Tous les chevaux ressentent de la douleur à un moment ou à un autre de leur vie. Ils peuvent éprouver de la douleur pour de nombreuses raisons, notamment à cause d’une blessure ou d’une maladie, ou encore à la suite d’une intervention chirurgicale.

Par exemple, l’intervention chirurgicale la plus couramment pratiquée sur les chevaux est la castration. La douleur postopératoire qu’elle engendre est importante.

Les coliques aiguës sont une autre expérience douloureuse que vivent fréquemment les équidés. [3] La douleur est également communément associée aux maladies dégénératives des articulations, à la laminite, aux ulcères gastriques et aux problèmes de sabots.

Contrairement aux humains, les chevaux ne montrent pas toujours qu’ils souffrent. Ils peuvent ne manifester que des signes subtils d’inconfort. En effet, en tant que proies, ils ont évolué pour dissimuler les signes de douleur et de faiblesse en présence de prédateurs. [2]

En tant que propriétaires, nous souhaitons tous apprendre à soulager la douleur que ressentent nos chevaux. Les stratégies de prise en charge de la douleur sont différentes pour chaque cheval. Elles varient en fonction de la cause de l’inconfort, de sa gravité et de sa durée, ainsi que du travail prévu.

Comprendre la douleur chez les chevaux

Bien que l’on puisse penser que la douleur constitue un problème, il s’agit d’un mécanisme de rétroaction important qui aide les chevaux à survivre dans leur milieu.

La douleur est une sensation corporelle fondamentale déclenchée par un stimulus nocif (nuisible). Elle est liée à des lésions tissulaires ou nerveuses qui peuvent être réelles ou potentielles. La douleur est un signal envoyé aux terminaisons nerveuses. On peut la considérer comme un système d’alerte interne. [1]

Sa prise en charge doit être proactive. L’anxiété et le stress peuvent hausser la sensation de douleur chez les chevaux. L’inverse est aussi possible. [4]

La douleur adaptative versus la douleur non adaptative

Lorsque la douleur sert un but, par exemple pour protéger une partie du corps blessée ou pour favoriser la guérison et la récupération, il est question de douleur adaptative[4]

Les chevaux peuvent aussi ressentir de la douleur causée par des interventions vétérinaires nécessaires comme une opération chirurgicale. Le syndrome naviculaire, la laminite et l’arthrose peuvent engendrer de la douleur chronique, c.-à-d. un inconfort qui perdure à long terme.

Les interventions chirurgicales ainsi que les affections chroniques et douloureuses sont à l’origine de la douleur non adaptative. Cette forme de douleur est dysfonctionnelle : elle ne protège ni ne soutient la cicatrisation et la réparation des tissus du corps. [4]

L’objectif de la prise en charge est d’éliminer la douleur non adaptative tout en préservant sa composante adaptative. Les vétérinaires et les propriétaires de chevaux doivent savoir reconnaître les différences entre ces deux facettes de la douleur. [4]

Le classement de la douleur

On classe traditionnellement la douleur chez les équidés en fonction des facteurs suivants :

  • Sa durée: la douleur peut être aiguë (de courte durée) ou chronique (de longue durée).
  • Son emplacement anatomique: elle peut être superficielle, profonde, viscérale (liée aux organes internes) ou musculosquelettique.
  • Ses attributs: on parle de douleur diffuse, vive, cuisante, pulsative, lancinante, persistante ou intermittente.
  • Son intensité: la douleur peut être légère, modérée, intense, atroce, débilitante. [4]

Les classifications mentionnées précédemment sont descriptives. En revanche, elles ne fournissent pas toujours suffisamment d’information pour établir une approche thérapeutique. Une nouvelle classification est apparue ces dernières années qui identifie trois principales formes de douleur :

1. La douleur nociceptive

Cette forme de douleur est le résultat de lésions aux tissus corporels, souvent à la suite d’une blessure extérieure. La douleur nociceptive s’accompagne d’une réaction comportementale caractérisée par un réflexe de sevrage moteur ou des comportements plus complexes.

Liée à une intervention vétérinaire, la douleur nociceptive est rarement chronique ou permanente. La nociception peut se produire sans douleur, par exemple lors d’une anesthésie générale pour un traitement chirurgical. [1][4]

2. La douleur inflammatoire

L’activation de cellules terminales nerveuses appelées nocicepteurs est à l’origine de la douleur inflammatoire. Les terminaisons nerveuses sécrètent ensuite des molécules inflammatoires selon un mécanisme que l’on nomme l’inflammation neurogène.

Cette forme de douleur est une réponse adaptative qui encourage une diminution de la mobilité jusqu’à ce que les tissus aient eu le temps de guérir. [4]

La douleur inflammatoire mène parfois à des changements qui provoquent une douleur spontanée et excessive. Dans ce cas, elle devient non adaptative et on doit la contrôler. [4]

3. La douleur neuropathique

Ce type de douleur résulte d’un dysfonctionnement ou d’une lésion des nerfs périphériques et de la moelle épinière ou du système nerveux central. Elle est souvent secondaire à un traumatisme ou à une maladie inflammatoire chronique. Elle n’a aucune fonction protectrice ou réparatrice apparente.

La douleur neuropathique est non adaptative et on doit la contrôler. Les pathologies équines telles que le battement à la main (le cheval qui encense), la laminite chronique et les lésions nerveuses subies pendant une intervention chirurgicale peuvent conduire à des changements et à de la douleur de nature neuropathique. [4]

La douleur aiguë et la douleur chronique chez les chevaux

La douleur aiguë est une douleur de courte durée qui suit normalement une blessure. La chaleur, l’enflure, la rougeur et la perte de fonction peuvent se produire lorsque le corps tente d’éliminer les cellules blessées ou endommagées, de se débarrasser des corps étrangers, de minimiser les dommages supplémentaires et de permettre la régénération des tissus.

L’objectif de la prise en charge d’une blessure aiguë est de limiter la réaction inflammatoire et de soulager l’inconfort immédiat[5]

En revanche, la douleur chronique perdure plus longtemps. On la considère comme non adaptative lorsqu’elle persiste au-delà de la période de cicatrisation des tissus attendue.

