Les douleurs au dos sont un problème courant, mais souvent négligé chez les chevaux, affectant leurs performances, leur comportement et leur bien-être général. Des études démontrent que jusqu’à 54 % des chevaux de sport et 90 % des chevaux de course présentent des signes de problèmes de dos. [1] Qu’il s’agisse d’athlètes de haut niveau, de chevaux de travail ou de compagnons de plaisance, les chevaux ont besoin d’un dos fort et en santé pour leur mobilité, leur flexibilité et leur confort.
Il peut être difficile d’identifier les douleurs au dos chez les chevaux, car leurs larges muscles dorsaux compliquent l’évaluation précise de la structure osseuse sous-jacente. Les signes cliniques potentiels associés aux douleurs dorsales incluent une diminution des performances, des changements de comportement et une boiterie non spécifique. [1]
S’ils ne sont pas pris en charge, les dorsalgies peuvent s’aggraver, entraînant des problèmes compensatoires dans d’autres parties du corps, pouvant affecter la posture ainsi que plusieurs structures comme la colonne vertébrale, les membres et l’encolure.
Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur les causes, les signes et les options de traitement des douleurs dorsales chez les chevaux. Que vous soyez cavalier de compétition, entraîneur ou propriétaire de cheval, apprendre à reconnaître et traiter les douleurs dorsales est essentiel à la santé et au bonheur à long terme de votre animal.
Anatomie et fonction du dos équin
Le dos du cheval commence au niveau du garrot et s’étend jusqu’à l’articulation sacro-iliaque, c’est-à-dire l’articulation entre les vertèbres lombaires sacrées et les ailes du bassin. [2]
Os et articulations
La colonne vertébrale du cheval est constituée d’un ensemble d’os appelés vertèbres, qui protègent la moelle épinière, un faisceau de nerfs allant du cerveau jusqu’à l’extrémité de la colonne vertébrale. Les vertèbres sont rembourrées par des disques intervertébraux. [2]
Comme chez les autres mammifères, la colonne vertébrale du cheval se divise en plusieurs sections, de la tête jusqu’à la queue : [2]
- 18 vertèbres thoraciques (haut du dos)
- 6 vertèbres lombaires (bas du dos)
- 5 vertèbres sacrées
Les cinq vertèbres sacrées sont soudées entre elles pour former une seule structure appelée le sacrum. [2]
Chaque vertèbre forme une articulation avec les vertèbres qui la bordent. Ces articulations sont appelées articulations intervertébrales. [2] D’autres articulations importantes du dos du cheval incluent l’articulation sacro-iliaque, entre le sacrum et les ailes du bassin, ainsi que l’articulation lombo-sacrée, entre la dernière vertèbre lombaire et le sacrum. [2]
Muscles
Par dessus les vertèbres se trouvent plusieurs gros muscles. La contraction de ces muscles creuse le dos du cheval et relève la tête. [2] Si un seul côté se contracte, la colonne se courbe dans cette direction, produisant une flexion latérale. [2]
Les principaux muscles épaxiaux (situés au-dessus de la colonne vertébrale) chez le cheval sont : [2]
- Le muscle épineux : soutient les vertèbres
- Le muscle long dorsal : muscle dorsal le plus puissant, générant la contraction la plus importante du dos
- Le muscle iliocostal : joue principalement un rôle dans la flexion latérale
Le cheval peut aussi arrondir son dos en soulevant les vertèbres. [2] Les muscles utilisés pour arrondir le dos incluent le grand et le petit psoas, le grand droit de l’abdomen et l’oblique de l’abdomen. [2] Ces muscles sont ce qu’on appelle des muscles hypaxiaux, ce qui signifie qu’ils sont situés sous la colonne vertébrale.
