Le genou du cheval est une articulation complexe, sujette aux traumatismes et à l’arthrite progressive, en particulier chez les chevaux de performance.
La boiterie du genou, qui se trouve à être le carpe, se caractérise par des allures au ras du sol, une locomotion de l’avant-main dénuée d’amplitude et le trébuchement des membres antérieurs parce que le cheval n’arrive pas à soulever complètement le pied pour le dégager du sol. Elle se manifeste aussi par la présence d’enflure ou de chaleur dans la région du genou.
Les causes de la boiterie du genou sont nombreuses. On l’observe souvent chez les chevaux qui supportent un excès de poids sur l’avant-main ou qui subissent des chocs répétitifs aux membres antérieurs, notamment les chevaux de saut d’obstacles, de course de barils, de reining et de cutting.
La vigilance et une intervention précoce sont cruciales pour préserver la locomotion du cheval atteint d’une boiterie du genou. La première indication de trouble du genou est habituellement une baisse de performance. Il est donc crucial de bien connaître son cheval pour réagir rapidement. [1]
De saines pratiques de régie peuvent aider à prévenir la boiterie carpienne. Le cheval doit être dans un état de chair adéquat. Il faut veiller à favoriser la santé de ses articulations en lui donnant une nutrition adaptée et surveiller les premiers signes de douleur.
Les signes et symptômes de boiterie du genou
En raison de la complexité de cette articulation, les chevaux sont sujets aux boiteries à tous les degrés de gravité.
Les signes et symptômes fréquents de boiterie carpienne sont :
- une baisse de performance;
- une préférence marquée du membre — le cheval lève la tête lorsqu’il se met en appui sur ce membre;
- des allures traînantes;
- des foulées de l’avant-main qui manquent d’amplitude;
- le trébuchement des pieds antérieurs;
- l’abduction du membre antérieur, c’est-à-dire le membre qui se déplace vers l’extérieur pour tenter de soulever le sabot suffisamment et éviter de trébucher;
- la présence d’enflure ou de chaleur au genou [8].
Diagnostiquer la boiterie du genou
Un vétérinaire équin doit examiner minutieusement les chevaux qui montrent des signes de douleur au genou. Il procède généralement à un examen de boiterie qui peut comprendre :
- des tests de flexion du genou pour simuler une contrainte sur l’articulation;
- l’observation du cheval en mouvement au pas, au trot et au galop, en ligne droite et en cercle;
- des blocs nerveux pour cerner l’origine de la douleur [14].
Le vétérinaire peut demander d’autres images diagnostiques, telles que des radiographies, une échographie, un tomodensitogramme ou l’IRM pour visualiser les blessures présumées.
Quelle est votre priorite numero un pour la sante de votre cheval?
L’anatomie de l’articulation du genou équin
Le genou est l’une des articulations les plus complexes du cheval qui comporte un grand nombre de petits os et de ligaments.
Les trois articulations principales sont les suivantes :
- l’articulation radiocarpienne;
- l’articulation carpienne;
- l’articulation carpométacarpienne [2].
Un réseau de ligaments maintient ces articulations ensemble. Des ligaments supplémentaires joignent les os aux tendons.
En plus de protéger la structure du genou, ces ligaments aident à amortir les chocs en absorbant les forces engendrées par le mouvement.
L’articulation radiocarpienne
L’articulation radiocarpienne joint le gros os du radius qui se trouve dans la partie supérieure du membre, aux petits os du carpe situés à l’intérieur du genou. Le radius repose sur les trois os du carpe :
- le carpe ulnaire ou cubital;
- le carpe intermédiaire;
- le carpe radial [2].
Entre le radius et les os du carpe, des coussinets cartilagineux permettent à l’articulation en mouvement de glisser en douceur, sans douleur ni frottement.
L’articulation carpienne
Sous les os du carpe se trouve l’articulation carpienne. Comme son nom l’indique, cette articulation se situe à l’intérieur de tous les os du carpe. Les carpes ulnaire, intermédiaire et radial reposent sur les quatrième, troisième et deuxième carpes. [2]
Vous avez peut-être remarqué que nous n’avons répertorié aucun premier ou cinquième os du carpe. En effet, ces os ne sont présents que chez un petit nombre de chevaux. Le premier carpe existe chez 30 % des chevaux, tandis que le cinquième carpe n’existe que chez 1,4 % des chevaux. [3]
Les ligaments carpiens maintiennent ensemble les os du carpe, notamment le ligament transverse carpien palmaire, où s’attache le ligament accessoire du tendon fléchisseur profond du doigt. [4]
Bien qu’il ne fasse pas techniquement partie de l’articulation carpienne, le carpe accessoire qui longe l’arrière du genou du cheval fournit des points d’attache aux ligaments du genou et au muscle fléchisseur ulnaire du carpe. [2]
Cette articulation possède aussi des coussinets cartilagineux.
