Les chevaux de performance western sont renommés pour leur agilité, leur force et leur vitesse. Ces traits leur permettent d’exceller dans des activités telles que les courses de barils, le reining, la prise de veau au lasso et le cutting.

Ces disciplines de rodéo exigeantes défient les limites physiques des chevaux. Elles exigent des accélérations explosives, des arrêts brusques, des virages à toute vitesse et des vrilles rapides. Les chevaux de plaisance western subissent également un stress particulier que leur imposent les allures ultra-lentes qui sont l’apanage de cette discipline.

Que ce soit en raison du régime d’entraînement intense, des contraintes de la compétition ou de l’athlétisme naturel requis, les chevaux de selle western sont susceptibles de subir certains types de blessures précises. Celles-ci peuvent entraîner des conséquences sur leurs performances en compétition ou potentiellement les obliger à une retraite anticipée.

Il est essentiel de comprendre la nature de ces blessures courantes pour assurer le bien-être et la longévité de ces athlètes équins exceptionnels. Nous vous invitons à poursuivre votre lecture pour découvrir les exigences uniques des sports équestres westerns. Nous abordons des stratégies de prévention clés pour vous permettre, à vous et à votre partenaire équin, de prospérer pendant les années à venir.

Les facteurs de risque de blessures chez les chevaux de selle western

Que ce soit pour démontrer le sens de la vache indispensable pour poursuivre les veaux et les empêcher de rejoindre le troupeau dans les épreuves de cutting, pour participer à la frénésie qui caractérise les courses de barils ou pour faire preuve de capacités athlétiques maîtrisées dans les patrons de reining, le cheval de performance western est une monture adroite au pied sûr, qu’il soit au ranch et dans les carrières de concours. Ces chevaux font preuve d’une obéissance remarquable et d’un sang-froid impressionnant face aux rudes exigences d’épreuves de rodéo intenses.

Même l’équitation de plaisance western, une discipline qui se déroule dans le calme, fait appel à un ensemble de compétences uniques. Bien que ces disciplines aient en commun certains éléments, chacune présente ses propres risques de blessure en raison de ses exigences spécialisées. [1]

Malgré ces différences, un certain nombre de facteurs de risque de blessures communs valent pour la plupart des chevaux de sport western. Ceux-ci incluent les mouvements suivants : [1][2]

  • Les arrêts brusques obligent le cheval à avancer un membre pour freiner son élan, ce qui exerce une tension sur les structures inférieures des membres antérieurs. De plus, les chevaux peuvent devoir glisser avant de s’immobiliser en fléchissant leur arrière-main sous leur corps. Ce mouvement peut augmenter la tension que subissent les tissus des membres postérieurs. Cela peut entraîner des lésions ligamentaires et tendineuses, ou encore l’apparition d’arthrite.
  • Un peu comme la résistance requise pour faire un arrêt brusque, les vrilles rapides requièrent que le cheval pivote rapidement autour d’un pied immobilisé. Il doit résister contre l’élan du mouvement vers l’avant et subir les forces qu’engendre la rotation. Ces forces combinées exercent des contraintes encore plus grandes sur les tissus mous et les os.
  • Les accélérations rapides peuvent causer des tensions dans les membres postérieurs, car le cheval utilise les grands muscles de l’arrière-main pour se propulser vers l’avant. Ces mouvements peuvent mener à de l’arthrite, à des entorses ligamentaires et à d’autres blessures. Les bleimes du sabot, les seimes et les douleurs aux pieds sont souvent le résultat des accélérations rapides en raison des chocs liés aux courses au grand galop à toute vitesse.

La prise de veau au lasso (tie-down roping)

La prise de veau au lasso (tie-down roping en anglais) a des origines pratiques. Cette activité fait partie de la gestion du bétail dans les ranchs de l’Ouest. Pour marquer ou vacciner un veau, il faut l’isoler du troupeau et le maintenir brièvement en place. Idéalement, cette routine de capture et de maintien a lieu rapidement pour parvenir à traiter efficacement tout un troupeau.

