En novembre 2024, nous avons reçu une demande d’évaluation de l’alimentation pour un hongre Dutch Warmblood (KWPN) de deux ans et demi nommé Apollo provenant du Michigan, aux États-Unis.
Au moment de son évaluation alimentaire, Apollo était encore en pleine croissance et devait atteindre une taille adulte d’au moins 17 mains et un poids corporel d’environ 1 300 à 1 400 lb (590 à 658 kg).
Le propriétaire d’Apollo était préoccupé par le fait que son alimentation actuelle ne répondait pas pleinement aux besoins liés à sa croissance. Il avait de la difficulté à maintenir son poids, présentait un faible développement musculaire pour son âge et sa taille, et semblait avoir une fonction immunitaire compromise.
Les principaux objectifs du propriétaire d’Apollo étaient d’améliorer l’état de chair, de favoriser une croissance musculaire saine et de renforcer la santé immunitaire tout en maintenant une alimentation à base de fourrage.
Présentation avant l’intervention alimentaire
Lors de l’évaluation, Apollo avait de la difficulté à maintenir son état de chair et à prendre du poids, probablement en partie en raison de sa grande ossature et de sa croissance continue. Son propriétaire a exprimé des préoccupations concernant son état de chair, sa masse musculaire, et sa sensibilité aux piqûres d’insectes et aux allergies.
La photo suivante d’Apollo a été fournie en novembre 2024, avant son évaluation alimentaire :
Historique du cheval
Bien qu’il soit normal que les jeunes chevaux traversent des phases de maigreur durant la croissance, le propriétaire d’Apollo a noté qu’il paraissait constamment maigre et ne semblait pas prendre de masse entre les poussées de croissance tel que prévu.
Apollo a également été décrit comme étant un cheval très sensible, avec des réactions marquées aux piqûres d’insectes et aux allergies saisonnières. Son propriétaire s’inquétait de l’impact potentiel de la perte de sa mère à l’âge de deux mois, puisqu’il a été élevé comme un poulain orphelin.
Avant l’évaluation du régime alimentaire, son propriétaire avait essayé le colostrum bovin et AniHist H d’AniMed pour renforcer son système immunitaire, mais n’avait pas observé d’amélioration notable de la sensibilité d’Apollo.
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Alimentation des chevaux en croissance
À l’âge de 2,5 ans, les chevaux approchent de la maturité mais sont encore en pleine croissance. [1] Bien que leur taux de croissance ait ralenti, leur alimentation doit fournir une énergie adéquate, des protéines de haute qualité et un apport équilibré en vitamines et minéraux afin de soutenir le développement musculosquelettique.
Une note d’état de chair de 4 ou 5 sur l’échelle de Henneke est recommandé à cet âge. Cela est généralement obtenu avec du fourrage de bonne qualité, des sources appropriées de protéines et un supplément de vitamines et minéraux bien équilibré. Les propriétaires peuvent bâtir des régimes autour du fourrage avec une supplémentation ciblée, plutôt que de dépendre uniquement de moulées complètes.
En plus de répondre aux besoins nutritionnels de base, il est important de gérer l’apport énergétique total, particulièrement celui provenant du sucre et de l’amidon (glucides hydrolysables; GH). Des études montrent qu’un apport énergétique excessif est associé à à un risque accru de maladies orthopédiques du développement, incluant des lésions liées à l’ostéochondrose et des anomalies des plaques de croissance. [2]
Des apports plus élevés en sucre et amidon peuvent aussi influencer l’équilibre hormonal, ce qui peut affecter le développement normal des os et du cartilage et potentiellement augmenter le risque de maladies orthopédiques du développement. [3] Il est important de noter que plusieurs facteurs influencent le risque de ce type de maladies, dont la génétique, la vitesse de croissance et la nutrition. Certains chevaux peuvent tolérer des apports énergétiques plus élevés sans problème, tandis que d’autres peuvent être plus sensibles.
