Le claquage chez les chevaux réfère à l’inflammation aiguë ou chronique d’un tendon. On désigne aussi cette pathologie sous le nom de tendinite, de ténosite ou de tendinopathie.
Cette lésion se produit généralement lorsque le tendon est chargé ou subit une tension au-delà de sa limite, ce qui entraîne une déchirure des fibres de collagène. [13] La tendinite touche les tendons fléchisseurs du doigt des membres inférieurs du cheval. Elle peut provoquer une enflure, de la douleur et une boiterie graves.
Les chevaux de course et de performance sont les plus susceptibles d’en souffrir en raison de l’intensité de leur sport. Entre 8 et 43 % des Thoroughbred de course souffrent d’un claquage de tendon au cours de leur carrière. Cela dit, n’importe quel cheval peut développer une tendinite. [6]
Il existe plusieurs traitements pour soigner les tendons claqués, notamment le repos au box, les anti-inflammatoires, la physiothérapie, les traitements de nature holistique et le retour progressif à l’exercice. Certains cas peuvent nécessiter des soins à long terme ou une intervention chirurgicale.
Si vous pensez que votre cheval souffre d’un claquage, contactez immédiatement votre vétérinaire pour poser un diagnostic et élaborer un plan de traitement adapté.
L’anatomie et le fonctionnement du tendon équin
Les tendons sont des tissus conjonctifs formés de fibres denses qui joignent l’extrémité d’un muscle à un os. Ils jouent un rôle extrêmement important dans l’amortissement des chocs que subissent les membres du cheval et la prévention des blessures musculaires.
Lorsqu’un muscle se contracte, le tendon s’étire et transmet la force de la contraction à l’os pour déplacer le membre.
Les tendons sont principalement constitués de fibres de collagène protéiques qui forment une structure en forme de câble. Celle-ci contient du collagène disposé en faisceaux de fibrilles. [21][6]
Cet agencement structural offre une grande résistance à la traction, c’est-à-dire la capacité du tendon à subir une contrainte et une pression extrêmes sans se rompre.
Les tendons se trouvent à l’intérieur d’une gaine lubrifiée qui leur permet de se mouvoir sans résistance ni frottement, et qui les protège de l’abrasion et des dommages.
Le tendon fléchisseur superficiel du doigt (le perforé)
Le tendon fléchisseur superficiel du doigt (TFSD) est un accumulateur d’énergie qui se trouve à l’arrière du membre du cheval, entre le paturon court et la troisième phalange. Son rôle est de stabiliser l’articulation du boulet. Il est très sujet aux blessures. [14]
Les contraintes répétitives que subit le tendon lorsque le cheval ne se repose pas suffisamment entre les entraînements haussent la probabilité d’une défaillance. De 75 à 95 % des lésions tendineuses se produisent dans le TFSD du membre antérieur.
Le tendon fléchisseur profond du doigt (le perforant)
Le tendon fléchisseur profond du doigt (TFPD) est l’autre tendon fléchisseur qui se trouve à l’arrière du membre du cheval. Il aide à stabiliser les articulations au bas du membre en portant le poids, ainsi qu’à soutenir la flexion du sabot.
Le claquage du TFPD est très rare comparativement à celui du TFSD. La majorité des lésions à ce tendon surviennent à l’intérieur de la boîte cornée du pied équin, à l’arrière du boulet ou dans la région du paturon. [18]
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Les signes cliniques d’un tendon claqué
La capacité d’élongation des tendons est minimale. Ces fibres peuvent se déchirer sous une contrainte extrême, soudaine ou constante. La gravité des déchirures du tendon peut varier. Certaines provoquent une enflure et une douleur importantes dans la partie inférieure du membre du cheval. La majorité des blessures aux tendons équins se produisent dans les membres antérieurs.
Certains chevaux développent une tendinite à la suite d’une blessure soudaine, par exemple en trébuchant ou en marchant dans un trou. Ceux qui sont astreints à un programme d’entraînement intensif ou qui participent aux sports de performance peuvent subir un claquage à cause de l’usure quotidienne.
