Le fourrage est l’aliment pour équidés le plus naturel et le moins onéreux. La diète à base de fourrage encourage le comportement de recherche de nourriture propre à l’espèce et favorise une santé optimale du système digestif des équidés. Par conséquent, le fourrage doit constituer l’essentiel de l’alimentation équine, avec l’ajout d’aliments supplémentaires uniquement destinés à répondre aux besoins nutritionnels que le fourrage ne comble pas. [1]
Les régimes alimentaires équins comportent souvent une combinaison d’herbe fraîche et de foin qui forment les sources de fourrage. Leur proportion change au cours de l’année à mesure que les pâturages deviennent plus ou moins accessibles.
La santé et l’abondance des pâturages disponibles, ainsi que les besoins individuels du cheval, influent sur la quantité de foin et d’herbe fraîche qui doit faire partie de son alimentation.
Alors que les pâturages ont l’avantage d’être nutritifs et économiques, on peut acheter, entreposer et distribuer le foin toute l’année. De plus, un régime alimentaire à base de foin permet de surveiller plus facilement la consommation de fourrage du cheval et de choisir celui qui lui convient le mieux.
Le foin et l’herbe des pâturages possèdent des profils nutritionnels différents dont il faut tenir compte pour éviter les déséquilibres nutritifs dans l’alimentation des équidés. En raison de leurs divergences nutritionnelles, il importe également de faire la transition entre ces sources de fourrage graduellement pour prévenir les troubles digestifs.
Comparaison entre le foin et le pâturage
Le pâturage réfère aux herbes et aux plantes fraîches que les chevaux broutent directement au sol. Le contenu nutritionnel des pâturages varie en fonction du lieu géographique, de la période de l’année, des conditions météorologiques, des espèces végétales, de l’état du sol et des pratiques de régie.
Le foin désigne les graminées ou les légumineuses, par exemple la luzerne, récoltées, séchées et entreposées pour une utilisation ultérieure, notamment lorsque les pâturages et l’herbe fraîche ne sont pas accessibles. La teneur en nutriments du foin varie en fonction de facteurs similaires à ceux qui affectent l’herbe des pâturages, ainsi que du moment de la récolte et de la durée d’entreposage.
Malgré la variation importante entre les différentes sources de foin et d’herbe, elles se distinguent globalement comme suit :
- L’humidité: le pâturage contient plus d’eau que le foin, soit de 70 à 80 % dans l’herbe fraîche contre 10 à 12 % d’eau contenue dans le foin.
- Les vitamines: le foin contient moins de vitamines A, C et E que l’herbage.
- Les protéines: aux premiers stades de croissance, les pâturages sont plus riches en protéines que le foin.
- Les calories: aux premiers stades de croissance du pâturage, le foin est moins calorique que l’herbe fraîche.
- Les fibres: le foin est plus riche en fibres que l’herbage aux premiers stades de croissance.
- La digestibilité: l’herbe fraîche est plus digestible que le foin.
- Les glucides non structuraux: le foin est plus faible en sucre et en amidon que l’herbe fraîche.
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La teneur en eau
L’une des plus grandes différences entre l’herbe des pâturages et le foin est leur taux d’humidité respectif. Le foin est normalement sec et contient moins de 20 % d’humidité, tandis que les pâturages ont habituellement au taux d’humidité qui approche 80 %.
En raison de sa teneur réduite en eau, on peut entreposer le foin pendant de plus longues périodes sans qu’il se gâte ou moisisse. On doit entreposer le foin lorsque son taux d’humidité est d’environ 10 % pour minimiser la croissance des moisissures.
L’apport en eau réduit du foin implique que les chevaux doivent avoir suffisamment accès à une source d’eau fraîche pour compenser. Les chevaux au pâturage ingèrent naturellement plus d’eau en broutant, ce qui favorise l’hydratation et une bonne digestion. L’apport en eau adéquat joue un rôle particulièrement important dans la diminution du risque de colique en stimulant la motilité intestinale ou le transit des aliments dans le tube digestif. [21]
La teneur en vitamines
La teneur en vitamines est une autre distinction notable entre le foin et l’herbe des pâturages, en particulier en ce qui concerne les vitamines A, C et E. L’herbe fraîche contient naturellement une grande quantité de ces vitamines, mais le foin en perd une partie pendant la coupe, le séchage et l’entreposage.
L’exposition au soleil et à l’air contribue à la dégradation de ces nutriments essentiels une fois que l’on récolte les plantes pour en faire du foin. Cette dégradation se poursuit pendant l’entreposage du foin et mène souvent à des teneurs en vitamines nettement inférieures à celles de l’herbe fraîche.
Bien que les chevaux soient capables de synthétiser de la vitamine C (acide ascorbique) et ne développent pas de carence complète menant au scorbut, certaines situations peuvent justifier une supplémentation.
Les chevaux entraînés pour la compétition ont un niveau de vitamine C inférieur à celui des chevaux de loisir. [28] Une supplémentation de sélénium et de vitamine C peut améliorer la santé pulmonaire des équidés atteints d’une maladie des voies respiratoires inférieures. [29] L’inflammation des poumons réduit la quantité de vitamine C dans le liquide pulmonaire et la supplémentation peut l’améliorer. [30]
Le foin contient en moyenne 85 % moins de vitamine E que l’herbe fraîche. [2] [19]
Des études confirment par ailleurs que les chevaux nourris seulement au foin ont généralement des niveaux réduits de vitamine A et E comparativement à ceux qui sont au pâturage. [13] [14] [15] Bien que le foin soit une source précieuse de fourrage, il est essentiel de compléter ces nutriments afin de veiller à ce que les équidés reçoivent une alimentation équilibrée et de prévenir les carences nutritionnelles.
La teneur en protéines
Si l’on compare le même peuplement de fourrage avant la coupe et après le séchage et la mise en balles, l’herbe fraîche a généralement une teneur en protéines brutes plus élevée et ces dernières sont de meilleure qualité que celles du foin. [12]
Une fois les plantes récoltées pour faire le foin, elles continuent de subir une protéolyse. Celle-ci est la décomposition des protéines en composés d’azote non protéiques comme l’urée ou l’ammoniac que le cheval ne peut pas exploiter pour synthétiser des protéines. Cette dégradation continue des protéines abaisse la teneur en protéines brutes du foin et peut modifier son profil d’acides aminés comparativement à celui de l’herbe fraîche des pâturages. [2]
Les méthodes de manipulation peuvent aussi affecter la quantité de protéines contenues dans le foin par rapport à celle trouvée dans l’herbe des pâturages. Par exemple, s’il pleut sur le foin avant sa mise en balles, il peut perdre encore plus de protéines.
La séparation des feuilles a également un impact sur la teneur en protéines, en particulier dans les fourrages de légumineuses comme la luzerne. La séparation des feuilles fait référence au bris ou à la perte des feuilles qui sont riches en protéines et qui se détachent des tiges pendant la fenaison.
Les chevaux qui reçoivent un régime à base de foin peuvent donc consommer moins de protéines et moins d’acides aminés essentiels que ceux qui broutent de l’herbe fraîche. Toutefois, cela dépend de la qualité du foin et de la maturité de l’herbe des pâturages.
