Avez-vous remarqué que l’appétit et le comportement alimentaire de votre cheval changent?
Il ne termine peut-être plus sa ration ou son fourrage l’intéresse moins que d’habitude. Inversement, son appétit augmente et il termine son foin plus rapidement.
L’appétit du cheval peut fluctuer fréquemment pour une multitude de raisons. Bien que les fluctuations à court terme ne soient pas alarmantes, les changements qui perdurent peuvent avoir des conséquences sur son état de chair et sa santé en général.
Le comportement alimentaire des équidés est un sujet complexe. De nombreux facteurs différents peuvent l’affecter. Les changements de température dans le milieu de vie, le niveau d’activité, la fonction intestinale, l’état reproducteur, la composition de l’alimentation, la santé dentaire, le bien-être psychologique et d’autres variables peuvent modifier leur appétit.
Il importe de savoir ce qui constitue un appétit et un comportement alimentaire normaux pour pouvoir déceler les changements. Ces derniers peuvent dans certains cas signaler un problème qui touche l’état physique ou mental du cheval.
La prise alimentaire des chevaux
Les besoins caloriques et le taux métabolique du cheval sont les deux principaux facteurs qui commandent son appétit. [1]
Lorsqu’ils ont accès à la nourriture à volonté, les chevaux consacrent 60 % de leur temps ou plus aux comportements alimentaires. [1] Le temps passé à s’alimenter augmente ou diminue pour maintenir l’apport calorique.
En règle générale, les chevaux mangent quotidiennement une quantité de nourriture et de fourrage qui représente entre 1,5 et 3 % de leur poids vif. Cela signifie qu’un cheval de 500 kg (1 100 lb) mange quotidiennement environ de 7,5 à 15 kg (de 16,5 à 33 lb) de matière sèche.
S’il est en croissance ou en gestation, qu’il allaite ou fait de l’exercice, son appétit s’accroît pour lui fournir les calories, les protéines et les autres nutriments supplémentaires requis pour combler ses exigences physiologiques.
Chez les chevaux en bonne santé, la qualité de fourrage peut aussi influer sur la quantité ingérée. En général, les fourrages matures avec une teneur en fibres détergentes neutres (FDN) plus élevée et une teneur en protéines brutes plus basse sont associés à une baisse de prise alimentaire. Ce n’est toutefois pas toujours le cas. Certains individus s’adaptent aux fourrages de moindre qualité en accroissant leur consommation. [24]
Par conséquent, il est crucial d’identifier si les changements de fourrage sont la principale cause de la modification de l’appétit, car il s’agit généralement d’un état transitoire. En soumettant un échantillon de foin pour une analyse, vous pourrez déterminer si le foin a changé de manière importante et pourrait expliquer les fluctuations de prise alimentaire.
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La régulation de l’appétit
Les hormones responsables du maintien de l’homéostasie dans l’organisme contrôlent l’appétit. L’homéostasie fait référence à l’état stable des conditions internes, physiques et chimiques. [1][2]
Plus précisément, l’hormone de la faim, la ghréline sécrétée par les cellules ghrélinergiques de l’estomac, influence la sensation de faim. [3][4]
Cette hormone commande les comportements alimentaires comme la recherche de nourriture, et l’abaissement de la tête pour sentir, goûter, mâcher et avaler. La ghréline joue également un rôle dans le choix des aliments. [1][5]
De nombreux autres facteurs peuvent affecter la quantité de nourriture que mange le cheval. La perte d’appétit est souvent l’un des premiers symptômes d’un trouble sous-jacent chez les individus qui éprouvent de la douleur ou qui sont malades. C’est pourquoi il est si important de surveiller de près ses habitudes alimentaires.
Les symptômes d’un appétit anormal
Les équidés sauvages sont constamment à la recherche de nourriture pour survivre. Les chevaux ont évolué pour se nourrir pendant 16 à 20 heures par jour. À l’état naturel, ils mangent une variété de fourrage grossier pauvre en calories en paissant dans de vastes prairies.
