La respiration est un processus automatique essentiel à la survie du cheval. Cependant, elle est souvent négligée jusqu’à ce qu’un problème survienne. La dyspnée, le terme clinique désignant une respiration difficile ou laborieuse, est un signe d’alerte grave qui nécessite une attention immédiate.
Lorsqu’un cheval a de la difficulté à respirer, on peut remarquer des mouvements rapides des flancs, des naseaux dilatés ou une respiration sifflante audible. Les causes peuvent varier d’une simple irritation à des affections potentiellement mortelles. Un diagnostic et une intervention vétérinaire rapides sont essentiels pour améliorer le pronostic.
Qu’il s’agisse de problèmes respiratoires passagers ou de maladies pulmonaires chroniques, savoir repérer et gérer les affections respiratoires est une compétence clé pour tout propriétaire ou soigneur de chevaux.
Poursuivez votre lecture pour découvrir les causes de la dyspnée chez les chevaux, comment l’identifier, ses liens avec d’autres troubles respiratoires et les mesures à prendre en cas de détresse respiratoire.
Dyspnée chez les chevaux
La dyspnée, définie comme une respiration difficile ou laborieuse, est un signe clinique grave chez les chevaux. En médecine vétérinaire, ce symptôme est couramment appelé détresse respiratoire, car il se caractérise non seulement par un effort respiratoire accru, mais aussi par des signes visibles d’inconfort et d’agitation. [1][2][3]
Dans de nombreux cas, la dyspnée indique un dysfonctionnement grave du système respiratoire. Les chevaux souffrant de difficultés respiratoires présentent des signes audibles et visibles d’effort pour inspirer et expirer, même au repos.
Cependant, il est important de noter que ce ne sont pas tous les chevaux présentant des signes de dyspnée qui sont atteints d’une pathologie touchant les poumons ou les voies respiratoires. Une douleur intense ou d’autres formes de stress physique peuvent entraîner une respiration rapide, superficielle ou laborieuse, l’organisme tentant de compenser un déficit d’apport en oxygène.
Il est également important de distinguer la détresse respiratoire d’une simple augmentation de la fréquence respiratoire liée à l’exercice ou à l’excitation. Chez un cheval en bonne santé, la respiration peut s’accélérer après un effort, mais elle demeure régulière et contrôlée.
En revanche, la dyspnée survient en cas de maladie ou de dysfonctionnement. La respiration devient alors un processus conscient et énergivore, plutôt qu’une fonction automatique et sans effort.
Voici des exemples d’affections non pulmonaires pouvant entraîner une détresse respiratoire chez les chevaux : [1][2][3]
- Anémie ou perte de sang importante
- Acidose métabolique
- Hyperthermie (coup de chaleur)
- Laminite
- Rhabdomyolyse d’effort (coup de sang)
- Coliques
- Gourme
Types de dyspnée
La dyspnée chez le cheval peut être classée selon la phase du cycle respiratoire pendant laquelle la difficulté survient. On distingue trois principaux types : [1][2][3]
- Dyspnée expiratoire : difficulté lors de l’expiration
- Dyspnée inspiratoire : difficulté lors de l’inspiration
- Dyspnée en deux temps : difficulté lors de l’inspiration et de l’expiration
Dyspnée expiratoire
La dyspnée expiratoire est généralement causée par une obstruction des petites voies respiratoires situées dans la cage thoracique, comme c’est le cas dans l’asthme équin.
Dans des poumons en bonne santé, ces petites voies respiratoires contribuent très peu à la résistance globale de l’air et sont maintenues ouvertes par la pression négative lors de l’inspiration. À l’expiration, la pression thoracique augmente, ce qui réduit le diamètre des voies respiratoires. [1][2][3]
« Chez le cheval, la dyspnée se manifeste par une respiration rapide et superficielle, des naseaux dilatés et un effort abdominal visible. La dyspnée n’est jamais normale et indique un problème grave, voire potentiellement mortel. Un examen vétérinaire rapide augmente les probabilités d’issue positive. »
— Dre Fran Rowe D.M.V., PASNutritionniste vétérinaire chez Mad Barn
Chez les chevaux présentant une inflammation ou un rétrécissement des voies respiratoires, ce changement de pression provoque le collapsus de celles-ci. Le cheval doit alors utiliser ses muscles abdominaux pour produire une expiration forcée, augmentant souvent le volume inspiratoire pour compenser. [1][2][3]
Dyspnée inspiratoire
Cette forme de dyspnée est généralement associée à des obstructions non permanentes des voies respiratoires supérieures situées hors du thorax, par exemple au niveau du larynx ou de la trachée.
