L’examen des qualités de reproducteur (EQR, appelé Breeding Soundness Exam ou BSE en anglais) est le principal outil utilisé par les vétérinaires pour évaluer la santé reproductive d’une jument. Cette évaluation complète permet de déterminer si la jument est apte à la reproduction et contribue ainsi à améliorer le succès des programmes d’élevage. [2][3]
L’objectif principal de l’EQR est d’identifier et de corriger tout problème reproductif ou toute anomalie anatomique susceptible d’interférer avec la conception, le maintien de la gestation ou le processus de poulinage chez la jument.
L’EQR permet de repérer tôt les problèmes reproductifs, ce qui facilite une intervention et une prise en charge rapides. Cela augmente les chances d’un accouplement réussi et d’une gestation saine, tant pour la jument que pour le poulain en développement. [1][2][4]
Grâce à cet examen, les propriétaires et les éleveurs de chevaux peuvent prendre des décisions éclairées en matière de gestion de la reproduction, optimiser l’efficacité reproductive et contribuer à la pérennité des pratiques d’élevage équin. Dans l’article qui suit, nous explorerons les étapes d’un examen de routine des qualités de reproducteur chez la jument, ainsi que les résultats possibles.
Examen des qualités de reproducteur chez la jument
Malgré les progrès constants en matière de soins vétérinaires et d’élevage équin, mener une gestation à terme chez les juments peut s’avérer difficile. Le taux de réussite des poulinages est souvent inférieur à 60 %, ce qui reflète la complexité de la reproduction équine. [1]
Les examens des qualités de reproducteur (EQR) sont des évaluations importantes pratiquées tant chez l’étalon que chez la jument pour estimer leur potentiel reproducteur. Ce processus est fondamental pour maintenir et améliorer la génétique du troupeau, la santé des animaux et l’efficacité globale des programmes d’élevage.
Chez la jument, un EQR comprend généralement une évaluation de l’état de santé général et un examen de l’appareil reproducteur. Des évaluations plus poussées peuvent inclure une analyse des taux d’hormones et une culture ou une biopsie utérine.
Avantages de l’examen des qualités de reproducteur
L’objectif principal de l’EQR est d’évaluer les aptitudes reproductives de la jument et de détecter tout problème de santé susceptible d’affecter sa capacité à concevoir, à maintenir une gestation ou à donner naissance à un poulain en santé. D’autres raisons justifiant la réalisation d’un EQR chez une jument comprennent :
- L’évaluation de la santé reproductive : l’EQR permet d’évaluer la santé reproductive générale, incluant l’examen de l’appareil reproducteur et l’évaluation du cycle œstral. Cela fournit des informations précieuses sur les chances de réussite de la conception et de la gestation.
- L’évaluation de la fertilité : l’EQR permet d’évaluer la fertilité de la jument en examinant des facteurs tels que les niveaux d’hormones, la santé utérine et la fonction ovarienne.
- La détection d’anomalies anatomiques : l’EQR permet d’identifier toute anomalie structurelle ou anatomique pouvant nuire à la conception, au maintien de la gestation ou au déroulement naturel du poulinage.
- L’optimisation de la gestion de la reproduction : l’EQR aide les propriétaires à prendre des décisions éclairées concernant la méthode de reproduction à privilégier et le moment opportun pour l’accouplement.
- La maximisation de l’efficacité reproductive : en repérant rapidement les obstacles potentiels à la reproduction, l’EQR aide à maximiser l’efficacité reproductive et à réduire les pertes financières associées à des tentatives infructueuses.
- La prévention de la transmission de maladies : en dépistant les maladies infectieuses et les troubles génétiques, l’EQR contribue à prévenir la propagation d’infections transmissibles sexuellement et contribue à la production de poulains en santé.
Quand faut-il planifier un examen des qualités de reproducteur?
Il est recommandé de planifier un EQR au début de la saison de reproduction, avant de choisir un étalon ou d’entamer tout protocole de reproduction. Cela permet de s’assurer que la jument est en assez bonne santé pour la gestation et la mise bas, et de corriger d’éventuels problèmes susceptibles de nuire à la reproduction.
