L’encensement à médiation trigéminale (EMT) est une affection chez les chevaux caractérisée par des mouvements de tête involontaires, répétitifs et souvent violents. Ce trouble neurologique peut affecter considérablement le confort, les performances et la qualité de vie d’un cheval.
L’EMT résulte d’un dysfonctionnement ou d’une hyperactivité du nerf trijumeau. Ce nerf est responsable de la sensation au niveau du visage et de la tête, et son hyperactivation peut entraîner une douleur ou un inconfort, incitant le cheval à secouer la tête. [1]
Le succès du traitement de l’encensement varie selon la gravité du cas et la réponse individuelle de chaque cheval. Alors que certains chevaux répondent bien aux stratégies de gestion, d’autres peuvent présenter des symptômes chroniques qui exigent des soins continus.
Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur l’encensement à médiation trigéminale, notamment comment reconnaître les signes s’y rattachant et consulter rapidement un vétérinaire si vous remarquez des changements dans le comportement ou les mouvements de votre cheval.
L’encensement chez les chevaux
L’encensement (headshaking en anglais) est un comportement répétitif, semblable à un tic, qui peut être déclenché par des techniques d’équitation, des troubles ou des blessures liés à la tête ou au cou, ainsi que d’autres causes. [2]
Les chevaux bougent généralement leur tête de haut en bas, mais certains peuvent la balancer latéralement ou présenter des mouvements de rotation. Dans certains cas, le comportement peut même devenir violent. [3]
Bien qu’il soit considéré comme normal qu’un cheval balance la tête de temps à autre, un encensement fréquent est anormal et justifie une investigation plus approfondie. [2]
Un encensement anormal est souvent confondu avec un cheval qui réagit aux insectes autour de son visage. Cependant, les propriétaires de chevaux demandent fréquemment une évaluation vétérinaire lorsque le comportement devient récurrent ou commence à interférer avec la monte et le bien-être de leur cheval. [3]
Un encensement grave ou récurrent peut être idiopathique, c’est-à-dire qu’il n’a pas de cause sous-jacente identifiable. Cependant, à l’heure actuelle, on croit que la plupart des cas sont associés à un dysfonctionnement du nerf trijumeau, une affection connue sous le nom d’encensement à médiation trigéminale (EMT).
L’encensement à médiation trigéminale chez les chevaux
L’encensement à médiation trigéminale (EMT) est une affection neuropathique chez les chevaux caractérisée par une activation anormale ou un dysfonctionnement du nerf trijumeau, entraînant un secouement de la tête chronique et involontaire. On pense que ce syndrome résulte d’une sensibilité accrue ou de la diminution des seuils d’activation du nerf trijumeau, qui transmet des signaux sensoriels du visage.
L’EMT est généralement associé à des signes de douleur localisés au niveau du nez, déclenchés par des stimuli environnementaux tels que la lumière, le toucher, le bruit ou les odeurs, et peut affecter considérablement le comportement et les performances du cheval. [3][4]
L’encensement peut également être déclenché par l’exercice, qui peut augmenter la circulation d’air dans les voies nasales, la circulation sanguine vers la muqueuse nasale et turbinale, ainsi que l’intensité du pouls artériel maxillaire. [3] De plus, les chercheurs ont observé un encensement déclenché par des activités comme l’alimentation ainsi que des procédures impliquant des prélèvements nasaux. [4]
L’EMT a suscité une attention croissante ces dernières décennies en tant que cause majeure d’encensement chez les chevaux. Le rôle du nerf trijumeau dans l’encensement a été reconnu il y a plus d’un siècle par un vétérinaire ayant décrit la neurectomie infra-orbitaire comme un traitement efficace. [3]
L’intérêt pour le nerf trijumeau comme cause de l’encensement équin a augmenté en raison des parallèles établis avec des affections similaires chez l’homme. Les troubles impliquant ce nerf chez l’humain provoquent des sensations soudaines de brûlure ou d’élancement au niveau du visage. Cette douleur intense et aiguë, souvent décrite comme « lancinante », suit une ou plusieurs trajectoires du nerf trijumeau. [3]
Chez l’humain, la névralgie du trijumeau est divisée en deux syndromes : [3]
- Classique : aucune cause spécifique n’est identifiée outre une compression vasculaire
- Symptomatique : une lésion causale est détectée
L’hypothèse actuelle est que des dommages à la gaine protectrice du nerf trijumeau altèrent la conduction des signaux nerveux, entraînant des douleurs faciales. [3]
Anatomie du nerf trijumeau
Le nerf trijumeau est le plus grand nerf crânien, jouant un rôle crucial dans les fonctions sensorielles et motrices. Il transmet des informations sensorielles du visage, du nez et des voies nasales au cerveau et contrôle les muscles impliqués dans la mastication. [4]
Le complexe du nerf trijumeau est un système sophistiqué composé des éléments suivants : [4]
- Le nerf trijumeau : le nerf principal responsable de la transmission des signaux sensoriels et moteurs.
