La gestion du crottin est un aspect inévitable de l’entretien des écuries qui nécessite une attention rigoureuse. Un programme de gestion efficace des matières fécales dépendra de plusieurs facteurs, notamment le nombre de chevaux sur place, la superficie de terrain disponible et la configuration de l’écurie ou des installations. [1]

Une bonne gestion des déjections permet de réduire considérablement la pollution environnementale susceptible d’affecter le sol et les cours d’eau. [1] Elle permet également de prévenir les désagréments tels que les odeurs et les mouches, tout en contribuant à préserver la santé de vos chevaux. [2]

Un système complet de gestion comprend la collecte, l’entreposage (temporaire ou à long terme) et l’élimination ou la valorisation des excréments. Plusieurs options existent : l’épandage, l’entreposage en tas, le transport hors site ou le compostage. [2]

Le compostage peut transformer les matières fécales équines en ressource précieuse, car il constitue une source de nutriments pour les plantes. Toutefois, cette stratégie est plus complexe à mettre en place que le simple entreposage pour épandage ou le transport hors site. [2]

Importance de la gestion des matières fécales sur les fermes de chevaux

Les chevaux produisent une quantité importante de crottin chaque jour, ce qui requiert des efforts considérables de la part de leurs soigneurs pour maintenir la propreté des box et gérer les matières fécales dans les pâturages de manière adéquate.

Un cheval produit en moyenne 50 livres de crottin par jour, soit environ 20 000 livres de matières fécales par an. [2]

Une gestion efficace des déjections est essentielle pour protéger la santé des chevaux et leur environnement. Les principales raisons justifiant la mise en place d’un plan de gestion des matières fécales comprennent :

Prévention de la propagation des parasites :

Le crottin de cheval peut contenir des œufs de parasites internes tels que les strongles et les ascarides. [3] Une manipulation inadéquate peut entraîner la contamination des pâturages, de la nourriture ou de l’eau, exposant ainsi les chevaux à des infections vivant à proximité. [3]

Lutte contre les animaux nuisibles :

Les tas de matières fécales servent de lieux de reproduction pour diverses espèces de mouches et de rongeurs comme les souris et les rats. [4] Certains de ces animaux nuisibles sont également porteurs de maladies infectieuses pouvant affecter les chevaux et les humains.

Préservation de la qualité de l’eau :

Une gestion inadéquate des tas de crottin peut libérer des quantités excessives de nutriments et de contaminants dans le sol et les sources d’eau, perturbant ainsi l’équilibre écologique et causant des dommages environnementaux. [5]

Les matières fécales sont riches en nutriments comme l’azote, le phosphore et le carbone. [6] Lorsqu’ils sont présents en excès, ces nutriments peuvent contaminer les eaux souterraines ou de surface par lixiviation, notamment à partir des tas de matières fécales entreposés à proximité de plans d’eau.

Le crottin peut également contribuer à l’eutrophisation, un phénomène caractérisé par la prolifération excessive d’algues causée par une trop grande quantité de nutriments dans l’eau. [6] Ce phénomène entraîne une diminution de l’oxygène dans la colonne d’eau et nuit à la vie aquatique ainsi qu’à la qualité générale de l’eau. [7]

Respect de la réglementation :

Des réglementations fédérales, provinciales et municipales encadrent la gestion des matières fécales et la qualité de l’eau. Il est impératif de s’y conformer pour protéger l’environnement et éviter des sanctions juridiques. [8]

Amélioration de l’aspect esthétique :

Des tas de crottin mal gérés nuisent à l’apparence des lieux et peuvent également détériorer les relations avec le voisinage en raison de leur aspect inesthétique et de leur odeur désagréable. Le méthane émis lors de la décomposition contribue aussi aux impacts environnementaux négatifs. [9]

Production de matières fécales chez le cheval

Les déjections sont constituées de matières solides et liquides. Elles sont généralement composées de 60 % de matières solides et de 40 % d’urine. [4]

En moyenne, un cheval produit 0,5 once de crottin et 0,3 once liquide d’urine par livre de poids corporel par jour. [4] Pour un cheval de 1 000 livres, cela représente environ 31 livres de fèces et 2,4 gallons d’urine par jour. [4]

Au total, un cheval produit environ 50 livres de déjections brutes par jour. [4]

Sites nécessitant la collecte des matières fécales

Lors de l’élaboration d’un plan de gestion des matières fécales pour votre établissement, il est important d’identifier tous les endroits où les déjections doivent être collectées, y compris les box, les pâturages, les aires de sortie des chevaux et les manèges.