L’articulation carpométacarpienne
En dernier lieu, l’articulation carpométacarpienne se trouve entre les quatrième, troisième et deuxième os du carpe et les métacarpiens de la partie inférieure du membre.
Les métacarpiens de la partie inférieure du membre incluent :
- le deuxième métacarpe (le métatarsien médial);
- le troisième métacarpe (le canon);
- le quatrième métacarpe (le métatarsien latéral). [4]
Les chevaux n’ont pas de premier et de cinquième métatarsiens. Les deuxième et troisième métacarpiens (les métatarsiens) sont les vestiges des orteils que possédaient les chevaux lorsqu’ils avaient cinq doigts.
L’articulation carpométacarpienne du cheval ne participe pas à la mobilisation du genou. Tous les mouvements proviennent des articulations radiocarpienne et carpienne. Le rôle de l’articulation carpométacarpienne est d’amortir toutes les contraintes de cisaillement que subit le genou. [4]
Image reproduite de Denoix, J.M. Essentials in Clinical Anatomy of the Equine Locomotor System.
9 – carpe radial; 10 — carpe intermédiaire; 11 — carpe ulnaire; 13 — deuxième carpe; 14 — troisième carpe; 15 — quatrième carpe; 16 — deuxième métacarpien; 17 — troisième métacarpien; 18 — quatrième métacarpien. [25]
Les ligaments du genou
Le genou du cheval est imbriqué dans une capsule robuste principalement constituée des ligaments collatéraux latéraux et médiaux. Il s’agit majoritairement d’une articulation charnière puisqu’elle se meut d’avant en arrière comme une charnière.
Les ligaments collatéraux assurent la stabilité latérale du genou. [4] Ces ligaments sont essentiels à la structure du genou et sont sujets aux lésions.
Le ligament carpien palmaire, qui fait partie de la capsule articulaire, est un autre ligament clé du genou. Ce ligament se prolonge par le ligament accessoire inférieur. [6]
Les ligaments accessoires inférieur et supérieur ne contribuent pas à la solidité structurale du genou, mais ils jouent un rôle important dans sa fonction.
Le ligament accessoire supérieur
Ce ligament joint le radius et le tendon fléchisseur superficiel. Le ligament accessoire supérieur maintient les angles articulaires, aide à répartir les contraintes et veille à ce que le tendon fléchisseur superficiel ne s’étire pas trop. [5]
Le ligament accessoire inférieur
Ce ligament joint le ligament carpien palmaire et le tendon fléchisseur profond du doigt. Il aide à amortir les chocs et empêche l’étirement excessif du tendon fléchisseur profond du doigt. [7]
Les muscles qui mobilisent le genou
Puisque le genou est une articulation charnière, les muscles agissent pour fléchir et étendre le genou.
Les muscles extenseurs du genou sont les suivants :
- les muscles radiaux (extensor carpi radialis), qui contribuent également à l’appareil de maintien en station verticale par accrochement de la rotule et fixent le genou afin que le cheval puisse dormir debout;
- l’extenseur commun du doigt;
- l’extenseur latéral du doigt;
- l’extenseur oblique du carpe (extensor carpi obliquus). [2]
Les muscles qui fléchissent le genou sont les suivants :
- le muscle fléchisseur radial du carpe (flexor carpi radialis);
- le muscle ulnaire latéral (ulnaris lateralis);
- le muscle fléchisseur superficiel du doigt;
- le muscle fléchisseur profond du doigt. [2]
Les causes de boiterie du genou
La boiterie du genou est généralement le résultat de chocs excessifs répétitifs au fil du temps, d’une torsion excessive du genou ou d’un traumatisme infligé directement à l’articulation.
Les facteurs prédisposants
La conformation peut prédisposer les chevaux aux troubles du genou. Le membre antérieur d’un cheval doit idéalement s’aligner directement au-dessus de la partie inférieure du membre et la partie inférieure du membre doit s’aligner directement sous le genou.
