Chez les chevaux, les dents de loup sont de petites dents que l’on trouve parfois dans l’espace entre les incisives et les dents jugales, de part et d’autre de la mâchoire supérieure. Les dents de loup sont normales, mais elles n’ont aucune fonction particulière pour les chevaux.
De nombreux chevaux n’ont pas de dents de loup. Cependant, lorsqu’elles sont présentes, elles ne causent généralement aucune douleur, n’interfèrent pas avec le mors et n’occasionnent pas d’autres problèmes de santé.
Traditionnellement, les dents de loup ont souvent été retirées pour faciliter l’utilisation du mors, mais des données récentes suggèrent que cette procédure n’est pas nécessaire, à moins que leur présence ne provoque des symptômes ou n’interfère avec l’entraînement. Les signes de dents de loup problématiques comprennent la douleur, un inconfort avec le mors ainsi que des plaies sur les gencives, les lèvres, l’intérieur de la joue ou la langue.
Il est généralement possible de diagnostiquer la présence de dents de loup grâce à une inspection visuelle et manuelle de la bouche du cheval. Des radiographies peuvent être utilisées pour confirmer le diagnostic dans certains cas. Les complications possibles de l’extraction comprennent la persistance de fragments dentaires dans l’alvéole dentaire et la section de l’artère palatine.
Que sont les dents de loup chez les chevaux ?
Les dents de loup sont de petites dents sans fonction dont la structure est simple, que l’on retrouve dans l’espace entre les incisives (dents de devant) et les molaires (dents jugales) du cheval. [2][3] Cet espace, appelé espace interdentaire, est l’endroit où repose le mors dans la bouche du cheval. [2][3]
Illustration : Dr. Ana Mesa, PhD Légende:
Molars : Molaires
Pre-molars : Prémolaires
Canines : Canines
Incisors : Incisives
Les dents de loup sont facilement confondues avec les canines, qui sont différentes. Bien que les deux occupent l’espace interdentaire, les canines se trouvent près des incisives à l’avant, tandis que les dents de loup se trouvent près des dents jugales à l’arrière. [3]
Bien que les dents de loup soient généralement situées à l’arrière de l’espace interdentaire, de chaque côté de la mâchoire supérieure, elles peuvent aussi apparaître plus près de l’avant de la mâchoire. [1][3]
Il est rare que les dents de loup émergent de la mâchoire inférieure, d’un seul côté, ou que deux dents de loup se développent de chaque côté (dents de loup doubles). [1][2][3]
Les dents de loup peuvent varier en apparence et en structure : elles peuvent être grosses, petites, avec ou sans racines, avoir une apparence pointue ou plate, et s’incliner ou pivoter lorsqu’elles sortent des gencives. [2]
Certaines, appelées dents de loup incluses, sont présentes dans la mâchoire mais ne traversent pas les gencives. Elles sont plus susceptibles de pivoter ou de s’incliner dans différentes directions. [2]
Pourquoi les chevaux ont-ils des dents de loup ?
Les dents de loup ne jouent aucun rôle dans la mastication ni dans la préhension des aliments. [2] Elles sont vestigiales, c’est-à-dire qu’elles sont un vestige d’une époque antérieure de l’évolution équine, où tous les chevaux avaient quatre prémolaires.
Au fil des générations d’évolution et de domestication, les premières prémolaires (dents de loup) ont perdu leur fonction et la disposition des dents des chevaux a évolué. Par conséquent, les dents de loup ne sont pas toujours présentes chez le cheval moderne. [2]
Devrais-je faire enlever les dents de loup de mon cheval ?
