Le bien-être animal dans les sports équestres est essentiel pour assurer la santé, le bonheur et les performances à long terme des chevaux concernés. Bien que les principes généraux du bien-être animal s’appliquent à toutes les disciplines, chaque sport équestre comporte des exigences particulières qui soulèvent des enjeux spécifiques en matière de bien-être.

Le saut d’obstacles est une discipline qui exige une vitesse, une précision et une agilité exceptionnelles de la part du cheval et du cavalier. La compétition dans cette discipline impose des exigences physiques et mentales considérables aux athlètes équins participants.

L’application d’un cadre de référence comme le modèle des cinq domaines au saut d’obstacles aide les cavaliers, les entraîneurs et les propriétaires de chevaux à adopter de meilleures pratiques de gestion. Cette approche réduit le stress, améliore les performances et favorise un environnement bienveillant et centré sur le cheval.

Poursuivez votre lecture pour en savoir plus sur le bien-être des chevaux en saut d’obstacles et sur la façon de concilier les exigences de performance avec des soins éthiques. En comprenant bien les mesures de sécurité, la gestion pratique ainsi que les besoins physiques et mentaux des chevaux, il est possible d’améliorer leur bien-être et leurs performances à long terme.

Aperçu des compétitions de saut d’obstacles

Comprendre la structure, les règles et l’histoire du saut d’obstacles fournit un contexte essentiel pour évaluer les normes éthiques et de bien-être de ce sport.

Les exigences physiques et mentales imposées aux chevaux, ainsi que les compétences techniques requises des cavaliers, soulignent la nécessité de pratiques solides en matière de bien-être et de lignes directrices éthiques claires.

Histoire

L’essor du saut d’obstacles en tant que sport est relativement récent comparé à d’autres disciplines équestres. Historiquement, les chevaux n’étaient pas spécifiquement entraînés à franchir de grands obstacles, car cela n’était pas nécessaire dans les activités quotidiennes.

Cela a changé avec l’adoption des lois sur les enclosures (English Enclosure Acts) entrées en vigueur entre 1604 et 1914. Ces lois ont transformé 6,8 millions d’acres de terres communes ouvertes en propriétés privées clôturées. [1] Ce nouveau paysage a suscité un intérêt pour l’entraînement de chevaux capables de franchir ces barrières, particulièrement chez les cavaliers pratiquant la chasse à courre, qui impliquait de traverser la campagne sans tenir compte des limites de propriété.

À la fin du XIXe siècle, les compétitions équestres ont commencé à intégrer des épreuves de saut visant à démontrer les capacités des chevaux. [1]

L’aspect compétitif du saut a gagné en popularité, et une forme précoce de saut d’obstacles a fait ses débuts aux Jeux olympiques de 1900. Cependant, ce n’est qu’aux Jeux olympiques de Stockholm en 1912 qu’un format plus standardisé de la discipline a été adopté. Ce format se rapprochait des compétitions actuelles qu’on connaît aujourd’hui. [1]

Règles de base du saut d’obstacles

Le saut d’obstacles est régi par des règles précises conçues pour évaluer à la fois les compétences techniques du cavalier et les qualités athlétiques du cheval. Ces règles visent à assurer l’équité, la sécurité et une expérience captivante pour les spectateurs. [2]

Objectif

Les cavaliers suivent un parcours d’obstacles prédéterminé, avec pour objectif de le terminer sans pénalités et dans un délai spécifique. Le duo cavalier-cheval qui termine le parcours le plus rapidement avec le moins de fautes remporte l’épreuve. [2]

Fautes

Les pénalités, appelées fautes, sont attribuées pour un certain nombre d’erreurs précises au cours du parcours, notamment : [2]

  • Les obstacles renversés : si un cheval renverse un obstacle, le duo reçoit quatre fautes
  • Les refus : un cheval qui refuse de sauter ou sort du parcours reçoit quatre fautes pour chaque refus
  • Les fautes de temps : dépasser le temps imparti entraîne une faute pour chaque seconde excédentaire

