La cellulite est une infection bactérienne et une inflammation qui affecte les tissus situés sous la peau, n’importe où dans le corps. Chez les chevaux, cette affection grave survient généralement au niveau des membres postérieurs. Elle se caractérise par une apparition soudaine, un gonflement important et une douleur intense. [1]
Si elle n’est pas traitée, l’infection peut se propager aux muscles et aux os adjacents, provoquant une boiterie grave et affaiblissante. [2]
Soigner la cellulite chez les chevaux peut s’avérer difficile et peut nécessiter un drainage chirurgical. [2] Certains chevaux connaissent des apparitions récurrentes, mais la mise en œuvre de bonnes pratiques de gestion peut contribuer à réduire la probabilité d’apparition de cellulite chez votre cheval.
Si vous observez des signes de cellulite chez votre cheval, consultez immédiatement un vétérinaire. La cellulite peut rapidement se propager dans la jambe et entraîner une septicémie, une affection grave et potentiellement mortelle. [3]
La cellulite chez le cheval
La cellulite est une affection inflammatoire caractérisée par une infection et une inflammation aiguë des tissus sous-cutanés.
Elle est généralement localisée dans les membres distaux, en particulier les membres postérieurs. Elle est généralement due à des bactéries pathogènes qui pénètrent dans la peau par le biais de plaies ou des blessures.
L’infection entraîne l’infiltration de cellules inflammatoires, telles que les neutrophiles et les macrophages, qui peuvent provoquer un gonflement (œdème) et la formation d’abcès.
Signes cliniques
Les signes de la cellulite comprennent un gonflement important, une douleur, de la chaleur et une altération du fonctionnement des membres. Les chevaux atteints présentent souvent une apparition rapide des signes cliniques, dont la gravité varie de légère à sévère.
Le gonflement commence généralement à un endroit et s’étend rapidement au reste du membre. D’autres symptômes peuvent accompagner l’œdème : [1][4]
- Boiterie
- Chaleur dans le membre
- Sensibilité au toucher
- Piqûre (gonflement qui produit une indentation lorsqu’on appuie dessus)
- Fièvre (supérieure à 101,5 °F ou 38,6 °C)
- Dépression
- Anorexie (perte d’appétit)
- Tachycardie (rythme cardiaque rapide)
- Voies d’écoulement à la surface de la peau et écoulement de liquide
Les analyses de sang peuvent révéler un nombre élevé de globules blancs, de neutrophiles et de fibrinogènes, ce qui indique une infection et une inflammation. Des écoulements peuvent commencer à s’échapper de la zone touchée dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition de l’infection. Si l’infection n’est pas traitée, elle peut entraîner une maladie systémique. [4][5]
Complications secondaires
De nombreux chevaux atteints développent une laminite du membre opposé (du côté opposé du corps). Le membre atteint de cellulite est incapable de supporter le poids, ce qui entraîne une charge inégale et excessive sur le membre opposé. Malheureusement, les chevaux atteints de fourbure ont souvent un mauvais pronostic.
Outre la fourbure, plusieurs autres complications secondaires peuvent se développer chez les chevaux atteints de cellulite. Ces complications sont les suivantes : [4]
- De grandes zones de nécrose cutanée (tissus morts)
- Bactériémie (présence de bactéries dans le sang)
- Ostéomyélite (inflammation des os)
- Arthrite septique
- Endocardite (inflammation du cœur)
Si vous observez des signes de cellulite, il est essentiel de contacter immédiatement votre vétérinaire. Il pourra diagnostiquer avec précision l’affection et mettre en place un traitement approprié.
