Votre cheval est-il stressé? Les chevaux préfèrent la routine et son anxieux lorsqu’ils se trouvent dans un nouvel environnement, lorsqu’ils changent de groupe social ou lorsque leurs habitudes sont perturbées.

Le stress et l’anxiété peuvent aussi être causés par l’ennui ou le manque de stimulation, un programme d’exercice inapproprié, de la douleur ou de l’inconfort, ou un changement de régime alimentaire.

Parfois, le stress et l’anxiété sont temporaires et disparaissent à mesure que le cheval s’adapte aux changements apportés à son mode de vie. Il se peut aussi que le stress soit chronique et qu’il indique la nécessité de revoir certaines pratiques de régie pour favoriser le calme.

Les chevaux sécrètent du cortisol en réponse à une situation stressante. Lorsque le niveau de cette hormone demeure élevé sur une longue période sans jamais revenir à la normale, c’est le signe d’un stress chronique. Cet état peut avoir des répercussions négatives sur la santé et le comportement du cheval.

Dans cet article, nous verrons les signes et les causes du stress équin, ainsi que 18 conseils pratiques pour réduire le stress et l’anxiété de votre cheval.

Qu’est-ce qui cause du stress au cheval?

Les chevaux sont des animaux de proie locomoteurs qui sont adaptés à un mode de vie nomade. Les chevaux féraux sillonnent de vastes étendues plates et montagneuses, parcourant chaque jour une distance de plus de 32 km à la recherche de nourriture et pour échapper aux prédateurs.

Les chevaux sont très perceptifs et hautement sensibles aux menaces dans leur environnement. Dotés d’un temps de réaction très bref et d’un sens aigu de la fuite pour survivre, ils peuvent être prompts à sursauter. [5]

Les chevaux sont aussi des animaux de troupeau, vivant en groupes nombreux pour la reproduction et la protection contre les prédateurs. Animal très sociable, le cheval a constamment besoin de côtoyer d’autres individus de son espèce. [1]

Dans leur cadre de vie naturel, les chevaux broutent jusqu’à 20 heures par jour, consommant des herbes, des arbustes et d’autres types de végétation hypocaloriques. Lorsqu’ils ne sont pas en train de se nourrir ou de se déplacer, ils occupent leur temps au pansage mutuel, au sommeil, à la reproduction et au jeu. [2]

LE MODE DE VIE DES CHEVAUX DOMESTIQUES

Les chevaux domestiques vivent très différemment de leurs ancêtres et de leurs homologues féraux de l’ère moderne. Ils vivent souvent à l’écurie, où leurs interactions sociales et leurs mouvements sont restreints tout au long de la journée.

Dans leurs conditions de vie modernes, il n’est pas rare que les chevaux reçoivent deux gros repas par jour et que ceux-ci soient composés d’aliments hypercaloriques riches en amidon. Ils peuvent aussi avoir une alimentation pauvre en fourrages, de sorte qu’ils passent plusieurs heures à jeun entre les repas.

Les aliments riches en amidon entraînent des pics élevés d’énergie et de glycémie, ce qui peut surexciter le cheval.

De plus, les chevaux domestiques doivent souvent quitter seuls l’écurie ou le pâturage pour aller en randonnée ou en manège. Cela contrevient à leur désir inné de rester en troupeau pour se protéger des prédateurs.

Ces facteurs peuvent aller à l’encontre du mode de vie approprié à l’espèce. On conçoit donc facilement que nos chevaux domestiques puissent éprouver davantage de stress et d’anxiété.

Les signes de stress chez votre cheval

Le stress est généralement caractérisé comme une réponse mentale et physiologique à un stimulus externe qui est perçu comme nouveau ou menaçant. [36]

Un cheval stressé peut manifester plusieurs signes allant du léger malaise à l’anxiété profonde. Si le stress est chronique, le cheval peut aussi développer des problèmes de santé ou de comportement difficiles à résoudre, notamment :

  • Une perte de poids
  • Des stéréotypies (tics)
  • Un comportement agressif
  • Une attitude déprimée ou léthargique
  • Des comportements indésirables en selle ou au sol
  • Des difficultés à socialiser avec d’autres chevaux
  • Une vocalisation accrue
  • Des bâillements ou des grincements de dents
  • Des tremblements
  • De la transpiration
  • Une fréquence cardiaque ou respiratoire accrue
  • Des naseaux dilatés

LA RÉACTION DE STRESS

La réaction de votre cheval au stress peut être déclenchée par des facteurs de stress physiques ou psychologiques. [36]

Les facteurs de stress physiques peuvent être une blessure, une maladie, un exercice intense ou un inconfort intestinal. Quant aux facteurs de stress psychologiques, ils englobent toute situation qui engendre un doute ou de la peur. [36]

En réponse à un tel stimulus, le système nerveux sympathique s’active et le cheval sécrète des niveaux plus élevés d’hormones appelées catécholamines et glucocorticoïdes.