Dans des circonstances normales, les équidés mangent tous les aliments disponibles et profitent de toutes les occasions de consommer des calories supplémentaires. Lorsqu’un cheval ne mange pas la nourriture à sa disposition, il y a souvent une raison.
Les symptômes d’un appétit anormal et de troubles de santé éventuels peuvent inclure ceux qui suivent :
- une perte de poids due à une prise alimentaire insuffisante lorsque la nourriture est accessible;
- une hausse d’appétit et une prise de poids excessive en cas d’insulinorésistance.
Le diagnostic des causes d’un changement d’appétit
Si le cheval cesse de manger, diminue ou augmente sa consommation d’aliments, il faut consulter un vétérinaire pour écarter tout trouble de santé potentiel.
Pour diagnostiquer un problème d’appétit, le vétérinaire enquête sur la présence de toute condition médicale comme une maladie, une douleur, des problèmes dentaires ou des irrégularités métaboliques.
Les autres facteurs importants à évaluer comprennent le programme d’exercice du cheval, son milieu de vie, le mode de distribution de la nourriture et le type d’aliments fournis.
Pourquoi mon cheval perd-il l’appétit?
Avez-vous remarqué que l’état de chair de votre cheval diminue ou qu’il ne s’intéresse plus à sa nourriture?
Un manque d’appétit peut signaler des troubles de santé intestinale, une maladie dentaire, du stress ou des difficultés à manger le fourrage ou les aliments distribués.
Ces changements sont parfois temporaires et se règlent d’eux-mêmes. Dans d’autres cas, une intervention vétérinaire est nécessaire pour soigner les troubles de santé sous-jacents.
Les ulcères gastriques
Le manque d’appétit peut être un symptôme de syndrome d’ulcération gastrique équin. Les ulcères d’estomac ou gastriques sont fréquents parmi les équidés. Ils apparaissent chez 60 à 90 % des chevaux de performance et de loisir.Plus particulièrement, les chevaux souffrant d’ulcères refusent généralement les aliments dans un seau, ou ne prennent que quelques bouchées, et recherchent du fourrage.
Les ulcères gastriques se développent pour un certain nombre de raisons, y compris les facteurs alimentaires, l’exposition au stress, l’exercice très intense, le milieu de vie, les médicaments, entre autres choses. [10]
Les chevaux qui ont des ulcères peuvent présenter un large éventail de symptômes, notamment une perte d’appétit ou l’anorexie (le refus de s’alimenter). Les autres signes d’ulcération comprennent un appétit capricieux, le bruxisme ou grincement des dents, la perte de poids, la nervosité, une robe terne, un mauvais état de chair, les coliques récurrentes, une baisse de performance et l’agressivité. [10]
Le dysfonctionnement de l’intestin postérieur
Les ulcères peuvent se former sur toute la longueur du tube digestif, y compris dans l’intestin postérieur. L’ulcération qui se développe dans l’intestin postérieur se nomme colite du côlon dorsal droit (CCDD) ou ulcères du côlon.
Les muqueuses endommagées ou les ulcères de l’intestin postérieur se forment pour des raisons différentes de ceux qui affectent l’estomac. Les ulcères de l’intestin postérieur sont principalement associés à une mauvaise utilisation des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Cependant, ils peuvent également résulter d’une acidité excessive dans l’intestin postérieur due à un accès illimité aux céréales.
L’intestin postérieur peut d’autre part souffrir d’une affection connue sous le nom de dysbiose, qui fait référence à un déséquilibre général du microbiome intestinal.
Les chevaux atteints de dysfonctionnement de l’intestin postérieur délaissent souvent leurs aliments et peuvent perdre du poids s’ils ne sont plus capables de digérer correctement leur nourriture.
