Les chéloïdes sont des excroissances de tissu cicatriciel qui se forment au site d’une blessure chez l’humain et s’étendent au-delà des limites de la plaie initiale. Elles sont denses, fibreuses et généralement surélevées, avec un aspect lisse et brillant. [1]

Bien que les chevaux ne développent pas de véritables chéloïdes comme celles observées chez l’humain, une affection similaire appelée hypergranulation (tissu de granulation exubérant ou « chair fière ») est couramment confondue à tort avec des chéloïdes par les propriétaires de chevaux.

L’hypergranulation survient lorsque le processus normal de cicatrisation est perturbé, entraînant une prolifération excessive de tissu qui s’étend au-delà de la surface de la peau et nuit à la fermeture adéquate de la plaie. [2][3] Cette pathologie est le plus souvent observée au niveau des membres inférieurs et peut être déclenchée par des facteurs tels que le mouvement, les contraintes mécaniques et un retard de cicatrisation.

Afin de prévenir l’hypergranulation, il est important de prodiguer des soins de plaie appropriés, de limiter les mouvements et de réduire les contraintes mécaniques sur la plaie, en particulier dans les zones sujettes à l’irritation. Si un cheval présente des signes d’hypergranulation, consultez un vétérinaire afin d’obtenir une évaluation et un plan de traitement adaptés.

Les chevaux développent-ils des chéloïdes?

Une chéloïde est une cicatrice surélevée qui se forme en raison d’une production excessive de collagène lors de la cicatrisation.

Contrairement aux cicatrices normales, les chéloïdes s’étendent au-delà des limites de la plaie initiale et ne se résorbent pas avec le temps. Elles sont denses, fibreuses, lisses et surélevées, et sont souvent associées à des facteurs génétiques ou biochimiques. [1][4]

Les chevaux ne développent pas de chéloïdes de la même manière que les humains. Ils sont plutôt prédisposés à l’hypergranulation, aussi connue sous le nom de tissu de granulation exubérant (TGE). L’hypergranulation correspond à une prolifération excessive de tissu de granulation à l’intérieur d’une plaie, qui s’étend au-delà de la surface cutanée et forme une masse molle et spongieuse. Cette croissance excessive interrompt le processus de cicatrisation en empêchant la fermeture de la plaie. [5]

Contrairement aux cicatrices hypertrophiques, qui demeurent à l’intérieur des limites de la plaie, le TGE s’étend au-delà des bords de celle-ci et se comporte comme une tumeur bénigne. Les recherches indiquent que les fibroblastes présents dans le TGE, tout comme ceux observés dans les chéloïdes humaines, présentent une prolifération, une production de collagène et une activité cytokinique accrues. [5]

Des mécanismes de cicatrisation anormaux sont à l’origine de la formation de l’hypergranulation. Les fibroblastes produisent la matrice extracellulaire (MEC) et le collagène de façon excessive, sans se transformer en fibrocytes inactifs ni entrer en apoptose (mort cellulaire programmée). Cela perturbe le cycle normal de cicatrisation et maintient la plaie bloquée en phase proliférative. [5]

Alors que les chéloïdes sont chroniques et souvent associées à une prédisposition génétique chez l’humain, l’hypergranulation chez le cheval résulte principalement de facteurs mécaniques tels que le mouvement, les contraintes mécaniques ou un retard de cicatrisation, en particulier pour les plaies situées au niveau des membres inférieurs. Avec des soins appropriés, l’hypergranulation peut généralement être résolue, contrairement aux chéloïdes, qui sont persistantes. [6]

Formatuon dune cicatrice cheloide

Formatuon dune cicatrice cheloide

Hypergranulation chez le cheval

Lorsqu’une blessure survient, l’organisme amorce un processus complexe visant à réparer les tissus endommagés.