Cependant, si une jument a un historique de conception, de gestation et de poulinage réussis, il n’est pas toujours nécessaire d’effectuer un EQR annuel, sauf en cas de difficulté pendant la saison de reproduction. [2]
D’autres situations pour lesquelles votre vétérinaire pourrait recommander un EQR incluent :
- Les juments nullipares : il est bénéfique d’effectuer un EQR auprès des juments qui n’ont jamais eu de poulain, appelées juments nullipares, afin d’évaluer leur santé reproductive générale. Cet examen est particulièrement conseillé pour les juments âgées de plus de 12 ans, car les changements liés à l’âge au niveau du col de l’utérus peuvent avoir un impact négatif sur la reproduction et le poulinage. [4]
- Les juments âgées : de manière générale, la fertilité d’une jument commence à diminuer entre 10 et 15 ans, ce qui augmente le risque de perte de gestation. [8] Les juments âgées présentent aussi un risque accru d’endométrite liée à l’âge et de baisse de fertilité. [9]
- Les techniques de reproduction assistée : avant d’investir du temps et des ressources dans des techniques de reproduction assistée, il est recommandé de procéder à un EQR afin d’évaluer si la jument est une bonne candidate. Les techniques comprennent l’insémination artificielle, l’insémination profonde dans la corne utérine et le transfert d’embryons.
- L’échec de reproduction ou la perte de gestation : en cas d’échec de reproduction ou de perte de gestation, un EQR peut aider à identifier des problèmes sous-jacents comme une endométrite subclinique, une fibrose ou des anomalies anatomiques. [4]
- L’examen préachat : pour ceux qui envisagent l’achat d’une jument poulinière, il est essentiel d’effectuer un EQR dans le cadre d’un examen préachat. Il permet de s’assurer que la jument est capable de porter un poulain à terme, fournissant ainsi des informations précieuses à l’acheteur potentiel. [4]
- L’évaluation post-partum : certains propriétaires choisissent de faire un EQR après le poulinage afin d’évaluer l’état de l’appareil reproducteur et de dépister la présence de liquide ou d’infection avant une nouvelle saillie. [4]
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Anatomie et physiologie reproductives de la jument
Il est important de bien comprendre l’anatomie et la physiologie reproductives de la jument afin de prendre des décisions éclairées en matière de gestion et améliorer son efficacité reproductive. Certaines anomalies anatomiques, telles que l’incompétence vulvaire, l’incompétence cervicale, la fibrose, les kystes utérins ou les tumeurs ovariennes, peuvent nuire à la réussite reproductive.
Bien que la majeure partie de l’anatomie reproductive de la jument soit interne, il est important de bien comprendre les structures impliquées dans la régulation du cycle et le maintien de la gestation, ainsi que les répercussions possibles des anomalies anatomiques. De plus, le fait de connaître les différentes phases du cycle œstral aide à identifier le bon moment pour la saillie.
Anatomie reproductive
Comme chez les autres mammifères, l’appareil reproducteur de la jument se divise en trois structures principales :
- Les ovaires
- L’utérus
- La voûte vaginale
Illustration : Dr. Ana Mesa, PhD Légende :
Reproductive Tract of the Mare : Système reproducteur de la jument
Kidney : Rein
Broad ligament : Ligament large de l’utérus
Uterine body : Corps utérin
Rectum : Rectum
Anus : Anus
Cervix : Col de l’utérus
Ovary : Ovaire
Oviduct : Oviducte
Uterine horn : Corne utérine
Bladder : Vessie
Urethra : Urètre
Vulva : Vulve
Vagina : Vagin
Ovaires
Les juments possèdent deux ovaires, qui constituent le principal site de régulation hormonale de la reproduction. Ils produisent des hormones sexuelles, comme l’œstrogène et la progestérone, qui préparent l’appareil reproducteur aux différentes phases du cycle œstral et soutiennent également la gestation.
Au cours de chaque cycle œstral, des follicules se développent sur les ovaires, chacun contenant un ovocyte potentiel (ou ovule). L’un de ces follicules, appelé follicule dominant, atteint la pleine maturité et libère l’ovule lors d’un processus appelé ovulation.
