Qu’est-ce que cela signifie d’avoir un cheval en santé?

En anglais, le terme fort populaire « soundness » est utilisé par les propriétaires de chevaux pour décrire comment un cheval se déplace. Par exemple, un cheval n’est pas sound s’il boite ou si sa démarche présente une anomalie.

Cependant, la santé d’un cheval ne se limite pas au mouvement, tout comme la description de ce terme couramment utilisé. Elle englobe aussi la santé et le bien-être général d’un cheval ainsi que sa capacité à accomplir la tâche qu’on lui demande.

Les chevaux sont considérés comme parfaitement sains s’ils n’ont aucun problème de santé et se déplacent parfaitement sans intervention vétérinaire (c’est-à-dire sans injections ni contrôle de la douleur). [1]

Comme vous pouvez l’imaginer, les chevaux parfaitement sains qui ne nécessitent jamais d’intervention sont très rares. Un cheval ne peut jouir d’une santé parfaite que pendant de courtes périodes ponctuelles de sa vie.

Cependant, la plupart des chevaux bénéficient d’une santé leur permettant de travailler. Grâce à un certain entretien, ces chevaux peuvent accomplir les tâches qui leur sont demandées sans présenter de douleur ou de maladie.

Santé et boiterie

Chez les chevaux, la santé est définie comme l’absence de boiterie ou de maladie. Un cheval en bonne santé est capable d’effectuer le travail requis sans risquer de se blesser.

En termes de démarche (allure) et de mouvement, un cheval qui se déplace de manière anormale n’est pas considéré sain, même s’il ne ressent pas de douleur.

C’est ce qu’on appelle une boiterie mécanique. Ces chevaux se déplacent de manière anormale au pas, au trot, au petit galop ou au grand galop à cause d’un défaut anatomique ou d’une blessure antérieure. [1]

La boiterie peut aussi être d’origine neurologique. Dans de tels cas, les chevaux se déplacent de manière anormale en raison de problèmes au niveau du système nerveux central (cerveau et moelle épinière) ou du système nerveux périphérique (nerfs s’étendant à partir de la moelle épinière). La boiterie neurologique chronique peut résulter de problèmes neurologiques persistants et d’un affaiblissement des muscles, car les nerfs ne peuvent pas communiquer correctement avec les muscles. [2]

Enfin, on dit d’un cheval qui se déplace de manière anormale à cause de la douleur ou d’une blessure qu’il souffre d’une boiterie liée à la douleur. La douleur pousse le cheval à éviter de bouger la zone affectée ou à porter du poids sur cette dernière, entraînant un mouvement anormal. Les boiteries sont le plus souvent causées par la douleur. [1]

Boiterie mécanique

La boiterie mécanique peut être causée par une anatomie anormale présente dès la naissance, comme un bassin malformé ou un pied bot.

Les chevaux affectés trouveront généralement une façon de se déplacer qui leur permettra de rester confortables et mobiles, mais ils auront probablement besoin d’examens vétérinaires fréquents pour déterminer s’ils ressentent de la douleur dans d’autres régions de leur corps. [3]

La plupart des boiteries mécaniques sont causées par du tissu cicatriciel résultant d’une blessure antérieure. La cicatrisation se forme au site de la lésion tissulaire due à une maladie ou une blessure.

Les tissus cicatriciels ont une structure en forme de pont qui reconnecte les tissus sains. Par exemple, lorsqu’un tendon se déchire, le tissu cicatriciel relie à nouveau les deux extrémités du tendon.

Bien que la formation de tissu cicatriciel soit un signe de guérison d’une blessure, sa présence peut entraver le mouvement naturel dans la zone affectée. Les tissus conjonctifs cicatriciels provoquent un mouvement anormal, car ils sont plus épais que les tissus sains. [4]

Normalement, lorsqu’un cheval se déplace, les tissus s’étirent, glissent et se rétractent pour favoriser le mouvement. Toutefois, le tissu cicatriciel est moins élastique et ne peut pas bouger de la même manière.

Le tissu cicatriciel n’est souvent pas douloureux, mais il peut entraîner des compensations dans d’autres parties du corps du cheval, qui peuvent provoquer des douleurs. Si vous remarquez que votre cheval se déplace de manière anormale, demandez à votre vétérinaire de l’examiner pour détecter des signes de douleur. [1]

Boiterie neurologique

La boiterie neurologique peut être causée par une blessure ou une maladie affectant le système nerveux du cheval, y compris le cerveau, la moelle épinière, ou les nerfs qui en émanent.

