Les entérolithes sont des calcifications ou des masses minérales qui peuvent se former dans l’intestin du cheval, ce qui peut entraîner une colique d’impaction.
Ces calculs intestinaux se forment lorsque le cheval ingère un objet indigeste qui n’est pas éliminé par le système digestif. En conséquence, des dépôts minéraux s’accumulent autour de l’objet étranger.
Tandis que certains entérolithes sont naturellement éliminés dans les selles avec le temps, d’autres grossissent et peuvent obstruer le transit alimentaire à travers l’intestin.
Les entérolithes sont plus fréquemment rencontrés chez les chevaux vivant dans des régions sèches et arides, mais ils peuvent survenir chez n’importe quel cheval dans le monde. Un manque d’accès aux pâturages et des régimes alimentaires contenant certains aliments peuvent aussi amplifier le risque de formation d’entérolithes.
Cet article examinera les causes des entérolithes, les signes cliniques, les traitements recommandés et le pronostic pour les chevaux atteints de calculs intestinaux. Nous discuterons également des moyens de prévention face à la formation d’entérolithes chez votre cheval.
Les entérolithes chez les chevaux
Le terme entérolithe vient des mots grecs « entero », qui signifie intestinal, et « lithos », qui signifie pierre. Au fil du temps, un ou plusieurs entérolithes peuvent se développer au sein d’un cheval.
Lorsque ces calculs se forment dans l’intestin du cheval, on parle d’entérolithiase. Il est intéressant de noter que ce phénomène est rarement observé chez d’autres animaux que les chevaux. [1]
L’entérolithiase est une cause fréquente de coliques qui nécessite parfois une intervention chirurgicale si les calculs intestinaux entraînent une obstruction partielle ou complète du côlon droit ou transverse. Dans certaines régions, comme la Californie, les chevaux atteints d’entérolithiase représentent un grand pourcentage des cas de coliques nécessitant une intervention chirurgicale. [3][7]
Les obstructions intestinales surviennent généralement lors que les calculs sont déplacés du côlon droit, vers des parties de plus petits diamètres du système digestif, comme les segments étroits du côlon terminal. En outre, l’entérolithe peut grossir suffisamment pour provoquer un blocage à n’importe quel endroit dans le système digestif. [4][5]
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Prévalence
Les entérolithes ont été identifiés comme une cause de colique dès les années 1800. À l’époque, on constatait que les chevaux appartenant à des meuniers étaient plus susceptibles d’en être affectés que les autres équidés. Cependant, le nombre de cas d’entérolithes a progressivement diminué jusqu’aux années 1980. [6]
De nos jours, la Californie et certaines régions du sud-ouest des États-Unis connaissent une prévalence plus élevée d’entérolithiase par rapport aux autres régions de l’Amérique du Nord. [6]
Les causes des entérolithes
Les chercheurs ne sont toujours pas parvenus à identifier la cause exacte du développement des entérolithes. En revanche, il est reconnu que les calculs intestinaux peuvent se former lorsqu’un corps étranger, tel que des poils, de la ficelle, du sable ou un petit caillou, est ingéré par le cheval et se retrouve piégé dans le système gastro-intestinal.
Au fil du temps, l’objet, appelé un nidus, est recouvert de couches de minéraux appelés struvites. [8]
De nombreux chevaux parviennent à évacuer un entérolithe sans causer de dommages à leur système gastro-intestinal. En revanche, chez d’autre l’entérolithe reste dans l’intestin, accumulant davantage de couches de struvite et grossissant considérablement. [3]
Les chevaux avec un petit entérolithe peuvent présenter ou non des symptômes de coliques. Selon certains chercheurs, il faut environ deux ans pour qu’un calcul atteigne une taille suffisante pour provoquer une obstruction. [7]
Comment se forment les entérolithes
Les entérolithes se développent à partir du nidus, qui agit comme le noyau de croissance des cristaux. [7] Le taux de formation des entérolithes semble être affecté par le niveau de pH, la disponibilité en minéraux et la motilité colique du cheval. [6]
Les minéraux couramment retrouvé dans les entérolithes comprennent la struvite (un composé de magnésium), le calcium, le sodium, le souffre et le potassium. La composition des calculs semble être influencée par la région dans laquelle le cheval vit. [6]
Lorsque les entérolithes sont retirés et coupés en deux, les entérolithes présentent généralement un corps central entouré de couches de dépôts minéraux, ressemblant aux anneaux d’un tronc d’arbre. [7][8]
Une fois retirés, les chercheurs peuvent étudier les entérolithes afin de comprendre leur composition.