- Le ganglion trigéminal : un regroupement de corps cellulaires nerveux sensoriels traitant les signaux de douleur et de température.
- Les trois branches nerveuses principales : les nerfs ophtalmique (V1), maxillaire (V2) et mandibulaire (V3), chacun desservant des régions spécifiques du visage et de la tête.
- Les branches terminales : de petits nerfs qui s’étendent des branches principales vers des zones spécifiques, comme le bout du nez et les voies nasales.
- Les composants centraux : sections du nerf trijumeau situées dans la colonne vertébrale et le tronc cérébral qui traitent et intègrent les informations sensorielles.
Les composants sensoriels du nerf trijumeau sont essentiels à sa fonction. Les branches ophtalmique, maxillaire et mandibulaire transmettent des informations sensorielles telles que la douleur, la température et le toucher. Le ganglion trigéminal, situé à la base du crâne, sert de carrefour pour ces signaux. [4]
L’une des principales branches, le nerf maxillaire, possède plusieurs sous-branches importantes, incluant :
- Le nerf zygomatico-facial
- Le nerf ptérygopalatin
- Le nerf grand palatin
- Le nerf palatin inférieur
- Le nerf nasal caudal
- Les nerfs infra-orbitaires
Un dysfonctionnement ou une hypersensibilité dans n’importe quelle partie de ce système peut entraîner la douleur et les comportements anormaux associés à l’encensement à médiation trigéminale (EMT) chez les chevaux. Bien que l’implication du nerf trijumeau dans l’encensement ait été soupçonnée pendant de nombreuses années, elle n’a été confirmée de manière définitive qu’au cours de la dernière décennie. [1]
Facteurs de risque
L’âge moyen de l’apparition de l’EMT chez les chevaux se situe généralement entre 8 et 10 ans, bien qu’il puisse survenir entre 4 et 17 ans. Toutes les races de chevaux sont susceptibles de développer ce trouble, mais pour des raisons qui sont encore inconnues, les Pur-sang et les hongres semblent présenter un risque plus élevé. [5][6]
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Causes
Les chercheurs ne savent pas encore précisément pourquoi le nerf trijumeau devient sensible chez les chevaux atteints d’EMT.
