L’épaule en dedans est l’un des mouvements latéraux les plus importants dans l’entraînement de dressage. Ce mouvement figure dans les reprises de compétition à partir du deuxième niveau et constitue un exercice d’entraînement précieux pour les chevaux à de nombreux stades de leur développement. Peu d’exercices travaillent à la fois la souplesse, la rectitude, l’engagement des membres postérieurs et la relaxation.

Le maître d’équitation français François Robichon de La Guérinière a qualifié l’épaule en dedans de fondement de tout le travail latéral en 1733. Des siècles plus tard, la recherche équine moderne a confirmé que les exercices latéraux, y compris l’épaule en dedans, sont associés à un degré de relaxation mesurablement plus élevé chez les chevaux.

Les principes classiques et la science moderne indiquent tous deux qu’une épaule en dedans correctement exécutée peut être bénéfique pour le corps et l’esprit du cheval lorsque les cavaliers comprennent comment préparer et exécuter efficacement le mouvement.

Poursuivez votre lecture pour découvrir ce qu’est l’épaule en dedans, pourquoi elle devrait faire partie de l’entraînement régulier, comment bien préparer le cheval à l’exécuter et comment la réaliser correctement.

Qu’est-ce que l’épaule en dedans?

L’épaule en dedans est un mouvement latéral exécuté sur une ligne droite. Le cheval avance tout en étant incurvé autour de la jambe intérieure du cavalier, l’avant-main étant déplacée vers l’intérieur de la piste.

Lorsqu’elle est exécutée correctement, elle constitue l’un des exercices gymnastiques les plus précieux en dressage. Elle développe simultanément la souplesse, l’engagement et la rectitude.

Brève histoire de l’exercice

L’épaule en dedans possède une longue histoire en dressage classique et demeure l’un des exercices fondamentaux pour développer un cheval souple, équilibré et réceptif.

Le célèbre maître d’équitation français Antoine de Pluvinel travaillait avec un exercice précurseur au début du XVIIe siècle, qu’il décrivait comme un moyen de rendre le cheval plus obéissant et plus souple.

Le duc de Newcastle a développé des idées semblables de façon indépendante. François Robichon de La Guérinière, qui a rédigé le guide fondamental du dressage dans son ouvrage de 1733, École de Cavalerie, a donné au mouvement sa structure officielle et défini son rôle dans l’entraînement. [1]

De La Guérinière décrivait l’épaule en dedans comme la préparation à tous les autres mouvements latéraux, un concept qui demeure central au dressage classique. [1] La FEI a intégré l’épaule en dedans comme mouvement de compétition en 1975 et l’a normalisée comme un exercice sur trois pistes exécuté selon un angle d’environ 30 degrés. Les descriptions antérieures présentaient souvent une version plus prononcée, sur quatre pistes. [2]

Définition et tracé des pistes

Dans une épaule en dedans correcte, le corps du cheval forme un angle d’environ 30 degrés par rapport à la direction du déplacement. Cet angle place les membres sur trois pistes distinctes.

Le postérieur extérieur se déplace sur la piste extérieure, la plus près du mur. Le postérieur intérieur et l’antérieur extérieur partagent la piste du milieu. L’antérieur intérieur se déplace sur la piste intérieure, en croisant devant l’antérieur extérieur à chaque foulée.

Le cheval est fléchi à la nuque vers l’intérieur, à l’opposé de la direction du déplacement. Les hanches restent sur la piste ou près de celle-ci pendant que les épaules se déplacent vers l’intérieur. [2]

Il est important de noter que l’épaule en dedans n’est pas la même chose que la cession à la jambe. La cession à la jambe déplace le cheval latéralement avec une flexion latérale minimale. L’épaule en dedans exige à la fois un angle net et une véritable incurvation de tout le corps du cheval.

Bienfaits de l’entraînement à l’épaule en dedans

Pratiquée régulièrement, l’épaule en dedans sert d’exercice d’assouplissement, d’outil de rassembler et de moyen de calmer un cheval tendu ou distrait.