Ce processus se déroule généralement en trois phases : [4][7][8][9]

  • La phase inflammatoire : la phase initiale débute immédiatement après la blessure. Durant cette phase, l’organisme arrête le saignement grâce à la formation d’un caillot et nettoie la plaie à l’aide de cellules immunitaires telles que les neutrophiles et les macrophages. Ces cellules éliminent les débris, combattent l’infection et libèrent des cytokines ainsi que des facteurs de croissance qui attirent et activent des cellules spécialisées dans la réparation des tissus.
  • La phase proliférative : cette phase est axée sur la formation de nouveaux tissus. Les fibroblastes produisent du collagène et de nouveaux vaisseaux sanguins se développent afin de nourrir la zone. Le tissu de granulation comble la plaie, et les cellules épithéliales commencent à migrer sur le lit de la plaie afin d’en assurer la fermeture.
  • La phase de remodelage : la phase finale, qui peut durer de plusieurs mois à plusieurs années, vise à renforcer et à faire mûrir les tissus. Les fibres de collagène sont réorganisées et la plaie se rétracte à mesure que la cicatrice se forme. Bien que le tissu devienne plus résistant, il retrouve rarement sa résistance initiale.

Chez le cheval, lorsque la phase proliférative est prolongée ou mal régulée — souvent en raison du mouvement, d’une infection ou de contraintes mécaniques — ce processus peut mener à une production excessive de tissu de granulation, entraînant l’apparition d’hypergranulation.

Signes de l’hypergranulation

L’hypergranulation, ou tissu de granulation exubérant (TGE), se présente généralement sous la forme d’une masse surélevée et irrégulière qui dépasse les bords de la plaie initiale. Elle possède souvent une texture molle et spongieuse et peut être rouge ou rose en raison de l’augmentation de l’irrigation sanguine dans la zone. [4][5]

Le tissu peut sembler humide et saigner facilement, puisqu’il est très vascularisé, surtout lorsqu’il est manipulé. Contrairement à un tissu de cicatrisation normal, l’hypergranulation se développe au-delà des limites de la plaie, empêchant sa fermeture adéquate et interrompant le processus de cicatrisation. [5]

L’hypergranulation peut présenter une consistance charnue ou caoutchouteuse et, dans certains cas, devenir plus ferme avec le temps. En l’absence de traitement, elle peut entraîner des complications supplémentaires, notamment des infections et un retard de cicatrisation. [5]

Causes

L’hypergranulation survient lorsque la phase proliférative de la cicatrisation est prolongée ou mal régulée. Dans ce cas, les fibroblastes produisent une quantité excessive de matrice extracellulaire (MEC) et de collagène.

Au lieu de se transformer en fibrocytes inactifs ou d’entrer en apoptose (mort cellulaire programmée), ces fibroblastes demeurent actifs, entraînant une croissance excessive du tissu de granulation. [5]

Normalement, le tissu de granulation sert de structure de soutien permettant aux nouvelles cellules cutanées de refermer la plaie. Toutefois, lorsqu’il prolifère de manière excessive, il dépasse la surface de la plaie et entrave la migration des cellules cutanées, empêchant ainsi une fermeture adéquate. Cela retarde la cicatrisation et crée un cercle vicieux où la plaie demeure ouverte, favorisant l’apparition de complications telles que l’hypergranulation. [3]

Le risque d’hypergranulation souligne l’importance d’une gestion rigoureuse des plaies afin de prévenir les complications et de favoriser une cicatrisation adéquate.

Facteurs de risque

L’hypergranulation (tissu de granulation exubérant) chez les chevaux est plus susceptible de se développer dans certaines conditions, en particulier lorsque le processus de cicatrisation est perturbé.

Plusieurs facteurs de risque augmentent la probabilité de formation excessive de tissu de granulation chez les chevaux, notamment : [2][4][6]

  • La taille corporelle : les chevaux de grande taille sont plus susceptibles de développer de l’hypergranulation, tandis que les poneys sont rarement touchés. La taille et l’état de chair du cheval peuvent influencer le processus de cicatrisation, rendant les chevaux de grande taille plus vulnérables à des complications telles qu’une croissance excessive des tissus.
  • L’emplacement de la plaie : l’emplacement de la blessure joue un rôle important dans le développement de l’hypergranulation. Les plaies situées sur les membres inférieurs présentent un risque plus élevé.
  • La vitesse de cicatrisation : les blessures impliquant les tendons, les ligaments, le fascia ou l’os guérissent généralement plus lentement, car ces tissus sont peu vascularisés. Cette période de guérison prolongée augmente le risque de croissance tissulaire anormale.
  • Le mouvement et les contraintes mécaniques : le mouvement, particulièrement autour des articulations ou des tendons, peut nuire au processus de cicatrisation. Le glissement des tendons ou les mouvements articulaires constants peuvent tirer sur la plaie, empêchant la formation de tissu sain et favorisant la croissance excessive de tissu de granulation.
  • Les infections : une infection peut retarder considérablement la cicatrisation et créer un environnement idéal pour le développement de l’hypergranulation. La présence de bactéries peut aggraver l’inflammation et perturber la progression normale des phases de cicatrisation.
  • La gestion inadéquate des plaies : un nettoyage insuffisant, un manque de protection et une intervention tardive peuvent contribuer au développement de l’hypergranulation.