La douleur chronique est complexe. Elle implique des événements inflammatoires et neuropathiques, et elle affecte les voies nerveuses qui alimentent la région malade. [5][6]

Les échelles de mesure de la douleur équine

Les vétérinaires évaluaient autrefois la douleur chez les chevaux au moyen de mesures objectives comme la fréquence cardiaque et respiratoire. Ils s’appuyaient parfois aussi sur des mesures endocriniennes, par exemple le niveau circulant de cortisol.

Ces mesures ne peuvent toutefois pas démontrer de manière définitive qu’un cheval ressent de la douleur. Elles ne sont représentatives que d’un stress physiologique ou psychologique[2][3]

Les chercheurs ont récemment mis au point plusieurs échelles de mesure de la douleur qui donnent une indication plus claire de la douleur éprouvée par les chevaux.

Les échelles de mesure de la douleur sont efficaces et faciles à utiliser. Elles s’appliquent à la plupart des chevaux et des situations, et leurs résultats sont uniformes. Elles doivent d’autre part être suffisamment sensibles pour faire la différence entre une douleur bénigne, modérée et intense. [3]

L’échelle de grimaces du cheval

L’échelle de grimaces du cheval (Horse Grimace Scale ou HGS en anglais) est un outil d’évaluation qui identifie la douleur du cheval en étudiant ses expressions faciales.

Cette échelle inclut des descriptions détaillées et des photographies de chevaux pour illustrer différentes expressions associées à des niveaux d’inconfort distincts. [2]

Les expressions faciales les plus fréquemment liées à la douleur incluent celles qui suivent : [5]

  • les oreilles basses orientées vers l’arrière ou asymétriques;
  • les yeux plissés;
  • un regard éteint ou tendu;
  • les naseaux dilatés;
  • la mâchoire, le menton, les lèvres ou d’autres muscles faciaux contractés.

L’échelle de douleur de la laminite d’Obel

On emploie fréquemment l’échelle de douleur d’Obel pour évaluer les chevaux atteints de laminite et classer la gravité de la boiterie en lui attribuant une cote de I à IV.

Cette échelle inclut d’autre part des comportements tels que le basculement du poids, la résistance au soulèvement des membres et l’incapacité. [3]

Les scientifiques ont développé une échelle d’Obel modifiée qui sert à évaluer les chevaux atteints de laminite endocrinopathique dans le cadre de la recherche. [32]

L’échelle de notation de la sévérité des boiteries de l’AAEP

Les vétérinaires ont couramment recours à l’échelle de notation de la sévérité des boiteries de l’American Association of Equine Veterinarians (AAEP). En effet, ce système est simple et plus reproductible que de nombreuses autres échelles d’évaluation des boiteries. [5]

L’échelle comporte une notation de 0 à 5. Une note de 0 indique qu’il n’y a aucune boiterie perceptible et une note de 5 représente une boiterie extrême. [27]

  • Note de 0: aucune boiterie n’est perceptible, peu importe les circonstances; la manipulation des membres n’engendre aucune anomalie d’allure.
  • Note de 1: la boiterie est difficile à voir et elle n’est pas toujours apparente, quelles que soient les circonstances.
  • Note de 2: la boiterie est difficile à voir au pas ou au trot en ligne droite, mais elle est toujours apparente dans certaines circonstances.
  • Note de 3: la boiterie est apparente au trot en toutes circonstances.
  • Note de 4: la boiterie est évidente au pas.
  • Note de 5: la boiterie engendre une incapacité totale à prendre appui sur le membre ou une incapacité totale à se déplacer.

Les tests de flexion

Pour évaluer une boiterie, les vétérinaires ont aussi recours à des tests fonctionnels, notamment les tests de flexion.

Ce test précis évalue l’amplitude de flexion d’une articulation, la durée de tolérance de la flexion, l’aggravation de la boiterie au trot juste après le test de flexion, ainsi que la réaction du cheval à la charge supplémentaire imposée au membre en appui. [5]

Les limites des échelles de douleur

Bien que les systèmes de notation de la douleur puissent être utiles aux propriétaires et aux vétérinaires afin de déterminer si le cheval ressent de la douleur, un certain nombre de facteurs limitent l’intérêt de ces échelles dans la pratique clinique.

Par exemple, les périodes d’observation prolongées sont ordinairement irréalisables dans un contexte clinique. De plus, la proximité physique du vétérinaire peut avoir une incidence sur le comportement du cheval.

D’autres facteurs, tels que le moment de la journée, la sédation ou l’administration de médicaments antidouleur avant l’évaluation, peuvent également affecter les comportements liés à la douleur. [7]

Les chercheurs d’une certaine étude ont constaté que de nombreux comportements d’inconfort chroniques diminuaient ou cessaient lors des visites du personnel affecté aux évaluations de douleur des chevaux. Les caméras ont révélé que ces comportements reprenaient une fois que le personnel quittait l’endroit. [2]

Il faut parfois observer le cheval à son insu pour découvrir les signes de douleur, en particulier lorsque l’on soupçonne qu’il s’agit d’une douleur chronique.

Les symptômes de douleur chez les chevaux

Quoique de nombreux symptômes de douleur chez les chevaux soient subtils ou non spécifiques, d’autres signes peuvent être plus évidents, en particulier lorsque la douleur est chronique ou intense.

Les comportements généraux suivants sont signe de douleur chez les chevaux :

  • le cheval qui piaffe ou piétine;
  • le cheval qui tape du pied;
  • les fouaillements de queue (en l’absence d’insectes);
  • la marche en cercle dans le box;
  • la dilatation répétée des naseaux;
  • les comportements répétitifs, par exemple se frotter ou aller et venir le long d’une clôture;
  • le cheval qui se couche et se lève fréquemment;
  • le basculement d’avant en arrière sur les membres;
  • les grognements.