Pâturages

Le crottin est naturellement réparti dans les pâturages par les animaux eux-mêmes. Selon les conditions, il peut être nécessaire ou non de le ramasser.

Beaucoup de propriétaires de chevaux croient que l’épandage des matières fécales en couches minces dans les pâturages réduit la présence de parasites en asséchant les œufs (dessiccation). Cela peut être vrai dans des conditions très sèches ou lorsque la température est extrêmement chaude ou froide, mais dans des conditions humides, les œufs peuvent survivre. [4]

Des recherches montrent que l’épandage de crottin brut en couches minces sur les pâturages peut en réalité augmenter l’exposition des chevaux aux parasites en le dispersant sur une plus grande surface. [4] C’est pourquoi il est recommandé de laisser le crottin en tas et de le ramasser pour l’éliminer à l’extérieur du pâturage. [4]

Box

Idéalement, les box devraient être nettoyés chaque jour pour offrir un environnement propre et sain aux chevaux. L’élimination quotidienne de la litière souillée et des matières fécales permet d’éviter l’accumulation d’ammoniac et de maintenir une bonne qualité de l’air dans l’écurie. Pour les chevaux qui passent beaucoup de temps à l’intérieur, un nettoyage plus fréquent peut être requis pour garantir des conditions optimales.

La litière souillée retirée en même temps que le crottin lors du nettoyage peut représenter de 8 à 15 livres de matières par jour. [4] Le volume de litière est presque deux fois plus élevé que celui des matières fécales, bien que cela varie selon les matériaux utilisés.

Pour un cheval adulte moyen, la quantité totale de matières souillées retirées d’un box chaque jour peut atteindre 60 à 70 livres. [1] Cela représente une production annuelle d’environ 12 tonnes de matières souillées par box, dont 8,5 tonnes de matières fécales. [1]

À titre indicatif, la quantité de matières souillées de box produite par un seul cheval chaque année pourraient remplir un box de 12 pieds par 12 pieds jusqu’à une hauteur d’environ 6 pieds. [4]

Enclos d’exercice/de sortie et abris extérieurs

Les matières fécales peuvent être ramassées chaque jour, chaque semaine, toutes les deux semaines ou moins fréquemment, selon les installations et le nombre de chevaux présents dans chaque zone.

Manège

Le crottin est ramassé au besoin afin de maintenir la propreté des installations.

Entreposage des déjections

Les sites d’entreposage des matières fécales sont indispensables sur les fermes de chevaux lorsque l’épandage direct au pâturage n’est pas possible. Ces sites doivent être situés à proximité de l’écurie pour faciliter l’accès, et être positionnés de façon à permettre l’utilisation de l’équipement dédié au transport et à la gestion du crottin.

En règle générale, il est conseillé de prévoir une capacité suffisante permettant l’entreposage des matières fécales pendant 180 jours. [4] Cela permet de retarder l’épandage dans les champs en cas de conditions défavorables, comme des sols détrempés ou gelés.

Afin de réduire l’exposition des chevaux aux parasites, le crottin doit être gardé hors des enclos et entreposé de manière adéquate, à l’écart des zones de pâturage.

La taille, le type et l’emplacement d’un site d’entreposage des excréments dépendent de plusieurs facteurs, notamment la quantité de déjections générée, la durée de l’entreposage et la superficie disponible. Le respect des réglementations et des restrictions de zonage locales peut également influencer le type d’entreposage approprié pour chaque établissement. [1]

Les installations d’entreposage des matières fécales doivent être placées sous le vent et à l’abri des habitations voisines afin de réduire les plaintes potentielles liées aux odeurs et à l’aspect esthétique. [1]

La construction d’un site d’entreposage du crottin doit aussi respecter les réglementations provinciales et fédérales. [1] Il est conseillé de consulter les autorités locales lors de la planification d’un site d’entreposage.