Causes de la cellulite chez le cheval
La cause sous-jacente précise de la cellulite chez le cheval reste inconnue. Environ 50 % des cas se développent sans cause apparente ni déclencheur spécifique. [6]
La cellulite est classée en deux catégories : primaire et secondaire. La cellulite primaire survient sans cause sous-jacente identifiable. Bien qu’elle soit plus souvent observée chez les chevaux de course de race Pur-Sang, n’importe quel cheval peut développer une cellulite primaire. [6]
La cellulite secondaire se développe à la suite d’un traumatisme du membre du cheval, entraînant une infection sous la peau. Les traumatismes susceptibles de déclencher une cellulite sont la chirurgie, les plaies pénétrantes et les injections dans les articulations. [1]
Les organismes bactériens généralement associés à la cellulite secondaire sont Staphylococcus aureus et Streptococcus. Ces bactéries produisent de puissantes toxines qui endommagent les cellules sanguines, la peau et les cellules nerveuses de la zone touchée. [7]
Ces toxines bactériennes déclenchent également une réponse immunitaire massive impliquant plusieurs types de cellules immunitaires, dont les macrophages et les globules blancs. Les cytokines produites par ces cellules stimulent le flux sanguin vers la zone touchée, ce qui entraîne une accumulation accrue de liquide et un gonflement ultérieur. [7]
L’œdème des membres peut être un facteur de risque de cellulite récurrente chez les chevaux. On pense que chaque épisode de cellulite altère le système lymphatique, entraînant un œdème persistant même après traitement et augmentant le risque de nouvelles apparitions de cellulite. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre cette relation. [9]
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Douche et santé de la peau
Une autre cause potentielle de cellulite chez les chevaux de course est une mauvaise pratique pour la douche et le manque d’hygiène de l’équipement (tuyaux, grattoirs, etc.). Le matériel de nettoyage qui entre en contact avec plusieurs chevaux peut transmettre des bactéries susceptibles de provoquer une cellulite.
Il est important de maintenir une hygiène et une propreté adéquates pour minimiser le risque d’infection. Le respect de bons protocoles de biosécurité peut également contribuer à limiter la transmission de maladies.
Les affections cutanées qui entraînent un dessèchement ou une lésion de la peau peuvent permettre aux bactéries de pénétrer dans les tissus sous-cutanés. Plusieurs facteurs différents peuvent contribuer aux affections cutanées, notamment l’exposition à la boue, les climats secs ou des pratiques de bain et de séchage inadéquates. [9]
Diagnostic
La détection précoce et le diagnostic rapide de la cellulite sont des facteurs essentiels pour un pronostic favorable.
La cellulite est généralement diagnostiquée sur la base des signes cliniques observés chez le cheval atteint. Il est important de consulter votre vétérinaire pour obtenir un diagnostic précis. [1][4]
Votre vétérinaire procédera à un examen physique approfondi, évaluera les antécédents médicaux du cheval et pourra effectuer des tests de diagnostic supplémentaires si nécessaire pour confirmer le diagnostic et déterminer la cause de la cellulite.
Les tests diagnostiques peuvent inclure une numération formule sanguine (NFS) pour évaluer tout changement anormal, un profil chimique sérique pour évaluer le fonctionnement des organes et les niveaux d’électrolytes, une analyse de la culture bactérienne pour identifier la bactérie spécifique à l’origine de l’infection, et des tests d’imagerie diagnostique tels que l’échographie ou la radiographie pour évaluer l’étendue de l’atteinte tissulaire et exclure d’autres affections sous-jacentes.
Ces tests aident le vétérinaire à recueillir des informations importantes et à prendre des décisions thérapeutiques appropriées pour le cheval concerné.
Les procédures invasives telles que le prélèvement de liquide synovial dans les articulations doivent être évitées. Ces procédures peuvent potentiellement introduire des agents pathogènes dans des tissus sains, entraînant la propagation de l’infection.
Imagerie diagnostique
L’échographie est un outil de diagnostic précieux pour évaluer les structures des tissus mous et la circulation sanguine en cas de cellulite. L’échographie peut révéler la présence de tissus nécrosés, de gaz ou d’une accumulation de liquide en profondeur (œdème) à l’intérieur du membre. Cela permet aux cliniciens de déterminer les zones à drainer. [4]
Si la boiterie et l’inflammation associées à la cellulite sont graves, votre vétérinaire peut décider de procéder à un examen radiographique pour déterminer si l’infection s’est propagée aux articulations ou aux os.