Chez l’homme, le virus de l’herpès est connu pour provoquer des douleurs neuropathiques, mais cela ne semble pas être le cas chez les chevaux. Les chercheurs émettent plutôt l’hypothèse que l’EMT est une anomalie fonctionnelle du nerf trijumeau plutôt qu’une anomalie structurelle, ce qui suggère qu’un traitement efficace pourrait être envisageable. [6]
Puisque l’encensement est le plus souvent observé chez les hongres et qu’il peut être saisonnier, une hypothèse est que cette affection est causée par une activité accrue de la gonadolibérine (gn-RH). Cela entraîne une augmentation des concentrations circulantes de l’hormone lutéinisante (LH) et de l’hormone folliculostimulante (FSH). Ces variations hormonales pourraient entraîner des changements saisonniers de l’excitabilité du nerf trijumeau chez les hongres affectés. [3]
Les chercheurs ont suggéré que la manière dont l’EMT est parfois déclenché par l’exposition à la lumière pourrait être similaire au phénomène d’« éternuement héliotropique » (ou réflexe photo-sternutatoire) chez les humains, où la lumière intense du sol provoque des éternuements. [4]
La stimulation photique via le nerf optique peut provoquer une sensation de chatouillement dans la muqueuse nasale. Ce phénomène peut survenir en raison d’une stimulation lumineuse intense des nerfs optiques, entraînant une activation croisée de la branche maxillaire du nerf trijumeau. [4]
Cependant, une autre théorie, appelée « généralisation parasympathique », suggère que les nerfs parasympathiques adjacents aux branches du nerf trijumeau sont co-activés. De même, des voies neuronales pourraient être impliquées et déclenchées par une exposition à une lumière vive. [4]
Il est important de distinguer l’EMT du secouement de tête causé par des douleurs musculo-squelettiques. Les chevaux boiteux peuvent présenter des comportements de secouement de tête, en particulier lorsqu’ils sont montés. Ces comportements peuvent inclure des mouvements de tête de haut en bas, d’un côté à l’autre, ou une inclinaison d’un côté. [5]
La cause exacte de l’EMT reste floue. Des recherches récentes ont étudié l’implication potentielle de l’équilibre cation-anion dans l’alimentation et du microbiote cæcal dans ce syndrome. Cependant, davantage d’études sont nécessaires pour explorer le rôle des facteurs alimentaires. [1]

Symptômes
Les symptômes de l’EMT se manifestent le plus souvent au printemps et en été, suggérant qu’ils pourraient être déclenchés non pas par l’intensité de la lumière du jour, mais par l’augmentation des heures de clarté. Cependant, certains propriétaires rapportent que leurs chevaux présentent des signes d’encensement tout au long de l’année. [3][6][7]
Les signes d’EMT sont compatibles avec une douleur neuropathique du nerf trijumeau. Les chevaux atteints d’EMT présentent généralement des hochements de tête verticaux, qui peut être violents. Ce comportement inclut souvent des mouvements verticaux brusques et des signes d’irritation nasale. [6]
Les chevaux peuvent également se frotter le bout du nez ou le frapper avec leurs membres antérieurs. Ils peuvent renifler bruyamment ou agir comme si un insecte était entré dans un naseau. [5]
Les symptômes d’encensement sont généralement plus prononcés pendant l’exercice, en particulier au trot. À mesure que l’affection progresse, les chevaux peuvent commencer à présenter des symptômes même au repos. [3][5]
Les autres symptômes de l’EMT incluent : [3][5]
- Des reniflements ou des éternuements excessifs
- Un larmoiement des yeux
- Une lèvre supérieure retroussée
- Une expression faciale anxieuse
- Un écoulement nasal
- Le frottement des naseaux ou du côté du visage sur un membre antérieur, un poteau ou le sol
L’encensement peut devenir si grave qu’il devient dangereux de monter ou même de manipuler le cheval. [3]
Fait intéressant, certains chevaux connaissent des périodes de rémission des symptômes qui peuvent durer de quelques semaines à plusieurs années. La cause de ces rémissions est inconnue, mais les taux de rémission à long terme restent généralement faibles. [4]
Diagnostic
L’EMT peut souvent être confirmé en se basant seulement sur les symptômes. Toutefois, des examens supplémentaires peuvent être nécessaires pour identifier la cause sous-jacente et déterminer un traitement efficace.