Options d’entreposage des matières fécales

Les méthodes d’entreposage des déjections varient de simples tas à de grandes structures couvertes. Les types d’entreposage les plus courants incluent :

Entreposage en tas sur dalle

La méthode d’entreposage en tas sur dalle est la plus répandue et la plus pratique pour gérer les déjections. [2] Les composantes essentielles d’une telle installation comprennent un plancher imperméable et trois murs périphériques servant à contenir les matières fécales. [2]

La surface idéale pour l’entreposage du crottin selon cette méthode est une dalle en béton coulé. [2] Cette surface doit être légèrement inclinée afin de permettre le drainage vers une bande de végétation filtrante, c’est-à-dire une zone permanente et durable de végétation cultivée ou indigène. [2][10]

Les murs de l’installation doivent mesurer au moins quatre pieds de haut. [2] Ils peuvent être construits en béton coulé, en blocs de béton ou en madriers disposés à l’horizontale ou à la verticale. [2]

Les murs assurent un soutien structurel, facilitent le nettoyage et contribuent à retenir la chaleur nécessaire au compostage. Le choix du matériau des murs dépend de plusieurs facteurs, comme la fonctionnalité, la durabilité et le coût. [11]

Il est essentiel que la structure soit ancrée sous la ligne de gel afin d’assurer sa stabilité. [2] Le coût global d’une telle installation est généralement moyen.

Dry Stack Manure Storage for Horse Farms

Entreposage en tas

L’entreposage en tas consiste à entreposer les déjections solides et la litière souillée dans un endroit pratique. Cette méthode diffère de l’entreposage sur dalle puisqu’elle ne comporte ni plancher imperméable ni murs. [2]

Un emplacement adéquat pour ce type d’entreposage doit être aménagé sur un sol compacté afin d’éviter que la pluie ne lessive les polluants dans le sol et les eaux souterraines. [2] L’ajout de gravier ou de poussière de pierre sur un sol compacté peut constituer une base efficace.

L’aire de chargement du tas de matières fécales doit également se situer sur un sol ferme pour éviter la formation d’ornières durant les périodes humides, telles que lorsqu’il pleut ou durant la fonte printanière. [2]

Cette méthode est plus économique que les autres options d’entreposage. [2] Les tas peuvent être couverts ou non, selon le type de surface sous-jacente. [2]

Stock Piling Manure Storage on Horse Farms

L’utilisation d’une bâche de plastique pour recouvrir le tas aide à réduire les odeurs et à éloigner les mouches. [2] De plus, cette couverture réduit les risques de lessivage en empêchant l’eau de pluie de pénétrer dans le tas. [2]

Il est crucial de choisir une surface appropriée pour éviter le lessivage des nutriments du crottin vers le sol. Les sols argileux compactés sont préférables, car ils retiennent les nutriments, contrairement aux sols sablonneux qui les laissent s’échapper.

Une légère pente de 1 à 3 % est recommandée pour faciliter le drainage. [4] Une bande de végétation filtrante est utile pour recueillir le ruissellement en provenance du tas. [2]

Lorsque les eaux usées s’infiltrent dans le profil du sol et descendent la pente douce, les matières résiduelles sont éliminées par l’activité biologique et l’adsorption dans la matrice du sol. [4] Ces processus se déroulent principalement dans la couche supérieure du sol (couche arable), où l’activité aérobie (en présence d’oxygène) permet un traitement sans odeur. [4]

Il est important de noter que les sols ne sont pas tous aussi efficaces : certains permettent une infiltration rapide, limitant le traitement, tandis que d’autres, moins perméables, entraînent plutôt un ruissellement de surface. Le sol gelé ne constitue pas un filtre efficace. [4]

En règle générale, il est conseillé de prévoir environ 10 pieds carrés de bande de végétation filtrante par gallon d’eaux usées à traiter. [4] Un écoulement uniforme est essentiel, et un système de répartition bien conçu à l’entrée de la bande filtrante permet de réduire les courts-circuits de l’eau à travers la zone.

Compostage

Le compostage du crottin et de la litière (qui, ensemble, sont souvent appelés « fumier ») présente de nombreux avantages. Il permet d’obtenir une matière friable semblable à un terreau riche en nutriments.

