Les écoulements de bave, « slobbers » en anglais, ou plus précisément l’intoxication à la slaframine ou syndrome de la salivation, est une pathologie qui provoque une salivation excessive ou qui fait baver les chevaux. Elle est relativement rare. Elle se produit habituellement dans le cadre d’éclosions qui touchent plusieurs chevaux en même temps.
L’intoxication à la slaframine se produit lorsque les chevaux ingèrent un champignon qui croît dans les fourrages de légumineuses lorsque les conditions sont humides. Les chevaux qui broutent des pâturages, du foin ou de l’ensilage contaminés peuvent développer des signes cliniques, notamment une salivation abondante et des difficultés à déglutir.
Ce champignon affecte de nombreux animaux, mais les chevaux y sont particulièrement sensibles. Dans le passé, des éclosions d’intoxication à la slaframine se sont déclarées sous certains climats humides, notamment en Amérique du Nord, en Europe et en Amérique du Sud. [6]
L’intoxication à la slaframine ne met pas la vie du cheval en danger. Néanmoins, la bave qui sort de la bouche est disgracieuse et peut être un inconvénient.
Si vous soupçonnez que votre cheval souffre d’une intoxication à la slaframine, consultez un vétérinaire pour écarter d’autres maladies susceptibles de provoquer une salivation excessive, telles que les virus ou le botulisme.
Les symptômes d’intoxication à la slaframine chez les chevaux
Les symptômes de l’intoxication à la slaframine apparaissent normalement de deux à six heures après l’ingestion des fourrages contaminés. [9][10] Dans la plupart des cas, la salivation excessive est le seul signe apparent. [3]
L’intoxication touche souvent simultanément plusieurs chevaux qui mangent les mêmes aliments ou qui broutent dans le même pâturage. Selon les individus, les symptômes peuvent être bénins ou graves.
Les signes cliniques les plus fréquents d’intoxication à la slaframine incluent ceux qui suivent : [5][9]
- des quantités importantes de salive qui s’écoulent de la bouche;
- des mouvements constants de langue;
- une déglutition difficile;
- la déshydratation;
- des yeux larmoyants qui coulent;
- l’obstruction de l’œsophage.
Plus rarement, les signes cliniques peuvent inclure : [5][9]
- la détresse respiratoire;
- la diarrhée;
- le besoin fréquent d’uriner.
Dans la plupart des cas, les symptômes sont mineurs et disparaissent dans les 24 à 48 heures qui suivent le retrait du fourrage contaminé. On doit continuer de surveiller régulièrement le cheval pour détecter tout nouveau comportement ou l’aggravation des symptômes.
Si votre cheval a de la fièvre, un rythme cardiaque accéléré ou de la difficulté à manger et à boire, contactez immédiatement votre vétérinaire.
Dans les cas extrêmement rares d’exposition à long terme à des doses élevées de slaframine, on rapporte des avortements et des décès. [1]
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Quelles sont les causes de l’intoxication à la slaframine chez les chevaux?
L’ingestion de fourrage qui contient de la slaframine est responsable de l’intoxication provoquant ces écoulements de bave. La slaframine est une substance alcaloïde toxique sécrétée par le champignon Slafractonia leguminicola, autrefois connu sous le nom de Rhizoctonia leguminicola.
S. leguminicola cause une maladie dans les fourrages appelée le rhizoctone noir qui fait naître des taches noires sur les plantes. Ce champignon se propage dans les cultures lorsque les conditions sont humides.
La slaframine
La slaframine, familièrement désignée facteur de bave, est une mycotoxine et un irritant que sécrète S. leguminicola.
Alors que de nombreuses mycotoxines posent un risque grave pour les équidés, la slaframine est rarement dangereuse si les chevaux la consomment pendant de courtes périodes. On la retrouve dans différents aliments pour animaux, y compris les fourrages de légumineuses frais et entreposés.