Une intervention rapide et efficace, combinée à une gestion appropriée des plaies, peut aider à réduire le risque d’hypergranulation chez les chevaux et favoriser une cicatrisation plus favorable.

Diagnostic

Le diagnostic de l’hypergranulation (souvent confondue avec les chéloïdes) chez le cheval repose principalement sur l’apparence de la plaie et des tissus environnants. L’hypergranulation se caractérise par une croissance excessive du tissu de granulation qui dépasse la surface de la peau, empêchant ainsi la plaie de cicatriser correctement. [2][10]

Lors de l’examen diagnostique, le vétérinaire évalue l’évolution de la plaie et examine la texture du tissu. Celui-ci est généralement mou, spongieux et irrégulier, ressemblant souvent à un chou-fleur ou à une masse bosselée. En plus des caractéristiques visibles, le vétérinaire tient compte de la présence éventuelle de saignements ou d’exsudats, car l’hypergranulation est très vascularisée et a tendance à saigner lorsqu’elle est manipulée. [10]

Le diagnostic est également appuyé par l’incapacité de la plaie à se refermer et à cicatriser normalement, l’hypergranulation entravant souvent l’épithélialisation naturelle (fermeture) de la plaie. Des antécédents de cicatrisation retardée, de traumatisme ou de contraintes mécaniques dans la zone atteinte orientent aussi le diagnostic. [10]

Dans certains cas, le vétérinaire peut prélever un échantillon pour des analyses supplémentaires afin d’exclure une infection ou d’autres complications pouvant contribuer à la croissance du tissu de granulation exubérant. [10]

Traitement

Le traitement de l’hypergranulation (tissu de granulation exubérant – TGE) chez le cheval vise à contrôler la prolifération excessive de tissu et à favoriser une cicatrisation adéquate. Les méthodes de traitement peuvent varier selon la gravité de l’affection. [2][3]

Il est important de travailler en étroite collaboration avec un vétérinaire pour surveiller la plaie, appliquer les traitements appropriés et ajuster la gestion en fonction de la réponse du cheval. Une intervention rapide est essentielle pour prévenir les complications et assurer le meilleur résultat possible.

Excision chirurgicale

L’excision chirurgicale est souvent le traitement de première intention lorsque l’hypergranulation devient excessive. Lors de cette procédure, le vétérinaire retire soigneusement le tissu de granulation exubérant, en préservant les tissus sains au niveau de la plaie. [11]

L’objectif de l’excision est d’enlever juste assez de tissu de granulation pour permettre une cicatrisation adéquate, tout en conservant le plus de tissu sain possible afin de soutenir la fermeture de la plaie. [11]

L’ablation chirurgicale est généralement réalisée sous sédation en position debout. Toutefois, la procédure peut varier en fonction de l’emplacement de la plaie et de la taille du tissu à retirer. Bien que cette méthode soit très efficace, elle nécessite une surveillance attentive par la suite afin d’éviter la récidive de l’hypergranulation. [2]

Après l’excision chirurgicale, la plaie doit être gérée adéquatement pour favoriser la cicatrisation. Cela comprend une préparation aseptique du site, suivie d’un bandage stérile et de l’application de traitements antibactériens topiques ou de pansements antiseptiques. [11]

Médicaments topiques

Des traitements topiques, tels que des corticostéroïdes et autres onguents anti-inflammatoires, sont utilisés pour contrôler l’inflammation et la croissance excessive du tissu de granulation chez le cheval. Ces médicaments aident à réduire l’inflammation, à limiter la prolifération tissulaire et à favoriser une cicatrisation appropriée. [2][4][11]