Les maîtres classiques et les chercheurs modernes sont arrivés à une conclusion semblable : lorsqu’elle est exécutée correctement, l’épaule en dedans peut être bénéfique au cheval tant sur le plan physique que mental.

Souplesse et recrutement musculaire latéral

Le travail latéral sollicite des muscles que le travail en ligne droite ne sollicite pas. Les muscles adducteurs et abducteurs des hanches et des épaules s’activent chaque fois qu’un cheval croise ses membres, et les muscles pectoraux s’activent lorsque l’antérieur intérieur croise devant l’autre. [5]

Ces muscles contribuent à l’élasticité latérale et aident le cheval à se porter librement.

Des recherches comparant le trot en ligne droite au trot sur un cercle ont révélé une flexion latérale mesurablement plus importante de la colonne thoracolombaire dans les courbes que sur les lignes droites, ce qui laisse croire que le travail en incurvation augmente la mobilité du dos. [4]

Cette amplitude de mouvement accrue pendant le travail latéral peut améliorer la qualité du travail en ligne droite qui suit.

Engagement des postérieurs

Dans une épaule en dedans correcte, le postérieur intérieur s’avance et s’engage sous le centre de masse du cheval. Dans cette position, il porte plus de poids qu’en ligne droite. Au fil du temps, cette mise en charge répétée développe la force et la flexion articulaire de la hanche, du grasset et du jarret nécessaires au rassembler.

La recherche sur la biomécanique équine confirme qu’une plus grande angulation des articulations des membres postérieurs est à la base de la capacité à porter qui définit le rassembler. [5] L’épaule en dedans commence à développer cette capacité sans surcharger un cheval qui n’a pas encore la force nécessaire pour un travail plus avancé.

Améliorer la rectitude

La plupart des chevaux sont naturellement asymétriques. Ils ont tendance à tomber sur une épaule, à préférer une incurvation et à porter leur arrière-main légèrement d’un côté. La latéralité et l’asymétrie corporelle sont des caractéristiques normales et documentées de la locomotion équine. [6]

Le problème n’est pas l’asymétrie elle-même, mais le développement musculaire inégal et la répartition inégale du poids qu’elle peut créer au fil du temps. L’épaule en dedans aide en demandant au cheval de développer une force et une coordination égales des deux côtés.

La recherche sur la latéralité équine suggère qu’un entraînement visant à développer une force équilibrée des deux côtés est plus efficace que de tenter de corriger mécaniquement l’asymétrie naturelle d’un cheval. [3] L’épaule en dedans sur la rêne la plus raide, exécutée avec patience et correctement, est l’un des outils les plus directs pour améliorer la symétrie fonctionnelle.

Relaxation et gestion du stress

Une étude mesurant les réponses physiologiques et comportementales de 40 chevaux a comparé des séances d’exercices latéraux à des séances en ligne droite.

Les chevaux effectuant un travail latéral ont montré une activité significativement plus élevée du système nerveux parasympathique, un marqueur physiologique de relaxation. Les chevaux participant aux séances en ligne droite ont montré une activité sympathique plus élevée, correspondant à un état de stress plus important. [7]

De plus, les chevaux des séances latérales mâchaient et jouaient avec le mors plus souvent et regardaient moins fréquemment autour d’eux. [7] Ces deux comportements indiquent un cheval plus calme et plus concentré.

Ces résultats confirment ce que les entraîneurs classiques avaient observé bien avant que la recherche existe. Un cheval incurvé autour de la jambe intérieure et travaillant dans des exercices latéraux a tendance à se détendre.

L’épaule en dedans peut être une réinitialisation utile pendant une séance tendue ou difficile, et pas seulement un exercice de gymnastique. Pour les chevaux qui éprouvent des problèmes de tension plus généraux, consultez les stratégies visant à réduire le stress chez les chevaux en complément d’un programme d’entraînement adapté.