La scintigraphie de flux est une méthode d’imagerie physiologique qui permet d’examiner l’ensemble du cheval, au lieu d’une zone restreinte. Elle permet d’évaluer la circulation sanguine dans le corps et d’identifier les inflammations et les lésions excessives des tissus mous. [10]
De nombreux chevaux atteints de cellulite tolèrent mieux la scintigraphie que l’échographie ou la radiographie, car elle n’implique pas de pression externe sur la patte affectée.
Contrairement à l’échographie ou à la radiographie, la scintigraphie n’implique pas l’application d’une pression externe sur la patte atteinte, ce qui en fait une option bien tolérée par de nombreux chevaux atteints de cellulite. Cette méthode d’imagerie offre des informations précieuses pour le suivi de la maladie. [10]
Diagnostic différentiel
La cellulite se caractérise par l’apparition rapide d’un gonflement important et d’une boiterie, d’où la nécessité d’un diagnostic précis pour un traitement efficace et des résultats optimaux.
Il est également important de prendre en compte et d’exclure d’autres affections qui peuvent présenter des signes similaires, notamment : [4][11]
- Fracture osseuse
- La lymphangite
- Gale de boue (dermatophilose)
- Fasciite nécrosante ou bactérie mangeuse de chair
- Purpura hémorragique (PH)
- Infection du tendon ou de la gaine du tendon
- Tendon arqué
- Desmite du ligament suspenseur (SLD)
- Artérite virale équine (EVA)
Cellulite et lymphangite
La cellulite est souvent confondue avec la lymphangite. Ces deux affections se caractérisent par une infection bactérienne entraînant un gonflement excessif et des douleurs dans la partie inférieure des jambes. [12]
Alors que la cellulite implique une infection et une inflammation des tissus sous-cutanés, la lymphangite affecte les vaisseaux lymphatiques du corps du cheval. Ces vaisseaux longent les vaisseaux sanguins pour collecter le liquide autour des cellules et le renvoyer dans la circulation générale.
La lymphangite implique des bactéries que l’on ne rencontre généralement pas dans la cellulite, à savoir Corynebacterium pseudotuberculosis. La culture bactérienne permet d’identifier l’organisme en cause et les tissus les plus susceptibles d’être affectés.
Les chevaux atteints de lymphangite peuvent présenter de petits nodules remplis de pus sur les pattes accompagnant l’enflure, qui peut s’étendre plus haut dans la patte jusqu’au thorax et à l’abdomen. Les tissus nécrosés que l’on observe parfois dans les cas de cellulite ne sont pas fréquents dans les cas de lymphangite.
Traitement
Si la cellulite est diagnostiquée chez votre cheval, votre vétérinaire déterminera le traitement le plus approprié et vous conseillera sur les soins de soutien à apporter à votre cheval.
Une infection par la cellulite doit être traitée rapidement afin d’éviter que les bactéries ne se propagent et n’atteignent la circulation sanguine. En l’absence de traitement, une réaction inflammatoire systémique (connue sous le nom d’empoisonnement du sang ou de septicémie) peut se produire et s’avérer fatale. [4][13]
Le traitement par antibiotiques empêche la propagation de l’infection et réduit le risque de boiterie chronique et de défiguration. [7]
Les antibiotiques
Les vétérinaires traitent généralement les infections cellulitiques avec des antibiotiques à large spectre, y compris de fortes doses de pénicilline ou de triméthoprime-sulfamide. Les antibiotiques à large spectre sont utilisés jusqu’à ce que les résultats de la culture bactérienne permettent d’identifier les bactéries à cibler.
