La fluticasone pour les chevaux est un corticostéroïde inhalé utilisé sous supervision vétérinaire pour aider à maîtriser l’inflammation chronique des voies respiratoires associée à l’asthme équin.

Contrairement aux corticostéroïdes systémiques administrés par voie orale ou par injection, la fluticasone inhalée est conçue pour agir localement dans les voies respiratoires inférieures tout en limitant l’exposition du reste de l’organisme.

Malgré cela, ce n’est pas un médicament de secours pour la détresse respiratoire aiguë et elle doit être utilisée avec une technique d’inhalation adéquate, un dispositif d’administration adapté aux chevaux et une supervision vétérinaire.

La prise en charge efficace de l’asthme équin repose sur plus que les médicaments. Poursuivez votre lecture pour découvrir comment la fluticasone est utilisée chez les chevaux, comment elle est administrée, quelles précautions les propriétaires doivent connaître et comment la gestion de l’environnement favorise une meilleure santé respiratoire.

Cet article est fourni à des fins éducatives seulement. Les renseignements présentés ici ne remplacent pas les conseils d’un vétérinaire.

Fluticasone pour les chevaux

La fluticasone, couramment formulée sous forme de propionate de fluticasone, est un glucocorticostéroïde synthétique. [1] En médecine humaine, elle est largement utilisée comme traitement d’entretien de l’asthme ainsi que de l’inflammation nasale allergique ou non allergique. [2]

En médecine vétérinaire équine, la fluticasone est utilisée pour aider à maîtriser l’inflammation chronique des voies respiratoires et la bronchoconstriction associées à l’asthme équin. [3]

La fluticasone présente certains avantages par rapport à des corticostéroïdes plus anciens, notamment une forte activité locale et une disponibilité systémique limitée. [4] Cela permet aux vétérinaires d’administrer une dose locale ciblée tout en réduisant l’exposition générale de l’organisme aux stéroïdes.

Le médicament est conçu pour exercer un effet topique sur la muqueuse respiratoire. Après l’inhalation, il pénètre les membranes des cellules des voies respiratoires et agit localement dans les poumons. Tout médicament avalé pendant l’administration est en grande partie inactivé par le métabolisme de premier passage dans le foie, ce qui aide à réduire l’exposition du reste de l’organisme. [3]

La fluticasone est un médicament délivré uniquement sur ordonnance et ne peut être légalement obtenue et administrée que sous la direction d’un vétérinaire autorisé.

  illustration de la molécule de fluticasone

Formes disponibles

Il n’existe actuellement aucune formulation commerciale de fluticasone destinée spécifiquement à l’usage vétérinaire; les vétérinaires équins utilisent donc des formulations destinées aux humains lorsqu’ils prescrivent ce médicament aux chevaux. [5]

Ainsi, l’utilisation de la fluticasone chez les chevaux est considérée comme hors indication, aussi appelée utilisation non homologuée, tant aux États-Unis qu’au Canada.

L’utilisation hors indication est permise par la réglementation encadrant les prescriptions vétérinaires et relève du jugement d’un vétérinaire autorisé. La fluticasone est formulée pour l’inhalation ou l’application topique sur les muqueuses, mais les différents modes d’administration destinés aux humains ne conviennent pas tous à l’usage chez les chevaux.

Les formes courantes de fluticasone comprennent : [3][6][7][8]

  • Inhalateurs-doseurs (ID) : Les ID sont la principale forme posologique utilisée chez les chevaux. Les inhalateurs de fluticasone HFA utilisent un propulseur hydrofluoroalcane pour administrer une quantité mesurée de médicament sous forme de brume. La cartouche doit être agitée avant l’utilisation afin d’aider à assurer une dose uniforme.
  • Inhalateurs à poudre sèche (IPS) : Les IPS sont utilisés en médecine humaine, mais ne conviennent pas aux chevaux. Ces dispositifs nécessitent que le patient prenne une forte inspiration volontaire pour aspirer la poudre dans les voies respiratoires inférieures, ce que les chevaux ne peuvent pas apprendre à faire de façon fiable.
  • Vaporisateurs nasaux aqueux : Les vaporisateurs nasaux utilisés contre la rhinite chez l’humain ne sont pas employés pour les maladies des voies respiratoires inférieures chez le cheval, car leurs plus grosses gouttelettes demeurent surtout dans les voies respiratoires supérieures et n’atteignent pas efficacement les poumons.