À la suite de l’ovulation, une structure appelée corps jaune se forme à l’emplacement du follicule dominant. [1] Le corps jaune produit de la progestérone, une hormone essentielle au maintien de la gestation.
Chaque ovaire est relié à l’utérus par un oviducte (également appelé trompe de Fallope chez les humains). Si la jument est saillie, les spermatozoïdes de l’étalon traversent l’appareil reproducteur pour féconder l’ovule dans l’oviducte. La gestation peut être confirmée par le vétérinaire 14 jours après la saillie au moyen d’une échographie transrectale. [1]
Dans le cadre d’un examen des qualités de reproducteur, votre vétérinaire évaluera la taille et la forme de chaque ovaire, ainsi que la présence de follicules ou d’anomalies. Des ovaires actifs et en santé avec des follicules indiquent un cycle normal.
Utérus
Si l’ovule est fécondé avec succès, l’embryon résultant descendra dans l’utérus le 5e ou 6e jour après l’ovulation. L’utérus est en forme de Y, avec un « corps » court et deux « cornes » ramifiées qui se relient à chaque oviducte. L’embryon migre dans l’utérus avant de s’implanter dans l’une des deux cornes autour des jours 16 à 17. [1]
Un utérus en santé est crucial pour l’implantation et le développement de l’embryon. Dans le cadre d’un examen des qualités de reproducteur, votre vétérinaire évaluera l’utérus via la palpation et une échographie. Cette évaluation permet de vérifier la santé de la muqueuse utérine, la présence de kystes, de liquide ou d’infections, ainsi que l’état général de l’utérus.
Vagin
Le corps utérin est séparé du vagin par le col de l’utérus, une structure tubulaire étroite qui agit comme barrière entre les parties internes et externes de l’appareil reproducteur. Cette barrière est essentielle pour maintenir un environnement stérile à l’intérieur de l’utérus. [1]
La voûte vaginale s’étend du col de l’utérus jusqu’à l’ouverture de l’urètre, le canal par lequel l’urine s’évacue de la vessie. Le vestibule correspond aux quelques derniers centimètres du vagin, entre l’ouverture urinaire et la vulve. [1]
Lors de la mise bas, le vagin sert de canal génital, permettant au poulain de passer de l’utérus vers le monde extérieur.
Dans le cadre d’un examen des qualités de reproducteur, le vagin est examiné afin d’évaluer son intégrité structurelle et déceler tout signe d’infection ou d’inflammation.
Barrières anatomiques
Outre l’évaluation des ovaires, de l’utérus et de la voûte vaginale, plusieurs structures clés sont examinées lors d’un examen des qualités de reproducteur afin de s’assurer que la jument est capable de maintenir une gestation réussie.
L’appareil reproducteur de la jument comprend trois barrières anatomiques qui empêchent les corps étrangers et les bactéries de l’extérieur de pénétrer dans l’utérus stérile : [2][4]
- La vulve, qui devrait former un joint étanche et empêcher les corps étrangers et le fumier de contaminer le vagin.
- Le sphincter vestibulo-vaginal, un anneau musculaire situé à la jonction entre le vestibule et le vagin. Son rôle principal est d’empêcher le reflux urinaire vers le vagin.
- Le col de l’utérus, dernière barrière avant l’utérus, située dans la voûte vaginale. Le col n’est ouvert que pendant une courte période durant l’œstrus ou lors de la parturition (poulinage).
Si l’une de ces barrières échoue, la jument devient susceptible de développer une infection utérine. Cela peut nuire à sa fertilité en affectant sa capacité à concevoir ou à maintenir une gestation. [1]
Cycles œstraux chez la jument
La compréhension du cycle œstral est essentielle pour optimiser la gestion de votre jument et pour déterminer le moment optimal pour la saillie. Un examen des qualités de reproducteur permet de vérifier si le cycle de la jument est normal, d’identifier le moment idéal pour la saillie, et de détecter toute anomalie pouvant affecter sa fertilité.