Les approches diagnostiques courantes que votre vétérinaire pourrait adopter incluent : [8]
- Un examen physique
- Des analyses sanguines
- Un examen neurologique
- Un examen ophtalmologique
Un diagnostic précis de l’EMT nécessite un historique détaillé du cheval affecté et une observation attentive des signes cliniques, y compris les déclencheurs potentiels. Il est essentiel d’exclure d’autres causes d’encensement, mais ce processus implique souvent une approche par élimination qui prend un certain temps. [5][7]
Les vétérinaires peuvent également effectuer des examens supplémentaires des oreilles et de la bouche du cheval. Une endoscopie des voies respiratoires supérieures, y compris des poches gutturales, peut être réalisée pour exclure d’autres causes d’encensement ou de douleur faciale. [4]
D’autres outils de diagnostic qui peuvent aider à diagnostiquer ou à exclure l’EMT incluent :
- La tomodensitométrie
- L’anesthésie du nerf maxillaire (bloc nerveux)
- L’évaluation de la douleur
Tomodensitométrie
Si les autres évaluations ne sont pas concluantes, une tomodensitométrie (TDM) de contraste de la tête peut aider à identifier la cause sous-jacente de l’encensement. Ces examens sont particulièrement utiles pour exclure les troubles affectant les os et les tissus mous de la tête. [4][8]
Bloc du nerf maxillaire
Les blocs du nerf maxillaire peuvent être administrés par un vétérinaire pour confirmer la présence de douleur faciale chez les chevaux. [8] En anesthésiant le nerf maxillaire des deux côtés du visage, un diagnostic d’EMT peut être établi.
Cette procédure requiert une sédation et une contention physique pour assurer la sécurité du cheval et du vétérinaire. [4] Il est recommandé d’enregistrer une vidéo du cheval avant et après l’administration du bloc nerveux pour évaluer objectivement la réponse du cheval.
Malheureusement, les complications sont fréquentes avec cette procédure. Elle incluent : [4]
- Un hématome
- L’aggravation de l’encensement
- Une infection
- Une névrite
- La formation d’un neurome douloureux
Évaluation de la douleur
Les humains souffrant de douleurs neuropathiques rapportent des symptômes allant de picotements à une douleur insupportable semblable à un choc électrique, ce qui peut considérablement réduire leur qualité de vie. Les chercheurs supposent que la douleur associée à l’EMT pourrait être similaire chez les chevaux. Pour mieux comprendre et gérer cette pathologie, plusieurs systèmes de notation ont été développés pour quantifier la gravité de l’encensement, qui peut corréler avec le niveau de douleur. [6]
Le système de Talbot est une échelle de notation qui évalue principalement l’impact de l’encensement sur le comportement du cheval. Les chevaux sont notés comme suit : [6][9]
- 0/3 : Pas d’encensement
- 1/3 : Signes légers pendant l’exercice
- 2/3 : Signes évidents sans changements comportementaux
- 3/3 : Signes graves, y compris des changements comportementaux notables
Le système de Roberts se concentre sur l’utilité ou la capacité du cheval à être monté. Une note de 1/3 constitue des signes légers qui n’interfèrent pas avec l’exercice pendant la monte. Une note de 3/3 correspond à un encensement même au repos. [6][9]
Le système de Newton combine les systèmes de Talbot et de Roberts, se concentrant non seulement sur la capacité altérée du cheval à être monté mais aussi sur les changements comportementaux. Les chevaux ayant une note de 1/5 présentent des signes cliniques légers et des contractions des muscles faciaux mais sont encore montables. En revanche, les chevaux classés 5/5 sont dangereux et présentent des changements comportementaux graves. [6][9]
Il est important de noter que les échelles de Talbot, de Roberts et de Newton sont toutes basées sur une évaluation subjective. Cela signifie qu’elles sont sujettes à des biais de l’observateur. [9]
L’échelle de grimace du cheval (Horse Grimace Scale – HGS) peut être l’échelle la plus objective disponible pour déterminer la gravité de l’EMT. Cette échelle utilise six expressions faciales impliquant les oreilles, les yeux, les muscles masticateurs, la bouche et les naseaux. L’échelle de grimace de douleur utilise un système de notation allant de 0 (aucune douleur présente) à 2 (douleur clairement présente). [9]
Traitement et gestion