Les noms commerciaux de préparations humaines en inhalateur-doseur pouvant être prescrites aux chevaux, selon le pays et leur disponibilité, comprennent : [5][7]

  • Flovent® HFA
  • Flixotide® Evohaler
  • Inhalateurs génériques de propionate de fluticasone HFA

Classe de médicaments : glucocorticoïdes

La fluticasone appartient à une classe de corticostéroïdes appelés glucocorticoïdes. Ces médicaments reproduisent les effets du cortisol, une hormone produite par les glandes surrénales en réponse au stress physiologique. [3]

Les glucocorticoïdes sont de puissants agents anti-inflammatoires et immunosuppresseurs. Contrairement aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), qui ciblent principalement les voies de la cyclooxygénase impliquées dans la douleur et l’inflammation, les glucocorticoïdes agissent plus largement en supprimant plusieurs composantes de la cascade inflammatoire. [4][5]

Parmi les autres corticostéroïdes utilisés ou abordés en médecine respiratoire équine, on trouve : [3][5]

  • Dexaméthasone : Un glucocorticoïde systémique couramment utilisé pour traiter rapidement un bronchospasme grave et une obstruction des voies respiratoires. Son utilisation systémique à long terme entraîne un risque accru d’effets indésirables, notamment la fourbure et la suppression surrénalienne.
  • Prednisolone : Un glucocorticoïde systémique oral utilisé pour la prise en charge à long terme chez certains chevaux. La prednisone, prodrogue de la prednisolone, est généralement considérée comme moins efficace chez le cheval en raison de sa faible biodisponibilité orale et de sa conversion hépatique limitée.
  • Acétate d’isoflupredone : Un corticostéroïde injectable pouvant améliorer la fonction pulmonaire, mais qui possède une activité minéralocorticoïde susceptible d’accroître le risque d’hypokaliémie, soit un taux de potassium dangereusement bas.
  • Dipropionate de béclométhasone : Une ancienne prodrogue de corticostéroïde inhalé. Elle peut être efficace contre l’asthme équin, mais peut présenter une absorption systémique supérieure à celle de la fluticasone.
  • Ciclésonide : Une prodrogue inhalée plus récente, activée dans l’épithélium pulmonaire. Sa forte liaison aux protéines dans la circulation aide à limiter son activité systémique.
  • Budésonide : Un corticostéroïde inhalé pouvant améliorer la fonction pulmonaire, mais qui peut entraîner une absorption systémique et une suppression de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien chez certains chevaux asthmatiques.

Mécanisme d’action

Le propionate de fluticasone agit par plusieurs mécanismes anti-inflammatoires connexes. Ses effets sont influencés par sa forte affinité de liaison à des récepteurs spécialisés présents dans de nombreux types de cellules, notamment les cellules épithéliales des voies respiratoires, les macrophages et les cellules des muscles lisses. [4][7][9]

La structure moléculaire du médicament contribue à sa puissance. Les atomes de fluor augmentent sa capacité à traverser les membranes des cellules pulmonaires. Une fois dans la cellule, la fluticasone se lie aux récepteurs des glucocorticoïdes et modifie la signalisation inflammatoire. [1][9]

Mécanismes génomiques

Certains des effets anti-inflammatoires prolongés de la fluticasone seraient liés à des voies génomiques qui modifient la transcription des gènes et la synthèse des protéines. [7] Ces mécanismes pourraient expliquer pourquoi la fluticasone a un délai d’action clinique et n’est pas utilisée comme médicament de secours en situation d’urgence. [3][6]

Après l’inhalation et le dépôt dans les poumons, la fluticasone peut traverser les membranes cellulaires et se lier aux récepteurs des glucocorticoïdes à l’intérieur des cellules. [3][5] Le complexe médicament-récepteur activé peut ensuite pénétrer dans le noyau cellulaire et influencer l’expression des gènes par deux voies proposées : [5][7][9]

  • Transrépression génique : Cette voie contribuerait à l’activité anti-inflammatoire en réduisant l’expression des gènes pro-inflammatoires. Cela peut diminuer la production de molécules inflammatoires, notamment les cytokines, les chimiokines et les facteurs d’adhésion.
  • Transactivation génique : Le complexe peut aussi se lier directement à l’ADN et augmenter l’expression de gènes anti-inflammatoires, comme l’interleukine-10, ainsi que d’inhibiteurs des voies inflammatoires comme la lipocortine-1.