Les ulcères buccaux
Certains aliments non transformés contiennent des ingrédients rudes, par exemple des coques ou des têtes de graines, qui peuvent irriter la bouche du cheval et réduire sa prise alimentaire. Le foin peut aussi être trop grossier ou encore contenir des mauvaises herbes avec des épines ou des poils qui causent des lésions dans la bouche. [11]
Ces ingrédients abrasifs peuvent contribuer à la perte d’appétit en provoquant une inflammation de la bouche et des lèvres, des lésions ulcéreuses dans la bouche, de la bave et une prolifération du tissu gingival autour des dents (l’hyperplasie gingivale).
Il faut alors demander au vétérinaire d’examiner l’intérieur de la bouche du cheval pour vérifier si les tissus buccaux sont endommagés et envisager un changement d’aliment pour régler le problème.
Les maladies dentaires
Différents troubles dentaires peuvent faire naître de la douleur et donner lieu à une baisse d’appétit et à une réticence à manger. [12][13][14] Les chevaux âgés dont les dents sont usées peuvent aussi diminuer leur prise alimentaire.
Les examens dentaires permettent de constater les pointes tranchantes qui se forment sur les molaires ou les dents fracturées et saillantes qui peuvent gêner le cheval lorsqu’il mange.
Les chevaux qui ont faim, mais qui mâchent partiellement leur foin et le laissent tomber en boulettes autour de l’aire d’alimentation ou de la stalle peuvent souffrir d’une maladie dentaire qui leur cause de la douleur lorsqu’ils mangent.
Les troubles dentaires qui empêchent les chevaux de mastiquer suffisamment les aliments peuvent d’autre part mener à la maldigestion, à une obstruction œsophagienne et aux obstructions intestinales, qui peuvent toutes contribuer au manque d’appétit.
La douleur et la maladie
Les chevaux qui souffrent en raison d’une maladie, d’une infection, d’une blessure, d’une boiterie ou d’une autre pathologie peuvent perdre l’appétit.
L’évaluation d’un vétérinaire est nécessaire pour diagnostiquer et traiter tout trouble de santé qui contribue à la douleur ou à l’inconfort de l’animal.
Les coliques
Les chevaux qui souffrent de coliques cessent habituellement de manger à cause des douleurs gastro-intestinales intenses qu’entraîne cette pathologie. L’estomac ou les intestins peuvent enfler, s’enflammer, s’obstruer et potentiellement se tordre.
En plus de la perte d’appétit, les autres symptômes de colique peuvent inclure les ballonnements d’estomac, les coups de pied au sol et les roulades.
Les coliques peuvent être le résultat de parasites internes, d’une accumulation de sable, de la déshydratation, du confinement en stalle, de certaines pratiques d’alimentation, ainsi que d’une diète riche en céréales et en granulés.
L’exercice intense
On sait que l’exercice modifie les taux d’hormones dans l’organisme, y compris en élevant le taux de cortisol et d’adrénaline.
Ces hormones peuvent induire des changements du taux de ghréline, une hormone qui stimule la faim. Cette dernière diminue temporairement après de courtes périodes d’exercice très intense, ce qui peut expliquer les baisses temporaires d’appétit après un effort soutenu. [3]
Le stress
Le stress peut engendrer un manque d’appétit et une perte de poids. Les chevaux peuvent ressentir du stress lorsqu’on modifie leur milieu de vie, lors des déplacements en remorque, lorsqu’on les sépare du troupeau ou lorsqu’ils sont exposés à des températures chaudes et humides.
Ils sont les plus heureux lorsqu’ils vivent au sein d’un troupeau. En revanche, s’ils sont au bas de la hiérarchie sociale et que les animaux plus dominants les intimident, ils peuvent se désintéresser de la nourriture à cause du stress que cela engendre. La concurrence au sein du groupe peut faire en sorte que les individus au bas de l’ordre social ont moins accès à la nourriture.