Développer les prérequis

Tenter l’épaule en dedans avant que le cheval soit prêt produit quelque chose qui ressemble à l’exercice, mais sans l’incurvation, l’engagement et le rythme qui lui donnent sa valeur. Établir d’abord de bonnes bases permet de gagner beaucoup de temps par la suite.

Ce que l’échelle de progression exige d’abord

Le rythme et la décontraction doivent précéder tout travail latéral. Le cheval doit avancer de façon constante sous l’action de la jambe intérieure, accepter un contact stable et demeurer raisonnablement détendu.

illustration des étapes de la pyramide de progression en dressage

Un cheval qui se raidit contre la pression de la jambe ne peut pas s’incurver autour de cette jambe, peu importe la précision avec laquelle le cavalier utilise les aides. C’est pourquoi l’épaule en dedans s’inscrit dans l’ensemble de l’échelle de progression en dressage, plutôt que d’être considérée comme un exercice isolé.

La capacité à évoluer sur un cercle de 10 mètres avec une incurvation latérale correcte constitue un bon indicateur de préparation. Si le cheval peut maintenir cette incurvation sur un cercle sans résistance, la même forme peut être conservée sur une ligne droite.

De nombreux entraîneurs introduisent la cession à la jambe avant l’épaule en dedans afin d’enseigner au cheval à se déplacer en s’éloignant de l’action d’une jambe, bien que la cession à la jambe n’exige ni ne développe elle-même d’incurvation latérale. [2]

L’épaule en avant comme exercice préparatoire

Les entraîneurs décrivent souvent l’épaule en avant comme le mouvement préparatoire qui mène directement à l’épaule en dedans et au travail latéral qui suit. [8]

Dans l’épaule en avant, l’avant-main ne quitte que légèrement la piste. L’angle est plus faible, les membres ne se croisent pas complètement et le niveau d’exigence est moindre. Toutefois, les aides sont essentiellement les mêmes que pour l’épaule en dedans.

De nombreux cavaliers sautent l’étape de l’épaule en avant dans leur empressement à atteindre le mouvement présenté dans les reprises. Ce raccourci tend à se refléter dans la qualité de l’épaule en dedans qui suit. Un cheval qui a travaillé régulièrement l’épaule en avant avant l’introduction de l’épaule en dedans maintiendra généralement la forme correcte beaucoup plus naturellement.

Comment exécuter une épaule en dedans

Avec les bonnes bases en place, l’épaule en dedans peut être introduite de façon structurée. Au début, l’objectif consiste à établir l’angle et l’incurvation appropriés avant que le cheval commence à se déplacer latéralement. Il faut ensuite maintenir ces deux éléments de façon constante.

La position du cavalier

Les hanches du cavalier restent droites et parallèles au petit côté, soit la direction dans laquelle le cheval se déplace. Les épaules suivent l’angle des épaules du cheval en pivotant légèrement vers l’intérieur. Le poids est réparti uniformément dans la selle, avec un léger appui sur l’ischion intérieur pour soutenir l’incurvation. La hanche extérieure doit rester ouverte et reculée.

Des recherches comparant des cavaliers débutants et avancés pendant l’épaule en dedans ont révélé des différences importantes dans l’utilisation de la jambe et de la hanche extérieures. Les cavaliers avancés présentaient une extension de la hanche et une rotation externe de la jambe extérieure nettement supérieures, et ils ont obtenu de meilleures notes du comité de juges. [9]

La jambe et la hanche extérieures jouent un rôle actif dans l’épaule en dedans. Elles régulent l’angle et la qualité du mouvement, et une hanche extérieure passive est l’une des raisons les plus courantes pour lesquelles le mouvement se désorganise.

La main intérieure crée une légère flexion à la nuque. La main extérieure contrôle l’angle et empêche le cheval de trop plier l’encolure.

L’application des aides

La jambe intérieure à la sangle est la principale aide d’incurvation. Elle maintient également l’énergie vers l’avant. Sans une jambe intérieure active, l’incurvation s’effondre et le trot ralentit. La jambe extérieure se place légèrement derrière la sangle afin de contrôler l’arrière-main et d’empêcher les hanches de s’écarter de la piste.