Une fois la slaframine ingérée par le cheval, le foie la décompose et la transforme en 6-cétoimine, sa forme active. Cette substance imite l’acétylcholine, un neurotransmetteur. Elle se lie aux récepteurs muscariniques qui interviennent dans le système nerveux parasympathique et régulent la fonction des glandes exocrines, en particulier les glandes salivaires. [3][6]
Dans les heures qui suivent l’ingestion, la slaframine stimule les glandes salivaires du cheval et entraîne une sécrétion excessive de salive.
Dans certains cas, la slaframine provoque une excrétion excessive d’autres fluides corporels (écoulement oculaire, miction, défécation). [2]
Le rhizoctone noir
Le rhizoctone noir touche le trèfle et d’autres légumineuses. Le champignon pathogène S. leguminicola en est responsable.
S. leguminicola croît et se multiplie rapidement dans le mycélium aérien. Le champignon tue les feuilles et les tiges des végétaux qui prennent un aspect noirci, doré, grisâtre ou brûlé. [6]
L’agent pathogène du rhizoctone noir est particulièrement difficile à éradiquer des cultures affectées. Ce champignon est résistant et il survit à de nombreuses conditions environnementales.
S. leguminicola peut se développer dans les régions sèches où il absorbe l’humidité de la rosée pour survivre. Le temps froid prolongé peut nuire au champignon, mais de petits fragments de mycélium du champignon peuvent hiverner dans le sol ou les graines de légumineuses. [6]
Cela permet à S. leguminicola de survivre dans les champs contaminés pendant des années, même durant les périodes où la température et l’humidité sont basses.
Les éclosions de rhizoctone noir peuvent engendrer des pertes économiques considérables pour les agriculteurs et les propriétaires de chevaux qui nourrissent leurs animaux avec des fourrages contaminés. [5] Il est rare que le rhizoctone noir tue les plantes adultes, mais il peut diminuer les rendements de manière importante.
Les fourrages susceptibles
Alors qu’on associe couramment les écoulements de bave au trèfle rouge, le champignon peut se développer sur n’importe quelle légumineuse. Certains fourrages de graminées causent des symptômes d’intoxication chez les chevaux, probablement en raison de la contamination croisée avec d’autres cultures présentes dans les champs. [5]
La plupart des cas d’intoxication à la slaframine se produisent lorsque les chevaux mangent du foin de légumineuses de deuxième coupe qui contient le champignon S. leguminicola. [5][6] Cependant, les pâturages frais peuvent aussi faire naître les symptômes.
Le trèfle (Trifolium)
On peut retrouver le rhizoctone noir sur de nombreux fourrages de légumineuses, bien qu’il tende à affecter surtout le trèfle.
Si le champignon est présent au moment de la récolte du trèfle rouge (Trifolium pratense L.), du trèfle blanc (Trifolium repens L.) et d’autres légumineuses, il peut survivre dans le foin sec entreposé et infecter les chevaux qui le mangent. [10]
Le trèfle alsike (Trifolium hybridum) est une culture fourragère populaire pour nourrir le bétail dans certaines régions du Canada. On ne doit toutefois jamais le donner aux chevaux, car il peut causer plusieurs pathologies, notamment la photosensibilité et l’empoisonnement au trèfle alsike, qui peuvent être fatals. [7]
Le rhizoctone noir peut toucher les espèces de trèfle suivantes. On doit donc les examiner régulièrement pour détecter les signes de croissance du champignon :
- le trèfle rouge ou trèfle des prés;
- le trèfle rampant ou trèfle blanc;
- le trèfle incarnat ou farouche;
- le trèfle alsike ou trèfle hybride;
- le mélilot blanc.
Les autres fourrages
Les éclosions d’intoxication à la slaframine chez les chevaux remontent aux foins de luzerne récoltés lorsque le taux d’humidité est élevé. [6] Bien que moins fréquentes, on a aussi lié les intoxications à la slaframine aux fourrages de légumineuses suivants :
- la luzerne (Medicago sativa);
- la luzerne lupuline ou houblonnée (Medicago lupulina);
- le lespedeza coréen (Kummerowia stipulacea);
- le kudzu (Pueraria lobata);
- le soja (Glycine max).
