Un microbiome gastro-intestinal équin sain contient une gamme diversifiée de microbes bénéfiques qui soutiennent la digestion, la fonction immunitaire et la synthèse des nutriments.
Puisque les chevaux sont des fermenteurs de l’intestin postérieur, un microbiome sain est essentiel au bien-être général. La dysbiose est définie comme une population microbienne déséquilibrée, dominée par des microbes nuisibles, ou dont le nombre ou la diversité des organismes sont réduits. Par définition, la dysbiose comprend également une altération du fonctionnement du microbiome chez les individus atteints d’une maladie du tractus intestinal. [20]
Les chevaux atteints de dysbiose peuvent développer une hypererméabilité de la barrière intestinale (parfois appelée intestin poreux ou « leaky gut » en anglais) conduisant à une colite et augmentant le risque de laminite.
Certaines des causes les plus courantes d’altérations du microbiome des chevaux incluent des changements soudains au niveau de l’alimentation, une alimentation riche en amidons ou en sucres à fermentation rapide, le stress et l’utilisation de médicaments ou de vermifuges. Cependant, plusieurs de ces causes ne provoquent que des modifications temporaires du microbiome intestinal et n’induisent pas une réelle « dysbiose » qui, par définition, n’est présente qu’en cas de maladie gastro-intestinale. [20]
Les chevaux atteints de dysbiose ou d’autres problèmes intestinaux peuvent présenter un large éventail de symptômes, notamment des troubles digestifs, une perte de poids, des changements de comportement et une inflammation du tractus gastro-intestinal.
Les traitements de la dysbiose peuvent inclure des modifications de l’alimentation des chevaux affectés et le repeuplement des bactéries bénéfiques du système gastro-intestinal en donnant des prébiotiques et des probiotiques ou en transplantant des organismes fécaux provenant d’un cheval en bonne santé.
Si votre cheval souffre de dysbiose ou d’autres problèmes intestinaux, soumettez son régime alimentaire pour analyse et nos nutritionnistes pourront vous aider à concevoir gratuitement un programme d’alimentation soutenant la santé de l’intestin.
Le microbiome équin
Un système digestif fonctionnant correctement est essentiel à la santé et à la performance des chevaux.
La recherche continue de mettre en évidence le lien entre la santé digestive et l’immunité, le système neurologique et le métabolisme autant chez les chevaux que les humains.
Le système gastro-intestinal équin contient des milliers d’espèces différentes de bactéries, levures, champignons et protozoaires. [1]
Pour favoriser une santé optimale, le microbiote doit être dominé par les « bons » microbes qui aident à maintenir un intestin sain et à se défendre contre les « mauvais » microbes ou agents pathogènes.
La composition du microbiome équin est influencée par de multiples facteurs, notamment la génétique, l’alimentation et l’environnement. Ainsi, cette composition varie considérablement d’un cheval à l’autre.
Une étude évaluant la composition du microbiote fécal de sept chevaux sur 12 mois a démontré que la saison, les changements de fourrage et les conditions météorologiques ambiantes provoquaient des variations significatives. [2]
Espèces bactériennes
Les types prédominants de bactéries présentes dans le microbiome gastro-intestinal équin appartiennent aux phylums (rang taxonomique) Firmicutes et Bacteroidetes. De nombreuses genres, espèces et souches de bactéries sont classées sous chacun de ces deux phylums.
Le phylum Firmicutes comprend les genres Lactobacillus et Streptococcus et représente entre 20% et 59 % de la population microbienne de l’intestin équin.
Le phylum Bacteroidetes comprend le genre Prevotella et Bacteroides et représente de 2% à 65 % du microbiome.
Il y a une différence notable entre la composition des bactéries dans l’estomac et l’intestin grêle du cheval par rapport à celle du gros intestin. [4]
Nous assistons à une explosion d’informations concernant le microbiome gastro-intestinal du cheval, mais les résultats divergent tant entre les études qu’entre les chevaux au sein des études. Nous savons que les microbes qui colonisent l’estomac et l’intestin grêle sont orientés vers l’utilisation de glucides simples (sucres et amidon) et de protéines, tandis que les microbes qui fermentent les fibres résident dans le cæcum et le côlon. [21]
Rôles dans la digestion
Chez le cheval, plusieurs bactéries interviennent dans la digestion. Les phylums Firmicutes et les Fibrobacteres contribuent à la digestion de la cellulose tandis que les Bacteroidetes décomposent les pectines et les glucanes comme l’hémicellulose.