De nombreux cavaliers laissent la jambe extérieure devenir passive une fois le mouvement commencé. Le cheval laisse alors ses hanches dériver, ce qui élimine l’incurvation et transforme le mouvement en cession à la jambe.

La rêne extérieure est la rêne la plus importante dans l’épaule en dedans. Elle limite la flexion de l’encolure vers l’intérieur et contrôle l’écartement de l’épaule par rapport à la piste.

Les cavaliers qui perdent le contact avec la rêne extérieure se retrouvent presque toujours avec une flexion excessive de l’encolure et un angle insuffisant du corps. Privilégiez la jambe intérieure vers la rêne extérieure afin de maintenir le bon positionnement.

La sensation générale doit être à la fois vers l’avant et de côté. Le mouvement doit demeurer actif et énergique du début à la fin.

L’entrée depuis un coin ou un cercle

La façon la plus simple de commencer l’épaule en dedans est à partir du coin ou de la dernière foulée d’un cercle de 10 mètres. Le coin crée naturellement la bonne incurvation et le bon angle. Lorsque le cheval termine le tournant, le cavalier maintient la position et laisse le cheval continuer vers l’avant le long de la paroi.

Commencer de cette façon fonctionne généralement mieux que d’essayer d’établir l’angle à partir d’une ligne droite. Les jeunes chevaux et les cavaliers qui découvrent ce mouvement bénéficient particulièrement d’une entrée par le coin. Une fois l’angle établi, la rêne extérieure maintient la position tandis que la jambe intérieure garde le cheval en avant et maintient l’incurvation.

schéma comparant une petite et une grande carrière de dressage

Monter le long du grand côté

Un angle irrégulier est la faute la plus fréquemment relevée dans l’épaule en dedans, tant à l’entraînement qu’en compétition. [2] L’angle au début du mouvement doit correspondre à celui de la fin. Lorsqu’il varie, l’exercice perd sa structure et ses bienfaits.

L’antérieur intérieur doit toujours être clairement visible sur une piste intérieure distincte. L’arrière-main doit rester sur la paroi ou près de celle-ci, en avançant droit devant. Le rythme du trot ne doit pas changer. Si le trot perd sa régularité, montez d’abord droit et vers l’avant, rétablissez le rythme, puis reprenez l’angle.

Terminez en redressant le cheval à l’aide de la rêne extérieure avant le coin, ou en le ramenant sur la piste.

Tableau 1. Aide-mémoire des aides pour l’épaule en dedans

Aide du cavalier Son action Erreur courante
Jambe intérieure
  • Crée et maintient l’incurvation autour de la jambe du cavalier
  • Maintient le cheval en mouvement vers l’avant jusqu’à la rêne extérieure
  • Empêche le trot de perdre de l’énergie
  • Devenir passive une fois l’angle établi
  • Pousser latéralement sans suffisamment d’énergie vers l’avant
Jambe extérieure
  • Contrôle les hanches
  • Empêche les hanches de s’écarter de la piste
  • Aide à régler l’angle du mouvement
  • Laisser la jambe extérieure reculer sans agir
  • Laisser le mouvement devenir une cession à la jambe
Rêne intérieure
  • Demande une légère flexion à la nuque
  • Confirme que le cheval reste souple du côté intérieur
  • Tirer l’encolure vers l’intérieur au lieu de déplacer les épaules
  • Créer trop de flexion de l’encolure et pas assez d’incurvation du corps
Rêne extérieure
  • Contrôle l’angle des épaules
  • Limite la flexion excessive de l’encolure
  • Reçoit l’énergie provenant de la jambe intérieure
  • Redresse le cheval à la fin du mouvement
  • Perdre le contact sur la rêne extérieure
  • Laisser les épaules retomber vers la piste
  • Laisser le cheval trop plier l’encolure
Assiette et poids
  • Restent centrés et équilibrés
  • Soutiennent légèrement l’incurvation intérieure
  • Permettent au dos du cheval de continuer à fonctionner avec souplesse
  • S’affaisser sur la hanche intérieure
  • Bloquer l’incurvation par une répartition inégale du poids
Hanches et épaules
  • Les hanches restent perpendiculaires à la direction du déplacement
  • Les épaules suivent l’angle des épaules du cheval
  • La hanche extérieure reste ouverte et reculée
  • Tourner le torse trop loin vers l’intérieur
  • Déconnecter la hanche et la jambe extérieures
  • Monter uniquement avec le haut du corps plutôt qu’avec toute la position