Le foin contaminé par le rhizoctone noir
La moisissure peut croître rapidement dans le foin entreposé et coupé dans des conditions humides.
Il peut être difficile d’identifier le rhizoctone noir sur le foin de légumineuses, car le mycélium se fond dans la couleur et la texture du fourrage. [6]
Dans le foin entreposé, la toxine peut demeurer relativement active pendant dix mois à un an environ. [10] On pense que de 5 à 10 % de la toxicité initiale subsiste au terme de cette période. [9] Sa stabilité et sa concentration dans le foin entreposé peuvent diminuer considérablement avec le temps, mais on ne connaît pas le taux de stabilité de la slaframine dans les légumineuses fraîches. [6]
Les concentrations de slaframine qui induisent une intoxication peuvent varier de 1,5 ppm à 50 à 100 ppm, selon la sensibilité du cheval et sa consommation de foin. [6] L’ingestion de petites quantités de toxine peut induire des symptômes cliniques chez certains individus.
La prévention
La meilleure façon de prévenir l’intoxication à la slaframine est d’éviter de distribuer des fourrages contaminés par des moisissures ou des champignons. Il est toutefois difficile de contrôler la croissance de S. leguminicola dans les pâturages. Les traitements fongicides sont coûteux et les agriculteurs y ont rarement recours. [6]
Le dépistage des maladies végétales
Il faut arpenter régulièrement les champs pour surveiller le rendement et l’état de santé des cultures. Les premiers signes de contamination peuvent facilement passer inaperçus aux différents stades de croissance.
Les lésions du rhizoctone noir varient en fonction du fourrage hôte, ce qui rend cette maladie difficile à identifier.
Dans le cas du trèfle rouge, il faut l’examiner pour trouver les taches au moment où les feuilles émergent pour la première fois. Ces taches peuvent apparaître sur les feuilles ou la tige. Elles peuvent être grises ou brunes au lieu de noires. [6]
On sait que les agriculteurs confondent parfois les premiers signes de la maladie, par exemple les feuilles brunies, avec les fleurs sous-développées du trèfle. [4] Il faut étudier les feuilles à la loupe pour identifier les symptômes dès le début, avant que le rhizoctone noir ne puisse se propager.
Le traitement des semences au moyen de fongicides
L’agent pathogène du rhizoctone noir peut se propager rapidement sur de grandes distances par le biais de l’expédition des semences. [4] On peut vaporiser les graines avec des fongicides, mais ce traitement s’est avéré inefficace pour prévenir la maladie et l’intoxication à la slaframine qui s’ensuit.
L’application à grande échelle d’un fongicide sur le feuillage du trèfle avant la période de floraison peut être efficace pour réduire les dommages aux cultures. En revanche, les tentatives d’éradication complète du champignon sont souvent vouées à l’échec.
La recherche menée dans les années 50 s’est penchée sur le thirame et le bénomyl pour traiter cette maladie, mais ces produits se sont avérés inefficaces sur le terrain. D’autres fongicides (la quinoléine-8-ol, la captane et autres) ont protégé les légumineuses dans le cadre d’études contrôlées, mais ces substances n’ont pas fait leurs preuves lorsqu’on les applique sur les cultures. [6]
La science a développé de nouveaux fongicides depuis les dernières études. Davantage de recherches sont nécessaires pour établir si on peut inhiber la croissance de R. leguminicola sans affecter la pousse des légumineuses.
