La conformation, soit la morphologie et la structure d’un cheval, influe considérablement à la fois sur ses performances athlétiques et sur sa locomotion à long terme.

La façon dont un cheval est bâti détermine non seulement sa capacité à générer de la puissance et de la vitesse, mais aussi la manière dont son corps amortit les chocs et redistribue la force des impacts. Les chevaux affligés de défauts de conformation peuvent avoir des performances sportives diminuées. En outre, ils peuvent être plus vulnérables aux blessures causées par les chocs et une locomotion imparfaite.

La capacité d’évaluer la conformation en fonction des performances souhaitées est essentielle pour juger si le cheval convient au travail auquel on le destine. Par exemple, un animal qui présente certains défauts de conformation peut ne pas être une monture adéquate pour un cavalier qui souhaite franchir des parcours de saut dont les obstacles s’élèvent à 1,20 mètre. Il peut en revanche exceller pour l’équitation de loisir de bas niveau.

L’évaluation de la conformation devient plus complexe si l’on doit tenir compte des critères précis de la race et du sport visé. Un cheval arabe élevé pour la présentation au licou peut posséder la conformation idéale pour exceller dans ces épreuves. Il peut toutefois ne pas avoir la morphologie souhaitée pour réussir dans les concours de chevaux de chasse sous la selle.

Cela dit, la majorité des traits de conformation sont les mêmes pour toutes les races et toutes les disciplines équestres. Ils servent d’indicateurs pour évaluer la santé locomotrice à long terme du cheval et son aptitude au travail.

La mise en place du cheval pour l’appréciation de sa conformation

Pour étudier la conformation d’un cheval, il est essentiel de le placer correctement. Les règles de conformation sont fondées sur la justesse de l’alignement du corps de l’animal.

Ces directives requièrent souvent une comparaison des différentes parties du corps entre elles. Par exemple, le positionnement de la partie inférieure des membres du cheval par rapport à ses genoux et à ses jarrets constitue un élément crucial de l’appréciation.

Si le cheval n’est pas bien placé, il est difficile d’apprécier précisément l’apparence et l’alignement des différentes structures les unes par rapport aux autres. [1]

Le sol et l’environnement

Pour évaluer la conformation du cheval, il faut choisir un environnement neutre qui permet de se concentrer sur la morphologie du sujet et non sur la façon dont le sol affecte sa posture.

Voici des directives pour choisir un environnement propice :

  1. Le cheval doit se tenir debout sur une surface parfaitement horizontale afin d’éliminer toute influence qu’entraînerait un sol inégal. Les terrains inclinés ou vallonnés peuvent compliquer l’évaluation si la hauteur du garrot à la croupe du cheval est homogène.
  2. Le sol doit être exempt d’herbe longue ou de végétation gênante. On doit pouvoir voir les sabots et les paturons pour les comparer à la partie supérieure des membres et au corps.
  3. Le cheval doit être suffisamment éclairé avec un minimum d’ombres. Les conditions de luminosité peuvent dissimuler ou accentuer certains défauts. Elles peuvent conséquemment fausser la perception des traits de conformation du cheval.
  4. Pour soumettre une photo de conformation à un juge, on évite les arrière-plans trop distrayants. On minimise les éléments en arrière-plan afin que le juge puisse se concentrer uniquement sur les attributs physiques du cheval. [1]

La posture du cheval

La posture du cheval est essentielle pour bien apprécier sa conformation. Voici les étapes à suivre pour positionner le cheval :

  1. La tête doit être à une hauteur neutre, ni basse comme lorsque le cheval broute, ni haute comme lorsqu’il est effrayé.
  2. Le cheval doit se tenir en position ouverte. On doit pouvoir voir les quatre sabots en le regardant de profil. En position ouverte, chaque sabot doit être légèrement décalé des autres, ce qui permet de voir clairement la manière dont chaque pied et le bas des membres s’attachent au corps du cheval.
  3. Le jarret du membre postérieur le plus rapproché de l’évaluateur doit former une ligne droite avec la pointe de la fesse. Cette position est cruciale pour repérer les défauts de conformation du jarret. [1]

L’image ci-dessous montre un cheval présenté correctement pour l’appréciation de la conformation. L’animal est propre et bien pansé. Il se tient en position ouverte sur un sol plat. Il n’y a aucun élément sur le cheval ou à proximité susceptible de distraire l’évaluateur. [2]

Evaluating Conformation in Horses

Le pansage

Qu’il s’agisse d’une photo destinée à l’évaluation par un professionnel ou de l’examen de la conformation de son propre cheval, ce dernier doit être soigneusement pansé et présenté avec un minimum de harnachement.