Plusieurs signes sont des indicateurs de douleur musculosquelettique, dont ceux qui suivent :

  • Le cheval déplace son poids fréquemment.
  • Il bascule d’avant en arrière sur ses membres.
  • Il tape du pied.
  • Il grimace.
  • Il éprouve de la tension musculaire localisée (les contractures musculaires antalgiques).
  • Il boite, il hoche la tête en se déplaçant.
  • La foulée manque d’amplitude.
  • Il fait moins de mouvements spontanés en général, moins de trot ou de galop.
  • Il hésite à avancer sous la selle ou en laisse.
  • Il fait des sauts de mouton et décoche des ruades.

Lorsqu’ils éprouvent de la douleur abdominale, notamment due aux coliques ou aux ulcères, les chevaux peuvent manifester les signes suivants :

  • Le cheval piaffe ou piétine.
  • Il se regarde ou se mord les flancs.
  • Il grince des dents (le bruxisme).
  • Il se donne des coups de pied à l’abdomen.
  • Il se roule.
  • Il émet des grognements.
  • Il s’agite de manière désordonnée.

Si un cheval ressent de la douleur à une certaine partie du corps, il peut avoir l’une des réactions suivantes lorsque l’on palpe cette zone :

  • des tremblements musculaires;
  • des crispations (des contractures musculaires antalgiques);
  • l’hyperalgésie ou l’allodynie;
  • les tentatives de morsure;
  • les coups de pied;
  • les ruades. [8]

D’autres indicateurs de douleur possibles sont les oreilles basses ou aplaties, un port de tête bas en station debout, ou encore un changement dans l’appétit ou la consommation d’eau[9]

La prise en charge pharmacologique de la douleur chez le cheval

Le traitement pharmacologique de la douleur doit faire l’objet d’une discussion avec le vétérinaire. On doit l’adapter à la gravité et au type de douleur ressentie par le cheval.

La majorité des médicaments employés pour soulager la douleur chez les chevaux appartiennent à l’une des quatre grandes catégories suivantes : [1]

  • les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS);
  • les opioïdes;
  • les alpha-2 agonistes;
  • les anesthésiques locaux.

Les corticostéroïdes

Les corticostéroïdes, plus précisément les glucocorticoïdes, sont un groupe de puissants médicaments anti-inflammatoires et immunosuppresseurs que les vétérinaires prescrivent régulièrement.

Les corticostéroïdes les plus courants pour les chevaux sont ceux qui suivent : [10]

  • la prédnilosone;
  • la dexaméthasone;
  • l’acétonide de triamcinolone.

Les vétérinaires administrent souvent des corticostéroïdes pour soigner les maladies immunitaires telles que l’asthme et la vascularite. Ils les emploient aussi pour contrôler l’inflammation à court terme ainsi que pour diminuer l’enflure des tissus lors d’interventions chirurgicales, par exemple la chirurgie de la gorge.

Ils peuvent par ailleurs avoir recours à ces médicaments pour diminuer l’inflammation et la fièvre engendrées par certaines maladies inflammatoires potentiellement fatales, telles que la méningite ou la lymphangite aiguë[10]

Le vétérinaire peut injecter des corticostéroïdes dans l’articulation atteinte pour soulager l’ostéoarthrite. En application topique, ces drogues soignent des affections oculaires douloureuses comme la conjonctivite ou l’uvéite. [10]

Ce groupe de médicaments peut néanmoins engendrer des effets indésirables, notamment des infections bactériennes ou fongiques, une diminution de la cicatrisation des plaies et la laminite d’insulinorésistance.

Les effets indésirables moins graves incluent l’atrophie musculaire, l’hyperglycémie et l’augmentation de la soif ou de la miction. En raison du risque d’effets secondaires, on doit éviter l’emploi des corticostéroïdes à long terme dans la plupart des cas. [10]

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont les médicaments que les vétérinaires prescrivent le plus souvent pour la prise en charge de la douleur équine. Ils possèdent des propriétés anti-inflammatoires et analgésiques (antidouleur). Ils agissent en bloquant les enzymes de la cyclooxygénase (COX).

L’organisme du cheval exploite les enzymes COX pour fabriquer des substances immunitaires appelées prostaglandines. Le corps sécrète ces composés à l’endroit précis des lésions tissulaires ou de l’infection. Elles facilitent les mécanismes de guérison tels que l’inflammation, l’apport sanguin et la coagulation.

En l’absence de cyclooxygénase, ces mécanismes se trouvent affaiblis. C’est ainsi que les AINS parviennent à soulager l’inconfort causé par la fièvre, et à diminuer l’inflammation et la douleur qui l’accompagnent.

On emploie communément les AINS pour traiter les pathologies inflammatoires comme la myosite, la tendinite, la laminite, l’ostéoarthrite et les traumatismes chirurgicaux. Les vétérinaires les administrent souvent par voie intraveineuse avant ou pendant l’anesthésie pour réduire la douleur durant et après une intervention chirurgicale. [11]

Les AINS pour les chevaux

Les AINS les plus couramment prescrits aux chevaux incluent :

  • la phénylbutazone (Butazone);
  • la flunixine méglumine (Banamine);
  • les sels de diclofénac (Surpass);
  • le kétoprofène (Ketofen);
  • le firocoxib (Equioxx, Previcox);
  • le méloxicam.

Les AINS à action sélective sur la COX-2

Il existe deux grandes catégories d’AINS : ceux qui inhibent les enzymes COX-1 et COX-2 et ceux qui inhibent uniquement les enzymes COX-2.

Les enzymes COX-1 et COX-2 sécrètent toutes deux des prostaglandines qui stimulent l’inflammation, la douleur et la fièvre. Toutefois, seules les enzymes COX-1 produisent des prostaglandines qui activent les plaquettes sanguines, et protègent l’estomac et la paroi intestinale.

L’action des AINS conventionnels comme la Butazone et la Banamine n’est pas sélective selon la COX. Pour cette raison, leur utilisation à long terme peut causer des dommages au tractus gastro-intestinal, y compris des ulcères gastriques et la colite du côlon dorsal droit, ainsi que des lésions rénales.

Les vétérinaires utilisent souvent les AINS qui agissent sélectivement sur la COX-2 comme le firocoxib pour contrôler la douleur et l’inflammation associées à l’ostéoarthrite équine.