Caractéristiques physiques
Les entérolithes peuvent être retrouvés sous différentes formes, mais les formes sphériques et tétraédriques (pyramidales) sont les plus courrantes. Les calculs tétraédriques sont généralement observés lorsque plus d’un entérolithe est présent dans les intestins. [2][5][7]
Les calculs ont généralement une surface lisse, bien qu’ils puissent exister sous des textures et des tailles variables. [6]
Le poids du calcul peut varier, allant de 200 grammes à 9 kilogrammes tandis que le diamètre peut varier de 1 à 14 centimètres. Le nidus peut généralement, lui aussi être identifié lors de l’étude des calculs. [2][5][6]
Les entérolithes peuvent également contenir des fragments de nourriture non digérée, de poils et de mucus. [1]
Les facteurs de risque de l’entérolithiase
Les chercheurs estiment que plusieurs facteurs peuvent jouer un rôle important dans le développement de l’entérolithiase chez les chevaux. Parmi ceux-ci figurent : [3]
- Excès de magnésium, de phosphore et/ou d’azote dans l’alimentation
- Contenu colique alcalin (pH élevé)
- Présence de nidi
- Temps de transit plus lent (hypomotilité) du côlon dorsal droit
D’autres facteurs de risque spécifiques ont été identifiés et peuvent être liés à l’apparition d’entérolithes ont été identifiées, notamment :
La luzerne
Un haut niveau de luzerne dans l’alimentation est en effet l’un des facteurs de risque les plus forts associés à l’entérolithiase.
La luzerne contient une plus grande concentration en minéraux que les pâturages ou le foin, ce qui peut entrainer une augmentation significative du pH ou de l’alcalinité colique. [5] De plus, les niveaux élevés de protéines dans la luzerne contribuent à une plus grande production d’ammoniaque pendant la digestion, qui est un composant de la struvite.
Selon une évaluation de 15 cas, les chevaux nourris avec une alimentation composée de plus de 70% de luzerne étaient les plus susceptibles de développer des calculs intestinaux. [5] Dans une autre étude de 900 cas, les chevaux dont l’alimentation contenait 50% ou plus de luzerne représentaient 98% des cas. [9]
La luzerne est également facilement digérée et contient des quantités de fibres plus basses, ce qui peut avoir un impact sur la motilité intestinale. [5]
En revanche, les chevaux qui consomment de plus grandes quantités de foin d’herbe ou de pâturage frais ont un pH intestinal plus faible et sont moins susceptibles de développer des entérolithes. [6]Haut du formulaire
Le manque d’accès au pâturage
Le fait de laisser le cheval au box et de limiter son accès au pâturage peut effectivement augmenter le risque de formation d’entérolithes chez les chevaux.
Une réduction de l’exercice physique a également été liée à une rétention accrue de matière dans les intestins. Le mouvement est important pour favoriser le transit alimentaire vers l’intestin.
Une étude menée au Texas a révélé que le fait de laisser son cheval au box pendant au moins 50% de la journée, avec un accès limité au pâturage et une diminution de la motilité colique, augmentait le risque d’entérolithiase. [11]
Le pâturage peut contrer les effets de l’ingestion de luzerne, réduisant ainsi le risque d’entérolithiase. [6]
L’alimentation avec du son
L’alimentation avec du son de riz ou de blé, qui contiennent tous deux des niveaux élevés de phosphores, de magnésium et de protéines, peut également favoriser la formation d’entérolithes. [5]
Pour équilibre l’alimentation équine contenant du son il est recommandé d’ajouter d’autres ingrédients riches en calcium. Cependant, dans les régions où les entérolithes sont fréquents, il serait préférable d’éviter complètement l’alimentation avec du son.
La race
Certaines races de chevaux semblent prédisposées aux entérolithes. Bien que la raison exacte de cette prédisposition ne soit pas encore clairement établie. Cela pourrait être lié aux
caractéristiques anatomiques spécifiques de leur système digestif.