Les glucides non structuraux
Les glucides non structuraux (NSC en anglais) sont les fructosanes, les sucres et l’amidon contenus dans les cellules végétales. Une fois le foin coupé, les plantes continuent de respirer jusqu’à ce qu’elles soient asséchées en exploitant les réserves de glucides non structuraux restantes pour soutenir leur respiration. [2]
Par conséquent, le foin a communément une teneur en glucides non structuraux plus faible que l’herbe des pâturages. Les taux moyens sont de 11 % dans le premier cas contre 15 % dans le deuxième. [2]
Les niveaux élevés d’amidon et de sucres qui composent les glucides non structuraux de l’herbage peuvent ne pas convenir à certains équidés. Par exemple, ceux atteints du syndrome métabolique équin (SMÉ) doivent recevoir une alimentation dont la teneur en glucides solubles dans l’éthanol (ESC en anglais, soit l’amidon + les sucres simples) est inférieure à 10 %. Ce sont ces glucides qui ont une incidence directe sur les niveaux d’insuline et peuvent hausser le risque de laminite.
L’énergie digestible
Vu la diminution des protéines combinée à la teneur plus élevée en fibres du foin, son énergie digestible est en règle générale inférieure à celle de l’herbe des pâturages. La proportion plus élevée de fibres dans le foin le rend globalement moins digeste. [2]
La digestibilité désigne la facilité avec laquelle le système digestif du cheval peut décomposer et extraire les nutriments du foin. Lorsqu’un aliment est moins digestible, une plus grande partie des nutriments traverse le système digestif sans être décomposée et absorbée.
Les équidés qui dépendent principalement du foin plutôt que du pâturage pour se nourrir doivent consommer plus de matière sèche fourragère pour obtenir la même quantité de calories et combler leurs besoins caloriques. La matière sèche est ce qui reste après le retrait de l’eau contenue dans l’herbe ou le foin.
Comparaison nutritionnelle
Le tableau ci-dessous compare les compositions nutritionnelles des différents types de foin et d’herbage. [20]
| Type de fourrage | Calories (mcal par kg) |
Protéines (%) |
Fibres (FDN) (%) |
|---|---|---|---|
| Plantes immatures de saison fraîche Foin de graminées |
2,36 | 18 | 49,6 |
| Plantes moyennement matures de saison fraîche Foin de graminées |
2,18 | 13,3 | 57,7 |
| Plantes matures de saison fraîche Foin de graminées |
2,04 | 10,8 | 69,1 |
| Saison chaude Foin de graminées |
1,87 | 12 | 75 |
| Plantes moyennement matures Foin de légumineuses |
2,43 | 20,8 | 42,9 |
| Saison fraîche Herbage de graminées |
2,39 | 26,5 | 45,8 |
| Herbage de légumineuses | 2,71 | 26,5 | 33,1 |
Il faut noter que plusieurs facteurs ont une incidence sur la teneur en protéines et en énergie digestible des pâturages, notamment :
- le stade de croissance;
- les types de plantes;
- les conditions météorologiques;
- la régie des pacages.
En général, l’énergie digestible et la teneur en protéines culminent pendant la pousse rapide et sont au plus bas une fois que les plantes sont matures et perdent leurs graines.
Le profil nutritionnel du foin
Le foin est un fourrage qui a été coupé, séché jusqu’à un taux d’humidité inférieur à 20 %, puis mis en balles. [1] Bien que le foin fasse très souvent partie de l’alimentation des équidés, ces derniers peuvent ne pas en avoir besoin s’ils ont largement accès à des pâturages adéquats.
Cependant, dans de nombreuses régions, l’herbe des pâturages ne pousse pas suffisamment toute l’année pour répondre aux besoins nutritionnels d’un cheval. Cela peut conduire à des carences nutritionnelles qui nécessitent l’ajout d’autres sources de fourrage pour pallier le manque d’herbe fraîche.
La disponibilité du foin toute l’année est sans contredit l’un de ses avantages qui garantit l’accès à une source de fourrage constante, quelles que soient les conditions météorologiques. Les autres avantages du foin incluent les suivants :
Un contrôle accru
Il est plus aisé de contrôler et de sélectionner le type de fourrage donné aux chevaux pour s’adapter à ses besoins individuels. Les propriétaires peuvent choisir un foin plus ou moins nutritif en fonction du niveau d’activité et de l’état de chair de leurs équidés.
En revanche, les conditions de croissance actuelles et la maturité des plantes déterminent largement la valeur nutritionnelle des herbages. Il est possible de modifier la valeur nutritive des pâturages, mais cela exige beaucoup plus de temps et de ressources.
Une précision accrue
En plus d’offrir une plus grande souplesse en ce qui a trait au choix du fourrage, le foin permet d’évaluer plus précisément la composition nutritionnelle de l’alimentation des chevaux. Lorsqu’on nourrit les équidés au foin, il est plus facile de surveiller la quantité de fourrage consommée quotidiennement.
Vous pouvez nous soumettre un échantillon de foin pour analyse afin d’obtenir des renseignements détaillés sur son profil nutritionnel, y compris sa teneur en calories, en protéines, en fibres et en minéraux. L’analyse des herbages est aussi possible, mais certaines valeurs nutritives sont moins précises et requièrent une manipulation rigoureuse.
La gestion du poids
L’alimentation au foin est particulièrement bénéfique pour les chevaux en surpoids, car il est la plupart du temps moins dense en calories que l’herbe fraîche. Le foin de graminées matures faible en calories permet aux chevaux trop gras de manger plus de fibres alimentaires sans que le fourrage contribue à la prise de poids. Toutefois, les chevaux atteints du syndrome métabolique tendent à manger plus que nécessaire, ce qui les rend sujets à la prise de poids même lorsqu’ils consomment des fourrages peu caloriques.
Un foin qui contient moins de calories permet de nourrir le cheval sans interruption et imite mieux les comportements d’alimentation naturels, même chez les chevaux qui ont besoin de perdre du poids. Les équidés atteints du syndrome métabolique équin doivent dans la majorité des cas consommer une quantité de foin qui équivaut à au plus 1,5 % de leur poids actuel ou à 2 % de leur poids idéal, selon la valeur la plus élevée.
Lorsqu’on doit restreindre la quantité de foin, on peut le mettre dans une mangeoire à alimentation lente ou des filets à petits trous pour prolonger l’accès au fourrage.
Les mesures telles que le trempage du foin ou le mélange avec de la paille sont aussi de bonnes options pour limiter l’apport calorique et soutenir la santé métabolique. La paille fournit quelques calories, mais elle ne contient pas suffisamment de protéines et elle est souvent moins riche en minéraux que le foin.
La prise de poids
Inversement, le foin dont la valeur nutritionnelle est plus élevée est un choix avisé pour les animaux qui ont besoin de prendre du poids. La luzerne et le foin de graminées moins matures sont des exemples de fourrages plus riches en nutriments.
On peut aussi ajouter de l’huile dans le foin pour hausser l’apport calorique. Le foin est alors un choix qui convient particulièrement aux animaux qui ont de la difficulté à maintenir un état de chair optimal en broutant seulement de l’herbe.
