La queue du cheval est une caractéristique anatomique essentielle qui s’étend à partir de la colonne vertébrale et qui est composée de multiples vertèbres, muscles, ligaments et tendons. Cette structure complexe est cruciale pour l’équilibre, le mouvement, la protection contre les intempéries, la répulsion des insectes, la thermorégulation et la communication. [1][2]

Les pratiques de modification de la queue des chevaux, y compris la caudectomie, l’anglaisage et le blocage, sont très controversées. Ces procédures impliquent de modifier ou de retirer des parties de la queue, principalement à des fins esthétiques ou compétitives.

De telles pratiques soulèvent des préoccupations importantes en matière de bien-être des chevaux en raison de la douleur associée et des complications potentielles. Les risques liés aux modifications de la queue soulignent les problèmes éthiques et la nécessité d’alternatives sans cruauté qui préservent le bien-être du cheval. [3][4]

La législation concernant la modification de la queue des chevaux varie à travers le monde, de nombreuses régions mettant en place des restrictions ou des interdictions en réponse aux préoccupations croissantes du public pour le bien-être animal. Ces mesures reflètent la nécessité d’un examen éthique des pratiques telles que la coupe du couard afin de garantir une acceptabilité sociale continue dans le secteur équin.

Anatomie de la queue du cheval

La queue du cheval est une structure anatomique complexe qui joue plusieurs rôles importants dans la vie quotidienne de l’animal. Elle est composée de 15 à 21 vertèbres coccygiennes s’étendant à partir du sacrum à l’extrémité de la queue, soutenue par un réseau de muscles, de ligaments et de tendons. [1][4]

Les muscles clés, tels que le muscle coccygien et le muscle élévateur du coccyx, facilitent le mouvement de la queue, tandis que les ligaments et les tendons assurent la stabilité. La peau de la queue est sensible, contient de nombreuses terminaisons nerveuses et est recouverte de longs poils épais. [5]

Fonction de la queue

En mouvement, la queue du cheval balance d’un côté à l’autre grâce à l’action coordonnée des muscles le long de son dos et de son ventre. Pendant la marche ou le trot, la queue se déplace selon un mouvement fluide et symétrique, bien que l’amplitude du mouvement varie selon les chevaux. [5]

Ce mouvement favorise l’équilibre, permettant au cheval de se déplacer rapidement et de façon fluide tout en maintenant sa stabilité, en particulier lorsqu’il navigue dans des environnements variés ou lorsqu’il effectue des mouvements brusques.

Une queue pleine longueur, allant jusqu’en dessous ou au-delà des jarrets, offre une protection contre les intempéries et les éléments tels que le vent, le froid, le sable, les mouches et la pluie. De plus, la queue aide à la thermorégulation en ventilant l’air sur le corps pour aider à refroidir le cheval. [2][6][7][8][9]

Elle protège également les zones sensibles de l’arrière-train, conservant la chaleur corporelle et éloignant l’humidité. Au-delà de ses fonctions protectrices, la queue joue un rôle essentiel dans la communication, sa position et ses mouvements reflétant diverses émotions telles que l’excitation, l’irritation ou la relaxation. [2]

Caudectomie de la queue équine

La caudectomie de la queue chez les chevaux (aussi appelée coupe du couard) est la pratique consistant à raccourcir la queue (chirurgicalement ou non) en retirant une partie des vertèbres osseuses. La procédure est controversée et est interdite ou restreinte dans de nombreuses régions en raison des préoccupations concernant le bien-être animal. [1]

Historiquement, la caudectomie était pratiquée sur les chevaux de travail, notamment dans l’agriculture ou l’attelage, pour empêcher la queue de s’emmêler dans les harnais ou l’équipement. De plus, certains propriétaires appréciaient l’avantage pratique des queues raccourcies pour l’hygiène des chevaux, empêchant la queue de traîner dans les chemins boueux et de ramasser des débris. [1][3][4][10]

Aujourd’hui, la coupe du couard chez les chevaux est pratiquée selon l’une des deux méthodes suivantes : l’ablation chirurgicale ou la ligature. [3][10]

  • Caudectomie chirurgicale : cette procédure est généralement réalisée sous anesthésie. Elle consiste à couper à travers la peau, les muscles, les nerfs, les vaisseaux sanguins et les os de la queue. Après avoir retiré une partie du couard, la plaie est refermée par des points de suture.
  • Caudectomie par ligature : cette méthode consiste à utiliser des anneaux en caoutchouc ou d’autres matériaux pour lier étroitement la base de la queue, coupant ainsi l’apport sanguin de la partie distale, qui finit par mourir et tomber. Cette méthode est plus couramment utilisée chez les poulains, bien qu’elle puisse être pratiquée à tout âge.