Dans les épreuves westerns de prise de veau au lasso, le cheval accélère à une vitesse explosive pour que le cavalier puisse attraper l’animal en fuite. Le cavalier utilise le lasso ainsi que la force et la position du cheval pour maîtriser le veau capturé. Lorsqu’il réussit sa course, le couple immobilise complètement le veau dans les huit ou neuf secondes suivant le départ. [3]

Pour terminer la manche, le cavalier met rapidement pied à terre, renverse le veau et lie trois des quatre pieds. C’est à cet instant que la minuterie s’arrête. [3]

La prise du veau au lasso est un sport de plus en plus populaire qui met à l’épreuve les habiletés suivantes du cheval :

  • la vitesse des sprints;
  • la puissance des arrêts sur de courtes distances;
  • la force physique.

Pendant l’épreuve, les membres du cheval subissent une charge à l’opposé de l’élan du veau. Elle sollicite beaucoup le système musculo-squelettique du cheval, en particulier l’arrière-main qui s’abaisse et qui résiste aux forces opposées[2]

La prise de veau au lasso pour dames (breakaway roping)

La prise de veau au lasso pour dames (breakaway roping en anglais) est une version moins dure physiquement de la prise de veau au lasso classique. Dans ce sport, le cheval s’arrête brusquement une fois que la cavalière a lancé le lasso. Celle-ci demeure toutefois en selle. Le lasso se relâche automatiquement, ce qui atténue l’essentiel des forces infligées au corps du cheval dans la prise de veau au lasso décrite précédemment. [3]

La prise de bouvillon en équipe (team roping)

La prise de bouvillon en équipe (team roping en anglais) met en vedette deux chevaux et leurs cavaliers qui travaillent ensemble. Le cavalier de tête ou « header » accélère à toute vitesse pour rattraper un bouvillon en fuite. Une fois que le cheval est à la bonne distance pour le lancer du lasso, le cavalier de tête attrape l’avant-main du bouvillon, habituellement en visant les cornes. Pendant ce temps, le cavalier de queue ou « heeler » s’approche de l’arrière de l’animal pour attraper et lier les pattes postérieures avec son lasso. [3]

Les chevaux entraînés pour la prise de bouvillon en équipe doivent développer beaucoup de vitesse, de puissance et de force pour s’arrêter rapidement afin d’immobiliser le bouvillon en sept ou huit secondes après le départ de la course.

Les chevaux du cavalier de tête ont tendance à être plus lourds que les montures des cavaliers de queue. En effet, ils doivent avoir suffisamment d’élan pour être de taille à affronter des bouvillons qui sont souvent grands et forts. Le cheval doit donc être en excellente forme physique pour stopper son propre élan et s’immobiliser abruptement. La force des chocs que subissent les sabots d’un cheval plus lourd est plus importante que celle infligée aux pieds des montures plus légères.

De plus, le cheval de tête doit mener le bouvillon à l’endroit voulu et pivoter à 90 degrés après s’être arrêté brusquement. Étant donné que les chevaux de compétition pivotent habituellement toujours dans la même direction selon les préférences du cavalier, les montures de prise de bouvillon au lasso ont tendance à s’appuyer plus lourdement sur l’un des deux membres antérieurs pour terminer leur virage. [4]

En raison de cette préférence de sens dans les pivots, les chevaux de prise de bouvillon au lasso qui participent longtemps au sport ont tendance à boiter d’un antérieur en particulier lorsqu’ils développent des lésions ou des maladies chroniques. [4]

Parmi les autres modifications de performance signalées chez les chevaux de tête, on note le fait de ne pas parvenir à tirer ou à immobiliser le bouvillon suffisamment pour terminer la course et les comportements stéréotypés dans la boîte de départ. [4]

Le cutting

Le cutting est une forme de travail avec le bétail qui consiste à séparer un seul veau du troupeau (« cut » en anglais) et à le tenir à l’écart pendant plusieurs secondes avant de le laisser rejoindre les autres bovins. [3] Les chevaux de cutting sont reconnus pour leur « sens de la vache ». En effet, les athlètes équins les plus performants semblent ne pas avoir besoin des aides du cavalier.

Les chevaux de cutting ou de vacher doivent apprendre à s’arrêter et à tourner rapidement ainsi qu’à déplacer leur équilibre d’un côté à l’autre au besoin pour maîtriser les mouvements du veau.

