La cyphose équine est une affection de la colonne vertébrale qui est rare mais qu’il ne faut pas négliger. Elle est caractérisée par un dos voûté, perturbant la courbe concave naturelle entre le garrot et les hanches.
Cette anomalie structurelle résulte de malformations au niveau des vertèbres (os de la colonne vertébrale) et peut varier en gravité, allant de simples défauts purement esthétiques à des cas où une douleur, une mobilité réduite, et même des problèmes neurologiques sont présents.
Bien que certains chevaux naissent avec ce problème, d’autres le développent plus tard à la suite d’une blessure ou d’autres troubles musculosquelettiques. Pour bien comprendre la complexité de la cyphose, il faut connaître l’anatomie de la colonne vertébrale ainsi que les causes, les symptômes, les approches diagnostiques et les options de traitement de cette affection.
Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur les aspects clés de la cyphose, y compris son impact sur la santé et les performances équines, ainsi que les stratégies de diagnostic et de gestion. Qu’elle soit congénitale ou acquise, une prise en charge efficace de la cyphose équine peut contribuer au bien-être et aux performances des chevaux affectés.
La cyphose chez les chevaux
La cyphose, également connue sous le nom de cyphoscoliose, est un défaut de conformation où une courbure anormale de la colonne vertébrale provoque une cambrure excessive du dos du cheval vers le haut, créant une apparence voûtée. [1][2][3][4][5]
La cyphose est causée par une malformation des vertèbres (os de la colonne vertébrale) au milieu du dos du cheval, ce qui se traduit par une ligne plate ou convexe entre le garrot et les hanches au lieu de la courbe concave habituelle. [1][2][3]
De nombreux cas de cyphose chez les chevaux sont simplement des défauts esthétiques, mais des malformations graves peuvent être associées à des douleurs, des problèmes de mobilité et des symptômes neurologiques. [2]
Anatomie de la colonne vertébrale
La colonne vertébrale du cheval est une structure mécanique complexe qui fait partie du système nerveux. Elle est fondamentale pour l’ensemble des mouvements et des sensations provenant des parties du corps situées plus bas que la tête. Elle est composée d’un ensemble d’os arrondis appelés vertèbres, qui sont reliés par des tissus mous appelés disques intervertébraux. Les vertèbres et les disques travaillent ensemble, permettant les mouvements latéraux et verticaux tout en protégeant la moelle épinière, une structure vitale. [6]
Le nombre de vertèbres de chaque cheval dépend de la morphologie individuelle de l’animal, mais il varie entre 51 et 58, avec une moyenne de 54 vertèbres chez un cheval adulte entièrement développé. [6]
La colonne vertébrale équine se compose de cinq sections : [6]
- Rachis cervical : il y a 7 vertèbres cervicales chez le cheval. Ces vertèbres soutiennent structurellement le cou du cheval, de l’arrière du crâne allant jusqu’à l’épaule.
- Rachis thoracique : les 18 vertèbres suivantes se situent au-dessus de la cage thoracique et forment le garrot et une partie du dos. Chez certains chevaux, il y a une vertèbre thoracique supplémentaire, créant un dos plus long. Chaque vertèbre thoracique ancre une paire de côtes.
- Rachis lombaire : il s’agit des 6 vertèbres qui vont du dos au point le plus haut de l’arrière-main et qui sont reliées au bassin. Certains chevaux, en particulier les Mustangs espagnols et les Arabes, ont moins de vertèbres lombaires.
- Rachis sacré : cette section est composée de 5 vertèbres fusionnées formant le sacrum. Le rachis sacré descend de l’arrière-main jusqu’au sommet de la queue du cheval. Cette partie de la colonne vertébrale n’est pas mobile comme les autres sections. Elle sert d’ancrage pour les membres postérieurs et comme point d’attache pour les muscles et ligaments du bassin.
- Rachis caudal : le rachis caudal se compose de 15 à 25 petites vertèbres qui se trouvent dans la partie charnue de la queue. Cette partie de la colonne vertébrale est en charge du mouvement de la queue.