Les espèces de levures, telles que Saccharomyces boulardii, et les champignons facilitent également la digestion et l’assimilation des nutriments.
Grâce à la fermentation microbienne, le processus digestif produit des acides gras volatils (AGV), qui sont une source d’énergie utilisée par le cheval. [3]
Les micro-organismes de l’intestin sont également impliqués dans la synthèse de nutriments importants, notamment la vitamine K et les vitamines du complexe B, telles que le folate.
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Qu’est-ce que la dysbiose?
Les micro-organismes qui habitent normalement le tractus gastro-intestinal équin existent en harmonie et facilitent le processus de digestion et l’assimilation des nutriments.
Si la population microbienne du tractus intestinal devient déséquilibrée et dominée par des microbes nocifs associés à un état pathologique, on parle de dysbiose.
La dysbiose peut avoir un impact négatif sur la santé globale de plusieurs manières. Elle peut être associée à un intestin poreux ou à une hyperperméabilité intestinale dans laquelle les jonctions serrées entre les cellules qui tapissent la paroi intestinale se relâchent.
Cela peut entraîner d’autres complications, notamment une inflammation systémique et une endotoxicose, affectant le bien-être de votre cheval.
Quelles sont les causes de la dysbiose?
Plusieurs facteurs peuvent influencer le développement de la dysbiose chez le cheval.
La médication:
Certains types de médicaments peuvent favoriser la dysbiose. Par exemple, la phénylbutazone, un médicament anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), est connue pour provoquer des lésions gastro-intestinales et une altération de la fonction de la barrière intestinale qui peuvent également être associées à une dysbiose. [5]
Les antibiotiques sont également une cause connue de dysbiose chez les chevaux. [6] Les antibiotiques détruisent les bactéries bénéfiques et nocives du système gastro-intestinal, provoquant ainsi un déséquilibre du microbiome. La colite induite par les antibiotiques est un type courant de dysbiose.
L’alimentation:
Les changements dans l’alimentation représentent une cause fréquente de dysbiose chez les chevaux. Chaque fois que votre cheval passe à une nouvelle source de foin ou à un nouvel aliment, des changements dans la population microbienne de l’intestin sont susceptibles de se produire.
C’est pourquoi il est recommandé de modifier progressivement l’alimentation pour permettre au microbiome de s’adapter.
Une consommation excessive de céréales riches en amidons et en sucres à fermentation rapide peut abaisser le pH de l’intestin postérieur, provoquant potentiellement une acidose de l’intestin postérieur et une modification des populations microbiennes.
Une étude a démontré qu’un changement brusque vers un régime alimentaire contenant de l’orge entraînait une augmentation des lactobacilles et des streptocoques dans le cæcum et le côlon des poneys. Ces changements se sont produits peu importe si le régime alimentaire contenait 30 % ou 50 % d’orge. [7]
Cependant, ces changements sont prévisibles puisque les amidons sont fermentés par des organismes différents de ceux qui fermentent les fibres. Ces changements ne sont pas nocifs, sauf si l’acidose est suffisamment grave pour endommager la paroi intestinale.
Le stress:
La dysbiose peut résulter d’une réponse naturelle lorsqu’un cheval tombe malade ou est exposé à un stress pendant une compétition ou le transport. L’exercice et le stress thermique peuvent également induire des altérations du microbiome intestinal.
Les vermifuges:
L’utilisation de médicaments anthelminthiques pour tuer les parasites dans l’intestin peut mener à de multiples changements importants dans le tube digestif, notamment des altérations des populations microbiennes. [8] Cependant, dans la plupart des cas, ces changements sont mineurs, de courte durée et se rectifient d’eux-mêmes.