Le produit fini est très prisé, notamment par les jardiniers et les paysagistes, ce qui en fait un produit commercialisable. Le compostage présente aussi d’autres avantages, comme l’élimination des agents pathogènes, la réduction des odeurs et une diminution du volume total de matières fécales et de litière pouvant aller jusqu’à 50 %. [1]

Un suivi rigoureux est essentiel pour que le compostage soit réussi et pour obtenir un produit final de qualité. Il faut retourner régulièrement le tas pour assurer la circulation de l’oxygène nécessaire à la survie des microorganismes. [12] De plus, le tas doit aussi conserver une humidité équivalente à 40 à 65 % dans ses espaces poreux afin de favoriser le processus de compostage. [12]

Il est important de surveiller les cycles de température dans le compost. Le cœur du tas doit atteindre 60 °C (140 °F) afin d’éliminer efficacement les pathogènes et d’obtenir un compost relativement stable. [4]

Le temps nécessaire pour transformer les matières fécales en compost peut varier de 2 semaines à 6 mois avec un brassage ou une aération appropriés. [4] Le coût associé à cette méthode d’entreposage varie en fonction de la complexité de l’installation.

Les propriétaires d’établissements équestres doivent se renseigner auprès des autorités locales compétentes ou de leur service municipal d’urbanisme afin de vérifier les exigences en matière de permis pour une installation de compostage. [13]

Ajout d’azote à un tas de compost

Plus un tas de fumier en cours de compostage contient de litière, plus il est probable qu’un apport supplémentaire d’azote soit requis pour faciliter le processus. [14]

Les matériaux de litière comme les copeaux et la sciure de bois apportent des quantités importantes de carbone au tas de compost. Des quantités excessives de ce minéral peuvent perturber le rapport carbone/azote (C:N) optimal, ralentissant ainsi le processus de compostage. [14]

Des engrais commerciaux comme l’urée, le nitrate d’ammonium ou d’autres engrais riches en azote peuvent être incorporés au tas afin de fournir l’azote supplémentaire nécessaire. [14]

Pour de meilleurs résultats, l’azote devrait idéalement être réparti de façon uniforme sur chaque brouette de fumier déposée quotidiennement sur le tas. On peut aussi l’ajouter lors du retournement du compost pour assurer un équilibre entre le carbone et l’azote, favorable à un compostage efficace. [14]

Facteurs à prendre en compte concernant le drainage lors de l’entreposage des déjections

Un drainage efficace est essentiel lors de l’entreposage de matières fécales. Dans tous les cas, une conception spécifique au site est fortement recommandée. [4]

Les eaux de drainage de surface et les eaux de ruissellement provenant de toits adjacents doivent être dirigées loin des zones désignées pour l’entreposage du crottin, afin de maintenir des conditions optimales. [4] Le site doit être nivelé de manière à rediriger le ruissellement de surface.

Les zones filtrantes végétalisées représentent une solution économique pour le traitement des eaux usées à la ferme, avec des coûts variables pouvant s’approcher de ceux d’une fosse septique. [4] Sinon, le lixiviat peut être recueilli et acheminé vers un réservoir de rétention ou un système de traitement. [4]

Les grandes installations d’entreposage de matières fécales contenant d’importants volumes de déjections doivent parfois recueillir le lixiviat dans un réservoir, puis le répartir périodiquement sur une bande de végétation filtrante ou l’irriguer sur un pâturage. [4] Les eaux usées peuvent être dirigées par des conduites afin d’être réparties de manière uniforme sur la bande de végétation filtrante. [4]

L’utilisation d’un bassin de décantation avant de laisser les eaux usées s’écouler sur une bande de végétation filtrante est nécessaire si des matières solides d’excréments sont présentes. [4] Il est essentiel que la végétation soit bien établie avant toute utilisation. [4]

Choisir l’emplacement du site d’entreposage des déjections

Lors du choix de l’emplacement pour l’entreposage d’un tas de crottin, il convient de garder à l’esprit les conseils suivants : [6]

  • Placez le tas sur une surface plane et sèche présentant peu de risques d’écoulement vers les eaux de surface, les dolines ou les routes.
  • Gardez le tas à proximité de l’écurie et des aires où les chevaux sont gardés et où ces derniers produisent du crottin.
  • Assurez-vous que le tas n’est pas visible à partir des lieux publics ou des résidences voisines.
  • Choisissez un endroit offrant suffisamment d’espace pour vous permettre de manœuvrer la machinerie autour du tas si nécessaire.
  • Maintenez une distance adéquate avec les sources d’eau à proximité.