Des pathologies comme la neuropathie laryngée récurrente ou le déplacement dorsal du voile du palais peuvent entraîner un collapsus des voies respiratoires supérieures à l’inspiration, en raison de la pression négative créée par l’obstruction au niveau de la gorge. Cela restreint non seulement le flux d’air, mais produit aussi souvent des bruits respiratoires anormaux. [1][2][3]
Dyspnée en deux temps
La dyspnée en deux temps désigne une difficulté respiratoire à l’inspiration et à l’expiration. Cette forme résulte généralement d’obstructions fixes des voies respiratoires supérieures.
Ces obstructions peuvent être causées par des lésions expansives, telles que : [1][2][3]
- Des déviations de la cloison nasale
- Des hématomes progressifs de l’éthmoïde
- Des kystes pharyngés
- Des ganglions lymphatiques hypertrophiés
- Des maladies des poches gutturales
- Des masses du larynx et de la trachée
Comme ces obstructions ne changent pas de position au cours du cycle respiratoire, le cheval éprouve des difficultés lors des deux phases de la respiration et émet souvent un bruit constant provenant des voies respiratoires supérieures. [1][2][3]
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Reconnaître les problèmes respiratoires chez les chevaux
Comme les chevaux ne peuvent respirer que par le nez et non par la bouche, toute atteinte de leur système respiratoire devient rapidement apparente. Les signes de dyspnée chez les chevaux sont souvent frappants et faciles à reconnaître lorsqu’on les connaît bien.
Les principaux signes de dyspnée chez les chevaux comprennent : [3]
- Une augmentation de l’effort respiratoire : souvent le premier signe visible; les chevaux peuvent présenter une dilatation marquée des naseaux et des mouvements exagérés du thorax ou de l’abdomen à chaque respiration.
- Des mouvements des flancs ou de l’abdomen : l’abdomen du cheval peut se soulever de façon marquée à l’expiration, particulièrement dans les cas d’atteintes des voies respiratoires inférieures.
- Des bruits respiratoires audibles : des sifflements, des râles, des gargouillements, des « rugissements » ou des sons ressemblant à des ronflements accompagnent souvent la dyspnée, surtout en présence d’une obstruction des voies respiratoires.
- Des muqueuses cyanosées (bleutées) : dans les cas graves, le manque d’oxygène provoque une coloration bleuâtre des gencives, de la langue ou de l’intérieur des naseaux; il s’agit d’un signe d’urgence critique.
- Une réticence à bouger : les chevaux ayant de la difficulté à respirer peuvent éviter les déplacements et résister au maniement des humains pour préserver leur oxygène.
- Une posture allongée : les chevaux en détresse respiratoire adoptent souvent une position avec la tête et l’encolure allongées pour maximiser l’ouverture des voies respiratoires.
- De l’anxiété et de l’agitation : le manque d’oxygène entraîne un état de panique et de l’agitation, ce qui peut aggraver les difficultés respiratoires.
Les schémas respiratoires équins
Les schémas respiratoires du cheval donnent des indications précieuses sur son état de santé général. En observant attentivement la fréquence, la profondeur et l’effort de chaque respiration, on peut distinguer une respiration normale de signes avant-coureurs de problème de santé.
En reconnaissant ces schémas anormaux tôt, les propriétaires et les soigneurs de chevaux peuvent consulter un vétérinaire avant que des changements subtils ne se transforment en problèmes graves.