Les parasites intestinaux:
À l’inverse, le parasitisme intestinal a également une influence sur le microbiome. [22] [23]
Les mycotoxines:
Il a été démontré que la contamination alimentaire par des mycotoxines à faible dose provoque une dysbiose chez d’autres espèces. [25] [26] Cela devrait également être une préoccupation chez le cheval.
Symptômes de la dysbiose chez le cheval
La population microbienne du tractus gastro-intestinal du cheval est très adaptable et fluide. Tous les changements ne sont pas néfastes. Ce n’est que lorsqu’un état pathologique, comme une colite ou une maladie inflammatoire de l’intestin, en résulte, que le terme de dysbiose s’applique.
Les chevaux atteints de troubles liés à la dysbiose peuvent présenter un large éventail de symptômes cliniques en fonction de la zone de l’intestin touchée et des micro-organismes présents ou absents. Les symptômes peuvent également différer entre les cas chroniques et aigus.
Les troubles de l’intestin grêle pouvant impliquer une dysbiose ont le potentiel d’entraîner :
- Un faible appétit
- De possibles intolérances alimentaires
- Des coliques intermittentes
- Une perte de poids due à la malabsorption
Les signes de maladie de l’intestin postérieur incluent :
- Un appétit variable
- Des allonnements
- De l’hypermotilité (diarrhée)
- Des coliques
- Une perte de poids
Problèmes associés
À l’heure actuelle, la connaissance de l’étendue de l’effet pathologique d’un microbiome déséquilibré sur les différents systèmes de l’organisme est limitée.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer l’association du microbiome avec les problèmes suivants :
Colite:
En cas de colite, les altérations des populations microbiennes provoquent une inflammation de la muqueuse intestinale et un dysfonctionnement cellulaire. Une cause fréquente est l’utilisation chronique d’AINS.
Ces changements peuvent provoquer de la diarrhée et favoriser une infection du tractus gastro-intestinal, entraînant des lésions intestinales et une inflammation systémique.
Les organismes couramment impliqués sont les bactéries du genre Salmonella ou les bactéries pathogènes de la classe Clostridia.
Colique:
Une étude a démontré que les chevaux atteints de maladies intestinales avaient moins de colonies microbiennes dans leur système gastro-intestinal ainsi qu’une population microbienne moins diversifiée comparativement aux chevaux en bonne santé. [9]
Chez les chevaux souffrant de coliques du gros intestin, les bactéries lactiques Lachnospiraceae et Lactobacillaceae étaient envahies. Cependant, l’importance de ces résultats et à savoir si ces derniers représentaient une cause ou un effet n’ont pas pu être déterminés. [9]
La dysbiose est impliquée dans le développement de coliques gazeuses et de torsions du côlon en raison de la production de gaz par les microbes.
Les sous-produits des processus métaboliques microbiens peuvent influencer négativement la motilité intestinale.
Bien que les recherches reliant les perturbations microbiennes aux coliques soient insuffisantes, une étude portant sur des juments gestantes a démontré un changement dans leur microbiome comme un risque potentiellement accru de développement de coliques. [10]
Après l’accouchement, le tractus intestinal des juments présentait une réduction des bactéries habituellement dominantes du phylum Firmicutes qui précédait les épisodes de coliques.
Laminite :
L’entrée par effraction des chevaux dans les pièces d’entreposage des aliments (feed room), où ces derniers se gavent de céréales, ainsi que les surcharges expérimentales en fécule de maïs pure ou en fructane de racine de chicorée, entraînent une laminite liée à une dysbiose de l’intestin postérieur.
La surcharge de substrat facilement fermentescible entraîne la prolifération de streptocoques ainsi que des dommages à la muqueuse intestinale, ce qui peut permettre aux bactéries et à leurs toxines de pénétrer dans le sang. Cela déclenche une réponse inflammatoire systémique qui peut induire une laminite.
De plus, les enzymes bactériennes telles que la thermolysine et les endotoxines bactériennes circulant dans le sang activent les enzymes métalloprotéases matricielles qui endommagent les lamelles du sabot. [11] [24] Ces effets associent la laminite induite par une surcharge en glucides à la laminite causée par de graves infections intestinales ou des coliques.
