L’équilibre du sabot chez le cheval désigne la forme de la boîte cornée et son alignement avec les structures internes sensibles du pied et la colonne osseuse du membre.

Lorsqu’un sabot est correctement équilibré, il transmet les forces du sol uniformément dans le membre, réduisant le stress exercé sur les articulations, les tendons et les ligaments pendant le mouvement. Lorsque les sabots sont déséquilibrés, les déformations structurelles peuvent entraîner une boiterie, des blessures musculosquelettiques et des problèmes de locomotion à long terme.

L’équilibre de la boîte cornée est influencé par de multiples facteurs, notamment la biomécanique, la conformation, la posture ainsi que le parage ou le ferrage. La nutrition, l’environnement et la santé métabolique influencent également l’équilibre et l’intégrité structurelle du sabot.

Dans cet article, vous apprendrez comment les maréchaux-ferrants évaluent l’équilibre du sabot sur le terrain et explorerez le rôle que jouent la biomécanique, la conformation et la posture dans le maintien d’un sabot sain.

Équilibre du sabot chez le cheval

La boîte cornée est le revêtement extérieur dur et kératinisé du pied du cheval. Elle protège et soutient les os et les tissus mous sous-jacents, fournit une base stable pour le soutien du poids et répartit uniformément les forces du sol dans le membre.

Une boîte cornée équilibrée favorise une répartition uniforme du poids et un bon alignement des membres chez les chevaux au repos et en mouvement. Un sabot est considéré comme équilibré lorsque sa forme et sa structure externes s’alignent harmonieusement avec les caractéristiques anatomiques internes et la conformation générale des membres du cheval. [1]

Les caractéristiques d’un sabot équilibré comprennent : [1][2][3]

  • Alignement correct du sabot et du paturon : L’axe sabot-paturon (ASP) est adéquat et les angles palmaires ou plantaires (AP) sont appropriés, ce qui permet un alignement optimal de la troisième phalange par rapport au sol.
  • Répartition uniforme du poids : Le poids est réparti uniformément de l’avant vers l’arrière et d’un côté à l’autre (médiolatéralement), ce qui positionne le centre de rotation (CR) au centre de la boîte cornée.
  • Stress structurel réduit au minimum : Le stress exercé sur les structures essentielles, notamment l’articulation interphalangienne distale, l’os naviculaire, les ligaments et les tendons, est réduit au minimum, ce qui favorise une absorption efficace des chocs, une locomotion fluide et un risque moindre de blessure.

La boîte cornée est une structure élastique dynamique qui croît et se régénère continuellement, mais sa forme peut se déformer ou être endommagée dans certaines conditions. [2] De tels déséquilibres augmentent le stress exercé sur les tendons, les ligaments et les articulations, entraînant une mise en charge inégale, une modification de la mécanique de la démarche et, avec le temps, une boiterie ou des problèmes locomoteurs chroniques. [1]

Bien que les problèmes de sabots aient des répercussions sur le système musculosquelettique et la posture, des problèmes musculosquelettiques ou posturaux préexistants peuvent également contribuer à la déformation de la boîte cornée. [4] Pour cette raison, il est essentiel d’évaluer le cheval dans son ensemble lorsqu’on cherche à maintenir ou à rétablir un bon équilibre et une bonne conformation des sabots.

Des soins réguliers des sabots par le maréchal-ferrant, notamment le parage, le ferrage et l’équilibrage, sont essentiels pour maintenir une forme et un équilibre optimaux des sabots. La nutrition, les sorties et la gestion de l’environnement jouent également un rôle important dans le maintien de sabots en santé.

Morphologie & conformation du sabot

L’équilibre du sabot doit être considéré dans le contexte de deux facteurs interdépendants : la morphologie du sabot (la forme du sabot) et la conformation (l’alignement des membres). Ces éléments déterminent la façon dont le sabot gère les forces qui s’exercent sur lui, notamment la force de réaction au sol (FRS) et le poids corporel du cheval. [2][3]

  • Morphologie du sabot décrit la forme externe tridimensionnelle de la boîte cornée, notamment les angles, la longueur, la largeur et la concavité, et détermine la façon dont les forces du sol entrent en contact avec le pied et le mettent en charge.
  • Conformation décrit l’alignement postural des os et des articulations du membre, de l’épaule ou de la hanche jusqu’au sabot en passant par le paturon, et détermine la façon dont le poids corporel et les forces de réaction se transmettent dans le membre.

Qu’il soit immobile ou en mouvement, le sabot doit gérer deux forces opposées : la force descendante exercée par le poids corporel du cheval et la force ascendante de réaction au sol (FRS) générée au moment de l’impact.

  • Poids corporel : La charge du poids corporel du cheval est transmise vers le bas par ses membres jusqu’aux sabots, puis au sol.
  • Force de réaction au sol (FRS) : Lorsque le sabot frappe le sol, celui-ci exerce en retour une force égale et opposée. Au repos, la FRS est égale au poids corporel, mais pendant le mouvement, cette force augmente avec la vitesse et l’élan du cheval. Le centre de pression (CP) est le point du sabot où se concentre la FRS, et il se déplace au cours de la foulée du cheval ainsi qu’avec les oscillations posturales du corps lorsqu’il est immobile. [5][6][7][8]

Un sabot équilibré est essentiel pour absorber et redistribuer ces forces, ce qui réduit les contraintes exercées sur les tendons, les ligaments et les articulations.

Pour y parvenir, il faut : [1][2]

  • Une capsule du sabot uniforme (morphologie) : Prévient les points de pression en répartissant uniformément les forces de réaction du sol sur la sole
  • Un bon alignement du membre (conformation) : Permet aux forces de se transmettre à travers la colonne osseuse du membre sans créer de torsion ni d’effet de levier sur les tendons, les ligaments ou les articulations

En évaluant et en corrigeant à la fois la conformation et la morphologie, vous veillez à ce que le sabot fonctionne comme une interface efficace entre le sol et le membre, ce qui réduit le risque de blessure et favorise une bonne santé locomotrice à long terme. [2][3]

Anatomie du sabot

Comprendre l’équilibre du sabot exige de bien connaître l’anatomie de la capsule du sabot et ses structures internes. Le sabot du cheval est composé de plusieurs tissus spécialisés conçus pour supporter le poids, absorber les chocs et permettre une locomotion efficace.