La présentation d’un cheval propre et sans fioritures permet d’éviter les distractions que sont la saleté ou le harnachement tape-à-l’œil. On doit mettre l’accent uniquement sur l’animal lui-même, sans aucun ajout susceptible de détourner l’attention de l’observateur de l’image réelle.

De bonnes techniques de pansage permettent de s’assurer que l’animal est propre et que sa présentation est soignée. Si la crinière est longue, on s’assure de la maintenir du côté opposé à celui d’où on l’étudie. Une longue crinière fournie peut dissimuler une bonne partie de l’encolure et nuire à l’examen.

La queue ne doit cacher aucune partie des postérieurs qui doivent être exempts de protections ou de bandages. Il faut pouvoir avoir une vue dégagée de toutes les facettes de l’anatomie du cheval. [1]

L’évaluation des traits de conformation

Pour évaluer la conformation d’un cheval, on ne se contente pas de regarder des parties isolées de son squelette. L’évaluation de la conformation pour la performance exige une perspective plus globale de l’animal.

Voici les différentes composantes d’une évaluation de la conformation :

  • L’équilibre: ce volet consiste à étudier la répartition de la masse du cheval d’avant en arrière et d’un côté à l’autre, en accordant une attention particulière aux proportions relatives des différentes parties du corps.
  • La justesse de la structure: cette composante consiste à évaluer l’alignement de la structure squelettique du cheval, en particulier celle des membres.
  • La locomotion: ce volet permet de juger de la manière dont le cheval se déplace, en particulier la justesse et la qualité du mouvement.
  • La musculation: ce volet consiste à étudier le volume et la qualité de la masse musculaire de l’ensemble du corps du cheval.
  • La race et le type: cette composante permet d’apprécier à quel point le cheval adhère aux caractéristiques propres à la race et si sa morphologie convient à l’usage auquel on le destine. [3]

Ces facettes de la conformation sont interreliées. Elles forment un cercle d’attributs holistique qui contribue collectivement au succès ou à l’échec du cheval en tant qu’athlète.

L’équilibre

L’équilibre est l’un des premiers volets de l’appréciation de la conformation. L’équilibre fait référence aux proportions d’ensemble du corps du cheval et à la répartition de ses différentes parties.

Une fois que le cheval est sur une surface horizontale et plate, l’évaluateur prend du recul et compare le point le plus haut du garrot au point culminant de la hanche. Idéalement, ces points devraient être exactement de la même hauteur, comme sur la photo ci-dessous. [4]

Conformation Assessment for Horses

Les chevaux peuvent aussi être « faits en montant » ou « faits en descendant ». Chez les chevaux faits en montant, le garrot est plus haut que le point culminant de la fesse. Dans le cas d’un cheval fait en descendant, le garrot est plus bas que le sommet de la fesse. Cela n’est pas nécessairement un défaut si le cheval n’a pas encore atteint la maturité physique.

Les proportions d’ensemble

Pour évaluer si les proportions d’ensemble du cheval sont justes, on divise visuellement son corps en trois parties. On imagine une ligne verticale tracée à partir du point culminant du garrot et une deuxième ligne verticale qui longe le flanc en suivant le tracé que crée le changement de direction du poil. Les trois parties suivantes doivent être égales :

  • l’espace devant la ligne qui part du garrot, à l’exclusion de l’encolure;
  • l’espace situé entre le garrot et le flanc;
  • l’espace qui se trouve derrière le flanc.

Autrement dit, on doit pouvoir diviser le corps du cheval en trois parties égales. Cette division proportionnelle est révélatrice d’une conformation bien équilibrée. [3][4]

Conformation Exam for Horses

La règle des carrés

L’évaluateur détermine ensuite si le corps du cheval est conforme à la règle des carrés. Il commence par visualiser une ligne tracée à partir du point culminant du garrot jusqu’au sommet de la fesse.

