Votre cheval âgé vous paraît-il moins à l’aise lorsqu’il se déplace? L’ostéoarthrite ou arthrose équine est fréquente chez les chevaux qui vieillissent.
L’ostéoarthrite, aussi appelée arthrose ou maladie articulaire dégénérative, est une inflammation des articulations et une dégénérescence progressive de la tunique interne du cartilage. Elle implique également des modifications aux os et aux tissus mous de l’articulation.
On pense que l’arthrite touche plus de la moitié des chevaux de plus de 15 ans. C’est aussi la première cause de boiterie chez les équidés. [1]
Les chevaux astreints à un entraînement intense, par exemple la course, peuvent développer l’ostéoarthrite plus tôt en raison de l’usure. [2]
Il n’existe pas de remède contre l’arthrite. Mais avec une gestion appropriée, de nombreux chevaux peuvent continuer à vivre confortablement et à maintenir un bon niveau de forme physique.
Un régime alimentaire équilibré qui fournit des nutriments anti-inflammatoires peut aider à favoriser la santé des articulations. De plus, des changements au programme d’exercice, des médicaments et certaines modalités de soins corporels thérapeutiques peuvent contrôler la douleur causée par l’arthrite.
Si vous soupçonnez que votre cheval souffre d’arthrite, transmettez-nous son régime alimentaire en ligne pour obtenir les conseils gratuits de nos nutritionnistes équins. Il est crucial d’aborder ce problème dès son apparition pour favoriser le confort et la mobilité du cheval.
L’arthrite chez les équidés
L’ostéoarthrite équine regroupe un ensemble de troubles caractérisés par une détérioration progressive du cartilage articulaire et d’autres parties de l’articulation. [2]
Le principal symptôme d’ostéoarthrite chez les équidés est une douleur qui se manifeste par une boiterie et mène à une perte de mobilité. Les animaux affectés peuvent d’autre part présenter de la raideur musculaire, une baisse de performance, une réticence au travail ou une enflure des articulations.
L’ostéoarthrite n’est pas la seule forme d’arthrite chez les équidés, mais c’est la plus répandue. C’est souvent ce que veulent dire les profanes lorsqu’il est question d’arthrite équine.
Les contraintes répétitives sur les articulations, comme celles imposées par les charges de travail lourdes imposées aux chevaux de performance, peuvent endommager et éroder le cartilage et conduire à l’arthrite. Chez ces chevaux, l’articulation métacarpophalangienne ou boulet est la plus susceptible d’être affectée.
Les autres formes d’arthrite incluent :
- L’arthrite septique: il s’agit d’une pathologie potentiellement fatale qui survient lorsqu’une articulation s’infecte à la suite d’une injection, d’une blessure ou d’une intervention chirurgicale. [3]
- L’arthrite traumatique: elle survient après une lésion, comme une synovite ou une inflammation de la membrane synoviale, une inflammation de la capsule articulaire, la formation d’esquilles osseuses dans l’articulation ou le ligament, ou encore les déchirures du ménisque. L’ostéoarthrite peut se développer peu à peu dans les parties touchées. [3]
Si vous soupçonnez que votre cheval souffre d’arthrite ou de troubles qui compromettent la mobilité de ses articulations, consultez un vétérinaire pour obtenir un diagnostic précis et un plan de traitement adapté.
Le diagnostic de l’ostéoarthrite chez les équidés
Pour diagnostiquer l’ostéoarthrite, le vétérinaire observe le mouvement du cheval et procède à un examen physique. Il ou elle pose des questions sur les antécédents du cheval, y compris ses régimes d’exercice actuel et antérieur. [6]
Le diagnostic se poursuit habituellement par des tests de flexion qui consistent à exercer une contrainte sur les membres. Ces tests ont pour but d’exacerber temporairement la douleur articulaire existante pour mieux la constater.
Une fois l’articulation atteinte identifiée, le vétérinaire effectue un bloc nerveux pour anesthésier une partie du membre. Après chaque bloc nerveux, on incite le cheval à se déplacer. La boiterie qui diminue après le bloc nerveux d’une certaine partie du membre permet de cerner l’articulation en cause.
Le vétérinaire prend ensuite des radiographies de l’articulation touchée. Dans certains cas, il ou elle peut recommander une échographie pour avoir une meilleure vue des tissus mous.
Une fois que le vétérinaire a déterminé l’articulation touchée et la gravité de l’affection, il ou elle est en mesure de concevoir un plan de traitement.
