L’excès de graisse ou de dépôts adipeux le long du sommet de l’encolure (cresty neck en anglais) est un indicateur de troubles métaboliques chez le cheval.
En effet, les chercheurs croient que ce type de dépôts adipeux localisés, ou l’adiposité de la crête nucale, sont un indicateur probable de syndrome métabolique équin (SME).
Il est important de détecter les dépôts adipeux sur l’encolure du cheval dès leur apparition, car le cheval atteint du SME court le risque de développer une maladie potentiellement débilitante, la laminite.
Si le cheval a déjà accumulé des réserves de graisse le long de la crête d’encolure, il y a heureusement des moyens de réduire cette adiposité. L’alimentation, l’exercice et les pratiques de régie peuvent tous contribuer à éliminer les dépôts adipeux sur l’encolure.
Ce faisant, on diminue aussi les chances du cheval de développer d’autres complications liées à ce trouble métabolique. Pour obtenir des conseils pour diminuer l’adiposité de l’encolure de votre cheval, transmettez ses renseignements et son régime alimentaire en ligne pour analyse.
Quelles sont les causes des dépôts adipeux sur la crête d’encolure des chevaux?
On décrit souvent les chevaux qui ont des dépôts adipeux sur l’encolure comme des animaux qui engraissent facilement ou qui sont « surconditionnés ».
En plus d’être en surpoids, les chevaux présentant une adiposité sur l’encolure peuvent souffrir d’une certaine forme de dysfonctionnement métabolique ou de résistance à l’insuline.
Lorsque l’alimentation contient trop de sucres ou d’amidon, notamment les glucides non structuraux, ceux-ci sont transformés en graisse qui est stockée dans des dépôts adipeux, dont ceux qui se déposent au sommet de l’encolure. Au fil du temps, cette région grossit et se durcit.
Les sucres et l’amidon proviennent de l’herbe riche, du foin, des céréales, des concentrés et des friandises. Les aliments riches en glucides non structuraux peuvent contribuer à former les dépôts adipeux sur l’encolure et à en exacerber la taille.
Les chercheurs ne savent pas exactement pourquoi les chevaux développent cette adiposité le long de la crête de l’encolure. Ils pensent néanmoins qu’il peut s’agir d’une réserve pour entreposer les graisses à long terme.
Les chevaux qui accumulent des dépôts adipeux sur l’encolure peuvent également développer des dépôts de graisse sur l’attache de la queue, au-dessus des yeux, derrière les épaules ou autour du fourreau dans le cas des mâles. En plus d’entreposer l’énergie, ce tissu adipeux synthétise et sécrète des hormones qui affectent le métabolisme et le mécanisme de l’insuline. [1]
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La prévalence
Les chevaux qui ont des dépôts adipeux sur l’encolure peuvent ou non souffrir d’obésité sur l’ensemble du corps. Une étude a révélé que l’obésité selon l’évaluation de l’état de chair et l’adiposité de la crête d’encolure étaient étroitement liées. Dans cette étude, 97,5 % des chevaux obèses et 59,6 % des chevaux qui n’étaient pas obèses présentaient des dépôts adipeux au sommet de l’encolure. [2]
Il semble y avoir un lien génétique entre le SME et l’adiposité de l’encolure, et la prédisposition à l’insulinorésistance de certaines races, particulièrement les poneys Welsh, Dartmoor et Shetland, ainsi que les Andalous, les chevaux Morgan, les mustangs, les chevaux arabes et les Warmblood.
Ces races ont tendance à exploiter le glucose très efficacement pour garantir une grande réserve de calories lorsque la nourriture se fait rare. Cette efficacité les expose d’autre part à un risque accru d’accumulation de graisse lorsque leur alimentation leur apporte un surplus de calories digestibles. [9][10]
Cela dit, la suralimentation, le manque d’exercice et les déséquilibres minéraux peuvent tous jouer un rôle dans l’accumulation des dépôts adipeux sur l’encolure, et ce, peu importe la race.
Le syndrome métabolique équin (SME)
On pense que les dépôts adipeux localisés, comme ceux sur la crête d’encolure, sont l’indicateur le plus fiable du SME. [1]
Le SME est par ailleurs lié à l’obésité et à la résistance à l’insuline. Il prédispose le cheval à la laminite, qui dans ce cas n’est pas causée par une surconsommation de céréales, une colique ou une blessure aux membres comme une fracture. Les chevaux atteints du SME peuvent également présenter un taux élevé de triglycérides.
