La gastroscopie, également appelée endoscopie gastrique, est un outil diagnostique précieux qui permet aux vétérinaires de visualiser directement l’intérieur de la partie supérieure du tube digestif d’un cheval. Cette procédure minimalement invasive utilise une caméra flexible spécialisée, appelée gastroscope, afin d’identifier des anomalies impossibles à détecter lors d’un examen physique ou d’analyses de laboratoire de routine.

La gastroscopie est généralement utilisée pour diagnostiquer le syndrome d’ulcération gastrique équin (SUGE), une pathologie courante chez les chevaux de performance, de plaisance et même chez les poulains. Elle peut également révéler d’autres problèmes gastriques, tels qu’une inflammation, des obstructions gastriques, des parasites, des tumeurs ou un retard de vidange de l’estomac.

La gastroscopie permet non seulement d’obtenir une image claire de la santé gastrique du cheval, mais aussi d’orienter la mise en place de traitements ciblés et de suivre l’évolution de la guérison. Pour les propriétaires, elle procure une tranquillité d’esprit et une compréhension concrète de l’état de santé de leur cheval. Poursuivez votre lecture pour découvrir les raisons pour lesquelles la gastroscopie est recommandée, la façon dont elle est réalisée et ce que les résultats peuvent révéler.

Gastroscopie chez le cheval

La gastroscopie consiste à introduire un endoscope, un long tube muni d’une caméra à son extrémité, dans l’estomac du cheval afin de l’examiner. Les vétérinaires utilisent le plus souvent cette procédure pour diagnostiquer les ulcères gastriques. Toutefois, elle peut aussi être réalisée dans le cadre du diagnostic d’autres affections touchant l’œsophage, l’estomac ou la partie proximale de l’intestin grêle.

De nombreux troubles gastro-intestinaux équins sont liés à des symptômes vagues et non spécifiques, tels que :

La gastroscopie est donc souvent essentielle pour établir un diagnostic définitif. Sans visualisation directe, le traitement peut s’avérer inefficace et entraîner un inconfort prolongé pour le cheval.

Utilisations cliniques

Les raisons les plus fréquentes de réaliser une gastroscopie chez le cheval incluent : [1]

Les vétérinaires utilisent également la gastroscopie pour le suivi à long terme de la santé gastrique et de la réponse au traitement. Cela est particulièrement important pour les pathologies comme les ulcères gastriques, qui présentent un taux de récurrence élevé après la fin du traitement.

Équipement

L’équipement principal requis pour une gastroscopie est un endoscope, un long tube muni d’une caméra à son extrémité qui transmet la vidéo à un oculaire ou à un écran. [1] La plupart des endoscopes utilisés en médecine équine mesurent entre 2,5 et 3 mètres (8 à 10 pi) de long.

L’endoscope possède plusieurs caractéristiques permettant au vétérinaire d’obtenir une image diagnostique. Une source lumineuse puissante éclaire les surfaces tissulaires pour garantir une vision claire. À l’extrémité du tube se trouve un mécanisme permettant au vétérinaire d’orienter la caméra dans différentes directions. Cela facilite une évaluation complète de toutes les surfaces tissulaires et aide le vétérinaire à diriger l’endoscope vers la zone à examiner. [1]

Le tube de l’endoscope comprend aussi un canal permettant au vétérinaire d’injecter de l’eau ou de l’air dans la zone d’inspection. [1] L’ajout d’eau par ce canal aide à nettoyer la lentille de la caméra en éliminant les débris. L’air, quant à lui, permet de gonfler l’estomac, évitant ainsi la présence de replis ou de zones cachées à la caméra. [2] Il peut également repousser les tissus obstruant le champ de vision.