Il est également important d’éviter les points suivants lors du choix d’un site d’entreposage des matières fécales :

  • N’installez pas le tas de crottin à proximité de plans d’eau comme les rivières, les ruisseaux, les lacs, les milieux humides, les sources ou les zones à risque d’effondrement du sol (gouffres).
  • Évitez les terrains vallonnés.
  • Ne choisissez pas des zones basses sujettes à l’accumulation d’eau.
  • Évitez les endroits où l’eau s’accumule après la pluie ou les secteurs situés dans une zone inondable.

Transport hors site

Lorsque les possibilités d’entreposage des déjections sont limitées, il est possible d’engager un transporteur certifié pour venir récupérer les déjections. [4] Ces transporteurs peuvent acheminer le crottin vers une installation de compostage centralisée ou l’épandre sur des terres agricoles. [4]

Il est important de se rappeler que le crottin devra tout de même être entreposé entre les visites. L’utilisation de bennes à ordure peut représenter une solution coûteuse mais viable lorsqu’on ne dispose pas de suffisamment de terrain pour l’épandage ou lorsque le compostage n’est pas envisageable. [4]

Les bennes doivent être placées sur une surface imperméable, comme du béton, afin de permettre la collecte des liquides. [4] Les contenants d’entreposage doivent également être de taille appropriée pour permettre une vidange hebdomadaire durant la saison de reproduction des mouches. [4]

Il est conseillé de placer la benne à un endroit pratique, ce qui facilite le dépôt des matières souillées d’écurie et permet aux camions d’y avoir accès, quelles que soient les conditions météorologiques.

Une autre option pour les fermes consiste à envisager de commercialiser les excréments. En effet, les propriétaires de chevaux ou de bétail peuvent vendre ou donner leur fumier (composté ou non) pour une utilisation à l’extérieur de la ferme. [4]

Les jardiniers sont souvent disposés à prendre, voire acheter, des matières fécales compostées. Les agriculteurs peuvent également être intéressés à les épandre sur leurs terres à certaines périodes de l’année.

Élimination du crottin

L’élimination directe du crottin et des matières souillées provenant des box est possible grâce à l’épandage sur les champs, à condition de disposer d’un terrain suffisamment grand et de l’équipement nécessaire, comme un épandeur de fumier. [4]

Le crottin agit comme un engrais naturel, améliorant la santé du sol et la croissance des plantes. Toutefois, l’épandage au champ d’excréments entreposés exige une gestion rigoureuse afin de minimiser les risques environnementaux. [4]

Recommandations concernant l’épandage des matières fécales

Garde les conseils suivants à l’esprit lors de l’épandage du crottin sur les pâturages de votre ferme de chevaux.

  • Épandez le crottin en fine couche : appliquez uniquement la quantité nécessaire recommandée suite aux résultats d’analyse de sol. [4]
  • Épandez les matières fécales au printemps et en été : évitez l’épandage pendant un gel ou par temps pluvieux, car cela pourrait entraîner du ruissellement. Dans ces conditions, il peut être nécessaire d’entreposer temporairement les crottin et les matières souillées provenant des box. [4]
  • N’épandez pas de crottin frais sur les pâturages qui servent au broutage des chevaux : le crottin frais peut contenir des œufs de parasites capables de survivre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Cependant, il peut être épandu sur des pâturages au repos ou utilisés par d’autres espèces. [4]
  • Évitez toute contamination des sources d’eau : n’épandez pas de matières fécales dans les plaines inondables, les zones de ruissellement saisonnier, près des têtes de puits, dans les zones à nappe phréatique élevée ou sur des pentes adjacentes à des ruisseaux et des étangs. [4]
  • Évaluez la composition des matières souillées avant l’épandage : si les matières souillées fraîches du box contiennent de la sciure ou des copeaux de bois, ajoutez un engrais azoté. Les micro-organismes risquent d’épuiser l’azote du sol en décomposant les produits ligneux, ce qui peut freiner la croissance des plantes. [14]
  • Ajoutez de l’engrais au crottin avant l’épandage : une autre option est d’incorporer l’engrais au sol après avoir épandu les matières fécales. Le crottin composté ne nécessite pas d’apport supplémentaire d’azote avant l’épandage. [14]