Les défauts d’aplomb courants qui contribuent à la boiterie carpienne incluent ceux décrits plus bas.
Les genoux creux, aussi appelés genoux effacés ou genoux de mouton
Vu de côté, le genou du cheval se trouve à l’arrière d’une ligne verticale imaginaire tracée au centre du membre antérieur. Le membre est légèrement en forme de V inversé.
Ce défaut sollicite exagérément les ligaments à l’arrière du genou et augmente les contraintes sur la partie avant des os du carpe.
Les genoux de bœuf
Vus de face, les genoux du cheval se trouvent à l’intérieur d’une ligne verticale imaginaire tracée au centre du membre antérieur, tandis que les sabots dévient vers l’extérieur pour rejoindre la ligne imaginaire.
Ce défaut exerce une contrainte excessive sur le ligament collatéral médial situé sur la face intérieure du genou.
Les genoux cambrés
Vus de face, les genoux du cheval se trouvent à l’extérieur d’une ligne verticale imaginaire tracée au centre du membre antérieur, alors que les sabots dévient vers l’intérieur pour rejoindre la ligne imaginaire.
Ce défaut exerce une contrainte excessive sur le ligament collatéral latéral situé sur la face extérieure du genou.
Les genoux en pied de banc ou genoux à l’extérieur
Le canon est placé trop loin vers l’extérieur du genou; par conséquent, le côté médial des os du carpe, soit le métatarsien médial et la partie médiale du canon, doit supporter un excès de poids.
Ce défaut d’aplomb rend le cheval vulnérable aux exostoses du métatarsien. [9]
Les genoux brassicourts ou genoux arqués
Ce défaut est l’opposé du genou creux. Le genou se trouve devant la ligne verticale imaginaire. Bien qu’il s’agisse d’une anomalie, on ne la considère pas toujours comme un défaut d’aplomb, car elle n’entraîne pas de contrainte excessive sur le genou. [9]
L’arthrite
L’ostéoarthrite est la cause la plus fréquente de boiterie du genou chez les chevaux. L’arthrite est habituellement le résultat de chocs répétitifs qui traversent l’articulation et dégradent le cartilage qui protège l’extrémité de l’os.
Les chevaux atteints d’arthrite développent des excroissances osseuses dans les articulations qui provoquent davantage d’inflammation et de douleur.
Ces excroissances osseuses diminuent par ailleurs l’amplitude des mouvements du genou et empêchent le cheval de soulever le membre antérieur pour le dégager complètement du sol. [10]
Les esquilles osseuses du carpe
Les esquilles osseuses du carpe ou fractures ostéochondrales sont fréquentes chez les chevaux de course en raison des chocs que subissent constamment les os du carpe.
De petits morceaux d’os commencent à se détacher des carpes, créant des esquilles osseuses qui flottent librement à l’intérieur de l’articulation. Les esquilles osseuses du carpe peuvent se produire dans l’articulation radiocarpienne et l’articulation carpienne.
Il existe deux types d’esquilles osseuses du carpe.
Les fractures articulaires du carpe
Il s’agit des esquilles osseuses du carpe les plus fréquentes. Ces fractures traversent le carpe et un pan de l’os principal se détache.
Les fractures du carpe accessoire
Ces fractures ne se produisent que sur le carpe accessoire et sont un type d’esquilles osseuses plus rare. [11]
Les déchirures ligamentaires
Les déchirures ligamentaires se produisent lorsque le genou se déplace trop au-delà de son amplitude de mouvement normale, par exemple lorsque le genou est forcé latéralement ou tordu.
Les déchirures des ligaments collatéraux surviennent lorsque le genou est forcé latéralement, déchirant l’un des ligaments qui se trouvent de chaque côté de l’articulation. [12]
Les ligaments accessoires supérieur et inférieur du membre peuvent également se déchirer, et causer de la douleur et une boiterie. Étant donné que les ligaments accessoires de la partie inférieure du membre sont rattachés au tendon fléchisseur superficiel et au tendon fléchisseur profond du doigt, les déchirures de ces ligaments sont souvent le résultat d’un stress excessif infligé à ces tendons.
Lorsque ces tendons sont étirés à l’excès, les ligaments accessoires cèdent en premier. Ces derniers agissent comme un mécanisme de « sécurité intégrée » qui empêche les tendons plus importants de se déchirer. [8]
La desmite des ligaments suspenseurs proximaux
Le ligament suspenseur du membre antérieur longe l’arrière du genou du cheval. L’inflammation ou une lésion qui touche ce ligament peut provoquer de la douleur au genou.