Un second canal à l’intérieur du tube permet d’effectuer des procédures plus spécialisées. Les utilisations courantes de ce canal lors d’une gastroscopie incluent : [1][3]

  • Le passage d’une pince à biopsie : ces petites pinces permettent de prélever un échantillon de tissu pour des analyses supplémentaires.
  • Le rinçage à l’eau : l’injection d’eau sous pression dans ce canal permet au vétérinaire de nettoyer la surface des tissus.
  • L’aspiration : l’ajout d’une pompe d’aspiration permet de retirer l’excès de liquide de l’estomac ou d’enlever l’air une fois l’examen terminé.

Enfin, une gastroscopie doit être réalisée dans un endroit sécuritaire et suffisamment spacieux pour permettre au cheval, aux gens qui le manipulent et au vétérinaire de se déplacer aisément. Il est fréquent de placer le cheval dans un box de contention afin d’assurer la sécurité du personnel. Plusieurs praticiens appliquent aussi un tord-nez pour distraire le cheval pendant la procédure. [1]

Procédure

La procédure débute par la sédation du cheval, qu’on laisse ensuite tranquille jusqu’à ce que le médicament fasse pleinement effet. Généralement, le cheval est sédaté à l’endroit même où le vétérinaire pratiquera l’intervention. [1]

Trois personnes sont nécessaires pour effectuer une gastroscopie équine : une pour immobiliser le cheval, une pour introduire l’endoscope dans le naseau, et le vétérinaire qui dirige l’endoscope. [1] Dans la majorité des cas, les deux assistants sont des techniciens vétérinaires expérimentés.

Une fois le cheval sédaté, l’un des assistants peut appliquer un tord-nez ou une autre forme de contention. La personne qui introduit l’endoscope lubrifie son extrémité, puis l’insère dans un des naseaux du cheval. [1] Le premier objectif est de faire pénétrer l’endoscope dans l’œsophage. L’injection d’une petite quantité d’air ou d’eau incite le cheval à avaler, facilitant ainsi le passage de l’endoscope dans l’œsophage. [1][2]

« La gastroscopie est la seule méthode permettant de confirmer la présence d’ulcères gastriques chez le cheval. La procédure est rapide, sécuritaire, et nous offre une vue claire de la muqueuse gastrique, ce qui permet d’établir le meilleur plan de traitement. »

Dre Jennifer Skaggs, D.M.V.
Vétérinaire équin

 

Le vétérinaire confirme que l’extrémité de l’endoscope se trouve bien dans l’œsophage avant de poursuivre. L’assistant avance ensuite progressivement l’endoscope, pendant que le vétérinaire injecte une petite quantité d’air afin de faciliter sa progression. [1] Une fois l’endoscope arrivé au sphincter œsophagien, un anneau musculaire situé juste avant l’estomac, le vétérinaire utilise la mobilité de l’endoscope pour guider l’extrémité à travers le sphincter et dans l’estomac.

Une fois l’extrémité dans l’estomac, le vétérinaire injecte de l’air pour insuffler (gonfler) l’estomac et éliminer les replis pouvant obstruer la vue. [1] Au besoin, de l’eau peut être utilisée pour rincer la surface gastrique et enlever les débris. Le vétérinaire examine méthodiquement la muqueuse gastrique afin d’en observer toutes les surfaces. [1]

Dans de nombreux cas, le vétérinaire poursuit son examen en observant le duodénum, la première portion de l’intestin grêle. Cela nécessite de diriger l’extrémité de l’endoscope à travers le sphincter pylorique, entre l’estomac et l’intestin grêle, ce qui demande une bonne coordination entre le vétérinaire et l’assistant.

Une fois l’examen terminé, l’assistant retire l’endoscope jusqu’à ce qu’il soit de nouveau dans l’estomac. Le vétérinaire aspire ensuite l’air pour dégonfler l’estomac. Après le dégonflage, l’endoscope est retiré lentement, ce qui permet au vétérinaire d’examiner l’œsophage au passage. [1]

Une fois la procédure terminée, l’équipe vétérinaire réveille le cheval et s’assure de son confort.