Dans les d’EMT chez les chevaux, la pathologie et la cause exacte restent floues, rendant un traitement efficace difficile. De plus, même lorsque les chevaux partagent la même affection sous-jacente, leur réponse au traitement peut varier considérablement. [6] Les propriétaires doivent également être conscients du taux d’échec élevé des traitements pour les chevaux atteints d’EMT. [4]
Cela dit, les traitements et stratégies de gestion suivants ont été efficaces pour certains chevaux atteints d’EMT :
- Des médicaments
- Des filets nasaux
- Le blocage de la lumière UV
- Des traitements complémentaires
- Une supplémentation nutritionnelle
- La traitement par stimulation nerveuse électrique percutanée (SNEP)
- La chirurgie
Médicaments
La cyproheptadine, un antihistaminique aux propriétés antisérotoninergiques, a été l’un des premiers médicaments utilisés pour l’encensement chez les chevaux. Ce médicament a été efficace chez certains chevaux présentant des déclencheurs photiques. Cependant, la carbamazépine associée à la cyproheptadine peut être une meilleure option. [3]
D’autres médicaments utilisés chez les chevaux affectés incluent : [3][4]
- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens
- Les corticostéroïdes
- La gabapentine
- Les agonistes alpha-2
- La fluphénazine
- La phénytoïne
- Le phénobarbital
- La mélatonine
- Des gouttes oculaires au cromoglycate de sodium
Malheureusement, le traitement médical ne semble pas complètement efficace pour résoudre l’encensement et les améliorations sont souvent de courte durée. [3]
Certains médicaments peuvent également provoquer de la somnolence, ce qui rend les chevaux dangereux à monter ou à manipuler. De nombreux médicaments sont aussi interdits en compétition. [6]
Filets nasaux
On pense que les filets nasaux réduisent l’encensement en fournissant une stimulation sensorielle continue au visage et au nez. Le filet nasal est une option de traitement abordable, non invasive et sans risque. Les filets nasaux sont également autorisés dans certaines compétitions équestres. [3][4][6]
Dans des études de recherche, jusqu’à 75 % des propriétaires de chevaux signalent des améliorations chez leur cheval en utilisant soit un filet complet, qui couvre le bout du nez et les lèvres supérieure et inférieure, soit un demi-filet, qui couvre uniquement les naseaux et la lèvre supérieure. [4]
Stratégies de blocage de la lumière UV
Pour les chevaux dont l’encensement est déclenché par la lumière, des stratégies de gestion visant à limiter l’exposition à la lumière peuvent améliorer les symptômes.
Certaines d’entre elles incluent : [3][4][5]
- Des lentilles de contact teintées
- Un masque pour le visage (Guardian mask)
- Une crème solaire topique sur le bout du nez et les naseaux
Cependant, les stratégies de blocage de la lumière UV sont souvent inefficaces lorsqu’elles sont utilisées seules. [7]
Traitements complémentaires
Les soins corporels tels que l’acupuncture, l’électroacupuncture, la thérapie cranio-sacrée, la physiothérapie et les ajustements chiropratiques peuvent aider certains chevaux. Cependant, les recherches sur ces techniques sont limitées. [6][7]
Supplémentation nutritionnelle
De nombreux propriétaires de chevaux ont exploré les suppléments nutritionnels dans le cadre de leur approche pour gérer l’EMT, certains suppléments montrant un potentiel pour réduire les symptômes.
Le magnésium est un minéral essentiel impliqué dans de nombreux processus physiologiques, y compris la fonction nerveuse et musculaire. Les recherches suggèrent que la supplémentation en magnésium pourrait soutenir les chevaux atteints d’EMT en modulant l’activité nerveuse et en réduisant l’hypersensibilité. [4][7]
Il a été démontré que le magnésium influence la fonction nerveuse en réduisant la libération de catécholamines, en bloquant les canaux calciques neuromusculaires et en augmentant le seuil d’activation neuronale. Ces mécanismes peuvent réduire l’excitabilité nerveuse et soulager l’inconfort lié aux troubles neuropathiques. [4][7]
Des études scientifiques ont identifié un avantage potentiel d’une combinaison de magnésium et de bore pour favoriser une fonction nerveuse normale chez les chevaux présentant des comportements d’encensement. [7] Dans une autre étude, 40 % des propriétaires ont signalé une amélioration de l’encensement après une supplémentation orale de 10 à 20 grammes de magnésium par jour. [4]