Ces chevaux peuvent présenter les symptômes suivants : [2]

  • Des foulées courtes et saccadées
  • Un dérobement au niveau du paturon
  • Une posture anormale, comme un dos voûté
  • Des trébuchements, notamment en montant ou descendant de petites marches
  • Un comportement anormal, comme une réactivité extrême ou une apathie
  • Un manque d’équilibre

La boiterie neurologique n’est généralement pas associée à la douleur. Elle est plutôt caractérisée par un dysfonctionnement dans la communication entre les nerfs et les muscles.

La boiterie neurologique ne doit pas être ignorée. Les problèmes du système nerveux sont graves et nécessitent une intervention rapide. [2]

Boiterie liée à la douleur

La boiterie et les mouvements anormaux sont le plus souvent causés par la douleur. [3] Cela peut être dû à une blessure, une fracture, une maladie dégénérative des articulations, une inflammation, une contusion, une infection, une plaie cutanée ou une autre source de douleur.

La boiterie liée à la douleur peut se manifester par une boiterie, des raideurs, ou simplement quelque chose d’inhabituel dans la façon dont le cheval se déplace. Elle est catégorisée comme boiterie portante ou non portante. [1]

Les chevaux avec une boiterie portante (jambe d’appui) essaieront de réduire la force appliquée sur le membre affecté.

Les chevaux avec une boiterie non portante (jambe oscillante) hésiteront à mettre du poids sur leur membre et peuvent le balancer sans toucher le sol. [5]

Les chevaux souffrant de douleur bilatérale, par exemple aux deux pieds ou aux deux jarrets, présenteront une foulée raccourcie et un renforcement musculaire au niveau du cou (avant-main) ou du dos (avant-main et arrière-main).

Échelle d’évaluation des boiteries de l’AAEP

La boiterie est notée sur une échelle standardisée développée par l’AAEP (American Association of Equine Practitioners). [6]

Note de 0 : aucune boiterie perceptible peu importe les circonstances

Note de 1 : boiterie difficile à observer et qui n’est pas toujours apparente, quelles que soient les circonstances (ex : sous la selle, déplacement en cercle, pentes, surface dure, etc.)

Note de 2 : boiterie difficile à observer au pas ou au trot en ligne droite mais toujours apparente dans certaines circonstances (ex : mise en charge, cercle, pentes, surface dure, etc.)

Note de 3 : boiterie constamment apparente au trot en toutes circonstances

Note de 4 : boiterie évidente au pas

Note de 5 : boiterie entraînant une mise en charge minimale en mouvement et/ou au repos ou une incapacité totale à se déplacer.

Les chevaux souffrant d’une boiterie peuvent être traités avec des injections ou des analgésiques pour améliorer leur mobilité. Cependant, si le cheval a besoin de médicaments pour ne pas avoir de douleur, il n’est plus considéré comme sain.

Il est important de comprendre qu’un cheval qui n’est pas considéré comme sain ne ressent pas forcément de douleur, comme dans le cas d’une boiterie mécanique ou neurologique. Cependant, un cheval qui souffre n’est pas sain, qu’il présente une boiterie ou non.

Douleur en l’absence de boiterie

Les chevaux sont des proies herbivores. Dans la nature, ils sont confrontés à des prédateurs, incluant les loups, les couguars et même les ours.

En raison de leur instinct de proie, ils n’aiment pas montrer des signes de douleur. Si un prédateur chasse un troupeau d’animaux, il attaquera souvent un animal qui présente un problème évident avant un animal en bonne santé qui paraît fort. [7]

Bien que les chevaux domestiques ne soient généralement pas exposés au risque de prédation, ces instincts évolutifs persistent. Cela signifie que si votre cheval montre des signes de douleur, il ressent probablement une douleur importante. [8]

Signes de douleur chez les chevaux

La douleur ne se manifeste pas toujours par une boiterie ou un mouvement anormal. Elle peut aussi se manifester par : [9]

Un cheval qui souffre mais qui ne boite pas n’est pas considéré comme étant sain. Un examen vétérinaire de boiterie est nécessaire si vous pensez que votre cheval ressent de la douleur.