Ulcères :
La colonisation bactérienne et la dysbiose qui en résulte peuvent contribuer à l’apparition spontanée d’ulcères glandulaires. [13]
Une étude portant sur 24 chevaux a identifié des changements modestes dans le microbiome de la muqueuse glandulaire gastrique chez les chevaux atteints d’ulcères glandulaires. [14]
Diagnostic des affections reliées à la dysbiose chez les chevaux
L’évaluation des symptômes des chevaux, incluant les changements au niveau du crottin (d’une consistance solide à une consistance molle ou liquide), une consommation alimentaire réduite et une perte de condition physique, peut aider à établir un diagnostic.
Bien que des tests soient disponibles pour examiner les bactéries présentes dans le crottin, nous ne disposons pas de connaissances suffisantes pour lier un type d’organisme à un état pathologique spécifique.
Lorsqu’un organisme pathogène est impliqué, il peut être identifié dans les selles à l’aide d’un test de réaction en chaîne par polymérase (PCR), d’une culture de selles ou d’une méthode de dépistage des toxines. Des biopsies intestinales et rectales peuvent également être effectuées si une maladie inflammatoire de l’intestin est suspectée. De plus, le toucher rectal et l’échographie abdominale peuvent détecter des anses intestinales anormales.
Des analyses sanguines incluant un bilan sanguin et hormonal complet peuvent être utiles. Les tests peuvent fournir des informations sur des anomalies biochimiques causées par la maladie, la présence d’une maladie supplémentaire et une infection due à des agents viraux, bactériens et parasitaires.
Traitement de la dysbiose chez les chevaux
Si elle n’est pas traitée, la dysbiose chez le cheval peut potentiellement entraîner de graves complications médicales secondaires. Les complications potentielles résultant de la dysbiose comprennent les maladies inflammatoires de l’intestin, la colite, les coliques et la laminite systémique liée à la réponse inflammatoire.
Si vous remarquez des changements dans l’appétit ou le crottin de votre cheval, contactez votre vétérinaire dès que possible. Consulter un vétérinaire pour établir un plan de traitement rapide de la maladie améliore le pronostic ainsi que les chances d’un rétablissement complet.
En cas de dysbiose, l’absorption des nutriments est compromise et peut conduire à la malnutrition. Un traitement de soutien est nécessaire pour rétablir l’équilibre de la flore résidant dans le système gastro-intestinal équin.
Encourager l’hydratation
Étant donné que la dysbiose peut entraîner une perte excessive de liquide, les chevaux affectés doivent être bien hydratés.
L’ajout de sel nature ou d’électrolytes à l’eau ou à la nourriture peut aider à encourager les chevaux à boire et à prévenir la déshydratation. Si ceux-ci sont ajoutés à l’eau, offrez toujours également de l’eau nature, sans sel ou électrolytes. Chez les chevaux présentant une déshydratation avancée, un remplacement des liquides par administration intraveineuse peut être nécessaire.
Probiotiques et prébiotiques
Une combinaison de probiotiques et de prébiotiques doit être administrée pour faciliter la guérison de la dysbiose.
Les probiotiques aident à repeupler les bactéries bénéfiques qui protègent contre les toxines, combattent les bactéries pathogènes, stimulent l’immunité et abaissent le pH de l’intestin pour le rendre moins hospitalier aux agents pathogènes. [15]
Contrairement aux probiotiques qui sont des organismes vivants, les prébiotiques sont des fibres végétales solubles qui ne peuvent être digérées par les enzymes de l’estomac ou de l’intestin grêle.
Les prébiotiques tels que les xylooligosaccharides (XOS), le polydextrose, les galactooligosaccharides (GOS), la pectine et le psyllium constituent une source de nourriture grâce à laquelle les probiotiques peuvent prospérer.
Dans une étude portant sur 29 pur-sang néonatals souffrant de diarrhée, la durée de la maladie était plus courte dans le groupe à qui on a administré des probiotiques (environ 7 jours et plus) par rapport au groupe témoin (environ 14 +/- 3 jours).
