La douleur chez les chevaux est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable résultant de lésions tissulaires ou de l’anticipation de tels dommages. Elle peut provenir de diverses causes, telles que des blessures, des maladies ou des interventions chirurgicales. [1]
Reconnaître les signes de douleur chez les chevaux est une pierre angulaire de leur gestion. Une reconnaissance et une intervention précoces sont essentielles pour fournir un traitement approprié et empêcher que des problèmes mineurs ne se transforment en problèmes de santé graves. [2]
Identifier la douleur chez les animaux domestiques, tels que les chevaux, peut être difficile. La distinction entre des comportements normaux et ceux reliés à la douleur est souvent subtile. De plus, les chevaux sont naturellement stoïques, masquant souvent leur inconfort. Il est donc difficile pour les propriétaires et les soigneurs de détecter les signes de douleur moins évidents. [1][3][4]
Des évaluations vétérinaires régulières et l’utilisation d’outils d’évaluation de la douleur peuvent fournir des informations sur l’état d’un cheval. En restant vigilants et bien informés, les propriétaires peuvent identifier plus efficacement les signes de douleur et assurer une intervention rapide, favorisant ainsi la santé et le confort général de leur cheval.
Reconnaître la douleur chez les chevaux
Identifier et traiter la douleur est une responsabilité clé pour les propriétaires et les soigneurs afin de protéger la qualité de vie (QdV) d’un cheval. Une évaluation efficace de la douleur peut prolonger la durée de vie d’un cheval, permettant une intervention médicale rapide pour des affections dont le traitement est simple.
La qualité de vie englobe le bien-être général du cheval, y compris : [5]
- Le confort
- La capacité à effectuer des activités normales
- La santé émotionnelle
Bien qu’il soit impossible de prévenir toute douleur chez les chevaux, une gestion efficace de la douleur est essentielle pour maintenir leur qualité de vie. En gérant correctement la douleur, les propriétaires peuvent améliorer le confort de leur cheval, maintenir ses capacités fonctionnelles et améliorer son bien-être. [3]
Pour les chevaux au travail, la douleur peut affecter considérablement les performances. Cela est particulièrement vrai dans les cas de douleur orthopédique et de boiterie, qui peuvent entraîner une asymétrie importante du mouvement. Reconnaître la douleur permet un traitement rapide, ce qui peut aider à maintenir ou à améliorer la capacité du cheval à performer dans le sport ou le travail. [6][7]
Une douleur intense est généralement plus facile à identifier, mais elle peut mettre la vie en danger si elle n’est pas traitée rapidement. Elle indique souvent des affections sous-jacentes graves nécessitant une attention immédiate. La détection précoce de la douleur, même lorsqu’elle est subtile, est cruciale pour empêcher que des problèmes mineurs ne deviennent des situations critiques et potentiellement mortelles.
Interprétation la douleur
L’interprétation de la douleur chez les animaux est intrinsèquement difficile, puisque ces derniers ne peuvent pas exprimer verbalement leur inconfort. Cette difficulté est amplifiée chez les animaux de proie comme les chevaux, qui cachent instinctivement la douleur et la faiblesse pour éviter de paraître vulnérables auprès des prédateurs.
Ce comportement signifie que les signes d’inconfort sont souvent subtils et facilement négligés, ce qui en complique la détection pour les propriétaires et les soigneurs. [1][8][9]
En raison du stoïcisme naturel des chevaux, la seule expression de la douleur peut être des changements subtils de comportement ou de posture, nécessitant une observation attentive pour être détectés.
La douleur chronique pose des défis supplémentaires, car elle se développe généralement progressivement. Les chevaux peuvent s’adapter à l’inconfort à long terme en modifiant subtilement leurs schémas de mouvement et leur comportement au fil du temps. Cette adaptation graduelle peut rendre la douleur chronique difficile à identifier, car les signes évidents de détresse peuvent être absents. [10][11]
Cela met en évidence la nécessité d’une surveillance vigilante et d’évaluations vétérinaires régulières pour garantir une intervention rapide si un cheval ressent de la douleur. [10][11]
Signes de douleur chez les chevaux
Reconnaître la douleur chez les chevaux implique d’observer à la fois les signes physiques et comportementaux. Les indications de douleur varient considérablement en fonction de l’emplacement, du type et de la gravité de l’inconfort. [8]
Par exemple, un cheval qui boite ou montre des signes de boiterie ressent probablement une douleur au pied ou à la jambe. En revanche, un cheval qui mord ses flancs ou montre des signes d’inconfort abdominal pourrait souffrir de coliques ou d’autres problèmes gastro-intestinaux.