Pendant de nombreuses années, les soins équins comprenaient l’extraction systématique des dents de loup, présumant qu’elles interféraient avec le mors ou pour prévenir l’apparition d’un inconfort et de maladies dentaires. [1]
Cette pratique fait désormais l’objet de débats, car dans la majorité des cas, les dents de loup dont la taille et le positionnement sont normaux ne causent ni douleur ni problème. Elle ne requièrent donc pas d’extraction et finissent souvent par tomber sans intervention au cours de la vie du cheval. [1][2][4]
D’autre part, certains entraîneurs et vétérinaires préfèrent tout de même procéder à l’extraction des dents de loup. Dans ces cas, l’extraction est justifiée par la nécessité d’éviter les cassures ou les maladies dentaires, de prévenir l’interférence avec le mors et de faciliter le râpage des dents derrière les dents de loup. [1]
Pour les propriétaires de chevaux qui cherchent un compromis entre ces deux points de vue, certains vétérinaires suggèrent de façonner les dents de loup dans le cadre de l’ajustement du mors. [2]
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Facteurs de risque
Ce ne sont pas tous les chevaux qui développent des dents de loup, et les rapports sur leur prévalence varient fortement. Les estimations de la proportion de chevaux qui développent des dents de loup vont de 13 à 90 %. [1][3]
Les juments sont plus susceptibles de développer des dents de loup que les chevaux mâles, des rapports indiquant que près de 25 % des juments développent des dents de loup contre 15 % des mâles. [2][3]
Dans de rares cas, les dents de loup adoptent la structure d’une molaire, un processus qu’on appelle molarisation. [1] Les molaires des chevaux continuent de pousser tout au long de leur vie et sont maintenues à une longueur appropriée grâce à l’action de frottement contre la molaire de la mâchoire opposée. [3]
Les dents de loup molarisées n’ont pas de dent opposée contre laquelle s’user; elles continuent donc de pousser sans entrave. [1] Cela entraîne une dent trop longue pouvant interférer avec les tissus mous de la bouche et causer des difficultés avec le mors. [1] Dans ces cas, les dents de loup doivent être raccourcies ou extraites. [1]
Certaines races, comme les Clydesdales, présentent une incidence plus élevée de larges dents de loup molarisées. [1]
Les dents de loup se développent généralement entre 6 et 18 mois, certains chevaux les développent même jusqu’à l’âge de deux ans. [1][2]
Les dents de loup ne sont pas précédées par des dents déciduales (dents de lait) et tombent souvent en même temps que d’autres dents déciduales, ce qui amène certains experts à croire qu’elles sont elles-mêmes déciduales. [2]
Symptômes
Dans certains cas, particulièrement lorsque les dents de loup sont mobiles, hypertrophiées, cassées ou déplacées, les tissus mous de la bouche peuvent commencer à montrer des signes de douleur et d’irritation.
Les symptômes d’irritation buccale liée aux dents de loup peuvent inclure : [1][4]
- Des saignements ou des plaies sur la muqueuse des joues, les lèvres ou la langue
- Un inconfort avec le mors
- Des douleurs et des plaies sur les gencives
- Des difficultés à accepter le mors
Diagnostic
La présence de dents de loup est confirmée par une inspection visuelle et physique de la bouche du cheval. [2] Dans les cas où des dents de loup incluses sont présentes et ne peuvent pas être palpées à travers la gencive, des radiographies sont nécessaires pour établir un diagnostic définitif. [2]
Dans la majorité des cas, même si la présence de dents de loup est confirmée, aucun traitement n’est nécessaire, sauf si d’autres symptômes apparaissent, tels que de la douleur, des lésions sur les tissus mous de la bouche ou une difficulté à accepter le mors. [2]
Dans de rares cas, des dents de loup se développent sur la mâchoire inférieure. [1][2] En raison de leur emplacement, elles peuvent interférer avec l’utilisation du mors et justifier une extraction. [1]
Traitement
L’extraction des dents de loup qui ne causent pas de symptômes est controversée. [2] Dans certains cas, les vétérinaires choisissent d’extraire les dents de loup pour éviter des problèmes ultérieurs. [2] Dans d’autres cas, l’extraction est pratiquée à la demande du propriétaire ou de l’entraîneur. [2]
L’extraction est généralement recommandée dans les cas suivants : [2][4]
- Douleurs buccales ou apparition de lésions
- Entrave à l’utilisation du mors
- Dents de loup se trouvant sur la mandibule
- Présence de dents de loup molarisées
Procédures d’extraction
La plupart des vétérinaires recommandent que les chevaux soient entièrement vaccinés contre le tétanos avant une extraction dentaire. Un examen physique et buccal complet est également effectué avant l’extraction. [2]