Mécanismes non génomiques

La fluticasone peut également avoir des effets non génomiques rapides qui surviennent dans les minutes suivant l’administration. [3] Ces actions seraient attribuables à des interactions avec les membranes cellulaires ou avec les récepteurs des glucocorticoïdes membranaires et cytosoliques. [5]

Les effets non génomiques peuvent comprendre : [5]

  • Des changements des taux de calcium intracellulaire
  • La modulation des espèces réactives de l’oxygène
  • Une réduction de la contraction des muscles lisses des voies respiratoires

Chez les chevaux asthmatiques, ces effets peuvent aider à réduire le rétrécissement des voies respiratoires et à améliorer le passage de l’air en limitant certains des signaux cellulaires immédiats qui contribuent à la bronchoconstriction et à l’hyperréactivité des voies respiratoires.

Cependant, ces effets rapides ne remplacent pas l’action anti-inflammatoire plus lente nécessaire à la prise en charge de l’asthme équin chronique. La fluticasone est toujours considérée comme un médicament d’entretien, car son principal bénéfice clinique dépend de la réduction progressive de l’inflammation des voies respiratoires. [3][5]

Remodelage des voies respiratoires

L’asthme équin chronique est associé à un remodelage des voies respiratoires, notamment : [9]

  • Une augmentation de la masse des muscles lisses des voies respiratoires
  • Un dépôt de matrice extracellulaire
  • Une hypertrophie des glandes à mucus
  • Une fragilité épithéliale

L’administration prolongée de fluticasone inhalée peut aider à réduire certains de ces changements structurels dans les poumons du cheval. [9]

Utilisations chez les chevaux

Les perturbations du système respiratoire du cheval peuvent causer une toux chronique, une production excessive de mucus, un écoulement nasal, une intolérance à l’effort et un effort respiratoire accru au repos. La fluticasone est utilisée comme médicament ciblé contre l’inflammation des voies respiratoires inférieures associée aux syndromes asthmatiques. [3]

La fluticasone est utilisée en médecine équine pour traiter : [3]

  • L’asthme équin sévère, autrefois appelé obstruction récurrente des voies respiratoires ou pousse
  • L’asthme équin léger à modéré, autrefois appelé maladie inflammatoire des voies respiratoires
  • La maladie pulmonaire obstructive estivale au pâturage, une forme saisonnière d’asthme associée à la chaleur, à l’humidité et aux allergènes présents dans l’air extérieur

Bien que les glucocorticoïdes systémiques puissent être utilisés pour de nombreuses affections à médiation immunitaire chez les chevaux, la fluticasone inhalée est utilisée spécifiquement pour les maladies pulmonaires. [10]

La fluticasone est surtout considérée comme un traitement d’entretien. Les recherches indiquent que la fluticasone inhalée peut aider à prévenir les crises d’asthme et à maintenir une rémission clinique lorsque les chevaux sont exposés à des milieux plus riches en antigènes. [3][5]

Toutefois, la fluticasone n’est pas le traitement privilégié lors d’une crise d’asthme aiguë et sévère. Comparativement à la dexaméthasone intraveineuse, la fluticasone agit plus lentement et peut prendre jusqu’à 72 heures avant de produire une amélioration notable, tandis que la dexaméthasone systémique peut procurer un soulagement mesurable plus rapidement. [5]

Lors d’une détresse respiratoire aiguë, un bronchospasme sévère et du mucus peuvent empêcher physiquement les particules inhalées d’atteindre les petites voies respiratoires. Dans ces cas, des corticostéroïdes systémiques et d’autres traitements d’urgence peuvent d’abord être nécessaires, puis la fluticasone inhalée peut être utilisée à long terme une fois la perméabilité des voies respiratoires améliorée. [3][5]