Les mouvements qui permettent à ces montures de manœuvrer les veaux infligent de lourdes charges aux membres. Elles sont conséquemment sujettes aux entorses articulaires et à l’apparition de l’ostéoarthrite, en particulier dans les membres postérieurs. [1] L’arthrite touche principalement les jarrets et les grassets des chevaux de cutting. [5]

De plus, le harnachement lourd et les tentatives du cavalier de rester immobile pendant les arrêts brusques, les virages et les accélérations soudaines prédisposent les chevaux de cutting aux dorsalgies[5]

La course de barils

La course de barils est purement et simplement un concours de vitesse. Dans ce sport, le cheval accélère fortement, ralentit, exécute un virage en épingle à cheveux autour d’un baril et accélère à nouveau. Il répète ce mouvement deux autres fois autour des barils suivants avant de sortir du manège à toute vitesse. [3]

Les meilleurs temps se situent entre 13 et 16 secondes. Certains concurrents atteignent une vitesse maximale qui dépasse 90 kilomètres à l’heure (56 milles à l’heure). [6]

Ces virages serrés en décélération exercent une grande force (le couple) sur les membres antérieurs des chevaux de course de barils. De plus, ces montures doivent faire preuve de vitesse, d’équilibre et d’agilité sur de courtes distances. [2]

Comme on peut s’y attendre en raison du stress répétitif imposé par les virages serrés, les chevaux de course de barils sont sujets à la boiterie des membres antérieurs, à la douleur aux sabots antérieurs et à l’ostéoarthrite dans les jarrets. [7]

Les autres modifications de performance couramment signalées chez ces chevaux incluent la réticence à tourner, la perte de vitesse pendant les courses chronométrées, l’incapacité à changer de pied au galop et le refus d’entrer dans la carrière. [7]

Le reining

Comme les autres disciplines westerns, le reining est né du travail avec le bétail. Ce sport est devenu très stylisé. Les concurrents cherchent à démontrer un mélange de force explosive et de réactivité contrôlée aux aides discrètes du cavalier qui doit monter avec des rênes longues.

Les cavaliers guident leur monture dans des patrons qui comportent des cercles, des vrilles, des volte-face, des changements de pied au galop et des arrêts glissés spectaculaires. Ces mouvements nécessitent tous de l’agilité, de l’équilibre et une attitude calme. [3]

Les manœuvres comme la vrille à 360 degrés, où le cheval de reining tourbillonne autour du sabot postérieur intérieur pendant que les membres antérieurs se croisent, le rendent vulnérable aux blessures suivantes : [2][8]

  • les ecchymoses osseuses des membres distaux;
  • les suros;
  • les blessures du bourrelet périoplique.

Une étude de longue durée a révélé les sites de boiterie les plus fréquents qui suivent chez les chevaux de reining : [1]

  • les membres antérieurs distaux;
  • les jarrets;
  • les grassets.

La plaisance western

La plaisance western vise à développer l’ultime cheval de selle pour monter avec aisance. Ses allures lentes et régulières se caractérisent par un petit galop très rassemblé et un port de tête bas destinés à accentuer le caractère obéissant et doux de la monture. Tout comme les chevaux de cutting, les chevaux de plaisance western qui font de la compétition obtiennent de meilleurs résultats s’ils semblent exécuter leur prestation avec un minimum d’intervention de la part du cavalier. [9]

Les allures lentes, le rassemblé extrême et la chaîne dorsale arrondie que développent les chevaux de plaisance western sollicitent les muscles stabilisateurs abdominaux. Les signes de fatigue peuvent se manifester par une baisse de performance, par exemple une perte de rassemblé ou une diminution de l’amplitude des foulées. [2]

Même si la plaisance western est moins intense et implique moins d’impacts que les autres disciplines westerns, le contrôle moteur soutenu requis pour avancer à basse vitesse prédispose ces chevaux aux maux de sabots[2]

À long terme, le cheval de plaisance western peut développer des pathologies orthopédiques, en particulier dans les articulations des sabots et des jarrets. [2]

Les neuf blessures les plus fréquentes chez les chevaux de performance western

Les sports de rodéo western attirent parmi les plus grandes foules de spectateurs du monde équestre. Les bourses imposantes offertes lors des événements nationaux intensifient les enjeux. Ces concours sont conséquemment passionnants pour tous ceux qui y assistent. Pour que le sport reste amusant et sûr pour tous, les cavaliers et les entraîneurs doivent faire de la gestion des risques une priorité.

Voici un aperçu de quelques-unes des blessures les plus fréquentes chez les chevaux de performance western dont les propriétaires, les entraîneurs et les cavaliers doivent tenir compte à la maison et dans la carrière de concours.