Le claquage de tendon aigu
Le cheval qui souffre d’un claquage aigu présente une enflure courbée proéminente en forme de banane à l’arrière du membre, dans la région du canon. La partie affectée est habituellement très douloureuse, chaude au toucher et enflée juste après que la lésion se soit produite.
La courbure apparaît généralement au milieu du tendon. Mais elle peut aussi se former juste en dessous du genou (courbure haute) ou juste au-dessus du boulet (courbure basse). Dans certains cas, la courbure peut se manifester aux trois endroits. Parfois, la « banane » n’est visible qu’une fois qu’on a rasé le membre. [18]
La boiterie associée à une lésion du TFSD peut être bénigne et se résorber rapidement au cours de la semaine qui suit la blessure initiale. Le degré de boiterie correspond rarement à la gravité de la lésion, sauf dans les cas graves.
Les blessures au TFPD dues aux contraintes excessives peuvent provoquer une boiterie et des lésions minimes persistantes au ligament suspenseur du membre postérieur. On appelle cette pathologie la desmite du ligament suspenseur. [18]
La tendinite chronique
Dans les cas de tendinite chronique, il peut y avoir un épaississement du tissu blessé et la formation d’adhérences dans la région autour des tendons. Les chevaux affectés peuvent se déplacer normalement au pas et au trot, mais boiter lorsqu’on leur demande des exercices plus intenses qui impliquent des impacts. [12]
La boiterie peut être grave juste après la blessure. Elle s’améliore souvent dans les deux semaines qui suivent la phase inflammatoire. Bien que le cheval puisse sembler guéri, la lésion est toujours présente et peut perdurer à long terme. On doit conséquemment faire preuve de prudence durant toute la période de convalescence.
Les facteurs de risque
Les chevaux soumis à un entraînement rapide et très intense courent un risque accru de claquage des tendons. Des facteurs individuels, tels que l’âge, le sexe, la race, la souplesse et la force, peuvent influer le taux de récupération et la gravité des lésions. [14]
Plusieurs facteurs peuvent prédisposer un cheval au claquage ou à la tendinite chronique, notamment ceux qui suivent :
- les défauts de conformation;
- les mauvaises conditions de la surface de travail ou de la piste;
- la fatigue;
- un traumatisme infligé directement au bas du membre;
- des bandages mal posés;
- un parage des sabots inadapté;
- la dégénérescence primaire du tendon;
- un apport sanguin insuffisant au tendon (l’ischémie).
La prévention
Pour éviter le développement d’un tendon claqué ou d’une tendinite chronique, il importe de maintenir le cheval en bonne condition physique. On peut éviter certaines blessures aux tendons et aux ligaments en améliorant l’endurance et la résistance de l’animal.
La mise en œuvre d’un régime d’entraînement croisé peut améliorer sa coordination et lui apprendre à soulever les pieds lorsqu’il se déplace. L’entraînement croisé peut également améliorer son équilibre et prévenir l’usure associée à une charge de travail intense et constante.
Les chevaux doivent absolument recevoir régulièrement les soins du pareur ou du maréchal-ferrant. Pour éviter les déséquilibres des sabots et les dommages aux tendons, ce dernier doit poser des fers bien ajustés. Si le cheval n’est pas ferré, le parage des pieds nus doit être correct. [10]
Le diagnostic
Pour poser un diagnostic de claquage, le vétérinaire palpe soigneusement le tendon affecté entre le pouce et l’index pendant que le membre est à l’appui et lorsque le tendon est détendu. Cette méthode permet de détecter l’épaississement des tissus le cas échéant. [15]
La palpation peut aider à détecter l’enflure du tendon et les dommages subis, mais elle ne permet pas au vétérinaire de connaître l’étendue des lésions.