Ces médicaments sont efficaces. Administrés conformément aux directives, ils présentent un risque moindre d’ulcération gastrique que les AINS à action non sélective. Une étude a démontré que 70 % des chevaux atteints de boiterie s’amélioraient après sept jours de traitement avec du firocoxib. [6]

Les mises en garde

Il faut éviter d’utiliser les AINS de manière continue, sauf sous la supervision d’un vétérinaire.

Les AINS à action non sélective peuvent donner lieu à d’autres effets secondaires, comme une altération de la fonction rénale ou des troubles de coagulation. Entre la phénylbutazone, la flunixine et le kétoprofène, la phénylbutazone possède le plus grand potentiel toxique et le kétoprofène engendre le moins de risque. [11]

Les chevaux qui reçoivent des AINS pendant une période prolongée doivent faire l’objet d’une surveillance continue de leurs taux sanguins totaux de protéines et de créatinine afin de détecter d’éventuels effets indésirables. [12]

On ne doit jamais donner des AINS en même temps que les inhibiteurs du SGLT2 employés pour contrôler le syndrome métabolique en raison du risque accru de lésions rénales. [34]

Il ne faut jamais injecter la phénylbutazone par voie intramusculaire en raison du risque de réactions caustiques des tissus. Il faut éviter de donner des antibiotiques tels que le chloramphénicol et la rifampicine en même temps que la phénylbutazone en raison d’interactions potentielles entre ces médicaments. [11]

L’association de la phénylbutazone et de l’oméprazole diminue le risque d’ulcération gastrique, mais elle hausse la perte de protéines par la colite du côlon dorsal droit. [33]

Les opioïdes

Bien qu’ils soient plus efficaces et qu’ils aient moins d’effets secondaires que les AINS, les opioïdes sont plus courants en milieu hospitalier qu’en médecine générale, car des exigences réglementaires strictes les régissent.

On emploie les opioïdes comme analgésiques équins depuis au moins 70 ans. Toutefois, leur utilisation requiert des précautions en raison d’un risque de diminution de la motilité gastro-intestinale si on les administre à long terme. [13]

Le butorphanol est l’opioïde le plus populaire pour les chevaux, en particulier pour le soulagement des douleurs viscérales. Les vétérinaires ont parfois recours à la morphine pendant les interventions chirurgicales. Elle présente néanmoins un risque de colique post-opératoire[12]

Les autres opioïdes pour chevaux incluent le timbre transdermique de fentanyl et le tramadol. Les vétérinaires les prescrivent pour aider à soulager la douleur des chevaux atteints de laminite chronique. [4][14]

Les alpha-2 agonistes

Les alpha-2 agonistes sont de puissants sédatifs qui possèdent aussi la propriété de soulager la douleur. Ces drogues incluent les produits suivants :

  • la xylaxine;
  • la clonidine;
  • la détomidine;
  • la médétomidine;
  • la dexmédétomidine.

En raison de leurs effets sédatifs, musculosquelettiques et physiologiques, les alpha-2 agonistes sont réservés à un emploi vétérinaire uniquement dans un contexte clinique ou chirurgical. [5]

Les anesthésiques locaux

Les anesthésiques locaux sont des médicaments que l’on peut appliquer de manière topique ou injecter à un endroit précis du corps pour soulager la douleur. Ces médicaments incluent les suivants :

  • la lidocaïne;
  • la mépivicaïne;
  • la bupivacaïne;
  • la ropivicaïne.

Les anesthésiques locaux agissent sur les nerfs sensoriels périphériques du cheval pour diminuer la sensation de douleur. Ces médicaments agissent en bloquant les canaux ioniques sodiques qui se trouvent sur les cellules nerveuses. [1][11]

Les anesthésiques locaux peuvent engendrer des effets secondaires nocifs en cas d’injection intraveineuse par inadvertance. Ceux-ci incluent l’excitation ou la dépression du système nerveux. Si c’est le cas, le cheval se met à piaffer ou à piétiner, à marcher en cercle, ou encore à déambuler en va-et-vient le long des clôtures ou des murs. Les autres effets secondaires incluent les tremblements musculaires, le manque de coordination et les convulsions. [11]

Pour diminuer ce risque, les vétérinaires tirent sur le piston de la seringue avant d’injecter l’anesthésique local pour vérifier que l’aiguille ne se trouve pas dans un vaisseau sanguin.

Les autres médicaments analgésiques pour chevaux

De nouveaux médicaments sont en cours de développement et d’essais pour soulager la douleur aiguë et chronique chez les chevaux.  La gabapentine, un médicament antiépileptique aux effets analgésiques, fait partie de ces nouveaux produits pharmaceutiques.

On emploie les glycosaminoglycanes polysulfatés (PSGAG) pour traiter les douleurs articulaires. On administre les PSGAG par injection intramusculaire ou intra-articulaire.

Les études indiquent que les PSGAG diminuent les médiateurs inflammatoires et régulent à la hausse la synthèse du collagène dans les articulations, ce qui améliore souvent les notes de boiterie. [5]

On utilise parfois la butylscopolamine pour soigner les coliques spasmodiques.

La dipyrone (métamizole) est un médicament anti-inflammatoire utilisé pour soulager la douleur viscérale bénigne dans un contexte clinique.

Le tiludronate et le clodronate sont des biphosphonates administrés par voie intraveineuse ou intramusculaire pour limiter la résorption osseuse et améliorer la boiterie due à l’arthrite et au syndrome naviculaire[15]

Les herbes analgésiques pour chevaux

Sarapin est un extrait de sarracénie pourpre qui soulage les douleurs musculaires liées à la colonne vertébrale et aux articulations sacro-iliaques. [1][5]

Harpagophytum procumbens, communément appelée la griffe du diable, est une plante médicinale anti-inflammatoire et analgésique employée depuis des siècles. Elle agit sur l’expression des gènes pour soutenir la régulation homéostatique normale de l’inflammation. [36]

Elle s’est avérée aussi efficace que la phénylbutazone pour soulager l’arthrite tarsienne. [37] Bien qu’on la classe parmi les « amérisants » qui stimulent la sécrétion d’acide gastrique, les études n’ont trouvé aucun effet sur la note d’ulcération gastrique. [38]

La prise en charge de la douleur après une intervention chirurgicale

Une intervention chirurgicale est parfois nécessaire pour soigner les pathologies ou les blessures subies par les équidés. Certains pensaient autrefois qu’il fallait proscrire les médicaments analgésiques pour les chevaux afin de préserver leurs réflexes de protection et de réduire le risque de blessure.