Les catécholamines comprennent l’épinéphrine (adrénaline) et la norépinéphrine (noradrénaline), qui aident à médier la réaction de lutte ou de fuite. Ces hormones font augmenter la fréquente cardiaque et respiratoire et la pression sanguine du cheval.

Les glucocorticoïdes comprennent entre autres le cortisol, communément connu comme étant l’hormone du stress. Le cortisol aide le cheval à métaboliser une plus grande quantité d’énergie provenant des sucres (glucose).

Devant une menace réelle, cette réaction endocrine est bénéfique, augmentant le niveau d’alerte et d’énergie du cheval pour qu’il puisse réagir de manière appropriée. [36]

Cependant, si le cheval est chroniquement stressé, les niveaux de cortisol ne reviennent jamais à la normale, ce qui peut avoir de nombreuses conséquences négatives. Les chevaux qui ont une concentration élevée de cortisol dans le sang durant de longues périodes peuvent présenter : [36]

  • Un comportement agressif ou rétif
  • Des risques accrus de problèmes cardiovasculaires
  • Une détérioration de la fonction immunitaire
  • Un risque accru d’ulcères gastriques et de troubles digestifs
  • Une réduction du taux de croissance
  • Une fonction reproductive inhibée

LES RÈGLES À SUIVRE POUR COMBATTRE LE STRESS

Chaque cheval vit le stress différemment. Ce qui occasionne un stress important pour un individu peut ne pas en faire réagir un autre.

Il existe cependant certaines règles générales pour réduire au minimum le stress dans la vie d’un cheval. On appelle ces règles les cinq libertés du bien-être animal : [7][8]

  • Absence de faim ou de soif
  • Absence d’inconfort
  • Absence de douleurs, de blessures ou de maladies
  • Liberté d’exprimer des comportements normaux
  • Absence de peur et de détresse

Ces cinq libertés sont essentielles au bonheur et à la santé de tout animal. Elles doivent être respectées pour maintenir le stress au minimum.

18 façons de réduire le stress de votre cheval

Voici maintenant des stratégies concrètes pour soulager le stress de votre cheval et favoriser un comportement calme.

Ces stratégies sont axées sur un mode de vie approprié à l’espèce qui tente de reproduire les conditions dans lesquelles le cheval s’est développé au cours de son évolution.

Vous pouvez aussi favoriser le bien-être de votre cheval en lui offrant un accès constant à de l’eau fraîche, une alimentation nutritive, un environnement sécuritaire, un suivi vétérinaire régulier et de fréquentes occasions de socialiser.

Comme nous le verrons, il existe aussi des moyens d’aider votre cheval à composer avec les changements qui surviennent et de le désensibiliser aux situations potentiellement menaçantes. Il sera en outre question de suppléments, de techniques de régie, de sommeil et de méthodes d’entraînement qui peuvent vous aider à réduire encore davantage le stress de votre cheval.

1) VÉRIFIER L’ABSENCE DE DOULEUR

Si votre cheval montre des signes de stress, vérifiez d’abord qu’il n’a pas une douleur ou un inconfort. La douleur se définit comme un état mental négatif causé par la sensation désagréable provenant de tissus potentiellement ou effectivement endommagés.

La douleur peut se manifester de diverses manières, notamment : [3][4]

  • Une augmentation de la réactivité ou de l’anxiété
  • Des comportements indésirables en selle
  • Des comportements indésirables lors du travail au sol
  • Des comportements indésirables au boxe
  • Un comportement anormal ou agressif avec d’autres chevaux au paddock ou au pré
  • L’expression de stéréotypies (tics)
  • Une attitude déprimée, léthargique ou mal en point
  • Un état général d’agressivité ou d’agitation

La douleur peut avoir de nombreuses causes, y compris une selle mal ajustée ou une pression exercée par la bride ou le mors. Le cheval peut aussi souffrir d’une douleur dentaire, d’une douleur musculo-squelettique, d’ulcères gastriques ou d’un éventail d’autres problèmes. [5][6]

Travaillez avec votre vétérinaire, maréchal-ferrant, physiothérapeute, spécialiste en ajustement de selles ou nutritionniste pour déterminer si votre cheval pourrait avoir de la douleur. Une fois que vous aurez remédié à toute source de douleur, passez aux autres stratégies de la liste ci-dessous.

