Le calcium et le phosphore sont les macrominéraux les plus abondants dans l’organisme du cheval. Ils sont essentiels à la solidité des os, au fonctionnement cellulaire, à la santé musculaire et bien plus encore.
Un apport adéquat en calcium et en phosphore est particulièrement crucial pour les juments gestantes et en lactation, ainsi que pour les chevaux en croissance. La production de lait et le développement osseux augmentent tous deux les besoins en ces minéraux.
Les niveaux de calcium et de phosphore varient selon les aliments et les fourrages que votre cheval consomme. Une sélection minutieuse des aliments est nécessaire pour éviter les carences et maintenir un rapport équilibré entre ces nutriments dans l’alimentation.
À long terme, des déséquilibres de ces minéraux peuvent entraîner des anomalies osseuses et de mauvaises performances. L’analyse de votre foin ainsi que l’ajout d’un supplément de vitamines et minéraux bien équilibré à l’alimentation peuvent prévenir les complications associées à un apport insuffisant en minéraux.
Pour obtenir de l’aide concernant l’équilibre de l’apport en calcium et en phosphore de votre cheval, soumettez les informations relatives à son régime alimentaire en ligne pour recevoir une évaluation gratuite de la part de nos nutritionnistes équins.
Le calcium pour les chevaux
Le calcium est un minéral structurel majeur. 99 % du calcium présent dans l’organisme se trouve dans les os et les dents. Le reste, soit 1 %, se trouve dans les tissus mous et les fluides corporels. [1]
Le calcium est impliqué dans de nombreux processus corporels tels que la fonction musculaire, la coagulation sanguine et l’activité enzymatique. [2]
Le niveau de calcium en circulation dans le sang est étroitement régulé et se maintient dans une fourchette optimale. Les hormones contrôlent la façon dont le corps utilise le calcium ainsi que son déplacement des os vers d’autres tissus.
Ces hormones, appelées parathormone et calcitonine – assurent la stabilité des niveaux sanguins de ce minéral grâce à un processus appelé homéostasie calcique.
L’homéostasie calcique est perturbée en cas d’apport insuffisant en calcium ou d’apport excessif en phosphore dans l’alimentation.
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Absorption du calcium
Le calcium est absorbé dans l’intestin grêle sous forme d’ions Ca2+. Ces ions se lient à une protéine de transport du calcium (la calbindine), qui achemine ce minéral vers la circulation sanguine.
L’absorption du calcium par l’intestin est directement influencée par le niveau de phosphore présent dans l’alimentation. Dans les fourrages et les céréales, le phosphore se trouve principalement sous forme de phytate. Le phytate peut se lier au calcium et le rendre indisponible pour l’absorption. [8]
L’ingestion d’oxalates présents dans le foin et d’autres aliments peut également nuire à l’absorption du calcium, contribuant ainsi à une carence secondaire. Les oxalates sont des composés naturellement présents dans les plantes qui se lient aux minéraux et réduisent leur biodisponibilité. Les oxalates sont particulièrement préoccupants dans les fourrages tropicaux. [9]
La vitamine D joue également un rôle essentiel dans l’absorption du calcium. Elle est importante pour la capacité des cellules à absorber le calcium, le phosphore, le magnésium, le zinc, le cuivre et le manganèse.
Il est important d’intégrer un supplément de vitamine D dans l’alimentation des chevaux en croissance pour permettre une absorption optimale de ces minéraux.
Sources de calcium
La majorité du calcium dans l’alimentation de votre cheval provient du foin et des pâturages. L’herbe fraîche des pâturages et les foins de légumineuses contiennent plus de calcium que les foins de graminées.
Le tableau suivant indique les concentrations approximatives de calcium en pourcentage de matière sèche pour les foins courants :
- Trèfle blanc : 1,90 %
- Trèfle rouge : 1,38 %
- Luzerne : 1,28 %
- Lespédéza: 0,88 %
- Herbe des prairies : 0,57 %
- Chiendent pied-de-poule/cynodon : 0,47 %
- Pâturin des prés : 0,47 %
- Brome : 0,44 %
- Mil/fléole des prés : 0,41 %
- Fétuque élevée : 0,39 %
- Dactyle pelotonné : 0,38 %
Les niveaux de calcium peuvent varier considérablement en fonction de la période de récolte du foin, de la maturité de la plante et du type de sol. Il est important de faire analyser votre foin pour connaître la teneur exacte des principaux nutriments dans l’alimentation de votre cheval.