Il imagine ensuite des lignes verticales qui partent de la pointe de la fesse et du poitrail. Il prolonge ces lignes imaginaires pour former une boîte. Il la complète ensuite en traçant une ligne à partir du haut de la boîte jusqu’à l’endroit où les sabots du cheval touchent au sol. [3]

Si la boîte ainsi obtenue est rectangulaire au lieu d’être carrée, le cheval peut avoir le dos long ou court. Un dos trop long est faible. En revanche, un dos trop court prédispose l’animal à certains troubles, notamment les conflits de processus épineux (kissing spine en anglais). [4][5]

Evaluating Horse Conformation

Les proportions du passage de sangle et de l’encolure

Pour faciliter une respiration et une capacité pulmonaire suffisantes, le passage de sangle du cheval doit être relativement grand. Le passage de sangle correspond à la longueur verticale entre le garrot et le bas de la cage thoracique. Cette longueur doit être identique à la longueur du bas de la cage thoracique au sol.

L’évaluateur poursuit en étudiant l’encolure du cheval. La longueur de l’encolure, de la nuque au garrot, doit représenter deux fois la distance entre la gorge et l’endroit où l’encolure sort du poitrail.

L’équilibre de la tête

En dernier lieu, l’évaluateur considère l’équilibre de la tête du cheval vue de face. La conformation idéale de la tête diffère selon les normes de la race, mais les critères d’équilibre généraux sont universels. La distance entre la nuque et le point à mi-chemin entre les yeux doit correspondre à la moitié de la distance entre le point au milieu des yeux et celui à mi-chemin entre les naseaux.

La largeur de la tête du cheval, mesurée entre les points les plus distants des yeux, doit être identique à la distance entre la nuque et le point à mi-chemin entre les deux yeux. [3]

Une fois qu’il a examiné l’équilibre et les proportions d’ensemble du cheval, l’évaluateur étudie de plus près les angles et la longueur des membres et des os.

La justesse de la structure

La justesse de la structure a des conséquences directes sur la capacité du cheval à effectuer le travail prévu. L’évaluateur examine l’animal de la tête aux sabots pour repérer tout défaut important.

La tête et l’encolure

Les caractéristiques structurelles de la tête et de l’encolure du cheval dictent la facilité avec laquelle il mange, accepte le contact du mors et s’équilibre.

Les incisives supérieures doivent être parfaitement alignées sur les incisives inférieures.

Si les incisives supérieures font saillie vers l’avant et surplombent les incisives inférieures, le cheval a un bec de perroquet, dont le nom scientifique est la brachygnathie mandibulaire. Inversement, si les incisives supérieures sont en retrait des incisives inférieures, le cheval présente un prognathisme.

Les dents du cheval dont l’occlusion est imparfaite s’usent inégalement, ce qui peut nuire à sa capacité à s’alimenter. [6]

La gorge du cheval doit être bien définie, sans surplus de graisse ou de muscle qui peut entraver l’amplitude des mouvements de la nuque. On doit pouvoir glisser quatre jointures entre les os de la mâchoire. Si c’est le cas, la gorge est suffisamment large pour permettre une bonne ventilation.

La base de l’encolure doit être plutôt horizontale jusqu’à la pointe de l’épaule. L’encolure doit être attachée assez haut sur le poitrail pour lui permettre d’être suffisamment souple. [7]

Les épaules

L’inclinaison des épaules a une incidence sur l’amplitude et la maniabilité de la foulée du cheval. Si on trace une ligne horizontale tout droit vers l’arrière à partir de la pointe de l’épaule, l’omoplate doit former un angle compris entre 40 et 55 degrés lorsque les membres du cheval sont en équerre.

Un cheval dont les épaules sont droites, c.-à-d. dont l’angle est supérieur à 55 degrés, aura une petite foulée saccadée qui n’est pas agréable pour le cavalier.

Un cheval dont les épaules sont inclinées vers l’arrière, c.-à-d. dont l’angle est inférieur à 40 degrés, aura une longue foulée. Il sera toutefois plus difficile d’ajuster la selle. [3][7]

Les membres antérieurs

La conformation des membres antérieurs détermine non seulement l’amplitude de la foulée du cheval, mais aussi sa capacité à rester sain lorsqu’il travaille.

En observant le cheval de profil en s’assurant que l’os du canon, c.-à-d. l’os de la partie inférieure du membre, est perpendiculaire au sol, le radius, soit l’os de la partie supérieure de l’antérieur, doit se trouver directement au-dessus du canon. Le poids du cheval doit être réparti également sur les deux antérieurs. Les pinces doivent pointer droit devant. Finalement, l’écart entre les sabots doit être le même que celui entre les avant-bras à l’endroit où ces derniers s’attachent au corps.