Les principales structures anatomiques comprennent : [2]

  • Paroi du sabot : Structure externe dure et kératinisée qui supporte le poids, protège les tissus internes et transmet les forces du sol au membre.
  • Sole : Partie inférieure concave de la capsule du sabot qui protège et soutient les structures internes.
  • Fourchette : Coussin triangulaire et flexible sous le sabot qui contribue à l’absorption des chocs, à l’adhérence et à la circulation sanguine.
  • Os du pied (phalange distale ou P3) : Principal os situé dans la capsule du sabot, essentiel au bon alignement structurel et au soutien du poids.
  • Os naviculaire (sésamoïde distal) : Petit os situé derrière l’os du pied qui agit comme une poulie pour les tendons, réduisant la tension pendant le mouvement.
  • Coussinet digital : Coussin fibrocartilagineux situé au-dessus de la fourchette qui absorbe les impacts et protège les structures internes du sabot.
  • Cartilages latéraux : Structures cartilagineuses flexibles situées de chaque côté de l’os du pied qui assurent la stabilité et répartissent les forces pendant la mise en charge.
  • Lamelles : Couches de tissus sensibles qui relient solidement la paroi du sabot à l’os du pied, maintiennent l’alignement structurel et préviennent le déplacement.
  • Ligne blanche : Jonction entre la paroi du sabot et la sole qui sert de repère externe pour l’attache et l’intégrité des structures internes du sabot.
  • Tendon fléchisseur profond du doigt (TFPD) : Tendon qui s’attache sous l’os du pied et permet la flexion du membre ainsi qu’une bonne biomécanique du sabot.

 

Caractéristiques d’un sabot sain

Un pied équin sain se caractérise par les éléments structurels suivants : [9]

  • Une capsule du sabot solidement attachée aux structures internes sensibles par des lamelles robustes et une ligne blanche bien serrée
  • Une sole robuste qui protège les tissus internes contre les impacts avec le sol
  • Une fourchette bien développée qui contribue à la circulation, à la proprioception et à l’absorption des chocs

Chacune de ces structures joue un rôle dans le support de la charge et la protection des structures internes du pied. L’absorption efficace des chocs et la dissipation de l’énergie dans le sabot proviennent du partage de la charge entre les structures. [2] Toute structure ou tout tissu individuel soumis à une part excessive de la charge totale reçoit une circulation sanguine réduite en raison de la compression et peut subir une usure excessive de la partie externe du sabot. À l’inverse, les structures insuffisamment chargées et celles qui subissent moins d’usure ont tendance à s’allonger et à s’écarter de leur position idéale, ce qui contribue aux déformations et à une charge inégale. [3]

Remarque : Bien qu’un sabot bien équilibré soit souvent associé à la symétrie, les recherches montrent qu’un certain degré d’asymétrie est normal, tant dans la forme de l’os du pied que dans l’alignement des membres. [2][10] Dans ce contexte, une symétrie absolue peut représenter un idéal irréaliste, et de légères asymétries peuvent tout de même être compatibles avec un pied sain, fonctionnel et équilibré. [9]

Boîte cornée

La boîte cornée est composée de cellules spécialisées de kératine aux propriétés élastiques qui lui permettent de se déformer légèrement sous la charge et de reprendre sa forme initiale lorsque la charge est retirée. Cela crée un effet de ressort naturel qui contribue à l’absorption des chocs et à la dissipation de l’énergie. [2]

La forme de la boîte cornée procure une stabilité exceptionnelle sur diverses surfaces et dans différentes positions d’appui. Sa structure résiste aux forces de torsion tout en absorbant efficacement les impacts, ce qui protège les structures internes pendant le mouvement. [2]

 

Paroi du sabot

La paroi du sabot est principalement composée de structures cylindriques appelées tubules. Les tubules de la paroi sont structurellement les plus solides lorsqu’ils sont chargés sur leurs extrémités en position verticale, de la couronne jusqu’à la surface du sol. [1]

La paroi du sabot supporte une partie de la charge et contribue à soutenir le poids de la colonne osseuse. Un effet de levier ou une compression excessive peut entraîner une flexion et une déformation des tubules, particulièrement si la paroi du sabot devient trop longue. [1][11]

Cela peut entraîner une déviation des tubules par rapport à leur alignement idéal, ce qui peut ultimement étirer la ligne blanche — la jonction flexible entre la sole et la paroi. [2]

 

Voici quelques exemples de déviation des tubules :

  • Évasement : Courbure vers l’extérieur de la paroi du sabot, souvent causée par un stress latéral excessif ou un point de bascule retardé, qui affaiblit l’intégrité structurelle du sabot.
  • Concavité : Déformation concave le long de la paroi du sabot, généralement sur la face dorsale, causée par une répartition inégale du stress ou par une conformation caractérisée par une pince longue et des talons bas.
  • Talons fuyants : État dans lequel les tubules du talon poussent vers l’avant plutôt que vers le bas, réduisant le soutien du talon et modifiant la surface portante du sabot, souvent associé à une surcharge chronique ou à un parage inadéquat.

Lamelles

Les lamelles épidermiques insensibles de la paroi du sabot sont reliées aux lamelles dermiques sensibles à la surface de la troisième phalange. Ces structures jouent un rôle important dans l’absorption des chocs et le soutien de la troisième phalange à l’intérieur de la boîte cornée. [2]

Lorsque la boîte cornée est bien alignée avec la troisième phalange, les lamelles résistent fortement aux forces de cisaillement normales qui se produisent pendant la mise en charge. Toutefois, si la boîte cornée se déforme ou s’éloigne de l’os sous l’effet d’un levier excessif, les lamelles deviennent vulnérables aux forces de déchirement. [2]

La santé et la résistance des lamelles sont également influencées par des facteurs systémiques, particulièrement le statut métabolique et nutritionnel. Un sabot dont les lamelles sont affaiblies est plus susceptible de présenter des déformations morphologiques, comme l’évasement, tandis que des lamelles solides contribuent à l’intégrité globale du sabot. [2]

Que l’évasement se produise à la pince ou aux quartiers, une ligne blanche chroniquement étirée peut indiquer un affaiblissement lamellaire sous-jacent ou les premiers stades de la fourbure, ce qui justifie un examen plus approfondi des facteurs systémiques contributifs. [2]

Cartilages latéraux et coussinet digital

Lorsque l’équilibre est adéquat, les structures de la boîte cornée travaillent de concert avec les tissus mous internes situés à l’arrière du pied — plus précisément les cartilages latéraux et le coussinet digital. Lorsqu’elles sont bien développées, ces structures peuvent représenter plus de la moitié du volume total du sabot. [12][13][14]

Les cartilages latéraux sont de minces plaques de cartilage flexibles qui s’étendent des côtés de la troisième phalange pour former la partie externe du bulbe du talon. Ils jouent un rôle important dans le mouvement latéral des talons, permettant à chaque talon de bouger indépendamment, en particulier lorsque le cheval tourne ou se déplace sur un terrain irrégulier. Cette souplesse aide à absorber les impacts et réduit la tension exercée sur les ligaments collatéraux situés plus haut dans le membre. [2]

 

Le coussinet plantaire est situé entre les cartilages latéraux, juste au-dessus de la fourchette. Il recouvre le point d’insertion où le tendon fléchisseur profond du doigt s’attache à la troisième phalange.