Cependant, le contrôle de la douleur après une opération est désormais la norme pour éviter le délai de récupération qu’engendre la douleur aiguë. [16] En chirurgie orthopédique, la prise en charge de la douleur est essentielle pour diminuer le stress et le temps de récupération du cheval tout en lui procurant un maximum de confort. [11]

L’AINS le plus utilisé pour soulager la douleur avant et après une intervention chirurgicale est le méloxicam[16]

Les anesthésiques locaux peuvent être utiles. On doit toutefois les employer avec précaution après la chirurgie orthopédique, car ils peuvent mener à une perte de proprioception et de sensation. Ils pourraient faire en sorte que le cheval se blesse pendant sa convalescence. [11]

La prise en charge non pharmacologique de la douleur chez le cheval

De nombreux traitements non médicinaux peuvent aussi aider à soulager la douleur aiguë et chronique chez les chevaux. Les méthodes de traitement complémentaires incluent l’acupuncture, la chiropratique, le massage, la gymnastique thérapeutique et d’autres formes de thérapies corporelles.

Elles peuvent souvent se jumeler à la prise en charge pharmacologique de la douleur.

L’acupuncture

L’acupuncture est une forme de médecine traditionnelle chinoise qui existe depuis des siècles. Cette modalité a gagné en popularité aux États-Unis au cours des dernières décennies. Elle convient aux humains et aux animaux.

Les acupuncteurs insèrent de fines aiguilles non douloureuses à des endroits précis du corps appelés points d’acupuncture. Le thérapeute choisit les points d’acupuncture en fonction des symptômes propres à chaque cheval.

Des études montrent que l’acupuncture peut aider à soulager la douleur nociceptive, en particulier chez les chevaux qui éprouvent de la douleur musculosquelettique. [4] L’acupuncture hausse la concentration d’opioïdes naturels présents dans le plasma sanguin et le liquide céphalorachidien, ce qui produit un effet analgésique. [5]

L’électroacupuncture est une variante de l’acupuncture qui consiste à faire passer un petit courant électrique entre des paires d’aiguilles. Des études montrent qu’elle peut aider à résoudre les maux de dos chroniques chez les chevaux. [5]

La chiropractique

L’objectif de l’ajustement chiropratique est de soulager la douleur grâce à la rééducation proprioceptive et motrice des muscles.

Le traitement se caractérise par des poussées manuelles de faible amplitude exercées à grande vitesse sur la colonne vertébrale. Elles visent à rétablir un mouvement articulaire normal et à améliorer la fonction tissulaire du cheval. [4][14]

Une étude a montré que le traitement chiropratique accroissait les seuils nociceptifs mécaniques de 27 % pendant une période qui peut durer jusqu’à sept jours. [5]

Une autre étude a conclu que les manipulations chiropratiques augmentaient la flexion et l’amplitude des mouvements au trot une heure après le traitement. [18]

Le massage

Le massage consiste à manipuler les tissus par frottement, pétrissage ou tapotement.

Peu de recherches existent sur le massage équin. Toutefois, des études révèlent une augmentation du seuil nociceptif mécanique dans la région de la colonne vertébrale et une amélioration de l’amplitude des foulées au pas et au trot après un massage. [5]

La manipulation des tissus mous améliore la circulation sanguine, ce qui peut atténuer la douleur associée aux lésions tissulaires. Le massage déclenche en outre la libération d’endorphines et de sérotonine qui peuvent modifier la perception de la douleur. [5]

La gymnastique thérapeutique

Des exercices légers tels que la marche en main, le passage de barres au sol, le reculer et le travail sur un plan incliné peuvent avoir un effet curatif sur les tissus mous et les os. [5]

Il faut toujours vérifier auprès du vétérinaire que la gymnastique thérapeutique est sans danger pour le cheval. Elle peut être contre-indiquée dans certains cas, par exemple immédiatement après une intervention chirurgicale ou à la suite d’une blessure grave.

L’hydrothérapie

Les études menées sur les humains rapportent que les thérapies aquatiques soulagent la douleur. Cette modalité pourrait également être bénéfique pour les équidés.

Des installations spécialisées permettent aux chevaux de nager dans des piscines ou de faire de l’exercice sur un tapis roulant immergé. L’exercice dans l’eau permet d’atténuer l’effet de la gravité sur le corps du cheval. Il diminue ainsi le stress exercé sur les os, les articulations, les ligaments et les tendons.

L’arrosage ou le trempage des membres du cheval avec de l’eau tiède peut améliorer la circulation et réduire les spasmes musculaires.

La cryothérapie

La cryothérapie consiste à utiliser des sacs de glace, des enveloppements glacés, de l’eau froide ou d’autres produits spécialisés sur certaines parties du corps du cheval. La cryothérapie est plus utile lorsqu’on l’applique immédiatement après une blessure, puis toutes les deux à quatre heures par la suite.

La thérapie par le froid soulage la douleur dans une partie du corps précise. Elle diminue l’inflammation et aide à protéger les cellules blessées. La cryothérapie peut être particulièrement bénéfique pour les chevaux atteints de laminite aiguë liée à une réaction inflammatoire systémique. [5]

La biostimulation par laser de faible puissance

La thérapie au laser de faible puissance utilise une source de lumière non invasive qui génère une seule longueur d’onde lumineuse. Les études ont démontré que ce type de traitement atténue la douleur chez les patients humains qui souffrent d’ostéoarthrite. On l’emploie couramment sur les chevaux.