Erreurs courantes lors de l’exécution d’une épaule en dedans

La plupart des erreurs dans l’épaule en dedans proviennent de trois sources : une utilisation excessive de la rêne intérieure, une rêne ou une jambe extérieure passive et un manque d’énergie vers l’avant.

Trop d’encolure, pas assez de corps

Une flexion excessive de l’encolure est la faute la plus courante à tous les niveaux. Le cavalier utilise la rêne intérieure pour tirer l’encolure vers l’intérieur, mais l’épaule reste sur la piste. Lorsque cela se produit, le cheval semble incurvé, mais son corps est en réalité droit. L’arrière-main peut dévier vers l’extérieur, ou le mouvement peut sembler bloqué et lourd.

Pour corriger ce problème, pensez à déplacer l’épaule, et non la tête. La rêne extérieure limite la flexion de l’encolure et dirige cette énergie vers le déplacement de l’avant-main. Gardez le nez du cheval orienté vers la lettre située sur le petit côté, et non vers le grand côté.

Problèmes d’angle

Un angle trop prononcé transforme l’épaule en dedans en cession à la jambe. Lorsque l’arrière-main commence à croiser la piste plutôt qu’à avancer droit devant, ou lorsqu’il y a clairement plus de trois pistes, le mouvement a changé. L’incurvation disparaît généralement à ce moment-là également.

Si l’angle est trop faible, l’exercice correspond à peine à une épaule en avant. Le cheval ne montre aucun véritable croisement, et la demande d’engagement du postérieur intérieur est presque inexistante.

La rêne extérieure permet de corriger les deux problèmes. Une action plus marquée de la rêne extérieure réduit un angle trop prononcé et aide à empêcher l’épaule de revenir vers la piste.

Perte de rythme ou d’impulsion

L’épaule en dedans exige davantage du cheval qu’un trot en ligne droite. Les chevaux dont la force ou l’équilibre sont limités peuvent ralentir, raccourcir leur foulée ou creuser le dos. Ces signes indiquent que le cheval n’est pas encore assez fort pour effectuer davantage de travail latéral.

Effectuez un demi-arrêt avant de commencer le mouvement afin de préparer le cheval et d’établir un équilibre davantage orienté vers le haut. Si le rythme se brise, rétablissez le trot et recommencez.

Travailler sur des sections de cinq à dix mètres avant de tenter tout le grand côté permet de développer progressivement la force et empêche le cheval d’apprendre à éviter l’effort. Si les mêmes problèmes apparaissent dans plusieurs exercices, évaluez l’ensemble du programme d’entraînement afin de repérer de possibles plateaux de performance plutôt que de répéter le mouvement de façon excessive.

L’arrière-main s’éloigne de la piste

Lorsque l’arrière-main se déplace vers l’extérieur, l’incurvation disparaît et le mouvement devient une cession à la jambe. Une jambe extérieure stable constitue la principale correction. Considérez-la comme une barrière qui empêche les hanches de s’échapper.

Si le cheval ignore constamment la jambe extérieure, revenez à l’épaule en avant pendant quelques séances. L’angle plus faible facilite le maintien d’une position correcte pour le cheval et renforce la réponse à l’aide de la jambe extérieure avant de réintroduire les exigences complètes de l’épaule en dedans.

Erreurs de position du cavalier

S’affaisser sur la hanche intérieure est l’une des erreurs de position les plus courantes dans l’épaule en dedans.