Dans le cas d’Apollo, il n’y avait aucun signe de maladie orthopédique du développement au moment de l’intervention alimentaire. Cependant, comme son développement musculosquelettique n’était pas terminé, les changements alimentaires visant à favoriser la prise de poids ont été effectués avec prudence.
L’objectif était d’augmenter l’apport calorique de façon contrôlée tout en limitant l’excès de sucre et d’amidon, afin de soutenir une prise de poids saine sans augmenter inutilement les facteurs de risque nutritionnels associés aux maladies orthopédiques du développement.
Problèmes de poids
Chez les chevaux en croissance, une difficulté à maintenir le poids corporel peut découler de divers facteurs de santé et alimentaires, notamment :
- Disponibilité limitée du fourrage
- Fourrage de mauvaise qualité
- Apport insuffisant en énergie (calories) ou en protéines
- Troubles digestifs
- Affections médicales sous-jacentes
Les chevaux étant des animaux qui paissent en continu, ces derniers bénéficient d’un accès constant au fourrage. L’augmentation de la quantité de fourrage ou l’amélioration de sa qualité est souvent le moyen le plus efficace et le plus économique de favoriser la prise de poids. Lorsque l’ingestion de fourrage est déjà optimisée, les propriétaires peuvent introduire des calories supplémentaires grâce à des aliments riches en énergie.
Les propriétaires de chevaux devraient éviter les régimes alimentaires riches en sucre et en amidon, car elles peuvent nuire à la santé digestive de leur animal et freiner davantage la prise de poids. [4][5][6]
Pour la plupart des chevaux, les nutritionnistes recommandent de maintenir l’apport en glucides hydrolysables (GH; sucre et amidon) en dessous de 12 % de la ration totale sur une base de matière sèche. Dans certains cas, comme pour les chevaux de performance, des niveaux de GH plus élevés peuvent être appropriés pour répondre aux besoins énergétiques.
À l’inverse, les chevaux ayant des problèmes métaboliques peuvent bénéficier d’une restriction supplémentaire des GH à 10 % ou moins.
Les sources d’énergie à base de fibres et de gras sont à privilégier pour augmenter l’apport calorique des chevaux de façon sécuritaire. Des options comme la pulpe de betterave et la luzerne fournissent des fibres hautement digestibles, tandis que les sources de gras comme les huiles ou les sources de gras comme les huiles ou les graines de lin offrent des calories concentrées sans augmenter l’apport en sucre et en amidon.
Lors de l’ajustement de l’apport calorique chez les chevaux en croissance, il est important de s’assurer que l’alimentation continue de répondre aux besoins en protéines. Dans le cas d’Apollo, l’augmentation de sa consommation de luzerne a permis d’accroître son apport en protéines tout en fournissant des calories supplémentaires provenant de fibres hautement digestibles.
Santé immunitaire
Les allergies chez les chevaux sont des troubles immunitaires complexes influencés par des facteurs génétiques et environnementaux. Bien que les chevaux ne réagissent pas tous aux mêmes allergènes, les recherches suggèrent que la génétique joue un rôle dans la sensibilité allergique. [7]
Des réactions allergiques surviennent lorsque le système immunitaire réagit de façon excessive à des substances normalement inoffensives comme les insectes, le pollen, les moisissures, la poussière, les ingrédients alimentaires ou les produits topiques. Cette réaction peut entraîner des signes tels que des démangeaisons, des irritations cutanées, de la toux ou un écoulement nasal.