Les principales causes d’ostéoarthrite
Bien que les chevaux puissent développer de l’arthrite dès l’âge de deux ans, les animaux plus âgés sont plus souvent touchés en raison de l’usure cumulative des articulations.
Les causes d’arthrite chez les équidés peuvent inclure celles qui suivent :
- des chocs répétitifs constants pendant l’exercice;
- une ferrure mal adaptée;
- les traumatismes aux articulations;
- une mauvaise conformation.
La conformation de certains chevaux les prédispose à développer l’arthrite. Les équidés panards, cagneux, ou encore ceux qui ont des pâturons droits ou des jarrets clos sont plus susceptibles de souffrir d’arthrite.
Les chevaux de course et autres athlètes équins sont par ailleurs plus à risque de développer des troubles articulaires. Une étude a trouvé de l’ostéoarthrite et des lésions du cartilage articulaire chez 33 % des chevaux de course Thoroughbred âgés de 2 et 3 ans. [4]
En revanche, un régime d’entraînement approprié est nécessaire pour soutenir le développement d’articulations saines chez les jeunes chevaux. Les équidés en croissance confinés dans des stalles présentent aussi une altération de la formation du cartilage et un retard de développement des articulations. [5]
Les symptômes de l’arthrite
La boiterie est le symptôme le plus courant de l’ostéoarthrite équine, ainsi que l’enflure ou la sensibilité des articulations.
On soupçonne la présence d’arthrite lorsque l’on constate l’un des signes suivants : [6]
- l’usure asymétrique des sabots;
- des excroissances osseuses qui se développent sur une articulation;
- des allures irrégulières;
- de la chaleur dans les articulations;
- des difficultés à changer de pied au galop;
- des cliquetis ou des craquements provenant d’une articulation;
- le manque d’amplitude des foulées.
Ces symptômes ne sont pas réservés à l’ostéoarthrite. Ils peuvent aussi signaler une lésion des tissus mous, tels que les déchirures ligamentaires, ou encore une fracture osseuse.
Il faut d’abord obtenir un diagnostic précis du vétérinaire avant de choisir la meilleure stratégie pour soulager la douleur et limiter les dommages.
La prévention des problèmes articulaires
Il n’existe pas de moyen infaillible de prévenir l’arthrite chez le cheval. Mais les propriétaires peuvent prendre certaines mesures pour aider à ralentir la détérioration progressive et à préserver la mobilité de l’animal.
- L’entretien adéquat des sabots: le cheval doit recevoir régulièrement les soins du pareur ou du maréchal-ferrant. L’entretien des sabots et un bon parage soutiennent la biomécanique et aident à réduire l’effet des contraintes subies par les articulations lorsque le cheval se déplace. En revanche, une ferrure déséquilibrée ou un parage inadéquat peuvent augmenter le risque d’ostéoarthrite en modifiant la répartition des charges et en accroissant la pression exercée sur les articulations. [7]
- Inclure un conditionnement suffisant dans le programme d’exercice: les traumatismes articulaires chroniques, qui peuvent survenir lorsque le cheval est astreint à un travail lourd et exigeant, contribuent à l’apparition de la maladie dégénérative des articulations. Avant de demander au cheval de se soumettre à un entraînement intense, on le prépare progressivement en commençant par un travail de faible intensité. On augmente l’intensité et la durée des séances sur une période qui peut s’échelonner sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.
- Permettre aux jeunes animaux de faire de l’exercice: on incorpore des séances d’exercice léger dans le mode de vie des poulains. Les impacts légers durant les séances d’exercice stimulent la formation du cartilage et le développement d’une ossature saine. Cela inclut le libre accès au pâturage. La science a en effet démontré que la vie en liberté favorise un développement osseux optimal. [5]
- Maintenir un état de chair sain: le surpoids exerce un stress excessif sur les articulations. L’obésité accroît également l’inflammation dans l’organisme, ce qui peut contribuer à l’apparition de l’arthrite. En maintenant l’animal dans un état de chair sain, on diminue les risques que l’arthrite se développe. [8]
- Élaborer un régime alimentaire sain: il est important de fournir aux équidés des niveaux suffisants de calories, de protéines, de vitamines et de minéraux pour promouvoir un développement optimal des os et des articulations, ainsi que pour soutenir les chevaux atteints d’arthrite. Les principaux nutriments dont il faut tenir compte sont les acides aminés, le zinc, le cuivre, le calcium et le phosphore.
