Le trot allongé est l’un des mouvements les plus expressifs et exigeants du dressage. Il démontre la capacité du cheval à allonger sa foulée et son cadre tout en conservant le rythme, l’équilibre et sa capacité à se porter lui-même.

Lorsqu’il est bien exécuté, le cheval semble flotter vers l’avant avec de longues foulées couvrant beaucoup de terrain et un temps de suspension sans précipitation. Le mouvement peut sembler facile, mais un allongement correct dépend de la force, de la souplesse, de l’impulsion et d’une communication claire entre le cheval et le cavalier.

Le trot allongé apparaît pour la première fois en compétition au troisième niveau de l’USDF et demeure présent dans les niveaux de la FEI, où il devient une épreuve de plus en plus importante de rassembler, de perméabilité aux aides et de qualité du dressage. Demander un allongement avant que le cheval soit prêt physiquement et mentalement peut entraîner de la précipitation, un dos creux ou une perte d’équilibre.

Poursuivez votre lecture pour découvrir ce qu’est le trot allongé, ce dont le cheval et le cavalier ont besoin avant de le développer, comment appliquer les aides et quels exercices peuvent contribuer à construire correctement ce mouvement au fil du temps.

Qu’est-ce que le trot allongé en dressage?

Le trot allongé est une variation de l’allure du trot dans laquelle le cheval allonge à la fois sa foulée et son cadre autant que son entraînement et sa conformation le permettent, tout en maintenant le rythme, l’équilibre et sa capacité à se porter lui-même.

L’énergie nécessaire à la réussite du trot allongé provient de l’arrière-main. Les membres postérieurs poussent avec une propulsion accrue, le dos se balance librement et l’avant-main s’étend vers l’avant en conséquence. Le cheval couvre la plus grande distance possible à chaque foulée sans se précipiter ni perdre son équilibre.

Trot allongé, trot moyen et trot de travail

Le trot allongé n’est pas simplement un trot plus rapide, et il ne s’agit pas du même mouvement que le trot moyen.

Le trot de travail constitue la base. Actif et équilibré, le cheval avançant ses postérieurs jusqu’aux traces de ses antérieurs et travaillant librement à travers son dos, il représente la façon de se déplacer la plus naturelle et la plus efficace pour la plupart des chevaux.

Le trot moyen présente un allongement modéré de la foulée et du cadre. Les foulées sont nettement plus longues qu’au trot de travail, et le cheval doit démontrer un temps de suspension accru. Il s’agit d’un mouvement distinct, et non d’une version moins prononcée du trot allongé.

Le trot allongé exige le maximum. L’encolure du cheval s’étend vers l’avant et vers l’extérieur, son cadre s’allonge et chaque foulée couvre autant de terrain que possible.

Des recherches comparant la cinématique des foulées des quatre variations du trot chez des chevaux de dressage hautement entraînés ont révélé que les chevaux bien dressés réalisent l’allongement en augmentant la longueur de leur foulée plutôt qu’en accélérant la cadence. Le rythme demeure donc constant même lorsque chaque foulée s’allonge. [1]

Amener le cheval à allonger ses foulées sans accélérer constitue l’un des principaux défis de l’entraînement de ce mouvement.

Tableau 1. Variations du trot

Variation du trot Foulée et attitude Cadence et équilibre Ce que le cavalier devrait ressentir
Trot de travail
  • Trot de référence utilisé pour un travail actif et équilibré
  • Le cheval engage ses postérieurs dans les traces des antérieurs et travaille librement avec son dos
  • Rythme régulier et efficace
  • Équilibré sans exiger un rassembler ou une poussée maximale
  • Vers l’avant, élastique et ajustable
  • Utile pour établir le rythme, la souplesse et la connexion
Trot moyen
  • Allongement modéré de la foulée et de l’attitude
  • Les foulées sont nettement plus longues qu’au trot de travail
  • La cadence devrait demeurer constante
  • Présente une suspension accrue sans devenir précipité
  • Une plus grande couverture de terrain avec une puissance contrôlée
  • Un mouvement distinct, et non un trot allongé de moindre qualité
Trot allongé
  • Allongement maximal de la foulée et de l’attitude
  • L’encolure s’étend vers l’avant tandis que la foulée couvre davantage de terrain
  • Le rythme demeure constant à mesure que la longueur de la foulée augmente
  • Le cheval demeure montant, équilibré et se porte de lui-même
  • L’énergie accumulée se libère vers l’avant sans accélération
  • Le cheval donne une impression de puissance, d’élasticité et d’absence de précipitation

