En décembre 2024, nous avons reçu une demande d’évaluation alimentaire pour une jument Morgan de 12 ans nommée Kelta. Elle pesait environ 800 lb (363 kg) et se trouvait en Alaska, aux États-Unis. Lors de la consultation, les préoccupations de sa propriétaire comprenaient une perte de musculature au niveau de la chaîne dorsale, des enjeux de santé métabolique et des problèmes de poids.

L’objectif principal de la propriétaire de Kelta était de soutenir la santé de la chaîne dorsale, puisque cette dernière avait subi une fonte musculaire importante au cours des derniers mois.

Présentation avant l’intervention alimentaire

Au moment de son évaluation alimentaire, Kelta avait un poids idéal et pratiquait de l’exercice léger. Elle présentait les besoins particuliers suivants :

La photo suivante de Kelta a été fournie en décembre 2024, avant son évaluation alimentaire :

Historique du cheval

Au moment de son évaluation alimentaire, Kelta faisait de l’exercice léger une ou deux fois par semaine, conformément à sa charge de travail habituelle durant les mois d’hiver. Toutefois, contrairement aux années précédentes, sa propriétaire a observé une fonte musculaire notable et anormalement rapide le long de sa chaîne dorsale à mesure que son niveau d’activité physique diminuait.

Cette perte de musculature était particulièrement évidente au niveau du garrot et du sommet de la croupe. Cela a amené sa propriétaire à se demander si son alimentation actuelle soutenait adéquatement le maintien de sa masse musculaire.

Le foin de brome mélangé que Kelta consommait semblait lui fournir une quantité suffisante de protéines pour le maintien de sa masse musculaire. Son plan alimentaire incluait également des niveaux adéquats d’antioxydants clés, notamment la vitamine E et le sélénium.

Fonte de la musculature de la chaîne dorsale

Le tissu musculaire, y compris les muscles le long de la chaîne dorsale, est composé principalement de protéines. Pour que les chevaux puissent développer et maintenir leur masse musculaire, leur alimentation doit fournir une quantité suffisante de protéines ainsi qu’un bon équilibre en acides aminés.

Même si les niveaux de protéines brutes dans l’alimentation de Kelta semblaient suffisants, une supplémentation en acides aminés essentiels a été recommandée afin d’optimiser le maintien de sa masse musculaire et de rétablir la santé de sa chaîne dorsale.

Les protéines sont des chaînes d’acides aminés, dont l’organisme a besoin pour construire et réparer efficacement le tissu musculaire. Pour la majorité des chevaux, les fourrages constituent la principale source de protéines et d’acides aminés. Cependant, les fourrages n’offrent pas tous un équilibre optimal d’acides aminés essentiels, que les chevaux ne peuvent pas synthétiser eux-mêmes. [1][2]

Les acides aminés limitants les plus critiques chez le cheval sont la lysine, la méthionine et la thréonine. Ceux-ci doivent être fournis en quantités suffisantes dans l’alimentation pour permettre au cheval de synthétiser efficacement les protéines musculaires. Toute carence en l’un de ces acides aminés réduit la capacité de l’organisme à utiliser les protéines alimentaires, ce qui nuit au maintien et au développement musculaire, peu importe l’apport total en protéines. [3][4]

Chez le cheval, la lysine est le premier acide aminé limitant, ce qui signifie qu’elle est le plus souvent présente en quantité insuffisante dans les plans alimentaires classiques. Les carences en méthionine représentent également une préoccupation croissante, puisque de faibles teneurs en soufre dans les sols peuvent réduire la concentration de méthionine dans certains fourrages. [5]

Santé métabolique

Les Morgans, comme Kelta, sont prédisposés aux troubles métaboliques et aux difficultés de gestion du poids. Étant donné les antécédents d’obésité de Kelta, sa propriétaire a adopté une approche proactive pour soutenir sa santé métabolique en offrant une alimentation faible en glucides hydrolysables (GH; sucre + amidon) et en veillant soigneusement à ce qu’elle conserve un poids corporel approprié.