Cette structure est fortement vascularisée, ce qui contribue à la circulation dans le sabot et lui permet d’agir comme un amortisseur hydraulique pendant le mouvement. La santé de cette structure contribue également au bon équilibre du sabot. [14]

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Comment les maréchaux-ferrants évaluent l’équilibre du sabot

Les maréchaux-ferrants évaluent l’équilibre du sabot en examinant sa forme et son alignement lorsque le cheval est immobile et lorsqu’il se déplace.

Ces deux aspects sont appelés équilibre statique lorsque le cheval est immobile et équilibre dynamique lorsque le cheval est en mouvement. Une évaluation précise des deux est essentielle pour assurer des soins optimaux des sabots.

L’évaluation de l’équilibre du sabot exige une compréhension détaillée de la façon dont les structures externes du sabot sont liées à l’anatomie interne et de la manière dont les forces sont réparties dans le membre.

Diverses méthodes sont utilisées sur le terrain et en clinique pour évaluer l’équilibre d’un point de vue statique et dynamique, ce qui aide à repérer les zones potentielles de stress, de déformation ou de dysfonctionnement.

Ces méthodes comprennent : [1][3]

Équilibre statique

  • Axe sabot-paturon (HPA) : Évalue l’alignement entre la face antérieure de la paroi du sabot et le paturon afin de vérifier le bon alignement du membre.
  • Angle palmaire/plantaire (PA) : Mesure l’inclinaison de l’os du pied par rapport au sol, souvent en lien avec la hauteur des talons et le développement des tissus mous.
  • Centre de rotation (COR) : Évalue l’équilibre entre la pince et le talon en déterminant le point médian de la mécanique de mouvement du sabot.
  • Équilibre médiolatéral : Examine la symétrie d’un côté à l’autre et la hauteur des talons lorsque le cheval est à l’arrêt afin de détecter un déséquilibre ou une déformation (p. ex., des talons fuyants).

Équilibre dynamique

  • Schéma d’appui : Observe la façon dont le sabot entre en contact avec le sol aux différentes allures (p. ex., appui du talon en premier ou de la pince en premier).
  • Appui médiolatéral : Évalue si un côté du sabot touche le sol en premier, particulièrement au pas ou dans les virages, afin de repérer les déséquilibres latéraux.

Évaluation de l’équilibre statique

L’équilibre statique désigne l’alignement et la symétrie du sabot lorsque le cheval est à l’arrêt. Il consiste à évaluer la forme de la boîte cornée par rapport aux structures internes du pied ainsi que l’alignement de la colonne osseuse du membre avec le sol.

Les maréchaux-ferrants et les vétérinaires évaluent l’équilibre statique à l’aide de repères visibles sur le sabot et le membre, ainsi que de mesures précises qui reflètent la répartition du poids. Celles-ci comprennent l’axe sabot-paturon, l’angle palmaire/plantaire et la symétrie médiolatérale.

En évaluant systématiquement ces caractéristiques, les professionnels des soins des sabots peuvent orienter les décisions relatives au parage et au ferrage et contribuer au maintien de la santé locomotrice à long terme.

Axe sabot-paturon et angle palmaire/plantaire

L’axe sabot-paturon (HPA) peut être estimé en évaluant l’alignement externe de la paroi dorsale (avant) de la boîte cornée par rapport à l’angle du paturon. Idéalement, la paroi du sabot et le paturon devraient former une ligne droite et continue. [1]

Le HPA est souvent corrélé à une autre mesure importante appelée l’angle palmaire ou plantaire (PA). Le terme « palmaire » désigne les pieds antérieurs, tandis que le terme « plantaire » désigne les pieds postérieurs. Le PA est l’angle formé entre le sol et le bord solaire (inférieur) de l’os du pied. [2][15]

Comme l’ASP, l’AP est influencé par la santé et le développement des structures de tissus mous à l’arrière du pied. [16] Un coussinet digital bien développé et des cartilages latéraux solides sont généralement associés à un angle palmaire idéal et à un ASP bien aligné. [15][17]

La façon la plus précise d’évaluer l’ASP et l’AP consiste à utiliser des radiographies (rayons X) pour examiner l’alignement des os de la partie inférieure du membre.

Lorsque l’ASP est désaligné, l’angle de la paroi du sabot ne correspond pas à celui du paturon. Si l’angle est trop prononcé, on parle d’un axe sabot-paturon brisé vers l’avant. Si l’angle est trop faible, on parle d’un axe sabot-paturon brisé vers l’arrière. [1][3]

Un AP faible et un ASP brisé vers l’arrière se présentent souvent sous forme de talons bas ou fuyants avec une pince longue. Ces sabots peuvent aussi présenter des coussinets digitaux et des cartilages latéraux faibles ou comprimés en raison d’une charge excessive. [3]

Un AP élevé et un ASP brisé vers l’avant se présentent généralement sous forme d’une boîte cornée avec des talons hauts, souvent accompagnée de structures faibles à l’arrière du pied, comme une fourchette atrophiée et des talons contractés. [1][15]

Cette conformation se développe souvent lorsque le cheval évite de poser les talons en premier ou déplace son poids vers la pince lorsqu’il est debout. [3] Ces pieds peuvent aussi présenter une usure accrue à la pince en raison d’une répartition inégale de la charge. [18]

Centre de rotation (CDR) de l’articulation du pied

Le centre de rotation (CDR) désigne le point de pivot autour duquel l’articulation du pied bouge pendant la foulée. Il peut être estimé sur le terrain par les professionnels des soins du sabot à l’aide de repères externes, ou plus précisément par un vétérinaire au moyen de rayons X.