Lorsque le poids du cavalier se déplace vers l’intérieur, l’ischion intérieur bloque l’incurvation au lieu de la soutenir. Le cheval se raidit, la qualité du mouvement diminue et le cavalier réagit souvent en tirant davantage sur la rêne intérieure.

Tourner le torse vers l’intérieur est un problème connexe. Lorsque le cavalier tourne trop brusquement, la hanche extérieure perd le contact avec le cheval.

Les recherches confirment que la symétrie du cavalier pendant l’épaule en dedans influence directement la qualité du mouvement. Les cavaliers moins expérimentés présentent une plus grande asymétrie de rotation entre le tronc et le bassin, et cette asymétrie est associée à des notes plus faibles de la part des juges. [9] De plus, une revue plus générale de la biomécanique du cavalier confirme que la posture du cavalier pendant le travail latéral influence la façon dont le cheval se porte. [11]

L’analyse vidéo et l’encadrement au sol sont particulièrement efficaces pour repérer ces tendances, puisque les cavaliers ne peuvent souvent pas les sentir lorsqu’elles se produisent. Les cavaliers peuvent également travailler leur posture à cheval générale afin d’améliorer l’alignement nécessaire aux mouvements latéraux.

Tableau 2. Erreurs courantes dans l’épaule en dedans et correctifs

Problème À quoi cela ressemble Cause probable Correction
Trop de flexion de l’encolure
  • L’encolure est tirée vers l’intérieur, mais les épaules restent sur la piste
  • Le cheval semble incurvé, mais donne l’impression d’être bloqué ou lourd
  • Utilisation excessive de la rêne intérieure
  • Contact insuffisant avec la rêne extérieure
  • Pensez à déplacer l’épaule, et non la tête
  • Montez de la jambe intérieure vers la rêne extérieure
  • Gardez le nez dirigé vers le petit côté
Trop d’angle
  • Le cheval se déplace sur plus de trois pistes
  • L’arrière-main commence à croiser la ligne de déplacement
  • Le mouvement commence à ressembler à une cession à la jambe
  • La rêne extérieure ne régule pas l’épaule
  • La jambe extérieure ne contient pas l’arrière-main
  • Réduisez l’angle avec la rêne extérieure
  • Gardez les hanches en mouvement droit vers l’avant
  • Revenez à l’épaule en avant si le cheval perd l’équilibre
Pas assez d’angle
  • Le cheval ne montre qu’un léger déplacement des épaules
  • L’antérieur intérieur ne se trouve pas clairement sur sa propre piste
  • Il y a peu de croisement ou d’engagement
  • Contrôle insuffisant des épaules
  • Le cheval ne répond pas clairement à la jambe intérieure
  • Rétablissez l’incurvation à partir d’un coin ou d’un cercle de 10 mètres
  • Utilisez la rêne extérieure pour maintenir la position des épaules
  • Demandez quelques foulées correctes avant de poursuivre sur le grand côté
Perte de rythme ou d’impulsion
  • Le trot ralentit, raccourcit ou devient irrégulier
  • Le cheval creuse son dos, se contracte ou perd le balancement du dos
  • Le cheval manque de force ou d’équilibre pour exécuter l’exercice complet
  • Le cavalier demande trop d’angle ou une durée trop longue trop rapidement
  • Montez droit et vers l’avant pour rétablir le rythme
  • Effectuez un demi-arrêt avant de recommencer
  • Pratiquez sur de courtes sections de cinq à dix mètres
L’arrière-main dérive vers l’extérieur
  • Les hanches quittent la piste
  • L’incurvation disparaît
  • Le mouvement ressemble davantage à une cession à la jambe
  • La jambe extérieure est trop passive
  • Le cheval n’accepte pas l’aide qui contient l’arrière-main
  • Gardez la jambe extérieure stable derrière la sangle
  • Considérez la jambe extérieure comme un garde-fou pour les hanches
  • Revenez à l’épaule en avant pendant plusieurs séances, au besoin
Le cavalier s’affaisse vers l’intérieur
  • Le cavalier déplace son poids vers la hanche intérieure
  • Le cheval se raidit ou tombe vers l’intérieur
  • Le cavalier compense en tirant davantage sur la rêne intérieure
  • Appui inégal sur les ischions
  • Perte de stabilité du tronc
  • Le cavalier tente de créer l’incurvation en inclinant son corps
  • Restez centré en accentuant seulement légèrement l’appui sur l’ischion intérieur
  • Gardez la hanche extérieure ouverte et reculée
  • Utilisez une vidéo ou les conseils d’un entraîneur au sol pour repérer cette tendance
Le cavalier tourne son corps vers l’intérieur
  • Le torse du cavalier tourne davantage que les épaules du cheval
  • La hanche extérieure perd le contact
  • Le mouvement perd son alignement et sa qualité
  • Rotation excessive du haut du corps
  • Tentative de diriger le mouvement uniquement avec les épaules
  • Gardez les hanches alignées avec la direction du déplacement
  • Laissez les épaules reproduire seulement légèrement l’angle des épaules du cheval
  • Maintenez une jambe extérieure et une rêne extérieure bien connectées