Les sabots du cheval dit « serré du devant » sont plus rapprochés que les points d’attache de ses avant-bras. Inversement, les sabots du cheval « ouvert du devant » sont plus éloignés que les points d’attache de ses avant-bras.

Ces deux défauts de conformation conduisent à une usure inégale des sabots, des ligaments et du cartilage. Ils risquent donc d’affecter la locomotion du cheval à long terme[3][7]

Les coudes

On examine aussi la position des coudes par rapport au garrot du cheval. Idéalement, les coudes doivent s’aligner directement sous le garrot. Cela indique que la longueur de l’humérus, c.-à-d. l’os de l’avant-bras, équivaut à environ 50 à 60 % de celle de l’omoplate.

Un humérus plus long confère un avantage au cheval. En effet, ce trait favorise une plus grande amplitude des foulées, ainsi qu’une meilleure extension vers l’avant du membre qui fléchira plus promptement vers l’arrière. En revanche, si l’humérus trop long, les muscles de l’épaule seront plus courts, ce qui limite la puissance du cheval.

Un humérus trop court peut engendrer une foulée courte et saccadée. En plus de faire des foulées moins amples et conséquemment, d’être moins rapide, le cheval sera aussi moins agréable à monter. [3]

Les genoux

Les genoux du cheval doivent être relativement épais et leur face avant doit être plate. Un petit genou pincé comprime les tendons et le cartilage, entrave son action et réduit la capacité d’amortir et de répartir les chocs.

Un genou dont la face avant est uniforme permet aux tendons extenseurs de glisser sur une surface lisse, ce qui diminue l’inflammation et accroît l’aisance du cheval lorsqu’il se déplace. [3][8]

Le genou doit se trouver directement entre l’avant-bras et l’os du canon afin de former une ligne verticale parfaitement droite lorsqu’on observe le cheval de face et de profil.

Si les genoux vus de profil s’incurvent vers l’arrière, on dit que le cheval a « les genoux creux ou effacés ». Si les genoux semblent fléchis vers l’avant, le cheval est « brassicourt » ou a « les genoux arqués ».

Ces deux défauts de conformation sollicitent beaucoup les tendons et les ligaments qui entourent les genoux. On les associe à un risque élevé de boiterie future. [8]

Si, en regardant les genoux du cheval de face, ceux-ci se déportent vers l’extérieur, l’animal a « les genoux cambrés ». Si les genoux se déportent vers l’intérieur, le cheval a des « genoux de bœuf ». Ces défauts sollicitent également les tendons et les ligaments de manière exagérée.

Lorsque l’articulation du genou ne forme pas une ligne droite, la capacité du cheval à amortir et à répartir les forces engendrées par les impacts est compromise.

Les défauts de conformation du genou rendent le cheval vulnérable à l’arthrite ou à d’autres troubles articulaires dégénératifs. Ils peuvent nuire à ses performances et à sa locomotion future. [8]

Les os du cannon

Bien qu’il n’y ait pas de mesure exacte qui précise la longueur idéale de l’os du canon, ce dernier doit normalement avoir une circonférence substantielle et être plus court que le radius.

Un canon plus court se traduit par des tendons plus courts dans la partie inférieure du membre, ce qui réduit le risque de blessures au tendon.

De plus, un canon court est plus léger qu’un long canon dont la circonférence est identique. Des membres inférieurs légers permettent aux muscles de l’avant-bras de mobiliser le bas du membre plus rapidement et au cheval de ressentir moins de fatigue. [8]

L’os du canon peut être désaxé, auquel cas il ne se trouve pas directement en dessous du genou (le carpe). On appelle parfois ce défaut « un genou en pied de banc », quoiqu’il soit en fait lié à la position de l’os du canon. Les structures articulaires du bas du genou subissent alors des contraintes supplémentaires. Celles-ci prédisposent le cheval à l’arthrite et augmentent les chances de formation d’un suros sur la face intérieure (médiale) du membre.

Les sabots et les paturons

Idéalement, l’angle du paturon du cheval doit correspondre à l’angle de l’épaule. Dans la plupart des cas, l’inclinaison des paturons et des épaules n’est pas identique. Les angles devraient néanmoins être similaires.