Changements de comportement
L’observation des changements de comportement chez les chevaux peut aider les manieurs à évaluer s’ils ressentent de l’inconfort. La douleur peut provoquer une gamme d’altérations du comportement, y compris : [8][12][13][14]
- Des changements d’attitude : les chevaux qui ressentent de la douleur peuvent devenir plus irritables, agressifs ou craintifs que d’habitude. Ils peuvent mordre, donner des coups de pied, frapper le sol avec les pieds ou plaquer les oreilles vers arrière lorsqu’ils sont approchés ou manipulés. Ils peuvent aussi résister au pansage, ce qui peut indiquer de l’inconfort au toucher.
- Le retrait social : les chevaux qui ressentent de la douleur peuvent s’isoler des autres chevaux ou montrer moins d’intérêt pour les activités sociales. Ils peuvent se tenir à l’écart du troupeau ou éviter les interactions avec les humains.
- De l’agitation : les chevaux qui ressentent de la douleur peuvent montrer de l’agitation, comme transférer fréquemment leur poids d’un pied à l’autre, piaffer ou se coucher et se relever à plusieurs reprises.
- Des changements dans les habitudes alimentaires ou d’hydratation : un cheval qui ressent de la douleur peut manger ou boire moins ou montrer un changement soudain de comportement alimentaire. Certains chevaux refusent complètement la nourriture.
- Une réticence à bouger : les chevaux qui ressentent de la douleur peuvent être réticents à bouger pour éviter d’aggraver leur inconfort. Ils peuvent résister à être menés, sellés ou montés, ou démontrer un manque d’enthousiasme pour les activités qu’ils apprécient habituellement.
Changements physiques
Reconnaître la douleur chez les chevaux implique également d’observer les changements physiques. Les indicateurs clés incluent : [2][12][15]
- Une boiterie ou une démarche altérée : les chevaux peuvent boiter, favoriser une jambe ou avoir des mouvements irréguliers en raison de douleurs dans les jambes, les sabots ou les articulations. Ils peuvent également adopter des comportements tels que se coucher fréquemment pour soulager l’inconfort ou éviter de mettre du poids sur des membres douloureux.
- Des changements de posture : un dos voûté ou un transfert de poids anormal peut signaler de l’inconfort, souvent lié à des douleurs vertébrales, musculaires ou abdominales.
- Une transpiration sans effort : une transpiration inexpliquée, en particulier dans des zones localisées, peut indiquer une douleur ou une inflammation interne.
- Des grincement des dents : les chevaux peuvent grincer des dents en réponse à la douleur, ce qui est souvent observé en présence d’inconfort abdominal ou de problèmes dentaires. Ce comportement peut indiquer un inconfort ou une détresse.
Changements des signes vitaux
Les signes vitaux chez les chevaux sont des indicateurs clés de leur santé et bien-être général, fournissant des informations essentielles pour détecter des problèmes potentiels, tels que la douleur.
Surveiller la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire et la température corporelle de votre cheval peut vous aider à suivre les changements de santé et à évaluer la gravité de la douleur. [16]
- Fréquence cardiaque (FC) : une fréquence cardiaque au repos normale pour un cheval varie de 28 à 44 battements par minute (bpm). Un rythme cardiaque élevé au-delà de cette plage peut indiquer de la douleur ou de l’inconfort. Une fréquence cardiaque élevée persistante peut indiquer une douleur ou une détresse intense et nécessiter une attention vétérinaire rapide.