Éliminations

Plusieurs erreurs entraînent l’élimination de la compétition, notamment : [2]

  • Des refus multiples dans un parcours
  • Sauter un obstacle dans le mauvais ordre ou dans la mauvaise direction
  • Une chute du cavalier
  • Une monte dangereuse ou des infractions liées à l’utilisation de l’équipement

La monte dangereuse désigne toute action du cavalier présentant un danger pour sa propre sécurité, celle de son cheval, des concurrents ou des spectateurs. Cela peut inclure le fait de monter trop vite ou trop lentement pour les conditions, de perdre le contrôle du cheval, de recourir excessivement aux aides comme le fouet ou les éperons, ou de continuer à monter un cheval visiblement épuisé ou souffrant de boiterie. [2]

Le jury de terrain, souvent en consultation avec des officiels désignés tels que le délégué technique ou les commissaires, est responsable de l’identification et de l’évaluation de la monte dangereuse. Bien que les cas soient évalués selon le contexte, les officiels sont formés pour reconnaître les situations compromettant la sécurité et agir en conséquence. [2]

 

Le modèle des cinq domaines du bien-être équin

Le modèle des cinq domaines est un cadre complet d’évaluation du bien-être animal qui divise les besoins en cinq aspects interreliés : [3][4]

  • Nutrition
  • Environnement physique
  • Soins de santé
  • Interactions comportementales
  • État mental

En adoptant une approche basée sur les cinq domaines pour l’entraînement et la gestion, les cavaliers de saut d’obstacles peuvent optimiser les performances de leur cheval tout en équilibrant sa santé et son bien-être général.

Nutrition

Une nutrition adéquate est essentielle au bien-être et aux performances des chevaux de saut d’obstacles. Les chevaux s’épanouissent grâce à une alimentation basée sur le fourrage, adaptée à leurs besoins individuels, avec du foin de haute qualité comme aliment de base.

Tout aliment concentré doit être soigneusement équilibré afin de fournir les vitamines et minéraux requis, sans dépasser les besoins nutritionnels. [5]

Fournir un accès constant à de l’eau propre et fraîche est tout aussi important, car la déshydratation peut nuire aux performances et contribuer à un stress inutile.

Répondre aux besoins nutritionnels de votre cheval favorise à la fois sa santé physique et son bien-être mental, en réduisant la frustration liée à la faim ou à la soif. [3][4]

Environnement physique

L’environnement du cheval a un impact direct sur sa condition physique et son état mental. Cela comprend l’accès à un abri adéquat contre les intempéries, de nombreuses opportunités de sorties à l’extérieur et des surfaces de sol sécuritaires et bien entretenues dans les manèges et les enclos. [3][4]

Les chevaux se portent mieux dans des environnements qui leur permettent d’adopter des comportements naturels tels que paître, explorer et interagir socialement. Les sorties à l’extérieur impliquant des interactions sociales favorisent le mouvement, améliorent la condition physique et réduisent le risque de comportements liés au stress souvent observés chez les chevaux gardés au box. [3][4]

Offrir un environnement confortable et enrichissant aide à prévenir des états émotionnels négatifs tels que l’anxiété ou l’ennui, et favorise le bien-être général. [3][4]

Santé

Des soins vétérinaires réguliers sont importants pour le bien-être des chevaux de saut d’obstacles, qui sont soumis à des exigences physiques particulières pouvant les prédisposer à des blessures ou à des problèmes de santé. [3][4]

Les examens vétérinaires de routine, les soins dentaires et l’entretien des sabots sont tous essentiels. Le diagnostic et le traitement rapides des maladies ou des blessures peuvent permettre d’éviter que des problèmes mineurs ne deviennent de graves enjeux de bien-être. [3][4]

Au-delà de la santé physique, la compréhension des signes comportementaux de douleur ou d’inconfort constitue une compétence importante pour les cavaliers et les soigneurs de chevaux. Les chevaux expriment souvent la douleur par des changements subtils de comportement; des soins proactifs permettent de s’assurer que ces signaux ne sont pas négligés.