Ces résultats indiquent que les microbes bénéfiques aident à réguler la fonction intestinale et pourraient prévenir la diarrhée. [19]
Cultures de levure
La levure est également bénéfique pour réduire le risque de dysbiose et rétablir et maintenir un tractus gastro-intestinal sain. [16]
Les recherches montrent que la levure Saccharomyces cerevisiae peut protéger l’écosystème bactérien des chevaux transportés et ainsi réduire le risque de dysbiose. [7]
Pour aider les chevaux atteints à se remettre de la dysbiose, une réduction de la consommation de pâturages luxuriants ou de céréales peut être nécessaire pour prévenir l’acidose dans l’intestin postérieur. Les probiotiques peuvent aider à réduire les effets des régimes riches en céréales sur le microbiome intestinal.
Transplantation microbienne
La transfaunation fécale ou transplantation de microbiote fécal implique le transfert de sources microbiennes saines des excréments d’un cheval vers le tube digestif d’un autre.
Il a été démontré que la transfaunation améliore considérablement la santé intestinale des chevaux atteints de dysbiose en établissant un microbiome plus diversifié et en restaurant la fonction intestinale. [18]
Cette stratégie a été utilisée avec succès chez certains chevaux pour traiter la diarrhée chronique causée par une dysbiose.
Chez les chevaux souffrant de diarrhée, un traitement par antibiotiques ou par transfaunation fécale qui résout le problème fournit une preuve raisonnable de la présence préalable d’une dysbiose.
Comment prévenir la dysbiose chez les chevaux
Si votre cheval est traité avec des antibiotiques, il peut être utile de lui administrer un probiotique pendant et après le traitement pour prévenir la croissance d’une flore intestinale anormale.
De même, l’administration d’un probiotique avant et après un traitement vermifuge peut aider à se prévenir la dysbiose.
Une alimentation composée principalement de fourrages grossiers de haute qualité est essentielle au maintien d’un microbiome sain. Les changements alimentaires doivent toujours être introduits graduellement pour permettre à la flore du tractus gastro-intestinal de s’adapter.
Certains chevaux auront besoin d’une quantité minimale de céréales dans leur alimentation pour prévenir la dysbiose. L’utilisation d’huiles de haute qualité ou de fibres denses en énergie et facilement fermentées, comme la pulpe de betterave ou les coques de soya, peut servir de source d’énergie alternative aux céréales pour certains chevaux.
Les pratiques d’alimentation et de gestion peuvent grandement contribuer à prévenir la dysbiose. Donner régulièrement un probiotique/prébiotique à votre cheval est utile pour soutenir les populations microbiennes bénéfiques dans le tube digestif et réduire le risque de dysbiose.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur la dysbiose intestinale chez les chevaux :
La dysbiose chez les chevaux est un déséquilibre du microbiome gastro-intestinal associé à une maladie intestinale. Elle survient lorsque la population microbienne devient dominée par des microbes nuisibles, perd de sa diversité ou présente une fonction altérée. [20] Comme les chevaux dépendent de la fermentation dans l’intestin postérieur, un microbiome sain est essentiel à la digestion, à la fonction immunitaire, à la synthèse des nutriments et à la santé globale. Tout changement temporaire du microbiome ne constitue pas nécessairement une véritable dysbiose, puisque ce terme s’applique lorsqu’un état pathologique est présent.
Le microbiome intestinal équin est important parce qu’il aide les chevaux à digérer les fibres, à produire de l’énergie, à synthétiser des nutriments et à soutenir la fonction immunitaire. Le tractus gastro-intestinal contient des milliers d’espèces de bactéries, de levures, de champignons et de protozoaires. [1] La fermentation microbienne produit des acides gras volatils, qui constituent une source majeure d’énergie pour le cheval. [3] Les microbes intestinaux contribuent également à la synthèse de nutriments tels que la vitamine K et les vitamines B, y compris le folate.