Chez les chevaux résistants à l’insuline, les cellules des muscles, de la graisse et du foie ne réagissent pas bien à l’insuline et absorbent une moindre grande quantité de glucose dans le sang pour produire de l’énergie. Le pancréas sécrète alors plus d’insuline pour compenser. Au fil du temps, le taux de sucre dans le sang augmente.
Les chevaux âgés de 17 à 20 ans ont des niveaux d’insuline sanguins plus élevés et une sensibilité à l’insuline plus faible que les animaux plus jeunes, ce qui les expose aussi au risque de développer le SME. [3]
Lorsque les chevaux atteints de SME consomment une alimentation riche en glucides non structuraux, leur organisme produit plus d’insuline que la normale et son taux tarde à redescendre aux valeurs en conditions basales. Ces signes cliniques se nommaient anciennement hypothyroïdie, maladie de Cushing périphérique, syndrome précurseur de la laminite ou syndrome X.
Comme mentionné précédemment, les chevaux atteints de SME sont plus à risque de contracter la laminite, qui peut être assez grave dans certains cas. En effet, jusqu’à 25 % des cas d’euthanasie de chevaux sont associés à un cas de laminite. [11]
Le vétérinaire peut procéder de plusieurs manières pour poser un diagnostic de SME :
- en effectuant une analyse de glycémie sanguine;
- en mesurant le taux d’insuline dans le sang;
- en effectuant une analyse du taux de sucre par voie orale;
- en pratiquant un test de tolérance à l’insuline; et/ou
- en prenant des radiographies pour confirmer la présence de laminite ou de modifications dans les pieds du cheval.
Chez les chevaux plus âgés en particulier, il est important d’écarter le DPIP (dysfonctionnement de la pars intermedia de la glande pituitaire, ou PPID en anglais), communément appelé maladie de Cushing, en mesurant la concentration d’ACTH, l’hormone de libération de la corticotrophine produite par les glandes surrénales. Cependant, les chevaux peuvent être atteints à la fois du SME et du DPIP.
L’évaluation des dépôts adipeux sur l’encolure
L’évaluation de l’état de chair (ÉÉC) a longtemps été la méthode la plus couramment employée pour évaluer la masse totale des réserves adipeuses du cheval. L’échelle en neuf points de Henneke est le système de notation le plus largement utilisé pour évaluer l’état de chair.
Récemment, les chercheurs ont développé un moyen de mesurer les dépôts adipeux sur la crête de l’encolure grâce à un système de notation en cinq points connu sous le nom d’évaluation des dépôts adipeux sur l’encolure. On juge un cheval sain s’il a un score de 0 à 2, alors qu’un score de 3 ou plus signale un dysfonctionnement métabolique.
Le système d’évaluation des dépôts adipeux sur la crête d’encolure
On attribue un score aux dépôts adipeux sur le sommet de l’encolure selon l’échelle suivante : [12]
0 — Aucun dépôt adipeux palpable sur la crête d’encolure.
1 — Aucun dépôt adipeux visible sur la crête d’encolure, mais une légère sensation de densité à la palpation.
2 — Les dépôts adipeux sont visibles sur la crête d’encolure, mais la graisse est répartie assez uniformément de la nuque au garrot. On peut facilement saisir la crête d’une seule main et l’incurver de côté.
3 — La crête d’encolure a élargi et épaissi de sorte que les dépôts adipeux sont plus proéminents au milieu de l’encolure que près de la nuque, et semblent former un monticule. La crête d’encolure remplit la main lorsqu’on la saisit et commence à perdre sa souplesse latérale.
4 — La crête d’encolure est remarquablement large et épaisse et il n’est pas possible de la saisir d’une seule main ou de l’incurver facilement de côté. La crête peut arborer des stries ou des sillons perpendiculaires à la ligne supérieure du dos.
5 — La crête d’encolure est si grosse qu’elle pend d’un côté.
Implications de l’évaluation des dépôts adipeux sur la crête de l’encolure
Le système d’évaluation des dépôts adipeux sur la crête de l’encolure est simple, mais l’attribution de scores cohérents requiert les compétences d’une personne expérimentée.
Une étude a montré que les poneys dont le score d’évaluation des dépôts adipeux sur l’encolure était de 3 ou plus étaient cinq fois plus susceptibles d’être résistants à l’insuline que ceux avec un score inférieur à 3. Il n’y avait pas de corrélation entre ces scores et l’évaluation de l’état de chair (ÉÉC) des chevaux. [1]
On observe un phénomène intéressant relativement aux scores d’évaluation des dépôts adipeux sur l’encolure : ils peuvent évoluer tout au long de l’année. Une autre étude a révélé que les scores d’évaluation des dépôts adipeux sur l’encolure étaient plus élevés à la fin des mois d’hiver qu’à la fin de l’été.