Ce que les juges recherchent au trot allongé

Les juges évaluent le trot allongé selon plusieurs critères, notamment : [2]

  • La régularité et l’élasticité des foulées
  • Le degré d’allongement de l’attitude
  • L’impulsion provenant de l’arrière-main
  • La tendance montante
  • La capacité du cheval à maintenir son équilibre

La qualité des transitions à l’entrée et à la sortie du mouvement est également prise en compte dans la note. [2]

Selon les lignes directrices de jugement de la FEI, la qualité du trot est évaluée selon l’impression générale de régularité et d’élasticité, provenant d’un dos souple et d’une arrière-main bien engagée, ainsi que selon la capacité du cheval à maintenir le même rythme et son équilibre naturel dans toutes les variations du trot. [2]

Au trot allongé en particulier, le cheval devrait présenter une foulée visiblement plus longue qu’au trot de travail ou au trot moyen, une encolure et un nez étendus vers l’avant, un moment de suspension clair ainsi que des transitions fluides et rapides aux deux extrémités.

Un trot allongé est toujours présenté sur une ligne droite dans les reprises standards de dressage. En compétition, il s’agit généralement de la grande diagonale.

Prérequis pour exécuter le trot allongé

De nombreux cavaliers introduisent l’allongement avant que les bases soient suffisamment établies. Lorsque cela se produit, le cheval compense en accélérant, en creusant son dos ou en perdant son rythme.

illustration des étapes de la pyramide d’entraînement en dressage

Les trois prérequis ci-dessous constituent la base qui rend ce mouvement possible.

1) Rassembler et capacité à porter

Le lien entre le rassembler et l’allongement n’est pas évident au premier abord. Le rassembler précède l’allongement et est essentiel pour exécuter correctement le trot allongé.

Le cheval doit apprendre à comprimer son corps et à porter son poids sur l’arrière-main avant de pouvoir libérer cette énergie emmagasinée dans une foulée longue et expressive. Des recherches portant sur la biomécanique des allures de dressage ont décrit le trot rassemblé comme une allure courue dans laquelle les membres postérieurs agissent comme des ressorts, emmagasinant et libérant de l’énergie élastique à chaque foulée. [3]

Cela aide à expliquer pourquoi un allongement correct dépend de la capacité à porter, et non de la vitesse. Un cheval incapable de se rassembler accélérera souvent lorsqu’on lui demandera d’allonger. Un cheval qui a appris à porter son poids sur ses membres postérieurs peut libérer cette énergie vers l’avant sans rompre le rythme ni reporter son équilibre sur l’avant-main.

Le rassembler est le mécanisme par lequel le cavalier développe l’énergie qui devient l’allongement.

2) Impulsion et perméabilité

L’impulsion est une énergie contrôlée et élastique qui se transmet de l’arrière-main vers l’avant à travers le corps du cheval. Ce n’est pas de la vitesse, pas plus qu’une simple activité des membres. Un cheval peut trotter avec beaucoup d’énergie et le dos tendu tout en manquant d’impulsion véritable.

Une véritable impulsion exige un dos souple, relâché et mobile. L’énergie produite par l’arrière-main doit traverser la ligne du dessus du cheval et parvenir jusqu’au contact. Lorsque ce passage est ouvert, le cheval peut allonger avec une puissance et une expression véritables. Lorsqu’il est bloqué par la tension ou la contraction, l’allongement ne peut pas s’exprimer.

Si le cheval contracte son dos ou résiste à la main lorsqu’on lui demande d’allonger, le problème est souvent lié à la perméabilité. Revenir au travail d’assouplissement, aux transitions exécutées avec une intention vers l’avant et aux exercices de relaxation produira généralement plus d’amélioration que de continuer à répéter le mouvement sur la diagonale.

3) Préparation physique et conditionnement

Le trot allongé impose des exigences physiques considérables au cheval. Il nécessite de la force dans l’arrière-main et la région lombaire, une ligne du dessus bien conditionnée, une bonne condition cardiovasculaire et de l’élasticité dans les tissus mous des membres.

