Les châtaignes sont de petites zones rugueuses de peau que l’on trouve généralement sur les jambes du cheval. Ces structures suscitent un intérêt depuis longtemps en raison de leur apparence particulière et de leur origine incertaine.

Les châtaignes n’ont aujourd’hui aucune fonction connue, mais on croit qu’elles sont des vestiges évolutifs des équidés historiques. Les ergots, petites excroissances cornées situées près des boulets, sont apparentés, mais ont une histoire anatomique distincte.

Les châtaignes sont inoffensives et leur taille et leur forme varient selon les races et les chevaux individuels. Les propriétaires de chevaux peuvent prévenir les gerçures ou les irritations en les gardant propres et en exfoliant doucement toute peau détachée, favorisant ainsi la santé générale de la peau.

Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur la science, les soins et l’origine évolutive des châtaignes chez le cheval, afin de mieux comprendre cette caractéristique particulière de l’anatomie équine.

Châtaignes chez le cheval

Chez le cheval, les châtaignes chez le cheval sont des zones rugueuses et épaissies de peau situées près des genoux et des jarrets du cheval. [1] Ces marques distinctives sont une caractéristique normale du corps du cheval. Elles ne sont associées à aucun problème de santé ou inquiétude médicale. [2]

Cependant, comme les châtaignes continuent de pousser lentement tout au long de la vie du cheval, les propriétaires retirent parfois les couches externes pour aplatir la zone et donner un aspect plus net et soigné à la jambe. [2]

Les châtaignes situées sur les jambes avant sont généralement ovales et mesurent environ 5 cm (2 pouces) de long. [1] Les châtaignes situées sur les jambes arrière ont une apparence similaire à celles des jambes avant, mais elles sont généralement un peu plus petites et quelque peu plus étroites. [1]

Origine

La structure connue sous le nom de châtaigne a été étudiée pendant des décennies afin de déterminer sa nature anatomique et son origine évolutive.

Les théories antérieures suggéraient que la châtaigne était un vestige évolutif des premiers équidés tels que Eohippus, un prédécesseur du cheval moderne ayant vécu il y a environ 50 à 55 millions d’années. Eohippus et d’autres équidés ancestraux possédaient plusieurs doigts sur chaque pied plutôt qu’un seul sabot. Au fil de l’évolution des chevaux, on a supposé que le doigt supplémentaire avait rétréci et perdu sa fonction, se présentant finalement sous la forme de ce que nous appelons aujourd’hui la châtaigne. [2]

Une autre explication historique proposait que la châtaigne était un vestige d’une glande odoriférante, basée sur des similitudes en ce qui a trait à son emplacement avec des glandes observées chez d’autres quadrupèdes tels que le cerf. [3]

Cependant, les preuves actuelles indiquent que la châtaigne n’est ni le vestige d’un doigt ni une glande odoriférante. Il est désormais largement admis qu’il s’agit d’un coussinet carpien vestigial, également connu sous le nom de coussinet du carpe. [4][5][6]

Chez de nombreux quadrupèdes, le coussinet carpien est situé juste au-dessus du poignet (carpe) des membres antérieurs et sert à absorber les chocs pendant le mouvement. Des preuves suggèrent que c’était également le cas chez les premières espèces équines. [4][5][6]

À mesure que les chevaux ont évolué et que la structure de leurs membres s’est adaptée pour la vitesse et l’endurance sur des terrains ouverts, le coussinet carpien ne servait plus de fonction locomotrice. En conséquence, sa taille et son importance ont progressivement diminué, devenant finalement ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de châtaigne. [4][5][6]

Recherches en cours

Chez le cheval moderne, la châtaigne n’a aucune fonction connue. Bien que la théorie du coussinet carpien soit actuellement l’explication la plus acceptée concernant son origine, il existe des preuves que la structure originale pourrait avoir joué un rôle plus important dans la physiologie du cheval.