L’échographie
Le vétérinaire doit effectuer une échographie de diagnostic pour évaluer l’intégrité et l’alignement des fibres tendineuses et du collagène. L’échographie est utile pour diagnostiquer les lésions invisibles à l’œil nu. [10]
On programme normalement l’échographie de cinq à dix jours après la blessure. C’est à ce moment que les dommages au tendon sont les plus apparents. Un tendon sain apparaît d’un blanc éclatant à l’échographie, tandis qu’un tendon endommagé paraît gris ou noir.
Pendant toute la durée du traitement et de la réadaptation, on doit faire un examen échographique du tendon touché au moins tous les deux ou trois mois. Ces examens permettent au vétérinaire d’évaluer les progrès du traitement et de décider de la quantité d’exercice que doit faire le cheval. [6][18]
Le traitement
Les tendons claqués répondent mieux au traitement si on les soigne sans attendre au stade précoce et aigu. Une fois qu’un cheval a reçu un diagnostic de lésion au tendon, il faut mettre en place un programme de réadaptation pour qu’il réussisse à se rétablir. [13]
On combine alors un certain nombre de méthodes et d’approches pour soulager les symptômes et faciliter la guérison du cheval. Il incombe au vétérinaire d’établir un plan de traitement personnalisé qui convient à l’individu concerné.
La physiothérapie
Les chevaux qui présentent une inflammation des tendons doivent recevoir un traitement par le froid plusieurs fois par jour pendant au moins cinq jours pour diminuer l’enflure. L’arrosage immédiat du membre avec de l’eau froide après la blessure permet de minimiser l’œdème. [9][15]
Le trempage ou l’arrosage régulier du membre blessé avec de l’eau froide ou l’application de glace pendant 5 à 10 minutes à la fois peut aider à soulager l’inflammation aiguë. On recommande ordinairement l’hydrothérapie à l’eau froide qui est plus efficace et plus sûre que de tenter de maintenir de la glace sur un membre blessé. [19]
Le repos au box
La plupart des chevaux atteints de tendinite ont besoin d’une période de repos au box prolongé qui s’échelonne de plusieurs mois à un an, selon la gravité de la blessure. [10][13]
On doit normalement mettre le cheval au repos au box avant qu’il puisse retrouver son plein potentiel athlétique. Ce confinement permet au cheval de guérir tout en lui évitant de se blesser à nouveau. [18]
Le repos au box est intrinsèquement stressant pour les chevaux en raison de la restriction de mouvement et de l’isolement social. On doit accorder une attention particulière à l’alimentation pendant cette période pour favoriser le bien-être et la digestion de l’animal.
Les chevaux doivent avoir un accès ad libitum au fourrage lorsqu’ils sont confinés pour atténuer l’ennui, ainsi que diminuer le risque de colique et de formation d’ulcères gastriques. Chaque cheval réagit différemment au confinement au box. La collaboration avec le vétérinaire et un nutritionniste équin aide à promouvoir une récupération saine.
Les bandages compressifs
Les bandages compressifs permettent de stabiliser les tendons du membre, ainsi que de minimiser l’enflure et les saignements avant la confirmation du diagnostic et tout au long du traitement. On doit les poser soigneusement, car un bandage mal fait peut aggraver la blessure.
On arrose ou on refroidit le tendon claqué avec de la glace quelques minutes avant de faire le bandage. Il faut aseptiser toute plaie ouverte pour réduire le risque d’infection.
Le bandage compressif comprend une couche moelleuse comme une bande de coton roulée, des molletons pour les membres ou autre. On le maintient en place à l’aide d’une couche extérieure qui exerce une pression, par exemple de bandes de polo ou du ruban à bandage. Ce pansement doit exercer un effet de garrot sans bloquer complètement l’apport sanguin au membre.
Si le cheval se met à boiter de manière plus prononcée sur ce membre ou si un gonflement apparaît au-dessus du bandage, ce dernier est probablement trop serré. Il faut savoir qu’un bandage mal posé peut faire plus de mal que de bien.