Les lésions des tissus mous

Les lésions des tissus mous chez les chevaux de selle western affectent majoritairement les tendons, les ligaments et les muscles des membres. Ces blessures sont ordinairement liées aux facteurs suivants : [2]

  • la surextension;
  • le surmenage;
  • un traumatisme soudain, par exemple, la torsion d’un membre;
  • des mouvements répétitifs pendant une longue période;
  • l’entraînement sur des surfaces inégales ou trop profondes;
  • un manque d’entraînement ou de conditionnement;
  • la mauvaise conformation des sabots.

1. La desmite des ligaments suspenseurs

La desmite des ligaments suspenseurs (DLS) est une pathologie inflammatoire qui touche le ligament suspenseur. Cette structure clé soutient les membres du cheval. La desmite est souvent cause de douleur et de boiterie. [2]

Cette pathologie affecte couramment les chevaux qui pratiquent différents sports westerns, notamment ceux qui suivent : [2][7]

  • la prise de veau ou de bouvillon au lasso;
  • la course de barils;
  • le reining;
  • la plaisance western;
  • le cutting.

On parle communément d’« entorse » pour désigner différentes formes de desmite. Elles sont généralement le résultat d’une forme de blessure traumatique ou de contraintes répétées sur un ligament.

La desmite du ligament suspenseur peut résulter d’une surextension de l’articulation du boulet qui se produit sur les surfaces souples et profondes que l’on retrouve fréquemment dans les carrières des épreuves de performance western. Elle peut en outre être liée à une torsion du membre inférieur, un risque qui découle des arrêts brusques, des virages ou des manœuvres techniques.

On soupçonne que les arrêts glissés des athlètes de reining pourraient déclencher la desmite du ligament suspenseur. [2] Pour réaliser ce mouvement, le cheval accélère au galop avant de ramener les membres postérieurs sous son corps et de s’immobiliser complètement en glissant sur les sabots postérieurs.

La desmite des ligaments suspenseurs des membres postérieurs peut initialement se manifester par un manque de propulsion, une foulée courte ou une boiterie. Elle s’accompagne souvent de sensibilité. [2] L’échographie et les blocs nerveux peuvent permettre de localiser la lésion et d’en révéler l’étendue. [2]

Les cas bénins réagissent bien à six à huit semaines de repos en stalle combiné au traitement par ondes de choc. Certains cas réagissent bien aux thérapies régénératives comme les traitements à base de cellules souches ou les perfusions de plaquettes riches en plasma (PRP). Les blessures plus graves nécessitent des traitements supplémentaires. Le pronostic est alors plus réservé pour un retour aux capacités athlétiques. [2]

2. Les bleimes des sabots (les contusions)

On associe les bleimes des sabots chez les chevaux de performance western aux chocs répétitifs, à un traumatisme soudain ou à une torsion. Ils sont fréquents, notamment chez les montures de course de barils. [2]

Les propriétaires ou les cavaliers peuvent remarquer les signes suivants de bleimes chez leurs chevaux de sport : [2]

  • de l’inconfort à la palpation ou au toucher des sabots;
  • la réticence à prendre appui sur les pieds affectés;
  • de la chaleur au toucher des sabots;
  • une sole décolorée.

Certains cas de bleime du pied ou de contusion de la sole sont bénins. Du repos, une surface souple et le trempage des sabots dans la glace peuvent dès lors être les seules interventions requises. Si vous ne comprenez pas pourquoi votre cheval a mal aux sabots, consultez votre vétérinaire.

Le traitement des bleimes implique normalement les soins suivants : [2]

  • Une période de repos: il est crucial d’accorder au cheval un congé pour lui permettre de guérir.
  • La glace ou la cryothérapie: des bottes remplies de glace et d’autres types d’enveloppement à froid permettent de soulager la douleur et l’inflammation.
  • La gestion de la douleur: selon la gravité du bleime, le vétérinaire peut recommander un traitement de courte durée pour soulager la douleur, par exemple l’administration d’AINS.
  • Les cataplasmes d’argile: le pareur ou le maréchal-ferrant peut recommander des produits spécifiques en fonction des circonstances du cheval.
  • Le parage ou le ferrage orthopédique: le pareur ou le maréchal-ferrant peut modifier les sabots du cheval pour soulager la pression exercée sur la zone touchée. Il peut d’autre part suggérer différents types de fers orthopédiques ou de systèmes d’enveloppement pour protéger le pied pendant sa guérison.