Thérapie SNEP
La stimulation nerveuse électrique percutanée (SNEP) est une technique couramment utilisée pour gérer la douleur neuropathique chez les humains et pourrait également offrir des bienfaits aux chevaux atteints d’EMT. [5]
Dans une étude, une sonde électroconductrice a été insérée par échoguidage près du nerf infra-orbitaire pour réduire la sensibilité nerveuse via une électrostimulation. Cette procédure a offert un soulagement temporaire des symptômes pour certains chevaux. [5]
La thérapie SNEP peut être effectuée sous sédation debout et comporte un risque minimal d’effets secondaires. Des recherches indiquent que cette technique a mené à une rémission des symptômes d’encensement chez un peu plus de la moitié des chevaux observés, avec une durée moyenne de rémission de 9,5 semaines. Un deuxième traitement a souvent prolongé souvent la durée de la rémission par rapport au traitement initial. [6]
Procédures chirurgicales
Lorsque tous les autres traitements échouent, l’interruption de la transmission du signal dans la branche affectée du nerf trijumeau peut être la seule option restante. Des preuves soutenant l’implication du nerf trijumeau — telles qu’une amélioration des symptômes avec des blocs périnerveux maxillaires — devraient être obtenues avant d’envisager des procédures invasives. [3]
La neurectomie infra-orbitaire bilatérale, réalisée au point où le nerf sort du foramen infra-orbitaire, a été la première procédure chirurgicale signalée pour l’EMT. Cependant, cette approche a aggravé le problème chez certains chevaux et n’a soulagé les symptômes que dans un nombre limité de cas. [3]
De plus, certains chevaux se sont blessés au niveau des naseaux après une neurectomie infra-orbitaire bilatérale en raison d’un manque de sensation ou d’une hyperesthésie (sensibilité extrême) suspectée. Par conséquent, cette procédure n’est plus recommandée à moins qu’une anesthésie périnerveuse infra-orbitaire répétée ne mène systématiquement à une amélioration des symptômes. [3]
Le traitement chirurgical ayant été développé par la suite était la sclérothérapie du nerf maxillaire. Bien que cette procédure ait permis un soulagement des symptômes chez certains chevaux, le comportement d’encensement réapparaissait souvent au bout de quelques mois. [3]
Plus récemment, la compression du nerf maxillaire à l’aide de spirales d’embolisation vasculaire en platine placées dans le canal infra-orbitaire près du foramen maxillaire a été tentée pour obtenir une résolution à long terme de l’EMT. Les taux de succès rapportés après au moins six mois étaient de 60 %; avec une deuxième procédure, le taux de succès est passé à 85 %. [3]
Enfin, pour les symptômes de l’EMT déclenchés exclusivement pendant l’exercice, une trachéostomie permanente a été utilisée. Comme l’augmentation de la circulation d’air à travers les voies nasales pendant l’exercice peut agir comme un stimulus pour l’encensement, cette procédure a montré un potentiel de succès à long terme dans de tels cas. [3]
Pronostic
Le pronostic pour les chevaux atteints d’EMT dépend de la cause sous-jacente de la pathologie et varie considérablement d’un cheval à l’autre. Malheureusement, les recherches indiquent une détérioration progressive des résultats pour la plupart des chevaux atteints de EMT. [8]
Dans les cas où les chevaux ne répondent pas aux traitements et aux stratégies de gestion, ces derniers peuvent devenir inapte à l’équitation ou à d’autres activités. Pour certains chevaux éprouvant des douleurs intenses et impossibles à gérer, l’euthanasie peut être envisagée comme l’option la plus humaine. [3][6]
Questions Fréquemment Posées
Voici quelques questions fréquemment posées au sujet du headshaking médié par le nerf trijumeau chez les chevaux :
Le headshaking médié par le nerf trijumeau est une condition neurologique où le nerf trijumeau devient excessivement sensible, provoquant des mouvements involontaires répétés de la tête. Les chevaux atteints peuvent agir comme si quelque chose irritait le nez ou le museau, même lorsqu’aucun insecte ou objet n’est présent. Les signes peuvent aller d’un inconfort léger pendant l’exercice à des secousses violentes de la tête qui rendent le cheval dangereux à monter ou à manipuler.