Si vous n’êtes pas certain de savoir faire un bandage compressif, demandez à votre vétérinaire de vous enseigner la technique. [1]
Les médicaments
Plusieurs analgésiques (antidouleurs) et anti-inflammatoires peuvent aider les chevaux à se remettre d’un tendon claqué. La combinaison de traitements anti-inflammatoires local et systémique peut promouvoir la guérison et soulager la douleur.
On peut administrer des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) immédiatement après la blessure pour atténuer l’inflammation et soulager la douleur. Bien que les mécanismes inflammatoires soient importants pour la guérison, la diminution de sa gravité peut aider à protéger les tissus et le collagène qui se trouvent autour de la lésion. [9]
La phénylbutazone ou butazone est un AINS populaire pour soigner les cas aigus de tendinite. On doit employer les AINS uniquement pendant de courtes périodes et les doses doivent être justes. Une utilisation excessive peut compromettre le tractus gastro-intestinal et entraîner la formation d’ulcères.
Les corticostéroïdes sont de puissants anti-inflammatoires que l’on peut administrer par voie systémique ou localement pour soulager les symptômes de la tendinite aiguë. Malheureusement, les corticostéroïdes peuvent inhiber certains mécanismes de réparation importants, tels que le développement du tissu fibreux et la synthèse du collagène.
On doit toujours parler au vétérinaire avant d’administrer des médicaments pour soigner une blessure et suivre la posologie indiquée en fonction du poids du cheval.
L’acide hyaluronique
L’hyaluronate de sodium, ou acide hyaluronique (AH), est un composé structural important du cartilage articulaire et d’autres tissus. Il est présent naturellement dans l’organisme du cheval.
L’acide hyaluronique aide à maintenir la santé des articulations en inhibant les réactions inflammatoires. Il peut par ailleurs favoriser la réparation des tissus et empêcher la formation d’adhérences. [9]
L’AH peut accroître la reproduction et la différenciation des cellules dans les tissus affectés ainsi que la migration des cellules vers la lésion pour la réparer. Ce mécanisme stimule une cicatrisation plus rapide, accélère la maturation tissulaire et empêche le tissu d’épaissir (ce qu’on appelle la fibrose).
L’injection d’acide hyaluronique dans le tendon peut aider à soulager la douleur et à soutenir les mécanismes de réparation après un claquage aigu. Pour obtenir le meilleur effet possible, il faut administrer le traitement peu de temps après que la blessure s’est produite.
La réadaptation à l’exercice
Une fois l’inflammation initiale calmée, il importe de réintroduire prudemment des exercices de faible intensité dans la routine du cheval. Si la blessure est grave et que le boulet manque de soutien, on devra retarder l’introduction de l’exercice pour éviter d’autres dommages. [15]
Le plan de réadaptation doit donc comprendre un programme d’exercice personnalisé. Il faut adapter le programme d’entraînement et les exercices qu’ils comportent en fonction de la gravité de la blessure et des résultats des contrôles échographiques périodiques.
En général, les chevaux peuvent commencer à marcher en main une fois que l’inflammation s’est résorbée, d’une à trois semaines après la blessure initiale. Ils peuvent recommencer à trotter environ trois mois plus tard. Ils ne doivent pas galoper avant le septième ou le huitième mois suivant le début de la réadaptation.
Les chevaux peuvent reprendre l’entraînement de course après huit à douze mois de réadaptation à l’exercice contrôlée.
Les nouvelles méthodes de traitement
Différents nouveaux traitements de la tendinite ont démontré une efficacité variable chez les chevaux. Ces méthodes sont prometteuses pour soigner les tendons claqués, mais davantage de recherches sont nécessaires pour le confirmer.
Les cellules souches et le plasma riche en plaquettes
La thérapie aux cellules souches peut être une option viable pour réparer un tendon blessé. Ce traitement consiste à injecter dans le tendon des cellules souches mésenchymateuses (CSM) qui se trouvent dans la moelle osseuse, la graisse corporelle, le sang ou les tendons. [5]
Les preuves suggèrent que ces cellules peuvent favoriser la régénération des tissus, améliorer la rapidité et la qualité de la cicatrisation des tendons, en plus d’aider à prévenir la formation de nouvelles lésions.