Le manque d’appétit peut aussi se produire chez les chevaux qui deviennent déprimés en raison de l’isolement, de l’ennui ou d’un manque de sorties en liberté.
Les médicaments
Certains médicaments peuvent faire en sorte que le cheval ait moins envie de manger, soit en affectant la signalisation de l’appétit et de la satiété, soit parce que leur goût est désagréable. Par exemple, la phénylbutazone (butazone) est un analgésique qui peut entraîner une perte d’appétit.
Les vétérinaires prescrivent couramment du pergolide aux chevaux et aux poneys qui ont reçu un diagnostic de dysfonctionnement de la pars intermedia de la glande pituitaire (DPIP/maladie de Cushing). [17][18] Ce médicament agit sur les récepteurs de dopamine du cerveau.
Certains chevaux qui reçoivent du pergolide présentent des signes de diminution de l’appétit ou d’anorexie au début du traitement. L’appétit redevient généralement normal une fois que l’organisme s’adapte au nouveau médicament, à condition que le dosage convienne au cheval concerné.
Si la perte d’appétit persiste pendant le traitement au pergolide, on peut devoir ajuster ou réduire temporairement la posologie.
L’osmolalité gastrique
La recherche montre qu’une hausse d’osmolalité gastrique fait en sorte que les chevaux cessent de s’alimenter. [1] L’osmolalité gastrique mesure la pression osmotique du contenu de l’estomac.
Lorsque la pression osmotique est élevée, le liquide est aspiré dans les intestins. Ce mécanisme favorise la vidange gastrique, ou l’évacuation de la nourriture et du liquide de l’estomac vers l’intestin grêle.
Les changements soudains d’aliments
Les chevaux aiment une routine homogène qui prévoit de les nourrir à la même heure chaque jour. [4] De plus, ils sont naturellement très prudents lorsqu’on leur présente de nouveaux aliments.
Tout changement soudain de composition, de texture ou d’odeur peut faire en sorte qu’ils hésitent à manger. Il faut introduire progressivement les nouveaux aliments ou suppléments jusqu’à ce que le cheval s’adapte à sa nouvelle routine.
Les aliments de piètre qualité ou avariés
Les chevaux ont un odorat aiguisé. Ils peuvent ordinairement sentir les aliments gâtés ou moisis. Les aliments entreposés dans un environnement malpropre ou chaud peuvent se gâter ou fermenter plus rapidement que ceux stockés dans un lieu propre et frais.
La recherche démontre que les chevaux mangent moins de blé lorsqu’il contient un niveau élevé de mycotoxines. Un essai a constaté que des concentrations plus élevées de la mycotoxine déoxynivalénol (DON) ont conduit à une diminution de la prise alimentaire de blé. [23]
Les traitements pour combattre le manque d’appétit
Prodiguer des soins vétérinaires : si le cheval souffre d’un trouble de santé sous-jacent qui mène à une perte d’appétit, notamment les problèmes dentaires, la douleur, les infections, les maladies endocriniennes ou une pathologie qui influe sur l’appétit, il aura besoin de soins vétérinaires.
Modifier le type d’aliment : si le cheval n’a pas envie de manger malgré l’absence de problèmes médicaux, on peut essayer d’introduire graduellement un nouvel aliment pour stimuler son appétit. On peut aussi faire appel à un comportementaliste équin pour obtenir des stratégies visant à améliorer son comportement alimentaire.
Distribuer un fourrage de meilleure qualité : on choisit un fourrage plus nutritif qui contient plus de fibres digestibles ou on ajoute un foin de légumineuses comme la luzerne à la ration du cheval. Le foin grossier qui contient beaucoup de tiges est moins appétent que le foin à brins larges, tendres et feuillus.
Donner plusieurs repas par jour : les chevaux ont un estomac relativement petit. Ils sont en meilleure santé lorsqu’ils reçoivent plusieurs petits repas distribués plusieurs fois par jour. L’accès au fourrage en tout temps les encourage à manger tout au long de la journée.