L’une des affections allergiques les plus courantes chez les chevaux est l’hypersensibilité aux piqûres d’insectes (HPI), aussi appelée dermite estivale ou eczéma d’été. Cette affection est principalement causée par une réaction d’hypersensibilité de type I à la salive des insectes piqueurs, le plus souvent les moucherons Culicoides, mais aussi les moustiques, les mouches noires et les mouches d’écurie. [8][9][10][11]
La réaction allergique implique la production d’anticorps IgE spécifiques aux allergènes, qui déclenchent la libération de composés inflammatoires tels que l’histamine à partir des mastocytes. C’est ce qui cause les démangeaisons intenses associées à cette affection. [12]
Le dermite estivale suit souvent un schéma saisonnier, avec des poussées durant les mois plus chauds lorsque l’activité des insectes est à son maximum, bien que les symptômes puissent persister toute l’année dans certains climats. Les chevaux affectés peuvent développer une perte de poils, des lésions cutanées et des zones d’irritation (le plus souvent le long de la crinière, de la queue et du dos). Les chevaux présentant une irritation cutanée se frottent souvent de manière excessive, entraînant une inflammation supplémentaire et des infections secondaires potentielles. [8][9]
Il n’existe pas de traitement curatif pour la dermite estivale, mais les symptômes sont généralement gérés par une combinaison de mesures environnementales, de soins médicaux et de stratégies nutritionnelles. Il est essentiel de réduire l’exposition aux insectes, ce qui peut impliquer une combinaison de couvertures anti-mouches, d’insecticides topiques et d’un ajustement des périodes de sorties à l’extérieur.
L’alimentation peut également jouer un rôle dans le maintien d’une peau saine et d’une fonction immunitaire normale. Des nutriments clés tels que les acides gras oméga-3, le zinc et la vitamine E aident à favoriser l’intégrité de la peau, les défenses antioxydantes et les réponses immunitaires normales. Certains ingrédients fonctionnels peuvent également contribuer à maintenir un équilibre inflammatoire sain. [13][14]
Dans le cas d’Apollo, un supplément de vitamines et minéraux plus complet a été recommandé afin de soutenir une fonction immunitaire optimale et la santé globale.
Régime alimentaire initial
Au moment de la consultation en nutrition, la ration quotidienne d’Apollo consistait de :
- Accès à volonté au foin et pâturage cultivés localement
- 3 lb (1.4 kg) – CoolStance Copra
- 1 lb (0,5 kg) – Lin moulu Golden Ground (Triple Crown)
- 5 lb (2,3 kg) – Granulés de luzerne
- 6 g – MagRestore
- 4 oz (125 g) – Mélange Vermont
- 2,000 IU (14 g) – Poudre Elevate Maintenance
Dans l’ensemble, l’alimentation semblait fournir suffisamment d’énergie et de protéines, malgré les difficultés d’Apollo à maintenir son poids pendant sa croissance. Les niveaux de vitamines et de minéraux étaient généralement suffisants, sauf pour l’iode, la vitamine A et la vitamine D. Selon les valeurs estimées, la teneur en glucides hydrolysables (GH; sucre et amidon) était d’environ 9%.
Intervention
Dans le cadre de la consultation nutritionnelle, un plan alimentaire mis à jour a été proposé pour répondre aux préoccupations spécifiques liées au régime alimentaire d’Apollo.
Tableau 1. Résumé de l’intervention alimentaire
| Problème du cheval | Objectif nutritionnel | Intervention | Notes |
|---|---|---|---|
| État de chair | Améliorer l’état de chair | Augmentation des granulés de luzerne | Augmente l’apport en calories et en protéines |
| Santé musculaire | Favoriser la croissance musculaire | Ajout d’AminoTrace+, retrait du mélange VT | Fournit un apport supplémentaire en acides aminés |
| Problèmes immunitaires | Soutenir la fonction immunitaire | Ajout d’AminoTrace+ | Offre un apport plus complet en vitamines et minéraux |
Les changements alimentaires recommandés visaient à soutenir l’état de chair d’Apollo, son développement musculaire et sa santé globale en augmentant la densité calorique de sa ration et en offrant un soutien plus complet en acides aminés, vitamines et minéraux.
Ces ajustements visaient à répondre aux préoccupations continues concernant son état de chair et sa croissance, tout en favorisant sa fonction immunitaire et métabolique à long terme.
Alimentation équilibrée
Les ajustements alimentaires ont été conçus pour augmenter la densité calorique de la ration d’Apollo afin de soutenir une amélioration de l’état de chair et favoriser une croissance saine et soutenue. Même si son régime alimentaire initial répondait à ses besoins en énergie et en protéines, le développement musculaire et l’état de chair demeuraient des points préoccupants.