Tableau 1. Guide des schémas respiratoires chez le cheval [1]
| Schéma respiratoire | Description | Affections associées |
|---|---|---|
| Eupnée | Respiration normale, sans effort | Chevaux en bonne santé |
| Tachypnée | Respiration rapide et superficielle | Douleur, fièvre, maladie respiratoire |
| Hyperpnée | Respiration profonde et rapide (par exemple, à l’effort) | Normale à l’effort, anormale au repos |
| Dyspnée | Respiration laborieuse et difficile | Affection respiratoire ou cardiaque grave |
| Apnée | Arrêt de la respiration | Extrêmement grave, urgence |
Remarque : La dyspnée se caractérise par un effort accru, et non uniquement par une augmentation de la fréquence.
Comment vérifier la fréquence respiratoire d’un cheval
Il est utile pour les propriétaires de chevaux de connaître le rythme respiratoire normal de leur animal au repos afin d’établir une valeur de référence avant que des changements surviennent. Pour mesurer avec précision la fréquence respiratoire de votre cheval, suivez ces étapes : [4]
- Observez le mouvement des flancs ou des naseaux : placez-vous à côté de votre cheval et observez la zone juste derrière ses côtes pour repérer le soulèvement et l’abaissement à chaque respiration. Vous pouvez également poser délicatement votre main devant un naseau pour sentir la circulation d’air.
- Chronométrez le cycle respiratoire : utilisez un chronomètre ou une montre avec une trotteuse pour compter de façon précise.
- Comptez les cycles complets pendant 30 secondes : un cycle correspond à une inspiration suivie d’une expiration. Bien que certaines personnes préfèrent ne compter que les inspirations, compter les cycles complets donne un résultat plus fiable.
- Convertissez le total en respirations par minute : doublez le nombre obtenu en 30 secondes pour calculer le nombre standard de respirations par minute.
Astuce : Pour plus de précision, utilisez un stéthoscope pour écouter directement la trachée, soit juste sous la gorge, soit le long de la paroi thoracique, là où les bruits respiratoires sont les plus clairs.
Vérification de la respiration au niveau de la trachéePour écouter les poumons, placez le stéthoscope entre deux côtes du cheval, approximativement à mi-hauteur de la cage thoracique et du corps. [1] Écoutez attentivement, car les sons pulmonaires sont généralement très discrets.
Vérification de la respiration au niveau des poumonsTableau 2. Directives pour l’évaluation de la respiration équine
| Niveau d’urgence | Observation |
|---|---|
| Sécuritaire Cheval en santé |
|
| Prudence Consulter un vétérinaire dès que possible |
|
| Urgence Soins vétérinaires d’urgence requis |
|
Il est préférable de mesurer la fréquence respiratoire de votre cheval lorsqu’il est complètement détendu et immobile. Tout stress, excitation ou effort récent accélère le rythme respiratoire, ce qui peut fausser votre point de référence.
En notant régulièrement la fréquence respiratoire au repos de votre cheval, vous aurez un point de référence clair en ce qui a trait à ce qui est normal pour lui. En connaissant les valeurs habituelles au repos de votre animal, toute augmentation inattendue du rythme respiratoire devient immédiatement perceptible, ce qui vous permet de consulter un vétérinaire dès les premiers signes de problème.
Tableau 3. Référence rapide : Évaluation de la respiration équine [4]
| Paramètre | Valeurs normales au repos | Signes préoccupants |
|---|---|---|
| Fréquence respiratoire | 8 à 15 respirations par minute | Plus de 20 respirations par minute au repos |
| Effort respiratoire | Respiration fluide, avec un léger mouvement abdominal | Respiration laborieuse, mouvements exagérés |
| Mouvement des naseaux | Subtil ou minime | Prononcé, dilatation continue et marquée |
| Sons audibles | Aucun ou très faibles | Sifflements, râles, gargouillements |
| Posture | Détendue | Encolure allongée, réticence à se déplacer |
Premiers soins d’urgence
Si un cheval présente des signes de dyspnée, les manieurs doivent rester calmes et agir rapidement. Minimisez le stress en gardant le cheval aussi calme et immobile que possible. Parlez doucement, évitez de le manipuler inutilement ou d’envahir son espace, ce qui pourrait accroître son anxiété et son effort respiratoire. [5]
Si le cheval peut être déplacé de façon sécuritaire sans causer de détresse supplémentaire, amenez-le dans un endroit ouvert, bien ventilé et exempt de poussière et de contaminants. De l’air frais peut faire une grande différence dans la prise en charge initiale.