Le plasma riche en plaquettes (PRP) consiste à injecter une forte concentration de plaquettes sanguines provenant du cheval lui-même dans son propre tendon. On pense que cette méthode accélère la guérison. Ce traitement est peu invasif, efficace et relativement peu coûteux.
Des études montrent que le PRP améliore la vascularisation (l’apport sanguin) et l’activité métabolique dans le tendon. Il stimule la maturation des tissus, la synthèse du collagène et le remodelage. Il renforce le tendon et aide à prévenir l’apparition de nouvelles lésions.
Les chevaux soignés par thérapie cellulaire présentent un taux de récurrence des lésions considérablement plus bas (27 %) que ceux traités par les méthodes conventionnelles (56 %). Cela dit, davantage de recherches sont nécessaires avant que l’injection de cellules souches et le PRP ne deviennent des pratiques courantes pour soigner les tendons claqués et la tendinite chronique. [5]
La thérapie par ondes de choc
La thérapie par ondes de choc extracorporelles (ESWT en anglais) est un traitement non invasif qui pourrait éventuellement soigner la tendinite ainsi que d’autres lésions et troubles musculosquelettiques. Elle consiste à appliquer des ondes de pression de grande amplitude sur certaines parties du corps pour accroître le flux sanguin vers la région. [11]
On connaît mal les mécanismes thérapeutiques qui sont en jeu lorsqu’on utilise cette méthode. On pense que ces ondes de choc stimulent la régénération des tissus en causant des réponses interstitielles et des microdéchirures dans la région.
Il semblerait que plusieurs mécanismes différents agissent conjointement pendant la thérapie par ondes de choc extracorporelles pour stimuler les mécanismes de régénération du cheval. [17]
La thérapie au laser à haute puissance
La recherche montre que la stimulation des lésions tendineuses au moyen d’un laser infrarouge très puissant peut activer les mécanismes impliqués dans la cicatrisation des tissus. Cette forme de thérapie au laser engendre des effets anti-inflammatoires et analgésiques. De plus, elle aide à prévenir l’œdème ou l’enflure que cause le fluide emprisonné. [22]
Bien que la médecine vétérinaire n’ait pas étudié la thérapie au laser à haute puissance en profondeur, on pense qu’elle peut être bénéfique en tant que thérapie d’appoint combinée à d’autres traitements.
Chaque séance dure environ 30 minutes. Elle doit normalement avoir lieu tous les jours pendant deux semaines. [13]
L’acupuncture
L’acupuncture est une forme de médecine orientale qui consiste à insérer stratégiquement de fines aiguilles dans la peau à des endroits précis du corps. On pense que ce traitement stimule le système nerveux pour créer un effet analgésique et ramener le corps à un état homéostatique. [8]
Réalisée par un praticien qualifié, l’acupuncture est sans danger pour les chevaux. Le risque d’effets indésirables est minimal. Il s’agit donc d’un traitement très recherché pour soulager de nombreux problèmes de santé et maladies.
Chaque séance dure de 20 à 60 minutes environ. Plusieurs séances sont généralement nécessaires pour obtenir des résultats. On utilise souvent l’acupuncture conjointement aux traitements conventionnels pour atténuer les symptômes d’un tendon claqué ou d’une tendinite chronique. [16]
Le traitement par ultrasons
Le traitement par ultrasons est une forme de physiothérapie qui sert à soigner les blessures équines. Il n’est pas invasif et il est sans danger. Il peut améliorer le confort des animaux. Contrairement à l’échographie de diagnostic du vétérinaire, c’est un physiothérapeute qui prodigue ordinairement le traitement par ultrasons.