Des recherches cinématiques comparant le trot moyen et le trot allongé au trot rassemblé ont révélé que l’extension du boulet augmente considérablement dans les membres antérieurs et postérieurs lorsque les chevaux passent à des allures allongées. [4] Cela suggère que les articulations et les tissus mous de la partie inférieure des membres travaillent davantage lorsque le cheval augmente la longueur de ses foulées et couvre plus de terrain.

Les spécialistes de la biomécanique équine soulignent que le trot allongé ne peut pas être exécuté en toute sécurité avant que le système musculosquelettique du cheval soit mature et conditionné, puisqu’il exige de la force musculaire, de la puissance et de l’élasticité. [5] Un cheval qui n’est pas physiquement préparé à supporter cette charge peut compenser en précipitant ses foulées, en creusant son dos, en perdant son équilibre ou en imposant une contrainte excessive à ses membres.

Introduire le trot allongé trop tôt n’accélère pas le développement. Cela peut créer des schémas compensatoires qui deviennent bien ancrés et qui, avec le temps, peuvent contribuer aux blessures.

Position du cavalier au trot allongé

Peu de facteurs influencent aussi directement la capacité d’un cheval à allonger ses foulées que la position du cavalier. Les cavaliers qui poussent fortement, agissent avec l’assiette ou serrent les jambes pour tenter de créer plus de mouvement peuvent bloquer le dos du cheval et restreindre la liberté nécessaire à l’allongement.

L’assiette et le tronc

Le bassin du cavalier doit suivre le mouvement du cheval avec souplesse et sans tension.

Au trot assis, le bassin bascule doucement vers l’avant et vers l’arrière à chaque foulée. Serrer, raidir le bas du dos ou pousser avec l’assiette réduit le balancement naturel du dos du cheval et empêche la souplesse et la transmission nécessaires à l’allongement.

Des recherches mesurant la façon dont le poids du cavalier influence la cinématique thoracolombosacrée chez des chevaux de dressage de haut niveau ont révélé que le fait d’être monté au trot assis modifiait de façon mesurable les schémas de rotation du dos comparativement aux mêmes chevaux trottant en main. [6] L’analyse du mouvement confirme qu’une assiette tendue ou bloquante modifie ce que le cheval est capable de faire.

Le cavalier a besoin de stabilité du tronc, et non de tension dans le tronc. L’objectif est de rester centré et équilibré tout en demeurant suffisamment souple pour suivre le cheval.

Les cavaliers qui ne peuvent pas encore rester assis au trot allongé sans rebondir ni se raidir peuvent constater que le trot enlevé permet au dos du cheval de se balancer plus librement. Un trot enlevé bien rythmé peut produire un mouvement de meilleure qualité qu’une assiette qui gêne le cheval.

Mains, cadre et contact accompagnant

Les mains doivent permettre à l’encolure et au cadre du cheval de s’allonger à mesure que la foulée s’amplifie. Le trot allongé exige que les cavaliers maintiennent un contact constant et élastique, tout en avançant légèrement les mains pour donner au cheval l’espace nécessaire afin de s’étendre dans l’encolure et l’épaule.

Une main fixe ou résistante amène le cheval à raccourcir son encolure, à potentiellement passer derrière la verticale et à perdre sa liberté au niveau de l’épaule. La main accompagne l’énergie vers l’avant.

Des recherches utilisant des capteurs inertiels pour comparer des données biomécaniques aux notes attribuées par les juges à des chevaux de dressage exécutant des transitions au trot allongé ont révélé que les variables cinématiques du tronc et des membres du cheval étaient corrélées de façon significative aux notes accordées. [7]

Ce qui se passe dans le corps du cheval et ce que le juge voit sont directement liés. Un cavalier qui retient avec les mains compromet les deux.

posture incorrecte à cheval

Comment demander le trot allongé

Les aides pour le trot allongé sont moins énergiques que de nombreux cavaliers ne le pensent. La préparation accomplit la majeure partie du travail. Lorsque le cheval est correctement organisé et engagé, la demande d’allongement ressemble davantage à un relâchement qu’à une exigence.

Préparation avec des demi-arrêts

Utilisez le coin précédant la diagonale pour préparer le cheval. Effectuez une série de demi-arrêts afin d’organiser l’équilibre, d’engager l’arrière-main et de comprimer l’énergie. En sortant du coin, le cheval doit sembler chargé d’énergie et attentif, et non ralenti.