- Les suppléments pour la santé des articulations: les suppléments, comme le MSM, le DHA et l’acide hyaluronique, dont la recherche étaye les propriétés, peuvent favoriser la mobilité et la santé des articulations.
Il vaut toujours mieux prévenir que guérir! La santé articulaire optimale des jeunes équidés commence par une bonne nutrition et un programme d’exercice adapté.
Si votre cheval présente des signes d’arthrite, consultez le vétérinaire pour obtenir un diagnostic précis et contactez un nutritionniste équin pour élaborer un régime alimentaire adapté à votre animal.
Le traitement de l’arthrite chez les équidés
Avant de commencer à soigner un cheval qui souffre d’arthrite, il faut d’abord veiller à obtenir un diagnostic précis. Si le cheval boite, il importe d’identifier tout autre trouble qui peut éventuellement contribuer à la boiterie.
Certains propriétaires ont tendance à penser que l’arthrite est automatiquement responsable de la boiterie de leur cheval âgé. Or ce n’est pas nécessairement le cas. On peut aggraver la situation en omettant de cerner précisément l’origine du problème.
De nombreux troubles de santé fréquents des sabots peuvent engendrer une boiterie. Ils peuvent ou non coïncider avec des troubles articulaires.
Il faut toujours demander à un vétérinaire de procéder à un examen pour déterminer si la dégénérescence articulaire est à l’origine de la boiterie du cheval ou si ce dernier a subi un autre type de blessure.
Avec une gestion prudente, de nombreux chevaux atteints d’arthrite peuvent continuer à être montés et à participer aux disciplines sportives, bien que souvent les propriétaires doivent s’attendre à un niveau de rendement inférieur.
L’exercice des équidés souffrant d’ostéoarthrite
Certains chevaux peuvent bénéficier d’une courte période de repos en stalle pendant les crises aiguës. Cela dit, en règle générale, l’exercice régulier à faible impact stimule la santé des os et des articulations.
Les animaux atteints d’arthrite doivent pouvoir profiter de longues périodes de mise en liberté et passer le moins de temps possible dans une stalle. Il faut donc mettre le cheval en liberté aussi souvent et aussi longtemps que possible.
Le cartilage hyalin est un tissu conjonctif durable et riche en collagène que l’on trouve dans les articulations synoviales et qui facilite le mouvement. La recherche montre que le cartilage hyalin est plus épais chez les chevaux à l’entraînement que chez ceux qui ne font pas d’exercice. [9]
Une étude menée sur des chevaux âgés de deux ans a constaté une hausse de l’épaisseur du cartilage articulaire après treize semaines d’entraînement sur des pistes de sable et de turf. [9]
Une autre étude a révélé que les chevaux confinés dans des stalles présentaient un taux de synthèse des protéines du cartilage inférieur à celui des sujets soumis à un programme d’exercice pendant six semaines. [10]
Les sujets qui n’ont pas fait d’exercice ont fabriqué moins de protéoglycanes, des protéines hautement glycosylées qui forment la matrice extracellulaire du tissu articulaire.
Les mises en liberté régulières sont particulièrement cruciales pour les jeunes chevaux en croissance. Chez les poulains âgés de moins de cinq mois, le libre accès au pâturage favorise un développement optimal du système musculosquelettique. [11]
Les médicaments contre la douleur et les autres traitements pharmaceutiques
Les interventions pharmaceutiques peuvent aider à soulager la douleur et à réduire l’inflammation associée à l’ostéoarthrite. Le vétérinaire est en mesure d’élaborer un protocole de médication adapté au cheval en question.
Il ou elle peut prescrire un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) pour soulager les articulations enflammées.
La phenylbutazone
La phénylbutazone (butazone, PBZ) est un AINS couramment prescrit aux chevaux atteints d’arthrite. Il s’agit d’un inhibiteur de la cyclooxygénase.
Ce médicament bloque l’enzyme COX-1 qui produit des prostaglandines responsables de l’inflammation et de la fièvre. Cependant, la COX-1 se trouve aussi dans le tube digestif où elle joue un rôle important pour protéger les cellules gastro-intestinales des dommages causés par les acides. [12]
Bien que la butazone ait de fortes propriétés anti-inflammatoires et analgésiques (antidouleur), son emploi à long terme peut provoquer la formation d’ulcères dans le tractus gastro-intestinal.