Les juments sont polyœstrales de façon saisonnière, ce qui signifie qu’elles ont plusieurs cycles de chaleurs par année, principalement au printemps et en été. Dans l’hémisphère Nord, les juments ont généralement leurs cycles de reproduction d’avril à octobre, lorsque les journées sont plus longues. [1][5]
Durant les mois d’hiver, les juments sont en anœstrus, une période de dormance reproductive pendant laquelle elles ne présentent pas de cycles œstraux. [1]
Lorsque la jument a un cycle actif en été, ses ovaires augmentent de taille en raison de l’activité folliculaire accrue. À l’inverse, lorsqu’elle est en anœstrus, ses ovaires deviennent plus petits et moins actifs.
Cependant, certaines pratiques de gestion peuvent aider à déclencher un cycle plus tôt dans la saison. Par exemple, l’exposition des juments à un éclairage artificiel durant l’hiver peut induire un œstrus plus tôt que d’habitude. [1]
Phases du cycle œstral
Un cycle œstral correspond à la période qui s’écoule entre deux ovulations successives, et dure en moyenne 21 jours. Chez la jument, le cycle œstral se divise en plusieurs phases distinctes, chacune jouant un rôle essentiel dans le processus reproductif : [1][6]
Proœstrus
Il s’agit de la première phase du cycle œstral, qui dure de 2 à 5 jours. Durant le proœstrus, les follicules ovariens commencent à se développer sous l’effet de l’augmentation des taux d’œstrogènes, préparant ainsi la jument à l’ovulation.
Œstrus
Aussi appelée période de « chaleurs », l’œstrus est la phase durant laquelle les taux d’œstrogènes atteignent leur maximum et où la jument est sexuellement réceptive. Cette phase dure généralement de 5 à 7 jours, l’ovulation survenant à la fin de l’œstrus. Les signes d’œstrus incluent : [7]
- Augmentation de la fréquence des mictions
- « Clignotement » de la vulve
- Queue relevée ou battements de queue
- Comportement plus coopératif à l’approche de l’étalon
Diœstrus
Il s’agit de la phase post-ovulatoire qui suit l’œstrus et dure environ 14 à 15 jours. Durant le diœstrus, le système reproducteur de la jument se prépare à une éventuelle gestation. Le corps jaune produit de la progestérone, une hormone qui maintient la muqueuse utérine et favorise le début de la gestation.
Si la jument ne conçoit pas, le corps jaune finit par régresser et le cycle œstral recommence.
8 étapes de l’examen des qualités de reproducteur
Une meilleure compréhension du système reproducteur et des cycles œstraux de votre jument vous aidera à interpréter les résultats de son examen des qualités de reproducteur. Cet examen complet couvre plusieurs aspects de l’anatomie et de la physiologie de la jument afin de confirmer sa capacité à se reproduire.
Les procédures de routine effectuées lors d’un examen des qualités de reproducteur (EQR) chez les juments comprennent la collecte d’un historique médical complet, un examen externe de la vulve, une palpation rectale et une échographie transrectale, un examen vaginal au spéculum, une cytologie et une culture utérine ainsi qu’une biopsie de l’utérus. [2]
D’autres examens peuvent être ajoutés pour évaluer certains problèmes d’infertilité persistants ou spécifiques. Si ces techniques sont jugées nécessaires, votre vétérinaire discutera avec vous des meilleures options.
Dans la section suivante, nous décrirons huit étapes clés de l’examen des qualités de reproducteur chez la jument, chacune fournissant des renseignements essentiels sur sa fertilité et son état reproductif général. La compréhension de ces étapes est cruciale pour les éleveurs qui souhaitent optimiser les résultats d’élevage et préserver la santé de la jument ainsi que celle des futurs poulains.
1) Historique complet
La première étape d’un EQR consiste à recueillir des renseignements détaillés sur la jument et son historique médical. Les propriétaires de chevaux doivent être prêts à fournir à leur vétérinaire des données telles que l’âge de la jument, ses antécédents médicaux et chirurgicaux, son statut vaccinal, son historique de performances et son programme alimentaire. [4][5]
Cela aidera le vétérinaire à identifier les facteurs pouvant contribuer à des difficultés de reproduction. Une gestion inadéquate peut parfois contribuer à l’infertilité.