La qualité de la préparation détermine la qualité de l’allongement. Les cavaliers qui sautent cette étape et s’engagent sur la diagonale en s’attendant simplement à obtenir davantage d’amplitude provoquent généralement une accélération ou des foulées désordonnées. Considérez le coin comme le moment où l’énergie est emmagasinée. La diagonale est le relâchement.

Les aides pour l’allongement

Lorsque vous vous redressez sur la diagonale, laissez votre poids se déposer doucement dans la selle. Serrez les deux jambes à la sangle pour envoyer l’énergie vers l’avant. Au même moment, avancez très légèrement les mains afin d’inviter le cheval à allonger l’encolure et à se porter dans chaque foulée.

Évitez de donner des coups de jambe ou de pousser avec force. Si le cheval est bien préparé et devant la jambe, une aide claire, mais discrète, suffit. Une forte aide propulsive crée généralement de la tension et de la précipitation plutôt que de l’expression et du rebond.

Veillez à ce que le tempo n’augmente pas lorsque vous parcourez la diagonale. La foulée doit s’allonger. Si le rythme s’accélère, le cheval court plutôt qu’il n’allonge, et la préparation était insuffisante.

La transition descendante exige une préparation tout aussi délibérée au moyen de demi-arrêts. Revenez progressivement et en douceur. Les directives de jugement de la FEI précisent clairement que les transitions vers le trot allongé et à partir de celui-ci font partie du mouvement et sont prises en compte dans la note, ce qui rend la fin de la diagonale aussi importante que le début. [2]

Exercices pour développer le trot allongé

Le trot allongé s’améliore grâce à un travail systématique tout au long de la séance d’entraînement, et non par la répétition constante du mouvement. Les exercices ci-dessous développent la force, la réactivité et l’élasticité qui permettent l’allongement.

Transitions à l’intérieur du trot

Les transitions fréquentes entre le trot de travail, le trot moyen et le trot rassemblé comptent parmi les outils les plus efficaces pour développer l’allongement. Ces transitions activent l’arrière-main, affinent la réponse du cheval aux aides et lui apprennent à passer d’un degré d’engagement à un autre sans perdre le rythme ni l’équilibre.

Un exercice privilégié par les entraîneurs de Grand Prix commence au trot de travail sur le grand côté de la carrière. Passez au pas à la lettre précédant le coin, exécutez une demi-pirouette au pas pour ramener le cheval sur la même piste dans la direction opposée, puis utilisez l’aide la plus légère possible pour reprendre le trot de travail. [8]

La pirouette active le postérieur intérieur, et la transition immédiate vers l’avant encourage le cheval à anticiper la demande du cavalier plutôt qu’à s’installer dans un rythme passif.

De courtes transitions du trot au pas et du pas au trot effectuées tout au long de la séance développent avec le temps la même réactivité. La légèreté de la réponse compte bien davantage qu’une énergie explosive.

Exercices latéraux comme préparation

L’épaule en dedans et la cession à la jambe sont les exercices latéraux les plus systématiquement utiles à effectuer avant de demander un allongement. Tous deux encouragent le cheval à engager le postérieur intérieur sous sa masse, développent la souplesse du dos et empêchent la précipitation vers l’avant en maintenant le cheval activement engagé.

Une séquence utilisée par de nombreux entraîneurs professionnels consiste à exécuter une épaule en dedans sur les deux grands côtés avant de tourner directement sur la diagonale pour effectuer un trot moyen ou allongé. [5] Dans cet exercice, le cheval arrive sur la diagonale déjà organisé et porteur, et la transition vers l’allongement se fait naturellement puisque l’énergie et l’engagement sont déjà présents.

La cession à la jambe depuis la ligne du quart jusqu’à la piste remplit un objectif légèrement différent. Elle active la puissance de poussée des membres postérieurs sans exiger le même degré d’incurvation latérale que l’épaule en dedans, et elle crée une énergie vers l’avant qui peut être dirigée vers l’allongement.

La combinaison des deux exercices au cours de la même séance offre de la variété au cheval et prépare à la fois les fonctions de soutien et de propulsion de l’arrière-main.