Causes des douleurs dorsales
Chez les chevaux, les maux de dos peuvent résulter d’une blessure ou d’une lésion affectant l’une des principales structures du dos. Les causes fréquentes de douleurs dorsales comprennent : [1][2][3]
- Les conflits de processus épineux (kissing spine)
- Les fractures vertébrales
- L’arthrite des articulations intervertébrales
- Les lésions musculaires affectant les muscles épaxiaux ou hypaxiaux
- L’arthrite de l’articulation sacro-iliaque
- La dégénérescence de l’articulation lombo-sacrée
- Des facteurs non médicaux comme une selle mal ajustée, un manque de compétence équestre ou une condition physique inadéquate par rapport à la charge de travail
Parmi les causes ci-dessus, les processus de conflits épineux représentent la cause la plus fréquemment diagnostiquée de douleurs dorsales chez les chevaux. [3] Dans ce cas, les processus épineux (aussi appelés apophyses épineuses), qui sont de longues projections osseuses situées au sommet des vertèbres, sont trop proches les uns des autres et peuvent se frotter entre eux. [2] Cela entraîne une irritation des os, un épaississement des structures vertébrales ou une perte de densité osseuse. [2]
Dans les cas les plus graves, les apophyses se chevauchent, ce qui aggrave l’irritation. [2]
Quelle est votre priorite numero un pour la sante de votre cheval?
Signes cliniques de douleurs dorsales chez le cheval
Les signes cliniques de dorsalgies varient considérablement, mais la majorité des chevaux présentent des symptômes liés à de mauvaises performances ou à des changements comportementaux.
Les signes de mauvaises performances liés aux maux de dos peuvent inclure : [4][5]
- Une démarche des postérieurs en « saut de lapin »
- Une difficulté à effectuer les transitions inter-allures
- Une difficulté à s’arrêter ou à effectuer un arrêt glissé
- Des changements du style ou des performances de saut d’obstacles, y compris le refus de sauter
- Une réticence à avancer sous la selle ou une perte d’impulsion
- Une difficulté à maintenir le bon pied au galop ou des erreurs de changement de pied
- Une difficulté à s’incurver
Les changements de comportement fréquemment rapportés comprennent les fouaillements de la queue, un comportement agressif, une aversion pour la sangle et des coups de pied sous la selle. [4] Certains chevaux peuvent également présenter une boiterie évidente des antérieurs ou des postérieurs liée à une douleur dorsale. [4][5]
Diagnostic
Le diagnostic de la cause sous-jacente des douleurs dorsales nécessite un examen approfondi. Un bilan complet nécessite souvent des outils diagnostiques spécialisés pour évaluer les structures profondes du dos du cheval, car ces structures sont difficiles à examiner ou palper par un vétérinaire. [2]
Pour commencer, le vétérinaire évalue le cheval à l’arrêt. Cela implique généralement une évaluation de la musculature et de la symétrie générale. [3] Une inspection minutieuse du poil peut révéler des poils blancs ou des zones de perte de poils indiquant un mauvais ajustement de la selle. [3]
Le vétérinaire palpe également le dos du cheval afin d’identifier les zones douloureuses qui requièrent un examen plus approfondi. Les chevaux souffrant de douleurs dorsales peuvent creuser leur dos, s’éloigner du vétérinaire ou donner des coups de pied en réponse à la palpation. [3]
Ensuite, le vétérinaire évalue la capacité du cheval à bouger sa colonne vertébrale. [3] Cela peut inclure du travail à la longe, des cercles serrés ou la flexion de l’encolure à l’arrêt. [3] L’évaluation des mouvements permet également d’identifier toute boiterie des membres antérieurs ou postérieurs. [3] Certains vétérinaires peuvent demander que le cheval soit monté ou attelé si les signes cliniques ne se manifestent que pendant le travail. [2]
Une fois que le vétérinaire identifie la douleur dorsale et tout signe clinique potentiellement associé, il poursuit avec des tests diagnostiques spécifiques. Les examens diagnostiques peuvent inclure : [3]
- Des radiographies
- Une échographie
- Une scintigraphie osseuse
- Une anesthésie locale (ou « bloc ») des tissus pour observer les changements dans les signes cliniques
- Des analyses sanguines pour identifier des troubles musculaires comme la rhabdomyolyse
- Une biopsie musculaire
Traitement et gestion
Les options de traitement pour les dorsalgies varient selon la cause, le niveau de performance requis pour le cheval et les contraintes financières. [6]
« Les douleurs dorsales chez les chevaux sont souvent multifactorielles et résultent d'une selle mal ajustée, d'une boiterie sous-jacente, d'une foulure musculaire ou d'anomalies vertébrales. Un diagnostic précis est essentiel à l'élaboration d'un plan de traitement efficace. Une intervention rapide peut prévenir les problèmes compensatoires et favoriser les performances à long terme. »
— Dre Jennifer Skaggs, D.M.V.Vétérinaire équin
Les vétérinaires préfèrent commencer par des options de traitement conservatrices à faible risque. [6] Dans certains cas, des procédures plus invasives, comme une intervention chirurgicale, peuvent être nécessaires pour traiter les douleurs dorsales du cheval.