Cette constatation est contraire à ce qui caractérise l’obésité générale du corps. En effet, les scores d’évaluation de l’état de chair ont tendance à être au plus haut à la fin de l’été et au plus bas après l’hiver. [4]
Les hormones sexuelles affectent également la répartition des réserves de graisse. Les étalons ont tendance à accumuler plus de graisse le long de la crête d’encolure que les juments ou les hongres.
La mesure des dépôts adipeux le long du ligament nucal de l’encolure n’est pas nécessairement un indicateur fiable de la masse adipeuse corporelle totale, mais elle peut être utile pour prédire les troubles métaboliques.
Lorsqu’on soupçonne que le cheval accumule des dépôts adipeux sur la crête d’encolure, il est conseillé de demander au vétérinaire de l’évaluer dès que possible.
Pour éliminer ces dépôts adipeux, on doit traiter les troubles métaboliques sous-jacents, accroître la quantité d’exercice et donner au cheval un régime hypocalorique pour qu’il perde du poids.
Une fois qu’il aura atteint un score d’état de chair moyen de 4 ou 5, le surplus de graisse sur l’encolure disparaîtra ou diminuera considérablement.
La meilleure façon de nourrir les chevaux avec des dépôts adipeux sur la crête d’encolure
Pour tout cheval qui présente des dépôts adipeux sur la crête d’encolure, la première étape consiste à éliminer les aliments concentrés et l’herbe riche de son alimentation, ainsi que toutes les friandises contenant beaucoup de sucre. Un nutritionniste équin peut être de bon conseil pour savoir quels aliments riches en sucre et en amidon sont à retirer de la diète du cheval.
On les remplacera par un régime alimentaire composé de fourrage à faible teneur en glucides non structuraux. Le meilleur régime alimentaire pour ces chevaux doit avoir une teneur en glucides non structuraux au-dessous de 10 %.
Le port d’une muselière pendant les mises en liberté au pâturage peut limiter la consommation d’herbe et peut être utile pour gérer les chevaux en surpoids qui ont des dépôts adipeux sur l’encolure. [13]
Si le cheval est obèse, il pourrait être nécessaire de diminuer sa ration à 1,25 % du poids vif jusqu’à ce qu’il ait perdu suffisamment de poids. On peut aussi diminuer la densité calorique de l’alimentation en remplaçant une partie du foin par de la paille.
Certains chevaux arborant une crête d’encolure élargie, ceux dont le score est de 3 ou plus, peuvent devoir éviter toute mise à l’herbe, surtout au printemps et en été. Ils doivent plutôt demeurer dans un enclos dépourvu d’herbe et recevoir un régime à base de foin de graminées.
Une fois que les dépôts adipeux sur l’encolure et la résistance à l’insuline sont maîtrisés, ces chevaux pourraient pouvoir tolérer de petites quantités d’herbe, mais il faudra probablement surveiller leur consommation pour le reste de leur vie.
La façon la plus sûre de vérifier la teneur en glucides non structuraux de la diète est de demander une analyse de fourrage. On peut réduire la teneur en sucre du foin d’environ 30 % en le faisant tremper dans de l’eau froide pendant 60 minutes.
Il convient de noter cependant que le trempage du foin peut également entraîner la perte de minéraux comme le potassium, le sodium, le magnésium, le calcium et le phosphore. Par conséquent, il devient nécessaire de supplémenter tous ces minéraux perdus. [14]
Un équilibreur de ration de bonne qualité ou un supplément de vitamines et de minéraux pour chevaux est habituellement la meilleure option pour y remédier. [5] La plupart des équilibreurs de ration sont faibles en glucides non structuraux, mais en cas de doute, il est préférable de vérifier auprès du fabricant.
Le supplément AminoTrace+ de Mad Barn est un mélange de minéraux et de vitamines à faible teneur en glucides non structuraux, conçu pour répondre aux besoins des chevaux atteints de troubles métaboliques. On le donne à de nombreux chevaux avec un historique de dépôts adipeux sur la crête d’encolure.
Le programme d’exercice
Les chevaux qui ont des dépôts adipeux sur l’encolure peuvent par ailleurs profiter d’exercice régulier, ce qui améliore la sensibilité à l’insuline et favorise la perte de poids.