Implications pour le bien-être

Bien qu’il n’existe actuellement aucune étude spécifique sur la douleur due à la caudectomie chez les chevaux, la recherche sur d’autres espèces indique que cela provoque un inconfort immédiat et à long terme important. [10][3][11][12]

De plus, le processus de guérison après la coupe du couard peut être douloureux et sujet à des complications, telles que des infections et une mauvaise cicatrisation des plaies. Les problèmes potentiels incluent : [2][3][13]

La caudectomie est également associée au carcinome épidermoïde, une forme de cancer qui peut se développer au site de la coupe chez d’autres espèces. [12]

La coupe du couard n’a aucun objectif fonctionnel ou avantage pour le bien-être du cheval. Étant donné l’absence de bénéfices significatifs, les experts en bien-être considèrent que la souffrance qui y est associée est injustifiée. Autant la méthode chirurgicale que la méthode par ligature sont toutes deux considérées comme douloureuses, selon les recherches sur d’autres espèces. [4]

De plus, la caudectomie entrave l’expression des comportements naturels, qui sont essentiels au bien-être animal. La queue est essentielle pour chasser les insectes, évitant ainsi l’irritation et les infections transmises par ceux-ci. Une queue raccourcie augmente le risque d’inconfort et de piqûres d’insectes, qui peuvent transmettre des maladies et nuire à la santé globale du cheval.

Les chevaux dont la queue a été coupée frappent fréquemment le sol avec leurs pieds pour repousser les mouches, ce qui peut provoquer des douleurs aux jambes et desserrer les fers. Pour minimiser l’irritation due aux mouches, certains suggèrent que ces chevaux soient gardés à l’intérieur, ce qui a des répercussions négatives sur leur bien-être. [2]

L’éthique médicale souligne que toute procédure provoquant de la douleur doit avoir des avantages clairs et être nécessaire pour la santé ou le fonctionnement de l’animal. [14] La caudectomie n’offre pas de tels avantages, ce qui conduit à des critiques et des interventions pour des alternatives plus humaines.

Alternatives à la caudectomie

Trouver des alternatives à la caudectomie est important pour préserver l’anatomie et la fonction naturelles de la queue du cheval. Des alternatives efficaces incluent : [3][4]

  • Le tressage de la queue : fixe la queue en place pour éviter qu’elle ne s’emmêle dans les harnais ou l’équipement tout en maintenant sa pleine fonctionnalité lorsque le cheval n’est pas au travail.
  • Le bandage de la queue : utilise des bandages pour protéger la queue des blessures et des dommages causés par l’équipement, offrant une solution temporaire qui préserve sa longueur.
  • Les sacs pour la queue : une autre option pratique, fournissant une protection qui empêche la queue de s’emmêler, la garde propre et réduit les crins endommagés. Fabriqués à partir de matériaux souples et durables, les sacs pour la queue se fixent facilement autour de la base, permettant aux chevaux de conserver la pleine longueur de leur queue.

Lorsqu’elles sont utilisées correctement, ces méthodes gèrent efficacement la queue sans qu’il soit nécessaire de la couper, garantissant ainsi la préservation de l’anatomie naturelle du cheval.

Législation

Les lois sur la caudectomie chez les chevaux varient dans le monde entier, de nombreux pays imposant des restrictions ou des interdictions totales en raison des préoccupations concernant le bien-être animal.

Dans certaines régions d’Europe, la caudectomie est classée comme une « opération esthétique » et est restreinte ou interdite. Les pays suivants ont des lois interdisant ou réglementant cette pratique, permettant l’altération de la queue uniquement pour des raisons médicales : [10]

  • Autriche
  • Danemark
  • Finlande
  • Allemagne
  • Irlande
  • Portugal
  • Norvège
  • Suède
  • Royaume-Uni

Aux États-Unis, l’American Association of Equine Practitioners (AAEP) condamne la caudectomie chez les chevaux à des fins esthétiques ou compétitives. Les lois varient d’un État à l’autre, certains interdisant la pratique tandis que d’autres l’autorisent dans des conditions spécifiques, comme à des fins médicales ou lorsqu’elle est pratiquée par un vétérinaire agréé. [1][2][15]

Au Canada, la caudectomie à des fins esthétiques est explicitement interdite par le Code de pratiques du CNSAE. Les directives provinciales fournissent des informations supplémentaires sur cette pratique et ses limites. [2][3]

Autres types d’altération de la queue équine

La caudectomie n’est pas la seule procédure utilisée pour altérer la queue d’un cheval. D’autres pratiques, telles que le blocage (engourdissement) et l’anglaisage (incision) de la queue, modifient également la queue pour des raisons esthétiques ou compétitives et peuvent avoir un impact significatif sur la fonctionnalité de la queue et le bien-être du cheval.