Intégrer l’épaule en dedans à votre entraînement

Savoir exécuter une épaule en dedans techniquement correcte constitue le point de départ. La véritable valeur de l’exercice réside dans la façon dont il est utilisé tout au long d’une séance et au fil du développement du cheval.

Intégrer l’épaule en dedans à votre échauffement quotidien

Exécuter l’épaule en dedans aux deux mains au début d’une séance aide à délier le dos, à assouplir la musculature latérale et à favoriser la détente avant de commencer un travail plus exigeant.

Une séquence d’échauffement efficace consiste à trotter sur un cercle, à maintenir l’incurvation lorsque le cheval quitte le cercle pour rejoindre le grand côté, à exécuter une épaule en dedans sur 10 à 15 mètres, puis à redresser le cheval et à le porter vers l’avant dans un allongement ou une transition. Répétez à l’autre main afin de travailler les deux côtés de façon égale.

Gestion de la tension et de la raideur

Lorsqu’un cheval devient tendu, distrait ou résistant, l’épaule en dedans aide souvent à rétablir le dialogue. La combinaison de l’incurvation, du déplacement latéral et de la coordination requise tend à ramener l’attention du cheval vers les aides du cavalier.

Des recherches physiologiques montrent que le travail latéral fait évoluer l’état du système nerveux autonome du cheval vers la détente, même lorsque celui-ci commence la séance en montrant des signes de tension. [7] Exécuter quelques foulées d’épaule en dedans avant d’introduire un exercice nouveau ou difficile est l’un des moyens les plus simples d’améliorer la façon dont le cheval aborde l’exercice suivant.

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Progression vers le travers, le renvers et l’appuyer

L’épaule en dedans mène directement au travers, le premier mouvement latéral dans lequel le cheval est incurvé dans la direction du déplacement.

De nombreux entraîneurs passent directement de l’épaule en dedans au travers à la même main afin d’aider le cheval à comprendre la différence. Les aides extérieures se déplacent pour amener les hanches vers l’intérieur plutôt que de les maintenir droites.

L’appuyer exige une incurvation dans la direction du déplacement, combinée à un mouvement vers l’avant et latéral en diagonale. Un cheval qui ne peut pas maintenir une incurvation et un angle constants dans l’épaule en dedans aux deux mains n’est pas prêt à travailler l’appuyer. [8]

Les recherches sur la performance en dressage confirment qu’une progression correcte dans les mouvements latéraux développe les capacités nécessaires aux niveaux supérieurs. [10] À mesure que l’épaule en dedans devient plus constante, il peut être utile de l’intégrer à un programme de conditionnement plus vaste qui développe la force, l’équilibre et la coordination sans compromettre la détente.

Améliorer progressivement le travail de l’épaule en dedans

L’épaule en dedans est utile parce qu’elle demande au cheval de rester en avant, souple, équilibré et attentif en même temps. Lorsqu’elle est exécutée correctement, elle est bien plus qu’un mouvement de compétition ou qu’un exercice de travail latéral. C’est une façon pratique d’améliorer la manière dont le cheval utilise son corps, répond aux aides et se place sous la direction du cavalier.