Par exemple, les chevaux Arabes et les croisements avec des Arabes ont des plus hauts taux d’entérolithes nécessitant une intervention chirurgicale. D’autres races semblent également être à plus haut risque comme les Morgans, les chevaux miniatures, les Appaloosas, les Saddlebreds et également les ânes. [3][6]
Des études ont montré que les frères et sœurs des chevaux affectés peuvent également présenter un risque plus important, ce qui suggère l’implication d’un facteur génétique. [9] Des recherches supplémentaires sont nécessaires, mais il pourrait éventuellement être possible de localiser les gènes spécifiques impliquées dans la formation des entérolithes. [6]
L’âge
Les entérolithes se développent le plus souvent chez les chevaux d’âge moyen à plus âgés et plus rarement chez les jeunes chevaux. Cela est probablement dû à un temps nécessaire à la formation des entérolithes.
Cependant, il reste occasionnel de retrouver des rapports de jeunes chevaux (moins de 4 ans) atteints d’entérolithiase. [5][6]
Le climat
Comme mentionné auparavant, l’entérolithiase est associé à la chaleur et aux climats secs. La Californie et l’Arizona aux Etats-Unis, ainsi que la région de la mer Rouge et le golfe Persique, ont été identifiées comme des zones ayant des taux élevés d’entérolithes.
Les chevaux des autres régions peuvent aussi développer une entérolithiase, mais sa prévalence est faible. [4][5]
La composition de l’eau
La qualité de l’eau et sa composition peuvent également affecter la formation d’entérolithes. Plus précisément, une eau contenant des quantités élevées de magnésium et de calcium peut contribuer au problème. [5]
Les signes d’entérolithes chez les chevaux
Les entérolithes ne provoquent pas toujours des symptômes apparents, sauf si le calcul bloque les intestins de façon partielle ou complète.
Les symptômes peuvent également varier en fonction de l’emplacement du calcul. Les chevaux atteints d’entérolithes dans le côlon droit peuvent présenter des signes d’inflammation intestinale chronique. Cependant, les calculs dans le côlon transverse, entrainent généralement des symptômes plus graves. [5]
Les premiers symptômes de l’entérolithiase comprennent généralement pendant une petite période, une perte de poids et des épisodes répétés de coliques légères à modérées.
Si l’intestin est complètement obstrué, la douleur sera intense (comme avec d’autres formes de coliques d’impaction). Les rythmes cardiaque et respiratoire du cheval seront remarquablement élevés et le cheval peut présenter une distension abdominale. [5][6][7]
Il existe d’autres symptômes de l’entériolithiase dont :
- Baisse des performances
- Changements de comportement
- Anorexie (perte d’appétit)
- Diminution de la défécation
- Passage d’entérolithes dans les excréments [6]
Si votre cheval présente un des signes évoqués ci-dessus, votre vétérinaire peut suspecter ou diagnostiquer une entérolithiase en se basant sur la race, l’historique alimentaire et la région. Malheureusement, les chevaux qui éliminent des entérolithes sont susceptibles d’avoir plus de calculs dans leur système digestif ou d’en développer à nouveau à un autre moment de leur vie. [3]
Les chevaux présentant des signes d’obstruction sévère doivent être traités immédiatement, en cas de non-traitement le cheval peut succomber.
Le diagnostic des entérolithes
Les entérolithes sont souvent suspectés en se basant sur les symptômes, la race, l’historique dans la région si la maladie est fréquente et l’alimentation. Cependant, la meilleure manière de confirmer la maladie est de réaliser des radiographies abdominales (rayons X). La plupart des grandes cliniques vétérinaires peuvent effecteur cette procédure. [7][10]
Tant que le cheval n’a pas mangé dans les 12 à 24 dernières heures, les entérolithes peuvent être observées et identifiées par radiographie dans 80% des cas. Si le cheval a récemment mangé, l’aliment peut alors occulter l’entérolithe. [6][12]
Les entérolithes sont plus faciles à identifier par radiographie dans le côlon droit que dans le transverse. S’il y a plusieurs calculs, la maladie peut être plus facilement diagnostiquée par radiographie. [6]
L’examen rectal est rarement suffisant pour détecter des calculs, mais il peut parfois permettre de trouver des calculs dans le côlon transverse. L’échographie peut aussi être utile, bien que la présence importante de gaz dans les intestins puisse rendre difficile l’identification des calculs. [5]
Si les radiographies, écographie et l’examen rectal ne donnent pas de preuves d’entérolithes, mais que des calculs intestinaux sont toujours suspectés, la prochaine option est une chirurgie exploratoire, appelée laparotomie exploratoire, qui comprend parfois une céliotomie. [3]
Le traitement chirurgical et la récupération
La chirurgie est nécessaire pour les entérolithes qui sont trop gros pour être éliminés naturellement par les selles. En Californie, la cause la plus courante de chirurgie abdominale d’urgence chez les chevaux est l’ablation des calculs.