2) DONNER DES COMPAGNONS À SON CHEVAL

Les chevaux sont des animaux de troupeau et éprouvent un désir inné d’être avec d’autres individus de leur espèce. Lorsqu’ils ne sont pas en train de brouter, de se déplacer ou de dormir, les chevaux s’adonnent au pansage mutuel, au jeu et à diverses interactions les uns avec les autres.

En troupeau, les chevaux se sentent mieux protégés des prédateurs. Les chevaux domestiques continuent de percevoir la menace de prédateurs même s’ils ne courent plus ce risque. [9][10]

Quant au pansage mutuel, il renforce les liens entre les membres du troupeau et contribue à l’élimination des parasites.

Les chevaux forment entre eux des liens sociaux très forts et peuvent éprouver un deuil si leur compagnon meurt ou part vivre ailleurs. Dans certains pays, il est en fait illégal de garder un cheval seul.

Les études montrent que des interactions sociales positives sont associées à des niveaux faibles de cortisol et les perturbations à la hiérarchie sociale, à des niveaux plus élevés de cette hormone. [40][41] Un stress prolongé dû à des perturbations sociales ou à des changements dans l’accès aux ressources peut accroître le risque de développer des problèmes de santé, y compris des ulcères gastriques. [42]

Permettez à votre cheval de vivre comme un animal de troupeau en le laissant passer beaucoup de temps dehors au sein d’un groupe qui lui convient. Surveillez de près les dynamiques de troupeau lorsque votre cheval change de groupe.

Notez que si votre cheval vit dans un groupe qui ne lui est pas compatible ou s’il occupe un rang inférieur dans la hiérarchie sociale, cette situation peut en fait devenir un facteur de stress. [43]

Les chevaux dominants peuvent aussi éprouver du stress, car pour s’établir dans leur rang élevé, ils doivent se montrer plus agressifs. Or ces comportements sont influencés par des hormones comme le cortisol. [43]

Dans les groupes de chevaux qui ont une hiérarchie sociale bien établie et des ressources en abondance, les niveaux de stress (mesurés par la concentration de cortisol dans les matières fécales) ne diffèrent pas entre les animaux dominants et subordonnés. [43] Cependant, si les ressources comme la nourriture, l’eau et les abris sont limitées, les animaux de rang inférieur peuvent être plus stressés. [44]

Il faut s’assurer que chaque cheval du groupe ait toujours un accès suffisant aux ressources, idéalement en les dispersant dans l’environnement du groupe pour réduire au minimum la concurrence.

3) INSTALLER DES MIROIRS DANS LE BOXE

Idéalement, l’écurie devrait être aménagée de sorte que tous les chevaux qui s’y trouvent puissent voir et entendre leurs compagnons. Si possible, divisez les boxes avec des barreaux plutôt que des cloisons pour permettre un contact entre les chevaux.

Si l’aménagement de votre écurie ne permet pas ce type d’interaction, installer un miroir dans le boxe ou dans l’environnement de votre cheval peut aider à réduire le stress et la solitude. [11]

Le tic de l’ours est une stéréotypie locomotrice qui est le plus souvent observée chez les chevaux qui sont gardés au boxe et privés de la présence de congénères.

Selon une étude, la présence d’un miroir dans l’environnement réduit considérablement l’incidence du tic de l’ours et du tic d’encensement chez les chevaux qui en sont atteints. On pense que le miroir simule un contact visuel avec d’autres chevaux, atténuant ainsi les effets de l’isolement social. [35]

Parce qu’ils procurent aussi au cheval une stimulation visuelle et un enrichissement, les miroirs peuvent en outre aider à soulager l’ennui.

4) OPTER POUR UN RÉGIME À BASE DE FOURRAGES

L’alimentation de votre cheval devrait être composée d’au moins 80 % de fourrages riches en fibres, voire plus en fonction de son état corporel et de son niveau d’exercice. Les fourrages sont dégradés par les populations microbiennes qui vivent dans le gros intestin du cheval.

Cette dégradation produit des acides gras volatiles (AGV), lesquels constituent la meilleure source d’énergie pour l’organisme du cheval. Les AGV sont des sources d’énergie dites « froides » ou « à libération lente ».

Inversement, un régime alimentaire à base de céréales fournit une plus grande quantité d’hydrates de carbone sous forme d’amidon qui sont dégradés en sucre (glucose) et absorbés dans l’intestin grêle. Consommer des rations copieuses d’aliments sucrés ou de formules complètes peut causer des pics de glycémie qui ont parfois pour résultat de surexciter le cheval.