Des antibiotiques tels que le ceftiofur, l’ampicilline ou la gentamicine peuvent être utilisés comme alternatives si la pénicilline s’avère inefficace. [11] L’antibiotique métronidazole est souvent associé à la pénicilline pour le traitement de la cellulite du fascia profond. [14]
Les infections polymicrobiennes, c’est-à-dire les infections causées par plusieurs micro-organismes, sont également possibles et peuvent nécessiter des combinaisons d’antibiotiques spécifiques. [4]
Perfusion régionale des membres (PRM)
Les antimicrobiens peuvent être administrés par voie intraveineuse (IV) ou localement par perfusion régionale des membres (PRM).
Un garrot est appliqué sur la partie supérieure de la jambe au-dessus de l’infection afin d’exercer une pression sur les veines et d’empêcher l’écoulement normal du sang de la jambe. [14] La solution antibiotique est ensuite injectée directement dans la zone affectée. Cette procédure est généralement réalisée alors que le cheval est debout et sous sédatif. [9]
La PRM est bénéfique car elle délivre une forte concentration d’antimicrobiens dans le membre affecté, ce qui maximise l’efficacité et minimise les coûts du traitement. Non seulement la PRM cible et traite directement la zone affectée, mais elle réduit également les risques de toxicité, de développement d’une résistance aux antibiotiques et d’effets systémiques potentiels qui pourraient compromettre la santé générale du cheval. [9]
Ce traitement ne doit être effectué que par votre vétérinaire, car la perfusion IV présente un risque de nécrose tissulaire (mort des tissus). Si l’infection s’est propagée au-dessus de la jambe, ce traitement sera probablement inefficace.
Corticostéroïdes
Les corticostéroïdes peuvent être utilisés dans le traitement d’une cellulite grave localisée à la jambe. Si ces médicaments peuvent réduire efficacement l’inflammation et l’œdème dans la zone touchée, ils suppriment également le système immunitaire, ce qui peut avoir un impact sur la capacité du cheval à combattre l’infection. [1]
Sulfoxyde de diméthyle
Le sulfoxyde de diméthyle (DMSO) est un solvant chimique qui possède des propriétés anti-inflammatoires et analgésiques. Il agit comme un diurétique chez les chevaux, en retirant les fluides des tissus. [15]
Le DMSO peut être administré par voie topique ou intraveineuse pour réduire le gonflement des tissus mous, l’œdème et l’inflammation qui se forment à la suite d’un traumatisme. [15]
De manière anecdotique, il a été utilisé en conjonction avec d’autres traitements pour réduire les œdèmes des membres associés à une plaie et les lésions tissulaires induites par l’endotoxine. Le DMSO peut avoir des propriétés bactériostatiques, c’est-à-dire qu’il peut inhiber la reproduction des bactéries afin de réduire la propagation de la cellulite. [14]
Bien que l’on manque d’informations sur les doses et la manipulation appropriée, les propriétés bénéfiques du DMSO suggèrent qu’il pourrait être utilisé en même temps qu’un antibiotique pour aider à traiter la cellulite.
Soins de soutien
Pendant que votre cheval est traité pour une cellulite, votre vétérinaire peut vous suggérer d’autres mesures pour réduire le gonflement et favoriser la guérison.
Il est essentiel de veiller au confort de votre cheval et de favoriser l’appui sur la jambe affectée. Cela permet de prévenir la fourbure dans le sabot du membre opposé. [9]
L’application d’un bandage sur la jambe affectée peut aider à réduire le gonflement, à maintenir la propreté et à favoriser la sécheresse. Il est important d’appliquer les bonnes techniques de bandage pour éviter de compromettre la circulation, ce qui pourrait aggraver la maladie.
L’hydrothérapie, qui consiste à rincer régulièrement la jambe touchée à l’eau froide, peut contribuer à réduire l’inflammation et à soulager la douleur. Le refroidissement de la jambe aide à réduire le flux sanguin et à prévenir l’aggravation des dommages causés par le gonflement. [3][16]
Dans les cas graves, un débridement chirurgical peut s’avérer nécessaire pour éliminer les tissus endommagés. Cette procédure vise à empêcher la propagation de l’infection, à réduire la charge bactérienne et à faciliter la guérison. [4]
Prévention de la fourbure secondaire
Votre vétérinaire peut également recommander des mesures de soutien pour la jambe controlatérale afin de prévenir l’apparition de laminite. Les mesures préventives peuvent inclure l’utilisation de coussinets et de bottes de soutien pour la fourche.