Il faut éviter de parer les sabots du cheval pour tenter de rectifier l’angle des paturons. Cette pratique peut en effet engendrer plus de problèmes que de solutions.

Les paturons doivent être suffisamment longs et inclinés. Un paturon court et droit prédispose l’animal à l’arthrite et au syndrome naviculaire. Inversement, un paturon trop long prédispose à l’arthrite du boulet et sollicite exagérément les sésamoïdes, le ligament suspenseur et les tendons fléchisseurs.

L’angle du paturon doit correspondre à l’angle de la muraille des sabots. Une ligne tracée le long de la partie avant du paturon doit longer la muraille sans dévier.

Connu sous le nom d’axe du sabot et du paturon, cet angle avec le sol doit mesurer entre 45 et 50 degrés. Les talons du sabot doivent former le même angle. [3][8][9]

Hoof Conformation in Horses

Les pieds cagneux ou panards

Idéalement, les antérieurs doivent être parfaitement droits. Une ligne tracée au milieu de l’avant-bras doit diviser également le genou, l’os du canon, le boulet et le paturon pour aboutir au centre de la pince du sabot.

En réalité, peu de chevaux ont des membres parfaitement droits. Certains ont des pinces orientées vers l’intérieur. On dit alors qu’ils ont les pieds cagneux. Chez d’autres, elles sont orientées vers l’extérieur. Le cheval a alors les pieds panards. Les pieds cagneux ne représentent pas un défaut grave pour le risque de boiterie. Cependant, le cheval déviera le pied vers l’extérieur en avançant. On dit alors qu’il billarde.

Les pieds panards sont plus néfastes, car le sabot du cheval en mouvement dévie vers l’intérieur. Il peut conséquemment heurter et blesser le membre opposé.

Idéalement, les postérieurs doivent aussi être bien droits, bien que de nombreux chevaux aient des pieds postérieurs légèrement panards. Cette imperfection ne pose pas de problème.

Une erreur courante consiste à tenter de corriger les pieds cagneux ou panards en les parant. Le parage peut permettre de réaliser une certaine correction chez les poulains. En revanche, une fois que les plaques de croissance sont fermées, la maréchalerie ne peut pas remodeler les os.

Le pareur ou le maréchal-ferrant peut parer les sabots du cheval pour que ce dernier cesse de faucher ou de billarder, mais cette pratique implique la création délibérée d’un déséquilibre médio-latéral du pied. Le déséquilibre accroît l’extension des tissus mous du côté bas du sabot et rapproche les os du côté haut. Le résultat final est une boiterie.

Pour évaluer l’équilibre des sabots d’un cheval panard ou cagneux, il importe de suspendre le membre à partir de l’os du canon, et non du boulet ou du paturon. La partie inférieure du membre doit pendre librement pour montrer l’alignement naturel des os. Une ligne tracée à travers la lacune centrale de la fourchette doit sortir au centre de la pince.

Les membres postérieurs

Pour examiner la conformation des postérieurs, l’évaluateur se tient directement derrière le cheval. De la pointe de la fesse au sabot, toutes les articulations doivent s’aligner sur une ligne droite.

Les déviations du jarret

Une légère déviation du jarret vers l’intérieur avec des pinces qui pointent légèrement vers l’extérieur est acceptable. Cependant, si la déviation est plus prononcée, elle peut solliciter les tendons et les ligaments qui entourent le jarret, mener à une prédisposition accrue à la formation d’éparvins et répartir inégalement le poids sur la face intérieure des sabots. [3]

Si les jarrets dévient légèrement vers l’extérieur, le cheval a les jarrets cambrés. Ce défaut est plus fréquent parmi les grandes races de trait, car la cuisse a tendance à être surdéveloppée et à pousser les articulations vers l’extérieur. Les chevaux aux jarrets cambrés sont sujets aux éparvins mous ou aux vessigons tendineux de la gaine tarsienne. [3]

Les angles du jarret

L’évaluateur observe ensuite les jarrets du cheval de profil en s’assurant que le boulet est aligné sur la pointe de la fesse. Il doit pouvoir tracer une ligne droite à partir de la pointe de la fesse qui descend en longeant l’arrière des tendons au bas du membre.