Un régime alimentaire riche en amidons peut aussi entraîner des troubles intestinaux et de l’inconfort. Plus particulièrement, donner au cheval des rations copieuses de céréales peut surcharger le gros intestin en amidon et ainsi contribuer au développement d’ulcères intestinaux.

Les régimes alimentaires riches en hydrates de carbone et faibles en fourrages augmentent aussi le risque de développer certains troubles de santé tels que le syndrome de l’ulcère gastrique équin (SUGE), la colique, la laminite, le syndrome métabolique équin (SME) et l’obésité. [11][13]

5) ÉTIRER LE TEMPS D’ALIMENTATION

Les chevaux féraux broutent entre 16 et 20 heures par jour, consommant des herbes et des arbustes faibles en calorie. De par leur évolution, les chevaux ont un fort désir de chercher de la nourriture et de mâcher constamment.

Cependant, il arrive souvent que les chevaux domestiques reçoivent plusieurs rations copieuses chaque jour plutôt que d’avoir accès à de la nourriture en tout temps. Ceux qui consomment des aliments commerciaux à plus forte teneur calorique passent moins de leur temps à mâcher et à digérer pour maintenir leur état corporel. [11]

Lorsque la nourriture est fournie de manière intermittente, l’estomac du cheval peut rester vide durant un certain temps, ce qui augmente le risque d’ulcères gastriques. Le fait d’inhiber les comportements naturels de recherche de nourriture peut en outre entraîner du stress et des comportements stéréotypés comme mâcher du bois. [12]

Vous pouvez réduire le stress de votre cheval en lui donnant la liberté d’exprimer un comportement normal de recherche de nourriture. Donnez-lui d’amples occasions de brouter dans des pâturages de graminées convenablement choisis.

Évitez les aliments à haute densité calorique, qui peuvent être consommés rapidement. Privilégiez plutôt un accès constant à du foin pour que l’estomac de votre cheval ne reste pas vide durant de longues périodes. [14][15]

Si l’apport calorique doit être limité, songez à utiliser des filets à foin ou des mangeoires qui ralentissent l’ingestion du foin pour le faire durer plus longtemps. Vous pouvez aussi faire tremper le foin ou le traiter à la vapeur pour en réduire la teneur en sucre ou encore donner de la paille.

6) DONNER ACCÈS À DE L’EAU EN TOUT TEMPS

La déshydratation peut être un facteur majeur de stress chez le cheval. Dans une étude menée sur des chevaux placés dans un enclos ou transportés en remorque, la moitié des sujets ont eu de l’eau à boire périodiquement tandis que les autres ont été privés d’eau.

Les chevaux privés d’eau ont présenté des hausses significatives de la fréquence respiratoire et cardiaque et des niveaux de cortisol dans le sang, autant de signes qui indiquent un important stress. [38]

De plus, un cheval nerveux peut transpirer davantage et est plus susceptible de développer une diarrhée, ce qui accroît les pertes d’eau et exacerbe la réaction de stress.

Assurez-vous que votre cheval a constamment accès à une eau propre et fraîche et qu’il boit suffisamment chaque jour.

Encouragez-le à boire en ajoutant du sel à sa ration et en lui donnant un accès à volonté à du sel ordinaire en vrac. Si votre cheval vit dans un climat chaud ou fait de l’exercice, donnez-lui un supplément d’électrolytes.

7) DONNER DE LA LIBERTÉ À SON CHEVAL

Pour réduire encore davantage le stress de votre cheval, laissez-le libre d’exprimer des comportements naturels. Par exemple : [12]

  • Se rouler et se gratter
  • Courir et bouger à volonté
  • Vocaliser
  • S’adonner au pansage mutuel et avoir des contacts sociaux avec d’autres chevaux ou avec des humains
  • Dormir
  • Manger ou chercher de la nourriture
  • Boire
  • Lécher et sentir

Empêcher un cheval d’exprimer des comportements naturels peut avoir une incidence sur son bien-être et accroître son stress. [16][17]

Le cheval doit être libre d’exprimer ces comportements constamment tout au long de la journée, même s’il est à l’écurie. Assurez-vous que votre cheval peut bouger, se rouler et se gratter même lorsqu’il est dans son boxe.

Cependant, comme les chevaux au boxe ne peuvent pas courir ou bouger à volonté, il est important de leur faire passer du temps dehors chaque jour.

Autant que possible, permettez à votre cheval vivre dehors dans un troupeau. Si vous n’avez pas cette option, sortez-le chaque jour en paddock ou faites une promenade en main et laissez-le choisir dans quelle direction il veut aller et où s’arrêter pour brouter.