Traitement conservateur
Les traitements conservateurs sont des approches non chirurgicales qui soulagent la douleur ou ralentissent la progression de la maladie. [6] Les vétérinaires combinent plusieurs éléments de prise en charge conservatrice pour élaborer un plan de traitement adapté à chaque cheval. Les options incluent : [6]
- La modification du programme d’exercice du cheval
- Les médicaments pour soulager la douleur
- Les injections locales directement dans la zone douloureuse pour ralentir la progression ou soulager la douleur
- Les thérapies complémentaires comme la physiothérapie, l’acupuncture ou la chiropratique
- Le soutien nutritionnel visant les muscles et les articulations
Changements du programme d’exercice
Les chevaux souffrant de dorsalgies bénéficient souvent d’une courte période de repos sans exercice monté ni travail, ce qui leur permet de récupérer d’éventuelles tensions musculaires ou ligamentaires. [6] Le fait de vivre à l’extérieur en tout temps dans un enclos ou un pâturage pendant cette période de repos est idéal pour favoriser la détente musculaire. [6]
Lorsque le cheval reprend le travail, la modification de son programme d’exercice pour favoriser la détente et le renforcement musculaire aide à prévenir la réapparition des douleurs dorsales. [6] Les changements exacts nécessaires dépendent de l’affection sous-jacente. [6]
Les recommandations générales incluent : [2][6]
- Encourager le cheval à travailler en étirant le dos, comme dans la technique « long et bas » (long and low)
- Utiliser un programme de retour progressif au travail
- Prévoir un échauffement adéquat avant d’effectuer tout travail intense
- S’échauffer au petit galop avant de trotter, car le petit galop sollicite un côté du dos à la fois
- Effectuer des exercices d’étirement avant et après l’entraînement
Les exercices que le cheval trouvait auparavant difficiles, comme les changements de pied, les arrêts glissés ou les sauts, doivent être évités jusqu’à la disparition complète des douleurs au dos. [6] Les propriétaires devraient également faire examiner leur harnachement par un professionnel qualifié pour s’assurer qu’il est bien ajusté et qu’il n’aggrave pas la douleur du cheval. [6]
Médicaments
Les médicaments systémiques (affectant l’ensemble du corps) peuvent soulager la douleur du cheval, lui permettant ainsi de recevoir des traitements de physiothérapie et d’autres modalités thérapeutiques favorisant la guérison. [6] Les médicaments les plus couramment utilisés pour les maux de dos sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et les relaxants musculaires. [6]
Les bisphosphonates, comme le tiludronate, peuvent aider dans les cas de douleurs dorsales impliquant de l’arthrite ou d’autres changements osseux qui contribuent à la douleur. [6] Ces médicaments ralentissent le développement de l’ostéolyse, c’est-à-dire l’érosion osseuse, qui peut être douloureuse. [6]
Bien qu’ils puissent être efficaces, les bisphosphonates ne sont approuvés que pour le traitement de la maladie naviculaire. Ainsi, pour toute autre utilisation, ils doivent être prescrits par le vétérinaire traitant.
Injection locale
L’injection d’un médicament dans la zone problématique peut soulager la douleur et ralentir la progression de la maladie dans certains cas. [6]
Comme les chevaux possèdent une musculature dorsale robuste, de nombreux sites où les douleurs sont fréquentes sont inaccessibles pour les injections locales. Toutefois, les vétérinaires peuvent injecter une grande quantité de médicament dilué près de la structure douloureuse, ce qui permet au médicament de se diffuser naturellement dans les tissus jusqu’à la zone ciblée. [6] C’est ce qu’on appelle une infiltration régionale.