Equioxx et Previcox
Les AINS plus récents, comme les médicaments Equioxx et Previcox, sont destinés à être plus sûrs et à présenter moins de risque d’engendrer des troubles intestinaux. On nomme ces médicaments coxibs. Ils agissent en inhibant sélectivement l’enzyme COX-2 ou cyclooxygénase-2.
La COX-2 produit également des prostaglandines, le produit chimique responsable de la douleur et de l’inflammation. En revanche, l’inhibition de la COX-2 a moins d’effet nocif sur la muqueuse qui tapisse l’estomac. L’utilisation à long terme d’Equioxx et de Previcox est moins susceptible de provoquer la formation d’ulcères. [13]
Tildren
Les chevaux souffrant de douleur distale au jarret peuvent d’autre part bénéficier du médicament TildrenMD (tiludronate disodique), un composé bisphosphonate. Ce médicament agit en inhibant la résorption osseuse pour réduire la dégénérescence des os.
La perfusion intraveineuse de tiludronate disodique chez les équidés atteints d’ostéoarthrite a amélioré les évaluations de boiterie et empêché la progression de l’ostéoarthrite. Elle n’a toutefois pas modifié les marqueurs d’inflammation articulaire ni réparé les dommages cartilagineux déjà présents. [14]
Les infiltrations intra-articulaires
Les infiltrations intra-articulaires administrées régulièrement aident à contrôler la douleur de nombreux équidés qui souffrent d’arthrite, bien que leur coût soit plus élevé. Le vétérinaire est en mesure d’évaluer si ce traitement peut convenir au cheval concerné.
Les injections intra-articulaires prennent de nombreuses formes différentes, notamment :
- les corticostéroïdes;
- l’acide hyaluronique;
- les glycosaminoglycanes polysulfatés (PSGAG);
- le PRP (plasma riche en plaquettes);
- l’antagoniste du récepteur de l’interleukine-1 (IRAP);
- l’hydrogel de polyacrylamide.
Adequan
Adequan® est un glycosaminoglycane polysulfaté (PSGAG) équin approuvé par la Federal Drug Administration américaine (FDA) pour le traitement des maladies articulaires dégénératives. En plus de diminuer la boiterie et l’enflure, Adequan® restaure la lubrification synoviale.
Les PSGAG agissent en stimulant la production de cartilage neuf dans les articulations et en réduisant l’inflammation. Les PSGAG semblent d’autre part bloquer les enzymes qui dégradent le tissu conjonctif et peuvent inverser le cycle conduisant à la perte de composants cartilagineux.
Adequan® est indiqué pour le traitement intramusculaire des dysfonctions articulaires dégénératives ou traumatiques non infectieuses et de la boiterie associée aux articulations du carpe et du jarret.
Le traitement avec Adequan® consiste à faire une injection intramusculaire de 5 cc de médicament tous les quatre jours pendant 28 jours.
Les traitements topiques
Les liniments et autres onguents topiques étaient auparavant le principal mode de traitement de l’arthrite équine. Ils occupent encore aujourd’hui une place importante dans les soins prodigués aux équidés.
Le massage avec un liniment soutient les tissus mous en augmentant l’apport sanguin aux muscles. Il aide à améliorer l’absorption des nutriments par les tissus et favorise la guérison.
Les liniments sont offerts sous différentes formes, notamment les produits liquides, les gels et les mousses. Les propriétaires de chevaux peuvent donc choisir celui qu’ils préfèrent.
Surpass
Le diclofénac sodique, commercialisé sous la marque Surpass, est un AINS topique approuvé par la FDA pour soulager les symptômes de l’ostéoarthrite.
On applique la solution topique directement sur la région touchée, comme le jarret, le genou, le boulet et les pâturons. Elle aide à soulager l’inflammation et la douleur, et favorise la mobilité. [15][16]
Autrefois disponible uniquement sur ordonnance, le diclofénac sodique est maintenant offert en vente libre. Il est néanmoins recommandé de demander conseil au vétérinaire avant d’utiliser cet AINS.
Il faut éviter le diclofénac sodique si le cheval reçoit une autre forme d’AINS, par exemple Equioxx. On doit toujours porter des gants pour manipuler le diclofénac sodique.
Le diméthylsulfoxyde
On emploie aussi le diméthylsulfoxyde (DMSO) comme anti-inflammatoire topique chez les chevaux, bien que la FDA ne l’ait pas approuvé à cette fin. On rapporte qu’il possède des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes. [17]
Les vétérinaires équins l’utilisent de manière non conforme à de nombreuses fins, y compris par voie intraveineuse dans les premiers stades de la laminite pour ralentir l’inflammation.