Une litière profonde et des tapis thérapeutiques en caoutchouc peuvent également être utiles en encourageant le cheval à s’allonger et en soulageant la pression sur le sabot. [1]
Des analgésiques ou des médicaments contre la douleur peuvent être utilisés pour encourager l’appui sur le membre affecté afin de prévenir la fourbure du membre porteur. [4][17]
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), tels que la phénylbutazone (Bute) et la flunixine méglumine, sont fréquemment utilisés chez les chevaux pour soulager la douleur et l’inflammation. Pour les chevaux souffrant de douleurs intenses, un soulagement supplémentaire peut être apporté par la xylazine, la morphine épidurale et/ou les opioïdes transdermiques (c’est-à-dire les patchs de fentanyl). [4][18]
Pronostic
Le pronostic des chevaux atteints de cellulite varie considérablement d’un cheval à l’autre. Avec une détection précoce de l’infection et une intervention médicale rapide, un pronostic favorable est hautement probable pour le cheval.
Le taux de survie des chevaux atteints de cellulite des membres se situe entre 77 et 89 %, avec un retour à la normale d’environ 69 %.
Les épisodes récurrents sont un problème avec la cellulite, certains chevaux connaissant des apparitions constantes. [3][19]
Prévention de la cellulite
La meilleure façon de prévenir la cellulite est d’être attentif aux blessures ou aux lésions cutanées qui pourraient permettre aux agents pathogènes de pénétrer dans la plaie et de déclencher la cellulite. Veillez à ce que les clôtures, les enclos et les stalles soient bien entretenus afin de réduire le risque de blessures et d’infections conduisant à la cellulite.
D’autres mesures peuvent être prises pour réduire le risque de cellulite chez votre cheval :
- Garder les abris secs et propres permet de minimiser le risque d’infection si votre cheval développe une plaie cutanée.
- Pratiquer des techniques de toilettage appropriées, en particulier pour les jambes et les pieds, afin de garder la peau et le pelage propres.
- Veillez à de bonnes pratiques d’hygiène dans votre écurie, notamment en nettoyant régulièrement les stalles et en évitant de partager les outils de pansage.
- Contactez immédiatement votre vétérinaire si votre cheval présente une plaie pénétrante afin de commencer un traitement antibiotique prophylactique.
L’alimentation
Vous pouvez également soutenir la fonction de barrière cutanée de votre cheval en lui fournissant une alimentation équilibrée et une hydratation adéquate. Évitez les carences en vitamines et en minéraux pour aider à maintenir un système immunitaire sain. [20]
Pour les chevaux ayant tendance à avoir la peau sèche, pensez à ajouter des matières grasses à l’alimentation pour favoriser la production de sébum dans les cellules de la peau. [23]
Le sébum, une substance huileuse naturelle produite par les glandes sébacées, joue un rôle crucial dans le maintien d’une barrière protectrice à la surface de la peau. Il aide à empêcher les bactéries de pénétrer par les zones endommagées de la peau, réduisant ainsi le risque d’infections telles que la cellulite. [22]
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur la cellulite chez les chevaux :
La cellulite chez les chevaux est une infection bactérienne et une inflammation des tissus sous-cutanés. Elle peut survenir n'importe où sur le corps, mais touche le plus souvent les membres distaux, particulièrement les membres postérieurs. Cette affection apparaît généralement soudainement et provoque un gonflement important, de la chaleur, de la douleur et de la boiterie dans le membre atteint. Comme l'infection peut se propager rapidement et mettre la vie du cheval en danger, la cellulite doit être considérée comme une urgence vétérinaire. [1][3]