En plus des questions générales sur la santé et la gestion de la jument, le vétérinaire vous posera des questions sur l’historique de reproduction de votre jument. Vous pouvez vous attendre à répondre à des questions portant sur les éléments suivants : [2][3][4][5]
- Les cycles œstraux, incluant l’âge de la jument lors de ses premières chaleurs, la date de son dernier œstrus et le nombre moyen de jours entre ses cycles.
- L’historique de reproduction, tel que l’âge lors de la première saillie, le nombre de tentatives ayant mené à une gestation réussie, et la méthode de reproduction utilisée.
- L’historique de gestation, incluant la date du dernier poulinage, tout problème lié au poulinage, les aptitudes maternelles, la production de lait, ainsi que toute perte de gestation ou avortement.
2) Examen physique
Un examen physique général est effectué pour vérifier les signes vitaux de la jument et détecter toute anomalie musculosquelettique pouvant rendre la gestation difficile ou risquée.
Certains défauts de conformation ou blessures peuvent être aggravés par le poids supplémentaire du poulain en croissance durant la gestation. Des exemples incluent la desmite dégénérative du ligament suspenseur ou à l’arthrite avancée au niveau des postérieurs.
Les éleveurs cherchent aussi à éviter de transmettre des traits héréditaires indésirables. Si des problèmes de ce type sont détectés lors de l’examen ou d’un test génétique, votre vétérinaire pourrait déconseiller la reproduction. [3][5]
Il est également possible que votre vétérinaire examine la mamelle (glandes mammaires) de la jument pour évaluer son potentiel de lactation. Il vérifiera notamment s’il y a présence de défauts au niveau des trayons ou de signes d’infection, de mammite ou de tumeurs. [10]
La note d’état de chair de la jument peut aussi influencer sa santé reproductive. En général, une jument poulinière devrait avoir un poids légèrement plus élevé qu’un cheval de performance, avec une note d’état de chair idéale de 6 sur 9 sur l’échelle de Henneke.
Une note d’état de chair trop basse ou trop élevée peut entraîner des cycles œstraux irréguliers, une baisse des taux de conception et des difficultés à mener une gestation à terme. [8][11]
3) Examen externe de la vulve
L’évaluation de la conformation vulvaire externe est une étape importante de l’examen. La vulve est l’une des barrières naturelles de l’appareil reproducteur qui empêche les corps étrangers et les matières fécales de contaminer la voûte vaginale.
Votre vétérinaire évaluera la structure, l’alignement, la fermeture et le tonus de la vulve. [2][5] Idéalement, les lèvres vulvaires devraient être alignées verticalement par rapport à l’anus.
Une mauvaise conformation peut entraîner des problèmes tels que la présence d’air dans le vagin, la contamination bactérienne par les déjections et l’accumulation d’urine. Ces problèmes peuvent provoquer des infections utérines et entraîner une baisse de la fertilité. [3][4]
Une infection utérine peut provoquer une endométrite, l’une des principales causes de fertilité réduite chez la jument. [12] On estime que de 10 à 25 % des juments Pur-sang souffrent d’endométrite et doivent être traitées afin de pouvoir mener une gestation à terme. [13]
Si des problèmes sont identifiés, votre vétérinaire pourrait recommander une intervention de Caslick après la saillie afin de réduire le risque d’infection bactérienne et de perte de gestation. La procédure de Caslick consiste à suturer les deux tiers supérieurs de la vulve pendant la gestation. Les sutures sont retirées avant le poulinage. [1][2]
4) Palpation rectale
Votre vétérinaire procédera également à un examen interne approfondi de l’appareil reproducteur, généralement sous sédation en position debout pour assurer sa sécurité ainsi que celle de la jument.
L’examen consiste à palper délicatement les structures reproductrices à travers la paroi rectale (par voie transrectale), qui se situe juste au-dessus de l’appareil reproducteur.
Le vétérinaire évaluera la taille, la forme et le tonus du col utérin, de l’utérus et des ovaires. Cela permet de déterminer la phase actuelle du cycle œstral de la jument et de repérer d’éventuelles anomalies au niveau de son appareil reproducteur. [1][2][4]
5) Échographie rectale
Après la palpation manuelle, le vétérinaire procédera à un examen échographique du système reproducteur, également effectué par voie transrectale. Cette technique permet une évaluation visuelle plus détaillée des organes reproducteurs de la jument.