Travail en montée & allongement progressif

Pour les chevaux qui précipitent ou perdent leur équilibre lorsque l’allongement est introduit pour la première fois, un terrain en pente douce constitue un outil d’apprentissage pratique. Une inclinaison progressive encourage naturellement le cheval à pousser avec l’arrière-main plutôt qu’à tomber sur les épaules, puisqu’il reporte son poids vers l’arrière pour gérer la montée.

Commencez par demander seulement deux ou trois foulées d’allongement franc avant de revenir à une allure plus rassemblée.

À ce stade, la qualité compte beaucoup plus que la quantité. Deux foulées nettes, rythmées et couvrant du terrain valent davantage qu’une diagonale complète exécutée dans la précipitation et le déséquilibre. Progressez graduellement au fil des semaines et des mois, en privilégiant toujours le rythme et l’équilibre plutôt que l’amplitude.

Les chevaux qui se mettent à courir lorsque l’allongement est introduit sur terrain plat comprennent souvent beaucoup mieux le concept dans une montée, puis transposent cette compréhension au travail en manège une fois le schéma établi.

Défauts courants au trot allongé & comment les corriger

La plupart des problèmes au trot allongé sont les symptômes d’un élément manquant à un niveau inférieur de l’échelle de progression du dressage. Il est plus productif de cerner la cause fondamentale que de répéter le mouvement. Dans la plupart des cas, la solution consiste à revenir en arrière, et non à pousser plus loin.

Précipitation & perte de rythme

La précipitation est le défaut le plus courant. Le cheval accélère la cadence au lieu d’allonger sa foulée, tombe sur les épaules et laisse ses membres postérieurs traîner plutôt que de pousser.

La cause est presque toujours un manque de rassembler et d’engagement avant la demande. Le cheval ne dispose d’aucune énergie emmagasinée à libérer dans l’allongement; il compense donc par la vitesse.

La solution ne consiste pas à continuer de demander l’allongement tout en essayant de ralentir le cheval. Revenez au travail rassemblé, utilisez des demi-arrêts plus marqués avant toute tentative d’allongement et travaillez sur des cercles ou en montée pour aider le cheval à trouver son équilibre.

Commencez par seulement quelques foulées bien équilibrées. Le cheval qui offre trois bonnes foulées et en est récompensé développera l’allongement.

Creusement du dos

Lorsqu’un cheval relève la tête, contracte son dos et perd sa perméabilité au moment où l’allongement est demandé, l’assiette du cavalier est généralement le premier élément à examiner. Une assiette qui pousse ou une tension dans le bas du dos du cavalier comprime la ligne du dessus du cheval.

Assouplissez l’assiette, accompagnez le mouvement plutôt que de le créer et observez si le dos du cheval se libère. Si le cheval continue de creuser son dos après que le cavalier a relâché sa position, revenez au travail d’assouplissement aux allures plus lentes avant de tenter de nouveau l’allongement.

Les chevaux qui creusent systématiquement le dos sous l’effet des aides propulsives ont besoin de consacrer davantage de temps au travail de relaxation et d’assouplissement avant d’ajouter les exigences du trot allongé.

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Manque d’expression des antérieurs ou amplitude limitée

Certains chevaux montrent une activité adéquate des postérieurs, mais celle-ci ne s’accompagne pas d’une amplitude correspondante des antérieurs, ce qui produit un allongement qui semble inégal ou qui manque d’amplitude devant.

Il s’agit souvent d’un problème de souplesse plutôt que d’une limitation liée à la conformation. Le cheval peut manquer de souplesse au niveau des épaules ou ne pas être suffisamment échauffé, ce qui empêche les antérieurs de suivre l’amplitude exigée par la poussée de l’arrière-main.

Le travail sur des cavalettis au trot aide à améliorer la liberté des épaules et l’élévation des antérieurs sans que le cavalier ait à les provoquer artificiellement au moyen des aides. Un échauffement complet comprenant des étirements et des exercices latéraux avant de demander tout allongement fait également une différence notable.

Les chevaux qui manquent systématiquement d’amplitude devant répondent généralement bien au travail sur des barres au sol et à une période plus longue dans une attitude d’étirement avant le début du travail exigeant.