L’évaluation du CDR consiste à examiner le sabot de l’avant vers l’arrière par rapport au membre. Dans un sabot bien équilibré, la distance entre la pince (point de bascule) et le talon est répartie uniformément autour du CDR, soit 50 % à l’avant et 50 % à l’arrière. [3]

Cet équilibre permet une bascule plus rapide et réduit le stress sur l’articulation interphalangienne distale pendant le mouvement.

 

L’évaluation du CDR est également un moyen important de repérer une déformation de la boîte cornée. Comme la boîte cornée est une structure unique et rigide, les talons sont souvent tirés vers l’avant lorsque la pince devient trop longue. Cela déplace le CDR vers l’avant et perturbe l’équilibre du sabot.

Une longueur excessive de la pince augmente le stress sur plusieurs structures internes, qui sont toutes des sites courants de boiterie liée au pied : [3]

  • Articulation interphalangienne distale
  • Os naviculaire
  • Ligaments du sabot
  • Tendon fléchisseur profond du doigt

Équilibre statique médiolatéral

L’équilibre médiolatéral désigne la symétrie latérale du sabot lorsqu’il est vu de face.

Dans un pied bien équilibré, les deux talons se développent uniformément et la boîte cornée semble centrée sous la colonne osseuse du membre. La paroi du sabot devrait présenter des quartiers relativement droits, avec un minimum d’évasement ou de déformation. [1][18]

Dans un pied déséquilibré, un talon supporte généralement plus de poids et devient usé ou comprimé, tandis que le talon opposé, qui supporte moins de poids, semble plus long et moins comprimé. [3]

Un sabot présentant un mauvais équilibre médiolatéral est souvent décrit comme ayant des talons cisaillés. Cette affection peut également entraîner des évasements de la paroi au niveau des quartiers, des fissures du sabot, des talons fuyants et un risque accru de lésions des ligaments collatéraux du membre. [1][5]

Évaluation de l’équilibre dynamique

L’équilibre dynamique désigne la façon dont le sabot fonctionne pendant le mouvement. Son évaluation est plus complexe que celle de l’équilibre statique, mais elle est tout aussi importante pour comprendre comment les forces sont réparties dans le pied aux différentes allures.

Des recherches récentes ont utilisé des études sur la conformation du sabot et une analyse sur plaque de pression pour examiner la façon dont le poids est réparti sur le sabot pendant le mouvement. [19] Cette méthode permet d’identifier les points de pression et les schémas d’appui au sol aux différentes allures.

Schémas d’appui au sol

Un sabot bien développé et équilibré se pose généralement à plat ou légèrement sur les talons au pas, et systématiquement sur les talons aux allures plus rapides comme le trot ou le galop. [17]

Ce type d’appui maintient l’angle palmaire aligné avec le sol au moment de l’impact, ce qui favorise un bon alignement de la colonne osseuse et permet une absorption efficace des chocs. Cela réduit les contraintes exercées sur les articulations, les tendons et les ligaments, diminuant ainsi le risque de blessure. [17]

Une pince longue peut perturber cet équilibre, ce qui amène souvent le cheval à se poser d’abord sur la pince. Cela augmente le temps d’appui et retarde le basculement du pied.

Comme les structures d’absorption des chocs se trouvent à l’arrière du pied, les appuis sur la pince réduisent également la dissipation des chocs et augmentent les contraintes mécaniques. Avec le temps, cela peut endommager l’arrière du sabot et créer une tension sur les tendons fléchisseurs lorsque le pied quitte le sol. [2][11][14]

Équilibre dynamique médiolatéral

L’équilibre dynamique médiolatéral désigne la symétrie latérale de la façon dont le sabot se pose pendant le mouvement; plus précisément, il indique si un côté du sabot entre en contact avec le sol avant l’autre.

On croyait autrefois couramment que les deux talons devaient toucher le sol en même temps pendant une foulée, créant ce qu’on appelle un « atterrissage à plat ». Cependant, des recherches plus récentes montrent que de nombreux chevaux atterrissent naturellement d’abord sur le talon extérieur (latéral), surtout au pas. À mesure que le cheval se déplace plus rapidement, l’atterrissage devient plus centré. [4]

 

Il est important de noter que tous les chevaux ne sont pas bâtis de la même façon. Certains présentent des asymétries naturelles dans la structure de leurs membres qui rendent un atterrissage parfaitement à plat physiquement impossible. Dans ces cas, tenter de parer le sabot pour forcer la symétrie peut en fait causer des dommages, en imposant une contrainte inégale aux articulations, aux tendons et aux ligaments, surtout à des vitesses plus élevées, lorsque les forces d’impact sont les plus importantes. [18]

Au lieu de viser une symétrie parfaite, les professionnels des soins des sabots devraient évaluer le mouvement naturel de chaque cheval et travailler à soutenir son équilibre individuel, afin d’aider à réduire le stress sur le membre et à favoriser la santé locomotrice à long terme.

Facteurs qui contribuent au déséquilibre du sabot

Lorsque le pied d’un cheval est déséquilibré, il est important de comprendre d’abord pourquoi. L’identification de la cause sous-jacente permet à l’équipe de soins de prendre des décisions éclairées qui favorisent la santé locomotrice à long terme plutôt qu’une amélioration temporaire.

Le déséquilibre du sabot découle rarement d’une seule cause. Il résulte plutôt généralement de plusieurs facteurs qui influencent la croissance du sabot, la façon dont il supporte le poids et sa réaction aux forces mécaniques. Certains de ces facteurs sont intrinsèques — liés à l’anatomie ou au mouvement du cheval — tandis que d’autres sont extrinsèques, comme l’environnement, la gestion ou la technique de maréchalerie.

Bien que le rôle du professionnel des soins des sabots soit de maintenir ou de corriger l’alignement des sabots, la mémoire musculaire et la coordination du cheval pendant la locomotion sont adaptées à des mouvements précis. Apporter des corrections soudaines ou importantes au sabot peut perturber ces mouvements, entraînant de l’inconfort ou même des blessures. [2]

Un maréchal-ferrant compétent peut tenter progressivement, sur plusieurs parages, de réaligner la boîte cornée avec la colonne osseuse, afin de permettre au cheval de s’adapter aux changements. Si la déformation persiste après la mise en place des interventions, il est nécessaire de déterminer si le problème provient d’une autre partie du corps afin de le résoudre complètement.