Si les tendons se trouvent devant la ligne, le cheval a les jarrets coudés. L’angle par rapport au jarret est alors trop prononcé. Ce défaut commun nuit à la puissance et à la vitesse qu’engendre l’arrière-main. Il accroît les contraintes subies à l’arrière du jarret. [3][8]

Les jarrets droits

L’évaluateur mesure l’angle formé par le jarret entre le haut et le bas du membre postérieur. Si cet angle dépasse 170 degrés, on dit que le cheval a « les jarrets droits ».

Ce défaut de conformation préjudiciable hausse la probabilité d’accrochement de la rotule. Un jarret droit se traduit par un grasset droit. Conséquemment, la rotule est plus susceptible de glisser hors de sa rainure.

L’articulation du jarret est conçue pour fléchir lors d’un impact afin d’amortir et de transférer les chocs à d’autres parties du corps et de protéger les structures sensibles à l’intérieur de l’articulation.

Lorsque l’angle avec l’articulation est insuffisant, le sabot du cheval heurte le sol comme un coup de couteau sec. Cela hausse la force de choc que subit le jarret et accroît le risque d’arthrite. [3][8]

La locomotion et le mouvement

Après avoir minutieusement étudié la conformation du cheval à l’arrêt, il est maintenant temps de l’observer en mouvement pour évaluer sa locomotion.

En observant le cheval au pas et au trot en ligne droite, l’évaluateur porte une attention particulière à la façon dont chaque membre se déplace par rapport aux autres et au reste du corps.

Le cheval doit se déplacer librement sur une trajectoire droite. Chaque articulation doit fléchir et s’étendre sans raideur ni hésitation.

Les sabots postérieurs doivent suivre la trace des sabots antérieurs et se poser dans l’empreinte laissée par les sabots antérieurs. Les sabots antérieurs doivent pouvoir se mouvoir en restant éloignés des autres membres pour éviter les interférences et empêcher que le cheval forge ou s’atteigne. [8]

De plus, les antérieurs du cheval doivent se déplacer en ligne droite sans faucher (effectuer une rotation vers l’intérieur) ni billarder (effectuer une rotation vers l’extérieur).

La tête et l’encolure doivent d’autre part se mouvoir librement et aisément lorsque le cheval se déplace. Tout mouvement fautif peut signaler un défaut de conformation, une blessure ou un manque de conditionnement physique. [8]

La musculature

La musculature du cheval doit être uniforme des deux côtés et similaire d’avant en arrière. Les muscles doivent être longs, lisses et bien définis, sans tension ni nœuds.

Le haut des muscles des cuisses et des grassets entre les membres ne doit pas être massif. Les cuisses et les grassets noueux peuvent engendrer des postérieurs cambrés. Idéalement, les muscles du grasset devraient être la partie la plus large du cheval vu de face.

La musculature du dos et des membres postérieurs doit être uniforme et s’attacher au-dessus des hanches sans angles vifs.

Les muscles de l’encolure doivent être définis tout en étant lisses. La partie supérieure de l’encolure, la crête, doit présenter une légère courbure sans être trop proéminente. Les muscles du dessous de l’encolure doivent être moins développés que les muscles du dessus.

On dit d’un cheval dont la musculature de l’ensemble de l’encolure est peu développée qu’il a « une encolure grêle ». Si les muscles du dessous de l’encolure sont trop forts, le cheval a « une encolure de cerf ou renversée ». [8]

La race et le type

En dernier lieu, on doit tenir compte de la race et du type de cheval. De nombreux livres généalogiques équins stipulent les traits jugés nécessaires ou idéaux pour les représentants de la race. Par exemple, les livres généalogiques des chevaux arabes privilégient un animal à l’ossature fine avec un profil concave. Inversement, le stud-book des chevaux andalous préfère un cheval bréviligne avec une tête plus volumineuse. [10][11]

De nombreuses races sont destinées à un usage précis et se conforment à un « type » bien défini. Les chevaux du même type sont généralement destinés au même but. Les types comprennent, mais sans s’y limiter :