Sources supplémentaires
Si l’alimentation de votre cheval est pauvre en calcium, des suppléments ou des aliments peuvent être utilisés pour augmenter l’apport.
Voici quelques-unes des principales sources de calcium qui sont généralement ajoutés aux moulées commerciales ou aux prémélange de vitamines et minéraux :
- Carbonate de calcium (calcaire) – Contient 38 % de calcium
- Chlorure de calcium dihydraté – Contient 28 % de calcium
- Hydroxyde de calcium – Contient 55 % de calcium
- Phosphate dicalcique – Contient 28 % de calcium, 19 % de phosphore
Sources alimentaires
Parfois, des sources alimentaires supplémentaires sont nécessaires pour augmenter les concentrations de calcium dans l’alimentation.
Les céréales sont généralement pauvres en calcium, mais les aliments suivants peuvent être ajoutés à l’alimentation de votre cheval s’il a besoin d’un apport accru :
- Pulpe de betterave – Contient 1 % de calcium
- Granulés ou cubes de luzerne – Contiennent 1,5 % de calcium
- Lait de remplacement – Contient 1,0 à 1,5 % de calcium
Phosphore pour les chevaux
Le phosphore remplit de nombreuses fonctions essentielles dans le corps du cheval, à la fois au niveau structuel et moléculaire.
Ce minéral aide à fournir structure et solidité aux os. Il se trouve dans les os sous forme d’hydroxyapatite (Ca5(PO4)3OH). [2] L’hydroxyapatite est un précurseur de la construction osseuse et dentaire.
Les juments poulinières et les poulains sont les plus exposés à un risque de carence en phosphore. Un apport insuffisant de ce minéral peut entraîner des problèmes de formation osseuse ou un retard de la croissance chez les jeunes chevaux.
Le phosphate est également un composant de la principale source d’énergie du corps, l’adénosine triphosphate (ATP). Il se trouve également dans les membranes cellulaires et est un composant de l’ADN et de l’ARN.
Le phosphore alimentaire est principalement absorbé dans le gros intestin sous forme de phosphate (PO4). [2]
Dans la plupart des tissus végétaux, le phosphore est stocké sous forme de phytate, un facteur antinutritionnel qui peut nuire à la digestibilité. Cette molécule nécessite une enzyme appelée phytase pour décomposer le phosphore et le rendre digestible.
Les chevaux semblent produire suffisamment de phytase via les microbes dans leur intestin postérieur pour libérer le phosphore des plantes. [10] Cependant, un supplément de phytase peut être bénéfique pour améliorer la digestibilité du calcium. [8]
Sources de phosphore
Le fourrage comble une grande partie des besoins quotidiens en phosphore du cheval, mais il ne suffit généralement pas, à lui seul, à couvrir l’ensemble des besoins. C’est pourquoi un apport complémentaire est souvent nécessaire.
Voici les concentrations de phosphore en pourcentage de matière sèche dans les fourrages courants :
- Avoine – Immature : 0,39 %
- Mil/fléole des prés – Préfloraison : 0,36 %
- Trèfle blanc : 0,29 %
- Pâturin des prés : 0,27 %
- Lespédéza : 0,25 %
- Luzerne : 0,24 %
- Dactyle pelotonné : 0,23 %
- Trèfle rouge : 0,22 %
- Fétuque élevée : 0,21 %
- Herbe des prairies : 0,17 %
- Chiendent pied-de-poule : 0,16 %
- Mil/fléole des prés : 0,17 %
- Brome : 0,15 %
Sources supplémentaires
Des sources telles que le son de blé, le son de riz et le phosphate monosodique peuvent être utilisées pour supplémenter un régime en phosphore.
- Phosphate monosodique – Contient 23 % de phosphore
- Phosphate monocalcique – Contient 21 % de phosphore, 16 % de calcium
Sources alimentaires
- Son de blé – Contient 1,38 % de phosphore
- Remoulages de blé – Contient 1,24 % de phosphore
- Son de riz – Contient 2,22 % de phosphore
Besoins en calcium et phosphore pour les chevaux
Les besoins en calcium et phosphore des chevaux sont bien documentées par le National Research Council (NRC) et dépendent largement de l’âge et du statut physiologique.
Il est important de surveiller les rapports entre ces minéraux, mais il faut également prendre en compte l’apport total pour garantir qu’il n’y a pas de carences dans l’alimentation.