C’est pourquoi les maréchaux-ferrants qualifiés adoptent souvent une approche progressive, en apportant de légers ajustements sur plusieurs cycles de parage afin de réaligner la boîte cornée avec la colonne osseuse et de permettre au cheval de s’adapter. Toutefois, si la déformation du sabot persiste après l’intervention, cela peut indiquer un problème provenant d’une autre partie du corps.

Dans ces cas, une évaluation plus complète est nécessaire pour déceler les facteurs contributifs, comme une mauvaise posture, une asymétrie naturelle ou des déformations des membres.

Posture

Une posture saine chez le cheval se caractérise par l’alignement vertical des quatre membres, une ligne du dessus détendue et une position neutre de la tête et de l’encolure. Lorsqu’un cheval ressent de la douleur ou de l’inconfort, il modifie souvent sa posture pour compenser, en redistribuant son poids d’un côté à l’autre ou de l’avant vers l’arrière afin de soulager le membre ou la région touchés.

Voici des exemples courants de postures compensatoires : [20]

  • Posture resserrée : Membres placés trop près les uns des autres, aussi appelée posture de « chèvre sur un rocher ».
  • Posture écartée : Membres placés plus loin l’un de l’autre que la verticale, ce qui indique souvent une réticence à supporter pleinement le poids.
  • Membre pointé : Extension d’un membre antérieur vers l’avant afin de réduire la pression exercée sur celui-ci.
  • Port de tête élevé avec une encolure raide : Souvent associé à un inconfort du dos ou des membres, ce qui limite la capacité du cheval à déplacer son poids confortablement.

 

Lorsqu’un cheval adopte une posture compensatoire, la répartition du poids dans le pied se modifie, ce qui exerce une pression inégale sur les sabots. Des structures du sabot autrement saines peuvent alors devenir soumises à une tension, comprimées ou déformées. [8]

Les recherches montrent également que les chevaux qui compensent un inconfort présentent une augmentation des oscillations posturales et une diminution de la stabilité. Au fil du temps, ces légers ajustements posturaux peuvent entraîner des asymétries, des schémas d’usure anormaux et des tensions des tissus mous dans l’ensemble du membre.

Il a été démontré que le renforcement des muscles du tronc par l’exercice améliore l’équilibre et réduit les oscillations. Une étude a révélé qu’une amélioration de la stabilité du tronc aidait les chevaux présentant une boiterie du genou provoquée à répartir leur poids plus uniformément sur leurs membres. [21]

Une bonne stabilité du tronc améliore également la proprioception et le contrôle neuromoteur, qui sont importants pour prévenir les blessures aux membres et maintenir une bonne posture. [22]

Asymétrie naturelle

La latéralité, ou préférence latérale chez le cheval, désigne la tendance naturelle d’un cheval à utiliser davantage un côté de son corps que l’autre. Cette tendance est souvent congénitale, mais elle peut être influencée par le développement en début de vie, les asymétries devenant plus visibles à mesure que le cheval mûrit. [18]

La cause sous-jacente de la latéralité peut découler de différences dans la structure osseuse, le développement musculaire, la tension des tissus conjonctifs ou le contrôle neuromusculaire. Des facteurs environnementaux et de gestion peuvent également renforcer ces préférences.

La posture au pâturage est un exemple de latéralité. De nombreux chevaux mettent habituellement plus de poids sur un membre antérieur lorsqu’ils broutent. Il s’agit généralement du côté préféré ou dominant du cheval. Cette préférence latérale se manifeste souvent aussi dans les schémas de mouvement et la mise en charge des membres pendant l’exercice.

posture du cheval au pâturage Posture du cheval au pâturage

La latéralité affecte également la taille et la forme des pieds. Le pied qui supporte davantage de poids tend à devenir plus plat et plus évasé avec le temps, présentant souvent un axe du paturon plus bas et des talons plus larges. [18]

À l’inverse, le membre opposé, qui est maintenu derrière la verticale et supporte moins de poids, développe généralement un axe du paturon plus incliné ainsi que des talons plus étroits et plus droits. Cette répartition inégale du poids est communément appelée une conformation des sabots « haut-bas ». [18]

Il est important de noter que la tendance du cheval à mettre davantage de poids sur le pied plus bas et plus évasé n’indique pas nécessairement de la douleur. Elle reflète plutôt une préférence naturelle en matière de posture et de mouvement.

Cependant, avec le temps, cette asymétrie habituelle peut déplacer le centre de pression (COP), ce qui entraîne une augmentation du stress mécanique sur le membre et accroît le risque de blessure liée à un déséquilibre. Si elle n’est pas corrigée, elle peut créer un cercle vicieux dans lequel la mise en charge inégale accentue davantage l’asymétrie et la déformation du sabot. [2]

Déformations des membres

Les déformations angulaires, en flexion et rotationnelles des membres sont des affections musculosquelettiques qui affectent l’alignement des membres et influencent directement l’équilibre du sabot. Ces déformations peuvent être congénitales ou acquises au début de la croissance.

Elles résultent d’un développement asymétrique des os, des articulations ou des tissus mous et surviennent le plus souvent avant la naissance ou durant les premiers mois de vie, alors que le système squelettique est encore en développement. [23]

Ces déviations structurelles affectent l’équilibre du sabot en modifiant la façon dont le poids corporel est transféré vers le pied. Par exemple, les chevaux qui ont les pieds « en dedans » ou « en dehors » présentent généralement des déformations rotationnelles sous-jacentes du membre. Un pied bot est un exemple de déformation en flexion, tandis qu’une posture arquée des membres reflète une déformation angulaire.