Le choix du foin
À condition de pouvoir se procurer un foin de qualité appropriée, la plupart des équidés peuvent prospérer en mangeant seulement du foin, du sel et un supplément de vitamines et de minéraux. Ils n’ont pas besoin de céréales ou de moulées commerciales. [1] [2]
Pour choisir le foin, il faut toujours considérer les facteurs importants qui suivent :
- La propreté: le foin doit être exempt de mauvaises herbes, de poussière, de moisissures et de corps étrangers.
- L’odeur: le foin doit dégager une odeur fraîche.
- La maturité au moment de la récolte: la maturité des plantes au moment de la récolte a une incidence directe sur la teneur en calories et en protéines du foin.
- L’adéquation nutritionnelle: on doit choisir un foin qui correspond aux besoins du cheval tout en lui permettant de maximiser sa consommation de fourrage.
- Les conditions d’entreposage: il faut vérifier que le foin a été entreposé dans un endroit sec et bien aéré, à l’abri de la lumière directe du soleil et de l’humidité.
- La texture et l’appétence: le choix du foin doit respecter les préférences individuelles du cheval. Les chevaux âgés peuvent avoir besoin d’un foin plus souple selon l’état de leur dentition.
- La disponibilité: le foin sélectionné doit être suffisamment disponible pour éviter d’avoir à changer de source de fourrage plusieurs fois par année.
Bien que le foin permette de répondre plus facilement aux besoins des chevaux, il est ordinairement plus onéreux que le pâturage.
Le foin engendre plus de pertes, car les chevaux ont tendance à le disperser et à le piétiner. On peut diminuer le gaspillage en mettant le fourrage dans un filet à foin ou une mangeoire à alimentation lente.
Quelle quantité de foin donner aux chevaux?
Lorsqu’il est offert à volonté, donc non rationné, les chevaux à l’entretien passent environ 70 % de leur temps à manger du foin et consomment chaque jour une quantité de matière sèche fourragère équivalant à environ 2 à 2,5 % de leur poids vif. [2] [3]
Un cheval adulte normal de 500 kg (1 100 lb) qui reçoit du foin à volonté mange normalement environ 10 kg (22 lb) de matière sèche fourragère par jour.
Certains facteurs physiologiques, comme la gestation, la croissance, l’allaitement ou l’entraînement ou le travail intense, accroissent la quantité de foin et d’autres aliments qu’un cheval est susceptible de consommer. Ces stades de vie génèrent aussi différents besoins en protéines, minéraux et vitamines qu’un supplément de foin n’est probablement pas en mesure de combler.
De plus, la consommation croît lorsque le fourrage est moins fibreux; conséquemment, les chevaux ont tendance à manger plus lorsqu’ils reçoivent du foin plus calorique et plus digeste. [4]
Les équidés peuvent d’autre part préférer le goût de certaines espèces de plantes, ce qui affecte la quantité de foin consommée. Une étude a montré que les chevaux préféraient le foin de fléole des prés (mil) au foin de dactyle pelotonné (patte de lièvre) et de brome. De plus, ils délaissaient encore plus le foin de fétuque et le foin de chiendent pied-de-poule (cynodon). [4]
Bien que les études fournissent des renseignements sur la consommation de foin et les préférences des chevaux, beaucoup de choses sont encore inconnues. Davantage de recherches sont nécessaires pour identifier d’autres facteurs qui influent sur la consommation de foin. [2]
Les formats de foin offerts sur le marché
Les fournisseurs vendent habituellement le foin en petites balles carrées, en grosses balles rondes ou carrées, en cubes ou en granulés, ou bien haché. Le choix du format dépend du contexte de régie et des besoins du cheval concerné.
Les petites balles carrées
Les petites balles de foin carrées sont celles qu’on donne le plus souvent aux chevaux. On divise habituellement ces balles en galettes et on les distribue quotidiennement directement au sol, dans des filets à foin ou des mangeoires. Bien que le poids des petites balles carrées puisse varier considérablement, chaque balle pèse en général environ 23 kilogrammes (50 livres).
Étant donné qu’on les divise en portions distribuées quotidiennement, les petites balles carrées engendrent souvent moins de gaspillage que les grosses balles accessibles à volonté dans les enclos. [1] En revanche, si on fait le calcul au poids, les petites balles carrées ont tendance à être plus coûteuses que les grosses balles de foin.
Les grosses balles rondes
Les grosses balles rondes ou carrées sont un autre format courant. On les dispose souvent dans les enclos pour que les chevaux puissent y accéder librement, ce qui permet de gagner du temps. Le poids des grosses balles varie aussi énormément. Chaque balle pèse ordinairement entre 227 kg et 910 kg (de 500 à 2 000 lb). [1]
Malgré les avantages de coût et de commodité qu’offrent les grosses balles rondes, le fait de laisser le foin à découvert à l’extérieur peut entraîner des pertes qui varient de 30 à 38 %. [1] De plus, ces balles peuvent perdre une partie de leurs propriétés nutritives lorsqu’elles sont à la merci des éléments et ne sont pas bien abritées.
Pour minimiser le gaspillage et la perte de nutriments, de nombreux propriétaires de chevaux utilisent des filets, des anneaux ou des huttes à foin pour couvrir et protéger les grosses balles données aux chevaux. Il faut penser à inspecter fréquemment les filets, car il arrive parfois que les chevaux les mangent, ce qui peut provoquer des obstructions intestinales. [31]
Les cubes et les granulés de foin
Les cubes et les granulés de foin sont une forme courante de fourrage supplémentaire, souvent vendus en sacs de 23 kg (50 lb). On les trouve de différentes formes, tailles, compositions végétales et grosseurs de particules.
Le foin contenu dans les cubes est broyé grossièrement, tandis que celui dans les granulés est écrasé plus finement. [1] Indépendamment de la grosseur des particules, la digestibilité des nutriments est sensiblement la même pour le foin à longue tige, en cubes ou en granulés. [1] [2]
En revanche, les chevaux mangent le foin en cubes et en granulés plus rapidement que le foin à longue tige, et ces formes traversent plus rapidement le système digestif. [1] Les équidés ont d’autre part tendance à manger plus de foin en cubes ou en granulés que de foin à longue tige. [2] [5] [6]
Voici quelques-uns des avantages des cubes et des granulés de foin : [1]
- Ils génèrent moins de pertes comparativement au foin à longue tige.
- Ils requièrent moins de mastication. Il s’agit donc d’une bonne option pour les chevaux qui ont des problèmes dentaires.
- Ils sont une alternative peu calorique aux céréales pour mélanger et donner des suppléments aux chevaux en surpoids ou atteints du syndrome métabolique.
- Ils sont plus faciles à transporter pour nourrir les chevaux qui font de la compétition et qui voyagent.
- Ils contiennent moins de poussière, ce qui en fait un bon choix pour les chevaux souffrant de troubles respiratoires.