- Fréquence respiratoire (FR) : une fréquence respiratoire au repos normale pour un cheval est comprise entre 10 et 24 respirations par minute. Un rythme respiratoire élevé peut indiquer de la douleur, surtout lorsqu’il est accompagné de signes de détresse ou d’agitation. Une respiration accrue peut également indiquer des problèmes sous-jacents tels qu’une détresse respiratoire ou une réaction systémique à la douleur.
- Température : la température corporelle normale d’un cheval varie entre 99°F et 101,5°F (37,2°C à 38,6°C). Bien que la douleur elle-même ne modifie généralement pas la température corporelle, des facteurs associés tels que l’inflammation ou l’infection le peuvent. Une température élevée peut suggérer un processus inflammatoire ou infectieux contribuant à la douleur, tandis qu’une température plus basse peut indiquer un choc ou une détresse systémique grave.
Ces mesures physiologiques sont faciles à évaluer et offrent des informations de base sur l’état d’un cheval. Cependant, elles ne sont pas spécifiques à la douleur, car elles peuvent également indiquer du stress ou d’autres affections. Le chevauchement entre les réponses physiologiques à la douleur, au stress et à d’autres stimuli peut compliquer une évaluation précise. [3][17]
Douleur aiguë vs chronique
Lors de l’évaluation de la douleur chez votre cheval, il est important de faire la distinction entre la douleur aiguë et la douleur chronique.
La douleur aiguë survient soudainement, souvent à la suite d’une blessure ou d’une maladie, et est généralement de courte durée. Elle est généralement accompagnée de changements clairs et visibles dans le comportement ou l’état physique, ce qui la rend plus facile à identifier et à traiter. [15]
La douleur chronique dure plus longtemps, potentiellement pendant des mois ou des années, et peut résulter de problèmes tels que l’arthrite ou des blessures à long terme. Elle se développe progressivement et peut être plus difficile à détecter en raison de son apparition subtile. [11]
La douleur chronique entraîne souvent des changements comportementaux subtils et persistants et une diminution progressive du bien-être général, nécessitant une observation attentive pour une gestion efficace.
Détection de la douleur progressive
L’identification de la douleur chez les chevaux peut être particulièrement difficile en cas de douleur chronique, de faible intensité ou à progression lente. Contrairement à la douleur aiguë, qui s’accompagne de changements soudains et visibles, la douleur chronique se développe progressivement et ne perturbe pas nécessairement immédiatement les routines quotidiennes du cheval. [5][10]
Les maladies chroniques peuvent avoir un impact significatif sur la qualité de vie d’un cheval, entraînant un inconfort permanent et une déficience fonctionnelle. Voici un bref aperçu de certaines maladies chroniques courantes chez les chevaux : [10][11][18][19][20]
- L’arthrite : l’arthrose est une maladie dégénérative des articulations qui provoque une inflammation et des douleurs dans les articulations. Elle entraîne une raideur, une mobilité réduite et un inconfort, en particulier chez les chevaux plus âgés. La maladie peut avoir un impact significatif sur la capacité d’un cheval à performer et nécessite une gestion à long terme pour atténuer les symptômes et maintenir la santé des articulations.
- Douleurs dentaires : la résorption odontoclastique et l’hypercémentose des dents équines (ROHDE) est une maladie dentaire progressive dans laquelle les incisives subissent une résorption anormale et un dépôt de cément, causant douleur et inconfort. Les chevaux atteints de problèmes dentaires peuvent montrer des signes de difficulté à manger, de perte de poids, ainsi que des changements de comportement. Des examens dentaires réguliers sont importants pour une détection et une gestion précoces de cette pathologie.
- Laminite chronique : la laminite chronique implique souvent des épisodes aigus, menant à des changements dans la croissance et la structure du sabot. Cela peut entraîner des anneaux visibles sur la paroi du sabot. Les chevaux souffrant de laminite chronique présentent souvent une boiterie intermittente en raison de la déformation continue de leurs sabots.
Dans tous ces cas, la nature chronique de la douleur signifie souvent qu’elle est moins évidente et plus difficile à gérer que la douleur aiguë. Les chevaux peuvent dissimuler leur inconfort, rendant l’évaluation de la gravité de leur douleur ardue.