Des recherches plus récentes montrent que les châtaignes contiennent des fibres nerveuses et des corpuscules de Ruffini, qui sont des récepteurs sensoriels responsables de la détection de la pression et de l’étirement de la peau. [7]

Cela suggère que les châtaignes pourraient avoir joué un rôle dans la perception sensorielle, même si elles ne remplissent plus aucune fonction connue chez le cheval moderne. La persistance de leurs structures nerveuses suggère une époque où ces caractéristiques pouvaient contribuer plus directement à l’interaction de l’animal avec son environnement. [7]

Il est intéressant de noter qu’en anglais, il existe un synonyme curieux pour les châtaignes des chevaux : night eyes, soit « yeux de nuit ». Ce terme semble provenir du folklore, suggérant que ces caractéristiques aidaient le cheval à voir dans l’obscurité. [2]

Identification des chevaux

Certaines études ont révélé que la forme des châtaignes de chaque cheval était complètement unique. Il a été démontré qu’aucun cheval n’avait des contours identiques, ni même similaires, autour de ses châtaignes. Cela appuie l’idée que les châtaignes peuvent servir de moyen fiable d’identification, tout comme les empreintes digitales chez l’humain. [2][8]

C’est pourquoi certains registres de races ont adopté la pratique de rassembler et d’utiliser des images des châtaignes pour identifier les chevaux individuellement. [2]

Châtaignes ou ergots ?

Des découvertes anatomiques récentes révèlent que les châtaignes partagent d’importantes similitudes structurelles et biologiques avec les ergots. Les recherches montrent que la structure tissulaire de la châtaigne est presque identique à celle des ergots agrandis.

Les châtaignes et les ergots sont tous deux constitués de tissu cutané kératinisé devenu épais, résistant et sec. [7]

Ils sont tous deux considérés comme des structures vestigiales et contiennent des terminaisons nerveuses sensorielles issues du passé évolutif du cheval. [7] Cela dit, des recherches préliminaires suggèrent que l’ergot peut jouer un rôle mineur dans la physiologie de la jambe du cheval, alors qu’aucune fonction comparable n’a été trouvée pour les châtaignes. [9]

Fonction

Les châtaignes et les ergots se trouvent à différents endroits sur le corps du cheval, ce qui suggère qu’ils avaient des fonctions différentes chez les espèces ancestrales d’équidés.

Alors que les châtaignes semblent être des vestiges de coussinets carpiens, les ergots correspondraient à la portion médiane des coussinets plantaires trilobés observés chez ces autres espèces. [1][4]

Emplacement

L’emplacement de ces deux structures est également distinct et permet de les différencier. Les châtaignes se trouvent généralement sur la face interne des jambes, spécifiquement près des genoux pour les antérieurs et près des jarrets pour les postérieurs.

En revanche, les ergots sont situés plus bas sur le membre, juste sous l’articulation du boulet. [1]

Anatomie

Les tissus des châtaignes et des ergots présentent également différents degrés de pénétration dans la jambe du cheval. Les ergots sont généralement fermement attachés au ligament de la jambe inférieure, au niveau de l’articulation du boulet.

Les châtaignes, quant à elles, sont des zones superficielles de peau semblables à des callosités, que l’on peut souvent peler ou tailler sans causer d’inconfort au cheval. [7]

Apparence

En plus de leur emplacement, la taille et la forme des ergots et des châtaignes permettent également de les distinguer. Les châtaignes sont considérablement plus grandes que les ergots, parfois jusqu’à quatre fois plus grandes, et elles ont tendance à avoir une forme ovale.

Les ergots, en revanche, sont généralement plus petits et plus ronds, ce qui les rend facilement identifiables comparativement aux châtaignes. [1]

Pansage

Les ergots doivent être vérifiés régulièrement par un maréchal‑ferrant. Il peut être nécessaire de les tailler à l’aide d’une lame.

Les châtaignes peuvent généralement être pelées sans l’aide d’une lame. On peut les garder souples en utilisant de la gelée de pétrole ou de l’huile pour bébé. [2]

Différences dans l’apparence des châtaignes chez certaines races

Chez la plupart des races de chevaux, les châtaignes sont présentes aux quatre jambes et sont considérées comme une caractéristique anatomique standard. [1]

Chez certaines races, en particulier celles issues de lignées nord-africaines comme les Arabes, les châtaignes postérieures sont fréquemment absentes. Cette absence est normale pour ces races et n’est pas considérée comme un défaut. [1]

Chez certains chevaux, les châtaignes peuvent être présentes sur une ou deux jambes seulement plutôt que sur les quatre. [2] Certains chevaux peuvent naître sans châtaignes aux jambes antérieures, mais il s’agit d’une variation anatomique rare. [1]

Quelques races de chevaux sont connues pour ne pas avoir de châtaignes du tout. Celles-ci incluent : [2]