Lorsqu’elles sont repérées tôt, ces affections peuvent souvent être améliorées grâce à un parage ou une ferrure corrective effectué au bon moment. Cependant, la période pendant laquelle une intervention est efficace est limitée, car les plaques de croissance du boulet peuvent commencer à se fermer dès l’âge de trois mois. [2]

Tableau 1. Facteurs pouvant contribuer au déséquilibre du sabot

Facteur contributif Effet possible sur l’équilibre du sabot Considération de gestion
Posture
  • Répartit le poids de façon inégale entre les membres ou sur le sabot
  • Peut comprimer ou surcharger certaines structures du sabot
  • Peut renforcer des schémas d’usure anormaux au fil du temps
  • Évaluer le cheval dans son ensemble, pas seulement le sabot
  • Prendre en charge la douleur, la faiblesse ou les restrictions de mouvement qui modifient la posture
Asymétrie naturelle ou latéralité
  • Un membre peut systématiquement supporter plus de poids
  • Peut contribuer à une conformation des sabots hauts-bas
  • Peut déplacer le centre de pression en station debout et en mouvement
  • Soutenir l’équilibre propre à chaque cheval
  • Éviter de forcer une symétrie parfaite lorsque l’anatomie ne le permet pas
Déformations des membres
  • Modifient la façon dont le poids corporel se transmet dans le membre
  • Peuvent entraîner une charge inégale, des pieds panards, cagneux ou bot
  • Peuvent causer une déformation persistante du sabot si elles ne sont pas prises en charge
  • Faire intervenir rapidement un vétérinaire et un maréchal-ferrant, surtout chez les poulains
  • Recourir à un parage ou à une ferrure corrective lorsque cela est approprié
Retard dans le parage ou la ferrure
  • Permet le développement d’une pince trop longue, d’évasements ou d’une déformation des talons
  • Peut retarder le basculement du pied et augmenter l’effet de levier sur les structures internes
  • Peut aggraver les asymétries existantes entre les rendez-vous
  • Maintenir un calendrier de maréchalerie adapté à chaque cheval
  • Ajuster les intervalles de parage selon le taux de croissance, la charge de travail et la saison
Correction soudaine ou excessive
  • Peut perturber les schémas de mouvement établis
  • Peut causer de la sensibilité si le cheval ne peut pas s’adapter rapidement
  • Peut augmenter le stress sur les articulations, les tendons ou les ligaments
  • Apporter des ajustements graduels sur plusieurs cycles de parage
  • Surveiller le confort, la posture et l’allure après chaque changement
Sol et terrain
  • Influencent l’usure naturelle, l’engagement de la fourchette et le développement des tissus mous
  • Un sol inégal ou abrasif peut accentuer les schémas d’usure
  • Le manque de variété du terrain peut réduire la stimulation des structures caudales du sabot
  • Offrir un accès sécuritaire à l’extérieur sur des surfaces variées et bien entretenues
  • Adapter la protection des sabots à la charge de travail et au terrain
Excès d’humidité ou de sécheresse
  • Les conditions humides peuvent affaiblir la paroi, la sole et la ligne blanche
  • Les conditions sèches peuvent contribuer à la fragilité et aux fissures
  • Les cycles répétés d’humidité et de sécheresse peuvent réduire l’intégrité de la boîte cornée
  • Gardez le sol propre et bien drainé
  • Réduisez l’exposition prolongée à la boue, à l’urine ou à un sol excessivement sec
Maladie métabolique ou systémique
  • Peut affaiblir les attaches lamellaires et affecter la croissance du sabot
  • Peut augmenter le risque d’évasement, d’étirement de la ligne blanche ou de fourbure
  • Peut rendre la correction mécanique moins efficace si le problème sous-jacent n’est pas pris en charge
  • Effectuez des tests vétérinaires lorsqu’une maladie métabolique est soupçonnée
  • Coordonnez les soins des sabots avec la gestion de l’alimentation, du poids et des problèmes médicaux
Déséquilibre nutritionnel
  • Peut réduire la qualité de la corne du sabot et la régularité de sa croissance
  • Peut affecter la résistance des lamelles et l’intégrité de la paroi
  • Peut limiter la réponse aux améliorations apportées au parage ou au ferrage
  • Donnez une alimentation équilibrée à base de fourrage
  • Assurez un apport adéquat en protéines, en acides aminés, en vitamines et en oligo-éléments
Différentes postures du cheval - Vue de faceIllustration :

 

Maintenir un sabot équilibré

Comprendre les principes de l’équilibre du sabot est important, mais maintenir l’équilibre des sabots d’un cheval exige plus que des connaissances. Cela demande une gestion attentive au moyen d’un parage régulier, de l’observation et de soins adaptés aux besoins individuels du cheval.

Comme le sabot est une structure vivante qui croît et se remodèle continuellement, l’atteinte de l’équilibre n’est pas un processus ponctuel. Le maintien d’un sabot équilibré exige une collaboration entre le propriétaire du cheval, le maréchal-ferrant et le vétérinaire, ainsi que des évaluations et des ajustements réguliers en fonction des besoins individuels du cheval.

Comme propriétaire de cheval, vous pouvez favoriser l’équilibre des sabots en :

  • Planifiant des visites régulières du maréchal-ferrant pour le parage ou le ferrage, selon les besoins
  • Surveillant les changements de posture, d’allure ou d’usure des sabots
  • Assurant des soins vétérinaires de routine afin de détecter les problèmes de santé qui touchent les pieds
  • Maintenant des sols et des aires de sortie propres et bien entretenus afin de favoriser le fonctionnement naturel du sabot
  • Offrant une alimentation équilibrée qui fournit les nutriments nécessaires à la solidité et à la croissance des sabots

Soins réguliers du maréchal-ferrant

Des soins réguliers et compétents prodigués par un maréchal-ferrant constituent la pierre angulaire du maintien de l’équilibre des sabots. Un cycle de parage adapté au rythme de croissance des sabots, à leur qualité et à la charge de travail du cheval aide à préserver un alignement optimal et à prévenir l’apparition de déformations entre les rendez-vous. La plupart des chevaux bénéficient d’un parage toutes les 4 à 6 semaines, bien que cette fréquence puisse varier selon l’âge, la saison et le terrain.

  • Parage régulier : Prévient la croissance excessive, les déformations et les déséquilibres qui peuvent affecter les modes de poser du pied et la répartition des charges.
  • Ferrage (au besoin) : Offre un soutien ou une protection supplémentaire lorsque l’usure du sabot dépasse sa croissance ou lorsqu’un soutien thérapeutique est nécessaire.
  • Surveillance des modes de croissance : Le suivi des changements dans la longueur de la pince, la hauteur des talons, l’évasement de la paroi et la mise en charge de la fourchette au fil du temps aide à orienter les ajustements appropriés.