Le headshaking équin peut avoir plusieurs causes, incluant un dysfonctionnement du nerf trijumeau, une douleur musculosquelettique, une douleur faciale, des problèmes liés à l’équitation ou des troubles affectant la tête et le cou. Dans de nombreux cas graves ou récurrents, les vétérinaires soupçonnent un headshaking médié par le nerf trijumeau. Cette condition semble impliquer une sensibilité nerveuse anormale plutôt qu’une blessure structurelle visible, bien que la cause exacte demeure inconnue.
Les symptômes courants du headshaking médié par le nerf trijumeau incluent des mouvements brusques verticaux de la tête, des reniflements, des éternuements, des frottements du museau, des coups portés au visage, des larmoiements, des écoulements nasaux et une expression faciale anxieuse. Les signes s’aggravent souvent pendant l’exercice, surtout au trot. Certains chevaux présentent des symptômes saisonniers au printemps et en été, tandis que d’autres continuent à secouer la tête toute l’année.
Le headshaking pendant l’équitation peut survenir lorsque l’exercice augmente le flux d’air dans les voies nasales et stimule des nerfs faciaux sensibles. Les chevaux atteints de TMHS présentent souvent des signes plus marqués sous la selle, particulièrement lors d’un travail plus rapide. Cependant, le headshaking monté peut aussi être lié à la douleur, à une boiterie, à des problèmes d’équipement ou à la technique d’équitation, d’où l’importance d’une évaluation vétérinaire.
Une lumière vive peut déclencher le headshaking chez certains chevaux atteints de headshaking médié par le nerf trijumeau, particulièrement lorsque les symptômes sont saisonniers. Les chercheurs soupçonnent que la lumière pourrait activer de façon croisée des voies nerveuses liées au nerf trijumeau, créant une irritation autour du nez ou du museau. Les chevaux présentant des déclencheurs lumineux peuvent s’améliorer avec des stratégies de contrôle de la lumière comme les masques, les lentilles teintées ou des ajustements au pâturage.
Le headshaking médié par le nerf trijumeau est diagnostiqué en examinant l’historique du cheval, en observant les signes cliniques et en excluant d’autres causes de douleur faciale ou de mouvements anormaux de la tête. Les vétérinaires peuvent effectuer des examens physiques, neurologiques, ophtalmologiques, dentaires, auriculaires et des voies respiratoires. Dans certains cas, des tomodensitométries, des blocs du nerf maxillaire, une évaluation vidéo ou des échelles d’évaluation de la douleur peuvent aider à appuyer le diagnostic.
Les filets nasaux peuvent aider certains chevaux atteints de headshaking en fournissant une rétroaction sensorielle constante au museau et aux narines. Cela peut réduire les signaux nerveux douloureux ou irritants qui déclenchent les mouvements de tête. Les filets nasaux sont abordables, non invasifs et à faible risque, et des études rapportent une amélioration chez de nombreux chevaux utilisant des filets complets ou partiels.
Les options de traitement pour le TMHS incluent des médicaments, des filets nasaux, des stratégies de blocage des UV, un soutien nutritionnel, des thérapies corporelles, la thérapie PENS et certaines interventions chirurgicales. La réponse varie considérablement d’un cheval à l’autre, et plusieurs traitements n’offrent qu’un soulagement partiel ou à court terme. Les cas graves nécessitent souvent une gestion continue avec un vétérinaire afin de réduire l’inconfort et améliorer la sécurité.
Le magnésium peut aider certains chevaux atteints de headshaking en soutenant le fonctionnement normal des nerfs et des muscles. Des recherches suggèrent que le magnésium peut influencer l’excitabilité nerveuse, et une étude a rapporté une amélioration selon les propriétaires après l’administration de 10 à 20 grammes de magnésium par jour. Cela équivaut à environ 0,35 à 0,7 once par jour. L’utilisation de suppléments devrait être discutée avec un vétérinaire ou un nutritionniste équin.
La thérapie PENS pour le headshaking équin utilise une stimulation électrique des nerfs près du nerf infraorbitaire afin de réduire la sensibilité nerveuse. Cette procédure est réalisée sous sédation debout et a montré des bénéfices à court terme chez certains chevaux atteints de TMHS. Des recherches ont rapporté une rémission chez un peu plus de la moitié des chevaux traités, avec une durée moyenne de rémission de 9,5 semaines.