L’échographie permet non seulement de confirmer la phase œstrale, mais aussi de détecter toute anomalie potentielle qui serait difficile, voire impossible à identifier avec la palpation seule.
Des affections telles que l’accumulation de liquide dans l’utérus, les kystes utérins ou des structures irrégulières sur les ovaires peuvent être évaluées plus précisément grâce à l’imagerie échographique. [2][3][4]
6) Examen vaginal au spéculum
L’examen au spéculum consiste à utiliser un spéculum (généralement un tube en carton) pour inspecter visuellement l’intérieur du vagin. Le vétérinaire recherchera des signes de cicatrices ou d’infection. Des pertes au niveau du col utérin peuvent indiquer une infection utérine qui devra être traitée avant la saillie. [3][4]
Des traumatismes liés au poulinage ou à une monte naturelle avec un étalon peuvent également causer des adhérences ou des anomalies anatomiques susceptibles de compliquer la mise bas.
7) Cytologie et culture utérines
En fonction des antécédents médicaux de votre jument et des résultats de l’examen, votre vétérinaire pourrait recommander d’effectuer des prélèvements utérins pour vérifier la présence d’inflammation ou d’infection.
Après avoir soigneusement nettoyé la vulve pour éviter toute contamination, le vétérinaire insérera un écouvillon doublement protégé dans le vagin et le col de l’utérus jusque dans la cavité utérine. L’échantillon recueilli sur l’écouvillon sera mis en culture pour détecter la présence éventuelle de bactéries pathogènes. [2][3][4]
L’écouvillon doit être recouvert pour demeurer stérile jusqu’à son arrivée dans l’utérus. S’il est accidentellement contaminé par la flore microbienne normale du vagin, la culture pourrait donner un faux résultat positif. [2][3][4]
De plus, une petite brosse est utilisée pour prélever des échantillons de cellules utérines en vue d’une cytologie. Cet échantillon est examiné au microscope afin de détecter la présence de bactéries ou de cellules inflammatoires, comme les neutrophiles. [2][3][4]
Les juments dont les résultats de cytologie indiquent une inflammation présentent des taux de gestation inférieurs à ceux des juments dont les résultats cytologiques sont normaux. [14]
8) Biopsie utérine
Si votre jument éprouve des difficultés à mener une gestation à terme, votre vétérinaire recommandera peut-être une biopsie pour évaluer plus en détail les tissus utérins. Cette procédure consiste à prélever un petit échantillon de tissu de l’utérus pour l’analyser.
Pour effectuer une biopsie utérine, votre vétérinaire prélèvera un échantillon de la muqueuse utérine à la base de l’une des cornes utérines. Cet échantillon de tissu sera évalué afin de déterminer la capacité de l’endomètre à soutenir une gestation. [2][3][4]
Le prélèvement de tissu n’affecte pas la fertilité ni la capacité de la jument à concevoir, et la procédure est indolore. [1][2] L’échantillon est analysé pour détecter des marqueurs d’inflammation et observer la morphologie des glandes utérines. [3][4]
L’échelle de Kenney-Doig est un système de classification utilisé pour évaluer les échantillons de biopsie utérine chez les juments. Elle répartit les échantillons selon la gravité des altérations observées dans le tissu utérin.
- Catégorie I : aucun changement important. Les juments de cette catégorie ont de 80 à 90 % de chances de mener une gestation à terme.
- Catégorie II : La plupart des juments se retrouvent dans cette catégorie, qui est subdivisée en deux sous-catégories. Un traitement est recommandé pour réduire l’inflammation et améliorer le niveau de classification.
- IIA : changements légers avec un taux de mise bas de 50 à 80 %.
- IIB : changements plus marqués avec un taux de mise bas de 10 à 50 %.
- Catégorie III : changements sévères, souvent associés à une fibrose périglandulaire, pour lesquels aucun traitement n’est disponible. Les juments de cette catégorie ont moins de 10 % de chances de mener un poulain à terme.