Il s’agit d’une blessure courante chez les chevaux de course pur-sang anglais qui subissent constamment des chocs hors du commun aux membres antérieurs.
Cette blessure cause une boiterie aiguë, de la chaleur et de l’enflure à l’arrière du genou. [13]
L’hygroma du genou ou genou couronné
Les chevaux sont des animaux qui prospèrent au sein d’une dynamique de troupeau hiérarchisée. Cependant, la socialisation avec leurs congénères peut mener à des ruades et à des coups de pied au genou.
Ce traumatisme peut causer une fracture du carpe et des ecchymoses, qui conduit parfois à l’apparition d’un hygroma du genou. Celui-ci se manifeste par une enflure excessive de la partie avant de l’articulation.
Les genoux couronnés sont un symptôme et non une cause de boiterie. Vu qu’ils font l’objet de nombreuses publications dans le monde du cheval, ils méritent une mention dans cet article.
Le traitement
Le traitement de la boiterie du genou chez les chevaux dépend de sa cause. Du repos et des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) suffisent généralement pour soigner une douleur bénigne à cet endroit.
Les cas plus graves peuvent nécessiter une intervention supplémentaire. Malgré cela, les chevaux souffrant de douleur au genou ont normalement un pronostic de récupération favorable.
Il peut être nécessaire de gérer soigneusement le cheval pour le reste de sa vie. Les chevaux qui subissent des lésions plus graves peuvent ne jamais retrouver leur niveau de performance antérieur.
Les infiltrations intraarticulaires
Les infiltrations intraarticulaires sont souvent bénéfiques pour les chevaux atteints d’arthrose. Elles diminuent l’inflammation et augmentent la lubrification dans la capsule articulaire. Selon le degré d’arthrite et le désir de performance du propriétaire, le vétérinaire peut choisir d’injecter l’un ou plusieurs des médicaments mentionnés plus bas.
L’acide hyaluronique et les corticostéroïdes
L’AH et les corticostéroïdes diminuent l’inflammation dans l’articulation et soulagent ainsi la douleur. [15]
La protéine antagoniste des récepteurs d’interleukine 1 (IRAP)
L’IRAP est une protéine synthétisée naturellement par l’organisme du cheval aux propriétés démontrées qui diminue l’inflammation et stimule la régénération du cartilage. [16]
Le plasma riche en plaquettes (PRP)
Le plasma riche en plaquettes (PRP) est une composante sanguine du cheval qui peut stimuler et réparer le cartilage endommagé lorsqu’il est injecté dans l’espace intraarticulaire. [17]
La solution protéique autologue (Pro-stride)
Pro-stride est un dérivé du sang du cheval qui peut diminuer l’inflammation, stimuler la réparation des tissus et atténuer la douleur. [18]
La chirurgie arthroscopique
L’arthroscopie est l’intervention de choix pour les fractures articulaires du carpe. Selon l’endroit et la gravité de la fracture, le chirurgien vétérinaire procède selon l’une des deux méthodes suivantes :
Le retrait des esquilles osseuses par arthroscopie
Cette intervention garantit que le pan d’os qui s’est détaché du carpe ne flotte pas à l’intérieur de l’articulation, ce qui engendre de la douleur.
La fixation à l’aide de vis par arthroscopie
Le chirurgien visse le morceau d’os cassé dans le corps principal de l’os, ce qui maintient l’intégrité structurelle de l’os tout en éliminant la douleur. [19]
Les chevaux qui subissent une intervention arthroscopique du carpe se rétablissent habituellement bien avec des protocoles de repos et de réadaptation appropriés.
Le repos au box et la glace
Les chevaux qui ont subi une déchirure ligamentaire doivent être mis au repos au box strict et bénéficier d’une thérapie par le froid avec de la glace. Le repos au box garantit que les extrémités du ligament déchiré demeurent alignées et réduisent la probabilité d’une nouvelle déchirure. La glace diminue l’inflammation et soulage la douleur.
Dans le cas d’un cheval qui présente une déchirure du ligament au niveau du genou, le vétérinaire prescrira un programme de réadaptation qui varie selon la sévérité et l’emplacement de la lésion.