Ne forcez pas le cheval à marcher ou à faire des efforts. Le mouvement augmente la demande en oxygène, ce qui peut rendre la respiration encore plus difficile. [5]
Causes
La dyspnée n’est pas un diagnostic ; c’est un signe avant-coureur indiquant que quelque chose empêche le cheval de respirer normalement.
Les causes sous-jacentes se répartissent généralement en trois grandes catégories : affections pulmonaires, déséquilibres systémiques et exposition à des toxines. Chacune nécessite une approche différente pour le diagnostic et le traitement.
Affections pulmonaires
Puisque les chevaux doivent obligatoirement respirer par le nez, toute perturbation de leurs voies respiratoires peut rapidement entraîner des difficultés respiratoires.
Les causes respiratoires de dyspnée sont les plus fréquentes chez le cheval et peuvent affecter les voies respiratoires supérieures ou inférieures. Les affections respiratoires équines pouvant entraîner une dyspnée comprennent : [1][6][7][8][9]
- L’obstruction récurrente des voies respiratoires : aussi appelée emphysème, l’obstruction récurrente des voies respiratoires est une affection respiratoire chronique observée surtout chez les chevaux adultes. Cette pathologie est une forme d’asthme équin qui provoque de l’inflammation, un rétrécissement des petites voies respiratoires ainsi qu’une production de mucus épais. Cela rend l’expiration particulièrement difficile, entraînant une « ligne de pousse » caractéristique le long de l’abdomen du cheval et une dyspnée marquée au repos ou après un exercice minimal. Les chevaux atteints présentent souvent de la toux, un écoulement nasal et une respiration abdominale exagérée.
- La maladie inflammatoire des voies respiratoires : affectant les jeunes chevaux de performance, la maladie inflammatoire des voies respiratoires provoque une inflammation subtile des voies respiratoires inférieures. Bien que plusieurs chevaux atteints d’une forme légère de cette pathologie ne présentent que de mauvaises performances ou une toux occasionnelle, les cas plus sévères peuvent se manifester par une dyspnée induite par l’exercice.
- La gourme : provoquée par l’infection à Streptococcus equi, la gourme entraîne la formation d’abcès autour des ganglions lymphatiques de la gorge, ce qui peut comprimer les voies respiratoires et obstruer la respiration.
- L’obstruction par corps étranger : l’inhalation de corps étrangers dans les voies respiratoires peut causer une dyspnée inspiratoire sévère et immédiate.
- L’œdème pulmonaire : désigne l’accumulation de liquide dans les tissus pulmonaires et les voies respiratoires. Cela compromet gravement les échanges gazeux et entraîne une dyspnée, de la toux, un écoulement nasal mousseux et, parfois, une cyanose. Les causes d’œdème pulmonaire incluent l’insuffisance cardiaque, des infections respiratoires graves, l’inhalation de fumée ou une hémorragie pulmonaire induite par un exercice intense.
Affections systémiques
La dyspnée équine n’est pas toujours d’origine respiratoire. Dans certains cas, l’augmentation de l’effort respiratoire est une réponse compensatoire à des déséquilibres systémiques ou à des troubles affectant le transport de l’oxygène ou la fonction métabolique. [10]
Ces causes non pulmonaires de dyspnée doivent être envisagées lorsqu’une détresse respiratoire se manifeste en l’absence de maladie pulmonaire ou des voies respiratoires primaires.
Parmi les causes non pulmonaires de respiration laborieuse, on retrouve l’anémie, un problème de santé caractérisé par une diminution de la capacité du sang à transporter l’oxygène en raison du faible nombre de globules rouges ou d’un déficit en hémoglobine.