Cette méthode consiste à appliquer des impulsions de chaleur et d’énergie sur la région blessée. Les tissus riches en collagène absorbent les ondes ultrasonores, y compris les tendons et les ligaments. Cela favorise la cicatrisation des tissus, accroît le flux sanguin et diminue l’inflammation dans la région. [4]
L’utilisation à court terme du traitement par ultrasons n’accélère probablement pas la réparation des tendons. En revanche, un nombre restreint de recherches montrent que cette forme de traitement pourrait être bénéfique si on l’emploie à long terme pendant le processus de guérison. Davantage de recherches sont nécessaires pour valider l’efficacité de cette modalité de traitement. [4]
La magnétothérapie
On pense que la magnétothérapie aide le corps à guérir en accroissant le flux sanguin et l’apport d’oxygène à la région touchée, ce qui permet de diminuer l’inflammation. [20]
Les produits de thérapie par champ électromagnétique pulsé (PEMF en anglais), notamment des bottes ou des couvertures, sont offerts dans le commerce. On pense qu’ils procurent des bienfaits pour soulager les troubles suivants :
- les lésions aux tissus mous et aux muscles;
- la raideur et l’inflammation dans l’organisme;
- l’arthrite et l’ostéoporose;
- les pathologies du sabot (par exemple, la laminite).
Ces appareils émettent des impulsions électriques variables dirigées vers le corps pour former un champ magnétique. On pense qu’ils soulagent l’inflammation en accélérant les mécanismes métaboliques dans les cellules et en augmentant la circulation sanguine.
Selon les rapports anecdotiques, les produits magnétiques peuvent être utiles pour promouvoir la guérison de certaines parties du corps. Néanmoins, la recherche suggère que la magnétothérapie pulsée exerce peu d’effet sur la réparation des tendons chez les équidés. [20]
On combine habituellement la magnétothérapie à d’autres modalités de traitement, telles que la physiothérapie et les médicaments. Elle peut aussi servir de mesure pour prévenir les blessures.
Les traitements chirurgicaux
Certains chevaux atteints de lésions tendineuses graves ou dont le pronostic est réservé requièrent une intervention chirurgicale. La plupart des lésions aux tendons finissent par guérir sans chirurgie. Le taux de récurrence est cependant plus élevé dans ce cas. [2]
La recherche montre que les chevaux qui subissent un traitement chirurgical pour une blessure au tendon sont 4,7 fois plus susceptibles de pouvoir reprendre les sports de performance que ceux qui ont reçu uniquement une intervention médicale.
La syndesmotomie du ligament croisé supérieur
La syndesmotomie du ligament croisé supérieur peut atténuer la tension exercée sur le tendon fléchisseur superficiel du doigt (TFSD). Cette intervention chirurgicale consiste à sectionner et à étirer le ligament accessoire du TFSD afin de réduire la charge exercée sur le tendon. [2][18]
Le vétérinaire peut effectuer cette opération par voie percutanée, c’est-à-dire à travers la peau, pendant que le cheval mis sous anesthésie est couché ou debout. Il existe d’autre part une méthode endoscopique qui passe par la gaine carpienne, soit la région qui s’étend du genou au milieu du canon.
Le fractionnement des tendons ou « styleting »
Le fractionnement percutané du tendon ou « styleting » consiste à pratiquer de petites incisions dans le tendon endommagé pour évacuer le liquide et accélérer la récupération.
On a longtemps pensé que le fractionnement des tendons améliorait la vascularisation ou la formation de vaisseaux sanguins dans les tissus. La vascularisation accrue aurait amélioré l’apport de nutriments et d’oxygène au tendon et facilité la réparation des tissus. Or, la science a depuis réfuté cette théorie. [6]
Si on envisage le fractionnement du tendon, il doit avoir lieu dès le début du traitement. Effectuée plus tard durant la convalescence, cette intervention peut faire subir un traumatisme excessif au tendon, entraîner la croissance du tissu cicatriciel et aggraver la boiterie. Elle n’a aucun effet sur la production de collagène. [9]
La qualité de la réparation et de la réadaptation après le fractionnement du tendon diffère d’un individu à l’autre. On tente habituellement d’autres méthodes de traitement moins invasives avant d’envisager le fractionnement du tendon.