Tableau 2. Défauts courants au trot allongé et corrections

Défaut À quoi cela ressemble Cause probable Meilleure correction
Précipitation ou perte de rythme
  • La cadence s’accélère au lieu que les foulées s’allongent
  • Le cheval tombe sur les épaules
  • Les postérieurs traînent plutôt que de pousser
  • Rassembler insuffisant avant la demande
  • L’énergie n’a pas été organisée au moyen de demi-arrêts
  • Revenir au travail rassemblé et à des demi-arrêts délibérés
  • Ne demander que quelques foulées équilibrées
  • Utiliser le travail sur le cercle ou un terrain légèrement en montée pour améliorer l’équilibre
Creusement du dos
  • Le cheval relève la tête et contracte sa ligne du dessus
  • Le dos cesse de fonctionner avec souplesse lorsque l’allongement est demandé
  • Le contact peut devenir résistant ou instable
  • Le cavalier peut pousser, serrer ou se raidir
  • Le cheval peut manquer de décontraction, de souplesse ou de perméabilité
  • Assouplir l’assiette et suivre le mouvement
  • Revenir au travail de décontraction et de souplesse
  • Retarder l’allongement jusqu’à ce que le cheval demeure décontracté dans son dos
Manque d’expression des antérieurs ou amplitude limitée
  • Les postérieurs poussent, mais les antérieurs n’offrent pas une amplitude correspondante
  • L’allongement paraît court, inégal ou limité à l’avant
  • Raideur des épaules ou échauffement inadéquat
  • Liberté limitée dans le dos et l’avant-main
  • Utiliser des cavalettis au trot pour améliorer la liberté des épaules et l’élévation des antérieurs
  • Inclure des étirements et du travail latéral avant l’allongement
  • Ajouter du travail sur des barres au sol et passer plus de temps dans une attitude d’étirement

Trouver l’allongement en piste

Le trot allongé est l’une des épreuves les plus révélatrices de la capacité d’un cheval à transformer la force, l’équilibre et la décontraction en un mouvement expressif. L’objectif n’est pas d’augmenter la vitesse, mais de développer une foulée plus longue et plus puissante tout en conservant le même rythme, le même contact et le même équilibre naturel que dans un travail juste à tous les niveaux.

Pour la plupart des chevaux, la qualité du trot allongé dépend de ce qui se passe avant la diagonale. Le rassembler, l’impulsion, la perméabilité, la condition physique et la position du cavalier déterminent tous si le cheval peut s’allonger correctement ou s’il doit compenser en précipitant, en creusant le dos ou en tombant sur les épaules. Une aide discrète et bien synchronisée ne peut fonctionner que lorsque le cheval est déjà prêt à y répondre.

Un bon entraînement développe l’allongement graduellement. Demander quelques foulées équilibrées qui couvrent du terrain est souvent plus productif que de répéter des diagonales complètes avant que le cheval ait la force nécessaire pour maintenir la qualité.

La responsabilité du cavalier consiste à organiser l’énergie, puis à lui permettre de continuer vers l’avant. Lorsque des problèmes surviennent, la meilleure solution consiste généralement à revenir aux bases : rythme, décontraction, souplesse, contact, impulsion et rassembler.

Un trot allongé correct devrait donner une impression de puissance, sans précipitation. Grâce à une préparation patiente et à une attention particulière à l’état de préparation physique du cheval, les cavaliers peuvent développer un allongement qui est non seulement plus expressif dans la carrière, mais aussi plus sain, plus équilibré et plus durable à long terme.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées sur l’exécution du trot allongé :

Résumé

Le trot allongé est un mouvement de dressage exigeant qui démontre la capacité du cheval à allonger ses foulées et son cadre tout en maintenant le rythme, l’équilibre et sa capacité à se soutenir lui-même. Un allongement correct découle du rassembler, de l’impulsion, de la perméabilité, du conditionnement physique ainsi que d’aides discrètes et bien synchronisées de la part du cavalier.

  • Le trot allongé doit produire des foulées plus longues, couvrant davantage de terrain, sans augmenter le tempo
  • Le rassembler et la capacité à porter le poids aident le cheval à libérer son énergie vers l’avant sans précipiter
  • Une position souple et accompagnante du cavalier permet au dos et au cadre du cheval de s’allonger librement
  • Les demi-arrêts avant et après la diagonale aident à maintenir l’équilibre pendant les transitions
  • Les transitions, le travail latéral, les pentes et les exercices sur des barres peuvent développer la force nécessaire à l’allongement
  • Les erreurs courantes, comme la précipitation, le creusement du dos et une portée limitée des antérieurs, indiquent généralement des lacunes dans les bases
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