S’ils ne sont pas traités, les calculs dans le côlon transverse peuvent causer une péritonite et une rupture intestinale qui peuvent engendrer la mort de l’animal. [7]
Les chevaux subissant une chirurgie pour des entérolithes sont placés sous anesthésie générale. Les chirurgiens vétérinaires ont différentes voies d’abord disponibles dont la dorsale, mais la plus couramment utilisée est celle médiane ventrale avec le cheval complètement couché sur le dos. [6]
Pendant la chirurgie, le chirurgien vétérinaire commence par une palper du côlon. Si un entérolithe est trouvé, il examine entièrement le reste du côlon afin de trouver d’éventuels entérolithes restants. [6]
En raison de l’anatomie du cheval, il est parfois plus difficile, voire impossible, pour les chirurgiens d’explorer le côlon transverse, ce qui rend cette méthode d’ablation des calculs encore plus difficile. Il existe également un risque élevé de contamination péritonéale avec les entérolithes du côlon transverse. [6]
Les soins post-opératoires
Les soins post-opératoires comprennent la surveillance et un traitement d’appoint. Des antibiotiques et des médicaments anti-douleurs, appelées analgésiques, sont également administrés pendant 3 à 5 jours après la chirurgie. D’autres traitements d’appoint peuvent inclurent une thérapie par voie intraveineuse avec des électrolytes ou des traitements pour l’endotoxémie. [6]
La majorité des chevaux peuvent être nourris avec des petites quantités de nourriture 12 à 18 heures après la chirurgie. Si le côlon transverse est touché, il est recommandé de donner une alimentation complète sous forme de granulés pour réduire le volume des matières fécales passant par le site chirurgical. [6]
Au départ, l’herbe fraîche est préférable au foin. L’administration de laxatifs tels que l’huile minérale, l’huile de lin ou le sulfate de magnésium peut aider à réduire l’irritation du site chirurgical. [6]
Les complications post-opératoires peuvent inclure la diarrhée et des complications au niveau de la plaie. Dans de rares cas, un cheval peut développer une péritonite septique, des adhérences ou une laminite. [6]
Le retour au travail
A la suite de la chirurgie, un repos au box est nécessaire pendant environ un mois avant de pouvoir remettre le cheval au pâturage.
Les chevaux ont généralement besoin de trois mois de récupération après une chirurgie avant de reprendre l’exercice physique. Les propriétaires doivent continuer à surveiller les signes de coliques ou d’inconfort abdominal. [10]
Le pronostic vital des chevaux atteints d’entérolithes
Les taux de survie à la suite d’une opération chirurgicale consistant à retirer les entérolithes se sont améliorés au fil du temps grâce à de meilleures techniques chirurgicales et à de meilleurs soins postopératoires. Alors que les premiers taux de survie rapportés variaient de 47 à 70%, des rapports plus récents montrent un taux de survie à court terme de 92 à 96% et des taux de survie à long terme de 93%. [6]
A moins que l’intestin ne soit gravement endommagé ou rompu, la plupart des traitements chirurgicaux des entérolithes dans le gros colon ont un bon pronostic vital. Cependant, les calculs qui se sont déplacés dans le côlon transverse ont un pronostic vital moins favorable. [7]
Prévenir les entérolithes
Il n’est pas toujours possible d’empêcher la formation d’entérolithes dans le tractus intestinal de votre cheval. Cependant, il existe des mesures que vous pouvez adopter pour réduire considérablement les chances que votre cheval en développe.