On pense que la thérapie au laser de faible puissance soulage la douleur chez les chevaux qui souffrent d’ostéoarthrite en empêchant l’inflammation de la capsule articulaire. [5] Les lasers de faible puissance auraient en outre des effets bénéfiques sur les douleurs musculosquelettiques. Ils sont particulièrement utiles pour soigner les problèmes de tendon et de ligament. [15]

La thérapie par ondes de choc extracorporelles

La thérapie par ondes de choc extracorporelles applique des ondes de haute énergie focalisées et pulsées sur la région blessée. Cette thérapie sert à traiter une panoplie de blessures musculosquelettiques chez les chevaux.

Des études montrent que la thérapie par ondes de choc peut soulager la douleur due à l’ostéoarthrite. Les premiers effets analgésiques ont duré de deux à trois jours. Les chercheurs toutefois ont constaté des améliorations globales de la notation de boiterie 14 jours après le traitement. [5]

Dans les études sur les humains, la thérapie par ondes de choc extracorporelles s’est avérée efficace pour soulager la douleur et accélérer la guérison de la fasciite plantaire chronique et de la lombalgie chronique.

Bien que les chercheurs ne sachent pas précisément pourquoi cette thérapie fonctionne, ils pensent qu’elle favorise la croissance de nouveaux vaisseaux sanguins et le remodelage des tissus dans les tendons, les ligaments et les os endommagés. [5][15]

L’électrothérapie

L’électrothérapie soulage la douleur en transduisant le courant électrique dans le corps pour dépolariser les neurones sensoriels.

Cette thérapie diminue considérablement la douleur chronique chez l’humain. On emploie aussi l’électrothérapie pour les chevaux. Un article de synthèse publié en résume les différentes modalités pour les équidés. [35]

Les ultrasons thérapeutiques

Les appareils à ultrasons produisent de courtes rafales ou des ondes continues pour transmettre de l’énergie ultrasonique aux tissus corporels. La thérapie par ultrasons peut aider à améliorer la circulation locale, à accroître la perméabilité de la membrane cellulaire et à réduire les spasmes musculaires dans les tissus endommagés.

Cette thérapie gagne en popularité dans l’industrie du cheval. Les preuves provenant d’études sur les humains et les petits animaux étayent ses effets. [5]

Le bandage neuroproprioceptif

Le bandage neuroproprioceptif est courant en médecine sportive équine et humaine. En revanche, il existe peu de recherches qui évaluent son efficacité chez les chevaux.

On pense que le bandage peut libérer la pression cutanée sur les tissus et accroître le mouvement du liquide lymphatique. [5]

Les produits topiques à base de capsaïcine

La capsaïcine est une substance naturelle qui donne aux piments leur goût épicé. Appliquée comme agent topique, elle peut aider à bloquer le signal de douleur transmis aux nerfs.

Des études menées sur les humains montrent que la capsaïcine peut aider à soulager la douleur causée par des pathologies telles que l’ostéoarthrite, la fibromyalgie, les entorses et les foulures musculaires, les migraines et même les traumatismes chirurgicaux.

Une étude a conclu que l’application topique d’une pommade à la capsaïcine sur les nerfs digitaux palmaires des équidés atteints de laminite leur procurait un soulagement mesurable de la douleur jusqu’à quatre heures après le traitement. [5]

Les nutraceutiques pour la prise en charge de la douleur chez les chevaux

Les nutraceutiques sont des suppléments nutritionnels ou des composés naturels qui procurent un bienfait physiologique. On peut se les procurer sans ordonnance. Les propriétaires de chevaux y ont fréquemment recours, en particulier pour soigner les maladies chroniques.

Les études ont porté sur plusieurs nutraceutiques différents et évalué leurs effets pour la prise en charge de la douleur et de l’inflammation chez les chevaux. Elles ont révélé différents degrés d’efficacité.

La glucosamine et le sulfate de chondroïtine

La glucosamine et le sulfate de chondroïtine sont des composants naturels du cartilage articulaire, un tissu conjonctif robuste et souple que l’on retrouve dans les articulations.

Les propriétaires donnent souvent à leurs chevaux un mélange de glucosamine et de chondroïtine pour soulager la douleur liée à l’ostéoarthrite. [19] Néanmoins, les résultats de la recherche sont mitigés. Certaines études montrent un bienfait. D’autres ne révèlent aucune amélioration significative chez les chevaux atteints d’une maladie articulaire. [20] Ces produits sont plus susceptibles d’être utiles dans les cas précoces, avant qu’une perte importante de cartilage et que des modifications osseuses ne se produisent.

Le méthylsulfonylméthane (MSM)

Le méthylsulfonylméthane ou MSM est un autre nutraceutique populaire pour les chevaux qui souffrent de douleurs articulaires. Il s’agit d’un composé soufré qui existe naturellement dans le corps du cheval, ainsi que dans le fourrage frais et les céréales.

La recherche a démontré que le MSM soulage les douleurs arthritiques et musculaires, en plus de protéger contre le stress oxydatif. [21][30]

MSM
Magasiner
  • Favorise la santé des articulations
  • Cartilage & tissu conjonctif
  • Qualité de la peau, du pelage & des sabots
  • Antioxydant naturel

Les moules vertes (moules de Nouvelle-Zélande)

Les moules vertes (Perna canaliculus) sont une source de glucosamine, de chondroïtine, d’oméga-3 et de pernine, une protéine.

Cet ingrédient a démontré son efficacité pour améliorer la notation de boiterie chez les chevaux atteints de boiterie primaire du boulet. [19]

Les acides gras oméga-3

On trouve les acides gras oméga-3, l’EPA (l’acide eicosapentaénoïque) et le DHA (l’acide docosahexaénoïque) dans les algues et les huiles marines. Les études ont démontré que ces composés anti-inflammatoires soulagent les douleurs articulaires et réduisent les marqueurs d’arthrite. [28]

w-3 Oil
Magasiner
  • Favorise le confort des joints
  • Aide à combattre l'inflammation
  • état de la peau et du pelage
  • Source appétente d'oméga-3

L’acide hyaluronique

L’acide hyaluronique (AH) est un composant naturel du tissu conjonctif et du liquide synovial dans les articulations. La recherche a prouvé que la supplémentation d’AH améliore les marqueurs de santé articulaire et diminue l’enflure des articulations. [29][31]

Les cannabinoïdes

Le cannabis est une herbe de la famille des Cannabaceae, soit les plantes de chanvre. Cannabis sativa L. sert à fabriquer de l’huile de cannabidiol (CBD) et d’autres produits dérivés.

