfrein du cheval. Les licous en corde à quatre nœuds engendrent une pression plus intense que les licous à deux nœuds en raison du placement des nœuds supplémentaires qui s’appuient sur les nerfs faciaux sensibles.
  • Les sidepulls: ces brides agissent de manière comparable à un licou avec des rênes attachées de part et d’autre de la muserolle. La bride exerce une pression sur le dessus et les côtés du chanfrein pour freiner le cheval et le diriger.
  • Les sidepulls croisés sous la tête: ces sidepulls ont des courroies en cuir supplémentaires qui passent sous la mâchoire du cheval pour former un « x » et qui s’attachent sur le côté opposé de la tête. Ces courroies s’attachent aux rênes. Elles engendrent sur les côtés de la tête une action d’encadrement supplémentaire aux aides de rênes.

L’équipement et la gestion

Le choix du mors porté par le cheval est une décision importante qui peut avoir un impact direct sur la sécurité, le confort, le bien-être et les performances.

Le choix du mors dépend de plusieurs facteurs : [1]

  • le niveau d’entraînement actuel du cheval;
  • les difficultés d’entraînement existantes, telles que le cheval qui s’appuie sur la main, qui est trop en avant, qui encense, ou autres;
  • la discipline équestre, y compris les règlements propres au sport;
  • les compétences du cavalier;
  • les conseils d’experts qui travaillent avec le cavalier et le cheval.

Choisir un mors peut nécessiter des essais et des erreurs. Le choix de l’embouchure peut changer à mesure que le cavalier et les besoins de l’entraînement ou du sport que pratique le cheval évoluent au fil du temps.

Il vaut mieux s’entourer de professionnels qualifiés, tels que des entraîneurs et des bourreliers, pour veiller à adapter le choix du mors à chaque cheval et s’assurer que les règlements de la discipline équestre pratiquée l’autorisent.

D’autres considérations qui favorisent la performance globale du cheval comprennent la nutrition, les soins vétérinaires, la maréchalerie, l’élaboration du programme d’entraînement et le conditionnement physique. L’intégration de professionnels dans ces domaines au programme de soins du cheval peut permettre d’améliorer ses performances et sa santé globale.

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Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur les mors pour chevaux :

Résumé

Les mors sont une pièce d’harnachement courante qui aide les cavaliers à communiquer avec leurs chevaux par la pression. Le type, l’ajustement et la conception d’un mors influencent le confort et la réactivité d’un cheval. Choisir le bon mors signifie comprendre où il exerce une pression et à quel point cette pression est forte, tout en cherchant à utiliser l’option la plus douce qui convient à votre cheval.

  • Les mors agissent sur des zones sensibles comme la langue, les barres, les lèvres, la nuque et la gouttière du menton
  • La sévérité dépend de l’effet de levier, du style de canon, de l’épaisseur et des attaches
  • Les canons sont offerts dans différents matériaux et conceptions pour convenir à chaque cheval
  • Les montants définissent les principaux types : mors à anneaux, mors à levier, mors releveur ou brides sans mors
  • Une taille et un ajustement appropriés sont essentiels pour le confort et la sécurité
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Références

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  7. The 4-H Horse Project. Pacific Northwest Extension.
  8. Benefits of the Baucher. Neue Schule. 2020.
  9. McGreevy, P. et al. Equitation Science. 2nd ed. John Wiley & Sons Ltd., Chichester, West Sussex, UK. 2018.