Tout d’abord, limiter l’apport en luzerne à moins de 50% de l’alimentation globale du cheval. D’autres pratiques de gestion sont recommandées, en particulier pour les chevaux vivant dans des régions à risque : [3][6][10]
- Ajouter une tasse de vinaigre de cidre de pomme deux fois par jour pour abaisser le pH intestinal
- Offrir un accès fréquent au pâturage et suivre ces suggestions de mise en liberté
- Ajouter du psyllium dans l’alimentation du cheval, cela peut favoriser la motilité intestinale
- Offrir un exercice régulier pour favoriser le bon fonctionnement intestinal
- Eviter de le nourrir avec du son de blé ou de riz
- S’assurer que le cheval boit suffisamment d’eau chaque jour
- Tester la qualité de l’eau et adoucir l’eau dure si besoin
- Utiliser des mangeoires surélevées pour éviter que le foin de soit à même le sol et ainsi éviter l’ingestion de gravier, de sable ou d’autres objets
Les entérolithes et le risque de colique d’impaction sont un une source de préoccupation majeure pour les propriétaires de chevaux vivants dans des régions avec des climats secs. Cependant, en étant conscient de l’existence de la maladie et des facteurs associés aux calculs intestinaux, vous pouvez peut-être éviter que les entérolithes n’affectent votre cheval et cela où que vous viviez.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées au sujet des entérolithes chez les chevaux :
Les entérolithes chez les chevaux sont des calculs minéraux qui se forment dans les intestins autour d’un objet indigestible, comme des poils, du sable, de la ficelle ou une petite roche. Des couches de minéraux s’accumulent graduellement autour de cet objet central au fil du temps, créant un calcul lisse qui peut rester petit ou continuer à grossir. Un cheval peut développer un ou plusieurs calculs, et cette affection est appelée entérolithiase. Les petits calculs peuvent être évacués dans le fumier, mais les plus gros peuvent provoquer une obstruction intestinale dangereuse.
Les entérolithes se forment lorsqu’un corps étranger reste coincé dans le tube digestif et sert de point de départ à l’accumulation de minéraux. Avec le temps, des minéraux comme la struvite, le calcium, le sodium, le soufre et le potassium se déposent en couches autour de ce noyau, un peu comme les anneaux d’un tronc d’arbre. Leur croissance semble être influencée par le pH intestinal, la disponibilité des minéraux et la vitesse à laquelle le contenu progresse dans le côlon. Dans bien des cas, plusieurs années peuvent être nécessaires avant qu’un calcul devienne assez gros pour causer un problème.
Les chevaux les plus à risque de développer des entérolithes sont généralement ceux qui vivent dans des climats chauds et secs ainsi que ceux dont l’alimentation est riche en luzerne. Le risque est également plus élevé chez les chevaux ayant un accès limité au pâturage, faisant peu d’exercice ou étant fréquemment gardés au box, puisque le ralentissement du transit intestinal peut favoriser la formation de calculs. Les Arabes, les croisements arabes, les Morgans, les chevaux miniatures, les Appaloosas, les Saddlebreds et les ânes semblent être touchés plus souvent. Les chevaux d’âge moyen et les chevaux âgés sont les plus souvent diagnostiqués, probablement parce que les calculs prennent du temps à se former.
La luzerne est associée aux entérolithes chez les chevaux parce qu’elle est riche en minéraux et en protéines, deux éléments qui peuvent favoriser les conditions chimiques propices à la formation de calculs. Elle peut augmenter l’alcalinité du côlon et contribuer à la production d’ammoniac durant la digestion, un composant de la struvite. Les régimes contenant une forte proportion de luzerne ont été fortement associés aux cas d’entérolithes. Les chevaux consommant davantage de foin de graminées ou de pâturage frais semblent présenter un risque plus faible.
Les entérolithes peuvent provoquer des épisodes répétés de coliques légères à modérées, une perte de poids, une diminution de l’appétit, une réduction de la production de fumier ainsi que des changements de comportement ou de performance. Certains chevaux ne présentent au départ que des signes vagues ou intermittents, surtout si le calcul ne bloque pas complètement l’intestin. Si une obstruction complète se développe, la douleur peut devenir sévère et le cheval peut présenter une augmentation de la fréquence cardiaque et respiratoire ainsi qu’une distension gazeuse. Dans certains cas, un cheval peut même évacuer un calcul dans le fumier.