Chevaux adultes
Un cheval adulte de 1 100 lb (500 kg) à l’entretien (sans activité physique) a besoin d’environ 20 g de calcium et 14 g de phosphore dans son alimentation. [4]
Ces besoins augmentent pour les chevaux soumis à un travail léger, modéré ou intense. Un cheval adulte de 1 100 (500 kg) soumis à un travail intense a besoin de 40 g de calcium et 29 g de phosphore.
Le tableau suivant indique les besoins en calcium (Ca) et phosphore (P) pour les chevaux adultes à différents niveaux d’activité.
Entretien et travail léger
| Poids corporel | Entretien | Travail léger | ||
|---|---|---|---|---|
| Ca | P | Ca | P | |
| 880 lb (400 kg) | 16 g | 11 g | 24 g | 14 g |
| 1 100 (500 kg) | 20 g | 14 g | 30 g | 18 g |
| 1 320 lb (600 kg) | 24 g | 17 g | 36 g | 22 g |
Travail modéré et intense
| Poids corporel | Travail modéré | Travail intense | ||
|---|---|---|---|---|
| Ca | P | Ca | P | |
| 800 lb (400 kg) | 28 g | 17 g | 32 g | 23 g |
| 1 100 lb (500 kg) | 35 g | 21 g | 40 g | 29 g |
| 1 320 lb (600 kg) | 42 g | 25 g | 48 g | 35 g |
Gestation et lactation
La gestation et la lactation représentent les périodes où les besoins en calcium et phosphore d’une jument varient le plus.
La croissance fœtale rapide au cours du dernier mois de la gestation et la production maximale de lait au cours du premier mois de la lactation exigent un apport accru en calcium et phosphore pour la poulinière.
Au cours de la dernière phase de la gestation, la jument a besoin d’un supplément de 0,032 gramme supplémentaire de calcium par kilogramme de poids corporel. Une jument de 1 100 lb (500 kg) aura donc besoin de 36 grammes de calcium et de 26 grammes de phosphore par jour. [4]
Le tableau suivant montre les besoins en calcium et en phosphore pour la jument gestante à différents mois de gestation.
Gestation
| Poids corporel | Mois 1 à 6 | Mois 7 et 8 | Mois 9 à 11 | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Ca | P | Ca | P | Ca | P | |
| 880 lb (400 kg) | 16 g | 11 g | 22 g | 16 g | 29 g | 21 g |
| 1 100 lb (500 kg) | 20 g | 14 g | 28 g | 20 g | 36 g | 26 g |
| 1 320 lb (600 kg) | 24 g | 17 g | 34 g | 24 g | 43 g | 32 g |
Le premier mois de lactation est considéré comme la période de lactation maximale. Les besoins quotidiens de la poulinière augmentent à 56 grammes pour le calcium et à 36 grammes pour le phosphore. [4]
À ce stade, environ 50 % des minéraux contenus dans le lait d’une jument sont du calcium et du phosphore. [5]
Lactation
| Poids corporel | Mois 1 et 2 | Mois 3 et 4 | Mois 5 et 6 | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Ca | P | Ca | P | Ca | P | |
| 880 lb (400 kg) | 47 g | 32 g | 45 g | 29 g | 32 g | 20 g |
| 1 100 lb (500 kg) | 59 g | 30 g | 56 g | 36 g | 40 g | 25 g |
| 1 320 lb (600 kg) | 71 g | 46 g | 67 g | 43 g | 47 g | 30 g |
Chevaux en croissance
Les poulains sevrés et ceux âgés d’un an ont besoin de plus de calcium et de phosphore dans leur alimentation pour soutenir la croissance rapide de leurs os, leurs muscles et les autres tissus.
Les besoins quotidiens dépendront du poids corporel adulte estimé du cheval et de son taux de croissance quotidien.
Pour un poulain d’un an dont le poids adulte est estimé à 1 100 lb (500 kg), les besoins quotidiens sont de 37 grammes de calcium et 20 grammes de phosphore. [4]
Poulains en croissance
| Poids adulte | Mois 4 à 7 | Mois 8 à 14 | Mois 15 à 24 | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Ca | P | Ca | P | Ca | P | |
| 880 lb (400 kg) | 31 g | 17 g | 30 g | 17 g | 30 g | 16 g |
| 1 100 lb (500 kg) | 39 g | 22 g | 38 g | 21 g | 37 g | 21 g |
| 1 320 lb (600 kg) | 47 g | 26 g | 46 g | 26 g | 45 g | 25 g |
Rapport calcium/phosphore
Les minéraux alimentaires interagissent de manière complexe, ce qui peut influencer l’absorption et le métabolisme d’autres minéraux dans l’organisme. C’est pourquoi il est important de compléter l’apport en minéraux avec des suppléments dont les proportions sont équilibrées.