Interprétation des résultats

L’interprétation des résultats d’une gastroscopie chez le cheval nécessite une évaluation minutieuse de la muqueuse de l’estomac, ainsi qu’une bonne compréhension du lien entre les observations et les signes cliniques de l’animal. Lorsque le vétérinaire examine les tissus, il note toute anomalie observée. Toute érosion, hémorragie ou zone d’épaississement est documentée, souvent à l’aide d’images ou de vidéos, afin de faciliter le diagnostic et le suivi au fil du temps.

Les observations peuvent inclure : [3]

L’utilisation la plus courante de la gastroscopie est l’identification et le diagnostic des ulcères gastriques non glandulaires. Les vétérinaires classent les ulcères selon une échelle qui indique la gravité de l’affection : [4]

  • Stade 0 : absence de défauts dans la muqueuse ou de zones de prolifération
  • Stade 1 : la muqueuse est intacte, mais on observe certaines zones de prolifération tissulaire
  • Stade 2 : présence d’un ou de plusieurs petits ulcères
  • Stade 3 : ulcère unique de grande taille ou lésions ulcératives étendues
  • Stade 4 : lésions étendues avec zones d’ulcération profonde

Une fois les anomalies identifiées, le vétérinaire peut recommander des traitements ciblés, comme des des inhibiteurs de la pompe à protons pour les ulcères, des ajustements alimentaires ou des changements au niveau des pratiques de gestion. Une gastroscopie de suivi peut être conseillée après le traitement pour confirmer la guérison, puisque l’observation directe de la résolution des lésions demeure l’indicateur le plus fiable de l’efficacité du traitement.

Si votre cheval cesse graduellement la médication contre les ulcères, votre vétérinaire pourrait recommander d’ajouter Visceral+ de Mad Barn à son programme alimentaire. Ce supplément est formulé pour favoriser la santé de l’estomac et de l’intestin postérieur, ainsi que pour maintenir un système immunitaire sain. Il convient donc aux chevaux qui pourraient bénéficier d’un soutien nutritionnel continu pour la muqueuse gastrique et la fonction digestive.

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Des examens diagnostiques supplémentaires peuvent s’avérer nécessaires si des lésions inhabituelles sont découvertes. Par exemple, si une masse ou une tumeur est identifiée, le vétérinaire peut prélever une biopsie (échantillon) de tissu au cours de l’endoscopie. L’échantillon est ensuite envoyé à un laboratoire de diagnostic, où des spécialistes examinent le tissu au microscope afin de déterminer s’il s’agit d’une tumeur, d’une inflammation ou d’un autre processus pathologique.

Préparation du cheval pour la gastroscopie

La plupart des vétérinaires recommandent de retirer la nourriture pendant 12 à 24 heures avant la gastroscopie. Ils peuvent aussi conseiller de retirer l’eau 4 heures avant la procédure. Cela aide à réduire la quantité d’aliments et de liquide présents dans l’estomac afin que le vétérinaire puisse évaluer l’ensemble de la muqueuse.

Consultez votre vétérinaire pour établir un horaire approprié selon ses préférences et les besoins de votre cheval. Si vous ne pouvez pas retirer la nourriture à cause de la configuration de votre ferme, il pourrait être nécessaire d’amener votre cheval à la clinique la veille de la procédure afin qu’il puisse être à jeun tel que recommandé.

Si vous devez restreindre l’accès à la nourriture à la maison, votre vétérinaire pourrait recommander l’utilisation d’une muselière fermée afin d’empêcher le cheval de manger quoi que ce soit. Il peut aussi suggérer d’enlever toute la litière du box pour éviter que le cheval en ingère. Les chevaux affamés peuvent manger de la paille, des copeaux, de la sciure ou même du crottin s’ils ne portent pas de muselière. [5] Si votre cheval prend des médicaments, demandez à votre vétérinaire s’il faut les arrêter avant la période de jeûne.