Étant donné que les chevaux mangent et digèrent les fourrages en cubes et en granulés plus rapidement, le fait de compter uniquement sur ces aliments peut faire en sorte que le cheval reste à jeun pendant de longues périodes entre les repas. Cela peut contribuer à une plus grande incidence d’ulcération gastrique et de stéréotypies comme la mastication du bois. On peut éviter ce problème en distribuant des repas plus petits plus souvent. [1]
Le foin haché
On peut se procurer du foin haché dans les magasins d’alimentation pour chevaux ou le fabriquer en hachant le foin à longue tige avec un broyeur à feuilles ou un hachoir à foin. Le foin haché peut être bénéfique pour les chevaux souffrant de problèmes dentaires qui les empêchent de mastiquer le foin à longue tige.
Hacher son propre foin peut d’autre part être une alternative économique au trempage des fourrages en cubes ou en granulés.
La qualité du foin
Le foin est une source importante de nutrition pour les chevaux qui n’ont pas accès à de l’herbe fraîche. Il peut de plus être nécessaire lorsque la densité nutritive des pâturages disponibles est trop élevée pour certains chevaux, comme ceux qui risquent de contracter la laminite, et lorsque la qualité des pâturages diminue vers la fin de la saison de croissance.
La qualité du foin donné au cheval doit correspondre à ses besoins nutritionnels individuels. Les animaux qui ont besoin de plus de calories doivent recevoir un foin de qualité supérieure, tandis que ceux qui requièrent moins de calories, par exemple les chevaux à la retraite, peuvent prospérer avec du fourrage de qualité plus moyenne.
La qualité du foin englobe plusieurs facteurs. Bien qu’elle soit liée au contenu nutritionnel, elle tient aussi compte de son appétence ou de son attrait pour les chevaux, de sa digestibilité, de sa texture et de sa concentration en fibres. Les matières indésirables qu’il peut contenir, comme des corps étrangers, en font aussi partie. [1]
Un foin de graminées de qualité moyenne cultivé pendant la saison fraîche fournit généralement environ 2 Mcal par kilogramme de matière sèche et a une teneur en protéines brutes comprise entre 8 et 10 %. Ces concentrations en calories et en protéines devraient suffire à combler les besoins de la plupart des équidés adultes qui travaillent modérément.
Les chevaux astreints à un travail intense, comme les chevaux d’endurance ou les chevaux de course, ont probablement besoin d’un fourrage de meilleure qualité. Ce peut être un foin de graminées récolté à un stade précoce de croissance ou du foin de luzerne ajouté à l’alimentation. Un fourrage contenant de 10 à 15 % de protéines brutes et plus de 2 Mcal par kilogramme de matière sèche convient bien à ces équidés.
Tous les chevaux n’ont pas besoin de foin de qualité supérieure.
La plupart des propriétaires de chevaux souhaitent donner à leurs équidés une alimentation de grande qualité, mais lorsqu’il est question de fourrage, la meilleure qualité n’est pas toujours une amélioration. Ce ne sont pas tous les chevaux qui ont besoin des nombreuses calories et protéines contenues dans le foin de qualité supérieure.
Les propriétaires peuvent mieux favoriser la santé de leurs équidés en sélectionnant un foin dont le profil nutritionnel correspond aux besoins individuels de leurs animaux.
Il importe toutefois de toujours respecter les normes de qualité de base d’un foin destiné aux chevaux. Ce dernier doit être propre à la consommation et exempt de contaminants tels que les mauvaises herbes, les moisissures, la poussière, les insectes ou les saletés.
Les indicateurs de qualité
L’apparence du foin est rarement un bon indicateur de qualité ou de valeur nutritive. Alors que beaucoup croient que la couleur, l’odeur et une « sensation de douceur au toucher » signalent un foin de qualité, ces caractéristiques ne reflètent pas nécessairement son contenu nutritionnel.
Le meilleur moyen de connaître la valeur nutritive du foin est de soumettre un échantillon pour l’analyse en laboratoire. [2]
Voici quelques-uns des facteurs qui affectent la qualité du foin.
La valeur nutritive
On considère que les foins qui possèdent une valeur nutritive plus élevée sont de meilleure qualité. La valeur nutritive du foin dépend de nombreux facteurs, notamment le type de plantes, les conditions du sol et de l’environnement, la gestion des parcelles et la maturité des plantes au moment de la coupe.
La maturité à la récolte est l’un des principaux facteurs déterminants. Les plantes plus jeunes ont en règle générale une densité nutritionnelle plus élevée. [1] [2]
La proportion de feuilles par rapport aux tiges des foins plus nutritifs est plus grande. Étant donné que la majeure partie de la valeur nutritive du foin provient du feuillage de la plante, une plus grande proportion de feuilles hausse sa teneur en calories et en protéines et augmente les niveaux de certains minéraux et vitamines. [1] [2]
La digestibilité
Un certain nombre de facteurs influe sur la digestibilité du foin, notamment les espèces végétales qu’il contient, sa maturité au moment de la récolte, le rapport entre les feuilles et les tiges, la vitesse de séchage et les conditions d’entreposage. [1] [2] [4]
En général, les foins dont la proportion de feuilles est plus élevée ont une teneur en fibres détergentes neutres (FDN) plus basse. Ces foins sont plus digestes et sont donc jugés de meilleure qualité.
Les foins hautement digestibles sont bénéfiques pour les chevaux qui ont besoin de plus de nutriments. Un foin modérément digestible est souvent acceptable pour les chevaux adultes à l’entretien ou qui font de l’exercice léger.
Inversement, les plantes plus matures sont moins digestibles. Ces foins peuvent être bénéfiques pour les chevaux qui engraissent facilement ou qui ont besoin de perdre du poids. [2]
Cela dit, un foin riche en fibres peut souvent causer le syndrome de l’eau fécale libre (écoulement anal) chez les chevaux âgés. Ce dernier est tributaire à la fois d’une mastication inefficace, ainsi que d’une insuffisance et d’un manque de diversité de leur microbiome.
Le tableau suivant montre la digestibilité moyenne de la matière sèche pour différents types de foin. [2]
| Type de foin | Digestibilité de la matière sèche |
|---|---|
| Luzerne | De 53 à 63 % |
| Brome | De 53 à 63 % |
| Pâturin des prés | 45 % |
| Fétuque élevée | 48 % |
| Chiendent pied-de-poule (cynodon) | 46 % |
L’appétence
L’appétence et l’attrait du foin pour les chevaux déterminent aussi sa qualité. Des facteurs tels que la fraîcheur, la présence de moisissures, les espèces végétales et la maturité au moment de la récolte peuvent par ailleurs affecter son appétence.
La recherche a démontré que les chevaux consomment plus de fourrage lorsqu’ils reçoivent du foin hautement nutritif. [1] Malgré tout, les chevaux qui ont besoin d’un fourrage de qualité inférieure peuvent d’ordinaire s’adapter à du foin moins nutritif. [8]
La propreté
Le foin de qualité doit être propre et exempt de contaminants, tels que les corps étrangers, les mauvaises herbes et les insectes. Il ne doit pas non plus y avoir de signes de moisissures, car ces dernières peuvent poser un risque grave pour la santé des chevaux, notamment en matière des troubles respiratoires et digestifs.
Les types de foin
Bien que l’on cultive de nombreuses variétés de foin en Amérique du Nord, la plupart des détaillants d’aliments pour animaux et des revendeurs de foin dans une région donnée n’en proposent que quelques sortes. Le meilleur type de foin pour un cheval donné dépend de ses besoins nutritionnels, tout en tenant compte du coût et de la disponibilité.