Les vertèbres des chevaux souffrant de cyphose peuvent être cunéiformes ou déformées. Elles ne sont pas uniformes, sont souvent mal alignées, et à cause de leur déformation, elles peuvent endommager les disques intervertébraux. Cela provoque une courbure inhabituelle de la colonne vertébrale, car les vertèbres ne sont pas parfaitement alignées. [1][2][3][5]
Causes
La cyphose équine peut être une anomalie congénitale ou se développer après une blessure. Elle peut aussi découler d’autres problèmes musculosquelettiques. [4]
Le mécanisme à l’origine de la cyphose congénitale chez les chevaux n’a pas été entièrement caractérisé, mais il s’agit d’une anomalie du développement qui survient in utero. Les facteurs contributifs possibles peuvent inclure : [2]
- La génétique
- Les déséquilibres alimentaires
- Une exposition aux toxines
- Des changements hormonaux
- Des causes environnementales
- Un manque d’oxygène
- Une température corporelle élevée chez la jument
Dans les cas de cyphose acquise, les dommages causés par une blessure ou un traumatisme modifient la forme des vertèbres. Par exemple, des changements structurels de la colonne vertébrale peuvent se produire à cause de l’arthrite ou suite à une fracture de la colonne vertébrale. [8]
De plus, d’autres affections physiques telles que les déviations sagittales des membres ou d’autres problèmes musculosquelettiques peuvent affecter la posture du cheval, entraînant une cyphose au fil du temps si les anomalies ne sont pas corrigées. [1]
Symptômes
Le symptôme caractéristique de la cyphose est une ligne dorsale anormale. [1]
Chez un cheval normal, le dos est plus haut au niveau du garrot, puis il descend et remonte vers les hanches, formant une ligne légèrement concave le long de la colonne vertébrale. Les chevaux souffrant de cyphose ne présentent pas de concavité entre ces deux points. Au contraire, ils ont une ligne plate ou légèrement convexe, ce qui leur donne une apparence voûtée. [1]
Les chevaux atteints de cas plus graves de cyphose, notamment lorsque les os compriment la moelle épinière, peuvent développer des symptômes neurologiques tels qu’une faiblesse et des mouvements maladroits. [7]
Chez les poulains nés avec cette affection, on peut voir la déformation s’aggraver s’aggraver avec l’âge. [2]
Les chevaux nés avec une cyphose sont moins susceptibles de développer d’autres symptômes à mesure que le corps s’adapte à la déformation vertébrale pendant la croissance de l’animal. [4] Dans les cas de cyphose acquise, le cheval peut montrer des signes de douleur liée à l’arthrose. [4]
Gravité
La gravité de la cyphose dépend de la présence ou non de signes de douleur et de troubles physiques ou neurologiques chez le cheval. [3]
Les cas légers sont surtout cosmétiques. Les chevaux présentant une cyphose légère ou modérée font souvent de bons chevaux pour monter, à condition que la selle soit correctement ajustée et qu’un suivi soit effectué.
« La cyphose est une anomalie structurelle de la colonne vertébrale qui peut affecter le confort et les performances d’un cheval. Bien que certains chevaux légèrement affectés demeurent sains et aptes au travail, d’autres peuvent souffrir de douleurs dorsales, d’une flexibilité limitée ou de problèmes compensatoires ailleurs dans le corps. Chaque cas doit être évalué individuellement afin de déterminer la meilleure façon de prendre en charge le problème. »
— Dre Jennifer Skaggs, D.M.V.Vétérinaire équin
Les cas plus graves de cyphose sont accompagnés de douleurs, de mobilité réduite ou de changements dans la fonction neurologique. [3] Les cas graves de cyphose équine sont souvent associés à des problèmes de mobilité au niveau des membres pelviens (les postérieurs), souvent dus à une compression de la moelle épinière. [3]
De plus, les chevaux atteints de cyphose peuvent également présenter d’autres malformations de la colonne vertébrale, telles que des hémivertèbres, où les vertèbres sont cunéiformes, ou une scoliose, impliquant une déviation latérale de la colonne vertébrale. [3]
Les dysfonctionnements neurologiques surviennent généralement si les changements de la forme des vertèbres sont
suffisamment graves pour comprimer la moelle épinière. [3]
Facteurs de risque
La cyphose est une affection rare chez les chevaux, sans facteurs de risque spécifiques liés à l’âge ou au sexe. On pense que ce problème médical est plus fréquent chez les Pur-sang, en particulier chez ceux ayant des problèmes préexistants de flexion des articulations des membres. [1][4]
Les chevaux ayant des défauts de conformation affectant directement leur posture peuvent présenter un risque accru de développer une cyphose. Une compensation due à une blessure peut également conduire à l’apparition de la cyphose acquise, ce qui souligne l’importance de suivre un programme de réadaptation personnalisé après une blessure.
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Diagnostic
Le diagnostic de la cyphose repose sur un examen physique approfondi, portant notamment sur la position des membres, la posture et le comportement du cheval. [1] Le vétérinaire peut également effectuer un examen neurologique de base afin d’écarter tout problème nerveux ou cérébral sous-jacent. [1]
Après avoir évalué le cheval au trot et au galop, le vétérinaire peut également vouloir observer comment il se déplace sous la selle. [1]
En fonction de la gravité et de la présence d’autres symptômes, des examens diagnostiques supplémentaires peuvent être recommandés. Les outils permettant de confirmer la cyphose, les problèmes secondaires y étant liés, ainsi que les causes sous-jacentes de la cyphose acquise comprennent : [1][3]
- Des radiographies (rayons X)
- Une scintigraphie osseuse
- Une myélographie
Traitement et pronostic
Étant donné que la cyphose équine est une déformation structurelle de la colonne vertébrale, il n’existe pas de cure définitive pour cette affection. Le traitement est adapté à la gravité du problème.