8) RÉDUIRE AU MINIMUM LE STRESS DU TRANSPORT

Le transport est un facteur de stress souvent rencontré par les chevaux de performance et d’élevage. Une seule heure de transport fait augmenter la sécrétion de cortisol, la fréquence cardiaque et la variabilité de la fréquence cardiaque, ce qui indique une importante réaction de stress. [45]

Le stress du transport peut causer : [46][47]

  • Une perte musculaire, y compris par dégradation des tissus
  • Une perte d’ions par la transpiration
  • Un épuisement des réserves d’énergie
  • De la déshydratation
  • Des maladies, notamment respiratoires

Ces effets du transport peuvent avoir une incidence négative sur la performance en compétition. Les chevaux transportés sur de longues distances (plus de 90 km) devraient bénéficier d’au moins 48 heures de repos avant la compétition pour que les effets du transport puissent se dissiper. [48]

Bien entendu, le transport est un élément incontournable des compétions équestres. La bonne nouvelle est que les chevaux peuvent s’y habituer et présenter une réaction de stress moindre lors des sorties en remorque subséquentes. [49]

Pour tirer avantage de ce phénomène, commencez à habituer votre cheval au transport dès le début de la saison.

9) NE PAS UTILISER D’ATTACHES LATÉRALES EN REMORQUE

L’utilisation d’attaches latérales est fréquente lors du transport vers les terrains de concours, mais cette pratique peut en fait augmenter le stress et contribuer au développement de troubles respiratoires.

Lors d’une étude croisée menée sur 10 chevaux, des mesures physiologiques de stress ont été prises avant le transport routier et à nouveau 24 heures après celui-ci. Certains chevaux avaient été attachés pour empêcher qu’ils ne bougent trop la tête alors que d’autres avaient été laissés détachés dans un compartiment fermé.

Après le transport, les concentrations de cortisol étaient considérablement plus élevées chez les chevaux qui avaient été attachés que chez ceux laissés détachés. Les premiers affichaient aussi une augmentation du rapport globules blancs et neutrophiles/lymphocytes, ce qui indique un stress immunitaire. [39]

10) NE PAS SUREXERCER SON CHEVAL

Le stress est une réponse physiologique normale à l’exercice. Les changements hormonaux et neuronaux qui surviennent permettent au corps de coordonner l’apport énergétique aux muscles, la circulation sanguine, l’oxygénation, etc.

Cependant, un exercice de trop longue durée ou d’intensité trop élevée, ou ne permettant pas une récupération suffisante peut exacerber la réaction de stress et contribuer à une mauvaise performance et à un temps de récupération plus long.

Le stress émotionnel ou psychologique peut aussi modifier la réponse hormonale et neuronale du cheval à l’exercice, notamment en déréglant la sécrétion d’endorphine et de cortisol. [50]

Chez le cheval à l’exercice, la réaction de stress est le résultat de facteurs à la fois internes et externes.

Les facteurs externes de stress chez les chevaux à l’exercice peuvent être : [51]

  • Le transport
  • La chaleur, l’humidité
  • L’effet de particules en suspension dans l’air sur la santé respiratoire
  • Des pathogènes qui profitent de l’affaiblissement immunitaire

Quant aux facteurs internes, ce sont des changements physiologiques qui surviennent naturellement lors de l’exercice, mais qui peuvent occasionner un stress pour l’organisme, par exemple :

  • Le déséquilibre électrolytique et la déshydratation
  • L’accumulation d’acide lactique et la baisse du pH sanguin
  • L’hyperthermie
  • Le stress oxydatif dans les tissus
  • Le stress mécanique sur les voies respiratoires, les poumons et les membres

Un programme d’entraînement approprié qui prévoit une augmentation graduelle de l’intensité de l’exercice et une récupération adéquate peut réduire les effets physiologiques du stress à l’exercice.

Au cours d’un exercice prolongé, songez à utiliser un supplément d’électrolytes et à permettre au cheval de manger et de se reposer. Cela est particulièrement important pour les chevaux qui font un exercice intense comme la course d’endurance.

11) EXERCER SON CHEVAL MODÉRÉMENT

Si un entraînement intense ou un calendrier de compétions chargé peuvent contribuer au stress de votre cheval, un exercice modéré peut au contraire aider à combattre le stress.

Lors d’une étude menée à l’Université nationale de Jeju, on a classé 61 chevaux en trois groupes d’exercice : les chevaux utilisés pour des excursions touristiques, les chevaux d’école et les chevaux au repos qui ne sont pas montés.