L’anglaisage de la queue

L’anglaisage de la queue est une procédure invasive où les tendons de la queue sont sectionnés pour créer un port de queue artificiel. Cette méthode est employée pour modifier l’apparence de la queue ou pour se conformer à des normes de race spécifiques, telles que le port de queue traditionnellement haut observé chez les Saddlebreds. [1]

Après l’anglaisage de la queue, les chevaux doivent généralement porter une attelle pour la queue lorsqu’ils ne sont pas en compétition. Ce dispositif est utilisé pour maintenir la position modifiée de la queue obtenue par la procédure. Les attelles fonctionnent en provoquant une repousse des tendons et des ligaments sectionnés à des longueurs non naturelles. Cela peut entraîner des altérations irréversibles de la position et de la fonction de la queue.

Bien que l’attelle aide à maintenir la queue dans la position souhaitée pour les concours, elle restreint davantage le mouvement naturel de la queue. [1][3]

Au niveau historique, l’anglaisage de la queue a été utilisé pour que la queue soit plate et immobile. Cependant, comme cette procédure laisse une marque identifiable sur la queue, de nombreux compétiteurs se sont plutôt tournés vers le blocage de la queue. [1]

Blocage de la queue

Le blocage de la queue consiste à injecter de l’alcool dans les principaux nerfs de la queue afin de la paralyser temporairement et d’inhiber son mouvement. Cette procédure est réalisée principalement pour des raisons esthétiques, notamment dans certaines disciplines western où un port de queue bas et détendu est préféré, et où des mouvements excessifs de la queue peuvent être pénalisés lors de la compétition. [1]

Le blocage de la queue est apparu comme une alternative à l’anglaisage après que les registres de race aient commencé à disqualifier les chevaux avec des queues incisées de la compétition. Contrairement à l’anglaisage, qui laisse une bosse visible sur la queue, le blocage de la queue est moins perceptible et permet aux compétiteurs d’éviter la disqualification. [1]

Toutefois, le blocage de la queue peut provoquer de l’inconfort, interférer avec les mouvements naturels du cheval et potentiellement entraîner des problèmes à long terme tels que des infections ou des lésions nerveuses. [3][9]

Implications de l’anglaisage et du blocage de la queue pour le bien-être équin

Les altérations de la queue soulèvent d’importantes préoccupations en matière de bien-être et violent les règles de nombreux organismes de régulation des sports équestres, y compris la Fédération Équestre Internationale (FEI). Ces pratiques contreviennent non seulement aux normes éthiques, mais empêchent également les chevaux de manifester de la douleur ou de l’inconfort, ce qui peut masquer des problèmes médicaux. [9]

De plus, les chevaux utilisent leur queue pour communiquer entre eux. Restreindre leur capacité à utiliser leur queue comme ils le feraient naturellement les empêche d’effectuer des comportements naturels et entrave leur communication, compromettant ainsi leur bien-être.

Pour maintenir un port de queue altéré après l’anglaisage, les chevaux doivent porter une attelle pour la queue lorsqu’ils ne sont pas en compétition. Bien que destinées à maintenir la queue dans la position souhaitée, ces attelles peuvent être inconfortables, provoquant des irritations cutanées et un inconfort supplémentaire en raison de la pression et de la friction constantes. [1][9]

Le blocage de la queue peut également entraîner diverses complications. Certains chevaux peuvent développer une ataxie ou une incoordination, ce qui peut nuire à leur démarche et à leurs performances. De plus, la queue injectée peut devenir anormalement dure ou présenter des déformations telles que des sections tordues ou pliées. [1]

De nombreux chevaux retrouvent une mobilité partielle de la queue dans les semaines ou les mois suivant le blocage, bien qu’il est possible que le retour complet du mouvement naturel ne survienne pas. Les lésions nerveuses causées par la procédure entraînent souvent des problèmes durables, y compris une réduction des mouvements et un port anormal de la queue. Bien que des améliorations soient fréquentes, la récupération complète de la fonction normale n’est pas garantie. [1]

Législation sur l’anglaisage et le blocage de la queue

Au Canada, l’anglaisage et le blocage de la queue sont tous deux considérés comme inacceptables selon le Code de pratiques pour le soin et la manipulation des équidés du Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage (CNSAE). [3]