On classe le foin en deux grandes catégories, le foin de graminées et de légumineuses. Le foin de graminées est divisé en graminées qui poussent durant les saisons chaudes ou fraîches. Ces fourrages diffèrent par leur teneur en nutriments, leur coût et leur disponibilité locale.
On différencie les foins de graminées selon la température de croissance qui leur convient le mieux :
- Les graminées de saison fraîche poussent principalement dans le centre et le nord des États-Unis et du Canada. Ils prospèrent à des températures comprises entre 18,3 et 23,9 ° Celsius (entre 65 et 75 ° Fahrenheit).
- Les graminées de saison chaude sont abondantes dans le sud des États-Unis, où le climat est plus chaud et les températures oscillent autour de 29,4 à 35 ° Celsius (entre 85 et 95 ° Fahrenheit).
Les valeurs nutritionnelles et l’appétence varient aussi selon le type de graminées. Bien que les foins de graminées des saisons fraîches et chaudes poussent mieux sous différents climats, on les expédie communément à des fournisseurs à travers l’Amérique du Nord. De nombreux propriétaires de chevaux peuvent donc se procurer ces deux catégories de fourrage.
Les graminées de saison fraîche
Les graminées de saison fraîche poussent sous des climats plus frais et croissent le plus rapidement au printemps et à l’automne. [7] Les variétés communes de foin de saison fraîche pour équidés incluent les suivantes :
- La fléole des prés ou le mil: on la cultive principalement pour le foin, bien qu’elle puisse également être un herbage. On l’ensemence souvent avec de la luzerne pour produire du « foin mixte ». La luzerne a la capacité de fixer l’azote dans le sol où elle pousse, ce qui peut améliorer la teneur en protéines du foin une fois récolté. [9]
- Le dactyle pelotonné ou patte de lièvre: on le retrouve souvent dans les pâturages, mais c’est aussi un foin couramment donné aux chevaux. On peut cultiver le dactyle seul ou l’ensemencer avec de la luzerne pour produire un foin mixte. [10]
- Le brome: il s’agit de l’une des graminées les plus cultivées et les plus souvent retrouvées dans les pâturages d’Amérique du Nord. Le brome est populaire en raison de sa résistance à la sécheresse, mais il manque de résilience s’il est coupé à ras de terre. [11]
Les graminées de saison chaude
Les graminées de saison chaude poussent sous les climats chauds et s’épanouissent pendant les mois chauds de l’été. [7] Comparativement aux graminées de saison fraîche, ces foins contiennent habituellement une teneur en fibres (FDN) plus élevée et une teneur en glucides non structuraux plus basse. [2] [8]
Les variétés communes de foin de saison chaude incluent les suivantes :
- Le chiendent pied-de-poule ou cynodon: il s’agit de l’une des principales graminées cultivées pour produire du foin aux États-Unis. On nomme souvent ce type de fourrage « foin côtier » ou « Tifton », une variété préférée pour son contenu nutritionnel et son rendement supérieurs. [18]
- Le teff: on cultive souvent ce foin sous les climats plus tempérés pendant la saison chaude. Le foin de teff, grâce à son contenu calorique et à sa digestibilité moindres, convient aux chevaux qui n’ont pas besoin d’un fourrage riche en nutriments. [8]
Le foin de légumineuses
Le foin de légumineuses provient de plantes appartenant à la famille des légumineuses, qui comprend les haricots, les lentilles et les pois. La luzerne est le foin de légumineuses le plus populaire pour les chevaux. Néanmoins, on cultive et récolte dans certaines régions d’Amérique du Nord d’autres légumineuses destinées à devenir du foin, comme l’arachide et le trèfle.
Comparé au foin de graminées, le foin de légumineuses présente normalement des valeurs supérieures dans le cas des nutriments suivants : [1] [20]
- les protéines;
- le calcium, le phosphore et le sodium;
- les glucides solubles;
- les vitamines A et E.
La densité nutritionnelle accrue des légumineuses en fait un choix privilégié pour les juments en fin de gestation ou qui commencent à allaiter, les chevaux en croissance et ceux qui font beaucoup d’exercice.
Les chevaux préfèrent d’ordinaire les légumineuses aux graminées. Ils mangent souvent plus de foin de légumineuses que de foin de graminées. [1] [2] Les légumineuses ont des feuilles plus larges et des tiges plus fines que les graminées, ce qui les rend plus appétissantes pour les équidés.
Cela dit, les feuilles de légumineuses sont moins solidement attachées aux tiges, et de ce fait plus sujettes à la séparation des feuilles. Les légumineuses peuvent conséquemment perdre plus de valeur nutritive au cours de la récolte, de l’entreposage et de la distribution. [1]
Le foin de légumineuses est rarement l’unique source de fourrage pour les équidés. En règle générale, les légumineuses comme la luzerne sont mélangées à du foin de graminées pour en équilibrer le contenu nutritionnel.
Les pâturages pour chevaux
Les chevaux sont des animaux qui paissent. Ils ont évolué pour brouter et manger continuellement de petites quantités de fourrage tout au long de la journée. Ce comportement de recherche de nourriture et d’alimentation continues correspond à leur système digestif qui est conçu pour digérer les aliments en petites quantités constantes.
Les équidés n’ont pas besoin de pâturage dans leur alimentation s’ils ont suffisamment accès à du foin de qualité appropriée. Mettre le cheval en liberté au pré est néanmoins un excellent moyen de lui permettre d’exprimer ses comportements naturels de recherche de nourriture et de combler ses besoins en calories et en protéines.
Les avantages et les inconvénients du pâturage
L’un des avantages évidents du pâturage est son coût qui peut être jusqu’à vingt fois plus bas que celui du foin. [22] Le pâturage offre d’autres avantages aux chevaux et à leurs propriétaires, par exemple : [1]
- Les contacts sociaux: les équidés peuvent socialiser et combler les besoins instinctifs d’un animal fait pour vivre en troupeau.
- Le mouvement en liberté: les pâturages procurent aux chevaux de grands espaces pour se déplacer, faire de l’exercice et se dégourdir les membres.
- Un confinement minimal: les chevaux qui se déplacent librement ressentent moins de stress et courent moins de risque de souffrir de coliques ou de développer des stéréotypies.
- Une réduction des coûts d’alimentation: le pâturage naturel peut diminuer la nécessité de donner des aliments supplémentaires aux chevaux, ce qui permet de réaliser d’autres économies.
- La diminution des corvées de stalle: lorsque les chevaux passent moins de temps à l’intérieur, la nécessité de nettoyer régulièrement les stalles diminue.
Les pâturages sont ordinairement riches en calories, en protéines, en vitamines et en minéraux, et sont conséquemment un moyen efficace de fournir des nutriments. Cela dit, l’herbe des pâturages à volonté surpasse souvent les besoins nutritionnels des équidés adultes à l’entretien. Cela peut mener à l’obésité et accroître le risque de laminite liée à l’insuline chez les animaux atteints du syndrome métabolique. [1] [2]
Les pâturages requièrent d’autre part une régie efficace pour être productifs et peuvent ne pas convenir à tous les équidés.