Comment entretenir les châtaignes des jambes du cheval

Contrairement aux ergots qui requièrent un parage, les châtaignes n’ont généralement besoin que d’être pelées de temps à autre pour rester plates et propres. [2]

Suivez ces étapes pour que les châtaignes de votre cheval gardent toujours une belle apparence : [2]

  1. Mouillez la châtaigne en pressant un chiffon humide ou une gaze sur la zone pendant 30 à 60 secondes. Travailler sur des châtaignes humides est souvent plus facile, car elles sont plus souples.
  2. À l’aide d’un ongle ou d’un autre instrument, grattez doucement la châtaigne ramollie. Les rasoirs ou les lames ne devraient pas être nécessaires et peuvent blesser le cheval si la chair sous la châtaigne est endommagée.
  3. Ne tordez pas la châtaigne, car cela peut provoquer de la douleur ou des saignements.
  4. Appliquez de la gelée de pétrole, une crème hydratante pour sabots ou de l’huile pour bébé entre les pelages pour aider les châtaignes à rester belles et souples.

Il est important de noter que le processus de pelage des châtaignes devrait être indolore. Si le cheval réagit en s’écartant ou en montrant des signes de douleur, il faut immédiatement arrêter.

De plus, la châtaigne ne devrait pas saigner lors du pelage. Si c’est le cas, cela indique qu’elle est trop sèche. Appliquez de la gelée de pétrole, un hydratant pour sabots ou de l’huile pour bébé si la surface est particulièrement dure. Pour des conseils sur l’entretien sécuritaire et efficace des châtaignes, consultez votre maréchal‑ferrant ou votre vétérinaire.

Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur les châtaignes chez les chevaux :

Résumé

Les châtaignes des chevaux sont des zones de peau épaisses et sèches situées près des genoux et des jarrets. Bien qu’elles ne remplissent plus de fonction biologique évidente, elles constituent une partie naturelle et inoffensive de l’anatomie équine.

  • Les châtaignes sont des excroissances cutanées rugueuses et ovales qui apparaissent près des genoux et des jarrets et qui poussent lentement tout au long de la vie du cheval
  • Bien que leur structure et leur origine soient similaires, les châtaignes et les ergots diffèrent par leur taille, leur forme, leur emplacement et la façon dont ils se rattachent à la jambe
  • Certaines races, notamment celles d’ascendance nord-africaine, peuvent naturellement ne pas avoir de châtaignes postérieures ou en avoir moins que la normale
  • Autrefois considérées comme des vestiges de doigts supplémentaires ou de glandes odoriférantes, on croit désormais que les châtaignes sont des coussinets carpiens vestigiaux hérités des ancêtres évolutifs du cheval
  • Comme la forme des châtaignes est unique à chaque cheval, elles peuvent être utilisées de façon similaire aux empreintes digitales à des fins d’identification
  • Les châtaignes requièrent peu d’entretien et peuvent être pelées doucement pour maintenir un aspect lisse et propre; un assouplissement régulier aide à prévenir les fissures ou l’inconfort
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References

  1. Ridgeway. W. The Origin and Influence of the Thoroughbred Horse. Cambridge, University Press. 1905.
  2. Henry. M. Why Do Horses Have Chestnuts and Ergots on Their Legs?. Saddle Up. 2023.
  3. Funnell. R. Horses Have A Crusty Remnant Of Evolution Stuck To Their Legs. IFLScience. 2022.
  4. Dyce. K. et al. Textbook of Veterinary Anatomy. Saunders Elsevier. 2010.
  5. Baxter. G. M. Ed. Adams and Stashak's Lameness in Horses. Seventh edition. Wiley-Blackwell, Hoboken, NJ. 2020.
  6. Ross. M. W. and Dyson. S. J. Diagnosis and Management of Lameness in the Horse. 2nd ed. Elsevier Saunders, St. Louis, Mo. 2011.
  7. Lusi. C. M. and Davies. H. M. S. The Connectivity and Histological Structure of the Equine Ergot—A Preliminary Study. Journal of Equine Veterinary Science. 2017.
  8. Bihuncová. I. et al. The Effect of the Size and Shape of Chestnuts on the Identification of Horses. Acta Universitatis Agriculturae et Silviculturae Mendelianae Brunensis. 2013.
  9. Lusi. C. M. and Davies. H. M. S. The Connectivity and Histological Structure of the Equine Ergot—A Preliminary Study. Journal of Equine Veterinary Science. 2017.