Il est important que les propriétaires de chevaux comprennent que la fluticasone ne guérit pas l’hypersensibilité sous-jacente des poumons du cheval. Même avec un puissant traitement anti-inflammatoire, l’inflammation des voies respiratoires peut persister si le cheval demeure exposé à la poussière, aux moisissures et à d’autres antigènes déclencheurs. [3]

Voies d’administration

La fluticasone est administrée par inhalation à l’aide d’un inhalateur-doseur (ID) étiqueté pour usage humain et d’un dispositif d’administration conçu pour les chevaux. Comme les produits commerciaux à base de fluticasone ne sont pas homologués pour les chevaux, la dose doit être déterminée par le vétérinaire responsable selon le poids corporel, la gravité de la maladie, la durée des signes, le degré initial d’obstruction des voies respiratoires et la réponse clinique. [3]

Les chevaux respirent obligatoirement par le nez et on ne peut pas leur demander d’inspirer exactement au moment où la cartouche est actionnée. Pour cette raison, l’inhalateur ne doit pas être vaporisé directement dans la narine. [3]

L’ID est plutôt fixé à un dispositif d’administration d’aérosol pour chevaux, aussi appelé espaceur ou chambre d’inhalation. Parmi les exemples figurent Equine Haler, AeroHippus Equine Aerosol Chamber et le système de masque Flexineb. [3]

Illustration de la structure et de l’utilisation d’un inhalateur pour chevaux

 

Ces dispositifs retiennent le médicament en aérosol dans une chambre jusqu’à ce que le cheval inspire naturellement. Des valves unidirectionnelles aident à acheminer le médicament dans les voies respiratoires pendant l’inspiration et empêchent le cheval de l’expirer à nouveau dans la chambre. [3][6]

La posologie des médicaments doit être déterminée par un vétérinaire autorisé selon l’état de chaque cheval. Une dose incorrecte peut causer des dommages graves. Suivez toujours exactement les directives de l’étiquette d’ordonnance et ne modifiez jamais une dose sans l’avis d’un professionnel.

Technique d’administration

Le succès du traitement à la fluticasone dépend de l’arrivée du médicament dans les voies respiratoires inférieures. Le dépôt de l’aérosol est influencé par la taille des particules, l’ajustement du dispositif, le moment de l’administration et l’entretien de l’espaceur. [3]

Pour favoriser une administration efficace : [3][6]

  • Agiter la cartouche : L’ID doit être agité vigoureusement pendant au moins cinq secondes avant chaque dose. Sans agitation adéquate, le médicament peut ne pas rester uniformément en suspension dans le propulseur.
  • Amorcer au besoin : Un inhalateur neuf, ou qui n’a pas été utilisé depuis plus de sept jours, peut devoir être amorcé selon les directives du vétérinaire ou du fabricant.
  • Bien synchroniser chaque dose : L’inhalateur doit être actionné dans l’espaceur juste avant que le cheval commence à inspirer. Libérer le médicament pendant que le cheval expire peut gaspiller la dose.
  • Administrer une seule vaporisation à la fois : Libérer plusieurs bouffées à la fois dans la chambre peut faire entrer les particules en collision, les faire grossir et les faire retomber avant que le cheval ne les inhale.
  • Utiliser des bronchodilatateurs lorsqu’ils sont prescrits : Les chevaux présentant un effort respiratoire visible peuvent avoir besoin d’un bronchodilatateur à action rapide, comme l’albutérol, avant la fluticasone afin d’améliorer l’ouverture des voies respiratoires et l’administration du médicament.
  • Entretenir correctement l’espaceur : Les espaceurs et masques en plastique doivent être nettoyés avec un détergent doux et laissés sécher à l’air. Le séchage avec une serviette peut produire de l’électricité statique, faisant adhérer les particules d’aérosol aux parois de la chambre plutôt que d’atteindre les voies respiratoires.