Le syndrome métabolique équin (SMÉ) est un trouble métabolique qui affecte la façon dont les chevaux métabolisent les sucres alimentaires et les convertissent en énergie. Il est particulièrement fréquent chez les races qui prennent facilement du poids (easy keepers). [6]

Le SMÉ se caractérise par une dysrégulation de l’insuline, ce qui signifie que l’organisme du cheval devient moins sensible à l’insuline. Chez les chevaux atteints de SMÉ, l’excès de graisse corporelle peut entraîner une accumulation accrue de gras dans le foie, ce qui peut perturber la signalisation de l’insuline et contribuer à la résistance à l’insuline. [7]

Les signes courants du SMÉ comprennent : [8]

La prise en charge du SMÉ vise à améliorer la sensibilité à l’insuline et à réduire le risque de laminite. Cela comprend généralement : [9]

  • Une alimentation faible en glucides hydrolysables (GH; amidon et sucre)
  • La réduction de l’apport calorique total afin de favoriser la perte de poids
  • De l’exercice physique régulier
  • Dans certains cas, le recours à une médication visant à améliorer la régulation de l’insuline

Chez les chevaux atteints de SMÉ, le fourrage devrait être analysé afin de déterminer sa teneur en glucides hydrolysables. Une alimentation riche en GH peut aggraver la résistance à l’insuline et contribuer à des complications métaboliques. Afin de réduire ce risque, les fourrages devraient contenir moins de 10 % de GH sur une base de matière sèche. [10]

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Les chevaux atteints du syndrome métabolique équin (SMÉ) devraient également être évalués afin de dépister un potentiel dysfonctionnement de la pars intermedia de la glande pituitaire (DPIP), aussi appelé maladie de Cushing. Le DPIP peut aggraver la résistance à l’insuline et se manifeste souvent par des symptômes tels qu’une fonte musculaire, une perte de masse musculaire au niveau de la chaîne dorsale et un poil long et frisé.

Bien que le DPIP soit plus fréquent chez les chevaux de plus de 15 ans, cette pathologie peut également survenir chez des chevaux plus jeunes. [11]

Problèmes de poids

Compte tenu des antécédents d’obésité de Kelta et de la prédisposition de sa race à la prise de poids, il était important de soutenir sa chaîne dorsale et le maintien de sa masse musculaire tout en gérant soigneusement son apport calorique.

En Amérique du Nord, on estime que 51 % des chevaux présentent un excès de poids, et jusqu’à 8 % sont considérés comme obèses. [7][12][13]

L’excès de poids se développe généralement lorsque l’apport calorique dépasse la dépense énergétique, en particulier chez les chevaux peu actifs. Des facteurs tels que l’âge et le niveau d’activité influencent les besoins énergétiques d’un cheval, et certains chevaux sont naturellement plus enclins à prendre du poids que d’autres. [14]

L’évaluation de l’état de chair avec l’échelle de Henneke est largement utilisée pour déterminer le poids d’un cheval, les notes de 7 ou plus indiquant un excès de masse grasse. Une gestion efficace du poids repose généralement sur la réduction de l’apport calorique, l’augmentation de l’activité physique et l’ajustement de l’alimentation afin de soutenir la santé métabolique à long terme.

Plan alimentaire initial

Au moment de la consultation nutritionnelle initiale de Kelta en décembre, sa ration quotidienne se composait de :

Le foin de brome mélangé donné à Kelta a été analysé afin de déterminer sa composition nutritionnelle. Les résultats sont présentés ci-dessous :

Tableau 1. Analyse nutritionnelle du foin de brome initial (sur une base de matière sèche)

Nutriment Analyse (base de matière sèche)
Énergie digestible 2,06 Mcal/kg
Protéines brutes 11,4 %
Fibres au détergent acide 36,9 %
Fibres au détergent neutre 62,0 %
Calcium 0,36 %
Phosphore 0,23 %

Dans l’ensemble, le plan alimentaire initial semblait fournir suffisamment d’énergie, de protéines ainsi que de nombreuses vitamines et minéraux essentiels. La principale carence observée était le sodium.

La teneur en GH (sucre et amidon) était appropriée pour un cheval souffrant de problèmes métaboliques, avec 8,3 % sur une base de matière sèche.

Un mois après les recommandations alimentaires initiales, la propriétaire de Kelta a demandé une deuxième évaluation du plan alimentaire. En se basant sur les recommandations initiales, elle avait débuté l’utilisation de l’huile w-3 de Mad Barn, de granulés de luzerne, d’un supplément d’acides aminés et de sel.

Elle a également fourni une analyse de foin pour un nouveau lot de foin, dont la teneur en protéines était inférieure à celle du mélange de brome précédent.

La ration quotidienne de Kelta au moment de la deuxième évaluation alimentaire se composait de :

  • 20 lb de foin de brome mélangé ayant été analysé
  • 6 lb de granulés de luzerne
  • 4 oz de California Trace Plus
  • 1 oz de sel
  • 3 oz d’huile w-3
  • 2 oz de Regen-X

L’analyse de foin pour le deuxième lot de foin de brome mélangé donné à Kelta est présentée ci-dessous.