La dysbiose chez les chevaux peut être causée par une maladie gastro-intestinale associée à l’utilisation de médicaments, à des changements brusques de régime alimentaire, à une consommation excessive d’amidon ou de sucres, au stress, à la vermifugation, aux parasites ou à l’exposition aux mycotoxines. La phénylbutazone peut provoquer des lésions gastro-intestinales et une altération de la fonction de la barrière intestinale, ce qui peut être associé à la dysbiose. [5] Les antibiotiques peuvent perturber à la fois les bactéries bénéfiques et nuisibles, faisant de la colite associée aux antibiotiques une forme courante de dysbiose. [6] La vermifugation peut également modifier les populations microbiennes, bien que ces changements soient généralement mineurs, de courte durée et se corrigent d’eux-mêmes. [8]
Les changements soudains de régime alimentaire peuvent modifier le microbiome intestinal équin et contribuer à la dysbiose si une maladie gastro-intestinale se développe. Tout changement vers une nouvelle source de foin ou un nouvel aliment peut modifier les populations microbiennes, c’est pourquoi les changements alimentaires doivent être introduits graduellement. Les régimes riches en céréales contenant de grandes quantités d’amidon et de sucres rapidement fermentescibles peuvent diminuer l’acidité de l’intestin postérieur et favoriser des populations microbiennes qui fermentent l’amidon. Dans une étude, un changement brusque vers un régime contenant de l’orge a augmenté les Lactobacilles et les Streptocoques dans le cæcum et le côlon de poneys. [7]
Les signes de dysbiose chez les chevaux varient selon la partie de l’intestin touchée et selon que le problème est aigu ou chronique. Les troubles de l’intestin grêle peuvent provoquer une baisse d’appétit, une possible intolérance à certains aliments, des coliques intermittentes et une perte de poids due à une mauvaise absorption des nutriments. Les maladies de l’intestin postérieur peuvent entraîner un appétit variable, des ballonnements, de la diarrhée, des coliques et une perte de poids. Les changements dans le fumier, l’appétit, le poids, le comportement ou la performance devraient être discutés avec un vétérinaire, particulièrement s’ils persistent ou s’aggravent.
La dysbiose chez les chevaux est diagnostiquée en évaluant les signes cliniques, les changements dans le fumier, l’appétit, l’état corporel et la présence possible d’une maladie gastro-intestinale sous-jacente. L’analyse du fumier peut identifier certains organismes, mais les connaissances actuelles ne permettent pas d’associer chaque profil microbien à une maladie précise. Si un agent pathogène est soupçonné, des analyses fécales, une culture des selles, un dépistage des toxines, des biopsies intestinales ou rectales, des analyses sanguines, un examen rectal et une échographie abdominale peuvent être utilisés. Le diagnostic vise à identifier le processus pathologique et à exclure une infection, une inflammation, des parasites ou d’autres causes de troubles digestifs.
La dysbiose peut être associée aux coliques et à la diarrhée chez les chevaux, particulièrement lorsqu’une maladie intestinale modifie la diversité microbienne et la fonction intestinale. Une étude a montré que les chevaux atteints d’une maladie intestinale présentaient moins de colonies microbiennes et des populations microbiennes moins diversifiées que les chevaux en santé. [9] Dans les cas de coliques du gros intestin, une prolifération de certaines bactéries productrices d’acide lactique a été observée, bien que les chercheurs n’aient pas pu déterminer si ces changements étaient une cause ou une conséquence. Les changements de consistance du fumier, les signes répétés de coliques ou une diarrhée persistante nécessitent une attention vétérinaire.
La dysbiose peut contribuer à la fourbure chez les chevaux lorsqu’une surcharge en glucides endommage l’intestin postérieur et permet à des composés nuisibles d’entrer dans la circulation sanguine. Les incursions dans la réserve de nourriture, la surcharge en grains et les surcharges expérimentales avec de l’amidon de maïs pur ou du fructane de racine de chicorée peuvent déclencher des changements microbiens dans l’intestin postérieur associés à la fourbure. La prolifération de Streptocoques et les dommages à la paroi intestinale peuvent permettre aux bactéries et aux toxines d’entrer dans la circulation, déclenchant une inflammation systémique. Les enzymes bactériennes et les endotoxines peuvent activer des enzymes qui endommagent les lamelles du sabot. [11][24]
La dysbiose chez les chevaux est traitée en s’attaquant à la maladie sous-jacente, en soutenant l’hydratation, en ajustant le régime alimentaire et en aidant à rétablir les populations microbiennes bénéfiques. Les chevaux présentant des changements d’appétit, des changements dans le fumier, de la diarrhée, des coliques ou une perte de poids devraient être évalués par un vétérinaire, car une dysbiose non traitée peut entraîner de graves complications. Les soins de soutien peuvent inclure du sel ordinaire ou des électrolytes pour encourager la consommation d’eau, tout en laissant de l’eau fraîche disponible en tout temps si des électrolytes sont ajoutés à l’eau. Une déshydratation sévère peut nécessiter l’administration de liquides intraveineux.