Les prédictions d’éclosion
La prédiction des maladies qui touchent les cultures peut permettre une gestion efficace des pâturages. Elle peut minimiser la perte des récoltes et l’emploi d’intrants chimiques tout en réduisant le risque d’éclosion d’intoxication à la slaframine
Les éclosions de rhizoctone noir se produisent généralement lorsque le taux d’humidité est élevé. Par conséquent, il peut être possible de prédire les éclosions en recueillant les données environnementales et climatiques des différents endroits où la maladie est répandue. [6]
Davantage de recherches sont nécessaires pour développer un modèle fiable de prédiction des éclosions de rhizoctone noir et d’intoxication à la slaframine dans les zones sensibles.
Le diagnostic
Consultez votre vétérinaire si vous soupçonnez que votre cheval a subi une intoxication à la slaframine afin d’obtenir un diagnostic précis. Le vétérinaire vérifiera probablement la présence de champignons dans les fourrages et les pâturages pour confirmer le diagnostic.
On ne peut pas toujours détecter la slaframine et la 6-cétoimine dans les échantillons de sang et d’urine prélevés sur des chevaux atteints d’une intoxication à la slaframine. [8] Les tests diagnostiques pour cette pathologie ne sont pas fiables, de sorte que le vétérinaire doit s’appuyer sur la présence de signes cliniques pour poser un diagnostic.
L’examen physique
On diagnostique facilement l’intoxication à la slaframine si le cheval présente une salivation anormale et excessive et si on peut identifier le champignon Slafractonia leguminicola dans les fourrages ou le foin contaminés. [3]
Bien que plusieurs pathologies puissent provoquer une salivation excessive, on peut confirmer le diagnostic d’intoxication à la slaframine lorsque les symptômes disparaissent rapidement une fois que l’on a retiré les aliments contaminés.
Le diagnostic différentiel
Avant de poser un diagnostic d’intoxication à la slaframine, le vétérinaire doit procéder à un diagnostic différentiel pour exclure d’autres troubles qui peuvent engendrer les symptômes.
De nombreuses affections peuvent donner lieu à une salivation abondante et à des difficultés de déglutition chez les chevaux, notamment celles qui suivent : [8][9]
- le botulisme;
- la stomatite vésiculeuse;
- la rage;
- des lésions aux muqueuses;
- un traumatisme buccal ou des problèmes dentaires;
- l’encéphalite;
- la pharyngite.
Le traitement
Le traitement le plus efficace consiste à mettre le fourrage déclencheur de la maladie hors de portée des chevaux. [11] On doit retirer ou détruire le foin infesté de champignons qui se trouve sur la propriété pour éviter d’autres intoxications à la slaframine.
En règle générale, les chevaux récupèrent rapidement et les symptômes disparaissant souvent dans les 24 à 48 heures qui suivent le retrait des fourrages contaminés. Les chevaux qui ont ingéré de grandes quantités de slaframine ou ceux qui sont plus sensibles à cette toxine peuvent mettre plus de temps à se rétablir. [3]
Le plus souvent, aucun autre traitement n’est requis et les effets permanents sont rares.
L’eau et les électrolytes
Il faut veiller à ce que le cheval ait un accès suffisant à l’eau lorsqu’il se remet de l’intoxication à la slaframine pour éviter la déshydratation due à la perte de fluides. Si le cheval bave depuis plusieurs jours, l’ajout de sel à la ration permet de stimuler la consommation d’eau.
Les suppléments d’électrolytes peuvent aider à prévenir la déshydratation et favoriser la récupération des chevaux qui bavent.
L’atropine
Dans de rares cas, le vétérinaire peut prescrire des médicaments pour contrôler la salivation abondante. On peut contrôler et partiellement inverser l’intoxication à la slaframine en administrant de l’atropine, un médicament d’ordonnance. [1]
L’atropine empêche les dérivés de la slaframine de se lier aux récepteurs muscariniques et d’induire une salivation excessive. On doit l’administrer peu de temps après l’ingestion des aliments contaminés pour éviter l’intoxication à la slaframine.
Il faut faire preuve de prudence si on emploie l’atropine et un vétérinaire doit superviser le traitement. Une perte soudaine et importante de salive peut entraîner l’alcalose métabolique transitoire ou l’accumulation de bicarbonate dans le sang.
