Le dopage sanguin chez les chevaux est une pratique de dopage visant à améliorer les performances en augmentant artificiellement la capacité de transport d’oxygène du sang via l’augmentation du nombre de globules rouges (GR). [1][2][3]
Dans les sports équestres, le dopage sanguin est utilisé pour améliorer l’endurance et la récupération, ce qui permet aux chevaux de performer à des intensités plus élevées pendant des périodes prolongées.
Cependant, le dopage sanguin présente de graves risques pour la santé en plus de soulever des préoccupations éthiques. En effet, en augmentant artificiellement le taux de GR, le dopage sanguin épaissit le sang, ce qui peut entraîner de graves complications telles que des caillots sanguins, une fatigue cardiaque, un accident vasculaire cérébral et même une mort subite.
Cette pratique compromet également l’équité dans les compétitions et viole les principes du bien-être animal en privilégiant l’avantage compétitif au détriment du bien-être du cheval. Par conséquent, le dopage sanguin est interdit dans les sports équestres et des réglementations strictes sont en place afin de détecter et de prévenir son utilisation. [4]
Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur le dopage sanguin chez les chevaux, notamment les méthodes, les réglementations, les risques et les défis associés à cette pratique controversée.
Histoire du dopage sanguin
Le dopage sanguin dans les sports humains remonte aux années 60 et 70, lorsque des scientifiques et des athlètes ont expérimenté des transfusions sanguines pour améliorer l’endurance en augmentant l’apport en oxygène aux muscles.
Pendant cette période, les transfusions autologues de globules rouges (injecter un athlète avec son propre sang ayant préalablement été stocké afin d’augmenter l’efficacité aérobie) ont également été documentées dans des études scientifiques. [5][6]
Alors que la recherche explorait les effets de la concentration en GR sur les performances, le dopage sanguin est devenu populaire dans les sports d’endurance tels que le cyclisme, le ski de fond et la course de fond, où une capacité accrue de transport d’oxygène offrait un avantage compétitif substantiel.
Cette pratique est devenue encore plus répandue dans les années 80 avec le développement de l’érythropoïétine synthétique (EPO), une hormone qui stimule naturellement la production de GR. Initialement destinée au traitement de l’anémie, l’EPO s’est rapidement introduite dans les sports comme une méthode puissante pour augmenter artificiellement les niveaux de GR. [7]
Le dopage sanguin dans les sports équestres a probablement commencé à la fin du XXe siècle, suivant des tendances similaires à celles observées au niveau des sports humain. À mesure que les sports équestres de haute intensité comme les courses d’endurance et les courses de Pur-sang gagnaient en popularité, les entraîneurs et concurrents ont commencé à utiliser le dopage sanguin pour améliorer l’endurance et la récupération.
Méthodes de dopage sanguin
Le dopage sanguin améliore les performances athlétiques en augmentant la capacité de transport d’oxygène du sang, ce qui renforce l’endurance et réduit la fatigue lors d’une activité physique intense.
Les muscles ont besoin d’oxygène pour générer l’énergie nécessaire au mouvement et à la contraction. L’oxygène est transporté vers les tissus par les globules rouges (GR), chacun d’eux pouvant transporter un nombre limité de molécules d’oxygène. La quantité totale d’oxygène que le sang d’un cheval peut livrer est appelée sa capacité de transport d’oxygène.
En augmentant le nombre de globules rouges (GR), le dopage sanguin améliore l’apport en oxygène aux muscles qui travaillent, ce qui permet aux athlètes ou aux chevaux de maintenir des efforts de haute intensité pendant de plus longues périodes pendant l’exercice. Cette disponibilité accrue en oxygène favorise également une récupération plus rapide entre les efforts, améliorant ainsi l’endurance générale et les performances lors des compétitions.
Diverses substances sont utilisées chez les chevaux pour améliorer la production ou l’utilisation des globules rouges, chacune ciblant des mécanismes physiologiques différents. Bien que le dopage sanguin englobe un éventail de méthodes et de substances, voici les plus étudiées chez les chevaux. Cependant, la recherche sur le dopage sanguin chez les chevaux reste limitée.
Érythropoïétine synthétique (rHuEPO)
L’érythropoïétine (EPO) est une hormone naturelle sécrétée par le corps en réponse à de faibles niveaux d’oxygène dans le sang. Son rôle principal est de stimuler la production de globules rouges (GR) dans la moelle osseuse, augmentant ainsi la capacité de transport d’oxygène du sang.