Pour certaines affections, comme l’arthrose intervertébrale, le vétérinaire peut injecter le médicament directement dans l’espace articulaire. [6] Pour bien positionner les aiguilles, on utilise généralement l’échographie afin de guider leur insertion dans ou autour de l’articulation. [2]
Les médicaments les plus couramment utilisés pour les injections locales sont les corticostéroïdes, des anti-inflammatoires qui soulagent la douleur. [6] Certains vétérinaires utilisent aussi le sarapin, un analgésique fabriqué à partir de plantes, comme traitement complémentaire pour les cas de douleurs dorsales. [6]
Thérapies complémentaires
Des thérapies complémentaires comme la physiothérapie, l’acupuncture et la chiropratique peuvent contribuer à soulager la douleur et à restaurer la fonction normale des structures dorsales affectées. [6]
Parmi ces approches, la physiothérapie est la plus couramment utilisée pour les dorsalgies, car elle aide à développer la force musculaire et la mobilité afin de prévenir les récidives de blessures dorsales. [6] Ces programmes incluent souvent des exercices d’étirement et de renforcement du tronc ainsi qu’une rééducation par un retour au travail progressif et lent. [6]
Traitement chirurgical
Si un traitement conservateur échoue, certains chevaux peuvent être candidats à un traitement chirurgical. Actuellement, les seules options chirurgicales disponibles concernent les conflits de processus épineux (ou kissing spine). Ces chirurgies visent à réduire le degré de chevauchement entre les os, réduisant ainsi la douleur et l’irritation. [6]
Les deux principales interventions chirurgicales pour les conflits de processus épineux sont : [6]
- L’ostectomie des processus épineux se chevauchant
- La desmotomie du ligament interépineux
Ostectomie
L’ostectomie désigne la section chirurgicale d’un os. Cette intervention consiste à retirer les parties des processus épineux qui se chevauchent à l’aide d’une scie à os ou d’un fil-scie, ce qui permet de rétablir un espacement normal entre les apophyses. [6] Pour les chevaux présentant plusieurs zones de chevauchement, les chirurgiens ne retire généralement de l’os que sur une vertèbre sur deux afin de réduire le caractère invasif de l’intervention. [6]
Cette opération peut être réalisée sous anesthésie générale ou sous sédation en position debout. [6] Le type de procédure dépend des préférences du chirurgien, du tempérament du cheval et des contraintes financières. [6]
Après l’intervention, les chevaux ont besoin d’une période de rééducation de 3 à 6 mois incluant des exercices contrôlés et de la physiothérapie avant de pouvoir reprendre le travail. [6] Des études montrent que le taux de réussite est élevé après une ostectomie, une étude ayant rapporté que jusqu’à 72 % des chevaux retrouvaient leur niveau de performance antérieur. [6]
Desmotomie
La desmotomie est la section chirurgicale de ligaments, en l’occurrence des ligaments interépineux situés entre les vertèbres. [6] En sectionnant ces ligaments, les apophyses épineuses dorsales peuvent s’écarter davantage lorsque le cheval fléchit son dos. [6] Lorsque cette chirurgie est associée à la physiothérapie et à la rééducation, l’espace entre les apophyses peut s’élargir avec le temps, ce qui permet de résoudre le conflit. [6]
Cette procédure est moins invasive, puisqu’elle nécessite uniquement une série de petites incisions sur le dos du cheval pendant qu’il est sous sédation. [6] Après l’opération, les chevaux ont seulement besoin de 3 semaines de repos et de 3 semaines d’exercice contrôlé avant de pouvoir entamer un programme de retour au travail. [6]
Peu d’études ont été réalisées sur le taux de réussite de cette intervention comparé à l’ostectomie. Toutefois, une étude comparant des chevaux de course atteints de conflits de processus épineux ayant subi une desmotomie avec ceux n’ayant reçu aucun traitement a montré que 86 % des chevaux traités présentaient une amélioration des performances par rapport aux chevaux non traités. [7]
Pronostic
Le pronostic lié aux douleurs dorsales dépend de la pathologie sous-jacente, de sa gravité et des options de traitement disponibles. Des facteurs comme la discipline pratiquée par le cheval, le niveau d’intensité du travail, sa tolérance individuelle à la douleur et sa réponse au traitement influencent également le pronostic.
