L’encensement chez les chevaux (aussi appelé secouements de tête) se caractérise par des mouvements répétés, incontrôlables et généralement verticaux de la tête et du cou. [1] Il peut apparaître progressivement ou soudainement, et être persistant ou intermittent. Certains chevaux manifestent ce comportement de manière saisonnière, tandis que d’autres ont des épisodes tout au long de l’année. [1][2]

Chez certains chevaux, l’encensement peut avoir un impact notable sur les activités quotidiennes et les performances générales. Des secouements de tête persistants peuvent interférer avec l’alimentation, l’entraînement et les interactions sociales, compromettant ainsi la qualité de vie du cheval.

Bien que l’encensement ne soit pas une maladie en soi, il peut être le signe de diverses affections médicales sous-jacentes. Toutefois, la cause reste inconnue dans de nombreux cas.

Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur ce comportement équin et sur les situations qui justifient une intervention vétérinaire. En comprenant les causes et les déclencheurs potentiels de l’encensement équin, les propriétaires et les soigneurs de chevaux peuvent veiller au bien-être de leur animal à long terme.

L’encensement chez les chevaux

L’encensement chez les chevaux est un phénomène complexe et souvent frustrant qui peut représenter un défi, même pour les soigneurs expérimentés. Ce comportement erratique perturbe non seulement les activités routinières, mais peut aussi indiquer des problèmes sous-jacents qui nécessitent une attention particulière.

Bien que la cause exacte demeure souvent inconnue, des facteurs tels que les allergies, l’irritation causée par le harnachement ou d’autres problèmes de santé peuvent y contribuer.

Des chercheurs examinent si ce comportement résulte d’interactions entre le système nerveux et des facteurs environnementaux. Il se penchent tout particulièrement sur la manière dont les nerfs sensoriels de la région du trijumeau réagissent à des stimuli tels que la lumière du soleil et les allergènes.

Une reconnaissance et une évaluation vétérinaire rapides sont essentielles pour gérer efficacement l’encensement.

Affections associées

De nombreuses affections sont associées à l’encensement chez les chevaux, incluant : [2][3][4][5]

Bien que les affections énumérées ci-dessus ne soient pas les causes les plus fréquentes de l’encensement, elles peuvent être traitées une fois correctement diagnostiquées. [3]

Certains chevaux ne présentent des signes d’encensement que pendant l’exercice, ce qui peut indiquer que la cause est une douleur musculo-squelettique. [6]

Les chevaux présentant une boiterie ont plus de chances de montrer des signes comportementaux de douleur sous la selle que les chevaux en pleine santé. Cela peut inclure des changements répétés de la position de la tête, comme des mouvements de haut en bas, latéraux ou une inclinaison de la tête. [6]

Encensement à médiation trigéminale

Si aucune cause confirmée ne peut pas être identifiée pour l’encensement d’un cheval, le syndrome d’encensement à médiation trigéminale (EMT) est généralement diagnostiqué. Cette pathologie était autrefois appelée syndrome d’encensement idiopathique. [3]

Les chercheurs comprennent maintenant que le nerf trijumeau est impliqué dans un pourcentage élevé des cas d’encensement équin. Cependant, même avec ce diagnostic, l’étiologie exacte de la maladie reste incertaine. [3][7]

Des preuves indiquant que le nerf trijumeau est associé à l’encensement ont été découvertes pour la première fois en 1899. Un chirurgien vétérinaire a décrit la neurectomie infra-orbitaire, une procédure chirurgicale qui consiste à sectionner ou retirer un nerf, comme un traitement efficace contre l’encensement équin. [4]

Les recherches actuelles montrent que l’injection d’un anesthésique local autour de certaines branches du nerf trijumeau du cheval soulage temporaire l’encensement, ce qui corrobore davantage la théorie selon laquelle le trijumeau est impliqué dans cette pathologie. [4]

Le complexe du nerf trijumeau comporte trois branches principales :

  • Ophtalmique
  • Maxillaire
  • Mandibulaire

Ce complexe nerveux est l’un des plus grands nerfs sensoriels de la tête. Il est responsable de la transmission des informations liées au toucher, à la température, à la douleur et à la proprioception du visage et de la tête vers le cerveau. [7]

On pense que les signes cliniques de l’EMT résultent d’une douleur neuropathique au niveau du trijumeau. Cette théorie repose sur des similitudes entre l’EMT et la névralgie du trijumeau chez l’humain. Dans la névralgie du trijumeau, les patients rapportent diverses sensations intermittentes ou continues qui prennent naissance le long du nerf trijumeau. Ces sensations, qui ressemblent à une brûlure, une démangeaison, un picotement, un chatouillement ou une décharge électrique, sont connues sous le nom de douleur neuropathique. [7]