La thermocautérisation
La thermocautérisation est une méthode obsolète de traitement des lésions aux tendons et aux ligaments. Elle consiste à cautériser les tissus du bas des membres au moyen de produits chimiques ou d’une sonde chauffée pour soigner les chevaux atteints de lésions chroniques comme la tendinite. On la réalise sous anesthésie générale ou lorsque le cheval est debout sous sédation. [18]
On pensait autrefois que la thermocautérisation renforçait le membre. On l’employait anciennement pour les chevaux de course. On juge désormais que ce procédé est une forme de cruauté animale. Elle est aussi déconseillée en raison de l’absence de preuves scientifiques. [3]
Le soutien nutritionnel
On peut aider le cheval à se rétablir d’une blessure au tendon en lui donnant une alimentation équilibrée, en veillant à ce qu’il conserve un poids sain et en lui fournissant des suppléments nutritionnels pour soutenir les tissus conjonctifs.
La gestion du poids est particulièrement importante pour les chevaux au repos au box qui s’apprêtent à reprendre le travail. Les tissus conjonctifs, les articulations, les tendons et les ligaments des animaux qui sont trop lourds subissent des contraintes accrues.
Nous vous conseillons de faire appel à un nutritionniste qualifié pour concevoir un régime alimentaire adapté qui favorise la récupération des tendons de votre cheval. Il faut modifier sa ration pour refléter son changement d’activité au fur et à mesure qu’il passe du repos complet à un programme d’exercice léger.
Les macronutriments et les micronutriments
Les régimes alimentaires équins qui sont déficients en vitamines, en minéraux et en acides aminés peuvent ralentir la récupération d’une blessure aux tissus mous.
Les vitamines et les minéraux jouent un rôle important dans les mécanismes métaboliques qui stimulent la réparation des tissus des chevaux atteints d’un claquage.
Parmi les principaux nutriments nécessaires au maintien de tissus conjonctifs en bonne santé, on retrouve :
- les vitamines A, C et E; [23][24]
- des macrominéraux comme le soufre et le magnésium; [25][26]
- des oligo-éléments, notamment le zinc, le cuivre, le manganèse et le cobalt. [27]
Les acides aminés sont les éléments constitutifs des protéines. Ils doivent provenir de l’alimentation pour soutenir la synthèse du collagène. Alors qu’en général les chevaux reçoivent suffisamment de protéines dans leur alimentation, toutes les rations ne contiennent nécessairement pas un profil équilibré d’acides aminés.
La lysine, la méthionine et la thréonine sont les trois acides aminés les plus limitants de l’alimentation équine. Une carence en ces nutriments est la plus susceptible de ralentir le taux de synthèse des protéines dans l’organisme du cheval.
Pour remédier aux lacunes alimentaires, on peut lui donner un supplément nutritionnel équilibré, par exemple Omneity® de Mad Barn. Omneity fournit les vitamines, les minéraux et les acides aminés nécessaires pour équilibrer les régimes alimentaires équins. Il favorise la santé des tendons et des tissus conjonctifs.
Le MSM (méthylsulfonylméthane)
Le MSM est une source biodisponible de soufre minéral. La recherche a démontré qu’il aide à maintenir la santé des tissus conjonctifs, du cartilage et des os équins. [7]
On peut donner du MSM aux chevaux en tant que supplément pour les articulations afin de stimuler la production de collagène et la santé du cartilage dans l’organisme. Il peut aussi être bénéfique pour les équidés qui se remettent de blessures musculosquelettiques.
Les acides gras oméga-3
Le DHA est un acide gras oméga-3 qui aide à maintenir une régulation normale des mécanismes inflammatoires dans l’organisme. Le DHA peut aider à diminuer la réaction inflammatoire qui suit le claquage du tendon.