Substances caustiques

Les substances caustiques sont parfois utilisées comme méthode de traitement de l’hypergranulation chez le cheval, mais cette approche est généralement déconseillée par les vétérinaires, car elle peut retarder la cicatrisation. Ces substances sont souvent appliquées à tort par des propriétaires de chevaux comme solution rapide, mais elles peuvent causer des dommages importants à l’environnement de guérison de la plaie. [2][11]

Des substances telles que le sulfate de cuivre, le nitrate d’argent, l’acide nitrique, l’hydroxyde de sodium et divers remèdes maison agissent en brûlant ou en nécrosant chimiquement les tissus. Bien qu’elles puissent réduire temporairement la masse visible du tissu de granulation, elles causent souvent plus de tort que de bien en interférant avec le processus naturel de cicatrisation.

Consultez un vétérinaire avant de tenter de traiter l’hypergranulation à la maison. Non seulement les substances caustiques nuisent à la cicatrisation, mais elles sont également douloureuses pour le cheval.

Prévention

Les chevaux présentent un risque particulier de développer des cicatrices ressemblant à des chéloïdes lorsqu’ils subissent des blessures aux membres inférieurs, surtout si celles-ci sont mal gérées. Pour réduire ce risque, suivez les étapes suivantes : [2][10]

  • Soins appropriés des plaies : nettoyez immédiatement la plaie avec un antiseptique doux afin d’éliminer la saleté, les débris et les bactéries. Un nettoyage rapide aide à réduire le risque d’infection et de formation excessive de tissu de granulation. Assurez-vous que la plaie demeure propre et sèche pendant la cicatrisation. Vérifiez régulièrement le bandage afin d’éviter que l’humidité et la saleté n’augmentent le risque d’infection.
  • Bandage stérile : appliquez un bandage stérile après le nettoyage pour protéger la plaie et maintenir un environnement humide favorable à la cicatrisation.
  • Réduire le mouvement et les contraintes mécaniques : limitez le mouvement et les contraintes au niveau des membres inférieurs à l’aide de bandages ou de bottes. Dans certains cas, le repos au box ou dans un environnement contrôlé peut être nécessaire afin de favoriser une cicatrisation adéquate.

Une intervention rapide est essentielle pour empêcher le tissu de granulation d’évoluer vers l’hypergranulation. Si le tissu de granulation commence à proliférer excessivement, des traitements rapides tels que l’excision chirurgicale ou l’application de corticostéroïdes peuvent aider à contrôler cette prolifération et à favoriser une cicatrisation appropriée.

Une surveillance régulière des plaies est essentielle pour détecter rapidement les signes de croissance anormale de tissus et permettre une intervention rapide avant que le problème ne s’aggrave. En cas d’inquiétude concernant un excès de tissu de granulation, il est important de communiquer avec un vétérinaire pour obtenir des conseils et un traitement approprié.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées sur les chéloïdes et la chair fière chez les chevaux :

 

Résumé

Les chevaux ne peuvent pas développer de véritables chéloïdes, mais ils peuvent présenter de l’hypergranulation, soit une prolifération excessive de tissu de granulation qui perturbe le processus de cicatrisation, particulièrement lors de blessures aux membres inférieurs.

  • L’hypergranulation se développe lorsque le processus normal de cicatrisation est perturbé, entraînant une production excessive de collagène et une activité accrue des fibroblastes qui empêchent la fermeture adéquate de la plaie
  • L’hypergranulation se présente sous forme de masse surélevée et spongieuse au-dessus des bords de la plaie, qui est très vascularisée (souvent rouge ou rose) et qui saigne facilement
  • Le traitement comprend l’excision chirurgicale de l’excédent de tissu, l’utilisation de médicaments topiques comme les corticostéroïdes pour réduire l’inflammation, ainsi que des soins appropriés des plaies afin de prévenir la récidive
  • Des soins rapides et adéquats des plaies, incluant le nettoyage, le bandage et la réduction des mouvements, sont essentiels pour prévenir l’hypergranulation
  • Une surveillance régulière permet une intervention rapide et aide à éviter les complications
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