En général, les chevaux atteints d’affections dorsales progressives comme la maladie sacro-iliaque ou l’arthrose intervertébrale ont un mauvais pronostic de performance à long terme. Les affections pour lesquelles davantage d’options de traitement existent, comme les conflits de processus épineux, peuvent avoir un meilleur pronostic. [2]
Prévention
De nombreuses causes de douleurs dorsales chez les chevaux ne peuvent pas être évitées, car elles sont étroitement liées à la conformation et à la structure osseuse propres à chaque cheval. Les stratégies générales de prévention de la douleur dorsale comprennent :
- Assurer un bon ajustement de l’équipement, en particulier de la selle
- Encourager le cheval à se déplacer en étirant et en détendant ses muscles dorsaux (« long et bas »)
- Veiller à ce que le cheval soit suffisamment entraîné pour le degré de difficulté du travail qu’il effectue
- Effectuer des échauffements progressifs et lents avant de réaliser des mouvements complexes
- Reconnaître rapidement les signes de douleur dorsale et de mauvaises performances afin d’intervenir tôt
- Faire évaluer régulièrement le cheval par un vétérinaire pour détecter rapidement tout signe de boiterie ou d’autres causes de diminution des performances
- Évaluer fréquemment la note d’état de chair du cheval pour s’assurer qu’il maintient un poids optimal
- Fournir une alimentation équilibrée contenant suffisamment de protéines, de vitamines et de minéraux pour soutenir la santé globale du cheval
L’application de ces pratiques de gestion peut contribuer à prévenir et à détecter rapidement de nombreux problèmes de santé, y compris les maux de dos. Une détection rapide maximise les chances de guérison complète dans de nombreux cas.
Questions Fréquemment Posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur la douleur dorsale chez les chevaux :
Les signes courants de douleur dorsale chez les chevaux comprennent une baisse de performance, des changements de comportement et une boiterie subtile. Un cheval peut résister à avancer, avoir de la difficulté avec les transitions, manquer les changements de pied, refuser les sauts, agiter la queue, réagir au sanglage, ruer ou sembler plus réactif sous la selle. Certains chevaux présentent également une boiterie des membres antérieurs ou postérieurs liée à une gêne au dos.
Aider un cheval souffrant de douleur dorsale commence par un examen vétérinaire pour identifier la cause de l’inconfort. Le traitement peut inclure du repos, des modifications de l’exercice, un soulagement de la douleur, des injections locales, de la physiothérapie, de l’acupuncture, des soins chiropratiques ou un soutien nutritionnel. De nombreux chevaux bénéficient également d’un programme de retour progressif au travail, d’échauffements appropriés, d’étirements et d’une évaluation professionnelle de l’ajustement de la selle.
Un dos douloureux peut donner l’impression qu’un cheval est boiteux lorsque la douleur modifie sa façon de se déplacer. Certains chevaux compensent en modifiant leur allure, ce qui peut exercer une pression supplémentaire sur les membres, l’encolure ou d’autres muscles. La boiterie peut également contribuer à la douleur dorsale, donc un vétérinaire peut devoir évaluer à la fois le dos et les membres afin de déterminer le problème principal.
La douleur dorsale chez les chevaux peut provenir de problèmes osseux, articulaires, musculaires, ligamentaires ou liés à l’équipement. Les causes courantes incluent le syndrome des apophyses épineuses rapprochées, les fractures vertébrales, l’arthrite, les tensions musculaires, la douleur sacro-iliaque, les maladies de l’articulation lombo-sacrée, un mauvais ajustement de la selle, un conditionnement inadéquat ou une charge de travail qui dépasse la capacité du cheval. Le syndrome des apophyses épineuses rapprochées est l’une des causes les plus fréquemment diagnostiquées de douleur dorsale chez les chevaux.
Le syndrome des apophyses épineuses rapprochées est une affection dans laquelle les projections osseuses le long du sommet des vertèbres du cheval sont trop rapprochées ou se frottent les unes contre les autres. Cela peut entraîner une irritation osseuse, un épaississement, une perte osseuse et de la douleur lors du mouvement. Les cas graves peuvent impliquer un chevauchement des processus épineux, ce qui peut rendre le travail monté, le saut, les incurvations ou les transitions plus difficiles.