Cela peut perturber le délicat équilibre acido-basique sanguin du cheval et provoquer une maladie grave. [8] Des effets secondaires gastro-intestinaux sont aussi possibles. [3]
Le pronostic
Le pronostic pour les chevaux atteints d’intoxication à la slaframine est excellent. La plupart des chevaux se rétablissent complètement dans les 24 heures qui suivent le retrait des fourrages contaminés.
Ordinairement, le seul traitement nécessaire est de donner au cheval un autre type de fourrage ainsi que beaucoup d’eau fraîche et propre pendant sa convalescence.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur le slobbers chez les chevaux :
Le slobbers chez les chevaux est une affection qui provoque une salivation excessive après que les chevaux ont consommé du fourrage contaminé par le champignon blackpatch produisant de la slaframine. Les signes cliniques apparaissent souvent dans les 2 à 6 heures suivant l'exposition et peuvent toucher plusieurs chevaux sur le même pâturage ou provenant de la même source de foin. La plupart des cas sont bénins et s'améliorent rapidement une fois le fourrage contaminé retiré de l'alimentation.
Les signes du slobbers chez les chevaux comprennent habituellement une salivation abondante, des mouvements constants de la langue et de la difficulté à avaler. Certains chevaux présentent également des yeux larmoyants, un écoulement nasal, de la déshydratation ou un étouffement. Les cas graves peuvent inclure de la diarrhée, des mictions fréquentes ou une détresse respiratoire, bien que ces signes soient peu fréquents. Les symptômes apparaissent souvent soudainement et touchent généralement plusieurs chevaux consommant le même fourrage.
Le slobbers ne se transmet pas directement entre les chevaux puisqu'il est causé par l'ingestion de fourrage contaminé plutôt que par une infection provenant d'un autre cheval. Plusieurs chevaux développent souvent des symptômes en même temps parce qu'ils consomment le même foin, ensilage ou pâturage. Le retrait de l'accès au fourrage infecté empêche habituellement l'apparition de nouveaux cas dans le groupe.
Le slobbers chez les chevaux est causé par la slaframine, une toxine produite par le champignon blackpatch qui pousse sur les fourrages de légumineuses. Un temps humide et pluvieux permet au champignon de se propager sur des cultures comme le trèfle rouge, le trèfle blanc et la luzerne. Après ingestion, la slaframine stimule les glandes salivaires et provoque une salivation excessive dans les heures suivant la consommation de fourrage contaminé.
Les fourrages de légumineuses comme le trèfle rouge, le trèfle blanc, le trèfle incarnat et la luzerne sont les plus souvent associés au slobbers chez les chevaux. Le champignon blackpatch peut se développer sur les pâturages frais, le foin ou l'ensilage durant des conditions météorologiques humides. Le foin de légumineuses de deuxième coupe est souvent impliqué dans les éclosions parce que l'humidité crée des conditions favorables à la croissance du champignon et à la production de toxines.
Le foin moisi ou infecté par un champignon peut causer le slobbers lorsque le champignon blackpatch produit des toxines de slaframine dans le fourrage entreposé. Le foin contaminé peut paraître foncé, gris, noirci ou brûlé, bien que la croissance fongique puisse être difficile à repérer dans le fourrage sec. La slaframine peut demeurer active dans le foin pendant environ 10 mois à 1 an, même après l'amélioration des conditions d'entreposage.
Le slobbers chez les chevaux se résout habituellement dans les 24 à 48 heures suivant le retrait du fourrage contaminé de l'alimentation. Les cas bénins s'améliorent souvent rapidement sans traitement supplémentaire, bien que les chevaux exposés à de plus grandes quantités de slaframine puissent récupérer plus lentement. Un accès continu à un pâturage ou à du foin infecté peut prolonger les symptômes et augmenter les pertes de liquides causées par la salivation excessive.