Complications
L’absence de maladies et de douleur est essentielle pour maintenir le bien-être des chevaux. Ne pas traiter la douleur chez les chevaux peut entraîner des complications importantes à long terme qui peuvent nuire à la qualité de vie (QdV).
La douleur non gérée chez les chevaux peut causer :
- Un inconfort physique continu
- Une détresse émotionnelle
- Des problèmes comportementaux
Tous ces résultats peuvent entraîner un inconfort chronique et une diminution du bien-être et du bonheur généraux. La douleur peut également entraîner une détérioration de la santé physique, souvent due à des mouvements compensatoires qui peuvent entraîner des blessures supplémentaires ou aggraver des pathologies existantes. [3]
Par exemple, un cheval souffrant de douleurs musculo-squelettiques non traitées peut développer une atrophie musculaire, limitant davantage sa mobilité et augmentant son inconfort. [19][21]
Les chevaux peuvent développer une laminite du membre porteur lorsqu’un membre blessé oblige le cheval à porter un poids excessif sur le membre opposé. Ce déséquilibre peut réduire le flux sanguin et augmenter la douleur dans le membre surchargé. Sans traitement rapide, la laminite du membre porteur peut causer des dommages à long terme et aggraver la mobilité. [22]
Évaluation de la douleur équine
De récentes recherches vétérinaires se sont concentrées sur le développement d’outils standardisés d’évaluation de la douleur chez les chevaux. Historiquement, l’évaluation de la douleur reposait sur des signes d’observation, qui peuvent être subjectifs et varier considérablement d’un observateur à l’autre. [1][4][17][23]
L’évaluation subjective de la douleur implique une évaluation basée sur l’interprétation par un observateur du comportement, de l’apparence et des réactions du cheval, telles que les changements de mouvement, de posture et d’attitude.
Cette méthode est limitée en raison de la variabilité dans l’interprétation des signes de douleur et de la subjectivité inhérente à la douleur. Les chevaux masquent souvent leur inconfort et la douleur peut se manifester de diverses manières, rendant une approche unique difficile.
En revanche, les outils standardisés d’évaluation de la douleur améliorent la précision et la cohérence en fournissant des critères clairs pour évaluer la douleur. Ils réduisent la variabilité entre les observateurs, permettent une identification précise des types de douleur et améliorent la planification et le suivi du traitement.
De plus, ces outils améliorent la communication entre les vétérinaires et les propriétaires, favorisant une gestion efficace de la douleur et le suivi de la progression des maladies.
Expressions faciales de douleur du cheval
Chez les animaux, incluant les chevaux, des expressions faciales spécifiques et observables indiquent un inconfort ou une douleur. Ces dernières sont utilisées dans l’évaluation de la douleur pour reconnaître et évaluer la douleur en se basant sur les indices visuels dans les expressions faciales de l’animal. [2][4][15]
L’échelle de grimace du cheval (Horse Grimace Scale – HGS) est un outil standardisé développé pour évaluer la douleur chez les chevaux grâce à l’analyse de leurs expressions faciales. Cette méthode offre une alternative plus objective aux techniques d’observation traditionnelles. La HGS évalue plusieurs caractéristiques clés, ou unités d’action faciale (Facial Action Unit – FAU) : [8][24][25]
- La position des oreilles : les oreilles peuvent être plaquées vers l’arrière ou maintenues dans une position asymétrique. Cela peut indiquer un inconfort ou un stress, car les chevaux bougent souvent leurs oreilles pour signaler une douleur ou de l’agitation.
- Expression des yeux : les yeux peuvent paraître plissés ou rétrécis, ou présenter un aspect vitreux. Un regard tendu ou absent peut signaler la douleur, car les yeux reflètent souvent des changements d’état émotionnel ou physique.
- Évasement des naseaux : les naseaux peuvent être dilatés ou sembler tendues.
- Tension du museau : le museau peut paraître tendu ou tiré, avec le menton semblant plus prononcé. Cette tension peut être un indicateur de douleur ou d’inconfort, car elle accompagne souvent une tension faciale.
- Muscles faciaux : les muscles autour des yeux et de la bouche peuvent montrer des signes de tension ou de contraction. Une activité musculaire accrue dans ces zones peut indiquer une douleur, car le cheval peut essayer de gérer ou de masquer son inconfort.