Ce processus, appelé érythropoïèse, est essentiel pour améliorer l’endurance et les performances lors d’efforts physiques. [7][8]
Chez les chevaux, une version synthétique de l’EPO appelée érythropoïétine humaine recombinante (rHuEPO) est administrée pour augmenter le taux de GR. Cela améliore l’apport en oxygène aux muscles, renforçant ainsi l’endurance et la récupération lors de courses et d’épreuves d’endurance. [7][9][10]
Cependant, en raison de préoccupations liées au bien-être des chevaux, l’utilisation de la rHuEPO a été interdite dans les sports équestres en 2010 dans le cadre d’efforts plus larges visant à réglementer les médicaments améliorant les performances. La Fédération Équestre Internationale (FEI), l’organisme de régulation des sports équestres, a mis en œuvre des mesures antidopages strictes pour protéger le bien-être des chevaux et assurer une compétition équitable. [4][11][12]
Facteur de stimulation des colonies de granulocytes (G-CSF)
Le filgrastim (une forme de facteur de stimulation des colonies de granulocytes ou G-CSF humain) stimule la production de certains types de cellules sanguines. Il est souvent utilisé en combinaison avec l’érythropoïétine humaine recombinante (rHuEPO) dans des traitements par cellules souches ou pour traiter des maladies telles que l’anémie.
Chez les chevaux, le filgrastim peut être utilisé à des fins non médicales pour améliorer les performances en augmentant la production de globules rouges. [4]
Modificateurs/stabilisateurs du facteur induit par l’hypoxie (HIF)
Le facteur induit par l’hypoxie (aussi connu sous l’abréviation anglaise HIF) est un facteur de transcription qui aide l’organisme à répondre à de faibles niveaux d’oxygène (hypoxie). Il active les gènes qui favorisent l’apport en oxygène et augmentent la production de globules rouges, permettant aux cellules de s’adapter au déficit d’oxygène. [13]
HIF-1 est une protéine clé dans ce processus, jouant un rôle majeur dans l’augmentation de la production de globules rouges et l’amélioration de l’apport en oxygène. Les modificateurs de HIF-1 imitent cet effet, augmentant artificiellement la production de globules rouges et la capacité de transport d’oxygène, ce qui peut améliorer les performances athlétiques. [7][14]
Les modificateurs/stabilisateurs de HIF-1 courants incluent le cobalt et le roxadustat. Ces substances sont interdites dans les sports équestres par des organismes de réglementation comme l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) et l’International Federation of Horseracing Authorities (IFHA), car elles ont le potentiel d’améliorer les performances en augmentant la disponibilité en oxygène. [7][14]
Chlorure de cobalt
Le chlorure de cobalt (CoCl2) est supposé agir comme un modificateur de HIF-1, stimulant la production d’érythropoïétine (EPO). L’EPO signale à la moelle osseuse de produire davantage de globules rouges, augmentant potentiellement la capacité de transport d’oxygène du cheval. [15][16][17]
Le mécanisme d’action proposé suggère que le cobalt inhibe la dégradation de HIF-1α. Des niveaux élevés de cette protéine activent le gène EPO dans la moelle osseuse, augmentant la formation de globules rouges. [15][16][17]
Bien que le chlorure de cobalt soit parfois utilisé dans les courses selon des rapports anecdotiques et des études préliminaires, il n’existe actuellement aucune preuve scientifique qu’il améliore les performances athlétiques chez les chevaux. [2][4][7]
De plus, des doses élevées de chlorure de cobalt peuvent être nocives. Bien que ses effets à long terme sur les chevaux ne soient pas bien compris, la toxicité du cobalt après une exposition prolongée, même à faibles doses, a été documentée chez d’autres espèces. [15][16]
Roxadustat
Le roxadustat est un médicament qui stabilise le facteur induit par l’hypoxie (HIF), augmentant ainsi les niveaux d’EPO et stimulant la production de globules rouges. [14]
Dans le domaine médical, le roxadustat est utilisé pour traiter l’anémie chez les patients atteints de maladie rénale chronique. Son utilisation est strictement interdite dans les sports équestres.
Trispyrophosphate de méso-inositol (ITPP)
Le trispyrophosphate de méso-inositol (abréviation anglaise ITPP) est un médicament qui améliore l’apport d’oxygène en facilitant la libération d’oxygène par les globules rouges. Chez les chevaux, il est utilisé pour augmenter l’endurance, notamment dans les disciplines de haute performance comme les courses. [18]
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Transfusions sanguines et performances équestres
Chez l’homme, la transfusion sanguine autologue est une méthode de dopage sanguin qui consiste à prélever le sang d’un athlète, le stocker et lui réinjecter avant une compétition. [19] Cependant, cette méthode est généralement inefficace chez les chevaux.