La concentration de cortisol dans la salive était la plus faible chez les chevaux d’école, ce qui indique que ce groupe avait le niveau de stress le moins élevé. [37]

Les chevaux au repos avaient les pics de cortisol les plus marqués, ce qui donne à penser que le repos en l’absence d’exercice peut augmenter le stress des chevaux. [37]

12) COMBATTRE L’ENNUI PAR DES ACTIVITÉS D’ENRICHISSEMENT

L’ennui peut être un grand facteur de stress pour les chevaux qui vivent surtout au boxe. Vous pouvez aider votre cheval à se distraire et favoriser les comportements de recherche de nourriture à l’aide des outils d’enrichissement suivants : [14][15]

  • Les mangeoires pour balles de foin
  • Des friandises contenant des granules riches en fibres
  • Des fruits ou légumes (pommes, carottes, concombres, etc.) suspendus au plafond du boxe à l’aide d’une corde
  • Des branches d’arbres non toxiques accrochées à divers endroits
  • Des filets à fourrage accrochés à divers endroits et à des hauteurs variées
  • Des fourrages offerts sous différentes formes: foin, granules trempées, granules sèches, herbes, fourrages hachés

13) PERMETTRE À SON CHEVAL DE DORMIR SUFFISAMMENT

Les chevaux peuvent dormir debout grâce à une caractéristique anatomique appelée appareil de soutien, qui garde leurs articulations stables tout en nécessitant peu d’énergie musculaire.

Mais pour bénéficier du sommeil paradoxal (REM pour Rapid Eye Movement), le cheval doit être étendu avec la tête posée au sol (en décubitus). Les périodes de sommeil paradoxal sont essentielles à la fonction cognitive et à la mémorisation.

Les chevaux qui sont privés de sommeil paradoxal peuvent éprouver du stress et un état mental affaibli à l’entraînement et lors de leurs activités quotidiennes. Un boxe trop petit, un éclairage ou des bruits excessifs la nuit, ou une litière inconfortable peuvent perturber les cycles de sommeil paradoxal du cheval.

Voici ce que vous pouvez faire pour assurer à votre cheval un bon sommeil paradoxal : [20][21][22]

  • Étendre une quantité suffisante de paille ou de copeaux dans le boxe (15 cm +)
  • Éteindre les lumières de l’écurie la nuit
  • Prévoir un boxe assez grand pour que le cheval puisse s’étendre complètement
  • Réduire le bruit au minimum pendant la nuit

14) RÉDUIRE AU MINIMUM LE STRESS DES JUMENTS POULINIÈRES

Les facteurs externes qui causent du stress et font augmenter les corticostéroïdes peuvent entraîner une baisse de progestérone et interférer avec d’autres hormones reproductives. Cela peut se solder par un échec de la reproduction, notamment sous forme de perte embryonnaire ou d’une augmentation du nombre de cycles nécessaires avant de pouvoir concevoir. [55]

Les juments qui vivent dans un environnement peu stressant présentent des taux de perte embryonnaire moindres et des taux de gestation supérieurs à celles qui vivent dans un environnement stressant. [55]

Les juments ayant des stéréotypies, comme le tic de l’ours, avaient aussi des taux de fertilité moindres que les juments du groupe témoins. [56] Réduire le stress et prévenir l’apparition de stéréotypies peuvent améliorer le succès reproducteur des juments poulinières.

Voici donc des moyens de réduire le stress chez les juments poulinières :

  • Maintenir un groupe social stable en évitant d’y ajouter de nouveaux membres
  • Leur faire passer le plus de temps possible au paddock ou au pré plutôt qu’au boxe
  • Favoriser les comportements de recherche de nourriture en dispersant le foin à divers endroits dans le paddock ou le pré

Les pratiques qui favorisent les déplacements libres et diminuent le temps passé au boxe sont bénéfiques pour les juments pleines, les poulains en développement et les juments qui viennent de mettre bas. Après la mise bas, le fait de pouvoir se déplacer librement peut aider à l’élimination du liquide utérin et augmenter la fertilité pour les gestations futures. [55]

15) RÉDUIRE AU MINIMUM LE STRESS LORS DU SEVRAGE

Le sevrage est une source considérable de stress pour le poulain et peut le prédisposer à une maladie, à une blessure ou à une piètre croissance. Voici des signes de stress chez le poulain au sevrage : [54]

  • Des hennissements fréquents ou un silence complet
  • Une attitude absente, distraite ou déprimée
  • Un comportement inhabituel comme gratter le sol, s’adonner au tic de l’ours ou mâcher la clôture
  • Un comportement agonistique comme mordre, botter
  • Un comportement apathique ou un port de tête bas
  • Une réticence à jouer ou à interagir avec d’autres chevaux
  • Une perte d’appétit