Prélèvement d’échantillons de sol

Pour déterminer la superficie nécessaire à l’épandage des matières fécales, il est recommandé d’effectuer des analyses de sol et de déterminer la teneur en éléments nutritifs du crottin. Cela permet d’ajuster les apports en fonction des besoins des cultures et d’éviter la surfertilisation. [15]

Une analyse de sol fournit des indications sur les propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol, aidant à identifier les carences pouvant être comblées par l’application du crottin comme engrais. [1][15][16]

Les échantillons de sol peuvent être prélevés de manière autonome, en suivant les recommandations du laboratoire, ou avec l’aide d’un conseiller agricole. [1]

Ces échantillons peuvent ensuite être analysés pour déterminer différents paramètres, notamment le pH, la teneur en matières organiques, les concentrations en azote des nitrates, en phosphore, en potassium, en calcium et en magnésium, ainsi que la présence d’oligo-éléments comme le zinc, le cuivre, le fer et le manganèse. [16]

Faites appel à votre service local de vulgarisation agricole pour interpréter les résultats d’analyse du sol et du crottin. Vous pourrez ainsi obtenir des recommandations personnalisées sur le taux d’épandage à adopter selon les besoins spécifiques de vos cultures et les conditions du sol.

Questions Fréquemment Posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur la gestion du fumier pour les chevaux :

 

Résumé

  • La gestion du crottin est un élément important pour toute ferme de chevaux. Une gestion efficace prévient la pollution environnementale, réduit la présence d'animaux nuisibles et améliore la santé des chevaux.
  • Les excréments doivent être collectés et entreposés convenablement jusqu’à leur élimination. Assurez-vous de les entreposer de manière à limiter le lessivage de nutriments dans l’environnement et à contrôler les odeurs.
  • Les méthodes courantes d'entreposage incluent l'entreposage en tas sur dalle, l'entreposage en tas et le compostage. Il est possible que les petits établissements aient à faire appel à des services de transport hors site.
  • L’épandage sur les champs transforme les matières fécales en un engrais précieux qui enrichit le sol et favorise la croissance des plantes. Des analyses de sol permettent d’adapter l'épandage aux besoins du sol.
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Références

  1. Horse Manure Management. Extension Horses. 2020.
  2. Kelly, F. Westendorf, M. FS1192: Storing Manure on Small Horse and Livestock Farms. Rutgers NJAES. 2014.
  3. Smarsh, D. Kirkland, B. Prevalent Parasites: Common Types of Equine Internal Parasites. PennState Extension. 2021.
  4. Fabian, E. Horse Stable Manure Management. PennState Extension. 2019.
  5. Smith, C. Swanson, C. Horse Manure Management. Virginia Cooperative Extension.
  6. Sakers, E., Lusk, M.G., Wickens, C., Bainum, C. SL496/SS709: Manure Composting for Small Horse Farms. University of Florida Extension.
  7. Akinnawo S.O., Eutrophication: Causes, Consequences, Physical, Chemical and Biological Techniques for Mitigation Strategies. Environmental Challenges. 2023.
  8. Hendrix M., Managing Equine Waste in a Regulatory Environment. ResearchGate. 2022.
  9. Cross, P. Reducing the Environmental Impact of Manure in 4 Steps. Equine Manure Edition. “The Great Manure Crisis of 2017”. 2017.
  10. Stormwater Best Management Practice, Vegetated Filter Strip. United States Environmental Protection Agency. 2021.
  11. Ward D. et al., Manure Storages for Small-to Medium-Size Horse Farms. OMAFRA. 2020.
  12. Keena, M. Composting Animal Manures: A guide to the process and management of animal manure compost. NDSU Agriculture. 2016.
  13. Paige, J. A Guide to Composting Horse Manure. WSU Cooperative Extension.
  14. James, R. Horse Manure Management. Ohio State University Extension. 2016.
  15. Wilson, M. Calculating manure application rates. University of Minnesota Extension. 2019.
  16. Yost, M., Cardon, G., Baker, M., Gale, J., Creech, E., Pace, M., Taylor, K., Zesiger, C., Evans, T., Miller, R. Soil Sampling Guide for Crops. Utah State University Extension. 2023.