Les signes de cellulite chez les chevaux comprennent un gonflement rapide, de la chaleur, de la douleur, de la boiterie, une sensibilité au toucher et un œdème prenant le godet qui laisse une indentation lorsqu'on exerce une pression. Certains chevaux développent également de la fièvre, de l'abattement, une perte d'appétit, une fréquence cardiaque élevée, des trajets drainants ou un écoulement de liquide par la peau. Le gonflement peut commencer dans une zone et se propager rapidement vers le haut ou le bas du membre. Les analyses sanguines peuvent révéler une augmentation des globules blancs, des neutrophiles et du fibrinogène, indiquant une infection et une inflammation. [1][4][5]
La cellulite se développe lorsque des bactéries pénètrent dans les tissus sous la peau, souvent par une plaie, une lésion cutanée, un site d'injection ou une incision chirurgicale. La cellulite secondaire peut survenir après un traumatisme comme une plaie pénétrante, une chirurgie ou une injection articulaire. Les bactéries couramment associées à la cellulite secondaire comprennent Staphylococcus aureus et Streptococcus, qui peuvent produire des toxines endommageant les tissus et déclenchant une forte réponse inflammatoire. Dans environ la moitié des cas, aucune cause ou aucun facteur déclencheur évident n'est identifié. [1][6][7]
La cellulite primaire survient sans cause sous-jacente identifiable, sans plaie ni facteur déclencheur précis. Elle est plus fréquemment signalée chez les chevaux de course Thoroughbred, mais n'importe quel cheval peut en être atteint. La cellulite secondaire survient après un traumatisme ou un autre événement permettant aux bactéries de pénétrer dans les tissus, comme une chirurgie, une plaie pénétrante ou une injection articulaire. Les deux formes peuvent provoquer un gonflement important, de la douleur et de la boiterie, et nécessitent un traitement vétérinaire rapide. [1][6]
De mauvaises pratiques de bain peuvent augmenter le risque de cellulite en favorisant la propagation des bactéries entre les chevaux ou en endommageant la barrière cutanée. Les tuyaux, racloirs et équipements de pansage partagés peuvent transporter des bactéries s'ils ne sont pas correctement nettoyés. Une peau qui devient sèche, fissurée, irritée ou ramollie par la boue et l'humidité est également plus vulnérable à l'entrée des bactéries. Garder l'équipement propre et bien sécher les membres après le bain peut contribuer à réduire le risque. [9]
La cellulite est généralement diagnostiquée à partir des antécédents du cheval, des signes cliniques et d'un examen vétérinaire. Un vétérinaire peut également recommander des analyses sanguines, une biochimie sérique, une culture bactérienne, une échographie, des radiographies ou d'autres examens d'imagerie afin d'évaluer la gravité de l'infection et d'exclure des affections similaires. La culture bactérienne peut aider à identifier l'organisme en cause et à orienter le choix des antibiotiques. Les procédures invasives, comme le prélèvement de liquide synovial dans les articulations, sont généralement évitées sauf si elles sont nécessaires, car elles peuvent introduire une infection dans des tissus sains. [1][4]
L'imagerie diagnostique peut aider à déterminer jusqu'à quelle profondeur la cellulite a affecté le membre. L'échographie peut identifier les tissus nécrotiques, les accumulations de gaz, les accumulations de liquide et les zones pouvant nécessiter un drainage. Les radiographies peuvent être utilisées lorsqu'une boiterie sévère ou une inflammation importante soulève des inquiétudes quant à une propagation de l'infection aux os ou aux articulations. La scintigraphie en phase de flux peut évaluer le flux sanguin et l'inflammation des tissus mous et peut être mieux tolérée par certains chevaux puisqu'elle ne nécessite pas de pression sur le membre douloureux. [4][10]
Plusieurs affections peuvent ressembler à la cellulite puisqu'elles provoquent également un gonflement du membre, de la douleur et de la boiterie. Parmi celles-ci figurent les fractures, la lymphangite, la dermatite du paturon, la fasciite nécrosante, le purpura hémorragique, les infections des tendons ou des gaines tendineuses, les tendons arqués, la desmite du ligament suspenseur, l'artérite virale équine et l'engorgement des membres. Un diagnostic précis est important puisque le traitement dépend de la cause sous-jacente. Une évaluation vétérinaire aide à distinguer la cellulite des autres affections graves des membres. [4][11]