Biodisponibilité

Le principal avantage de la fluticasone est son activité respiratoire localisée et sa faible biodisponibilité systémique. [3]

Même avec une bonne technique, une partie du médicament en aérosol se dépose dans les voies respiratoires supérieures, est avalée et pénètre dans le tractus gastro-intestinal. [3] Lorsqu’elle est avalée, la fluticasone présente une très faible biodisponibilité orale, et le médicament absorbé dans le tractus est rapidement métabolisé par le foie. [5][7]

L’efficacité des médicaments contre l’asthme chez les chevaux est étroitement liée à la qualité de l’air et à la ventilation de l’écurie. Les changements de gestion sont essentiels à la prise en charge à long terme de l’asthme équin, notamment : [3]

  • Réduire l’exposition au foin sec
  • Utiliser une litière peu poussiéreuse
  • Améliorer la ventilation
  • Balayer à l’intérieur lorsque les chevaux sont dehors
  • S’assurer que le foin est exempt de moisissures ou d’autres contaminants

Lorsque la fluticasone est associée à une réduction de la poussière ambiante, les chevaux peuvent présenter une amélioration plus rapide des signes cliniques, de la fonction pulmonaire et de l’inflammation des voies respiratoires qu’avec la gestion environnementale seule. [9]

Entreposage

Un entreposage adéquat aide à préserver l’intégrité physique de l’inhalateur pressurisé et de la suspension médicamenteuse.

Les consignes d’entreposage comprennent : [7][10]

  • Température : Conserver l’inhalateur à température ambiante contrôlée. Le gel ou une chaleur excessive peuvent altérer la suspension.
  • Orientation : Conserver l’inhalateur avec l’embout buccal en plastique orienté vers le bas, sauf indication contraire sur l’étiquette du produit.
  • Risques liés à la chaleur et aux perforations : Garder la cartouche à l’abri de la lumière directe du soleil, des flammes nues, de la chaleur intense et des risques de perforation. Les cartouches d’aérosol pressurisées peuvent éclater si elles sont chauffées ou endommagées.
  • Entreposage sécuritaire : Garder l’inhalateur hors de la portée des enfants et des animaux afin de prévenir une décharge accidentelle, le mâchonnement ou l’ingestion.
  • Suivi des doses : Surveiller le compteur de doses et renouveler l’ordonnance avant qu’il n’atteigne « 000 ». Certaines cartouches peuvent continuer à pulvériser du propulseur une fois le médicament épuisé.

Mises en garde et précautions

La fluticasone présente un bon profil d’innocuité lorsqu’elle est administrée par inhalation sous supervision vétérinaire, mais elle ne convient pas à toutes les situations. Les chevaux qui reçoivent ce médicament doivent être surveillés pour évaluer leur réponse respiratoire, toute irritation locale et les signes indiquant que leur état s’aggrave plutôt que de s’améliorer. [5]

Contre-indications

Les contre-indications sont des circonstances dans lesquelles un médicament doit être évité ou utilisé uniquement avec une prudence vétérinaire particulière.

La fluticasone inhalée peut être contre-indiquée chez les chevaux présentant : [5]

  • Bronchospasme aigu ou détresse respiratoire : La fluticasone ne doit pas être utilisée comme principal médicament de secours en cas de respiration sifflante potentiellement mortelle, de bronchospasme grave ou de difficulté respiratoire importante. Il s’agit d’un traitement de fond, et non d’un bronchodilatateur à action rapide.
  • Infection respiratoire active : La fluticasone ne doit pas être utilisée lorsque la détresse respiratoire est causée par une infection bactérienne, virale ou fongique active grave, sauf indication contraire d’un vétérinaire autorisé. L’immunosuppression locale peut aggraver l’infection si un traitement antimicrobien ou de soutien approprié n’est pas administré.
  • Hypersensibilité connue : La fluticasone doit être évitée chez les chevaux présentant une allergie ou une réaction d’hypersensibilité connue à la fluticasone, aux propulseurs HFA ou à d’autres ingrédients de l’inhalateur.

L’utilisation d’un inhalateur ne remplace pas une évaluation vétérinaire. La toux, la respiration laborieuse, les écoulements nasaux, la baisse de performance et l’augmentation de l’effort respiratoire peuvent avoir de nombreuses causes, et le traitement approprié dépend du diagnostic.