Les performances physiques dépendent de la capacité du sang à fournir de l’oxygène aux muscles, ce qui est crucial pour convertir les graisses et les glucides en énergie. Le VO2max, ou consommation maximale d’oxygène, représente la quantité maximale d’oxygène que le corps peut utiliser lors d’un exercice intense et constitue un indicateur clé de la forme cardiovasculaire et de l’endurance. [20]
Les chevaux ont naturellement un VO2max élevé grâce à des caractéristiques anatomiques telles qu’un cœur de grande taille, un volume systolique élevé (quantité de sang pompée à chaque battement) et une concentration élevée d’hémoglobine, la protéine qui transporte l’oxygène dans les globules rouges.
De plus, pendant l’exercice, la rate du cheval se contracte pour libérer des globules rouges stockés dans la circulation sanguine, augmentant ainsi la capacité de transport d’oxygène du sang et améliorant les performances.
Cette adaptation unique permet aux chevaux de maintenir des niveaux élevés d’effort sans avoir besoin de substances externes pour augmenter leur nombre de globules rouges. Pour cette raison, on dit souvent que les chevaux sont « naturellement dopés », tout comme les chiens. [20]
Risques pour la santé et effets secondaires
Chez les chevaux, le dopage sanguin à l’aide de substances telles que les sels de cobalt et l’érythropoïétine humaine recombinante (rHuEPO) comporte de graves risques pour la santé. Ces pratiques peuvent endommager plusieurs systèmes organiques et gravement compromettre le bien-être général du cheval.
Les complications du dopage sanguin varient en fonction de la substance utilisée et de la durée d’administration. Ces complications sont souvent liées à l’augmentation des globules rouges, aux réactions immunitaires ou à la toxicité. Les chevaux affectés peuvent présenter : [7][2][16]
- Une léthargie ou une fatigue : bien qu’il vise à améliorer les performances, le dopage sanguin peut provoquer des effets indésirables comme l’anémie ou le stress métabolique, entraînant une diminution des niveau d’énergie et une léthargie
- Une diminution des performances : également appelée intolérance à l’exercice, les chevaux peuvent présenter des performances irrégulières ou décroissantes, en particulier si des complications comme l’anémie ou une fatigue cardiovasculaire se manifestent.
- Une mauvaise récupération : une récupération retardée peut survenir en raison d’un transport d’oxygène altéré ou d’un stress cardiovasculaire.
- Des arythmies : une viscosité sanguine (épaisseur du sang) élevée due à l’augmentation des globules rouges peut perturber le fonctionnement normal du cœur, entraînant des arythmies cardiaques (battements cardiaques irréguliers).
- Une augmentation de la pression artérielle : l’hypertension (tension artérielle élevée) peut provoquer des symptômes tels que de l’agitation, un stress ou un inconfort pendant l’exercice.
- Une diminution de la circulation périphérique : l’épaississement du sang peut altérer la circulation, provoquant des pouls distaux faibles et d’autres signes de stress vasculaire.
- Une respiration laborieuse (dyspnée) : l’augmentation de la viscosité sanguine peut altérer la l’apport en oxygène, forçant le cheval à pousser sa respiration afin de répondre à ses besoins en oxygène.
- Une anémie : une mauvaise utilisation de la rHuEPO peut déclencher une réponse immunitaire qui détruit autant l’érythropoïétine synthétique que naturelle, ce qui mène à une anémie sévère.
- Des muqueuses pâles : une indication d’anémie ou d’un apport insuffisant d’oxygène aux tissus, ce symptôme est souvent observé au niveau des gencives, des paupières internes ou des naseaux.
- Une inflammation : on peut observer une enflure des articulations ou une inflammation systémique causées par des réactions du système immunitaire.
Intoxication au chlorure de cobalt
Les sels de cobalt utilisés pour le dopage sanguin chez les chevaux présentent de graves risques pour la santé. Le cobalt est un oligo-élément essentiel nécessaire dans le régime alimentaire équin pour soutenir la synthèse de la vitamine B12, qui est importante pour la production des globules rouges et le métabolisme général.