- Position de la tête : la tête peut être tenue plus basse que d’habitude ou dans une posture inhabituelle. Une position de tête abaissée ou étrange peut suggérer que le cheval essaie de soulager la douleur ou l’inconfort.
L’échelle de grimace du cheval utilise un système de notation pour évaluer la douleur. Elle note chaque unité d’action faciale en fonction de son écart par rapport aux expressions normales, généralement sur une échelle de 0 à 2 ou de 0 à 3.
Tableau 1. Exemple d’une HGS de 0 à 3
| Échelle d’expressions faciales du cheval | |
|---|---|
|
0
|
Aucun changement notable par rapport à la normale |
|
1
|
Changement léger ou modéré |
|
2
|
Changement sévère |
|
3
|
Changement extrême |
Les scores pour chaque FAU sont combinés pour fournir une évaluation complète du niveau de douleur global du cheval.
Outils d’évaluation pour les coliques
Les échelles d’évaluation de la douleur viscérale pour les chevaux sont conçues pour évaluer et quantifier l’inconfort associé à la douleur abdominale causée par des affections telles que les coliques. Ces échelles aident les vétérinaires à évaluer la gravité de la douleur et à orienter les décisions de traitement.
L’échelle de douleur abdominale aiguë équine (Equine Acute Abdominal Pain Scale – EAAPS) est un outil systématique utilisé pour évaluer et quantifier les niveaux de douleur chez les chevaux présentant des affections abdominales aiguës. Elle catégorise la douleur en fonction des comportements observables. [23][26]
Tableau 2. Échelle EAAPS en 5 points
| Échelle de douleur abdominale aiguë équine | |
|---|---|
|
0
|
Aucun comportement de douleur évident |
|
1
|
Comportements légers comme regarder les flancs ou la réponse de Flehmen |
|
2
|
Signes modérés tels que le décubitus sternal, les étirements ou l’agitation |
|
3
|
Comportements sévères, y compris les coups de pied à l’abdomen ou les piaffements |
|
4
|
Actions très sévères comme tenter de se coucher, de s’accroupir ou de se mettre en décubitus latéral |
|
5
|
Comportements extrêmes tels que des roulements excessifs au sol |
L’EEAPS utilise efficacement les comportements typiques de coliques pour évaluer la douleur, montrant une forte concordance et un biais minimal parmi les vétérinaires. Il s’agit d’un système de notation à un chiffre simple, facile à utiliser et ne nécessitant pas de formation approfondie pour les observateurs expérimentés.
Évaluation de la douleur chronique
La douleur chronique chez les chevaux est difficile à évaluer de manière uniforme, car elle peut se manifester sous diverses formes, telles que la douleur musculo-squelettique ou viscérale, chacune nécessitant des méthodes d’évaluation différentes.
Les échelles de douleur composites (Composite Pain Scales – CPS) utilisent plusieurs paramètres associés à la douleur, y compris des mesures interactives, comportementales et physiologiques, pour évaluer la douleur chez les chevaux. Ces échelles multifactorielles utilisent un système de notation descriptif pour les éléments sélectionnés, combinant les scores pour générer des scores CPS. [27]
L’échelle d’évaluation de la douleur chronique chez les chevaux (Horse Chronic Pain Composite Pain Scale – HCPS) est conçue pour évaluer et quantifier la douleur chronique chez les chevaux. Cette échelle intègre plusieurs indicateurs, tels que les expressions faciales et les changements comportementaux, aidant les vétérinaires à mieux comprendre et gérer l’inconfort à long terme chez les chevaux. [28]
Une étude a révélé que la HCPS est efficace pour évaluer la douleur chez les chevaux âgés souffrant de maladies chroniques légères telles que la laminite, l’arthrose et la ROHDE, que les paramètres d’expression faciale soient inclus ou non. Les expressions faciales se sont révélées moins sensibles pour détecter la douleur chronique. [28]
Éthogramme de la douleur chez le cheval monté
L’éthogramme de à la douleur chez le cheval monté (Ridden Horse Pain Ethogram– RHPE) est un outil d’observation détaillé utilisé par les cavaliers, les entraîneurs et les vétérinaires pour identifier et évaluer la douleur musculo-squelettique et la boiterie chez les chevaux pendant le travail monté. Il se concentre sur des indicateurs comportementaux et physiques spécifiques pour fournir une évaluation complète de la douleur. [29][30]
Le RHPE comprend une liste d’indicateurs comportementaux et physiques, tels que les changements de position de la tête, les mouvements des oreilles, les expressions des yeux, les comportements de la bouche et de la langue, les mouvements de la queue, les irrégularités d’allures et les changements spontanés de direction. Chaque indicateur est soigneusement observé et enregistré pour donner un point de vue holistique de l’inconfort ou de la douleur du cheval.