La décision concernant la mise au pâturage et la durée qu’y passe le cheval doit réaliser un équilibre entre la satisfaction de ses besoins nutritionnels et l’optimisation de la productivité des herbages en vue de réduire les coûts d’alimentation.
La valeur nutritive des pâturages
La plupart des pâturages contiennent plusieurs espèces d’herbes. La valeur nutritive varie donc d’une parcelle à l’autre. [1] [2] [23] La nutrition fournie par les pâturages dépend aussi de la digestibilité des plantes et du nombre d’herbes présentes que les chevaux sont disposés à manger. [2]
Bien que le pâturage puisse combler les besoins nutritionnels de nombreux équidés, ceux nourris exclusivement à l’herbe devraient recevoir un supplément de vitamines et de minéraux pour garantir un profil nutritionnel complet. [1] [2] Les nutriments essentiels comme le sodium, le zinc et le cuivre sont probablement déficients dans les régimes composés exclusivement d’herbage. [24]
Les chevaux dont les besoins nutritionnels sont plus élevés peuvent nécessiter un apport calorique supplémentaire. Le pâturage seul peut ne pas répondre aux besoins en calories ou en protéines des chevaux astreints à des programmes d’exercice très intenses, ou encore des juments en fin de gestation ou qui commencent à allaiter un poulain. [2] [12] Les niveaux de calcium et de phosphore peuvent aussi être insuffisants chez les chevaux nourris uniquement à l’herbe qui sont soumis à une charge de travail modérée à lourde, ainsi que chez les juments gestantes ou qui allaitent. [24]
Les variations saisonnières
Le profil nutritionnel des pâturages fluctue tout au long de l’année en raison des variations saisonnières. En règle générale, les pâturages sont les plus nutritifs au printemps et à l’automne, et leur densité calorique diminue entre le printemps et l’automne. [1] [2] Ce changement correspond aux modifications de la teneur en glucides non structuraux.
La teneur en glucides non structuraux culmine souvent à la fin du printemps et au début de l’automne. De plus, la teneur en sucre des graminées printanières peut augmenter pendant les phases de pousse rapide des plantes.
La digestibilité
La digestibilité de l’herbe des pâturages dépend du type et des espèces de plantes, ainsi que de leur maturité au moment où le cheval les mange. Les graminées de saison fraîche sont habituellement plus digestes que leurs homologues de saison chaude, avec des variations notables au sein d’un même type de plante. [25]
À mesure que les plantes mûrissent, elles deviennent plus fibreuses et moins riches en protéines, ce qui abaisse la digestibilité des herbes matures. [1] Les équidés qui broutent dans un pré donné subissent des changements de valeur nutritive, de digestibilité et d’abondance de fourrage tout au long de la saison de pâturage.
À la fin de l’été et à l’automne, la maturité des graminées des pâturages fait augmenter le ratio entre les tiges et le feuillage. Puisque les tiges des plantes sont plus riches en fibres, les herbages peuvent devenir moins digestibles pendant cette période. [26] Les pacages exploités plus tard dans la saison de croissance peuvent aussi produire de l’herbe pauvre en calories, en glucides non structuraux, en protéines, en minéraux et en matières grasses. [1]
Les pratiques de mise au pâturage
La durée optimale de mise au pâturage du cheval doit tenir compte à la fois de l’abondance de l’herbe et des besoins nutritionnels de l’animal en question. Le temps alloué au pâturage peut ne pas toujours correspondre aux habitudes naturelles de l’animal.
Plusieurs facteurs influent sur la durée qu’un cheval peut passer au pâturage :
- la température ambiante;
- la disponibilité de fourrage;
- la qualité, la digestibilité et l’appétence du pâturage;
- la présence d’autres équidés;
- la présence de parasites, par exemple les mouches;
- l’âge du cheval.
On peut s’attendre à ce que les chevaux qui ont libre accès au pâturage passent de 40 à 60 % de leur temps à brouter lorsque les conditions sont favorables. [1]
Bien que cela varie d’un animal à l’autre, les chevaux préfèrent habituellement les pâturages mixtes plutôt que les champs où poussent uniquement des graminées ou des légumineuses. La maturité des plantes, les espèces végétales et la période de l’année ont aussi une incidence sur l’appétence et la quantité d’herbe que le cheval mange. [26]
Si le pâturage est abondant et agréable au goût, les chevaux consomment normalement une quantité de matière sèche d’herbage équivalant à environ 2 % de leur poids vif par jour. [20] Pour un cheval ordinaire de 500 kg (1 100 lb), cela correspond à 10 kg (22 lb) de matière sèche d’herbage.
La régie des pâturages
Bien que le pâturage soit un moyen économique de fournir du fourrage, il faut le gérer correctement pour qu’il demeure sécuritaire et productif pour les équidés. À défaut d’une régie adéquate, la qualité nutritionnelle des pâturages peut diminuer, et les chevaux courent un risque accru d’être exposés à des plantes toxiques. [23]
La densité de peuplement
L’une des décisions les plus importantes pour la régie des pâturages est le nombre de chevaux à mettre dans chaque enclos. Il est tout aussi important d’établir la durée de temps passé à brouter afin de ne pas accabler le pâturage en y mettant plus de chevaux ou en les y laissant plus longtemps que le pré ne peut supporter tout en demeurant durable.
Le terme taux de peuplement ou densité de peuplement fait référence au nombre d’animaux gardés dans une aire de pâturage donnée. Les taux de peuplement efficients varient en fonction de la productivité des pâturages. On recommande néanmoins de prévoir au moins 2,5 acres de terrain par cheval. [2] Un pâturage géré très minutieusement peut accueillir d’un à deux chevaux par acre durant la saison de croissance. [1]
Un taux de peuplement plus élevé n’est possible que dans les pâturages très productifs. Voici les facteurs qui influencent la croissance de l’herbe et le rendement des pâturages : [1] [23]
- la température, le type de sol et sa fertilité;
- les taux d’humidité;
- l’intensité lumineuse;
- les méthodes de régie des pâturages.
Un taux de peuplement inadéquat et une mauvaise régie des pâturages peuvent entraîner des problèmes tels que le surpâturage ou le sous-pâturage de certaines espèces végétales qui poussent dans un pacage.
Le surpâturage
Le surpâturage est un problème de régie courant qui se produit lorsque l’intensité de pâturage dépasse la capacité de récupération du pacage. Il s’agit de la capacité de ce dernier à se régénérer et à repousser après que les animaux y ont brouté.
Le surpâturage peut épuiser les nutriments du pré et causer l’érosion des sols. Par conséquent, le pacage devient moins productif, l’herbe est clairsemée et la quantité de mauvaises herbes indésirables croît.
Les signes de surpâturage dans un pacage incluent : [23]
- des amoncellements visibles de fumier à proximité des chevaux qui broutent;
- des parcelles de terrain dénudées;
- une herbe clairsemée;
- la prévalence des mauvaises herbes.