Selon une étude, les poneys entraînés sur un tapis roulant pendant six semaines ont démontré une hausse de leur sensibilité à l’insuline. Cette amélioration s’est maintenue même après six semaines de reconditionnement.
Toutefois, les chercheurs de l’étude ont noté qu’ils pouvaient améliorer les résultats en combinant la restriction alimentaire et l’exercice. [5]
Le travail en longe ou en selle, la mise en liberté dans un grand manège ou un grand enclos dépourvu d’herbe, ou même un système de pistes (paddock paradise) peuvent tous encourager le cheval à bouger plus et faire partie d’un programme d’exercice favorable à sa santé.
En outre, héberger le cheval en troupeau avec d’autres chevaux peut aider à diminuer les dépôts adipeux sur l’encolure. Lorsque les individus dans le troupeau sont plus nombreux, ils se font une plus grande concurrence pour l’accès au fourrage et leur niveau d’activité augmente, ce qui est bénéfique pour les chevaux atteints de SME. [4]
Des suppléments utiles pour combattre l’adiposité de l’encolure
La recherche a démontré que certains minéraux, notamment le magnésium et le chrome, favorisent la sensibilité à l’insuline et peuvent aider à réduire les dépôts adipeux sur l’encolure des chevaux.
Le chrome
Le chrome est un oligo-élément essentiel nécessaire à l’exploitation des calories. En effet, le facteur de tolérance au glucose (FTG) est synthétisé à partir du chrome alimentaire. De plus, le FTG se lie à l’insuline pour rehausser son action dans l’organisme.
Une étude a conduit les chercheurs à conclure que la supplémentation de 4 mg de chrome par jour peut améliorer la sensibilité à l’insuline et peut également aider à empêcher les chevaux de devenir résistants à l’insuline plus tard dans leur vie.
Les sujets de l’étude qui ont reçu du chrome avaient des concentrations plasmatiques de glucose plus faibles que ceux qui n’ont pas reçu le supplément. [6]
Le magnésium
Le magnésium est crucial pour maintenir une fonction métabolique saine et joue un rôle dans le métabolisme des glucides, des protéines et des graisses. Le magnésium peut soutenir une répartition adipeuse normale chez les équidés en surpoids, en particulier ceux qui ont des réserves de graisse sur l’encolure.
On a découvert une corrélation entre un faible niveau cellulaire de magnésium et la résistance à l’insuline. [15] La supplémentation en magnésium a montré une amélioration de la tolérance au glucose chez les chevaux [16] et les humains, ainsi que dans les modélisations animales. [17]
L’oxyde de magnésium est très concentré et facilement absorbé par les chevaux, ce qui en fait un bon choix pour la supplémentation en magnésium. Il peut simplement être mélangé ou ajouté au foin trempé, aux comprimés de foin ou à un équilibreur de ration.
MagneChrome de Mad Barn contient plusieurs ingrédients de qualité, y compris du magnésium et du chrome, qui ont tous deux démontré leur capacité à promouvoir la santé métabolique chez les chevaux.
La spiruline
La spiruline est un autre supplément aux propriétés démontrées qui peut être utile aux chevaux atteints d’adiposité sur l’encolure.
Spirulina platensis est une algue bleu-vert raffinée en poudre. Elle est riche en antioxydants, y compris le bêta-carotène, en vitamine C et en vitamine E. Elle contient également des acides gras anti-inflammatoires qui favorisent la santé métabolique.
Dans une étude portant sur des chevaux souffrant de SME, les sujets ont reçu trois mois de supplémentation en spiruline, ce qui a mené à une diminution de leurs scores d’évaluation des dépôts adipeux sur la crête d’encolure et à une amélioration de leur sensibilité à l’insuline, en plus de soutenir la perte de poids. Les six chevaux atteints de SME qui ont fait l’objet de cette étude avaient un score d’évaluation des dépôts adipeux sur la crête d’encolure de 4 avant de recevoir le supplément de spiruline. Pour cinq des six chevaux, le score a baissé à 3 après la période de supplémentation. [18]
Sommaire
Si votre cheval a accumulé des dépôts adipeux sur sa crête, il est important de prendre des mesures dès que possible afin d’éliminer l’accumulation du surplus de graisse sur son encolure ainsi que sur les autres régions du corps.