Bien qu’on l’emploie fréquemment pour soigner l’arthrite chez les chevaux, un nombre relativement petit d’études existe à son sujet. Celles qui sont publiées présentent des résultats contradictoires.
Une étude menée sur des chevaux présentant une inflammation articulaire induite expérimentalement a traité les sujets avec du DMSO en application topique. Elle a démontré que le composé pénétrait dans l’articulation et diminuait les marqueurs d’inflammation. Ce résultat suggère que le DMSO pourrait être bénéfique pour diminuer les mécanismes inflammatoires de l’arthrite. [18]
En revanche, des études réalisées in vitro ont révélé qu’une exposition prolongée au DMSO pourrait affecter l’activité métabolique des cellules de la capsule articulaire. [19]
On ne doit pas utiliser le DMSO sans en discuter d’abord avec le vétérinaire. Comme pour tout onguent topique, il faut toujours porter des gants pour manipuler le DMSO.
La chiropratique et l’acupuncture
L’acupuncture et la chiropratique peuvent être utiles dans la gestion de l’ostéoarthrite équine légère à modérée, selon le Dr James D. Kenney, DMV et conseiller à la clinique vétérinaire équine du New Jersey située à Millstone.
Le Dr Kenney note : « Ce sont des modalités utiles pour soulager la douleur compensatoire du haut du corps et la douleur chronique ».
Il note que d’autres modalités, notamment les thérapies par champ électromagnétique pulsé (CEMP) comme Magna Wave, ainsi que les anti-inflammatoires non stéroïdiens topiques, la capsaïcine topique et la thérapie au laser semblent aussi être utiles.
Le Dr Kenney ajoute que ces thérapies peuvent compléter les soins vétérinaires conventionnels et routiniers, mais qu’elles ne sont pas destinées à les remplacer. Les traitements auxiliaires aident à la prise en charge globale d’un cheval souffrant d’ostéoarthrite, mais ils ne sont pas un remède qui guérit la maladie.
L’acupuncture équine
Seul un petit nombre d’études ont été publiées concernant l’acupuncture chez les équidés. Une étude pilote portant sur huit chevaux sains ou souffrant d’une boiterie légère a constaté que l’acupuncture améliorait certains paramètres d’analyse des allures, ce qui suggère qu’elle pourrait améliorer le confort de l’animal. [20]
Les maux de dos chroniques chez les équidés sont un autre motif fréquent qui incite les propriétaires à tenter l’acupuncture. La dorsalgie peut découler de douleurs musculaires, d’arthrite ou des deux.
Une étude réalisée sur des chevaux souffrant de maux de dos chroniques a démontré une amélioration des signes cliniques chez dix des quatorze sujets après environ onze traitements de stimulation des points d’acupuncture au moyen d’un laser infrarouge. [21]
Les soins chiropratiques pour les équidés
Le traitement chiropratique est la modalité la plus souvent employée pour soutenir les performances, à la suite de blessures à l’encolure ou au dos, ou encore dans le cas de tensions musculaires généralisées. [22]
La science n’a pas encore étudié l’efficacité du traitement chiropratique pour soulager l’ostéoarthrite équine. Toutefois, chez les chevaux en bonne santé, le traitement chiropratique appliqué à l’encolure, au dos, au bassin et aux membres avant a amélioré l’amplitude et la symétrie des mouvements au pas et au trot.
Plus important encore, les chercheurs ont constaté une amélioration de l’amplitude des mouvements du tarse (le jarret) et du carpe (le genou), deux articulations qui peuvent développer de l’arthrite. Ces constatations suggèrent que le traitement chiropratique pourrait être un ajout bénéfique au programme de soins réguliers de l’ostéoarthrite. [23]
Les suppléments articulaires pour les équidés atteints d’arthrite
Une alimentation équilibrée principalement composée de fourrage, complétée par l’ajout adéquat de vitamines et de minéraux, est la meilleure chose que les propriétaires peuvent faire pour soutenir les articulations de leurs chevaux.
Avant de songer à se procurer des suppléments pour les articulations, il faut en premier lieu s’assurer qu’il n’y a pas de lacunes dans le régime alimentaire du cheval. Nous recommandons fortement de commencer par demander une analyse de foin.