Les inhalateurs de fluticasone ne doivent pas non plus être partagés entre les chevaux. Chaque cheval a besoin d’une ordonnance vétérinaire individuelle, et le partage des inhalateurs ou des masques peut entraîner un dosage incorrect, retarder le diagnostic, causer une contamination croisée ou mener au traitement inapproprié d’une autre affection respiratoire.

Effets secondaires

Lorsqu’elle est administrée par inhalation aux doses thérapeutiques appropriées, la fluticasone est généralement bien tolérée par les chevaux. L’administration par inhalation aide à éviter de nombreux effets secondaires associés à l’utilisation chronique de corticostéroïdes systémiques, notamment la fonte musculaire, la résistance à l’insuline, l’altération du métabolisme osseux, la polyurie (miction excessive) et la polydipsie (soif excessive). [3]

Malgré cela, la surveillance par le propriétaire demeure importante, surtout lors d’un traitement à long terme.

Axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien

La suppression de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) est un effet secondaire connu de l’utilisation de glucocorticoïdes systémiques. Cela signifie que l’utilisation continue de glucocorticoïdes systémiques peut réduire la production naturelle de cortisol du cheval par rétroaction négative au niveau de l’hypothalamus et de l’hypophyse. [3][5]

Les recherches indiquent que les doses thérapeutiques standard de fluticasone inhalée ne suppriment pas significativement l’axe HHS, ce qui permet aux chevaux de maintenir des taux basaux normaux de cortisol et de réagir adéquatement au stress. [3]

Une exposition prolongée à de fortes doses peut finir par entraîner une suppression mesurable du cortisol, mais cela semble peu fréquent et peut ne pas s’accompagner de signes cliniques. [3]

Fonction immunitaire

Une préoccupation importante avec la corticothérapie est l’immunosuppression systémique, qui peut accroître la vulnérabilité aux infections. Des études à long terme sur des chevaux asthmatiques traités par fluticasone inhalée pendant jusqu’à 11 mois n’ont révélé aucun effet nocif significatif sur la fonction immunitaire innée ou adaptative. [3]

Les chevaux recevant de la fluticasone à long terme ont également été capables de produire des anticorps en réponse aux vaccinations courantes, notamment contre l’anatoxine du tétanos et des antigènes viraux multivalents. [9] Cela laisse croire que la fluticasone inhalée pourrait ne pas avoir les mêmes effets immunosuppresseurs que les glucocorticoïdes systémiques.

Risque de fourbure

Certains glucocorticoïdes systémiques ont historiquement été associés à la fourbure chez les chevaux à risque. [3][5] Les données disponibles indiquent que la fourbure associée à la fluticasone inhalée est très rare, ce qui fait du traitement inhalé une option privilégiée pour certains chevaux asthmatiques présentant des facteurs de risque métaboliques, comme le syndrome métabolique équin ou la dysfonction de la pars intermedia de l’hypophyse. [3]

Les chevaux ayant des antécédents de facteurs de risque de fourbure doivent néanmoins faire l’objet d’une surveillance étroite lorsqu’un corticostéroïde est prescrit.

Effets secondaires locaux et systémiques

La plupart des effets secondaires associés à la fluticasone inhalée sont locaux et légers, mais les propriétaires doivent surveiller le confort respiratoire du cheval, la peau du museau et son état général.

Les effets secondaires possibles comprennent : [3][5]

  • Irritation respiratoire : Certains chevaux peuvent tousser brièvement après avoir inhalé l’aérosol. Cela est souvent passager, mais une toux persistante ou qui s’aggrave doit être discutée avec un vétérinaire.
  • Irritation cutanée : L’utilisation prolongée du masque et le dépôt local de stéroïdes peuvent parfois contribuer à une perte de poils localisée, des rougeurs, des lésions ou un amincissement de la peau autour du museau. Le masque doit être nettoyé régulièrement et bien ajusté.
  • Signes d’exposition systémique aux stéroïdes : Communiquez avec votre vétérinaire si votre cheval présente une soif accrue, une augmentation de la miction, une prise de poids anormale, une apparence ventrue ou une faiblesse inexpliquée.