Il incombe au propriétaire de suivre attentivement ces instructions pour donner au cheval les meilleures chances de guérison. [20]
La thérapie par ondes de choc
Selon la nature de la blessure, le vétérinaire peut suggérer un traitement par ondes de choc. Ce traitement est souvent recommandé pour soigner les lésions ligamentaires.
La thérapie par ondes de choc consiste à appliquer une baguette à l’endroit de la lésion. La baguette libère de courtes impulsions à haute puissance dans les tissus pour créer des bulles microscopiques qui se dilatent et éclatent.
L’éclatement de ces bulles déclenche les facteurs de croissance cellulaire et augmente l’apport sanguin dans la région. [21]
Les études ont montré les bienfaits du traitement par ondes de choc chez les chevaux atteints de lésions ligamentaires. [22]
Comment prévenir les troubles du genou
La gestion de l’exercice, de bonnes pratiques d’alimentation, la supplémentation et une pratique saine de l’équitation peuvent empêcher l’apparition des boiteries du genou.
Les lésions à cet endroit sont souvent le résultat direct d’une surutilisation. Un programme d’entraînement équilibré peut réduire le risque de blessure. Il importe de toujours introduire progressivement les activités à fort impact et de respecter les limites du cheval.
Un entretien régulier par le pareur ou le maréchal-ferrant permet d’assurer le juste transfert des contraintes qui traversent le sabot vers l’articulation du genou, réduisant ainsi le risque que des structures plus fragiles aient à subir ces forces.
À mesure que le cheval vieillit, la gestion du poids corporel prend de l’importance pour prévenir l’arthrite du genou. [23]
Nous vous invitons à consulter notre guide sur la façon de prendre soin d’un cheval âgé et pour obtenir des conseils supplémentaires à prendre en considération à mesure que le cheval vieillit.
Les pratiques alimentaires pour favoriser la santé des articulations
L’alimentation du cheval peut avoir une incidence directe sur la santé de ses genoux. Le régime alimentaire doit lui fournir des vitamines et des minéraux en quantités équilibrées pour préserver la santé des os, du cartilage et du liquide synovial.
Certains nutriments comme les acides aminés, le cuivre et le zinc sont particulièrement importants pour l’entretien du cartilage des articulations.
Les os ont besoin de calcium et de phosphore pour être en santé. [24]
On peut aussi diminuer l’inflammation et favoriser la santé des articulations en complétant l’alimentation du cheval avec du méthyl-sulfonate-méthane (MSM), de l’acide hyaluronique et des acides gras oméga-3.
Vous pouvez en apprendre plus en lisant notre revue de recherche sur les meilleurs suppléments pour les articulations du cheval et notre guide des 8 plus grands principes pour favoriser la santé articulaire chez les chevaux.
Questions fréquemment posées
Voici quelques questions fréquemment posées sur la boiterie du genou chez les chevaux :
La boiterie du genou chez les chevaux est souvent liée à des commotions répétées, à une tension articulaire, à des blessures par torsion ou à un traumatisme direct de l’articulation du carpe. Les chevaux de performance utilisés pour le saut, les courses, le cutting ou les courses de barils imposent souvent une forte pression sur les membres antérieurs au fil du temps. L’arthrite, les déchirures ligamentaires, les fractures en éclats et les défauts de conformation peuvent tous contribuer à la douleur, à l’enflure, à la raideur et à la diminution des mouvements du genou.
Les signes de boiterie du genou chez les chevaux comprennent souvent des foulées raccourcies des membres antérieurs, des trébuchements, de l’enflure autour du genou et une baisse de performance sous la selle. Certains chevaux traînent les pieds lorsqu’ils se déplacent ou balancent le membre antérieur vers l’extérieur pour éviter de trébucher. Les cas plus évidents peuvent inclure de la chaleur dans l’articulation, un relèvement de la tête lors de l’appui sur le membre douloureux ou une réticence à avancer confortablement pendant l’exercice.
L’arthrite est l’une des causes les plus fréquentes de douleur au genou chez les chevaux, particulièrement chez les chevaux âgés et les athlètes de performance. Les commotions répétées endommagent progressivement le cartilage articulaire et entraînent de l’inflammation, des changements osseux et une diminution de l’amplitude des mouvements. Les chevaux atteints d’arthrite du genou peuvent avoir de la difficulté à lever complètement le membre antérieur, développer de la raideur pendant l’exercice ou montrer une baisse de performance lors de travaux sollicitant les membres antérieurs.