Le pronostic chez les chevaux de performance western est généralement favorable, en particulier si on soigne le bleime rapidement. La plupart des bleimes mineurs guérissent en quelques jours avec du repos et des soins appropriés. [2]

3. Les blessures du bourrelet périoplique

La bande coronaire ou bourrelet est la jonction entre la peau de la partie inférieure du membre et la muraille du sabot. Les blessures à cette région formée de tissus mous sont fréquentes chez les chevaux de performance western en raison de la nature exigeante de leurs activités.

Le cheval s’inflige souvent lui-même une blessure à la bande coronaire. Elle se produit lorsqu’il s’atteint en se déplaçant. Le risque de faux pas est plus grand dans les cas suivants : [2]

  • Le cheval perd pied ou perd l’équilibre.
  • Le cheval se déplace à grande vitesse.
  • Le cheval effectue un mouvement qui l’oblige à croiser les membres.
  • Le cheval se méjuge en exécutant un mouvement.

Les blessures de la bande coronaire sont fréquentes chez les chevaux de reining en raison de la difficulté technique des manœuvres requises dans certains patrons, comme la vrille qui requiert que les membres se croisent. [2]

Le traitement des lésions de la bande coronaire dépend de leur gravité. Pour les petites coupures, de simples soins de plaies suffisent habituellement, y compris ceux qui suivent : [2]

  • le nettoyage et la désinfection;
  • la pose d’un bandage avec une légère pression.

Certains propriétaires peuvent choisir d’appliquer un antibiotique topique avant de poser le bandage pour prévenir l’infection. Le vétérinaire est en mesure de recommander les produits qui conviennent au cheval.

Les blessures plus graves nécessitent une intervention du vétérinaire. Dans ces cas, les traitements peuvent comprendre ce qui suit : [2][10]

  • les sutures;
  • la pose d’un pansement et d’un bandage;
  • l’antibioprophylaxie;
  • le déplacement du cheval dans un environnement propre et sec;
  • la gestion de la douleur.

Dans les cas les plus graves, les lésions traumatiques de la bande coronaire peuvent nécessiter une intervention chirurgicale. [10]

Le pronostic des lésions du bourrelet périoplique varie selon le cas. Les lacérations simples guérissent souvent bien avec des soins appropriés. Les blessures graves qui s’accompagnent de lésions profondes ou de dommages aux structures du sabot requièrent une prise en charge minutieuse. Elles peuvent engendrer une cicatrice permanente, une pousse anormale du sabot ou des anomalies de locomotion à long terme. [10]

Les lésions des tissus durs

Les lésions des tissus durs impliquent majoritairement des dommages osseux et articulaires. Voici quelques blessures aux tissus durs communes chez les chevaux de performance western.

4. Le syndrome naviculaire

Le syndrome naviculaire est une pathologie complexe qui affecte normalement les races de chevaux de performance western.

Bien que le syndrome naviculaire soit un terme général plutôt qu’un type précis de lésion, il peut découler d’une blessure à l’une des structures suivantes du sabot équin : [2]

  • l’os naviculaire;
  • le tendon fléchisseur profond du doigt (le perforant);
  • la bourse naviculaire;
  • le ligament sésamoïde collatéral;
  • le ligament sésamoïdien distal (impair).

Les blessures à l’intérieur de la muraille peuvent être difficiles à diagnostiquer et peu visibles sur les scintigraphies. [11]

La conformation des sabots pourrait prédisposer le cheval au syndrome naviculaire, parfois désigné « douleur de l’appareil podotrochléaire ». Cette pathologie a tendance à affecter les chevaux de grande taille qui ont de petits sabots, y compris les Quarter Horse qui prédominent dans toutes les disciplines westerns. [2][12]

La douleur naviculaire est fréquente chez les chevaux de tête et de queue qui prennent part aux épreuves de prise de bouvillon ou de veau au lasso. Cette prévalence est probablement due à la torsion répétitive exercée sur les sabots lorsque ces montures tentent de contrecarrer les manœuvres évasives du bétail. [4]

Les traitements médicaux courants pour le syndrome naviculaire comprennent ceux qui suivent : [2][11][12]

  • l’injection des corticostéroïdes dans l’articulation de la troisième phalange ou la bourse naviculaire pour soulager l’inflammation;
  • la gestion de la douleur;
  • l’administration de bisphosphonates, un médicament élaboré spécifiquement pour le traitement du syndrome naviculaire.