Aux États-Unis, les réglementations sur l’anglaisage et le blocage de la queue varient selon les États. Bien que ces pratiques ne soient pas toujours explicitement mentionnées, elles relèvent souvent des lois sur la cruauté envers les animaux, qui interdisent les traitements inhumains. L’AAEP condamne les deux pratiques, en accord avec les normes éthiques qui s’opposent aux altérations inutiles de la queue. [1][15]

En Europe, l’anglaisage et le blocage de la queue font face à une opposition généralisée en raison de leurs effets négatifs sur le bien-être des animaux. De nombreux pays européens ont adopté des lois et des réglementations strictes pour protéger les chevaux contre ces procédures invasives. Ces lois relèvent généralement d’actes législatifs plus larges sur le bien-être animal, mettant l’accent sur un traitement humain et la prévention de la souffrance inutile. [16][17][18][19]

Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur les modifications de la queue chez les chevaux :

Résumé

La queue du cheval est essentielle pour l'équilibre, la protection contre les insectes et l'expression des comportements naturels. Des procédures telles que la caudectomie, l'anglaisage et le blocage de la queue ont des répercussions négatives sur le bien-être des chevaux.

  • La coupe du couard consiste à enlever chirurgicalement une partie de l'os de la queue. En raison de la douleur et des préoccupations liées au bien-être, elle est interdite ou restreinte dans de nombreuses régions.
  • L'anglaisage consiste à couper les tendons pour créer un port artificiel de la queue. Cette procédure nécessite souvent l'utilisation d'une attelle pour la queue, ce qui peut causer de l'inconfort et limiter davantage les mouvements.
  • Le blocage de la queue utilise des injections pour paralyser temporairement ou définitivement la queue, ce qui peut entraîner une ataxie, un durcissement ou des déformations.
  • La législation mondiale sur les altérations de la queue varie, de nombreux pays appliquant des interdictions ou des restrictions strictes pour protéger le bien-être des chevaux.
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Références

  1. Tozzini, S. Hair Today, Gone Tomorrow: Equine Cosmetic Crimes and Other Tails of Woe. 2003.
  2. Cregier, S.E. Shocking Docking: Mutilation before Education?. Journal of Equine Veterinary Science. 1990.
  3. Equine - Codes of Practice for the care and handling of horses. National Farm Animal Care Council. 2018.
  4. Heleski, C., et al. Code of Practice for the Care and Handling of Equines: Review of Scientific Research on Priority Issues. National Farm Animal Care Council.
  5. Hibbs, K.C., et al. Crooked Tail Carriage in Horses: Increased Prevalence in Lame Horses and Those with Thoracolumbar Epaxial Muscle Tension or Sacroiliac Joint Region Pain. Equine Veterinary Education. 2021.
  6. Shield, S., et al. Tails, Flails, and Sails: How Appendages Improve Terrestrial Maneuverability by Improving Stability. Integr Comp Biol. 2021.
  7. Hutson, G.D., & Haskell, M.J. Pre-Race Behaviour of Horses as a Predictor of Race Finishing Order. Applied Animal Behaviour Science. 1997.
  8. Kiley-Worthington, M. The Tail Movements of Ungulates, Canids and Felids with Particular Reference to Their Causation and Function as Displays. Behaviour. 1976.
  9. Neto, M.E., et al. Evaluation Method for Identification of Tail Blocking in Horses. Arq. Bras. Med. Vet. Zootec. 2024.
  10. Lefebvre, D., et al. Tail Docking in Horses: A Review of the Issues. Animal. 2007.
  11. Morrison, R., & Hemsworth, P. Tail Docking of Piglets 1: Stress Response of Piglets to Tail Docking. Animals (Basel). 2020.
  12. Orihuela, A., & Ungerfeld, R. Tail Docking in Sheep (Ovis Aries): A Review on the Arguments for and against the Procedure, Advantages/Disadvantages, Methods, and New Evidence to Revisit the Topic. Livestock Science. 2019.
  13. Tallet, C., et al. Evidence of Pain, Stress, and Fear of Humans During Tail Docking and the Next Four Weeks in Piglets (Sus Scrofa Domesticus). Front. Vet. Sci. 2019.
  14. Principles of veterinary medical ethics of the AVMA. Policy of the American Veterinary Medical Association.
  15. American Association of Equine Practitioners (AAEP). Tail Alteration in Horses | American Veterinary Medical Association.
  16. Docking and Nicking of Horses Act 1949. UK Public General Acts. 1949.
  17. Animal Welfare Act 2006. UK Public General Acts. 2006.
  18. Germany - Cruelty - German Animal Welfare Act | Animal Legal & Historical Center. Federal Law Gazette I, p, 1094. 2010.
  19. Sweden Animal Welfare Act (2018:1192). FAOLEX.