Sédation
L’extraction des dents de loup se fait avec le cheval sous sédation en position debout ou à l’aide d’un bloc nerveux. [2][3]
La sédation en position debout place le cheval dans un état semi-conscient. Cette méthode permet de s’assurer que le cheval est suffisamment sédaté pour réduire l’anxiété et la douleur, tout en demeurant conscient et en gardant le contrôle de ses voies respiratoires. [5] Ce type de sédation réduit les risques de blessures graves associés à l’anesthésie générale et permet d’effectuer l’intervention le jour même, sans hospitalisation. [5]
Extraction dentaire
Dans la majorité des cas, l’extraction des dents de loup est réalisée par un spécialiste en dentisterie équine. [2] Une fois le cheval sous sédation, ce dernier est physiquement immobilisé. [3] Un anesthésique local est administré à l’intérieur de la bouche, près de la dent de loup. [4]
La dent est retirée par traction et inspectée afin de vérifier qu’aucun fragment n’est resté dans l’alvéole. [2] Dans le cas des dents de loup incluses, une incision est pratiquée dans la gencive et tout os qui la recouvre est retiré avant d’extraire la dent elle-même. [2]
Soins postopératoires
Les soins postopératoires du cheval après l’extraction des dents de loup comprennent : [2]
- Éviter la nourriture pendant 1 à 2 heures afin d’éviter tout risque d’obstruction œsophagienne lié à la sédation
- Donner des aliments mous pendant 3 à 5 jours
- Éviter l’exercice pendant 48 heures
- Ne pas utiliser de mors pendant 10 à 14 jours
Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont recommandés pendant 3 à 5 jours. [2] Des antibiotiques peuvent être prescrits en cas de risque d’infection ou si une infection a été détectée lors des analyses sanguines avant l’intervention. [2]
Complications
En général, les dents de loup sont relativement faciles à extraire, car la connexion entre la dent et les structures environnantes n’est pas aussi solide que pour les autres dents. [2] Cependant, certaines complications peuvent survenir lors de l’extraction. [2][6]
Il existe un risque de fracture de la dent de loup pendant l’extraction. [2][6] Dans certains cas, surtout si un fragment dentaire reste profondément logé dans l’alvéole, la fracture n’est pas préoccupante et aucune intervention supplémentaire n’est requise. [6]
Dans d’autres cas, le fragment dépasse de l’alvéole dentaire et pénètre dans la gencive, ce qui peut causer de la douleur et de l’inflammation, interférant ainsi avec l’utilisation du mors. Si cela se produit, une seconde chirurgie sous anesthésie générale peut s’avérer nécessaire pour retirer le fragment. [6]
Idéalement, le praticien effectuant l’extraction initiale est en mesure d’identifier et de retirer ces fragments de manière proactive afin de prévenir d’éventuelles complications.
Comme pour toute chirurgie de dentisterie équine, il existe un risque général de sectionner l’artère palatine par erreur si un instrument glisse pendant l’intervention. Cela peut entraîner une hémorragie importante. [6]
Dans de tels cas, une pression est appliquée sur la plaie pour contrôler le saignement et le cheval est maintenu la tête haute dans un box sombre muni d’une litière épaisse jusqu’à l’arrêt de l’hémorragie. [6]
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur les dents de loup chez les chevaux :
Les dents de loup apparaissent généralement chez les jeunes chevaux entre 6 et 18 mois, bien que certaines percent aussi tard qu'à l'âge de 2 ans. Le moment varie d'un cheval à l'autre, et plusieurs ne développent jamais de dents de loup. Certaines demeurent cachées sous les gencives sous forme de dents de loup incluses, qui peuvent seulement être identifiées lors d'un examen dentaire ou à l'aide de radiographies lorsqu'elles sont soupçonnées de causer de l'inconfort.
Les dents de loup nuisent au mors pendant l'équitation seulement lorsqu'elles sont mobiles, élargies, mal positionnées ou qu'elles causent une irritation des tissus mous de la bouche. De nombreux chevaux portent des dents de loup normales sans aucun signe d'inconfort. Des plaies buccales, une résistance au bridage, des secousses de la tête et une sensibilité au contact peuvent indiquer qu'une évaluation dentaire est justifiée.
Les dents de loup n'ont pas besoin d'être retirées chez tous les chevaux, puisque la plupart sont petites, stables et ne causent aucun problème. L'extraction de routine était autrefois courante, mais les données actuelles suggèrent que le retrait est nécessaire seulement lorsque les dents sont douloureuses, interfèrent avec le mors, se développent sur la mâchoire inférieure ou deviennent élargies et semblables à des molaires. De nombreux chevaux vivent confortablement avec des dents de loup toute leur vie.