Santé fonctionnelle

La santé fonctionnelle est une traduction libre du terme serviceable soundness en anglais. Les chevaux fonctionnellement sains peuvent effectuer leur travail au niveau désiré avec un certain niveau d’attention ou d’intervention supplémentaire. [11]

Un cheval en bonne santé fonctionnelle peut nécessiter un entretien sous forme d’injections articulaires ou de faibles doses d’analgésiques pour rester sans douleur dans son travail.

La majorité des chevaux sont considérés comme étant en bonne santé fonctionnelle. Même les chevaux de compétition au plus haut niveau ont généralement besoin d’un certain niveau d’intervention pour éviter les douleurs ou les raideurs.

Les interventions visant à maintenir la santé incluent généralement :

Conformation saine

Une conformation saine fait référence à la capacité du cheval à effectuer le travail qu’on lui demande de faire. Par exemple, un cheval de plaisance Western n’a peut-être pas la conformation adéquate pour le saut.

La plupart des chevaux peuvent performer dans n’importe quelle discipline à un niveau bas. Cependant, les chevaux dont la conformation n’est pas adaptée à une discipline de haut niveau sont plus sujets aux blessures. [12]

Acheter un cheval présentant une bonne conformation

Lorsque vous achetez un cheval, la question la plus importante à vous poser est : « Pour quel type de travail ce cheval sera t-il utilisé? ». Vous devez vous assurer que le cheval que vous envisagez d’acheter est bien adapté au travail que vous lui demanderez.

Tenez compte de la conformation du cheval et déterminez si elle convient à votre niveau et à votre discipline. Un examen préachat par votre vétérinaire peut vous aider à cet égard.

Si le cheval n’est pas parfaitement adapté à votre discipline, demandez-vous si le conditionnement peut compenser ses défauts. L’entraînement et l’exercice peuvent réduire l’impact de défauts de conformation mineurs. Par exemple, un cheval avec un arrière-main faible peut faire des exercices pour renforcer la zone, facilitant le travail de dressage.

Défauts de conformation graves

Bien que certains défauts de conformation mineurs puissent être atténués par un conditionnement minutieux, certains défauts de conformation sont plus graves. Les défauts suivant entraînent plus souvent une boiterie :

  • Le genou creux (genou de mouton) : l’os du canon est incliné vers l’arrière, ce qui fait que le genou se trouve derrière la verticale
  • Des jarrets droits (cheval campé du derrière) : peu ou pas de courbure au niveau des jarrets du cheval ; la jambe arrière est presque complètement droite
  • Des paturons droit jointés : les paturons sont trop verticaux avec peu de flexion au niveau du boulet
  • Un dos courbé : aussi appelé « cyphose », le dos est voûté
  • Des paturons trop longs : ces derniers se fléchissent trop sous la charge et peuvent causer des blessures aux tendons ou aux ligaments
  • Des pieds disproportionnellement petits : ces chevaux sont sujets à la maladie naviculaire

Les chevaux présentant ces défauts de conformation sont moins susceptibles de rester en bonne santé au travail, même avec un plan de conditionnement.

Un cheval présentant des problèmes de conformation subira une mauvaise répartition des forces dans son corps, entraînant des foulures et des entorses, de l’arthrite ou même des fractures de stress. [12]

Les chevaux ayant des défauts de conformation qui affectent leurs performances dans un sport choisi ne sont pas considérés comme ayant une conformation saine. Étant donné que le type de conformation requise d’une discipline à l’autre varie considérablement, un cheval sain dans une discipline ne le sera peut-être pas dans une autre. [12]

Santé générale

La santé générale fait référence au bien-être global du cheval et à la présence ou l’absence de maladies ou d’affections chroniques. Un cheval souffrant d’une maladie chronique n’est pas considéré comme sain, même s’il ne boîte pas.

Certaines pathologies courantes qui affectent la santé d’un cheval incluent (sans s’y limiter) :

Les maladies chroniques affectent la façon dont un cheval effectue son travail et vit sa vie. Bien qu’un cheval souffrant d’une pathologie chronique ne soit pas considéré comme sain, vous pouvez soutenir sa santé avec des soins vétérinaires diligents et une bonne gestion.

Garder un cheval en bonne santé

Bien qu’il soit difficile de garder votre cheval en parfaite santé tout au long de sa vie, il existe de nombreuses façons de soutenir sa santé pour qu’il reste en aussi bonne forme que possible.