Certains défauts de conformation augmentent la tension exercée sur l’articulation du genou du cheval et peuvent accroître le risque de boiterie à long terme. Des défauts comme les genoux creux, les genoux cagneux, une conformation arquée des membres ou les genoux déviés modifient la façon dont le poids est réparti dans le membre. Une répartition inégale des forces exerce un stress supplémentaire sur les ligaments, les os et le cartilage, particulièrement chez les chevaux pratiquant des activités répétitives à fort impact.
Les fractures en éclats du carpe sont particulièrement fréquentes chez les chevaux de course parce que les commotions répétées à haute vitesse imposent un stress intense sur les petits os du carpe. De minuscules fragments d’os peuvent se détacher dans l’articulation, causant douleur, inflammation et diminution de la mobilité. Les chevaux atteints de ces fractures deviennent souvent soudainement boiteux et peuvent nécessiter une chirurgie arthroscopique pour retirer les fragments osseux ou stabiliser la zone endommagée.
Les blessures ligamentaires autour du genou peuvent causer une boiterie importante, de l’enflure et de l’instabilité du membre antérieur. Ces blessures surviennent habituellement lorsque le genou se tord latéralement ou dépasse son amplitude normale de mouvement. Les ligaments collatéraux et les ligaments accessoires sont particulièrement vulnérables lors d’une tension soudaine ou d’une hyperextension, et les déchirures graves nécessitent souvent du repos au box, de la réadaptation et une gestion à long terme de l’exercice.
Les vétérinaires diagnostiquent la boiterie du genou grâce à une combinaison d’examen physique, d’évaluation du mouvement, de tests de flexion et d’imagerie diagnostique. Les chevaux sont généralement observés au pas, au trot et en cercle afin d’identifier les changements de démarche et de répartition du poids. Des blocs nerveux peuvent permettre d’isoler la zone douloureuse, tandis que les radiographies, les échographies, les tomodensitogrammes ou l’IRM peuvent révéler de l’arthrite, des fractures, des blessures ligamentaires ou des lésions des tissus mous.
De nombreux cas de boiterie du genou s’améliorent avec du repos, de la réadaptation, des médicaments anti-inflammatoires et une gestion attentive sans chirurgie. L’arthrite légère et les blessures des tissus mous sont souvent traitées de façon conservatrice avec de l’exercice contrôlé et des thérapies articulaires. Les traitements chirurgicaux sont plus fréquents lorsque les chevaux développent des fractures en éclats du carpe, une instabilité sévère ou des fragments osseux libres qui continuent d’irriter l’articulation pendant les mouvements.
Les injections articulaires sont couramment utilisées pour gérer l’arthrite du genou en réduisant l’inflammation et en améliorant la lubrification à l’intérieur de la capsule articulaire. Les traitements peuvent inclure de l’acide hyaluronique, des corticostéroïdes, du plasma riche en plaquettes, de l’IRAP ou des solutions protéiques autologues. Ces thérapies peuvent améliorer le confort et la mobilité chez certains chevaux, bien que les résultats à long terme dépendent souvent de la gravité de l’arthrite et de la gestion continue de l’exercice.
De nombreux chevaux se rétablissent bien d’une boiterie du genou lorsque les problèmes sont identifiés tôt et traités de façon appropriée. Le rétablissement comprend souvent du repos, des exercices de réadaptation, un traitement anti-inflammatoire et un retour graduel au travail. Les chevaux atteints d’arthrite sévère ou de lésions ligamentaires importantes peuvent nécessiter une gestion à vie et ne pas retrouver leur niveau de performance antérieur, mais plusieurs demeurent confortables pour l’équitation ou des activités plus légères.
Un excès de poids corporel augmente le stress exercé sur les articulations équines et peut aggraver l’usure du genou avec le temps. Les chevaux plus lourds exercent une plus grande pression sur le cartilage, les ligaments et les structures de soutien pendant les mouvements, particulièrement sur des surfaces dures. Le maintien d’une condition corporelle saine peut réduire la tension sur les membres antérieurs et diminuer le risque d’arthrite, de douleur et de dégénérescence articulaire progressive avec l’âge.
Les nutriments soutenant les articulations chez les chevaux comprennent les acides aminés, le cuivre, le zinc, le calcium, le phosphore, les acides gras oméga-3, l’acide hyaluronique et le MSM. Ces nutriments contribuent à la santé du cartilage, du liquide synovial, à la solidité des os et au contrôle de l’inflammation dans l’articulation. Une alimentation équilibrée combinée à un conditionnement approprié et à des soins de maréchalerie peut soutenir la fonction du genou à long terme et réduire le stress sur les structures articulaires vulnérables.