La classification des juments sur l’échelle de Kenney-Doig peut être améliorée grâce à un traitement. Toutefois, la fibrose est une affection permanente. [4]
Les pratiques de gestion et la présence d’autres anomalies reproductives doivent être examinées chez les juments de catégorie I ou IIA qui éprouvent toujours des difficultés reproductives. [2] Les juments de catégorie IIB ou III peuvent néanmoins produire des embryons qui pourront être portés à terme par d’autres juments grâce au transfert d’embryon. [4]
Conclusion
Une gestation réussie chez une jument n’est jamais garantie : les taux de poulinage sont souvent inférieurs à 60 %. Pour évaluer la santé reproductive de votre jument et augmenter les chances d’une gestation réussie, demandez à votre vétérinaire de procéder à un examen des qualités de reproducteur (EQR).
Cette évaluation complète comprend :
- La collecte des antécédents médicaux et reproductifs de la jument
- Un examen physique pour confirmer la santé globale et la capacité de la jument à porter un poulain
- L’examen approfondi de l’appareil reproducteur grâce à une palpation transrectale, une échographie et d’autres techniques diagnostiques
Bien qu’il ne soit pas obligatoire pour toutes les juments et à chaque saison, un EQR est particulièrement important pour les juments nullipares, âgées ou présentant des problèmes de fertilité. Grâce aux résultats de cet examen, vous pourrez prendre des décisions éclairées et mettre en place les mesures appropriées pour favoriser une gestation réussie et la naissance d’un poulain en santé.
Foire aux questions
Un examen des qualités de reproducteur est une évaluation vétérinaire de la santé reproductive d’une jument afin de déterminer son aptitude à la reproduction. Il comprend des examens physiques et reproductifs pour identifier et résoudre tout problème de fertilité potentiel. [2][3]
Un tel examen permet de dépister les problèmes reproductifs, d’évaluer la fertilité et de s’assurer que la jument est en assez bonne santé pour concevoir, mener une gestation à terme et mettre bas. Cela augmente les chances de succès et réduit les risques pour la jument et le poulain. [1][2][4]
L’idéal est d’effectuer cet examen au début de la saison de reproduction, avant de choisir un étalon ou d’entamer les protocoles de reproduction. Il est aussi recommandé pour les juments nullipares, âgées, ou ayant des antécédents de difficultés à concevoir ou de pertes de gestation. [2][4][8][9]
Cet examen comprend un historique médical et reproductif complet, un examen physique, une évaluation de l’appareil reproducteur via la palpation et une échographie, ainsi que des tests diagnostiques comme une culture utérine ou une biopsie, si nécessaire. [2]
Pas nécessairement. Les juments en bonne santé et dont les précédentes tentatives de reproduction se sont bien déroulées n’ont pas toujours besoin d’un examen annuel. Toutefois, un changement lié à l’état de santé, à l’âge ou au programme d’élevage pourrait justifier un nouvel examen. [2]
- Un BSE est couramment planifié au début de la saison de reproduction et est particulièrement utile pour les juments nullipares, les juments âgées et les juments ayant déjà connu un échec de reproduction ou une perte de gestation.
- L’examen comprend une évaluation de l’état de santé général et une évaluation détaillée de l’appareil reproducteur de la jument afin de confirmer un cycle normal et de détecter des problèmes anatomiques ou inflammatoires.
- Les étapes clés d’un examen d’aptitude à la reproduction comprennent généralement la collecte de l’anamnèse, un examen physique, l’évaluation de la conformation de la vulve, la palpation transrectale et l’échographie, ainsi que l’examen vaginal au spéculum.
- La cytologie et la culture utérines sont utilisées par les vétérinaires pour évaluer l’inflammation et identifier une infection utérine pouvant réduire la fertilité.
- La biopsie utérine évalue la santé de l’endomètre et aide à estimer la probabilité de mener un poulain à terme au moyen de systèmes de classification tels que l’échelle de Kenney-Doig.
- Les résultats d’un BSE orientent les décisions de gestion, comme le moment de la saillie, le traitement de l’endométrite, des interventions correctrices comme une Caslick’s, ou le recours à la reproduction assistée lorsque indiqué.
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