Tableau 2. Analyse nutritionnelle du nouveau foin de brome (base de matière sèche)

Nutriment Analyse (base de matière sèche)
Énergie digestible 2 Mcal/kg
Protéines brutes 8,2 %
Fibres au détergent acide 35,5 %
Fibres au détergent neutre 59,5 %
Calcium 0,38 %
Phosphore 0,17 %

Grâce à ces changements, le plan alimentaire mis à jour répond désormais aux besoins en sodium de Kelta et fournit des niveaux plus élevés d’acides aminés essentiels, de vitamine E et d’acides gras oméga-3.

Comme le nouveau foin présente une teneur en protéines plus faible que le foin précédent, par précaution, la propriétaire de Kelta a ajouté des granulés de luzerne afin d’aider à maintenir un apport protéique adéquat dans l’alimentation.

Intervention

À la suite des deux consultations, des mises à jour ont été proposées afin de répondre aux préoccupations liées à la récente fonte musculaire de Kelta.

Tableau 3. Résumé de l’intervention alimentaire

Problème du cheval Objectif nutritionnel Intervention Notes
Perte de musculature de la chaîne dorsale Corriger les carences courantes en acides aminés Ajouter Three Amigos et de la méthionine Fournir un mélange idéal d’acides aminés limitants afin de soutenir la synthèse des protéines musculaires
Santé musculaire générale Enrichir l’alimentation en acides gras essentiels et en antioxydants trop faibles dans le foin Ajouter l’huile w-3 Fournit de la vitamine E naturelle et du DHA, un acide gras oméga-3

Ces ajouts ont été recommandés afin de soutenir la musculature de la chaîne dorsale de Kelta en assurant un apport adéquat en acides aminés et en offrant un soutien général pour sa santé musculaire.

Équilibrer l’alimentation

L’objectif principal des ajustements alimentaires était de corriger la fonte musculaire de Kelta en fournissant des acides aminés essentiels qui sont souvent présents en quantité insuffisante dans les fourrages.

Afin de simplifier son programme de supplémentation, la propriétaire de Kelta a remplacé California Trace Plus et Regen-X par AminoTrace+ de Mad Barn, un supplément avancé de vitamines et de minéraux.

AminoTrace+
Magasiner
  • Minéraux à un équilibre correct
  • Soutient la santé métabolique
  • Sensibilité à l'insuline
  • La croissance des sabots

AminoTrace+ a permis de combler les besoins nutritionnels globaux de Kelta tout en fournissant des niveaux d’acides aminés plus élevés que ses suppléments précédents. Il offre également un soutien continu face à sa prédisposition aux troubles métaboliques.

De plus, l’huile w-3 a été introduite afin de fournir de la vitamine E naturelle et du DHA, un acide gras oméga-3. Ces éléments jouent tous deux un rôle clé dans la fonction musculaire et la récupération après l’effort.

w-3 Oil
Magasiner
  • Favorise le confort des joints
  • Aide à combattre l'inflammation
  • état de la peau et du pelage
  • Source appétente d'oméga-3

Plan alimentaire mis à jour

Après avoir mis en place les changements recommandés et constaté une amélioration de la musculature de la chaîne dorsale, la propriétaire de Kelta a simplifié son alimentation afin de maintenir ces résultats.

La ration quotidienne la plus récente de Kelta se composait de :

  • 20 lb de foin de brome mélangé
  • 4 lb de granulés de luzerne
  • 200 g d’AminoTrace+
  • 1 oz de sel
  • 3 oz d’huile w-3

Grâce à ces ajustements alimentaires, la musculature de la chaîne dorsale de Kelta s’est rétablie, et elle a continué à maintenir un poids sain ainsi qu’un métabolisme stable.

Résultat

Dans le mois suivant les derniers ajustements alimentaires, Kelta a montré une amélioration notable de la musculature de sa chaîne dorsale. Malgré la transition vers un foin dont la teneur en protéines brutes était plus faible, sa chaîne dorsale a continué de se développer.

Au bout de deux mois, sa propriétaire a pu simplifier son programme d’alimentation tout en maintenant à la fois la masse musculaire et l’état de chair général.

Les photos suivantes illustrent les changements observés dans son état deux mois après les ajustements alimentaires :

Discussion

Dans le cas de Kelta, l’ajout d’acides aminés essentiels a entraîné une amélioration notable de la santé de la chaîne dorsale en l’espace de deux mois. Ce résultat souligne l’importance non seulement de combler les besoins globaux en protéines, mais aussi de s’assurer que l’alimentation fournit un profil équilibré d’acides aminés.