Certains chevaux ne présentent des signes d’EMT que de manière saisonnière, tandis que d’autres en souffrent toute l’année. Les chevaux peuvent également connaître une rémission spontanée, qui peut durer de quelques semaines à plusieurs années. Les facteurs contribuant à la rémission chez les chevaux restent inconnus. [7]

Déclencheurs

Un certain nombre de déclencheurs sont associés au comportement d’encensement chez les chevaux, notamment : [2][3]

  • De longues journées lumineuses
  • L’exercice
  • La pluie, le vent ou la chaleur
  • Le pollen, la poussière et d’autres allergènes
  • Certains sons
  • Des aliments durs comme des carottes ou le foin fibreux

Certains chercheurs suggèrent que le déclenchement relié à l’exposition à la lumière chez les chevaux atteints d’EMT pourrait fonctionner de manière similaire au réflexe photique-sternutatoire (ou phénomène d’éternuement héliotropique) chez l’humain. Dans ce réflexe, la stimulation continue du nerf optique par la lumière provoque une sensation de chatouillement dans la muqueuse nasale. [7]

Des études montrent également que l’encensement peut être déclenché ou s’aggraver après un prélèvement nasal ou lorsque de la nourriture entre en contact avec les voies nasales. [7]

L’exercice est un déclencheur fréquent de l’encensement chez les chevaux, bien que la raison exacte derrière ce phénomène demeure incertaine. Parmi les facteurs pouvant contribuer à l’encensement induit par l’exercice, on retrouve : [4][7]

  • Le passage de l’air sur le nez
  • L’augmentation de la circulation sanguine vers la muqueuse nasale et des cornets
  • L’augmentation ou l’intensification du pouls au niveau du visage et de la mâchoire, à proximité du nerf maxillaire.

Symptômes

L’encensement désigne généralement des mouvements verticaux répétés de la tête et du cou du cheval, bien que certains chevaux puissent aussi secouer la tête horizontalement ou en cercles. [3][6]

De plus, les chevaux qui montrent un comportement d’encensement peuvent présenter d’autres signes associés, tels que : [2][3][6][7]

  • Des frottements du nez
  • Des frappements du nez avec les antérieurs
  • Des éternuements ou des reniflements
  • Des secousses de la tête vers la poitrine
  • Un comportement suggérant qu’un insecte est entré dans une narine
  • Le fait de pousser le visage contre des arbres, des buissons ou d’autres objets
  • Une expression faciale anxieuse
  • L’évitement actif de la lumière, de la chaleur ou du vent sur le visage
  • Un port de tête bas
  • Des contractions des naseaux
  • Un écoulement nasal
  • Un écoulement oculaire
  • Une léthargie
  • Le réflexe de Flehmen (lèvre supérieure retroussée)
  • Une sensibilité excessive lorsque le nez est touché

De nombreux propriétaires rapportent que l’encensement de leur cheval s’aggrave lorsque ce dernier fait de l’exercice, en particulier aux allures plus rapides. [2][8]

Le bien-être des chevaux gravement atteints peut être compromis et ceux-ci peuvent devenir dangereux à manier ou à monter. [7] Certains chevaux peuvent aussi présenter d’importantes blessures auto-infligées. [1]

Facteurs de risque et prévalence

L’encensement à médiation trigéminale affecte environ 1 à 1,5 % de tous les chevaux dans le monde. [3][8] L’âge moyen d’apparition de cette pathologie se situe entre 8 et 10 ans.

Toutes les races de chevaux sont susceptibles de développer l’EMT, bien que ce problème médical semble affecter un taux plus important de Pur-sang. [6]

Environ 60 % des cas d’encensement chez les chevaux présentent des symptômes saisonniers. Ces symptômes débutent généralement au printemps ou en été et disparaissent souvent pendant l’hiver. [3] Une exposition accrue à la lumière du soleil et des températures plus élevées sont considérées comme des déclencheurs de ces épisodes saisonniers. [1]

Les hongres semblent être plus sensibles à l’encensement que les juments et les étalons. Une théorie suggère que cela pourrait être dû au fait que les hongres ne connaissent pas l’augmentation printanière des niveaux d’hormones sexuelles observée chez les chevaux non castrés, ce qui pourrait contribuer à l’apparition des symptômes de l’encensement. [3]

Bien que cette théorie n’ait pas été validée par des études, la saisonnalité des signes cliniques et la prévalence plus élevée chez les hongres suggèrent une implication hormonale dans cette pathologie. [3]

Diagnostic de l’EMT

Le diagnostic du EMT est souvent un processus long et difficile, car toutes les autres causes potentielles doivent d’abord être écartées. [3]

Le vétérinaire effectue généralement un examen détaillé en se concentrant sur les dents, les mâchoires, les oreilles et les yeux du cheval. Des tests diagnostiques supplémentaires visant à exclure d’autres causes d’encensement peuvent inclure : [1]

Si une affection musculo-squelettique est suspectée, le vétérinaire peut évaluer le cheval en mouvement ou sous la selle. Contrairement à une douleur musculo-squelettique, qui provoque généralement des mouvements anormaux de la tête uniquement pendant l’exercice, les symptômes de l’EMT sont présents autant au repos que pendant l’exercice. [6]

Traitement et gestion

Le traitement de l’encensement dépend de la cause sous-jacente et des déclencheurs spécifiques. Si une maladie particulière est identifiée, y remédier devrait résoudre le problème d’encensement.