Les entérolithes peuvent être mortels s’ils provoquent une obstruction intestinale grave et ne sont pas traités rapidement. Les calculs du petit côlon sont particulièrement préoccupants, car ils peuvent entraîner une rupture intestinale, une péritonite et la mort lorsque l’obstruction devient sévère. Le danger augmente lorsqu’un calcul se loge dans une partie plus étroite de l’intestin ou devient trop gros pour être évacué. Des soins vétérinaires immédiats sont importants chaque fois qu’un cheval présente des signes d’obstruction sévère.
Les entérolithes sont diagnostiqués chez les chevaux à partir des signes cliniques, de l’alimentation, de l’historique régional et, de façon plus fiable, grâce aux radiographies abdominales. Les radiographies sont considérées comme la meilleure méthode pour confirmer la présence de calculs, surtout lorsque le cheval n’a pas mangé récemment. Les entérolithes du gros côlon sont plus faciles à détecter que les calculs du petit côlon, et plusieurs calculs peuvent également être plus faciles à identifier. Si l’imagerie ne confirme pas le problème mais que la suspicion demeure élevée, une chirurgie exploratoire peut être nécessaire.
Les entérolithes ne nécessitent pas toujours une chirurgie, puisque certains petits calculs peuvent être évacués naturellement dans le fumier sans nuire au cheval. Une chirurgie devient nécessaire lorsqu’un calcul est trop gros pour être évacué ou lorsqu’il provoque une obstruction intestinale partielle ou complète. Dans ces cas, la prise en charge médicale seule ne suffit pas à éliminer l’obstruction de façon sécuritaire. Les chevaux présentant des entérolithes obstructifs ont souvent besoin d’une chirurgie abdominale d’urgence pour prévenir des complications potentiellement mortelles.
Le pronostic après une chirurgie pour retirer un entérolithe est généralement bon lorsque le calcul est retiré avant que l’intestin ne soit gravement endommagé ou rompu. Des rapports plus récents montrent des taux élevés de survie à court terme, et de nombreux chevaux récupèrent suffisamment bien pour reprendre leurs activités normales après la réadaptation. Le pronostic est généralement meilleur pour les calculs situés dans le gros côlon que pour ceux qui se sont déplacés vers le petit côlon. Le rétablissement exige tout de même une surveillance postopératoire attentive, une réalimentation graduelle et un retour contrôlé au pâturage et à l’exercice.
La prévention des entérolithes consiste généralement à limiter la luzerne à un maximum de la moitié du fourrage, à éviter le son de blé ou de riz et à augmenter l’accès au pâturage lorsque possible. L’exercice régulier et les sorties au paddock favorisent la motilité intestinale, tandis qu’une bonne hydratation et un apport adéquat en sel peuvent encourager une consommation d’eau saine. Certains plans de gestion comprennent également l’utilisation de psyllium, l’évaluation de la qualité de l’eau et l’utilisation de mangeoires surélevées afin de réduire le risque d’ingestion de sable, de gravier ou d’autres corps étrangers. Ces mesures ne garantissent pas la prévention, mais elles peuvent réduire considérablement le risque chez les chevaux prédisposés.
Résumé
Les entérolithes sont des masses minérales qui se forment dans les intestins d’un cheval, provoquant parfois des coliques par obstruction. Ces calculs intestinaux se développent lorsque des matières indigestibles se retrouvent piégées et se recouvrent de dépôts minéraux. Les chevaux vivant dans des régions sèches ou nourris avec des rations riches en luzerne sont plus à risque, mais des ajustements de gestion et d’alimentation peuvent en réduire la fréquence.
- Se forment autour d’objets ingérés qui se recouvrent de couches minérales au fil du temps
- Plus fréquents chez les chevaux nourris avec des rations riches en luzerne ou confinés avec peu de sorties au paddock
- Risque accru par un pH alcalin, une eau riche en magnésium et un exercice limité
- Diagnostiqués par radiographies et traités chirurgicalement en cas d’obstruction
- La prévention comprend un fourrage équilibré, des sorties au pâturage et une hydratation adéquate
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