Il est crucial de maintenir un rapport approprié entre le calcium et le phosphore dans l’alimentation, surtout pour les chevaux en gestation, en lactation et en croissance.
Le rapport calcium/phosphore (Ca:P) devrait être d’environ 1,5 à 2:1 pour la plupart des chevaux adultes. Cela signifie qu’il devrait y avoir 1,5 à 2 grammes de calcium pour chaque gramme de phosphore dans l’alimentation.
Des rapports allant jusqu’à 9:1 peuvent être tolérés, tant que les besoins quotidiens minimaux en phosphore du cheval sont comblés. [4]
Les chevaux en croissance peuvent tolérer jusqu’à un rapport calcium/phosphore de 6:1, tant qu’ils reçoivent suffisamment de phosphore dans leur alimentation. [5]
Le rapport Ca:P de l’alimentation ne doit jamais être inférieur à 1:1, sinon le phosphore alimentaire interférera avec l’absorption du calcium. [5] Cela peut avoir des effets négatifs sur le développement osseux des chevaux en croissance et des chevaux adultes.
Les rapports des différents composants de l’alimentation peuvent être en dehors de ces fourchettes. Ce qui est important, c’est le rapport de l’alimentation globale.
De plus, un plan alimentaire peut avoir le bon rapport de calcium/phosphore sans pour autant fournir ces minéraux en quantités suffisantes. Assurez-vous qu’il y a suffisamment de calcium et de phosphore totaux dans l’alimentation de votre cheval pour éviter les carences.
Nos nutritionnistes peuvent vous aider à déterminer le rapport calcium/phosphore dans l’alimentation de votre cheval. Soumettez le plan alimentaire de votre cheval en ligne pour recevoir une évaluation gratuite par nos nutritionnistes.
Rapports dans les aliments et les fourrages
Le tableau suivant indique le rapport calcium/phosphore des fourrages courants utilisés dans l’alimentation équine.
| Fourrage | Rapport Ca:P | |
|---|---|---|
| Trèfle blanc | 5,9:1 | |
| Trèfle rouge | 5,5:1 | |
| Luzerne | 5,3:1 | |
| Lespédeza | 3,1:1 | |
| Herbe des prairies | 3,1:1 | |
| Chiendent pied-de-poule | 2,7:1 | |
| Pâturin des prés | 1,5:1 | |
| Brome | 2,1:1 | |
| Mil | 2,2:1 | |
| Dactyle pelotonné | 1,5:1 | |
Vous trouverez ci-dessous le rapport calcium/phosphore pour les concentrés et aliments courants utilisés dans l’alimentation des chevaux.
| Aliment | Rapport Ca:P |
|---|---|
| Pulpe de betterave | 10:1 |
| Orge | 1:10 |
| Graines de chia | 1:1,25 |
| Maïs concassé | 1:7,5 |
| Drèches sèches de distillerie | 1:14 |
| Lin moulu | 1:2 |
| Flocons d’avoine | 1:8,4 |
| Son de riz | 1:13 |
| Fèves de soya rôties | 1:2,4 |
| Tourteau de soya | 1:1,8 |
| Son de blé | 1:10,5 |
Problèmes liés au calcium et au phosphore
Les déséquilibres dans l’apport en calcium et en phosphore d’un cheval peuvent avoir un impact négatif sur son bien-être et entraîner divers problèmes de santé. Collaborer avec un nutritionniste pour équilibrer l’alimentation de votre cheval peut vous aider à éviter les problèmes courants.
Heureusement, de nos jours, bon nombre de ces affections sont rares en raison de l’amélioration des formules des suppléments de vitamines et minéraux et aux aliments enrichis.
Pour maintenir des niveaux adéquats de ces minéraux dans le sang et les tissus, le corps du cheval mobilise le calcium et le phosphore stockés dans les os. Avec le temps, cette fuite de minéraux pourrait entraîner des problèmes qui affectent les os, les muscles et le cartilage.