La ferrure orthopédique et d’autres options de parage des sabots font partie d’une prise en charge intégrée de la douleur podotrochléaire. [11]

La réussite du traitement varie beaucoup d’un cheval à l’autre. [2]

5. Les ecchymoses osseuses

Les ecchymoses osseuses sous-chondrales sont un trouble qui affecte souvent les chevaux de performance western.

Le stress répétitif et les activités à fort impact des disciplines westerns comme le reining, le cutting et la course de barils sont souvent à l’origine des ecchymoses osseuses. [2]

Les changements soudains de direction ou de vitesse, ainsi que les arrêts brusques, sont des facteurs qui rendent les montures de sport western vulnérables aux ecchymoses, notamment dans les jarrets. [13]

Le traitement des ecchymoses osseuses sous-chondrales peut comprendre ce qui suit : [2]

L’objectif du traitement est de rétablir la fonction articulaire normale et de prévenir la progression de la maladie. Il faut noter que les lésions osseuses sous-chondrales peuvent mener au développement de l’ostéoarthrite si on omet de les prendre en charge correctement. [14]

6. Les fractures du métacarpien latéral et les suros

Les fractures du métacarpien latéral et les suros sont relativement fréquents chez les chevaux de performance western.

Ils peuvent être le résultat des facteurs suivants : [15]

  • un traumatisme direct dû à un impact du membre controlatéral ou à une ruade décochée par un autre cheval;
  • le stress infligé au ligament suspenseur qui provoque l’inflammation et l’affaiblissement du métacarpien latéral;
  • les contraintes répétitives qui sont le lot des activités à fort impact.

Les chevaux plus jeunes dont les os et les tissus sont encore en développement sont plus vulnérables aux effets des chocs sur les membres antérieurs. [2] On signale souvent l’apparition de suros chez les chevaux de reining. Ils sont peut-être dus aux chocs importants engendrés par les courses au grand galop et les arrêts brusques. [2]

La fracture se manifeste initialement par la présence de chaleur, l’inflammation et une boiterie. Au fil du temps, la lésion durcit en s’ossifiant. La calcification du petit métacarpien touché forme une bosse. [15]

Certains cas réagissent bien à un traitement conservateur qui consiste à mettre le cheval au repos et à immobiliser le membre. [2]

Les fractures plus graves peuvent nécessiter les interventions suivantes : [2][16]

  • une fixation chirurgicale au moyen de plaques et de vis;
  • l’immobilisation du membre avec une attelle, un plâtre ou un appareil orthopédique;
  • la gestion de la douleur;
  • la physiothérapie pour prévenir la raideur articulaire et maintenir l’amplitude des mouvements.

Le pronostic est fondé sur la gravité de la fracture et sur la présence éventuelle d’une desmite du ligament suspenseur. Dans la plupart des cas, le pronostic est favorable. De nombreux chevaux vivent et travaillent avec des suros visibles qui ne perturbent nullement leur routine d’entraînement normale. [2]

Les troubles de santé chroniques

Comme pour les autres sports équestres, les chevaux de performance western sont sujets à des troubles chroniques spécifiques qui découlent des exigences de leur mode de vie athlétique intense.

7. Les dorsalgies

Les maux de dos ou les dorsalgies sont fréquents chez les chevaux de performance western. Le harnachement relativement lourd qu’emploient les cavaliers westerns pourrait y contribuer, ainsi que les longues heures passées en selle à s’entraîner pour atteindre un niveau élevé de performance.

Jusqu’à 70 % des chevaux de cutting examinés pour des douleurs au tronc ont manifesté de la sensibilité lorsqu’on palpait le muscle dorsal. [2]

Les dorsalgies équines ne sont pas aussi évidentes que les boiteries. Les chevaux qui souffrent en silence peuvent sembler tristes ou agités lorsqu’on leur met la selle ou qu’on les monte. Ils peuvent ne pas vouloir s’arrêter ou être réticents à performer. [2]

Les maux de dos chez les montures westerns sont associés aux facteurs suivants : [2][17]

  • des contraintes répétitives à grande vitesse, notamment lors des arrêts et des pivots;
  • une selle mal adaptée qui engendre des points de pression;
  • une boiterie des membres, en particulier en présence d’arthrite du jarret, qui donne lieu à une tension dorsale compensatoire;
  • des tensions musculaires et l’inflammation des ligaments qui se trouvent entre les vertèbres;
  • la présence d’arthrite dans les articulations vertébrales.