La douleur dorsale chez les chevaux est diagnostiquée par un examen vétérinaire pouvant inclure l’observation, la palpation, l’évaluation du mouvement et l’imagerie diagnostique. Un vétérinaire peut vérifier la symétrie musculaire, les changements de poil liés à la selle, les zones douloureuses, la flexibilité de la colonne vertébrale et les signes de boiterie des membres. Des radiographies, une échographie, des scintigraphies osseuses, des blocs nerveux, des analyses sanguines ou une biopsie musculaire peuvent être utilisés lorsque les structures plus profondes doivent être évaluées.
Un mauvais ajustement de la selle peut contribuer à la douleur dorsale en créant de la pression, de la friction ou une répartition inégale du poids sur le dos du cheval. Des poils blancs, une perte de poil, une sensibilité, une réaction au sanglage ou une résistance sous la selle peuvent tous indiquer un inconfort lié à l’équipement. Comme l’ajustement de la selle peut aggraver une douleur existante, les propriétaires devraient faire évaluer l’équipement par un professionnel qualifié lors de toute investigation de douleur dorsale.
Le traitement de la douleur dorsale chez les chevaux dépend de la cause sous-jacente, de la gravité, des objectifs de performance et du budget. Les options conservatrices incluent souvent du repos par rapport au travail monté, des modifications de l’exercice, des AINS, des relaxants musculaires, des injections, de la physiothérapie, de l’acupuncture, des soins chiropratiques et un soutien nutritionnel. La chirurgie peut être envisagée dans certains cas de syndrome des apophyses épineuses rapprochées lorsque le traitement conservateur n’apporte pas suffisamment d’amélioration.
L’exercice peut aider un cheval souffrant de douleur dorsale lorsqu’il est introduit progressivement et adapté au diagnostic. De nombreux programmes mettent l’accent sur la relaxation, les étirements, le renforcement du tronc et un retour progressif au travail. Le travail en extension d’encolure, un échauffement adéquat, le galop avant le trot et les étirements avant et après l’entraînement peuvent soutenir la récupération lorsqu’ils sont encadrés par un vétérinaire ou un professionnel de la réadaptation.
La douleur dorsale chez les chevaux ne peut pas toujours être prévenue, surtout lorsque la conformation ou la structure osseuse joue un rôle. Le risque peut être réduit grâce à un bon ajustement de la selle, un conditionnement approprié, des échauffements progressifs, une alimentation équilibrée, un état corporel idéal, des examens vétérinaires réguliers et une attention précoce aux baisses de performance ou aux changements de comportement. Des soins rapides peuvent aider à prévenir les schémas de compensation qui affectent d’autres parties du corps.
Résumé
La douleur dorsale est une affection courante chez les chevaux de performance, toutes disciplines confondues.
- Les signes de maux de dos incluent une diminution des performances, des changements de comportement et une boiterie
- La douleur dorsale peut être causée par des problèmes osseux, articulaires ou musculaires
- Les options de traitement non chirurgicales sont les stratégies de prise en charge les plus couramment utilisées pour les douleurs dorsales
- Le pronostic lié aux dorsalgies dépend de la cause sous-jacente et de la réponse du cheval au traitement
Références
- Doma?ska-Kruppa. N. et al., Advances in the Clinical Diagnostics to Equine Back Pain: A Review of Imaging and Functional Modalities. Animals. 2024.
- Ross. M. W. and Dyson. S. J., Diagnosis and Management of Lameness in the Horse. 2nd ed. Elsevier Saunders, St. Louis, Mo. 2011.
- Findley. J. and Singer. E., Equine Back Disorders 1. Clinical Presentation, Investigation and Diagnosis. In Practice. 2015.
- Marshall-Gibson. M. E. et al., Survey of Equine Veterinarians Regarding Primary Equine Back Pain in the United States. Frontiers in Veterinary Science. 2023. View Summary
- Riccio. B. et al., Two Multicenter Surveys on Equine Back-Pain 10 Years a Part. Frontiers in Veterinary Science. 2018.View Summary
- Findley. J. and Singer. E., Equine Back Disorders 2. Treatment Options. In Practice. 2016.
- Derham. A. M. et al., Performance Comparison of 159 Thoroughbred Racehorses and Matched Cohorts before and after Desmotomy of the Interspinous Ligament. The Veterinary Journal. 2019. View Summary