Pour les cas où la cyphose implique surtout des préoccupations d’ordre esthétique, le seul « traitement » requis peut être un ajustement approprié de la selle et une surveillance des signes de douleur lors de la monte.
Pour les chevaux présentant des signes de douleur, les stratégies courantes incluent :
Le pronostic pour les chevaux atteints de cas légers ou modérés est bon. Ces derniers peuvent même continuer à être montés et à participer à des activités sportives. Pour les chevaux souffrant de cyphose sévère, notamment lorsque des problèmes neurologiques ou musculosquelettiques sont présents, le pronostic est plus réservé et il est possible qu’un retour aux performances sportives ne soit pas possible.
Pour les cas graves liés à une blessure, comme une fracture vertébrale, l’euthanasie humaine peut être la seule option. [8]
Prévention
Puisque le mécanisme exact derrière le développement de la cyphose congénitale n’est pas entièrement compris, il n’existe pas de stratégies spécifiques de prévention. Cependant, il est toujours recommandé de mettre en place des pratiques optimales visant à soutenir la santé générale des juments reproductrices afin de maximiser les chances de produire un poulain en bonne santé.
Les stratégies pour soutenir les juments pendant la gestation incluent :
- Nutrition et gestion : assurez-vous que l’alimentation de la jument est soigneusement ajustée pour répondre aux besoins nutritionnels spécifiques de chaque étape de la gestation. Pour des conseils détaillés sur l’alimentation, consultez notre article sur l’alimentation d’une jument gestante et apprenez-en davantage sur les besoins nutritionnels en période de gestation.
- Soins vétérinaires : planifiez des examens vétérinaires réguliers pour surveiller la santé de la jument et l’évolution de la gestation et vous assurer que tout problème est identifié et traité rapidement.
- Pratiques de santé préventives : suivez les protocoles de vaccination et de vermifugation recommandés pour protéger à la fois la jument et son poulain en développement. Pour des calendriers et des directives détaillées, consultez notre guide de vaccination pour chevaux et nos ressources sur la vermifugation des chevaux.
De plus, votre vétérinaire peut déconseiller la reproduction des juments ayant déjà produit un poulain atteint de cyphose, car cette affection pourrait avoir une composante génétique.
Éviter les blessures
Il est possible de prévenir les cas de cyphose acquise chez les chevaux en évitant les blessures et en suivant un programme d’entraînement bien structuré. Les stratégies clés pour prévenir les blessures au dos incluent :
- Travailler selon les capacités de votre cheval
- S’entraîner sur une surface de sol appropriée
- Prévoir une période de récupération suffisante entre les sessions d’entraînement
- Accorder du temps pour l’échauffement avant, et le retour au calme après l’exercice
- Veiller à ce que l’équipement soit bien ajusté et en bon état
- Fournir une alimentation équilibrée qui répond aux besoins énergétiques et nutritionnels de votre cheval.
Enfin, si votre cheval se remet d’une blessure, vous pouvez contribuer à prévenir la cyphose acquise en intervenant en présence de mouvements compensatoires. Travaillez avec votre vétérinaire pour élaborer un plan de réadaptation et de retour au travail afin que votre cheval puisse se remettre complètement de sa blessure sans complications secondaires.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur le dos de carpe chez les chevaux :
Le dos de carpe chez les chevaux est une déformation structurelle de la colonne vertébrale où la ligne du dessus se cambre vers le haut au lieu de former une légère courbure concave entre le garrot et la croupe. Cette courbure anormale, également appelée cyphose, résulte de vertèbres malformées ou mal alignées. La gravité varie, certains chevaux ne présentant qu’un changement esthétique tandis que d’autres éprouvent de l’inconfort, une flexibilité réduite ou des complications neurologiques.
Les symptômes du dos de carpe chez les chevaux se concentrent sur une ligne du dessus visiblement altérée qui paraît plate ou arrondie plutôt que légèrement concave. Les cas légers peuvent ne présenter aucun autre problème, tandis que les cas plus graves peuvent inclure des douleurs dorsales, une amplitude de mouvement réduite et des changements dans la locomotion. Des signes neurologiques comme une faiblesse ou une maladresse peuvent apparaître si la moelle épinière est affectée.