Même si les poumons fonctionnent normalement, il est possible que les tissus ne reçoivent pas suffisamment d’oxygène, incitant le cheval à augmenter sa fréquence et son effort respiratoires pour compenser. [10]
D’autres affections non pulmonaires pouvant entraîner une dyspnée chez les chevaux sont : [10]
- L’acidose métabolique : survient lorsque l’organisme accumule un excès d’acide ou perd du bicarbonate, perturbant ainsi l’équilibre du pH sanguin. Les chevaux affectés tentent de corriger ce déséquilibre en compensant par la respiration afin d’éliminer le dioxyde de carbone et de rétablir l’équilibre acido-basique.
- L’hyperthermie : qu’elle soit causée par de la fièvre, un exercice intense ou des conditions environnementales chaudes, une température corporelle élevée accroît les besoins métaboliques et la consommation d’oxygène, ce qui augmente la respiration. Si le cheval ne parvient pas à se refroidir suffisamment, cela peut entraîner un halètement ou une respiration laborieuse.
- Une douleur sévère : les pathologies associées à une douleur intense et à une inflammation, comme la laminite et les coliques, peuvent également causer des difficultés respiratoires chez les chevaux. Dans ces cas, l’augmentation des hormones de stress, l’inflammation systémique et les altérations de la fonction cardiovasculaire contribuent à un effort respiratoire accru. La douleur peut aussi inhiber le mouvement du diaphragme ou du thorax, compliquant davantage la respiration.
Empoisonnement
Certains poisons et toxines peuvent provoquer ou contribuer à la dyspnée chez les chevaux en affectant les poumons, le système nerveux ou la fonction cardiovasculaire. Ces expositions peuvent être :
- Environnementales : ingestion ou inhalation de plantes ou de produits chimiques toxiques
- Iatrogènes : d’origine médicale. La toxicité iatrogène est généralement due à un surdosage ou à une mauvaise utilisation d’un médicament
- Accidentelles : exposition via des aliments ou de l’eau contaminés
Il est important de bien connaître les causes toxiques de dyspnée, particulièrement dans les cas aigus ou inexpliqués de détresse respiratoire.
Les substances et sources toxiques courantes pouvant causer une dyspnée chez les chevaux comprennent : [11]
- Le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) : l’ingestion de l’écorce, des feuilles ou des graines de cet arbre peut entraîner des coliques, une faiblesse et des difficultés respiratoires en raison de ses effets cardiotoxiques et neurotoxiques.
- L’érable à Giguère (Acer negundo) : les graines de cet arbre peuvent provoquer une myopathie atypique saisonnière, qui altère la fonction musculaire, y compris celle des muscles respiratoires, entraînant une respiration laborieuse et une faiblesse.
- Les plantes cardiotoxiques : des plantes comme l’if et le laurier-rose perturbent la fonction cardiaque, ce qui peut mener à un œdème pulmonaire et à une dyspnée secondaire.
- Les plantes contenant du cyanure : le sorgho et l’herbe du Soudan peuvent contenir des niveaux élevés de cyanure, ce qui inhibe la respiration cellulaire. Cela empêche l’utilisation de l’oxygène malgré une ventilation adéquate, entraînant une détresse respiratoire aiguë, des muqueuses rouge vif et, en l’absence de traitement, une mort rapide.
- L’asclépiade à feuilles fasciculées (Asclepias fascicularis) : contient des toxines qui interfèrent avec le fonctionnement du système cardiaque et nerveux, pouvant entraîner un effondrement et des problèmes respiratoires.
- L’if : l’ingestion d’if peut provoquer une insuffisance cardiaque soudaine et une dyspnée en raison des puissants alcaloïdes cardiotoxiques qu’il contient.
- Les alcaloïdes pyrrolizidiniques : présents dans des plantes comme le sénéçon, ces composés endommagent le foie au fil du temps. Dans les cas avancés, l’empoisonnement au sénéçon peut entraîner une encéphalopathie hépatique avec difficulté respiratoire secondaire à une altération du métabolisme.