Le cannabis et le cannabidiol (CBD) figurent parmi les produits dont la popularité croît le plus rapidement en médecine humaine et vétérinaire. [22][23]

On étudie le CBD depuis le début des années 2000 pour le traitement de l’inflammation, de la douleur, de l’épilepsie et d’autres maladies humaines.

L’industrie équine en est encore aux premiers stades de la recherche sur les effets du CBD. Cependant, une étude a révélé qu’il peut aider à réduire l’inflammation chronique minime qui survient naturellement à mesure que les chevaux vieillissent. [22][23]

Il faut noter que la Fédération équestre internationale (FEI) a interdit le CBD et les autres dérivés du cannabis. Par conséquent, il faut éviter de donner ces produits aux équidés qui font de la compétition. [23]

Une vérification auprès du vétérinaire s’impose dans le cas des chevaux qui participent aux concours pour trouver des solutions de remplacement.

La prise en charge de la douleur pour les pathologies équines chroniques

Malheureusement, de nombreux chevaux souffrent de douleurs persistantes dues à une maladie chronique. Voici quelques-unes des affections chroniques douloureuses les plus fréquentes chez les équidés ainsi que des conseils pour leur prise en charge.

L’arthrose

La plupart des problèmes de boiterie chez les chevaux âgés sont dus à une maladie dégénérative des articulations connue sous le nom d’arthrose ou d’ostéoarthrite. L’ostéoarthrite équine se caractérise par une détérioration du cartilage articulaire accompagnée de modifications aux os et aux tissus mous de l’articulation. [19]

La douleur est l’un des symptômes les plus fréquents d’arthrite chez les humains. On présume qu’il en est de même pour les chevaux. La douleur dans les articulations synoviales peut provenir soit de changements mécaniques dans l’articulation elle-même, par exemple à la suite d’un traumatisme, soit de stimuli chimiques engendrés par l’inflammation. [19]

La synovite peut contribuer à la douleur par le biais de l’épanchement articulaire, de l’enflure ou de la fibrose.

La prise en charge de l’arthrose

Pour les chevaux de sport, la prise en charge de l’ostéoarthrite doit se concentrer sur le retour de l’animal à la compétition. Dans le cas des chevaux plus âgés cependant, l’objectif est d’optimiser leur degré de confort. [19]

On peut traiter l’ostéoarthrite localement sur le site des articulations touchées avec une prise en charge globale de la douleur. Celle-ci peut s’accompagner de soins de soutien comme l’entretien des sabots et la maréchalerie, la physiothérapie et la gestion de l’exercice. Le traitement implique souvent une combinaison de tout ce qui précède. [19]

Les traitements intra-articulaires de l’arthrite équine sont devenus populaires, en particulier grâce à de nouvelles thérapies comme le gel de polyacrylamide, les cellules souches, le plasma riche en plaquettes et le sérum autologue conditionné. Le vétérinaire injecte ces produits directement dans les articulations touchées.

On utilise souvent les corticostéroïdes intra-articulaires pour soulager les poussées d’arthrose, mais leur emploi chronique est lié à une perte de cartilage.

Les vétérinaires ont aussi souvent recours à l’hyaluronan (l’acide hyaluronique ou AH) et aux glycosaminoglycanes polysulfatés (PSGAG) pour soigner l’arthrose équine, soit par voie systémique ou par infiltration intra-articulaire. [19]

Voici quelques conseils pour la prise en charge des chevaux atteints d’ostéoarthrite :

  • On soigne chaque crise sans attendre à l’aide des produits pharmaceutiques ou de la griffe du diable.
  • À moins que ce soit un problème pour les chevaux qui font de la compétition, la capsaïcine topique ou l’Arnica montanum sont des produits efficaces.
  • Si nécessaire, il faut s’employer à faire perdre du poids au cheval[4][19]
  • On tapisse les box d’une couche de litière
  • Peu importe si le cheval est pieds nus ou ferré, les sabots doivent être correctement équilibrés et faire l’objet d’un entretien régulier.

Les chevaux âgés atteints d’arthrite peuvent souffrir du froid même s’ils sont à l’aise par temps chaud. En effet, les tissus deviennent moins souples avec l’âge et le froid accroît la raideur. [39]

Des bandages chauds aident à soulager les articulations, les tendons et les ligaments du boulet. Les bandes en néoprène posées sur le carpe et les jarrets pendant la nuit sont très efficaces pour emprisonner la chaleur.

Vous trouverez d’autres conseils pour soutenir la santé articulaire de votre cheval dans cet article.

La laminite

De nos jours, le contrôle de la douleur chez les chevaux atteints de laminite chronique est l’un des problèmes les plus ardus pour les propriétaires et les vétérinaires équins.

Les vétérinaires prescrivent majoritairement des AINS pour soulager la douleur liée à la laminite. Les grosses doses d’AINS peuvent être nécessaires pour soulager le cheval durant les premiers stades de la laminite. Il faut en revanche soupeser l’utilisation de ces médicaments à l’égard de leurs effets secondaires possibles. De plus, ils accroissent le risque de blessures supplémentaires dues aux mouvements excessifs et à la surcharge des membres. [11][13]

Une approche populaire pour la maîtrise de la douleur causée par la laminite consiste à combiner des AINS, des opioïdes ou des perfusions d’agonistes a2, de kétamine et de lidocaïne. Des recherches récentes indiquent que l’amitriptyline et les inhibiteurs de l’époxyde hydrolase soluble (sEH) pourraient être bénéfiques. [4][13]

Un nouveau médicament anti-inflammatoire et analgésique, un inhibiteur de l’époxyde hydrolase soluble (sEH), a d’autre part montré des résultats prometteurs pour le traitement de la douleur due à la laminite. [13]

En revanche, aucune de ces approches n’est très efficace pour soigner la principale cause de laminite : l’hyperinsulinisme du SMÉ ou du PPID. En effet, l’inflammation n’est pas la cause première de la laminite. Sa présence ne sert qu’à nettoyer les tissus endommagés. Bien que les AINS ou la griffe du diable soient des solutions raisonnables pendant les premiers jours, seuls le contrôle du taux d’insuline et un bon parage pour réaligner les sabots permettent de soulager la douleur.