Une étude a démontré que le DHA réduisait l’inflammation et qu’il améliorait les notes de boiterie des chevaux qui présentaient une inflammation articulaire induite expérimentalement. [28]
Le pronostic
Le pronostic d’un cheval qui souffre d’un tendon claqué dépend de la gravité de la lésion initiale, ainsi que de l’ampleur des soins de soutien ou de l’intervention chirurgicale appropriés qui sont mis en œuvre. [15]
Les chevaux atteints de lésions tendineuses graves peuvent ne jamais pouvoir revenir à leur niveau d’entraînement antérieur, car même guéris, les tendons peuvent rester affaiblis. On estime que 80 % des chevaux de course Thoroughbred qui retournent à la course subissent une nouvelle blessure.
Les chevaux doivent demeurer au repos pendant au moins six mois pour éviter une nouvelle lésion et une aggravation du problème. Bon nombre de ceux qui se remettent d’un claquage subissent des blessures dans le membre opposé.
Si votre cheval subit une blessure au tendon, mettez immédiatement en place un programme de réadaptation avec l’aide de votre vétérinaire. Une intervention médicale rapide et une surveillance régulière du médecin amélioreront le pronostic de guérison.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur les tendons arqués chez les chevaux :
Un tendon arqué fait référence à une inflammation ou à une déchirure des fibres tendineuses, le plus souvent au niveau du tendon fléchisseur digital superficiel. Cette blessure donne l’impression que l’arrière de la jambe est courbé ou « arqué » et peut entraîner de la douleur, de l’enflure et une boiterie. Elle résulte d’une surcontrainte, d’un stress répétitif ou d’un traumatisme soudain qui dépasse la capacité du tendon à s’étirer en toute sécurité.
Un tendon arqué survient lorsque le tendon est soumis à une contrainte excessive en raison d’un travail à grande vitesse, d’un mauvais sol, de la fatigue ou d’un conditionnement inadéquat. Des défauts de conformation, un ferrage incorrect ou un bandage peuvent également augmenter le risque. Bien que les chevaux de performance soient les plus touchés, tout cheval peut développer une inflammation ou une déchirure tendineuse s’il est soumis à une contrainte excessive.
Les chevaux peuvent se rétablir de blessures tendineuses, mais la guérison est lente et souvent incomplète, car le tissu tendineux forme une cicatrice plutôt que des fibres normales. Un repos contrôlé, une supervision vétérinaire et une réintroduction graduelle de l’exercice sont essentiels. Avec une prise en charge adéquate, de nombreux chevaux reprennent le travail, bien que le risque de récidive demeure plus élevé chez les chevaux athlétiques.
La prévention consiste à conditionner les chevaux graduellement, à maintenir des sabots équilibrés et à éviter la fatigue ou les surfaces dures. Des soins réguliers du maréchal-ferrant, des routines d’échauffement appropriées et un exercice varié aident à renforcer les tendons. L’entraînement croisé et une mise au pâturage régulière favorisent la souplesse et réduisent les contraintes répétitives qui mènent à des lésions tendineuses.
Résumé
Le tendon arqué, ou tendinite, est l’inflammation ou la déchirure des fibres tendineuses dans le bas de la jambe du cheval, impliquant souvent le tendon fléchisseur superficiel des doigts. Cette blessure résulte d’une sursollicitation et est fréquente chez les chevaux de course, mais peut toucher n’importe quel cheval.
- Survient lorsque les fibres tendineuses se déchirent en raison d’un stress excessif ou d’une mauvaise préparation physique
- Fréquente chez les chevaux de performance en raison des charges répétitives et de la fatigue
- Les symptômes comprennent un gonflement, de la douleur, de la chaleur et une courbe en forme d’arc sur la jambe
- Diagnostic confirmé par palpation et imagerie échographique
- Le traitement comprend la thérapie par le froid, le repos au box, le bandage et un exercice progressif
- Des traitements régénératifs comme les cellules souches, le PRP ou la thérapie au laser peuvent améliorer la guérison
- Une nutrition équilibrée avec des acides aminés, des minéraux, du MSM et des oméga-3 favorise la réparation des tendons
Références
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