Résumé
La boiterie du genou chez les chevaux est un problème courant, souvent causé par un traumatisme, une surutilisation ou des problèmes de conformation. Elle peut entraîner d’importantes difficultés de mobilité si elle n’est pas traitée. Diverses options de traitement sont disponibles selon la gravité de l’affection.
- Les genoux du cheval sont des articulations complexes comportant plusieurs os et ligaments essentiels au mouvement et à l’absorption des chocs
- La boiterie du genou est souvent causée par des impacts excessifs, l’arthrite, des fractures ou des déchirures ligamentaires
- Identifier la boiterie du genou tôt peut aider à prévenir des dommages à long terme et à préserver les performances
- Les options de traitement comprennent le repos, des médicaments, des injections articulaires et des chirurgies comme des procédures arthroscopiques
Références
- Torzewski, J. and Mihaly, M. Common Lameness in Western Horses. Folia Veterinaria. 2009.
- Budras, K. et al. Anatomy of the Horse. Schluetersche Verlagsgesellschaft. 2011.
- Murray, R. and Dyson, S. The Equine Carpus. Veterian Key. 2016.
- Ross, M. The Carpus. Veterian Key. 2016.
- Alexander, G. et al. Effects of superior check desmotomy on flexor tendon and suspensory ligament strain in equine cadaver limbs. Vet Surg. 2001. View Summary
- Pepe, M. et al. Bilateral Rupture of the Palmar Carpal Ligament in a Horse Suffering from Acute Diaphragmatic Hernia. Journal of Equine Vet Sci. 2013.
- McIlwraith, C. and Fessler, J. Evaluation of inferior check ligament desmotomy for treatment of acquired flexor tendon contracture in the horse. Journal of the Am Vet Med Assoc. 1978. View Summary
- Rooney, J. The Lame Horse. Russell Meerdink Company Ltd. 1998.
- Back, W. and Clayton, H. The effects of conformation. Equine Locomotion. 2013.
- McIlwraith, W. et al. Joint Disease in the Horse. Elsevier Health Sciences. 2016.
- Brokken, M. Fractures of the Small Metacarpal (Splint) Bones in Horses. Merck Manual. 2015.
- Boswell, J. Collateral Ligament Injuries in Horses. Merck Manual. 2015.
- Brokken, M. Suspensory Desmitis in Horses. Merck Manual. 2015.
- Ross, M. and Dyson, S. Diagnosis and Management of Lameness in the Horse. Saunders. 2011.
- Auer, J. et al. Effect of hyaluronic acid in naturally occurring and experimentally induced osteoarthritis. Am Journal of Vet Research. 1980. View Summary
- Machado, T. et al. Effects of blood-derived products and sodium hyaluronate on equine synovial fluid cells and on synovial fluid from osteochondrotic joints of horses after arthroscopy and administration of treatment. Am Journal of Vet Research. 2019.View Summary
- Textor, J. et al. Synovial fluid growth factor and cytokine concentrations after intra-articular injection of a platelet-rich product in horses. The Vet Journal. 2013.View Summary
- King, W. et al. The Use of Autologous Protein Solution (Pro-Stride®) and Leukocyte-Rich Platelet-Rich Plasma (Restigen®) in Canine Medicine. Vet Med. 2021.
- McIlwraith, W. Fractures of the Carpus. Equine Fracture Repair. 2019.
- McIlwraith, W. Tearing of the medial palmar intercarpal ligament in the equine midcarpal joint. Equine Vet Journal. 1992. View Summary
- Solanki, C. et al. et al. Extracorporeal Shockwave Therapy: An Evidence Based Practice. International Journal of Healthcare Sciences. 2019.
- McClure, S. The effects of extracorporeal shock-wave therapy on the ultrasonographic and histologic appearance of collagenase-induced equine forelimb suspensory ligament desmitis. Ultrasound Med Biology. 2004. View Summary
- Duberstein, K. and Johnson, E. Caring for the Older Horse: Common Problems and Solutions. University of Georgia. 2004.
- National Research Council. Nutrient Requirements of Horses. 2007.
- Denoix, J-M. Essentials in Clinical Anatomy of the Equine Locomotor System. CRC Press. 2019.