La cellulite implique une infection et une inflammation des tissus sous-cutanés, tandis que la lymphangite touche les vaisseaux lymphatiques qui aident à drainer les liquides des tissus. Les deux affections peuvent provoquer un gonflement important du membre et de la douleur, mais la lymphangite est associée à des bactéries telles que Corynebacterium pseudotuberculosis. Les chevaux atteints de lymphangite peuvent développer de petits nodules remplis de pus, et le gonflement peut s'étendre davantage vers le haut du membre jusqu'au thorax ou à l'abdomen. Une culture bactérienne peut aider à identifier les tissus et les organismes impliqués. [12]
Une cellulite non traitée peut se propager aux tissus plus profonds et entraîner des complications graves, notamment une nécrose cutanée, une bactériémie, une ostéomyélite, une arthrite septique, une endocardite et une maladie systémique. L'infection peut également évoluer vers une septicémie, qui peut être mortelle. De nombreux chevaux affectés déplacent leur poids loin du membre douloureux, ce qui augmente le risque de fourbure du membre porteur opposé. Les chevaux qui développent une fourbure comme complication présentent souvent un pronostic défavorable. [3][4][13]
Le traitement de la cellulite vise à contrôler l'infection, réduire l'inflammation, limiter le gonflement et maintenir le confort du cheval afin qu'il puisse porter du poids sur le membre atteint. Les vétérinaires commencent souvent par des antibiotiques à large spectre, puis ajustent le traitement si une culture bactérienne identifie un organisme précis. Les soins de soutien peuvent inclure l'hydrothérapie à l'eau froide, les bandages compressifs, le contrôle de la douleur, les médicaments anti-inflammatoires et des mesures visant à prévenir la fourbure du membre porteur opposé. Les cas graves peuvent nécessiter une perfusion régionale du membre ou un débridement chirurgical afin de retirer les tissus infectés ou endommagés. [4][7][9]
La cellulite est couramment traitée avec des antibiotiques à large spectre comme la pénicilline à forte dose ou le triméthoprime-sulfaméthoxazole pendant que les résultats de culture sont en attente. D'autres antibiotiques, notamment le ceftiofur, l'ampicilline ou la gentamicine, peuvent être utilisés si la pénicilline n'est pas efficace ou si les résultats de culture indiquent qu'un autre choix est nécessaire. Le métronidazole est parfois combiné à la pénicilline pour traiter la cellulite des fascias profonds. Les infections polymicrobiennes peuvent nécessiter des combinaisons spécifiques d'antibiotiques. [11][14]
La perfusion régionale du membre est une technique utilisée pour administrer une forte concentration de médicament antimicrobien directement dans le membre atteint. Un garrot est appliqué au-dessus de l'infection afin de ralentir la sortie du sang du membre, puis le médicament est injecté localement pendant que le cheval est debout et sous sédation. Cette méthode permet de cibler l'infection tout en réduisant l'exposition systémique et les coûts de traitement. Elle doit être réalisée par un vétérinaire puisque des complications telles qu'une nécrose tissulaire peuvent survenir. [9][14]
Les soins de soutien aident à réduire le gonflement, gérer la douleur, favoriser la guérison et encourager le cheval à porter du poids sur le membre atteint. Des bandages correctement appliqués peuvent réduire l'œdème, garder le membre propre et maintenir sa sécheresse, tandis que l'hydrothérapie à l'eau froide peut aider à contrôler l'inflammation et l'inconfort. Des analgésiques peuvent être nécessaires afin que le cheval charge le membre atteint, réduisant ainsi le risque de fourbure dans le membre opposé. Les cas graves peuvent nécessiter un débridement chirurgical afin de retirer les tissus endommagés et de réduire la charge bactérienne. [3][4][16][17]