Surveillance des changements

Les propriétaires de chevaux et les personnes qui en prennent soin jouent un rôle clé dans l’identification des premiers signes de déséquilibre. L’observation quotidienne peut révéler des changements subtils de posture, d’allure ou d’usure des sabots qui peuvent indiquer la nécessité d’une évaluation professionnelle.

  • Surveillez l’usure inégale : Une usure irrégulière du sabot, des parois ébréchées ou une asymétrie de la fourchette peuvent indiquer un déséquilibre latéral.
  • Surveillez le mouvement : Des changements dans la longueur des foulées, le mode de poser du pied (p. ex., un poser en pince en premier) ou la volonté d’aller de l’avant peuvent être des signes précoces d’inconfort.
  • Notez les changements de posture : Le fait de laisser reposer un pied plus souvent que l’autre, d’avancer un membre antérieur ou de déplacer fréquemment son poids peut indiquer des problèmes sous-jacents au niveau des sabots.

Soins vétérinaires réguliers

Les soins vétérinaires sont essentiels au maintien de la santé des sabots et à la détection des affections sous-jacentes. Les évaluations vétérinaires complètent le travail du maréchal-ferrant en permettant d’identifier les facteurs systémiques, neurologiques ou musculosquelettiques qui contribuent au déséquilibre ou aux affections du sabot.

Des évaluations régulières permettent une intervention précoce et favorisent l’élaboration de stratégies thérapeutiques et de gestion appropriées.

  • Examens de santé annuels : Des examens de santé complets peuvent révéler les premiers signes de boiterie, de troubles métaboliques ou de changements de conformation qui affectent l’intégrité du sabot.
  • Imagerie diagnostique : Des radiographies, une échographie ou une thermographie peuvent être recommandées pour évaluer les structures internes comme la phalange distale, l’appareil naviculaire ou les attaches lamellaires.
  • Suivi métabolique : Des affections comme la dysrégulation de l’insuline ou le DPIP peuvent influencer la croissance du sabot et la résistance des lamelles. Des analyses sanguines périodiques aident à orienter les soins préventifs.

Quand appeler le vétérinaire

Un déséquilibre du sabot nécessite souvent les soins d’un maréchal-ferrant, mais certains signes indiquent qu’un vétérinaire devrait aussi intervenir. Comme l’équilibre du sabot est étroitement lié aux structures internes du pied, à l’alignement des membres, à la posture et à la santé locomotrice globale, une évaluation vétérinaire est importante lorsque les changements du sabot s’accompagnent de douleur, de boiterie ou de changements soudains dans les mouvements.

Communiquez avec votre vétérinaire si votre cheval présente l’un des signes suivants :

  • Une boiterie nouvelle ou qui s’aggrave
  • Une foulée raccourcie, une réticence à avancer ou des changements dans la façon de poser le pied
  • De la chaleur, une enflure, un pouls digital marqué ou des signes de douleur au sabot
  • Un membre pointé vers l’avant, des transferts de poids fréquents ou de la difficulté à se tenir d’aplomb
  • Des changements soudains de la boîte cornée, un évasement prononcé de la paroi ou une ligne blanche étirée
  • Des fissures, un écoulement, une mauvaise odeur ou une infection soupçonnée
  • Des signes pouvant évoquer une fourbure, comme une posture campée en arrière, une réticence à tourner ou une sensibilité sur un sol dur
  • Un déséquilibre persistant malgré un parage ou un ferrage régulier

Un vétérinaire peut recommander un examen de boiterie, l’utilisation d’une pince à sonder, de l’imagerie diagnostique, des analyses sanguines pour dépister une maladie métabolique ou d’autres tests afin de déterminer la cause sous-jacente. Dans de nombreux cas, les meilleurs résultats découlent d’une collaboration entre le vétérinaire et le maréchal-ferrant, surtout lorsque le déséquilibre du sabot est lié à la douleur, à un risque de fourbure, à une déformation d’un membre ou à des problèmes chroniques de santé locomotrice.

Des soins vétérinaires rapides sont particulièrement importants si le cheval présente une boiterie aiguë, hésite à mettre du poids sur un membre, montre des signes de fourbure ou se détériore rapidement. Ces situations ne devraient pas attendre le prochain rendez-vous avec le maréchal-ferrant.

Tableau 2. Signes de déséquilibre du sabot et ce qu’ils peuvent indiquer

Ce que vous pourriez remarquer Problème possible Qui contacter
Usure inégale du sabot
  • Déséquilibre de la mise en charge d’un côté à l’autre
  • Schéma d’atterrissage inégal ou mouvement modifié
  • Posture compensatoire ou asymétrie des membres possible
  • Maréchal-ferrant pour l’évaluation du sabot et la planification du parage
  • Vétérinaire en présence de boiterie ou de douleur
Évasement de la paroi ou ligne blanche étirée
  • Effet de levier excessif sur la paroi du sabot
  • Faiblesse des lamelles ou déformation de la boîte cornée
  • Contribution métabolique ou nutritionnelle possible
  • Maréchal-ferrant pour une correction mécanique
  • Vétérinaire si une fourbure ou une maladie métabolique est soupçonnée
Pince longue ou bascule retardée
  • Contrainte accrue sur l’articulation interphalangienne distale et le tendon fléchisseur profond du doigt
  • Déplacement vers l’avant du centre de rotation
  • Risque accru d’atterrissage en pince
  • Maréchal-ferrant pour évaluer le cycle de parage et la bascule
  • Vétérinaire si le cheval présente de la douleur, trébuche ou a une foulée raccourcie
Talons fuyants ou écrasés
  • Mise en charge excessive des talons ou angle palmaire/plantaire faible
  • Soutien insuffisant à l’arrière du pied
  • Conformation du sabot avec pince longue et talons bas possible
  • Maréchal-ferrant pour établir une stratégie d’équilibre et de soutien du sabot
  • Vétérinaire en présence de sensibilité chronique ou de boiterie
Talons cisaillés ou hauteur inégale des talons
  • Déséquilibre médio-latéral
  • Compression inégale d’un côté du sabot
  • Contrainte accrue sur les articulations, les tendons et les ligaments
  • Maréchal-ferrant pour évaluer l’équilibre d’un côté à l’autre
  • Vétérinaire en présence de fissures, d’enflure ou de boiterie persistante
Atterrissage en pince
  • Réduction de l’absorption des chocs par l’arrière du pied
  • Douleur aux talons, pince longue ou structures caudales du sabot affaiblies possibles
  • Contrainte accrue pendant la bascule
  • Maréchal-ferrant pour une évaluation de l’équilibre dynamique
  • Vétérinaire si ce schéma est nouveau, persistant ou douloureux
Membre pointé ou transferts de poids fréquents
  • Tentative de soulager l’inconfort dans un membre ou un sabot
  • Douleur au sabot, douleur articulaire ou lésion des tissus mous possible
  • Posture compensatoire modifiant la mise en charge du sabot
  • Vétérinaire pour évaluer la douleur ou la boiterie
  • Maréchal-ferrant pour ajuster l’équilibre du sabot lors du suivi
Foulée raccourcie ou réticence à avancer
  • Sensibilité du pied ou mécanique d’atterrissage modifiée possible
  • Contrainte accrue sur les tendons, les ligaments ou les articulations
  • Peut refléter un déséquilibre du sabot ou une autre source de douleur
  • Vétérinaire pour une évaluation de la boiterie
  • Maréchal-ferrant si l’équilibre du sabot ou le soutien de la ferrure doit être réévalué