Portez une attention particulière à son alimentation, augmentez la quantité d’exercice si possible et complétez sa diète avec des ingrédients qui peuvent hausser sa sensibilité à l’insuline. En faisant tout ce qui précède, vous soignerez aussi le trouble métabolique sous-jacent qui est à la source de l’adiposité de l’encolure.
Si votre cheval a des dépôts adipeux sur l’encolure, nos nutritionnistes peuvent vous aider. Transmettez le régime alimentaire de votre cheval en ligne pour obtenir une évaluation gratuite et des conseils personnalisés sur la façon d’ajuster son alimentation.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur l’encolure adipeuse chez les chevaux :
Une encolure adipeuse chez les chevaux correspond à une accumulation excessive de graisse le long du dessus de l’encolure, également appelée adiposité de la crête nucale. Ce dépôt de graisse localisé est considéré comme l’un des signes externes les plus importants du syndrome métabolique équin. [1] Une encolure adipeuse peut être présente chez les chevaux obèses, mais elle peut aussi apparaître chez des chevaux qui ne semblent pas visiblement en surpoids. Comme elle est associée à la résistance à l’insuline et au risque de fourbure, une encolure adipeuse doit être prise au sérieux et évaluée rapidement.
Un cheval peut développer une encolure adipeuse lorsque les calories excédentaires, particulièrement celles provenant des sucres et de l’amidon, sont stockées sous forme de graisse le long du dessus de l’encolure. Les sucres et l’amidon sont des glucides hydrolysables qui sont digérés et absorbés dans l’intestin grêle et qui contribuent aux pics d’insuline. L’insuline favorise le stockage des graisses dans les adipocytes et, avec le temps, la crête de l’encolure peut devenir élargie et ferme. La génétique, la prédisposition raciale, la suralimentation, le manque d’exercice et les déséquilibres minéraux peuvent également contribuer au développement d’une encolure adipeuse. [9][10]
Une encolure adipeuse n’est pas toujours un signe qu’un cheval est globalement obèse. Dans une étude, 97,5 % des chevaux obèses et 59,6 % des chevaux non obèses présentaient une encolure adipeuse. [2] Cela signifie qu’un dépôt graisseux au niveau de l’encolure peut être présent même lorsque l’état corporel général ne semble pas excessif. Un score élevé d’encolure adipeuse en l’absence d’obésité évidente demeure important, car il peut indiquer un dysfonctionnement métabolique sous-jacent.
L’encolure adipeuse est étroitement liée au syndrome métabolique équin, car les dépôts de graisse localisés constituent un signe externe caractéristique de cette affection. Le syndrome métabolique équin est associé à l’obésité, à la résistance à l’insuline, à des dépôts graisseux anormaux et à un risque accru de fourbure. [1] Les chevaux atteints de résistance à l’insuline ne répondent pas normalement à cette hormone; le pancréas produit donc davantage d’insuline pour faire sortir le glucose du sang. Après des repas riches en sucre ou en amidon, les chevaux atteints peuvent produire des quantités excessives d’insuline et mettre plus de temps à revenir à leurs niveaux de base.
Les chevaux les plus susceptibles de développer une encolure adipeuse comprennent les chevaux faciles à maintenir, les chevaux en surcondition corporelle, les chevaux âgés et les races prédisposées à la résistance à l’insuline. Les poneys Welsh, Dartmoor et Shetland, les Andalous, les Morgans, les Mustangs, les Arabes, les Haflingers, les Islandais et les races à allures peuvent être plus susceptibles. [9][10] Ces chevaux utilisent souvent le glucose de manière efficace, ce qui les aide à survivre lorsque la nourriture est rare, mais augmente le risque de stockage des graisses lorsque l’apport énergétique est excessif. Toutes les races peuvent développer une encolure adipeuse si l’alimentation, l’exercice ou la santé métabolique ne sont pas bien gérés.
Une encolure adipeuse est évaluée à l’aide du Cresty Neck Score, une échelle de 0 à 5 qui mesure l’accumulation de graisse le long du dessus de l’encolure. Un score de 0 signifie qu’aucune crête n’est palpable, tandis qu’un score de 5 signifie que la crête est tellement volumineuse qu’elle retombe d’un côté. [12] Les chevaux sont généralement considérés en bonne santé avec un score de 0 à 2, tandis qu’un score de 3 ou plus suggère un dysfonctionnement métabolique. L’évaluation devrait être réalisée de façon constante et idéalement par une personne expérimentée, puisque le type racial, la musculature des étalons et les changements saisonniers peuvent influencer l’interprétation.