Les dents de loup incluses sont des dents de loup qui demeurent enfouies sous les gencives au lieu de percer dans la bouche. Ces dents cachées peuvent tout de même causer de la douleur si elles sont inclinées de façon inhabituelle ou exercent une pression sur les tissus à l'endroit où repose le mors. Les dents de loup incluses sont généralement diagnostiquées à l'aide de radiographies dentaires lorsqu'un cheval présente un inconfort buccal inexpliqué ou une résistance au mors.
Les dents de loup peuvent causer de l'inconfort lorsqu'elles entraînent des plaies, une douleur gingivale ou une sensibilité autour du siège du mors. Les chevaux présentant des dents de loup problématiques peuvent résister à prendre le mors, secouer la tête, saigner de la bouche ou développer des plaies sur les gencives, les lèvres, la langue ou l'intérieur des joues. Ces signes justifient un examen buccal par un vétérinaire ou un spécialiste en dentisterie équine.
Les dents de loup sont diagnostiquées chez les chevaux au moyen d'un examen visuel et manuel de la bouche. La plupart des dents de loup ayant percé sont faciles à identifier lors d'un examen dentaire de routine. Lorsque des dents de loup incluses sont soupçonnées sous les gencives, des radiographies dentaires peuvent être utilisées pour confirmer leur emplacement et déterminer si elles sont susceptibles de causer des problèmes.
Le remodelage des dents de loup dans le cadre de l'ajustement du siège du mors peut être une solution de rechange à l'extraction lorsque les dents sont petites, stables et bien positionnées. L'adoucissement des bords tranchants peut réduire l'irritation des tissus mous à l'endroit où repose le mors. Les chevaux présentant des dents de loup mobiles, incluses, situées sur la mâchoire inférieure ou molarisées, ou ceux présentant des plaies buccales, sont plus susceptibles de bénéficier d'une extraction.
Les soins après l'extraction des dents de loup favorisent la guérison de la bouche et réduisent l'inconfort. Les chevaux sont généralement mis à jeun pendant 1 à 2 heures après la sédation, nourris avec des aliments mous pendant 3 à 5 jours, mis au repos pendant 48 heures et gardés sans mors pendant 10 à 14 jours. Un médicament anti-inflammatoire peut être prescrit, et toute enflure, tout écoulement ou tout retour de douleur buccale doit être signalé au vétérinaire.
L'extraction des dents de loup est généralement simple, mais des complications peuvent survenir si une partie de la dent se fracture et demeure dans l'alvéole. Des fragments retenus peuvent causer une douleur persistante et nuire au mors. Une complication rare mais grave est une blessure accidentelle de l'artère palatine, qui peut entraîner un saignement important nécessitant des soins vétérinaires immédiats.
Résumé
Les dents de loup sont des dents vestigiales qui se développent dans la bouche de certains chevaux. Elles sont généralement inoffensives et ne requièrent pas d’extraction, à moins qu’elles ne causent une irritation ou des difficultés à accepter le mors.
- Les dents de loup se trouvent dans l’espace interdentaire et n’ont aucune fonction
- Les juments sont plus susceptibles de développer des dents de loup que les mâles
- Dans les cas où les dents de loup sont pointues, cassées, trop volumineuses ou molarisées, ou qu’elles causent de la douleur, des lésions ou une difficulté à accepter le mors, l’extraction est nécessaire
- Les complications possibles de l’extraction incluent la fracture de la dent et la section de l’artère palatine
Références
- Easley, J. Corrective dental procedures, in Equine Dentistry. Elsevier. 2011.
- Hole, S. L. Wolf Teeth and Their Extraction. Equine Vet. Educ. 2016.
- Dixon, P. M. and Du Toit, N. Dental anatomy, in Equine Dentistry. Elsevier. 2011.
- Griffin, C. The Gold Standard of Dental Care. Vet. Clin. North Am. Equine Pract. 2013. View Summary
- Campoy, L. and Sedgwick, S. R. Standing Sedation and Iocoregional Analgesia in Equine Dental Surgery. Vet. Clin. North Am. Equine Pract. 2020. View Summary
- Dixon, P. M. et al. Complications of Equine Oral Surgery. Vet. Clin. North Am. Equine Pract. 2008. View Summary