- Le sélénium : qu’il soit aigu ou chronique, un empoisonnement au sélénium peut provoquer des symptômes respiratoires, notamment en cas d’effets neuromusculaires ou cardiovasculaires.
- L’inhalation de fumée : l’exposition à la fumée des feux de forêt ou d’incendies d’écurie provoque une inflammation des voies respiratoires, un œdème pulmonaire et une altération des échanges gazeux. Les chevaux peuvent souffrir de toux, d’écoulement nasal et de dyspnée sévère.
- Les araignées : les morsures de certaines espèces d’araignées peuvent provoquer des réactions systémiques, notamment une détresse respiratoire, tout particulièrement si la toxine entraîne une anaphylaxie ou une paralysie.
Les toxines chimiques auxquelles les chevaux peuvent être exposés incluent : [11]
- Les pesticides organophosphorés et carbamates : ces produits chimiques inhibent la cholinestérase, entraînant une stimulation excessive du système nerveux parasympathique. Les signes incluent une bronchoconstriction, des sécrétions oculaires et nasales abondantes, et une respiration laborieuse.
- Le paraquat et le diquat : ces herbicides sont particulièrement dangereux car ils s’accumulent dans les poumons et provoquent des dommages oxydatifs, entraînant une fibrose pulmonaire (cicatrisation) et une dyspnée.
- Les phosphures : souvent présents dans les rodenticides ou les fumigants, leur ingestion produit de la phosphine, un gaz toxique, dans l’estomac, ce qui entraîne une insuffisance respiratoire et un effondrement.
- Les engrais et les herbicides : l’inhalation ou l’ingestion de certaines formulations peut causer une irritation ou des lésions pulmonaires, particulièrement si elle est combinée à une mauvaise ventilation ou à des concentrations élevées.
La reconnaissance rapide de végétaux suspects, d’applications récentes de produits chimiques ou de comportements inhabituels (p. ex., effondrement soudain, dyspnée sévère, problèmes de coordination) peut aider les vétérinaires à diagnostiquer plus rapidement un empoisonnement.
Une prise en charge rapide peut inclure une décontamination, des soins de soutien, des antidotes (lorsqu’ils sont disponibles) et une assistance respiratoire.
Diagnostic
Puisque la dyspnée chez les chevaux peut être causée par diverses pathologies sous-jacentes, les vétérinaires s’appuient sur une combinaison d’approches diagnostiques pour identifier la source des difficultés respiratoires.
Les outils et techniques diagnostiques peuvent inclure : [2]
- Les antécédents médicaux
- Un examen physique
- Une imagerie diagnostique, comme l’échographie
- Une endoscopie
- Un lavage bronchoalvéolaire, où les voies respiratoires sont rincées avec un liquide et des échantillons sont envoyés pour analyse
- Des analyses sanguines, incluant une analyse des gaz sanguins artériels pour évaluer l’efficacité du transport des gaz dans l’organisme
En cas de dyspnée sévère, il est plus urgent de stabiliser le cheval que d’effectuer un bilan diagnostique complet. Avant de procéder à des examens détaillés, il est important d’assurer la perméabilité des voies respiratoires, d’administrer de l’oxygène et de réduire l’effort respiratoire.
Une intervention rapide, calme et appropriée, associée à un soutien vétérinaire prompt, optimisent les chances de guérison du cheval.
Gestion et prévention du stress respiratoire
De bonnes pratiques de gestion sont essentielles pour prévenir les affections respiratoires pouvant mener à la dyspnée chez les chevaux. De nombreuses maladies respiratoires, comme l’asthme équin, sont fortement influencées par l’environnement de vie du cheval.
Même les chevaux en bonne santé peuvent développer une détresse respiratoire lorsqu’ils sont constamment exposés à une mauvaise qualité de l’air, à la poussière, aux moisissures ou à des agents infectieux.