Dans les conditions modernes de domestication, le sevrage survient habituellement entre l’âge de 4 et 7 mois. Ce sevrage est plus précoce et plus abrupt que le sevrage naturel, qui survient graduellement entre l’âge de 9 et 11 mois par suite de l’évolution naturelle du comportement du poulain et de la jument. [52]

Ce changement radical dans la vie du poulain peut entraîner une baisse d’immunité, des changements au microbiote intestinal et un risque accru de troubles intestinaux et de stéréotypies. [54]

Les protocoles de sevrage graduels et partiels sont moins stressants qu’un sevrage total et abrupt. Voici en quoi pourrait consister un protocole graduel : [53]

  • Donner au poulain accès à des aliments complémentaires avant le sevrage
  • Accroître les interactions entre le poulain et les humains avant le sevrage
  • Si le sevrage s’effectue au boxe, mettre la jument et le poulain ensemble dans le boxe avant le sevrage et retirer la jument au moment du sevrage
  • Si possible, laissez la jument et le poulain ensemble, mais séparés par une barrière physique qui empêche la tétée tout en permettant au poulain de voir, d’entendre de sentir et de toucher la jument
  • Lors du sevrage d’un groupe de poulains au pré, retirer une jument à la fois en commençant par celle dont le poulain est le plus indépendant
  • Éviter d’apporter d’autres changements à la régie d’écurie pendant une ou deux semaines après le sevrage

Pour réduire le stress, il est important d’habituer le poulain à des aliments complémentaires avant le sevrage. Il est également préférable d’effectuer avant le sevrage les procédures pouvant induire du stress telles que la vermifugation, la vaccination, le marquage et la castration. [53]

16) ESSAYER LE RENFORCEMENT POSITIF

La plupart des chevaux sont entraînés par renforcement négatif, c’est-à-dire le retrait d’un stimulus aversif (comme une pression de jambe ou une tension de rêne) lorsque le cheval donne la réponse souhaitée.

Or, lorsqu’elle n’est pas appliquée correctement, cette méthode peut se transformer en punition positive, où le stimulus est maintenu même après que le cheval a donné la réponse souhaitée. Cela peut déboucher sur une résignation acquise et faire augmenter le stress. [23]

Il a été démontré que l’entraînement par renforcement positif réduit le stress et l’anxiété par rapport à l’entraînement par renforcement négatif. De plus, le renforcement positif donne des chevaux qui apprennent plus vite et qui sont plus calmes et curieux. [24][25][26]

Le renforcement positif consiste à donner un signal suivi immédiatement d’un renforçateur primaire en guise de récompense.

Par exemple, l’entraîneur peut demander une action par un signal visuel ou verbal suivi d’une friandise. Un renforçateur secondaire – comme un cliqueur – peut être utilisé en même temps que le renforçateur primaire. [24]

Une fois que le cheval est entraîné, le signal engendre le comportement souhaité, qui est alors récompensé par les renforçateurs primaire et secondaire. L’utilisation du renforçateur primaire diminue peu à peu jusqu’à ce que seul le renforçateur secondaire suffise. [24]

17) DONNER UN MASSAGE À SON CHEVAL

La recherche montre qu’un massage quotidien peut réduire le niveau de stress d’un cheval.

Lors d’une étude menée sur des pur-sang à l’entraînement de course, un groupe a reçu un massage quotidien et l’autre en a reçu un toutes les trois semaines.

Les chevaux ayant reçu un massage quotidien ont affiché des réductions significatives de la concentration de cortisol dans le sang ainsi qu’une réduction de la fréquence cardiaque. Une fréquence cardiaque élevée est un signe de stress. [18]

18) FAIRE JOUER DE LA MUSIQUE

Il a été démontré que la musique réduit le stress et les comportements indésirables chez les chevaux au boxe. D’après une étude, faire jouer de la musique relaxante durant trois heures par jour à des chevaux au boxe améliore significativement leur état émotionnel. [18]

Une autre étude a montré que cinq heures de musique classique augmentaient la durée de la prise alimentaire et réduisait les périodes d’hyperalerte et de stéréotypie chez les chevaux au boxe. [19]

Les suppléments calmants fonctionnent-ils vraiment ?

Bien que les suppléments calmants soient populaires auprès des propriétaires de chevaux, il y a peu de données cliniques probantes concernant la majorité des ingrédients utilisés.

Le magnésium est un minéral important qui joue un rôle dans le fonctionnement du système nerveux. Les chevaux carencés en magnésium peuvent avoir un comportement anxieux.