Les chevaux soupçonnés de souffrir de PPID doivent recevoir du pergolide en attendant les résultats de laboratoire.

Les équidés qui présentent des symptômes de PPID et de SMÉ doivent recevoir un régime qui comprend uniquement du foin de graminées trempé, ainsi que deux doses quotidiennes de metformine à raison de 30 mg par kilogramme de poids vif.

Les chevaux atteints de laminite métabolique ont des taux accrus d’endothéline-1, un puissant vasoconstricteur. [41] La sécrétion d’oxyde nitrique neutralise naturellement l’action de l’endothéline-1 dans les vaisseaux sanguins. On peut améliorer la sécrétion d’oxyde nitrique en ajoutant l’herbe Gynostemma pentaphylum (Jiaogulan) à l’alimentation du cheval. [42]

La prise en charge de la laminite

Voici quelques conseils pour la prise en charge des chevaux atteints de laminite :

  • Il faut traiter la cause première du PPID en donnant du pergolide aux chevaux concernés.
  • Lorsqu’on soupçonne qu’un cheval souffre de PPID ou de SMÉ, on peut contrôler rapidement le taux d’insuline en lui donnant deux doses quotidiennes de metformine à raison de 30 mg par kilogramme de poids vif.
  • Il faut cesser les AINS au bout de trois à cinq jours.
  • On doit mettre les chevaux atteints de laminite aiguë au repos au box pour éviter d’endommager davantage les lamelles du pied.
  • Il faut modifier l’alimentation du cheval pour éliminer les concentrés, l’herbe fraîche et l’ensilage. Il doit manger uniquement du foin trempé et un supplément concentré de vitamines et de minéraux.
  • Un parage de réalignement des sabots guidé par les images radiographiques est essentiel.
  • On doit si possible retirer les fers et il faut raccourcir les pinces et la muraille dorsale.
  • Un supplément de jiaogulan permet d’améliorer la circulation sanguine dans les pieds.

Le syndrome naviculaire

Le syndrome naviculaire, parfois désigné douleur caudale au talon, comporte de multiples composantes et symptômes qui diffèrent d’un animal à l’autre. Ce syndrome se caractérise par de la douleur à la partie arrière du pied et une boiterie. [24]

Les chevaux atteints du syndrome naviculaire peuvent présenter des modifications de l’os naviculaire et d’autres structures à l’intérieur du sabot. [24] Pour cette raison, le diagnostic du syndrome naviculaire n’est pas toujours simple.

La prise en charge du syndrome naviculaire

On traite souvent cette affection en injectant des corticostéroïdes dans l’articulation de la troisième phalange ou la bourse naviculaire pour maîtriser l’inflammation. La prise en charge de la douleur à long terme avec des AINS inhibiteurs de la COX-2 comme Equioxx ou avec des bisphosphonates comme l’osphos ou le tiludronate est aussi une approche répandue. [4][24] En revanche, il n’existe aucun AINS approuvé pour un usage à long terme. Les propriétaires peuvent autrement envisager d’utiliser la griffe du diable qui est un produit plus sûr.

L’intervention chirurgicale connue sous le nom de neurectomie, qui consiste à sectionner les nerfs du talon, est une solution de dernier recours pour soulager la douleur chez les chevaux gravement atteints. Cependant, les complications postopératoires sont fréquentes après cette procédure. [25]

Le traitement du syndrome naviculaire peut être frustrant, car il n’existe pas d’approche unique. Voici néanmoins plusieurs conseils pour gérer le syndrome naviculaire chez les chevaux :

  • Une ferrure ou un parage orthopédique, et éventuellement le port d’hipposandales, peuvent assurer l’équilibre et le confort des pieds du cheval. On doit privilégier un sabot bien équilibré et positionné sous la masse.
  • Les propriétaires doivent travailler avec le vétérinaire pour trouver le traitement qui convient le mieux au cheval concerné.
  • La griffe du diable ou les AINS permettent de soulager les crises aiguës. [24]

Conclusion

La prise en charge de la douleur équine doit cibler autant que possible la prévention. Pour de nombreuses pathologies, on peut soulager la douleur en combinant des stratégies pharmacologiques et non pharmacologiques.

Travaillez toujours avec votre vétérinaire pour élaborer un plan de prise en charge de la douleur adapté au cheval. Surveillez continuellement l’animal pour détecter les signes de douleur, en particulier lorsqu’il est question d’un trouble chronique. [4]

S’il n’est pas possible de gérer la douleur efficacement et qu’elle devient une source d’inconfort considérable pour le cheval, il est peut-être temps d’envisager l’euthanasie sans cruauté.

Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées au sujet de la douleur chez les chevaux :

Résumé

La gestion de la douleur chez les chevaux consiste à reconnaître l’inconfort tôt et à y répondre de manière à favoriser la guérison tout en prévenant la souffrance à long terme. Les chevaux ressentent de la douleur pour de nombreuses raisons, et leur tendance naturelle à cacher l’inconfort rend la vigilance du propriétaire essentielle.

  • La douleur survient lorsque des stimuli nocifs activent des voies nerveuses qui agissent comme le système d’alerte du corps
  • La douleur adaptative protège les tissus blessés, tandis que la douleur maladaptative persiste et ne joue plus un rôle utile
  • La douleur peut être classée comme nociceptive, inflammatoire ou neuropathique selon son origine
  • La douleur aiguë survient après une blessure, tandis que la douleur chronique implique une inflammation continue ou des changements nerveux
  • Des échelles de douleur telles que la Horse Grimace Scale et les grades de boiterie de l’AAEP aident à évaluer la gravité
  • Les signes cliniques courants comprennent des changements de posture, de mouvement, d’appétit, de tension faciale et de comportement
  • Le traitement peut inclure des médicaments ou des thérapies non médicamenteuses pour favoriser le confort et la récupération
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