Une carence prolongée en phosphore peut entraîner une faiblesse musculaire, la consommation de matières fécales ou de terre (pica), une boiterie et une perte de poids. [1]
Chez les chevaux en croissance, un apport insuffisant en calcium, en phosphore ou en vitamine D peut entraîner une maladie connue sous le nom de rachitisme. Chez les chevaux atteints de rachitisme, une minéralisation osseuse anormale conduit à des déformations osseuses et à une hypertrophie articulaire.
Chez les chevaux adultes, une carence en ces minéraux peut se manifester sous forme d’ostéomalacie. Cette pathologie fragilise les os, les rendant plus cassants et plus sujets aux fractures.
Les chevaux qui souffrent d’une carence en calcium mais qui consomment trop de phosphore peuvent développer une maladie appelée hyperparathyroïdie nutritionnelle secondaire.
Cette maladie, également connue sous le nom de maladie de la grosse tête ou maladie de Miller, peut provoquer une enflure et un ramollissement des os du visage. [6] Elle est causée par une augmentation du taux d’hormone parathyroïdienne, qui s’élève pour maintenir des niveaux de calcium équilibrés dans le sang.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur le calcium et le phosphore chez les chevaux :
Le calcium et le phosphore sont importants pour la solidité des os, la fonction musculaire, la santé cellulaire et le métabolisme énergétique chez les chevaux. La majeure partie du calcium est stockée dans les os et les dents, tandis que le phosphore contribue à la formation des os et soutient l’ATP, la principale source d’énergie de l’organisme. Les chevaux en croissance, les juments gestantes et les juments allaitantes ont besoin d’un équilibre minéral soigneusement géré, car le développement osseux, la croissance fœtale et la production de lait augmentent les besoins.
Un cheval adulte de 500 kg (1100 lb) à l’entretien a besoin d’environ 20 g de calcium et 14 g de phosphore par jour. Un travail intense augmente ces besoins à environ 40 g de calcium et 29 g de phosphore par jour. Les besoins augmentent également pendant la fin de la gestation, le début de la lactation et la croissance, de sorte que l’âge, la charge de travail, le poids corporel et le stade de vie sont tous importants.
Un ratio calcium-phosphore d’environ 1,5:1 à 2:1 est idéal pour la plupart des chevaux adultes. Cela signifie que la ration totale fournit environ 1,5 à 2 grammes de calcium pour chaque gramme de phosphore. L’apport global est également important, car une ration peut avoir un bon ratio tout en ne fournissant pas suffisamment de l’un ou l’autre de ces minéraux.
Une consommation excessive de phosphore peut nuire à l’absorption du calcium, particulièrement lorsque le ratio calcium-phosphore total descend sous 1:1. Les aliments riches en phosphore comme le son de blé, le son de riz, le maïs, l’orge et l’avoine peuvent causer des problèmes s’ils ne sont pas équilibrés avec un apport adéquat en calcium. Un déséquilibre à long terme peut affecter la solidité des os, la croissance et le statut minéral global.
Les aliments riches en calcium comprennent les foins de légumineuses comme la luzerne, le trèfle rouge et le trèfle blanc, ainsi que la pulpe de betterave et les granulés ou cubes de luzerne. La luzerne contient environ 1,28 % de calcium, tandis que la pulpe de betterave en contient environ 1 %. Les foins de graminées fournissent généralement moins de calcium, mais les teneurs réelles varient selon le sol, la maturité des plantes et le moment de la récolte.
Les aliments riches en phosphore comprennent le son de riz, le son de blé, les remoulages de blé, l’avoine et certaines sources minérales commerciales. Le son de riz contient environ 2,22 % de phosphore, tandis que le son de blé en contient environ 1,38 %. Les fourrages contribuent également à l’apport en phosphore, mais de nombreuses rations équines nécessitent tout de même un équilibrage minutieux pour répondre aux besoins quotidiens sans créer un mauvais ratio calcium-phosphore.
Une carence en calcium ou en phosphore peut entraîner une croissance insuffisante, des os fragiles, de la boiterie, une faiblesse musculaire, une perte de poids et une baisse de performance. Les jeunes chevaux peuvent développer le rachitisme, caractérisé par des os arqués ou des articulations élargies. Les chevaux adultes peuvent développer une ostéomalacie, qui fragilise les os et les rend plus susceptibles aux fractures. Une carence en phosphore peut également entraîner du pica, une condition où les chevaux mangent de la terre ou du fumier.