Rectifier les carences nutritionnelles : les études ont constaté que les chevaux nourris avec un régime alimentaire présentant une carence en vitamine B (la thiamine) induite expérimentalement avaient moins d’appétit. Il faut donc s’assurer que le cheval reçoit une alimentation qui contient les bonnes quantités de vitamines et de minéraux essentiels. [20]
Recourir aux médicaments : les chevaux qui souffrent de sous-alimentation chronique peuvent se voir prescrire des médicaments pour stimuler leur appétit. Les dérivés de benzodiazépines, des types de tranquillisants, peuvent stimuler l’appétit temporairement, mais ils peuvent aussi provoquer des effets secondaires.
Modifier les méthodes de gestion : la diminution du stress dans la routine quotidienne des chevaux peut promouvoir un appétit normal. Voici quelques moyens de réduire le stress :
- doucher le cheval à l’eau fraîche par temps chaud pour améliorer son confort;
- diminuer temporairement l’intensité du programme d’exercice du cheval pour déterminer si le stress de l’entraînement est à l’origine de son changement d’appétit;
- donner au cheval suffisamment de sorties en liberté à l’extérieur pour atténuer le stress;
- mettre un compagnon équin à proximité pour réduire l’anxiété et le stress du cheval lorsqu’il mange.
Améliorer le confort du système digestif : un supplément comme Visceral+ de Mad Barn permet de favoriser la santé de l’ensemble du système digestif et la fonction gastro-intestinale.
Encourager la consommation d’eau : une bonne hydratation est importante pour soutenir la santé intestinale et la digestion. On ajoute du sel à la ration pour stimuler la soif et on veille à ce que le cheval ait accès à beaucoup d’eau fraîche et propre.
Ajouter des aliments riches en matières grasses : les matières grasses sont plus denses en calories et le cheval les métabolise plus efficacement que les aliments à base de fourrage ou de céréales. Une hausse de teneur en matières grasses peut aider à prévenir la perte d’état de chair chez les chevaux qui ont moins d’appétit.
Fournir des aliments appétents : la collaboration avec un nutritionniste équin permet d’apporter des ajustements calculés à l’alimentation du cheval. Selon l’état de santé métabolique de l’animal, les propriétaires peuvent envisager d’ajouter des quantités restreintes de pulpe de betterave avec mélasse, d’aliments sucrés, de compote de pommes, de carottes ou d’autres aliments au goût agréable pour accroître l’apport calorique.
Ajouter des agents aromatisants : une étude menée sur 48 chevaux de races différentes a révélé leurs préférences pour certaines saveurs. Les animaux étudiés préféraient les granulés avec un goût sucré distinct ou les céréales légèrement salées. [15]
Une autre étude a révélé que le goût d’anis améliorait l’appétence des aliments. [16] Les arômes, y compris la menthe poivrée, le fenugrec, le caramel, la framboise et la pomme, peuvent par ailleurs améliorer l’appétence des concentrés. [19]
Pourquoi mon cheval a-t-il plus d’appétit qu’auparavant?
Votre cheval mange-t-il soudainement plus de nourriture que d’habitude? La hausse d’appétit peut être la conséquence d’une charge de travail plus élevée ou d’un changement d’état physiologique, ou encore le signe d’un dysfonctionnement métabolique.
L’appétit des chevaux varie selon la saison. Ils accroissent leur prise alimentaire durant l’été alors que le fourrage de grande qualité abonde. [21]
Les aliments appétents
Les chevaux auxquels on offre des aliments ou des céréales plus appétents augmentent leur prise alimentaire. [1]
La résistance à la leptine
La résistance à la leptine se produit souvent en association avec l’insulinorésistance. Elle peut donner lieu à une hausse d’appétit chez les chevaux obèses. [6][7][8]
Davantage de recherches sont nécessaires pour comprendre les liens entre l’insuline, l’appétit et le niveau de leptine chez les chevaux.