La recherche menée chez l’humain et d’autres espèces appuie l’efficacité de plusieurs vitamines et minéraux reconnus pour soutenir la santé articulaire. Ceux-ci comprennent la vitamine E, la vitamine C et la vitamine A qui possèdent des propriétés antioxydantes.
Le zinc, le cuivre, le sélénium et le manganèse sont des oligo-éléments et des antioxydants importants qui aident à bâtir des articulations saines chez les jeunes animaux et favorisent la mobilité des équidés plus âgés.
Omneity de Mad Barn est un supplément complet de vitamines et de minéraux pour chevaux qui contient des niveaux optimaux de micronutriments essentiels pour la santé des articulations. Omneity contient des oligo-éléments sous forme entièrement organique. Il devrait constituer la base de tout régime alimentaire destiné à un cheval qui souffre d’arthrite.
Les suppléments pour les articulations équines
De nombreux suppléments articulaires offerts en vente libre ont accumulé des preuves suffisantes de leur efficacité chez les chevaux atteints d’arthrite.
Mais il y a d’autre part sur le marché des suppléments populaires qui n’ont pas accumulé suffisamment de preuves d’efficacité ou pour lesquels il n’existe aucune étude fiable chez les équidés.
Vous trouverez ci-dessous un aperçu de cinq suppléments articulaires populaires, ainsi qu’une description de ceux qui peuvent aider à garder votre animal confortable et suffisamment sain pour que vous puissiez l’utiliser.
Le méthylsulfonylméthane (MSM)
Le MSM est une source naturelle de soufre, un nutriment important pour le maintien du tissu conjonctif.
Le soufre est un composant clé de la glucosamine et du collagène, des protéines présentes dans le cartilage et les tissus articulaires. Des études réalisées en laboratoire ont démontré que le MSM protège contre l’inflammation et la dégradation du cartilage. [24]
La recherche a aussi montré que les chevaux qui recevaient du MSM subissaient moins de stress oxydatif et d’inflammation après l’exercice. [25]
La glucosamine
La glucosamine est un composé de sucre naturel qui est un élément constitutif du cartilage. Ce supplément populaire provient principalement des coquilles de crustacés lorsqu’il fait partie des ingrédients des produits pour chevaux.
Alors que la glucosamine joue un rôle dans le tissu conjonctif de l’organisme équin, sa supplémentation ne semble pas améliorer la santé des articulations. Cela peut être dû à la faible biodisponibilité de ce composé.
Les chevaux de race Standarbred qui ont reçu 4 grammes de glucosamine deux fois par jour pendant 48 semaines n’ont connu aucune amélioration des biomarqueurs clés du confort articulaire ou de la mobilité. [26]
Le sulfate de chondroïtine
Le sulfate de chondroïtine est un autre composé du sucre présent dans le cartilage qui est ordinairement associé à la glucosamine dans les suppléments articulaires.
On pense que la chondroïtine aide à entretenir le liquide synovial et à améliorer le niveau d’acide hyaluronique dans les articulations. Cependant, la recherche n’a constaté aucun effet bénéfique chez les chevaux qui reçoivent ces suppléments. [27]
Une supplémentation à forte dose de sulfate de chondroïtine et de glucosamine n’a pas modifié le niveau de ces nutriments dans le sang des chevaux, ce qui suggère que l’organisme du cheval ne les a pas assimilés. [27]
L’acide hyaluronique
L’acide hyaluronique (AH) est un composant important du liquide synovial et du tissu conjonctif. Cet ingrédient est disponible sous forme de supplément alimentaire ou d’infiltration intra-articulaire.
Les études ont démontré que les infiltrations d’AH injecté directement dans les articulations des chevaux souffrant d’ostéoarthrite améliorent la santé des articulations et diminue la boiterie. [28]
La supplémentation orale semble également être bénéfique, avec une amélioration de la composition du liquide synovial et une diminution de l’inflammation des articulations des équidés qui reçoivent de 100 à 250 mg d’AH par jour. [29][30]
Les acides gras oméga-3
Compléter l’alimentation du cheval avec des acides gras oméga-3 peut aider à réduire l’inflammation et à favoriser le confort des articulations. Les chevaux ne peuvent pas synthétiser ces acides gras polyinsaturés essentiels. Ils doivent donc provenir de leur alimentation.
Les acides gras oméga-3 aux propriétés anti-inflammatoires sont l’acide eicosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoïque (DHA). Les deux composés sont dérivés de produits marins, notamment l’huile de poisson et les algues microscopiques.
Les huiles végétales comme les huiles de lin et de caméline ne contiennent pas d’EPA ou de DHA.