Le surpâturage compromet la repousse des plantes, ce qui réduit le rendement et la qualité des pacages. On recommande de retirer les chevaux du pré avant que l’herbe passe en dessous de 5 cm (2 pouces), ou de 10 à 15 cm (de 4 à 6 pouces) pendant l’automne. Lorsqu’un pacage est surexploité, on doit déplacer les équidés pour permettre à l’herbage de récupérer, plutôt que de simplement compléter leur alimentation avec du foin. [23]
Le sous-pâturage
Le sous-pâturage découle d’un manque d’animaux qui broutent ou d’une coupe insuffisante, ce qui conduit à la prédominance d’espèces végétales moins souhaitables. La coupe ou le pâturage d’animaux adéquats favorisent en effet la croissance des graminées. [23]
Si les chevaux ne broutent pas régulièrement dans un pacage, il faut entretenir l’herbe en la coupant à une hauteur de 10 cm (4 po) ou plus pour garder les plantes au stade végétatif et empêcher les mauvaises herbes de répandre leurs graines. [23]
Les méthodes de régie
Pour garder les pâturages sains et productifs pour les équidés, il faut envisager la mise en œuvre des stratégies suivantes : [23]
- semer des graminées appropriées;
- employer différents systèmes de régie des pâturages comme la rotation des pacages, le pâturage par bandes ou les aires sacrifiées;
- donner accès au foin pendant au moins quatre heures avant de mettre les chevaux au pacage;
- restreindre le temps passé au pâturage à quelques heures par jour, si nécessaire;
- faire paître les chevaux avec d’autres animaux comme des moutons ou des vaches;
- couper et herser régulièrement les pacages.
Les transitions de fourrage
La transition de fourrage désigne le processus visant à modifier la source primaire de fourrage d’un équidé, que ce soit pour passer d’un type de foin à un autre, du foin à l’herbe ou inversement. Les transitions de fourrage correctement gérées sont cruciales pour maintenir une santé digestive optimale et le bien-être général des équidés.
Le système digestif équin est peuplé d’une collectivité diversifiée de microbes qui aident à décomposer la matière végétale fibreuse. Les changements soudains de fourrage peuvent perturber cet équilibre microbien, et provoquer potentiellement des troubles digestifs comme les coliques.
La transition printanière du foin sec au pâturage est une source fréquente de préoccupation pour un grand nombre de propriétaires de chevaux. Ils accordent toutefois moins d’attention à la transition du pâturage au foin à l’arrivée de l’automne ou de l’hiver.
La transition du pâturage au fourrage sec
La recherche a démontré que la transition d’un cheval du pâturage à un régime à base de foin et de concentrés augmentait temporairement le pH fécal, signalant une baisse du taux d’acidité dans l’intestin postérieur. [16]
Le passage de l’herbe fraîche au foin accroît la présence de bactéries Streptococcus et Lactobacillus dans le fumier, ce qui suggère des changements dans la population microbienne de l’intestin postérieur. [16] [17]
Comme pour toute modification importante d’alimentation du cheval, la transition automnale du pâturage au foin doit se faire attentivement et graduellement. Les changements brusques peuvent provoquer des troubles digestifs et hausser le risque de colique d’obstruction chez les chevaux et les ânes en raison de la plus faible teneur en humidité du foin. [21] [27]
Les chevaux qui passent du pâturage au foin doivent avoir accès à de l’eau fraîche en tout temps pour favoriser une hydratation suffisante et une fonction intestinale adéquate. L’ajout de sel en cristaux à la ration permet de satisfaire des besoins en sodium. Le sel stimule la soif et favorise une bonne hydratation.
Prévenir la perte de poids
Le maintien du poids est un facteur important dont il faut tenir compte pendant cette transition. La perte de poids peut se produire pour un certain nombre de raisons lorsque le cheval passe du pâturage à un régime à base de foin, dont voici les principales :
- La densité calorique du foin est inférieure à celle de l’herbe des pâturages.
- Les besoins caloriques de l’animal augmentent en automne et en hiver pour maintenir sa température corporelle par temps plus frais.
- Le cheval perd le poids en eau lors de la transition vers un fourrage dont le taux d’humidité est plus bas.
- Les problèmes dentaires peuvent faire en sorte qu’il ait de la difficulté à mastiquer le foin.
Pour éviter une perte de poids soudaine lors de la transition automnale du pâturage au foin, il faut veiller à choisir un foin agréable au goût qui correspond aux besoins nutritionnels du cheval.
Si votre cheval mange principalement du foin, soumettez un échantillon de fourrage pour l’analyse de son contenu nutritionnel. Si le foin ne répond pas aux besoins en calories et en protéines de votre équidé, envisagez de le compléter avec un aliment ou un fourrage plus nutritif pour hausser son apport calorique.
La transition progressive
L’un des meilleurs moyens de s’assurer que la transition du pâturage au foin s’opère en douceur est de faire le changement progressivement. Les transitions progressives donnent au microbiome intestinal du cheval le temps de s’adapter, ce qui peut améliorer l’absorption des nutriments et prévenir les troubles digestifs.
On peut restreindre progressivement l’accès au pâturage pendant quelques semaines tout en augmentant la quantité de foin donnée au cheval. En plus de soutenir la transition, la restriction du temps passé au pâturage peut par ailleurs empêcher le surpâturage des graminées qui poussent à l’automne.
On peut aussi donner du foin avant la mise au pacage pour aider le cheval à s’adapter à son nouveau fourrage et éviter la surconsommation d’herbe une fois qu’il est au pâturage.
On peut finalement envisager d’ajouter à la ration un supplément de probiotiques et de prébiotiques pendant les transitions de fourrage pour entretenir un microbiome sain. Optimum Digestive Health de Mad Barn contient des probiotiques, des prébiotiques, de la levure et des enzymes digestives pour soutenir l’intestin postérieur des chevaux et diminuer le risque de troubles digestifs.
En résumé
Le fourrage est la pierre angulaire de l’alimentation des équidés, et la plupart des régimes alimentaires équins comportent une certaine combinaison de foin et de pâturage. Pour équilibrer la diète d’un cheval, il faut garder à l’esprit les principales différences entre le foin et l’herbe fraîche :
- Le pâturage contient plus d’eau que le foin.
- Le foin contient peu de vitamines A et E, et les équidés nourris exclusivement au foin ont besoin d’un supplément.
- La teneur en calories, en glucides solubles dans l’éthanol (sucre) et en amidon du foin est plus basse que celle de l’herbe fraîche. Il est donc bénéfique pour les chevaux en surpoids et atteints du syndrome métabolique.
- Le foin contient plus de fibres que le pâturage et il est moins digeste.
Le foin et l’herbe fraîche des pâturages possèdent des avantages et des inconvénients distincts. Pour choisir la meilleure source de fourrage pour votre cheval, vous devez tenir compte de son niveau d’activité, de son état physiologique et de sa condition physique, ainsi que de votre budget et de la disponibilité du fourrage dans votre région.