Cependant, lorsqu’il est utilisé en quantités excessives pour le dopage sanguin, le cobalt peut provoquer une intoxication, entraînant de graves complications telles que des dommages aux organes, des problèmes cardiaques et des troubles métaboliques. Bien que les recherches sur les effets à long terme du cobalt chez les chevaux soient limitées, sa toxicité est bien documentée chez les humains. [7]
L’exposition à des doses toxiques de cobalt peut provoquer des effets neurotoxiques, notamment une neuropathie optique et auditive, et endommager la thyroïde, le cœur et le système hématopoïétique. Des doses élevées sont également liées à des problèmes cardiaques graves, tels que la cardiomyopathie et la cardiopathie ischémique. [2][16][21]
Une étude portant sur les chevaux a montré que l’administration intraveineuse de chlorure de cobalt peut entraîner une pression artérielle irrégulière, des signes de détresse et des marqueurs de stress élevés. Des doses répétées peuvent conduire à une accumulation de cobalt dans l’organisme, une réduction de la clairance et des dommages à long terme à plusieurs systèmes. [15]
Érythropoïétine humaine recombinante (rHuEPO)
L’utilisation de la rHuEPO chez les chevaux pour augmenter la production de globules rouges comporte des risques importants. L’administration répétée de rHuEPO, qui diffère structurellement de l’EPO naturelle du cheval, peut déclencher une réponse immunitaire. [7]
Cette réaction immunitaire peut interférer avec la capacité du cheval à produire sa propre EPO, pouvant entraîner une anémie mortelle. Le système immunitaire peut attaquer l’EPO synthétique et l’EPO naturelle, réduisant la capacité de transport d’oxygène du sang et provoquant de graves problèmes de santé. [7]
Ces risques soulignent les dangers du dopage sanguin et mettent en évidence la nécessité de réglementations strictes pour protéger la santé et le bien-être des athlètes équins.
Détection du dopage sanguin chez les chevaux
La détection du dopage sanguin chez les chevaux est primordiale pour assurer une compétition équitable, pour protéger la santé et le bien-être des chevaux, ainsi que pour préserver l’intégrité des sports équestres.
Des stratégies de détection efficaces empêchent l’utilisation non médicale de substances améliorant les performances en sanctionnant ceux qui les utilisent. Cela décourage non seulement ceux qui ont recours au dopage mais réduit également la pression sur les autres compétiteurs, qui pourraient être tentés de doper leurs chevaux.
Des techniques avancées comme les analyses sanguines, les immunoessais et la spectrométrie de masse (LC-MS) sont utilisées pour détecter des substances telles que l’érythropoïétine humaine recombinante (rHuEPO) et d’autres agents dopants. Ces méthodes visent à identifier des biomarqueurs ou métabolites spécifiques associés au dopage.
Cependant, des défis persistent, notamment avec le microdosage, qui consiste à utiliser de petites quantités d’agents dopants pour éviter la détection. De plus, certaines substances ont des fenêtres de détection courtes parce qu’elles sont rapidement métabolisées ou éliminées, ce qui les rend plus difficiles à détecter lors des tests postcourse ou hors-compétition. [10]
Les méthodes de test disponibles pour l’analyse du sang et du plasma incluent divers tests avancés conçus pour améliorer la précision de la détection, tels que : [10][22][23]
- Le test du niveau d’érythropoïétine (EPO) : des niveaux élevés d’EPO dans le sang d’un cheval peuvent indiquer l’administration d’EPO humaine recombinante (rHuEPO)
- Le test du niveau de cobalt : la chromatographie en phase liquide-spectrométrie de masse (LC-MS) peut être utilisée pour détecter les niveaux de cobalt dans le sang, révélant l’utilisation de sels de cobalt pour le dopage
- Le test des niveaux d’hémoglobine et d’hématocrite : ces tests mesurent le nombre de globules rouges dans le corps du cheval ; des concentrations élevées indiquent un dopage sanguin avec des agents comme l’EPO et l’ITPP
- Les immunoessais (test ELISA) : ces tests identifient des substances dopantes spécifiques, telles que le filgrastim, en détectant des protéines ou des anticorps qui y sont associés dans le sang du cheval
- La spectrométrie de masse (LC-MS) : une méthode très sensible capable de détecter des traces d’agents dopants dans le sang
Défis reliés au contrôle du dopage
L’application des règlements antidopage dans les sports équestres pose des difficultés uniques. La Fédération Équestre Internationale (FEI) est le principal organisme directeur des événements équestres à l’échelle internationale, établissant des normes et des règles contre les drogues et pratiques améliorant les performances.