La fourbure du membre porteur opposé peut être prévenue en encourageant le cheval à porter du poids sur le membre atteint et en protégeant le pied opposé contre une surcharge excessive. Un vétérinaire peut recommander un contrôle de la douleur, des coussinets de soutien de la fourchette, des bottes de soutien, une litière épaisse ou des tapis thérapeutiques en caoutchouc pour le box. Ces mesures contribuent à réduire la pression sur le membre opposé et encouragent le cheval à se coucher. La prévention de la fourbure secondaire constitue une partie importante de la gestion des cas graves de cellulite. [1][4][17][18]
Le pronostic des chevaux atteints de cellulite varie selon la rapidité du début du traitement, la gravité de l'infection et la présence ou non de complications. Avec une détection précoce et des soins vétérinaires rapides, de nombreux chevaux obtiennent une issue favorable. Les taux de survie rapportés pour les chevaux atteints de cellulite des membres varient de 77 à 89 %, et environ 69 % retrouvent leur fonction athlétique ou leurs performances. Les épisodes récurrents demeurent préoccupants, particulièrement lorsque des dommages lymphatiques ou vasculaires laissent le membre chroniquement enflé. [3][19]
La cellulite peut récidiver parce que chaque épisode peut endommager le système lymphatique et nuire au drainage normal des liquides du membre. Cela peut laisser le membre constamment enflé même après la résolution de l'infection, de façon similaire à l'engorgement des membres, mais souvent plus difficile à gérer. L'œdème chronique peut accroître le risque de futures poussées. Les chevaux présentant des gonflements récurrents peuvent avoir besoin de bandages compressifs lorsqu'ils sont au box ou transportés en remorque. [8]
Les propriétaires de chevaux peuvent contribuer à réduire les récidives de cellulite en prévenant les blessures cutanées, en gardant les membres propres et secs et en prenant rapidement en charge tout gonflement. Les clôtures, paddocks et boxes devraient être entretenus afin de réduire les coupures et les plaies perforantes. Les outils de pansage et l'équipement de bain devraient être nettoyés régulièrement et ne pas être partagés entre les chevaux lorsque le risque d'infection est élevé. Les chevaux ayant des antécédents de cellulite peuvent également bénéficier d'une surveillance attentive des membres, de bandages compressifs pendant le repos au box ou les déplacements, ainsi que de soins vétérinaires rapides pour les blessures. [9]
La nutrition peut contribuer à prévenir la cellulite en aidant à maintenir une peau saine, une bonne fonction immunitaire et une hydratation adéquate. Une alimentation équilibrée devrait fournir des quantités suffisantes de vitamines, de minéraux, de protéines et d'eau afin de soutenir la barrière cutanée et la réparation normale des tissus. Les chevaux sujets à la peau sèche peuvent bénéficier d'un apport accru en matières grasses alimentaires afin de soutenir la production de sébum, qui aide à maintenir une couche protectrice à la surface de la peau. Une bonne nutrition ne peut pas prévenir tous les cas de cellulite, mais elle favorise une meilleure résilience globale contre les lésions cutanées et les infections. [20][22][23]
Résumé
La cellulite est une infection bactérienne grave et une inflammation des tissus sous la peau, touchant le plus souvent les membres postérieurs des chevaux. Elle provoque un gonflement rapide, de la douleur et une boiterie, et peut devenir mortelle sans traitement immédiat.
- La cellulite se développe lorsque des bactéries pénètrent par des plaies ou des fissures cutanées, déclenchant une inflammation sévère et un œdème
- Les chevaux atteints présentent de la chaleur, de la douleur et un gonflement d’un membre, qui peut se propager rapidement sans traitement
- Une antibiothérapie rapide et des soins de soutien sont essentiels pour prévenir la septicémie et des complications secondaires telles que la fourbure
- Le maintien d’une bonne hygiène, des soins appropriés des plaies et une nutrition équilibrée aide à réduire le risque de cellulite et de récidive
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