Une étude menée sur douze chevaux arabes adultes et six chevaux arabes âgés de deux ans a révélé que la supplémentation en acides gras augmentait la longueur de la foulée comparativement aux sujets du groupe témoin. [31] Il s’agit de l’un des indicateurs de santé articulaire.
Une autre étude de 90 jours réalisée sur des chevaux ayant reçu un diagnostic d’arthrite a constaté que la supplémentation en EPA et DHA diminuait les niveaux de prostaglandines pro-inflammatoires. De plus, elle améliorait les concentrations de liquide synovial, suggérant un puissant effet anti-inflammatoire. [32]
Les suppléments à base de plantes
Les herbes aux propriétés anti-inflammatoires peuvent apporter un soulagement aux chevaux arthritiques, si on en croit les résultats positifs observés dans les études menées sur les humains. [33]
Néanmoins, la plupart des remèdes à base de plantes n’ont pas fait l’objet d’études suffisantes chez les équidés. Leur utilisation est fondée sur les pratiques de la médecine traditionnelle et des rapports anecdotiques d’efficacité. Les herbes trouvées dans les produits nutraceutiques pour la santé des articulations équines incluent :
- l’arbre à encens ou oliban;
- la griffe du diable ou cornaret;
- l’églantier;
- le saule blanc;
- l’achillée.
Ces herbes peuvent compléter les suppléments alimentaires et les thérapies conventionnelles étayés par la recherche, mais il est peu probable qu’elles soient efficaces par elles-mêmes.
Prendre soin d’un cheval atteint d’arthrite
Il existe de nombreuses façons de soutenir la santé articulaire du cheval en vue de soulager l’inconfort qu’entraîne l’ostéoarthrite. Un programme d’exercice et une alimentation adaptés, ainsi que des médicaments et des thérapies d’appoint appropriés, peuvent aider le cheval arthritique à demeurer mobile et à ne pas souffrir.
La détection et le traitement précoces améliorent le pronostic de cette pathologie. Lorsque l’ostéoarthrite équine est bien gérée, il est possible de maîtriser les symptômes et d’éviter la boiterie.
Les propriétaires doivent veiller à ce que leur cheval maintienne un état de chair sain et à ce qu’il reçoive régulièrement des soins pour entretenir ses sabots. De plus, il doit bénéficier d’une alimentation riche en fourrage dont la teneur en minéraux et en vitamines est bien équilibrée.
L’huile w-3, qui contient de l’acide gras oméga-3 DHA et du MSM pour soutenir les tissus articulaires et réduire l’inflammation, peut s’avérer un choix avisé.
Vous vous demandez quels sont les suppléments et les aliments qui conviennent le mieux à votre cheval? Transmettez-nous son régime alimentaire en ligne pour analyse. Nos nutritionnistes sont là pour vous prodiguer des conseils personnalisés.
Si le vétérinaire a prescrit des AINS à votre animal, renseignez-vous au sujet des médicaments sélectifs de la COX-2 qui sont moins susceptibles d’engendrer des troubles intestinaux.
Vous pouvez par ailleurs explorer des options de traitement comme les infiltrations intra-articulaires, les médicaments topiques, l’acupuncture et la chiropratique pour les chevaux qui ont besoin d’un soutien supplémentaire.
Références
- Clegg, Peter. Booth, Todd. Drugs used to treat osteoarthritis in the horse. In Practice. 2000.
- C W. McIlwraith et al. The horse as a model of naturally occurring osteoarthritis. Bone Joint Res. 2012 Nov; 1(11): 297–309.
- Brokken, Matthew, et al. Joint Disorders in Horses. Merck Veterinary Manual. Apr 2019.
- Neundorf, R.H. et al. Determination of the prevalence and severity of metacarpophalangeal joint osteoarthritis in Thoroughbred racehorses via quantitative macroscopic evaluation. Am J Vet Res. 2010.
- Logan, A.A. and Nielsen, B.D. Training Young Horses: The Science behind the Benefits . Animals. 2021.
- Rose, R.J. The diagnosis and treatment of arthritis in horses. NZ Vet J. 1983.
- Viitanen et al. Effect of foot balance on the intra-articular pressure in the distal interphalangeal joint in vitro. Equine Vet J. 2010.
- Pearson W. et al. Exploring relationships between body condition score, body fat, activity level and inflammatory biomarkers. J Anim Physiol Anim Nutr, 2018.