Le slobbers n'est habituellement pas dangereux pour les chevaux et la plupart des cas se résolvent sans complications durables. La salivation excessive peut sembler alarmante, mais les chevaux atteints demeurent souvent alertes et continuent à manger normalement. Parmi les complications rares associées à une exposition prolongée ou grave, on retrouve la déshydratation, l'étouffement, l'avortement et des maladies graves, particulièrement lorsque les chevaux consomment de grandes quantités de fourrage contaminé pendant une longue période.
Le slobbers peut causer de la déshydratation lorsque les chevaux perdent de grandes quantités de liquides en raison d'une salivation continue pendant plusieurs jours. Les chevaux présentant une salivation importante peuvent également perdre des électrolytes et montrer moins d'intérêt pour manger ou boire. Fournir de l'eau fraîche, du sel et un soutien en électrolytes durant le rétablissement peut réduire le risque de déshydratation pendant que le fourrage contaminé est retiré de l'alimentation.
Le slobbers chez les chevaux est habituellement diagnostiqué à partir des signes cliniques et de la présence de fourrage contaminé plutôt qu'à l'aide de tests de laboratoire. Les vétérinaires inspectent souvent le foin et les pâturages à la recherche du champignon blackpatch et vérifient si plusieurs chevaux sont touchés. Le diagnostic devient plus probable lorsque la salivation excessive s'améliore rapidement après le retrait du fourrage suspect de l'environnement du cheval.
Les affections qui ressemblent au slobbers chez les chevaux comprennent le botulisme, la rage, la stomatite vésiculeuse, les blessures buccales, les maladies dentaires, la pharyngite et l'encéphalite. Plusieurs de ces troubles causent également de la salivation ou de la difficulté à avaler, ce qui explique pourquoi une évaluation vétérinaire est importante lorsque les symptômes apparaissent soudainement. La fièvre, la faiblesse, les difficultés à manger ou les signes neurologiques peuvent indiquer une affection plus grave.
Le traitement du slobbers chez les chevaux consiste principalement à retirer le fourrage contaminé et à fournir un accès à de l'eau propre durant le rétablissement. La plupart des chevaux s'améliorent sans médicament une fois l'exposition à la slaframine interrompue. Les vétérinaires utilisent parfois l'atropine dans les cas graves afin de réduire la salivation, bien que ce médicament nécessite une surveillance attentive puisqu'il peut perturber les fonctions digestives et métaboliques normales.
La prévention du slobbers repose sur une gestion attentive du fourrage et une surveillance régulière des pâturages et des champs de foin pour détecter le champignon blackpatch. Le temps humide favorise la croissance fongique, particulièrement dans les pâturages riches en trèfle et le foin de légumineuses de deuxième coupe. Inspecter soigneusement le fourrage, limiter l'accès au foin suspect et déplacer les chevaux loin des pâturages fortement touchés peut réduire le risque d'éclosions futures.
Résumé
Le « slobbers » est une affection dans laquelle les chevaux bavent excessivement après avoir consommé du fourrage contaminé par un champignon particulier. La toxine produite par ce champignon stimule de façon excessive les glandes salivaires, entraînant une salivation soudaine et abondante qui touche souvent plusieurs chevaux à la fois.
- Le trouble résulte de la consommation, par les chevaux, de fourrages de légumineuses infectés par le champignon producteur de slaframine Slafractonia leguminicola
- Les chevaux atteints peuvent présenter de la salivation, des mouvements de la langue, de la difficulté à avaler, un écoulement oculaire, de la déshydratation ou — rarement — une obstruction œsophagienne ou de la diarrhée
- Le diagnostic repose sur l’identification d’une salivation excessive ainsi que sur la présence de fourrage contaminé, puisque les analyses de laboratoire ne sont pas fiables
- Le retrait de l’accès au foin ou au pâturage infecté fait généralement disparaître les signes en un à deux jours, avec des soins de soutien au besoin
Références
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