L’ajustement de la proportion de foin et d’herbe fraîche dans l’alimentation du cheval peut aussi aider à surmonter les variations saisonnières de qualité et de quantité du fourrage. Chaque fois que le cheval passe d’une source de fourrage à une autre, la transition doit se faire progressivement pour éviter les troubles digestifs ou autres problèmes de santé.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur l'alimentation des chevaux avec du foin ou au pâturage :
Le foin et le pâturage peuvent tous deux être de bons choix de fourrage lorsqu'ils répondent aux besoins de votre cheval. Le pâturage est généralement plus digestible et plus riche en vitamines, tandis que le foin est plus facile à mesurer, à entreposer et à distribuer toute l'année. Le meilleur choix dépend de l'état corporel, de la charge de travail, du risque métabolique, de la saison, de la qualité du pâturage et de la qualité du foin. La plupart des chevaux ont également besoin de sel et d'un supplément de vitamines et de minéraux.
Un cheval peut vivre uniquement de foin si celui-ci fournit suffisamment d'énergie, de protéines et de fibres, mais le foin ne fournit généralement pas tous les nutriments nécessaires. Le foin est souvent pauvre en vitamine E, en sodium, en zinc, en cuivre et parfois en sélénium. Les chevaux nourris principalement au foin ont habituellement besoin de sel ordinaire et d'un supplément équilibré de vitamines et de minéraux pour prévenir les carences nutritionnelles.
Les chevaux nourris au foin ont souvent besoin de vitamine E parce que la teneur de ce nutriment diminue lorsque l'herbe est coupée, séchée et entreposée. Le pâturage frais est naturellement plus riche en vitamine E, tandis que le foin en contient beaucoup moins après la récolte. La vitamine E contribue au fonctionnement normal des muscles et des nerfs, de sorte que les chevaux qui ont peu ou pas accès au pâturage sont plus susceptibles d'avoir besoin d'une supplémentation.
Le pâturage contient souvent plus de sucres et d'amidon que le foin, particulièrement pendant la croissance rapide au printemps et dans certaines conditions automnales. Le foin est généralement plus faible en glucides non structuraux parce que les plantes coupées continuent d'utiliser les sucres stockés pendant le séchage. Cela est particulièrement important pour les chevaux atteints du syndrome métabolique équin, de dysrégulation de l'insuline ou à risque de fourbure, puisque des apports plus élevés en sucres peuvent augmenter les réponses insulinique.
La plupart des chevaux adultes consomment environ 2 à 2,5 % de leur poids corporel en matière sèche de foin chaque jour lorsque le foin est offert à volonté. Un cheval de 500 kg (1 100 lb) peut consommer environ 10 kg (22 lb) de matière sèche de foin par jour. Les chevaux en croissance, en lactation, gestants ou soumis à un travail intense peuvent avoir besoin de nutriments supplémentaires au-delà de ce que le foin fournit à lui seul.
La transition du pâturage au foin devrait se faire graduellement sur une période de 2 à 3 semaines afin de permettre aux microbes du gros intestin de s'adapter. Réduisez progressivement le temps passé au pâturage tout en augmentant la quantité de foin, et assurez un accès constant à de l'eau fraîche. Le foin contient beaucoup moins d'humidité que l'herbe, donc du sel ordinaire en vrac peut également aider à stimuler la consommation d'eau et à soutenir la fonction digestive.
Les chevaux peuvent perdre du poids après être passés du pâturage au foin parce que le foin est généralement moins riche en humidité, en énergie et en digestibilité que l'herbe fraîche. Le temps plus froid peut également augmenter les besoins caloriques, tandis que les problèmes dentaires peuvent rendre le foin plus difficile à mâcher. Le choix d'un foin appétent adapté aux besoins de votre cheval aide à réduire le risque de perte de poids non désirée.
Le meilleur type de foin pour les chevaux dépend de l'état corporel, de la charge de travail, de l'âge, de la santé dentaire et du statut métabolique de chaque cheval. Un foin de graminées plus mature peut convenir aux chevaux qui maintiennent facilement leur poids, tandis que la luzerne ou un foin de graminées récolté plus tôt peut être utile pour les chevaux ayant des besoins plus élevés en énergie ou en protéines. La propreté, les conditions d'entreposage, le stade de maturité à la récolte et l'analyse du foin sont plus importants que l'apparence seule.
Le pâturage peut répondre aux besoins en énergie et en protéines de nombreux chevaux, mais il laisse souvent des carences en nutriments essentiels. Le sodium, le zinc et le cuivre sont fréquemment insuffisants, et les chevaux soumis à un travail intense, en fin de gestation ou en début de lactation peuvent avoir besoin de calories, de protéines, de calcium ou de phosphore supplémentaires. Un supplément de vitamines et de minéraux aide à équilibrer les régimes à base de pâturage.
Les chevaux ont généralement besoin d'une superficie de pâturage suffisante pour brouter sans endommager le terrain ni dépasser leurs besoins nutritionnels. Une recommandation courante est de prévoir au moins 2,5 acres par cheval, bien qu'un pâturage très productif et soigneusement géré puisse soutenir un à deux chevaux par acre. La capacité de charge dépend du sol, des précipitations, de la croissance de l'herbe, de la saison et des pratiques de gestion du pâturage.
Les cubes et les granules de foin peuvent être des options de fourrage utiles, particulièrement pour les chevaux ayant des problèmes dentaires, une sensibilité respiratoire ou un accès limité à du bon foin. Ils contiennent souvent moins de poussière et sont plus faciles à mâcher, mais les chevaux les consomment plus rapidement que le foin à longues tiges. Des repas plus petits et plus fréquents aident à éviter de longues périodes sans fourrage.
Un foin de bonne qualité est propre, appétent, bien entreposé et adapté aux besoins nutritionnels de votre cheval. Il doit être exempt de moisissures, de poussière, de mauvaises herbes, d'insectes et de débris, mais sa couleur et sa texture ne permettent pas à elles seules d'évaluer sa valeur nutritive. Une analyse du foin est la meilleure façon de vérifier sa teneur en énergie, en protéines, en fibres, en minéraux et son adéquation globale.
Résumé
Le fourrage est la pierre angulaire de l’alimentation équine, et la plupart des plans d’alimentation contiennent une combinaison de foin et de pâturage. Lors de l’équilibrage de l’alimentation de votre cheval, il y a quelques différences clés à garder à l’esprit entre le foin et le pâturage :
- Le pâturage a une teneur en eau plus élevée que le foin.
- Le foin est déficient en vitamines A et E, ce qui nécessite une supplémentation chez les chevaux suivant une alimentation uniquement au foin.
- Le foin a généralement une teneur en énergie, en ESC (sucre) et en amidon plus faible que le pâturage, ce qui le rend bénéfique pour les chevaux en surpoids et ceux présentant des troubles métaboliques.
- Le foin contient plus de fibres que le pâturage et est moins digestible.
Le foin et le pâturage offrent tous deux des avantages et des inconvénients distincts. Vous pouvez choisir la meilleure source de fourrage pour votre cheval en tenant compte de son niveau d’activité, de son état physiologique et de son état corporel, ainsi que de votre budget et de la disponibilité du fourrage dans votre région. Ajuster la proportion de foin et de pâturage dans l’alimentation de votre cheval peut aussi aider à surmonter les variations saisonnières de la qualité et de la quantité de fourrage. Lors de tout changement de source de fourrage, rappelez-vous que la transition doit se faire graduellement afin d’éviter des troubles digestifs ou d’autres problèmes de santé.
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