Cependant, si votre cheval reçoit déjà un apport suffisant en magnésium dans son alimentation, il n’y a aucune preuve qu’un supplément le rendra plus calme et moins réactif. [27][28]

L’Alpha-casozépine est un peptide bioactif dérivé de la caséine du lait de vache. Une étude modeste a démontré que les chevaux qui recevaient un supplément d’α-casozépine étaient plus calmes et faciles à manier. [29] Il faudra faire d’autres études pour corroborer ces conclusions et déterminer la dose efficace.

Le L-tryptophane est un acide aminé précurseur du neurotransmetteur du bonheur, la sérotonine. Il a été démontré qu’un supplément de L-tryptophane réduisait le stress et l’excitabilité chez certains animaux comme les chiens, les volailles et les veaux. L’efficacité varie grandement selon l’âge, la race et le sexe de l’animal.

Il y a eu peu de recherche sur l’utilisation du L-tryptophane pour aider à calmer les chevaux. Une étude menée avec un supplément commercial a révélé qu’à faible dose, cet acide aminé rendait en fait les chevaux plus excitables. [30][31]

L’aromathérapie avec de l’huile de rose et de camomille serait efficace pour réduire le mouvement et augmenter les périodes de repos chez les chevaux au boxe par rapport à un groupe témoin. [32][33] De plus amples études sont nécessaires pour valider ces conclusions initiales.

L’Ashwaganda est un supplément phytothérapeutique utilisé pour réduire le stress et soulager l’anxiété chez les chevaux. Bien que des essais prometteurs aient été effectués sur les animaux et les humains, aucune étude clinique n’a encore été publiée sur les effets de cette plante sur les chevaux. [34]

LA RÉDUCTION DU STRESS PAR L’ALIMENTATION

La meilleure stratégie nutritionnelle pour favoriser la résistance de votre cheval face au stress est de lui fournir une un régime alimentaire équilibré qui comble les carences nutritionnelles communes dans l’alimentation des chevaux.

Les vitamines et les minéraux contribuent au bon fonctionnement du cerveau et du système nerveux, à la régulation de l’humeur et à la récupération après un stress ou une maladie. Vous pouvez répondre aux principaux besoins en nutriments de votre cheval en lui donnant un supplément complet de vitamines et de minéraux comme Omneity de Mad Barn.

Omneity est formulé pour équilibrer la majorité des régimes. Ce produit fournit un apport élevé en vitamine E, la gamme complète des vitamines B, des acides aminés et des oligoéléments organiques à 100 %.

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En résumé

Un cheval stressé peut être difficile à gérer. Nous avons vu dans ce guide 18 astuces concrètes pour réduire le stress du cheval au quotidien.

Voici les principaux points à retenir pour favoriser un comportement calme chez votre cheval :

  • Donnez-lui de nombreuses occasions de socialiser, du fourrage en quantité et beaucoup de liberté
  • Évitez les aliments hypercaloriques riches en amidon
  • Éliminez toute cause possible de douleur ou d’inconfort
  • Assurez-vous que votre cheval dorme bien la nuit
  • Utilisez des pratiques qui réduisent le stress lié au transport, à l’exercice, à la reproduction et au sevrage
  • La musique et les massages peuvent aider à réduire le stress

Si le stress de votre cheval persiste malgré les stratégies présentées dans ce guide, demandez conseil à votre vétérinaire, expert en comportement ou nutritionniste.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées au sujet du stress chez les chevaux :

Résumé

Un cheval stressé peut être difficile à gérer . Ce guide en 18 points propose des mesures pratiques pour aider à réduire le niveau de stress de votre cheval au quotidien. Pour favoriser un comportement calme chez votre cheval, retenez ces points clés :

  • Assurez-vous que votre cheval a beaucoup de compagnons, de fourrage et de liberté - les trois « F » du bien-être
  • Évitez les aliments riches en amidon et en calories
  • Écartez les causes possibles de douleur et d’inconfort
  • Assurez-vous que votre cheval dort bien la nuit
  • Utilisez des pratiques de gestion qui réduisent le stress lié au transport, à l’exercice, à la reproduction et au sevrage
  • La musique et le massage peuvent aider à réduire le stress

Si vous avez toujours de la difficulté avec le niveau de stress de votre cheval après avoir lu ce guide, demandez de l’aide à votre vétérinaire, à un spécialiste du comportement ou à un nutritionniste.

Manque-t-il quelque chose dans l’alimentation de votre cheval?

Identifier les manques dans le programme alimentaire de votre cheval pour optimiser son bien-être.

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