Une approche multimodale qui combine plusieurs thérapies est souvent nécessaire pour soulager efficacement les maux de dos. Les stratégies de traitement peuvent inclure ce qui suit : [2]

Une étude a révélé que la combinaison d’une thérapie au laser de faible puissance et de traitements chiropratiques donnait de meilleurs résultats que les soins chiropratiques seuls pour le soulagement des maux de dos équins. [18]

Si le mal de dos est secondaire à une boiterie ou à une autre blessure, il faut par ailleurs soigner la cause première ou la dorsalgie risque de réapparaître.

En règle générale, une combinaison de repos, d’ajustement de la selle et de retour progressif au travail offre aux chevaux de performance western les meilleures chances de surmonter les maux de dos et de reprendre la compétition.

8. La douleur sacro-iliaque

L’articulation sacro-iliaque relie le bassin à la colonne vertébrale. Sa santé et sa fonction sont donc essentielles à la locomotion du cheval et à l’ensemble du cadre musculo-squelettique. La douleur sacro-iliaque peut avoir un impact significatif sur les chevaux de performance western.

Les signes cliniques diffèrent. Ils incluent la raideur et l’altération des allures, bilatéralement ou unilatéralement. On observe souvent la douleur sacro-iliaque chez les chevaux de cutting. [2]

Les troubles des articulations sacro-iliaques peuvent provenir de facteurs non liés à la performance, notamment ceux qui suivent : [2]

  • une blessure directement infligée à la région sacro-iliaque, par exemple en cas de chute ou d’accident;
  • le stress répétitif lié à une charge de travail exigeante ou à la surutilisation;
  • une mauvaise conformation;
  • l’arthrite;
  • des mouvements compensatoires qui pallient une boiterie.

Le traitement de la douleur sacro-iliaque chez les chevaux de performance combine souvent les approches suivantes :

  • le repos;
  • les médicaments;
  • les thérapies régénératives;
  • la physiothérapie.

Plus particulièrement, le plan de réadaptation plus large peut comprendre des exercices précis pour que la musculature du cheval puisse contrer la douleur sacro-iliaque. Les stratégies spécifiques peuvent inclure les suivantes : [19]

  • des exercices pour renforcer les muscles du tronc;
  • le passage de barres au sol au pas ou au trot pour mobiliser le bassin;
  • l’exercice sur un tapis roulant immergé.

Bien qu’il puisse être difficile de gérer la douleur sacro-iliaque, de nombreux chevaux de performance western parviennent à reprendre le travail grâce à un traitement et à des soins adaptés. En revanche, certains individus peuvent avoir besoin d’une prise en charge continue pour maintenir leur niveau de performance et de confort. [2]

Il importe de noter que l’on doit adapter le traitement en fonction du cheval concerné et consulter un vétérinaire pour élaborer un plan de traitement approprié.

9. L’ostéoarthrite

L’ostéoarthrite est une maladie articulaire dégénérative qui désigne la dégénérescence et la perte de cartilage dans les articulations du cheval. [2]

La nature exigeante des sports de performance western comprend des arrêts soudains, des virages, des mouvements répétitifs et une charge articulaire élevée. Tous ces facteurs peuvent contribuer au risque d’apparition d’ostéoarthrite et de douleurs articulaires liées à la performance. [20]

De plus, les montures de performance western ont tendance à avoir des carrières plus longues et à abandonner la compétition à un âge plus avancé comparativement aux chevaux des autres disciplines. Cela les rend plus sujets aux troubles articulaires liés à l’âge. [2]

Le type et les sites de l’arthrite chez les chevaux de selle western sont en corrélation avec le sport pratiqué.