La cyphose chez les chevaux se développe soit avant la naissance, soit plus tard dans la vie en raison de modifications structurelles de la colonne vertébrale. Les cas congénitaux surviennent durant le développement fœtal et peuvent impliquer la génétique, la nutrition, des toxines ou des facteurs environnementaux stressants. Les cas acquis sont généralement liés à une blessure, à l’arthrite ou à des changements de posture compensatoires causés par d’autres problèmes musculosquelettiques qui modifient progressivement l’alignement de la colonne.
Le dos de carpe chez les chevaux varie d’un problème esthétique léger à une condition grave affectant le confort et le mouvement. Les cas légers permettent souvent une utilisation normale avec une gestion appropriée, tandis que les déformations sévères peuvent entraîner une douleur chronique, une mobilité limitée ou un dysfonctionnement neurologique. La gravité dépend du fait que les modifications de la colonne interfèrent avec les tissus environnants ou compriment la moelle épinière.
Le diagnostic du dos de carpe chez les chevaux commence par un examen physique axé sur la posture, la forme de la ligne du dessus et le mouvement. Les vétérinaires évaluent souvent le cheval à différentes allures et peuvent examiner ses performances sous la selle. Des outils d’imagerie comme les radiographies, les scintigraphies osseuses ou la myélographie peuvent être utilisés pour confirmer les anomalies de la colonne et identifier les causes sous-jacentes ou les complications.
Un cheval avec un dos de carpe peut souvent encore être monté lorsque la condition est légère et non associée à de la douleur ou à des problèmes neurologiques. Un ajustement soigneux de la selle et un suivi régulier sont importants pour maintenir le confort et la performance. Les cas plus graves peuvent limiter ou empêcher la monte, particulièrement si le mouvement est compromis ou si le cheval présente des signes d’inconfort sous charge.
Le dos de carpe chez les chevaux ne peut pas être corrigé, car il implique des modifications structurelles permanentes de la colonne vertébrale. La gestion vise à maintenir le confort et la fonction plutôt qu’à corriger la déformation. Les chevaux présentant des cas légers peuvent nécessiter peu d’intervention, tandis que ceux souffrant de douleur peuvent bénéficier de physiothérapie, de soins de soutien et d’ajustements de la charge de travail et de l’équipement.
La prévention du dos de carpe chez les chevaux est limitée, en particulier pour les cas congénitaux où la cause exacte n’est pas entièrement comprise. Le soutien de la santé de la jument gestante et l’évitement de la reproduction de lignées affectées peuvent réduire le risque. Les cas acquis peuvent être minimisés en prévenant les blessures, en utilisant des pratiques d’entraînement appropriées et en traitant tôt les problèmes musculosquelettiques afin d’éviter des changements posturaux à long terme.
Résumé
La cyphose, également connue sous le nom de cyphoscoliose, est un défaut de conformation rare du dos du cheval qui entraîne une courbure anormale de la colonne vertébrale.
- La cyphose congénitale est liée à des problèmes survenus pendant le développement du cheval in utero. La cyphose acquise est généralement secondaire à une blessure ou à d'autres problèmes musculosquelettiques
- Le symptôme caractéristique de cette affection est une ligne dorsale anormale, soit plate, soit convexe. Dans les cas graves, de la douleur, une mobilité réduite et des problèmes neurologiques peuvent également être présents
- Les traitements visent à réduire la douleur et à conserver la mobilité, et incluent la gestion de la douleur, la physiothérapie et un ajustement adéquat de la selle
- Dans la plupart des cas, les chevaux présentant une cyphose peuvent vivre longtemps et en bonne santé, et continuer à faire du travail en selle, tant que le matériel est correctement ajusté
Références
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- De Heer. N. and Nout. Y. S., Congenital Kyphosis Secondary to Lumbar Vertebral Hypoplasia Causing Paraparesis in a Friesian Foal: Congenital Kyphosis in a Friesian Foal. Equine Veterinary Education. 2011.
- Baxter. G. M., Ed., Adams and Stashak’s Lameness in Horses. Seventh edition. Wiley-Blackwell, Hoboken, NJ. 2020.
- Jeffcott. L. B., Disorders of the Thoracolumbar Spine of the Horse — a Survey of 443 Cases. Equine Veterinary Journal. 1980. View Summary
- Ony. E. E., A Closer Look at the Equine Spine. Kentucky Equine Research. 2014.
- Wong. D. M. et al., Hindlimb Paresis Associated with Kyphosis, Hemivertebrae and Multiple Thoracic Vertebral Malformations in a Quarter Horse Gelding. Equine Veterinary Education. 2010.
- Kothstein. T. et al., Radiographic Diagnosis: Thoracic Spinal Fracture Resulting in Kyphosis in a Horse. Veterinary Radiology & Ultrasound. 2000.