  • Le cheval de sport possède une ossature moyenne ou fine. Ce sont normalement des Pur-sang anglais (Thoroughbred), des Warmblood ou le produit de croisements éloignés. Ces chevaux sont populaires pour les disciplines de performance de selle anglaise.
  • Le cheval de chasse a une ossature plus substantielle et un port de tête plus bas que ceux des chevaux de sport. Il s’agit souvent des Pur-sang anglais (Thoroughbred), de Warmblood, de Quarter Horse ou du produit de croisements éloignés.
  • Le cheval de ranch ou de travail du bétail est plus robuste et plus près du sol. Son ossature est plus grosse. Ce sont surtout des chevaux Quarter Horse, Paint ou Appaloosa que l’on utilise principalement pour l’équitation western.
  • Le cheval de selle américain possède une ossature plus fine. Il a souvent plus de trois allures. Ces dernières sont relevées et il porte l’encolure haute. Ce type englobe les chevaux Tennessee Walker, Morgan, arabes et Paso Fino.
  • Le cheval de loisir et le cheval polyvalent peuvent appartenir à n’importe quelle race, Ils sont souvent plus petits et dotés de capacités athlétiques moyennes. On les utilise dans toutes les disciplines équestres de niveau inférieur. Ce sont les chevaux les plus répandus pour l’équitation.
  • Le cheval de trait est trapu, massif et musclé. On l’élève pour tirer de lourdes charges. Ce type englobe entre autres les Clydesdale, les Percherons et les Belges. On peut aussi monter ces chevaux.
  • Le cheval baroque a un port d’encolure haut, une morphologie trapue et des allures relevées. Ce sont notamment des Andalous, des Lusitaniens et des Frisons. On les utilise le plus souvent pour le dressage et l’équitation de travail. [8]

Le conditionnement physique pour surmonter la conformation

En examinant de près la conformation de leur cheval, les propriétaires remarquent parfois certains traits préoccupants concernant la façon dont il est bâti ou musclé.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’il ne peut pas accomplir le travail ou participer à la discipline auquel son cavalier ou son meneur le destine. Ces observations soulignent plutôt la nécessité d’un conditionnement physique et d’un entretien supplémentaires pour surmonter ses défauts de conformation.

De nombreuses races élevées à l’origine dans un but spécifique peuvent avoir beaucoup de succès dans d’autres disciplines. Par exemple, les Clydesdale, traditionnellement employés pour tracter de lourdes charges, peuvent tout aussi bien faire du saut d’obstacles bas ou du dressage. Il se peut simplement qu’ils n’atteignent jamais les niveaux de performance d’élite. Ils peuvent avoir besoin d’un entraînement et d’un entretien spéciaux, par exemple des infiltrations intraarticulaires[8]

En revanche, un cheval doté d’une bonne conformation détient un avantage sur ceux dont la conformation est imparfaite. Le premier peut se mouvoir plus facilement de manière plus efficace, et il est plus susceptible de rester sain.

En affinant leur œil pour juger la conformation, les propriétaires sont en mesure de repérer les défauts de leur cheval et de prendre les mesures appropriées pour le protéger contre d’éventuels dommages à long terme.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées sur l’évaluation de la conformation d’un cheval :

Résumé

La conformation décrit la structure et l’équilibre du corps d’un cheval, déterminant son mouvement, sa puissance et sa solidité à long terme. Comprendre la conformation aide à cerner les forces et les limites d’un cheval pour des disciplines spécifiques.

  • Une mise en place et une posture appropriées sont essentielles pour une évaluation précise de la conformation
  • L’évaluation comprend l’équilibre, la structure, la musculature, l’allure et le type de race
  • Des défauts tels que de mauvais angles d’épaule ou des déviations des membres augmentent le risque de blessure
  • Un conditionnement ciblé, les soins du maréchal-ferrant et une bonne gestion peuvent compenser de légers défauts et améliorer les performances
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Références

  1. Fasig-Tipton. How-To Guide: Conformation Photos. 2015.
  2. Sky Legacy Stud. The Annual Purebreed Show 2022. 2022.
  3. Duberstein, K. Evaluating Horse Conformation. Universtity of Georgia Extension. 2017.
  4. Triple Crown Racing. Buyer's Guide. 2019.
  5. Jeffcott, L. Disorders of the thoracolumbar spine of the horse — a survey of 443 cases. Equine Vet Journal. 1980. View Summary
  6. Johnson, T. and Porter, C. Common Disorders of Incisor Teeth and Treatment . IVIS. 2006.
  7. Melbye, D. Conformation of the horse. University of Minnesota Extension. 2021.
  8. Smith Thomas, H. The Horse Conformation Handbook. Storey Publishing. 2005.
  9. Pethick, B. Guidelines for Balance. The Natural Angle. 2006.
  10. Education/Evaluation Commision. Arabian Conformation. Arabian Horse Association. 2023.
  11. Andalusian Horse Association of Australia. Standards of Excellence. 2018.