Le headshaking médié par le nerf trijumeau est considéré comme douloureux puisque les signes cliniques ressemblent à une douleur faciale neuropathique. Les chevaux atteints peuvent renifler, frotter le museau, frapper leur visage ou réagir comme si quelque chose se trouvait dans la narine. Puisque les chevaux ne peuvent pas décrire la douleur directement, les vétérinaires évaluent la gravité en se basant sur le comportement, l’expression faciale, la facilité à monter et la réponse au traitement.
Certains chevaux atteints de headshaking médié par le nerf trijumeau connaissent des périodes de rémission durant de quelques semaines à plusieurs années, mais le rétablissement à long terme demeure imprévisible. De nombreux chevaux atteints présentent des signes récurrents ou qui s’aggravent avec le temps. Le pronostic dépend de la gravité, des déclencheurs, de la réponse au traitement et de la capacité du cheval à demeurer confortable et sécuritaire à monter ou à manipuler.
Résumé
L'encensement à médiation trigéminale chez les chevaux (EMT) est une affection neuropathique entraînant des mouvements de tête involontaires et répétitifs chez les chevaux, mouvements qui sont liés à un dysfonctionnement du nerf trijumeau. Ce problème de santé a un impact significatif sur la qualité de vie des chevaux, le succès du traitement étant très variable selon l'individu et l'approche choisie.
- On pense que l'EMT résulte d'une hypersensibilité ou d'une diminution des seuils d'activation du nerf trijumeau, entraînant une douleur déclenchée par la lumière, le toucher ou la circulation d'air dans les voies nasales.
- Les chevaux atteints d'EMT présentent généralement des mouvements verticaux d'encensement, une irritation nasale, des reniflements ou des frottements au niveau du bout du nez, qui s'aggravent souvent pendant l'exercice.
- Le diagnostic implique une observation clinique, des blocs nerveux et des techniques d'imagerie avancées (par exemple, une tomodensitométrie) pour confirmer l'implication du nerf trijumeau et exclure d'autres causes.
- Les stratégies de gestion incluent des médicaments, des filets nasaux, des suppléments nutritionnels, des techniques de blocage de la lumière UV, la thérapie SNEP ou, dans les cas graves, des interventions chirurgicales.
- Les résultats varient, mais l'EMT conduit souvent à une aggravation progressive des symptômes. Les cas graves peuvent rendre le cheval inadapte à être utilisé ou justifier l'euthanasie comme l'option la plus humaine.
Références
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- Crowell-Davis. S. L., Head Shaking. Compendium Equine. 2008.
- Schott II. H. C. and Petersen. A. D., Equine Headshaking Syndrome. Veterinary Allergy. John Wiley & Sons, Ltd. 2013.
- Pickles. K. et al., Idiopathic Headshaking: Is It Still Idiopathic?. Veterinary Journal (London, England: 1997). 2014. View Summary
- Thomson. K. et al., Head Tossing Behaviour in Six Horses: Trigeminal-Mediated Head-Shaking or Musculoskeletal Pain?. Equine Veterinary Education. 2020.
- Roberts. V., Trigeminal-Mediated Headshaking in Horses: Prevalence, Impact, and Management Strategies. Veterinary Medicine (Auckland, N.Z.). 2019. View Summary
- Bell. T. et al., Equine Headshaking Syndrome: Triggers, Seasonality, and Treatment Efficacy in Australia. Animals: an open access journal from MDPI. 2024. View Summary
- Kloock. T. et al., Impact of Different Diagnostic Procedures on Diagnosis, Therapy, and Outcome in Horses with Headshaking: Recommendations for Fast-Track Advanced Diagnostic and Therapeutic Protocols. Animals: an open access journal from MDPI. 2022. View Summary
- Kloock. T. et al., History, Rest and Exercise Score (HRE-S) for Assessment of Disease Severity in Horses with Trigeminal-Mediated Headshaking. Equine Veterinary Journal. 2024. View Summary