La maladie de la grosse tête est un trouble lié au calcium causé par un apport insuffisant en calcium, une mauvaise absorption du calcium ou une quantité excessive de phosphore dans la ration. Aussi appelée hyperparathyroïdie nutritionnelle secondaire, elle survient lorsque l’organisme retire le calcium des os afin de maintenir les concentrations sanguines de calcium. Les os du visage peuvent enfler et s’assouplir avec le temps, créant l’apparence de tête élargie associée à cette affection.
Une analyse du foin et une évaluation complète de la ration sont les meilleures façons de savoir si votre cheval reçoit suffisamment de calcium et de phosphore. Les signes visuels seuls ne sont pas fiables, car les problèmes minéraux peuvent se développer graduellement. L’analyse des fourrages, l’examen des apports en grains et en suppléments, ainsi que la comparaison de la ration complète avec le poids corporel, la charge de travail et le stade de vie de votre cheval fournissent une réponse plus précise.
Les chevaux en croissance ont besoin de plus de calcium et de phosphore parce que le développement des os, des muscles et des tissus augmente la demande en minéraux. Un poulain destiné à atteindre 500 kg (1100 lb) à maturité peut avoir besoin d’environ 39 g de calcium et 22 g de phosphore par jour entre l’âge de 4 et 7 mois. Les chevaux d’un an ont également besoin d’un apport minéral plus élevé que les chevaux adultes à l’entretien.
Les juments gestantes et allaitantes ont besoin de plus de calcium et de phosphore, particulièrement à la fin de la gestation et au début de la production de lait. Une jument de 500 kg (1100 lb) en fin de gestation a besoin d’environ 36 g de calcium et 26 g de phosphore par jour. Pendant le pic de lactation, les besoins peuvent atteindre environ 59 g de calcium et 30 g de phosphore par jour.
L’analyse du foin peut montrer les niveaux de calcium et de phosphore et révéler si le fourrage fournit suffisamment de minéraux pour répondre aux besoins de votre cheval. Les niveaux de minéraux varient considérablement selon le type de fourrage, le sol, le moment de la récolte et la maturité des plantes. Puisque le foin et les pâturages fournissent souvent une grande partie de la ration, l’analyse élimine les approximations et facilite le choix d’aliments ou de suppléments permettant d’équilibrer la ration.
Résumé
Des déséquilibres minéraux prolongés, notamment en calcium et en phosphore, peuvent nuire à la santé osseuse et aux performances de votre cheval. Il est essentiel de maintenir un bon équilibre entre ces minéraux pour favoriser son bien-être général.
- L’apport en calcium et en phosphore doit être conforme aux recommandations adaptées aux besoins de votre cheval
- Le choix de fourrages et de suppléments adaptés permet de maintenir un rapport calcium/phosphore optimal
- L’ajout d’un supplément de vitamines et minéraux équilibré à l’alimentation contribue à une santé optimale
- L’analyse du foin de votre cheval permet d’obtenir une évaluation nutritionnelle plus précise
Références
- Toribio, R. E. Disorders of Calcium and Phosphate Metabolism in Horses. Vet. Clin. North Am. Equine Pract. 2011. View Summary
- Coenen, M. Macro and trace elements in equine nutrition. In: R.J. Geor, P.A. Harris, M. Coenen. Equine Applied and Clinical Nutrition. 2013.
- H.F. Schryver et al. Calcium and phosphorus in the nutrition of the horse. Cornell Vet. 1974. View Summary
- National Research Council. Chapter 5: Minerals. Nutrient Requirements of Horses. 2007.
- Novak S. & Shoveller A.K. Chapter 6: Minerals for Horses. Nutrition and Feeding Management for Horse Owners. 2008.
- Ralston, S.L. Nutritional Diseases of Horses and Other Equids. Merck Veterinary Manual. 2021.
- Selle, P.H. et al. Consequences of calcium interactions with phytate and phytase for poultry and pigs. Livest Sci. 2009.
- van Doorn, D.A. et al. The apparent digestibility of phytate phosphorus and the influence of supplemental phytase in horses. J Anim Sci. 2004. View Summary
- Blaney, B.J. et al. The effects of oxalate in some tropical grasses on the availability to horses of calcium, phosphorus and magnesium. J Agri Sci. 1981.
- Brinkley-Bissinger, K. et al. Phytate supplementation has minimal impact on mineral digestibility in horses. J Anim Sci. 2020.