Toxicité aiguë (surdosage)

Un surdosage par inhalation normale est peu probable lorsque le médicament est administré conformément à l’ordonnance. [5][6] Toutefois, des effets toxiques graves peuvent survenir si un cheval mâche ou ingère la cartouche pressurisée de l’inhalateur.

Si un cheval mange ou perce le contenant, communiquez immédiatement avec votre vétérinaire ou un centre antipoison pour animaux.

Interactions médicamenteuses

La fluticasone dépend du métabolisme hépatique pour neutraliser le médicament avalé avant qu’il n’atteigne la circulation systémique. Les médicaments qui inhibent fortement ces voies, notamment certains antifongiques systémiques comme le kétoconazole ou l’itraconazole, peuvent augmenter l’exposition systémique à la fluticasone. [5][10]

Si le métabolisme est inhibé, une plus grande quantité de fluticasone peut atteindre la circulation, ce qui augmente le risque d’effets systémiques des corticostéroïdes, comme une suppression surrénalienne. [10]

Si une interaction médicamenteuse n’est pas indiquée par le fabricant, cela ne signifie pas qu’elle n’existe pas. Informez toujours votre vétérinaire de tous les médicaments et suppléments reçus par votre cheval avant de commencer un traitement avec un nouveau médicament.
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Statut réglementaire et considérations juridiques

Les produits à base de fluticasone sont approuvés pour usage humain par des organismes de réglementation, notamment la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, Santé Canada et d’autres autorités internationales de réglementation des médicaments. Ces approbations concernent les produits étiquetés pour usage humain, et non des formulations propres aux chevaux ni une utilisation vétérinaire homologuée chez les chevaux. [5][7]

Comme aucun produit à base de fluticasone n’est expressément approuvé pour les chevaux, son utilisation chez les patients équins est considérée comme une utilisation hors homologation, aussi appelée utilisation hors étiquette. Cette utilisation est permise selon les règles de prescription vétérinaire lorsqu’un vétérinaire juge que le médicament convient à l’animal concerné et l’utilise dans le cadre d’une relation vétérinaire-client-patient valide.

Les propriétaires ne doivent utiliser la fluticasone chez les chevaux que sous la supervision d’un vétérinaire. Le vétérinaire prescripteur est responsable du choix du produit, de la méthode d’administration, de la dose, du calendrier de traitement, du plan de surveillance ainsi que de toute exigence liée aux compétitions ou aux périodes de retrait applicable au cheval.

Statut en compétition

La fluticasone est réglementée dans les compétitions équestres, et les règles varient selon l’organisme, la discipline et la juridiction. Dans certaines compétitions, des périodes de retrait ou des exigences de déclaration des médicaments peuvent s’appliquer.

Selon les règles de la FEI, la fluticasone figure parmi les substances interdites, et sa détection chez un cheval de compétition peut entraîner une disqualification ou des sanctions. [11]

Les propriétaires doivent consulter leur vétérinaire avant d’utiliser la fluticasone chez tout cheval susceptible de participer à une compétition. Le vétérinaire peut aider à confirmer les règles en vigueur, déterminer si le traitement est approprié, fournir des conseils sur les périodes de retrait et remplir tout document requis concernant les médicaments avant que le cheval ne participe à une compétition.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées sur la fluticasone chez les chevaux :

Résumé

La fluticasone est un corticostéroïde inhalé utilisé hors indication pour aider à gérer l’inflammation chronique des voies respiratoires chez les chevaux atteints d’asthme équin. Elle est plus efficace dans le cadre d’un plan global comprenant une bonne utilisation de l’inhalateur, une surveillance et le contrôle de la poussière ambiante.

  • La fluticasone est utilisée comme traitement d’entretien de l’asthme équin, et non comme médicament de secours en urgence
  • Elle est généralement administrée par inhalateur-doseur avec une chambre d’espacement ou un masque conçu pour les chevaux
  • L’administration par inhalation cible les voies respiratoires inférieures tout en limitant l’exposition générale aux corticostéroïdes
  • Les effets secondaires sont généralement légers, mais les chevaux doivent être surveillés pendant un traitement à long terme
  • Les règlements de compétition varient, et la fluticasone peut être restreinte ou interdite par certaines organisations
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