Un score d’encolure adipeuse de 3 ou plus signifie que la crête de l’encolure est élargie, épaissie et commence à perdre sa souplesse latérale. Les poneys ayant un score de 3 ou plus étaient cinq fois plus susceptibles d’être résistants à l’insuline que ceux ayant des scores inférieurs, indépendamment de leur note d’état corporel. [1] Cela fait du score d’encolure adipeuse un outil utile pour identifier les chevaux qui pourraient nécessiter des tests métaboliques. Les scores peuvent également varier selon la saison; une étude a observé des scores plus élevés à la fin de l’hiver qu’à la fin de l’été. [4]
Les problèmes métaboliques chez un cheval ayant une encolure adipeuse peuvent être évalués par un vétérinaire à l’aide d’une mesure de la glycémie, d’un dosage de l’insuline sanguine, d’un test oral au sucre ou d’un test de tolérance à l’insuline. Des radiographies peuvent également être utilisées si une fourbure ou des changements au niveau des pieds sont soupçonnés. Les chevaux âgés devraient aussi être évalués pour la dysfonction de la pars intermedia de l’hypophyse au moyen d’une mesure de la concentration d’hormone adrénocorticotrope ou de la réponse à l’hormone de libération de la thyréotropine. Les chevaux peuvent être atteints à la fois du syndrome métabolique équin et de la dysfonction de la pars intermedia de l’hypophyse; les tests aident donc à orienter une gestion sécuritaire.
Les changements alimentaires qui aident à réduire une encolure adipeuse chez les chevaux commencent par l’élimination des aliments concentrés, des pâturages luxuriants et des gâteries riches en sucre. Ceux-ci devraient être remplacés par une alimentation à base de fourrage pauvre en glucides hydrolysables, idéalement à moins de 10 %. Le foin de graminées mature est souvent privilégié pour la perte de poids puisqu’il peut fournir des fibres avec un apport calorique plus faible. L’analyse du fourrage demeure la meilleure façon de connaître sa teneur en glucides hydrolysables, et le trempage du foin dans l’eau froide pendant 60 minutes peut réduire la teneur en sucre d’environ 30 %, bien que les résultats varient. [22]
L’exercice peut aider à éliminer une encolure adipeuse en améliorant la sensibilité à l’insuline et en favorisant la perte de poids. Dans une étude, des poneys exercés sur un tapis roulant pendant six semaines ont montré une amélioration de leur sensibilité à l’insuline, et cette amélioration persistait après six semaines de reconditionnement. [5] Une restriction alimentaire combinée à l’exercice peut produire de meilleurs résultats que l’exercice seul. Les options sécuritaires peuvent inclure l’équitation, le travail à la longe, les sorties dans un manège ou un paddock sec, ou encore un système de piste, selon l’état locomoteur du cheval et son risque de fourbure.
Les suppléments peuvent aider les chevaux ayant une encolure adipeuse lorsqu’ils favorisent la sensibilité à l’insuline, le statut antioxydant ou l’équilibre nutritionnel, mais ils ne devraient pas remplacer une gestion appropriée de l’alimentation et de l’exercice. Le magnésium est important pour le métabolisme des glucides, des protéines et des lipides, et de faibles concentrations cellulaires de magnésium sont corrélées à la résistance à l’insuline. [15] La supplémentation en magnésium a démontré des améliorations de la tolérance au glucose chez les chevaux et d’autres espèces. [16][17] La spiruline a également montré des résultats prometteurs; une étude a rapporté une diminution des scores d’encolure adipeuse, une amélioration de la sensibilité à l’insuline et un soutien à la perte de poids après trois mois chez des chevaux atteints du syndrome métabolique équin. [18]
Résumé
Une encolure « cresty » signale souvent un déséquilibre métabolique sous-jacent plutôt qu’un simple problème esthétique. Le fait d’agir tôt sur l’alimentation, le niveau d’activité et la santé métabolique globale peut aider à réduire l’accumulation de graisse et à diminuer le risque de complications connexes.
- L’encolure « cresty » reflète un excès de stockage de graisse, souvent associé à la résistance à l’insuline.
- Les ajustements alimentaires jouent un rôle central dans la réduction des dépôts graisseux anormaux.
- Une augmentation de l’exercice peut soutenir la régulation du poids et la fonction métabolique lorsque cela est approprié.
- L’amélioration de la sensibilité à l’insuline permet de s’attaquer à la cause profonde plutôt qu’aux seuls changements de surface.
- La gestion de la condition corporelle globale favorise la santé et la solidité à long terme.
Références
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