Gestion de la douleur chez les chevaux
Si vous observez des signes de douleur chez votre cheval, il est important de consulter votre vétérinaire pour diagnostiquer avec précision la source et la gravité de la douleur. Une évaluation professionnelle est cruciale pour déterminer le plan de traitement approprié.
Votre vétérinaire vous demandera de fournir des informations sur les symptômes du cheval, y compris tout changement de comportement, de mouvement, de posture, d’appétit ou de comportement. Ce dernier peut effectuer un examen physique et recommander des tests diagnostiques tels que des analyses de sang, une imagerie ou d’autres évaluations spécialisées.
En fonction du diagnostic, le vétérinaire élaborera un plan de gestion de la douleur sur mesure, qui peut inclure des médicaments tels que des AINS, des corticostéroïdes ou d’autres médicaments prescrits. Suivez attentivement les instructions du vétérinaire, en veillant à ce que tous les médicaments soient administrés tel qu’indiqué.
En plus des traitements pharmacologiques, le vétérinaire peut suggérer des thérapies non médicamenteuses telles que l’acupuncture, les soins chiropratiques, les traitements par ondes de choc extracorporelles, la massothérapie, des traitements topiques et des exercices thérapeutiques pour compléter le traitement médical et soulager davantage la douleur.
Les nutraceutiques comme la glucosamine, le sulfate de chondroïtine, le MSM, la moule verte, les acides gras oméga-3 et l’acide hyaluronique sont couramment utilisés pour gérer la douleur chronique et l’inflammation, en particulier pour des affections comme l’arthrose. La gestion du poids, le soin des sabots ainsi que les soins dentaires jouent également un rôle dans la gestion de certaines maladies qui peuvent causer de la douleur.
Questions Fréquemment Posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur la douleur chez les chevaux :
Un cheval qui souffre peut montrer des changements dans ses mouvements, son comportement, sa posture, son appétit ou son expression faciale. Parmi les signes courants, on retrouve une réticence à bouger, de l’irritabilité pendant le pansage ou le sellage, de l’agitation, une démarche irrégulière, les oreilles plaquées vers l’arrière, des muscles faciaux tendus ou de la transpiration sans exercice. Comme de nombreux chevaux cachent leur inconfort, comparer ces signes au comportement habituel de votre cheval peut vous aider à repérer les problèmes plus tôt.
Les chevaux cachent souvent les signes de douleur parce qu’ils sont des animaux de proie ayant un instinct naturel qui les pousse à éviter de paraître faibles ou vulnérables. Cela peut rendre l’inconfort difficile à reconnaître, surtout lorsque les signes sont légers. Des changements subtils dans la posture, l’expression, l’attitude, les mouvements ou le comportement social peuvent être les seuls indices qu’un problème est présent.
Parmi les signes courants de douleur chez les chevaux, on retrouve la boiterie, la raideur, le transfert de poids d’un membre à l’autre, les oreilles plaquées vers l’arrière, le grincement des dents, l’agitation, une diminution de l’appétit et une réticence à bouger ou à travailler. Certains chevaux peuvent également devenir renfermés, agressifs, craintifs ou sensibles au toucher. Les signes physiques peuvent varier selon que la douleur provient des membres, du dos, de l’abdomen, des dents ou d’une autre région du corps.