Les probiotiques et les prébiotiques peuvent aider à soutenir les chevaux atteints de dysbiose en rétablissant les microbes bénéfiques et en fournissant des sources alimentaires qui favorisent leur croissance. Les probiotiques peuvent aider à protéger contre les toxines, à combattre les bactéries pathogènes, à stimuler l’immunité et à réduire l’acidité intestinale afin de rendre l’environnement moins favorable aux agents pathogènes. [15] Les prébiotiques sont des fibres végétales solubles telles que les xylo-oligosaccharides, le polydextrose, les galacto-oligosaccharides, la pectine et le psyllium. Dans une étude portant sur des poulains Pur-sang nouveau-nés atteints de diarrhée, le groupe traité avec des probiotiques a présenté une durée de diarrhée plus courte que le groupe témoin. [19]
Les cultures de levures peuvent soutenir les chevaux atteints de dysbiose en contribuant au maintien d’un environnement gastro-intestinal plus sain. Les levures peuvent réduire le risque de dysbiose et aider à rétablir et à maintenir une fonction normale du tractus digestif. [16] Les recherches montrent également que Saccharomyces cerevisiae peut aider à protéger l’écosystème bactérien des chevaux pendant le transport et à réduire le risque de dysbiose. [7] Le soutien par les levures est particulièrement pertinent lorsque le stress, les changements alimentaires, les déplacements ou l’alimentation riche en céréales peuvent compromettre la stabilité de l’intestin postérieur.
La dysbiose chez les chevaux peut être prévenue en offrant une alimentation à base de fourrages, en apportant les changements alimentaires graduellement, en limitant les excès de céréales, en favorisant l’hydratation et en utilisant des stratégies de soutien intestinal durant les périodes à risque plus élevé. Un fourrage de haute qualité est essentiel au maintien d’un microbiome sain, et des sources de fibres à forte densité énergétique comme la pulpe de betterave ou les écales de soya peuvent constituer des alternatives utiles aux céréales pour certains chevaux. Les probiotiques peuvent être utiles pendant et après un traitement antibiotique, ainsi qu’avant et après la vermifugation, afin de soutenir la flore intestinale normale. Un soutien régulier avec des prébiotiques et des probiotiques, un contrôle approprié des parasites, la réduction du stress et une gestion attentive de l’alimentation peuvent aider à protéger l’équilibre microbien.
Résumé
La dysbiose intestinale survient chez les chevaux lorsque l’équilibre des microbes intestinaux est perturbé, impliquant souvent une prolifération de bactéries nuisibles, une diversité réduite et une fonction intestinale altérée, entraînant un « intestin perméable », de l’inflammation et des effets systémiques.
- Les déclencheurs courants de la dysbiose intestinale comprennent des changements alimentaires brusques, des régimes riches en amidon ou en sucre, le stress, les médicaments (surtout les AINS et les antibiotiques), la vermifugation, les parasites intestinaux et l’exposition aux mycotoxines.
- Les chevaux atteints de dysbiose peuvent présenter des coliques, de la diarrhée, une perte de poids, une diminution de l’appétit, une malabsorption et de l’inflammation.
- La dysbiose est liée à des affections graves telles que la colite, la fourbure, les ulcères et la maladie inflammatoire de l’intestin.
- La prise en charge comprend des ajustements alimentaires, un soutien à l’hydratation et l’utilisation de probiotiques, de prébiotiques, de cultures de levures ou de transplantations de microbiote fécal.
- Les soins préventifs se concentrent sur des changements d’alimentation progressifs, une alimentation axée sur le fourrage et le soutien de la santé intestinale au moyen d’une supplémentation régulière en probiotiques.
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