Soins vétérinaires et de maréchalerie préventifs

Fournir des soins vétérinaires et de maréchalerie préventifs est la première étape pour un cheval et en bonne santé. Assurez-vous que votre cheval reçoive régulièrement les soins suivants :

  • Des protocoles de vermifugation guidés par un vétérinaire
  • Des vaccins annuels
  • Des vérifications quotidiennes par le soigneur afin de détecter rapidement toute maladie
  • Des soins réguliers du maréchal-ferrant
  • Un râpage de dents régulier

L’incorporation de soins réguliers à la routine aidera à maintenir la santé de votre cheval aussi longtemps que possible et contribuera à prévenir des urgences coûteuses et évitables.

Gestion des installations

Une bonne gestion des installations est essentielle pour garder votre cheval en bonne santé. Des écuries propres et bien ventilées aident à prévenir les problèmes respiratoires tout en réduisent le risque d’infections bactériennes.

  • Assurez-vous que votre écurie est adéquatement ventilée; l’air ne doit pas être poussiéreux ou étouffant
  • Fournissez à votre cheval du foin de grande qualité et peu poussiéreux
  • Assurez-vous que votre cheval a toujours accès à de l’eau propre et fraîche
  • Nettoyez soigneusement les box pour éviter les infections bactériennes

Nutrition et exercice

Le maintien d’un régime alimentaire et d’un programme d’exercice équilibrés peut aider à garder votre cheval en bonne santé. Assurez-vous que votre cheval n’est pas en surpoids, car un excès de poids peut contribuer à la boiterie.

Tenez compte de la race, du poids et de la forme physique actuelle de votre cheval lors de l’élaboration d’un programme d’entraînement. Un exercice approprié aide à soutenir la mobilité et la santé articulaire.

Si votre cheval est en surpoids, il est possible qu’il ait besoin d’exercice de faible intensité de façon régulière pour améliorer sa condition physique. Consultez votre vétérinaire pour identifier un programme d’exercice approprié si votre cheval n’est pas en forme.

La nutrition est cruciale pour maintenir un cheval en bonne santé. Nourrissez votre cheval avec un régime équilibré contenant des niveaux adéquats d’énergie, de protéines, de vitamines et de minéraux.

Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur la santé locomotrice chez les chevaux :

Résumé

La solidité décrit la capacité d’un cheval à rester en santé, confortable et apte à accomplir son travail. Elle comprend un mouvement normal, l’état physique général et la façon dont le cheval gère le travail quotidien et le stress.

  • Les chevaux sains se déplacent normalement et ne montrent aucun signe d’inconfort
  • Des problèmes mécaniques peuvent modifier les schémas de mouvement même en l’absence de douleur
  • Les problèmes neurologiques perturbent la coordination et le contrôle du corps
  • Une boiterie liée à la douleur se développe à la suite d’une blessure, d’une inflammation ou d’une maladie
  • La solidité de service reflète un cheval qui reste confortable avec des soins de routine
  • La conformation influence la durabilité à long terme et l’aptitude à des tâches spécifiques
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Références

  1. Adams, S. Lameness in Horses. Merck Manual. 2022.
  2. Bedenice, D. and Johnson, A. Neurologic conditions in the sport horse. Animal Frontiers. 2022. View Summary
  3. Williams, G. and McKenna, A. The Equine Athlete: Development, maintenance, and rehabilitation. Horse Movement: Structure, Function, and Rehabilitation. 2014.
  4. The Atlanta Equine Clinic. Tendon and Ligament Injuries. The Atlanta Equine Clinic. 2020.
  5. Davidson, E. Lameness Evaluation of the Athletic Horse. Vet Clin Equine. 2018. View Summary
  6. AAEP. LAMENESS EXAMS: Evaluating the Lame Horse. American Association of Equine Practitioners. 2016.
  7. Genovart, M. et al. The Young, the Weak and the Sick: Evidence of Natural Selection by Predation. PLOS One. 2010.
  8. Anderson, P. et al. Towards Machine Recognition of Facial Expressions of Pain in Horses. Animals. 2021. View Summary
  9. OVMA. Signs of Pain in Horses. Oregon Vet Med Association. 2022.
  10. Carins, G. Veterinarians and Horse Racing. Can Vet J. 1961.
  11. Fisher, W. et al. Society Proceedings. Chicago Veterinary Society. 1898.
  12. Thomas, H. The Horse Conformation Handbook. Storey Publishing. 2005.