L’expression faciale d’un cheval qui souffre peut inclure des oreilles plaquées vers l’arrière ou asymétriques, des yeux plissés, des naseaux dilatés, un museau tendu, des muscles faciaux contractés ou une tête abaissée. Ces changements faciaux sont utilisés dans des outils comme la Horse Grimace Scale pour aider à évaluer l’inconfort. Ces signes sont souvent plus faciles à remarquer lorsque les propriétaires connaissent l’expression détendue habituelle de leur cheval.
La douleur aiguë apparaît soudainement, souvent à la suite d’une blessure, d’une maladie, d’une chirurgie ou d’un problème digestif, et provoque généralement des changements plus évidents. La douleur chronique se développe progressivement sur plusieurs semaines, mois ou années et peut être plus difficile à détecter. Des affections comme l’arthrite, la fourbure chronique ou les maladies dentaires peuvent causer un inconfort persistant qui se manifeste par des changements subtils dans les mouvements, l’humeur ou les habitudes quotidiennes.
La douleur peut modifier le comportement d’un cheval en le rendant plus irritable, renfermé, agressif, craintif, agité ou réticent à interagir. Certains chevaux résistent au pansage, au sellage, au fait d’être menés ou montés lorsqu’ils ressentent de l’inconfort. Comme les changements de comportement peuvent être le premier signe de douleur, des changements soudains d’attitude ne devraient pas être attribués à de l’entêtement ou à un manque de bonnes manières.
Les signes vitaux peuvent aider à repérer la douleur ou la détresse chez un cheval, mais ils ne confirment pas à eux seuls la présence de douleur. Une fréquence cardiaque au repos supérieure à 28 à 44 battements par minute ou une fréquence respiratoire supérieure à 10 à 24 respirations par minute peut signaler un inconfort, du stress ou une maladie. La température normale se situe entre 99 °F et 101,5 °F (37,2 °C à 38,6 °C).
Un cheval qui pourrait souffrir devrait être examiné par un vétérinaire, surtout si les signes sont soudains, sévères, s’aggravent ou sont associés à des coliques, une boiterie, une blessure ou un refus de manger. Votre vétérinaire peut évaluer la source et la gravité de l’inconfort, puis recommander un traitement. Les soins peuvent inclure des médicaments, du repos, de l’exercice contrôlé, des soins des sabots, des soins dentaires ou des thérapies de soutien.
L’évaluation de la douleur chez les chevaux combine généralement les observations du propriétaire, l’examen vétérinaire, les signes vitaux, l’évaluation des mouvements et des outils structurés. Les échelles de douleur peuvent examiner l’expression faciale, la posture, le comportement, la démarche ou les signes liés aux coliques. Des outils comme la Horse Grimace Scale, les échelles de douleur pour les coliques, les échelles de douleur chronique et les évaluations du cheval monté aident à rendre l’évaluation plus uniforme.
La douleur chronique peut réduire la qualité de vie d’un cheval en limitant son confort, ses mouvements, son comportement social, son appétit, ses performances et son bien-être général. La douleur à long terme peut également entraîner des schémas de mouvement compensatoires, une perte musculaire ou un stress accru sur les autres membres. Des soins vétérinaires continus et un suivi régulier sont importants pour garder les affections chroniques aussi bien contrôlées que possible.
Résumé
La douleur chez les chevaux est un problème sérieux affectant leur bien-être et qui nécessite une détection rapide pour un traitement efficace.
- Les chevaux masquent souvent la douleur en raison de leur nature stoïque, ce qui rend l'identification des signes subtils d'inconfort difficile
- Les principaux indicateurs incluent des changements de comportement tels que l'irritabilité, le retrait social et la réticence à bouger, ainsi que des signes physiques tels que la boiterie et une posture altérée
- Une douleur non gérée peut entraîner une diminution de la qualité de vie, une détresse émotionnelle et d'autres problèmes physiques tels que des blessures supplémentaires ou une laminite du membre porteur
- Les outils standardisés d'évaluation de la douleur, comme l'échelle de grimace du cheval, amènent une exactitude et une cohérence accrues, améliorant ainsi la gestion de la douleur et la communication entre les vétérinaires et les propriétaires
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