Les besoins caloriques accrus
Les chevaux qui vivent à l’extérieur pendant l’hiver consomment plus de nourriture lorsque la température baisse pour maintenir leur température interne sans perdre leur état de chair. [9]
L’appétit change naturellement pour soutenir l’apport de calories supplémentaires requis par temps froid. [9]
Les médicaments
Certains médicaments, notamment la dexaméthasone et la prednisone, peuvent avoir des effets secondaires qui causent une hausse de l’appétit du cheval.
Le diazépam et la promazine sont des médicaments qui accroissent aussi l’appétit chez les équidés. [22]
La présence d’autres chevaux
La recherche montre que les chevaux mangent plus en présence de leurs congénères. [1]
Le traitement de la suralimentation
Si l’appétit du cheval a augmenté, il importe de consulter un vétérinaire pour déterminer si ce changement est dû à un problème d’ordre médical. Les chevaux atteints du syndrome métabolique ou du DPIP peuvent manger plus que ce qui est nécessaire pour combler leurs besoins caloriques.
Les animaux en surpoids qui ont un appétit excessif en raison de l’insulinorésistance peuvent requérir un traitement médical.
Les interventions de gestion pour les chevaux qui ont un appétit accru se concentrent sur la réduction de l’apport calorique dans la ration afin de prévenir la prise de poids.
Supprimer les aliments à teneur élevée en glucides hydrolysables : les aliments à base de céréales et les moulées sucrées contiennent de fortes concentrations de glucides glucides hydrolysables (GH), y compris les sucres et les amidons. Il faut alors les remplacer par des fourrages et des aliments pauvres en glucides non hydrolysables.
Distribuer un fourrage moins calorique : on choisit un foin plus pauvre en calories pour prévenir un gain de poids excessif. On peut choisir un foin fauché à maturité, remplacer une petite quantité de foin par de la paille et faire tremper le foin pour éliminer le surplus de sucre.
Réguler la prise alimentaire : la plupart des chevaux continuent de manger s’ils ont accès aux aliments à volonté. Certains individus en surpoids peuvent nécessiter que l’on contrôle leur accès à la nourriture. L’aide d’un nutritionniste peut être utile pour calculer la ration qui convient au cheval concerné.
Prolonger la durée des repas : les fourrages qui demandent plus de temps à mastiquer peuvent prolonger la durée des repas et permettent d’éviter que le cheval mange trop. Les filets d’alimentation lente ralentissent sa consommation de fourrage.
Des conseils pour favoriser un appétit sain
Les pratiques de gestion et d’alimentation suivantes aident à soutenir la régulation d’un appétit normal chez les chevaux :
- collaborer avec un nutritionniste équin pour être certain que l’alimentation du cheval est équilibrée et qu’elle n’entraîne pas de carences en nutriments; transmettez-nous les renseignements au sujet de votre cheval en ligne pour obtenir une évaluation sans frais;
- fournir au cheval un accès à de l’eau fraîche en tout temps et vérifier que le seau d’eau est propre et rempli tous les jours; les chevaux déshydratés peuvent avoir un appétit plus capricieux;
- donner au cheval de nombreux petits repas tout au long de la journée au lieu d’un ou de deux gros repas; à l’état naturel, les chevaux sont des animaux qui paissent; ils ont évolué pour manger continuellement toute la journée;
- veiller à ce que la nourriture soit fraîche et de bonne qualité; choisir des aliments et du fourrage adaptés à l’état de chair et aux besoins caloriques du cheval;
- faire évaluer le cheval par un vétérinaire pour soigner les problèmes de santé qui pourraient nuire à un appétit normal;
- faire examiner les dents du cheval au moins une ou deux fois par an par un vétérinaire équin ou un dentiste équin qualifié;
- diminuer le stress du cheval en modifiant progressivement son régime alimentaire et son programme d’activité physique; s’assurer qu’il ne vit pas ou ne mange pas dans des conditions stressantes, c.-à-d. en concurrence avec des compagnons de troupeau agressifs qui bloquent son accès à la nourriture.