Considérations environnementales

Le sol et le terrain sur lesquels un cheval vit et travaille peuvent influencer la santé et la forme de ses sabots. Idéalement, les chevaux devraient être exposés à une variété de surfaces qui favorisent l’usure naturelle et le développement des tissus mous. [24]

Les stratégies à envisager comprennent : [4][25]

  • Stimulation équilibrée : La mise au pré sur des terrains variés aide à renforcer la fourchette, le coussinet digital et les cartilages latéraux grâce à une mise en charge naturelle.
  • Éviter une exposition excessive à l’humidité : Des conditions humides prolongées peuvent affaiblir la paroi et la sole du sabot, tandis que des conditions excessivement sèches peuvent provoquer des fissures et rendre le sabot cassant.
  • Sol propre et bien entretenu : Réduit le risque d’infection, de contusions de la sole et d’usure inégale.

Soutien nutritionnel

La nutrition influence directement le taux de croissance, la densité et la qualité structurelle du sabot. [26][27] Une alimentation équilibrée qui répond aux besoins du cheval en protéines, acides aminés, vitamines et minéraux favorise le développement de sabots sains.

Les principaux nutriments qui soutiennent la santé des sabots comprennent : [26][27]

  • Biotine : Une vitamine B qui joue un rôle clé dans la synthèse de la kératine. La supplémentation favorise la production d’une corne de sabot forte et résistante et peut améliorer le taux de croissance et la qualité du sabot au fil du temps.
  • Méthionine : Un acide aminé essentiel contenant du soufre qui participe à la formation de la kératine et du tissu conjonctif. Elle soutient l’intégrité et l’élasticité de la paroi du sabot, particulièrement lorsqu’elle est associée à des niveaux adéquats de cystéine et d’oligoéléments.
  • Zinc et cuivre : Des oligoéléments essentiels qui contribuent au développement d’une corne de sabot solide, soutiennent la structure lamellaire et participent aux processus enzymatiques essentiels à la réparation des tissus et à la cohésion structurelle.

Supplémentation en vitamines et minéraux

Bien que des nutriments individuels comme la biotine, la méthionine, le zinc et le cuivre soient importants, ils doivent être fournis dans les bonnes proportions et soutenus par un profil nutritionnel complet pour être efficaces. Des carences ou des déséquilibres dans l’alimentation globale peuvent limiter l’efficacité même d’une supplémentation bien ciblée.

Omneity® de Mad Barn est recommandé comme supplément complet de vitamines et de minéraux formulé pour répondre aux besoins nutritionnels de tous les chevaux. Il fournit l’ensemble des nutriments nécessaires pour favoriser non seulement la croissance des sabots, mais aussi la santé métabolique globale, la fonction immunitaire et la performance.

  • Complet et équilibré : Fournit plus de 20 vitamines et minéraux essentiels dans les bonnes proportions afin d’éviter une supplémentation excessive ou insuffisante.
  • Optimisé pour la santé des sabots : Contient des concentrations cliniquement pertinentes de biotine, de méthionine, de zinc et de cuivre, ainsi que des nutriments complémentaires comme la lysine et le sélénium.
  • Formulé pour les régimes à base de fourrage : Conçu pour combler les carences courantes des régimes à base de foin ou de pâturage sans calories excédentaires ni agents de remplissage inutiles.
  • Appuyé par la science : Élaboré par des nutritionnistes équins et utilisé par des vétérinaires et des maréchaux-ferrants partout en Amérique du Nord pour favoriser l’intégrité des sabots et le bien-être général.
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À retenir : L’équilibre du sabot est dynamique et nécessite une surveillance régulière, un parage effectué avec compétence et une gestion globale du cheval. Une attention constante au parage, au mouvement, à l’environnement et à la nutrition aide à préserver la santé des sabots, à prévenir les blessures et à favoriser la santé locomotrice à long terme.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées sur l’équilibre du sabot chez les chevaux :

Résumé

L’équilibre du sabot désigne l’alignement et le fonctionnement appropriés de la capsule du sabot par rapport au membre et au corps du cheval. Le maintien de l’équilibre est essentiel pour optimiser la répartition du poids, l’absorption des chocs et l’efficacité des mouvements, ainsi que pour réduire le risque de blessures et d’usure à long terme des articulations et des tissus mous.

Que le déséquilibre du sabot prenne naissance dans le pied lui-même ou découle d’autres parties du corps, des soins réguliers des sabots jouent un rôle essentiel dans le maintien de l’équilibre, de la santé locomotrice et de la santé globale.

  • Travaillez avec une équipe de soins collaborative — comprenant un maréchal-ferrant, un vétérinaire et d’autres professionnels — afin de cerner et de traiter tous les facteurs contribuant au déséquilibre du sabot
  • L’équilibre du sabot change souvent à mesure que les chevaux vieillissent, changent de discipline ou connaissent des variations de leur état corporel, ce qui rend des soins réguliers de maréchalerie essentiels tout au long de la vie du cheval
  • L’évaluation de l’équilibre du sabot exige de tenir compte de la façon dont le cheval place ses pieds à l’arrêt et en mouvement, ainsi que de sa posture, de l’alignement de ses membres, de son état nutritionnel et de sa santé métabolique
  • Le confort et la santé locomotrice du cheval devraient toujours guider les décisions concernant la nécessité d’intervenir et la façon de le faire
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Références

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