Bien que la FEI ait interdit toutes les formes connues de dopage sanguin, la difficulté à détecter ces substances et méthodes rend l’application des règlements compliquée. Des techniques de dopage avancées et des fenêtres de détection limitées permettent à certaines infractions de passer inaperçues.
De plus, il n’existe pas d’organisme de réglementation unique qui supervise le contrôle du dopage dans les courses de chevaux à l’échelle mondiale. Cela conduit à des programmes antidopage erratiques d’une région à l’autre, ce qui complique l’instauration d’un système structuré protégeant la santé et le bien-être des chevaux. L’absence de réglementations normalisées entrave les efforts visant à maintenir une compétition équitable et à protéger les participants équins et humains de sports équestres.
Réglementations antidopage dans les sports équestres
Les principales organisations équestres telles que la Fédération Équestre Internationale (FEI), la United States Equestrian Federation (USEF) et Canada Équestre (CE) ont mis en œuvre des règles strictes pour prévenir le dopage sanguin. Ces réglementations visent à garantir une compétition équitable et à protéger le bien-être des chevaux en interdisant les substances et pratiques qui améliorent artificiellement les performances. [24]
La FEI adopte une position stricte contre le dopage sanguin. Selon les règlements dictés dans le document Anti-Doping and Controlled Medication Regulations (ADCMR) de la FEI, l’utilisation de substances améliorant les performances, y compris celles utilisées pour le dopage sanguin, est strictement interdite. [3]
Les règlements de la FEI sont conformes aux normes de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) et incluent des procédures de test complètes pour les substances affectant la production de globules rouges et la l’apport en oxygène. Ces procédures couvrent à la fois les tests pendant et hors-compétition, et impliquent l’analyse de sang, d’urine ainsi que d’autres échantillons biologiques. [25]
Les sanctions imposées par la FEI pour les violations liées au dopage sanguin sont sévères. Elles peuvent inclure la disqualification des événements, des amendes et la suspension des chevaux et des individus responsables, tels que les entraîneurs, les vétérinaires et les propriétaires des chevaux.
De même, l’USEF et Canada Équestre appliquent des règles antidopage qui interdisent des substances comme l’érythropoïétine (EPO) synthétique et les transfusions sanguines. Leurs protocoles de test et sanctions sont conformes aux normes internationales visant à maintenir l’intégrité des compétitions équestres et à assurer le bien-être des chevaux.
Foire aux questions
Le dopage sanguin est une pratique consistant à utiliser des médicaments ou d'autres traitements pour augmenter la capacité de transport d'oxygène d'un cheval afin d'améliorer ses performances sportives. Cette pratique est interdite par la plupart des sports équestres réglementés, mais peut être difficile à détecter. [4][11][12]
Les substances de dopage sanguin les plus couramment utilisées chez les chevaux sont l'érythropoïétine synthétique, le facteur de stimulation des colonies de granulocytes (G-CSF) et les modificateurs du facteur induit par l'hypoxie. [4][7]
Il existe des méthodes chimiques avancées qui peuvent détecter certaines formes de dopage sanguin chez les chevaux. Cependant, les faibles doses sont difficiles à détecter et le temps nécessaire pour effectuer les tests représente une contrainte à l'obtention de résultats immédiats sur place lors des compétitions. De plus, certaines substances ont une fenêtre de détection courte, ce qui les rend rapidement indétectables. À cause de cette combinaison de facteurs, le dopage sanguin est l'un des plus grands défis qui empêche de garantir l'équité dans les sports équestres. [10]
Résumé
Le dopage sanguin chez les chevaux est une pratique interdite qui améliore artificiellement les performances sportives en augmentant le nombre de globules rouges dans la circulation sanguine des athlètes équins. Le dopage améliore l'endurance et la résistance en optimisant l'apport d'oxygène aux muscles.
- Cette pratique provient des sports humains, mais elle est également utilisée dans les événements équestres grâce à des substances comme l'érythropoïétine synthétique (rHuEPO) et le chlorure de cobalt
- Le dopage sanguin présente des risques considérables pour la santé des chevaux, incluant une fatigue cardiaque, une anémie, des dommages aux organes et une intoxication
- Les méthodes de détection telles que les tests sanguins et la spectrométrie de masse sont utilisées pour identifier les agents dopants
- Les organismes de réglementation comme la FEI, l'USEF et Canada Équestre appliquent des réglementations strictes pour prévenir le dopage sanguin dans les sports équestres
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