Si vous avez des préoccupations concernant l’appétit de votre cheval, parlez-en à votre vétérinaire afin qu’il puisse vous aider à trouver la cause et à élaborer un plan pour y remédier.
Foire aux questions
Voici quelques questions fréquemment posées sur l’appétit et le comportement alimentaire de votre cheval :
L’appétit et le comportement alimentaire des chevaux sont influencés par une variété de facteurs. Les conditions environnementales, comme la température, et les changements du niveau d’activité peuvent provoquer des fluctuations. D’autres facteurs clés comprennent la santé intestinale, la composition de l’alimentation, la santé dentaire et l’état psychologique du cheval. Des enjeux comme le stress ou des changements de routine peuvent aussi avoir une incidence sur les habitudes alimentaires d’un cheval. Il est important de savoir ce qui est typique pour votre cheval afin de détecter tout changement important de son appétit qui pourrait signaler un problème sous-jacent.
Plusieurs problèmes de santé peuvent entraîner une diminution de l’appétit chez les chevaux. Ceux-ci comprennent des problèmes gastro-intestinaux comme les ulcères gastriques ou un dysfonctionnement de l’arrière-intestin, où l’inconfort mène à un manque d’intérêt pour la nourriture. Une maladie dentaire peut aussi causer de la douleur pendant l’alimentation, ce qui entraîne une réduction de la consommation. D’autres facteurs comme la douleur due aux coliques, le stress ou la maladie peuvent affecter la volonté d’un cheval de manger. Si la perte d’appétit persiste, il faut consulter un vétérinaire afin de diagnostiquer et de traiter le problème sous-jacent.
Si l’appétit de votre cheval a augmenté, il est essentiel d’évaluer d’abord si c’est dû à des besoins énergétiques accrus, comme un changement de charge de travail ou un temps plus froid. Cependant, cela peut aussi indiquer des problèmes de santé comme un dysfonctionnement métabolique ou une résistance à l’insuline. Si l’augmentation n’est pas liée à des changements physiologiques naturels, consultez votre vétérinaire. Dans les cas où une consommation excessive est liée à des conditions métaboliques, la gestion de l’alimentation du cheval, la réduction des aliments riches en calories et l’assurance de soins appropriés peuvent aider à prévenir une prise de poids excessive.
Les signes d’un appétit anormal chez les chevaux comprennent une perte de poids soudaine malgré une disponibilité adéquate de nourriture, une augmentation de la consommation sans raison évidente ou un refus de manger. Un cheval peut aussi présenter des signes d’inconfort, comme le grincement des dents, un manque d’intérêt pour les rations au seau ou le fait de choisir le fourrage plutôt que d’autres types de nourriture. Si ces signes s’accompagnent de changements de comportement, d’un poil terne ou d’autres préoccupations de santé comme des coliques, il est important de consulter un vétérinaire afin d’écarter toute condition médicale.
Résumé
L’appétit des chevaux peut fluctuer pour diverses raisons. Bien que les changements à court terme soient souvent inoffensifs, les changements à long terme doivent être surveillés attentivement. Comprendre quels facteurs influencent l’appétit est essentiel pour garder votre cheval en bonne santé.
- Les changements d’appétit sont influencés par des facteurs comme la température, l’exercice et la santé intestinale
- Un manque d’appétit peut indiquer des problèmes comme des ulcères gastriques, des problèmes dentaires ou du stress
- Une augmentation de l’appétit peut résulter de déséquilibres hormonaux, de changements saisonniers ou de besoins énergétiques plus élevés
- Le suivi des changements d’appétit aide à diagnostiquer d’éventuels problèmes de santé sous-jacents
- La qualité et le type de fourrage ont une incidence importante sur la régulation de l’appétit
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