En améliorant la gestion au quotidien, les propriétaires de chevaux peuvent réduire considérablement le risque de stress respiratoire tout en optimisant la santé et les performances de leur animal. Les stratégies clés visant à maintenir un environnement sain incluent :
- Maintenir une ventilation adéquate : une circulation d’air constante dans les écuries et les étables empêche l’accumulation de poussière, de spores de moisissure, de vapeurs d’ammoniac et de particules infectieuses
- Faire tremper ou traiter le foin à la vapeur : en humidifiant le foin ou en utilisant un purificateur de foin commercial, les propriétaires peuvent réduire considérablement les irritants aéroportés contenus dans le foin.
- Choisir une litière peu poussiéreuse : les copeaux et les granulés de bois sont moins poussiéreux que d’autres types de litière comme la paille ou la sciure. Pour les chevaux souffrant de problèmes respiratoires, la sélection d’une option faible en poussière peut améliorer considérablement la qualité de vie.
- Nettoyer régulièrement les box : l’élimination régulière de l’urine et des matières fécales empêche l’accumulation d’ammoniac, qui peut irriter les voies respiratoires et prédisposer les chevaux à l’inflammation des voies aériennes.
- Optimiser les sorties à l’extérieur : le temps passé à l’extérieur permet aux chevaux de bénéficier d’un air plus frais et d’une ventilation naturelle, réduisant ainsi le temps passé à respirer les polluants de l’air intérieur.
- Entreposer correctement les aliments : le foin, les suppléments, les gâteries et les céréales risquent tous d’être contaminés par des rongeurs, des moisissures et de l’humidité s’ils ne sont pas entreposés adéquatement. Garder les aliments pour animaux dans des contenants fermés et appliquer des mesures de lutte antiparasitaire adéquates contribue à protéger la santé générale de votre cheval.
En plus de la gestion environnementale, des stratégies nutritionnelles peuvent contribuer à maintenir une fonction pulmonaire normale. Le produit NOCR de Mad Barn est un supplément de santé respiratoire formulé avec des herbes et des antioxydants pour favoriser une respiration confortable et un apport en oxygène efficace.
Il est également recommandé de travailler avec votre vétérinaire pour garder le calendrier de vaccination, de vermifugation et de râpage dentaire de votre cheval à jour.
En restant à jour avec ces soins de santé équins, vous optimisez vos chances de détecter tout problème médical rapidement, avant qu’il n’évolue vers une pathologie plus grave.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur la dyspnée chez les chevaux :
Une augmentation de la fréquence respiratoire signifie qu’un cheval respire plus rapidement, tandis que la dyspnée signifie que la respiration est devenue visiblement difficile ou laborieuse. Une respiration rapide peut survenir après un exercice, une excitation, la chaleur, une fièvre ou une douleur. La dyspnée implique un effort supplémentaire, comme des naseaux dilatés, un effort abdominal marqué, des sifflements ou une extension de la tête et du cou. Une respiration laborieuse au repos est toujours anormale et nécessite une attention vétérinaire rapide.
Les signes de dyspnée chez un cheval comprennent une respiration laborieuse, des naseaux dilatés, des mouvements exagérés du thorax ou de l’abdomen, une respiration bruyante et une réticence à se déplacer. Certains chevaux étirent la tête et le cou vers l’avant pour ouvrir les voies respiratoires. Les cas graves peuvent présenter des gencives ou une langue bleuâtres, ce qui signifie que les niveaux d’oxygène sont dangereusement bas. Tout cheval ayant de la difficulté à respirer alors qu’il se tient calmement nécessite des soins vétérinaires d’urgence.
Un cheval ayant de la difficulté à respirer doit être maintenu calme, immobile et à l’écart de la poussière pendant que vous contactez immédiatement un vétérinaire. Évitez de le forcer à bouger, de l’entourer ou de le manipuler inutilement, puisque le stress et l’effort augmentent les besoins en oxygène. Lorsque c’est sécuritaire, déplacez le cheval vers un endroit ouvert et bien ventilé. Ne donnez pas de médicament et ne tentez pas de procédures d’urgence à moins que votre vétérinaire ne donne des instructions précises.