Pendant la période de restriction d’eau, assurez-vous que votre cheval n’a pas accès à des seaux, abreuvoirs ou abreuvoirs automatiques. Si possible, limitez aussi l’accès aux sources d’eau stagnante, comme les flaques d’eau, les fossés ou les étangs. La soif pourrait inciter le cheval à boire dans des points d’eau qu’il éviterait autrement pour des raisons d’hygiène.

Après la procédure, votre cheval doit se réveiller de la sédation avant de pouvoir manger. Prévoyez au moins une heure après la procédure avant de lui offrir son premier repas. [5] S’il ne dispose pas d’un temps de réveil suffisant, il risque de souffrir d’une obstruction œsophagienne en raison d’une mauvaise coordination de ses muscles de déglutition.

Complications

Des complications peuvent survenir à la suite d’une gastroscopie. La complication la plus fréquente est une irritation des tissus tapissant les fosses nasales, l’œsophage, l’estomac et le duodénum. [1] Cette irritation se résorbe généralement d’elle-même sans nécessiter d’intervention supplémentaire. [6]

Les saignements de nez causés par des dommages accidentels aux cornets ethmoïdaux, des tissus fortement vascularisés de la fosse nasale, sont également relativement fréquents. [1] La plupart des chevaux se rétablissent sans problème à la suite de ce type de complication. [6] Dans de rares cas, la perte de sang peut être suffisamment importante pour nécessiter une transfusion sanguine. [6]

Les complications les plus graves comprennent les coliques ainsi que les ruptures œsophagiennes et gastriques. Les coliques survenant suite à une gastroscopie sont généralement attribuées à l’air utilisé pour gonfler l’estomac, qui peut causer un inconfort s’il n’est pas bien évacué. Environ 3 % des chevaux souffrent d’un épisode de colique après une gastroscopie, et la majorité de ces cas se résolvent avec des analgésiques ou de la marche en main. [7]

Toutefois, des cas de volvulus (torsion) de l’intestin grêle ont été signalés après une gastroscopie. Ceux-ci nécessitent généralement une intervention chirurgicale pour être traités. [6]

Aucune rupture œsophagienne ou gastrique n’a été rapportée chez le cheval, mais elles ont été observées chez l’humain lors de procédures similaires. [6] Une rupture œsophagienne peut survenir si le tissu œsophagien présente déjà des lésions, entraînant une déchirure au passage de l’endoscope. Une rupture gastrique peut se produire si l’estomac est gonflé excessivement durant la procédure. [6]

Questions Fréquemment Posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur l’invagination intestinale chez le cheval :

Résumé

La gastroscopie consiste à introduire une caméra dans l’estomac du cheval afin d’en évaluer la muqueuse.

  • La gastroscopie aide à diagnostiquer les affections gastriques, telles que les ulcères
  • L’examen gastroscopique dure généralement entre 15 et 30 minutes et fournit des résultats en temps réel
  • La procédure n’est pas douloureuse pour le cheval et elle est sécuritaire, les complications graves étant rares
  • Prévoyez un jeûne de 12 à 24 heures avant la procédure
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Références

  1. Costa. L. R. R. and Paradis. M. R. Manual of Clinical Procedures in the Horse. Wiley Blackwell, Hoboken. 2018.
  2. Lock. T. Equine Gastroscopy: A Complete Perspective. Veterinary Practice. 2009.
  3. Slovis. N. M. Atlas of Equine Endoscopy. Mosby, St. Louis, Mo. 2004.
  4. Wise. J. C. et al. Interobserver and Intraobserver Reliability for 2 Grading Systems for Gastric Ulcer Syndrome in Horses. Journal of Veterinary Internal Medicine. 2021.
  5. Gastroscopy Preparation. Total Equine Veterinary Associates.
  6. Rubio-Martinez. L. M. and Hendrickson. D. A. Complications in Equine Surgery. Wiley Blackwell, Hoboken. 2021.
  7. Spanton. J. A. et al. A Clinical Audit of the Prevalence of Colic in the 48 Hours after Gastroscopy in 436 Horses. Equine Veterinary Education. 2020.