« Grâce au suivi approfondi et aux outils nutritionnels fort utiles de Mad Barn, j’ai pu améliorer considérablement la chaîne dorsale de ma jument adorée. »

— Commentaire de la propriétaire

Même lorsque l’apport en protéines brutes semble suffisant, des carences en acides aminés limitants tels que la lysine, la méthionine et la thréonine peuvent réduire la capacité d’un cheval à maintenir ou à reconstruire sa masse musculaire.

Une supplémentation adaptée peut donc constituer une stratégie simple mais très efficace pour favoriser le développement musculaire et l’état de chair général, particulièrement lors des changements saisonniers ou des variations dans la qualité des fourrages.

La propriétaire de Kelta affirme : « Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi ma jument — âgée de seulement 12 ans et n’ayant jamais été malade de sa vie — se détériorait soudainement. Merci infiniment de m’avoir aidée à comprendre ce qui lui manquait et comment la nourrir adéquatement afin de rétablir sa chaîne dorsale. »

  • Cette étude de cas décrit une jument Thoroughbred de 16 ans présentant une perte de poids importante et une mauvaise ligne du dessus à la suite d’un séjour temporaire dans une pension
  • Epona est revenue aux soins de sa propriétaire avec un score d’état corporel nettement bas, soulignant l’impact des changements de gestion sur les chevaux « hard keeper »
  • Le régime alimentaire initial semblait adéquat pour le maintien, mais reposait sur des grains enrichis et offrait un soutien limité pour une prise de poids continue et la résilience digestive
  • Les objectifs nutritionnels visaient à favoriser la prise de poids, à soutenir le développement musculaire de la ligne du dessus et à améliorer la fonction digestive tout en réduisant l’apport en glucides hydrolysables
  • L’intervention nutritionnelle a augmenté les calories provenant des fourrages, des fibres digestibles et des lipides en ajoutant de la luzerne, de la pulpe de betterave, des granulés de fléole des prés et de l’huile oméga-3, tout en réduisant la dépendance aux grains
  • Une supplémentation ciblée avec un prémélange de vitamines et de minéraux et un soutien digestif a été utilisée pour combler les lacunes en micronutriments et optimiser l’absorption des nutriments
  • À la suite des changements alimentaires, Epona a démontré des améliorations rapides de l’état corporel, du développement de la ligne du dessus, de la qualité du poil et du maintien du poids à long terme, selon la propriétaire
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Références

  1. Urschel. K. L. and Lawrence. L. M. Amino acids and protein. Elsevier. 2013
  2. Nutrient requirements of horses. National Academies Press. 2009
  3. Mok. C. H. and Urschel. K. L. Amino acid requirements in horses. Asian-Australas J Anim Sci. 2020. View Summary
  4. Gibbs. P. G. and Potter. G. D. Concepts in Protein Digestion and Amino Acid Requirements of Young Horses. The Professional Animal Scientist. 2002.
  5. Feinberg. A. et al. Reductions in the deposition of sulfur and selenium to agricultural soils pose risk of future nutrient deficiencies. Commun Earth Environ. 2021.
  6. Treiber. K. H. et al. Evaluation of genetic and metabolic predispositions and nutritional risk factors for pasture-associated laminitis in ponies. J Am Vet Med Assoc. 2006. View Summary
  7. Durham. A. E. et al. ECEIM consensus statement on equine metabolic syndrome. Veterinary Internal Medicine. 2019. View Summary
  8. Kaczmarek. K. et al. Insulin resistance in the horse: a review. Journal of Applied Animal Research. 2016.
  9. Delarocque. J. et al. Weight loss is linearly associated with a reduction of the insulin response to an oral glucose test in Icelandic horses. BMC Vet Res. 2020. View Summary
  10. Bochnia. M. et al. Effect of Hay Soaking Duration on Metabolizable Energy, Total and Prececal Digestible Crude Protein and Amino Acids, Non-Starch Carbohydrates, Macronutrients and Trace Elements. Journal of Equine Veterinary Science. 2021.
  11. Spelta. C. Equine pituitary pars intermedia dysfunction: current perspectives on diagnosis and management. VMRR. 2015.
  12. Kosolofski. H. R. et al. Prevalence of obesity in the equine population of Saskatoon and surrounding area. The Canadian Veterinary Journal. 2017. View Summary
  13. Christie. J. L. et al. Demographics, management, and welfare of nonracing horses in Prince Edward Island. The Canadian Veterinary Journal. 2004. View Summary
  14. Geor. R. J. and Harris. P. Dietary Management of Obesity and Insulin Resistance: Countering Risk for Laminitis. Veterinary Clinics of North America: Equine Practice. 2009. View Summary