Une respiration laborieuse chez les chevaux peut être causée par une maladie des voies respiratoires, une obstruction des voies respiratoires supérieures, une maladie systémique, une douleur sévère, un stress thermique, une anémie ou une exposition à des toxines. Les causes respiratoires courantes comprennent l’asthme équin, la gourme, une obstruction par corps étranger, un œdème pulmonaire et l’inhalation de fumée. Certains chevaux respirent difficilement lorsque l’organisme tente de compenser une mauvaise distribution de l’oxygène ou un déséquilibre métabolique, même lorsque les poumons ne sont pas le problème initial.
Une respiration difficile constitue une urgence lorsqu’un cheval présente des naseaux dilatés au repos, un effort abdominal marqué, des sifflements ou des bruits respiratoires forts, des gencives bleutées, du sang provenant des naseaux ou une fréquence respiratoire très élevée. Une fréquence au repos supérieure à 30 respirations par minute est indiquée comme urgente dans l’article. Une respiration lente inférieure à 8 respirations par minute est également un signe d’urgence.
Une fréquence respiratoire normale pour un cheval adulte au repos se situe généralement entre 8 et 24 respirations par minute, de nombreux chevaux en bonne santé se situant autour de 8 à 15. Les poulains peuvent respirer plus rapidement, souvent entre 20 et 50 respirations par minute. Comptez une inspiration et une expiration complètes comme une seule respiration, puis notez la fréquence lorsque le cheval est détendu et immobile.
La fréquence respiratoire d’un cheval peut être vérifiée en observant le flanc ou les naseaux et en comptant les respirations complètes pendant 30 secondes. Une respiration comprend une inspiration et une expiration. Multipliez ce nombre par deux pour obtenir les respirations par minute. Pour une mesure plus précise, utilisez un chronomètre et vérifiez lorsque le cheval est calme, et non après un exercice, du stress ou de l’excitation.
L’asthme équin peut provoquer une dyspnée en rétrécissant et en enflammant les petites voies respiratoires, ce qui rend l’expiration plus difficile. Les chevaux atteints peuvent tousser, développer un écoulement nasal, respirer avec un effort abdominal exagéré ou présenter une ligne de pousse visible. Les chevaux adultes atteints d’obstruction récurrente des voies respiratoires ont souvent le plus de difficulté lorsqu’ils sont exposés à la poussière, à la moisissure, à une mauvaise ventilation ou à des particules irritantes dans le foin et la litière.
Le stress respiratoire peut être réduit en améliorant la qualité de l’air, en diminuant l’exposition à la poussière et en assurant des soins vétérinaires réguliers. Les mesures utiles comprennent le maintien d’une bonne ventilation de l’écurie, le trempage ou la vapeur du foin, le choix d’une litière peu poussiéreuse, le nettoyage fréquent des stalles, la maximisation du temps au pâturage et le stockage des aliments dans des contenants scellés. La vaccination, le vermifuge et les soins dentaires aident également à réduire les problèmes de santé pouvant contribuer à des difficultés respiratoires.
Résumé
La dyspnée, ou difficulté à respirer, est l’un des signes les plus clairs indiquant qu’un problème grave touche le système respiratoire ou cardiovasculaire d’un cheval. En apprenant à reconnaître la dyspnée et en comprenant ses causes possibles, les propriétaires de chevaux peuvent agir rapidement pour protéger la santé de leur animal.
- Les chevaux présentant des difficultés respiratoires et un effort abdominal ont besoin d’une attention vétérinaire d’urgence
- Les difficultés à respirer sont associées à de nombreuses affections graves chez les chevaux, y compris les empoisonnements
- Les chevaux souffrant de troubles respiratoires légers, comme l’emphysème ou la maladie inflammatoire des voies respiratoires, risquent de développer des difficultés respiratoires s’ils ne sont pas pris en charge correctement
- Les stratégies de gestion visant à promouvoir la santé respiratoire globale comprennent une ventilation adéquate des écuries, le trempage ou le traitement à la vapeur du foin, le maintien d’une hygiène adéquate des box et l’optimisation du temps de sortie à l’extérieur
Références
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- Rush. B. and Mair. T., Equine Respiratory Diseases. Blackwell Science. 2004.
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