- Firth E.C. et al. Musculoskeletal responses of 2-year-old thoroughbred horses to early training 1. Study design, and clinical, nutritional, radiological and histological observations. NZ Vet J, 2004.
- Palmer J.L. et al. Site-specific proteoglycan characteristics of third carpal articular cartilage in exercised and nonexercised horses. Am J Vet Res, 1995.
- Van Weeren P.R. & Barneveld A. Study design to evaluate the influence of exercise on the development of the musculoskeletal system of foals up to age 11 months. Equine Vet J Suppl, 1999.
- Soma, L. et al. The use of phenylbutazone in the horse. J Vet Pharmacol Ther. 2012.
- Knych, Heather K. Nonsteroidal Anti-inflammatory Drug Use in Horses. Vet Clin North Am Equine Pract. 2017.
- Bertuglia, Andrea. Effect of intravenous tiludronate disodium administration on the radiographic progression of osteoarthritis of the fetlock joint in Standardbred racehorses. J Am Vet Med Assoc. 2021.
- Levine, D.G. et al. Effect of topical application of 1% diclofenac sodium liposomal cream on inflammation in healthy horses undergoing intravenous regional limb perfusion with amikacin sulfate. Am J Vet Res. 2009.
- Frisbie, D.D. et al. Evaluation of topically administered diclofenac liposomal cream for treatment of horses with experimentally induced osteoarthritis. Am J Vet Res. 2009.
- Schleining, JA. Reinertson, EL. Evidence for dimethyl sulphoxide (DMSO) use in horses. Part 2: DMSO as a parenteral anti-inflammatory agent and as a pharmacological carrier. AAEP. Equine Veterinary Education. December 2007.
- Smith, G. et al. Anti-inflammatory effects of topically applied dimethyl sulfoxide gel on endotoxin-induced synovitis in horses. Am J Vet Res. 1998.
- Smith, C.L. et al. In Vitro Evaluation of the Effect of Dimethyl Sulfoxide on Equine Articular Cartilage Matrix Metabolism. Vet Surg. 2004.
- Dunkel, B. et al. A pilot study of the effects of acupuncture treatment on objective and subjective gait parameters in horses. Vet Anaesth Analg. 2017.
- Martin Jr, B.B. and Klide, A.M. Treatment of chronic back pain in horses. Stimulation of acupuncture points with a low powered infrared laser. Vet Surg. 1987.
- Wilson, J.M. et al. International Survey Regarding the Use of Rehabilitation Modalities in Horses. Front Vet Sci. 2018.
- Guest, J. and Cunliffe, C. The Effects of Chiropractic Treatment on The Range of Motion of the Carpus and Tarsus of Horses. Equine Vet J. 2014.
- Butawan, M. et al. Methylsulfonylmethane: Applications and safety of a novel dietary supplement. Nutrients. 2017.
- Marañón, G. et al. The effect of methylsulphonylmethane supplementation on biomarkers of oxidative stress in sport horses following jumping exercise. Acta Vet Scand. 2008.
- Caron, J.P. et al. Serum concentrations of keratan sulfate, osteocalcin, and pyridinoline crosslinks after oral administration of glucosamine to Standardbred horses during race training. Am J Vet Res. 2002.
- Welch, C.A. et al. Plasma concentration of glucosamine and chondroitin sulfate in horses after an oral dose. J Equine Vet Sci. 2012.
- Gupta, R.C. et al. Hyaluronic acid: molecular mechanisms and therapeutic trajectory. Front Vet Sci. 2019.
- Bergin, B.J. et al. Oral hyaluronan gel reduces post-operative tarsocrural effusion in the yearling thoroughbred. Equine Vet J. 2006.
- Carmona, J.U. et al. Effect of the administration of an oral hyaluronan formulation on clinical and biochemical parameters in young horses with osteochondrosis. Vet Comp Ortho Traumatol. 2009.
- Woodward, A.D. et al. Supplementation of dietary long-chain polyunsaturated omega-3 fatty acids high in docosahexaenoic acid (DHA) increases plasma DHA concentration and may increase trot stride lengths in horses. Equine and Comparative Exercise Physiology. 2007.
- Manhart, D.R. et al. Markers of inflammation in arthritic horses fed omega-3 fatty acids. Prof Anim Sci. 2009.
- Henrotin, Y. and Mobasheri, A. Natural Products for Promoting Joint Health and Managing Osteoarthritis. Comp Altern Med. 2018.