Tableau 1. Résumé des causes d’arthrite chez les chevaux de performance western [1][2][4][7][13][14]

Articulation Facteur de risque associé Discipline associée
Carpe (genou)
  • Stress répétitif, charge élevée sur les membres
  • Prise de bouvillon au lasso (header et heeler)
Jarret distal
  • Arrêts brusques, virages rapides, stress répétitif dû aux arrêts glissés et aux dérapages
  • Charge intense due aux allures rassemblées et à la forte propulsion des membres postérieurs
  • Reining, chevaux de queue (heelers) dans la prise de bouvillon au lasso, prise de veau au lasso, course de barils et cutting
  • Plaisance western
Grasset
  • Virages serrés et pivots, surextension
  • Reining et cutting
Boulet
  • Chocs engendrés par le travail à grande vitesse, stress répétitif et hyperextension
  • Courses de barils, membres postérieurs des chevaux de prise de veau au lasso
  • Plaisance western
Paturon
  • Stress répétitif lié aux arrêts et aux démarrages soudains, à la torsion ou aux virages
  • Prise de veau au lasso, chevaux de queue (heelers) pour la prise de bouvillon au lasso, reining et cutting

L’articulation du paturon est particulièrement sujette à l’arthrite chez les chevaux de performance western. Cette affection, souvent désignée « forme phalangienne haute » ou « tare dure », est fréquente chez les animaux plus âgés. Elle touche principalement les membres antérieurs. [2]

L’ostéoarthrite est irréversible. Il est néanmoins possible de gérer ses effets dans de nombreux cas. Les stratégies de gestion peuvent inclure celles qui suivent :

Vous devez impérativement consulter un vétérinaire si votre cheval de performance western présente des signes d’arthrite. Celui-ci peut poser un diagnostic précis et vous aider à élaborer un plan de traitement personnalisé optimal pour vous et votre cheval.

La prévention des blessures chez les chevaux de performance western

Tous les sports équestres comportent un certain risque de blessures aux chevaux. Avec une planification et une gestion rigoureuses, les propriétaires et les cavaliers peuvent prendre des mesures pour atténuer ces risques et continuer de faire de la compétition avec leurs chevaux de performance western pendant de nombreuses années.

Pour aider à prévenir et à gérer les blessures et les pathologies liées au sport chez les chevaux de selle western, les cavaliers peuvent tirer profit des conseils d’un entraîneur qualifié qui les aidera à développer efficacement leur monture. Voici un certain nombre de stratégies pour optimiser les performances et réduire le risque de blessures :

  • mettre en œuvre un programme de conditionnement progressif pour éviter le surmenage;
  • accorder du repos au cheval et lui permettre de récupérer entre les séances d’entraînement intense;
  • diversifier ses compétences pour contrer les tensions répétitives;
  • travailler sur des surfaces convenables.

Des contrôles vétérinaires réguliers et une intervention précoce en cas de symptômes de troubles articulaires sont une autre facette essentielle au maintien de l’état de santé et des performances à long terme des athlètes équins.

En outre, un régime alimentaire équilibré axé principalement sur le fourrage qui contient la bonne proportion de vitamines et de minéraux est l’un des moyens les plus simples de promouvoir la santé et la forme physique des chevaux actifs. Si vous ne savez pas si votre cheval de performance western reçoit tout ce dont il a besoin, nous vous invitons à consulter un nutritionniste équin qualifié afin d’élaborer un régime alimentaire adapté à votre partenaire équin.

Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur les blessures chez les chevaux de performance western :

Résumé

Les chevaux de performance western sont exposés à un risque plus élevé de blessures en raison des exigences physiques intenses de leurs disciplines, qui demandent vitesse, force, précision et des manœuvres répétées à fort impact.

    • Les arrêts brusques, les virages rapides, les spins et les accélérations rapides sollicitent les articulations, les tissus mous, les sabots et le dos du cheval
    • Chaque discipline comporte des risques uniques; le roping, le barrel racing, le reining, le cutting et le Western pleasure sollicitent différemment certains membres et articulations
    • Les blessures courantes chez les chevaux western comprennent des foulures du ligament suspenseur, des contusions du sabot, des contusions osseuses, des douleurs dorsales, des foulures sacro-iliaques et de l’ostéoarthrite
    • Vous pouvez réduire le risque de blessure de votre cheval grâce à un conditionnement progressif, une surface de travail appropriée, un équipement bien ajusté et des soins réguliers des sabots et vétérinaires

Soutenez la solidité à long terme de votre cheval en équilibrant l’intensité de l’entraînement avec le repos, la récupération et une alimentation à base de fourrage adaptée aux exigences du travail de performance

Manque-t-il quelque chose dans l’alimentation de votre cheval?

Identifier les manques dans le programme alimentaire de votre cheval pour optimiser son bien-être.

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