La qualité du mouvement compte davantage que sa durée. Quelques foulées correctes avec une incurvation nette, un rythme régulier, un engagement actif des postérieurs et un contrôle fiable par les aides extérieures sont plus utiles qu’un grand côté complet exécuté avec une flexion excessive de l’encolure, des hanches qui dérivent ou une impulsion qui s’affaiblit.

Pour le cavalier, l’exercice constitue également un test de coordination. La jambe intérieure crée l’incurvation et l’énergie, mais la rêne extérieure, la jambe extérieure et la hanche extérieure façonnent le mouvement. Lorsque ces aides extérieures demeurent actives, le cheval est plus susceptible de conserver le bon mouvement sur trois pistes sans perdre sa rectitude ni son rythme.

Utilisée avec patience, l’épaule en dedans peut soutenir presque tous les aspects d’un programme d’entraînement en dressage. Elle aide à développer la souplesse, améliore la rectitude fonctionnelle, favorise l’engagement et offre un moyen utile de rétablir le calme en cas de tension ou de distraction. Avec le temps, un travail régulier de l’épaule en dedans prépare également le cheval à des mouvements latéraux plus avancés tout en renforçant le même principe de base : le meilleur entraînement développe simultanément la force et la décontraction.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées sur l’épaule en dedans :

Résumé

L’épaule en dedans est un exercice classique de dressage qui améliore la souplesse, la rectitude, l’engagement et la décontraction lorsqu’il est exécuté correctement. Elle exige une incurvation claire, un rythme régulier, une impulsion active vers l’avant et des aides coordonnées de la part du cavalier.

  • L’épaule en dedans s’exécute sur trois pistes, le cheval étant incurvé autour de la jambe intérieure du cavalier
  • Ce mouvement aide à renforcer le postérieur intérieur et favorise le développement du rassembler
  • L’épaule en avant et des cercles de 10 mètres correctement exécutés constituent une préparation utile avant d’introduire l’épaule en dedans
  • La rêne extérieure, la jambe extérieure et la hanche extérieure sont essentielles pour maintenir l’angle et l’alignement appropriés
  • Les erreurs courantes comprennent une flexion excessive de l’encolure, des hanches qui dévient, une perte de rythme et une asymétrie du cavalier
  • L’épaule en dedans peut être utilisée pendant l’échauffement, pour gérer les tensions et dans la progression vers des mouvements latéraux plus avancés
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Références

  1. de la Guérinière. F. R. École de Cavalerie. 1736.
  2. FEI Dressage Judging Manual. FEI. 2025.
  3. Krueger. K. et al. Laterality in Horse Training: Psychological and Physical Balance and Coordination and Strength Rather Than Straightness. Animals (Basel). 2022.
  4. Byström. A. et al. Differences in Equine Spinal Kinematics Between Straight Line and Circle in Trot. Scientific Reports. 2021.
  5. Clayton. H. M. Horse Species Symposium: Biomechanics of the Exercising Horse. Journal of Animal Science. 2016.
  6. Byström. A. et al. Equestrian and Biomechanical Perspectives on Laterality in the Horse. Comparative Exercise Physiology. 2020.
  7. Mendonça. T. et al. de la Guérinière Was Right: Shoulder-in Is Beneficial for the Physical and Mental States of Horses. Journal of Veterinary Behavior. 2020.
  8. Theodorescu. M. The Purpose and Value of Lateral Work. Dressage Today. 2025.
  9. Baxter. J. et al. Rider Skill Affects Time and Frequency Domain Postural Variables When Performing Shoulder-in. Journal of Equine Veterinary Science. 2022.
  10. Hobbs. S. J. et al. A Scoping Review of Determinants of Performance in Dressage. PeerJ. 2020.
  11. Clayton. H. M. et al. Riders' Effects on Horses: Biomechanical Principles with Examples from the Literature. Animals (Basel). 2023.