Pour répondre à ces problèmes, l’alimentation a été modifiée afin d’augmenter ses besoins en énergie et en protéines en augmentant la quantité de granulés de luzerne.
Remplacer le mélange VT par AminoTrace+ a permis d’augmenter son apport en acides aminés essentiels et d’offrir un apport plus complet en vitamines et minéraux, contribuant ainsi à mieux répondre à ses besoins nutritionnels et à soutenir sa fonction immunitaire.
Régime alimentaire mis à jour
Après la consultation, le propriétaire d’Apollo a mis en place les ajustements alimentaires suivants. Sa ration quotidienne mise à jour comprenait :
- Accès à volonté au foin et aux pâturages produits localement
- 1 lb (0,5 kg) – Lin moulu Golden Ground (Triple Crown)
- 10 lb (4,5 kg) – Granulés de luzerne
- 250 g – AminoTrace+
- 1 cuillère à soupe – sel
De plus, son propriétaire a choisi d’ajouter 3 g de glycinate de magnésium, 2 mesures (130 g) de Digestive HP (Poseidon) et 1 mesure (15 g) de Lifespan (Equine Veterinary Essentials) de son propre gré.
Résultats
Dans l’ensemble, les ajustements alimentaires ont entraîné une amélioration notable de l’état de chair et du développement musculaire. La propriétaire d’Apollo a signalé des changements visibles dans le mois suivant la mise en place du nouveau plan, avec une progression continue observée au bout de trois mois.
Les photos suivantes mettent en évidence les différences de son état de chair un et trois mois après l’intervention :
Aujourd’hui, alors qu’Apollo a presque 4 ans, sa condition physique générale s’est considérablement améliorée. Toutefois, il continue de présenter une sensibilité aux allergies et aux insectes, ce qui pourrait nécessiter une évaluation plus approfondie afin d’explorer des stratégies de soutien plus poussées.
Discussion
Les jeunes chevaux en croissance comme Apollo ont des besoins nutritionnels élevés pour une croissance régulière, le développement musculaire et la fonction immunitaire. Il n’est pas rare que des chevaux de grande taille ou des schémas de croissance rapides paraissent maigres ou aient de la difficulté à maintenir leur état de chair, particulièrement lorsque l’apport calorique ne répond pas entièrement à leurs besoins.
Dans le cas d’Apollo, son régime initial répondait techniquement aux besoins dn énergie et dn protéines, mais son état de chair et son développement musculaire suggéraient que l’utilisation des nutriments et l’équilibre global de la ration pouvaient être optimisés.
De plus, son historique de poulain orphelin et sa sensibilité persistante aux insectes et aux allergènes soulignaient l’importance de soutenir la fonction immunitaire parallèlement à sa croissance.
Le nouveau plan alimentaire visait à augmenter la densité calorique tout en maintenant une alimentation à base de fourrage et en assurant un apport équilibré en vitamines et minéraux. L’augmentation de l’apport en luzerne a aidé à fournir des calories supplémentaires provenant de fibres hautement digestibles tout en favorisant l’apport en protéines pour le développement musculaire.
La transition vers AminoTrace+ a permis d’optimiser l’apport en acides aminés essentiels et a fourni un éventail de micronutriments plus complet pour favoriser la santé immunitaire.
Des précautions ont également été prises afin d’éviter un apport excessif en sucre et en amidon, car des niveaux plus élevés de glucides hydrolysables (GH) peuvent nuire à la santé digestive et ne sont pas nécessaires à la la prise de poids chez la plupart des jeunes chevaux.
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— Témoignage du propriétaire d’ApolloÀ la suite de ces ajustements, Apollo a présenté des améliorations notables de son état de chair et de la musculature de sa chaîne dorsale dès le premier mois, avec des progrès continus au cours des mois suivants.
Ce cas souligne l’importance d’aller au-delà des besoins nutritionnels de base et de prendre en compte des facteurs tels que l’équilibre des acides aminés, la source de calories et l’apport en micronutriments lors de la gestion de la croissance, de l’état de chair et de la santé globale chez les jeunes chevaux.
Références
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