Chez les chevaux diagnostiqués avec l’EMT, de nombreux traitements ont tendance à perdre leur efficacité avec le temps, et le problème est généralement géré plutôt que guéri. [1][7]

Les traitements les plus courants de l’EMT incluent des aides physiques, des produits topiques, des médicaments, des traitements non invasifs et des suppléments. Ceux-ci incluent : [1][3][4][6][7][9]

Aides physiques

  • Un filet nasal (partiel ou complet)
  • Un masque pour les yeux/le visage
  • Des lentilles de contact teintées

Produits topiques

  • Une crème solaire appliquée sur le nez et/ou les naseaux (lorsque des déclencheurs photiques sont suspectés)

Médicaments

  • La cyproheptadine orale (antihistaminique)
  • La carbamazépine (anticonvulsivant)
  • La cyproheptadine combinée à la carbamazépine
  • La gabapentine (soulagement des douleurs neuropathiques)
  • Des gouttes ophtalmiques à base de cromoglycate de sodium
  • Des corticostéroïdes intranasaux

Traitements non invasifs

  • La stimulation nerveuse électrique percutanée (traitement SNEP)
  • L’électro-acupuncture
  • La cryothérapie du nerf infra-orbitaire

Suppléments

De plus, certains propriétaires de chevaux rapportent une réduction des symptômes après l’utilisation des thérapies alternatives suivantes : [8]

Si aucun des traitements ci-dessus n’apporte de soulagement à long terme, un traitement chirurgical peut être recommandé. Selon le cas spécifique, les interventions peuvent inclure la sclérothérapie du nerf maxillaire, la compression par spirales de platine ou la trachéostomie permanente. [4]

Sclérothérapie du nerf maxillaire :

Il a été démontré que la sclérothérapie du nerf maxillaire améliorait les symptômes de l’encensement chez certains chevaux. Lors de cette procédure, une aiguille est guidée à travers le canal infra-orbitaire à l’aide d’une radiographie ou d’une fluoroscopie, et du phénol mélangé à de l’huile d’amande est injecté près du foramen maxillaire.

Alors que certains chevaux connaissent une rémission des symptômes à long terme, d’autres peuvent rechuter dans un délai de 6 semaines à 9 mois après le traitement.

Compression par spirales de platine :

L’un des traitements chirurgicaux les plus récents pour l’EMT consiste à comprimer le nerf maxillaire en plaçant des spirales d’embolisation en platine dans le canal infra-orbitaire.

Cette procédure a un taux de succès de 60 % après 6 mois, qui augmente à 85 % si elle est répétée.

Trachéostomie permanente :

Pour les chevaux présentant un encensement occasionnel induit par l’exercice, une trachéostomie permanente peut constituer une solution. Cette intervention chirurgicale crée une ouverture permanente dans le cou, permettant au cheval de contourner les voies nasales lors de la respiration.

En éliminant le stimulus du flux d’air dans les voies nasales, ce traitement peut entraîner une amélioration à long terme dans certains cas.

Pronostic

Parfois, un cheval qui souffre d’encensement connaît une rémission spontanée des symptômes, bien que la durée de cette rémission varie considérablement. Ce phénomène suggère que la sensibilisation du nerf trijumeau peut être inversée, offrant ainsi un espoir pour le développement de nouveaux traitements. [2][7]

Si tous les traitements s’avèrent inefficaces et que le bien-être du cheval est compromis, l’euthanasie sans cruauté peut être envisagée en dernier recours. Consultez toujours votre vétérinaire afin d’évaluer la qualité de vie de votre cheval et de prendre des décisions de fin de vie. [1]

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées sur le headshaking chez les chevaux :

Résumé

L'encensement est un problème comportemental chez les chevaux qui peut résulter de diverses affections médicales sous-jacentes. Cependant, lorsqu'aucune cause spécifique ne peut être identifiée, ce problème est classé comme un syndrome d'encensement à médiation trigéminale (EMT).

  • L'encensement se caractérise par un mouvement vertical de la tête et du cou, mais certains chevaux bougent leur tête latéralement ou en cercles
  • Les chevaux présentent souvent d'autres signes, comme une irritation nasale
  • Les symptômes peuvent être saisonniers, survenant uniquement au printemps et en été, ou se produire toute l'année
  • Il existe plusieurs traitements qui peuvent aider à gérer l'EMT, mais la plupart ne constituent pas une solution à long terme
  • Parfois, les chevaux connaissent une rémission spontanée des symptômes de l'encensement
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