Un cheval en bonne santé n’est pas seulement exempt de maladie : il doit aussi être confortable et en forme, ce qui contribue à un état mental positif. [3][4]

Interactions comportementales

Le bien-être comportemental implique de permettre aux chevaux d’exprimer leurs comportements naturels et de participer à des interactions positives avec leur environnement, d’autres chevaux et les humains.

Les chevaux sont des animaux sociaux, et l’isolement peut engendrer du stress ou des problèmes de comportement. Les sorties à l’extérieur avec des congénères compatibles favorisent des comportements naturels tels que le toilettage mutuel, le mouvement libre et le jeu, qui sont essentiels à la santé mentale des chevaux.

De plus, des interactions humaines appropriées, fondées sur la confiance, la prévisibilité et une communication claire, améliorent le bien-être comportemental du cheval. [3][4]

Pendant l’entraînement, comprendre la personnalité unique de votre cheval et utiliser le renforcement positif favorisent tous deux le développement d’un partenaire coopératif et motivé. L’enrichissement comportemental, comme l’intégration d’exercices variés et de défis mentaux, prévient l’ennui et contribue à donner un sentiment d’utilité. [3][4]

État mental

L’état mental reflète le bien-être émotionnel général du cheval. Un état mental positif signifie que le cheval se sent en sécurité, confortable et impliqué, tout en étant exempt de détresse, de peur ou de frustration. [3][4]

Des facteurs tels que la faim, la douleur, les restrictions de mouvement ou l’isolement social peuvent mener à des états mentaux négatifs. À l’inverse, la satisfaction des besoins nutritionnels, environnementaux, sanitaires et comportementaux favorise le contentement.

Tout comme les humains, les chevaux recherchent le confort et la rassurance ; ils éprouvent toute une gamme d’émotions, allant du stress à l’enjouement. [3][4]

7 stratégies pour promouvoir le bien-être des chevaux de saut d’obstacles

Favoriser un état mental positif contribue à des performances optimales et au bien-être général, tout en renforçant la confiance et la coopération entre le cheval et le cavalier. [3][4]

Le bien-être est important dans tous les contextes, y compris lors des compétitions où les options de gestion peuvent être limitées. Les cavaliers, les soigneurs et les palefreniers doivent adapter leur approche pour répondre aux exigences du sport de haut niveau sans compromettre le bien-être équin.

Un traitement éthique est essentiel à l’intégrité du sport et à la qualité de vie du cheval. Cela implique de concilier les objectifs de performance avec une attention constante portée à la santé physique et mentale.

Voici 7 stratégies clés que les cavaliers, les propriétaires et les soigneurs peuvent utiliser pour soutenir le bien-être des chevaux de saut d’obstacles.

1) Optimiser les pratiques d’entraînement

L’entraînement est la base d’un partenariat de saut d’obstacles réussi. Un entraînement éthique priorise le bien-être du cheval tout en respectant ses limites naturelles.

Les éléments clés du bien-être durant l’entraînement comprennent : [6][7]

  • Le renforcement positif : un entraînement efficace se concentre sur le renforcement positif (récompenser le comportement souhaité afin de favoriser la confiance). Des méthodes punitives dures, comme l’utilisation de fouets, d’éperons pointus ou de mors sévères, peuvent causer des blessures physiques et une détresse psychologique. Les entraîneurs éthiques créent un environnement où le cheval se sent en sécurité et motivé, favorisant la participation active de l’animal plutôt que l’obéissance motivée par la peur. Cette approche favorise de meilleures performances et renforce le lien entre le cheval et son cavalier.
  • La progression graduelle : le saut d’obstacles requiert le développement progressif des compétences. Les chevaux devraient commencer avec des sauts bas, la difficulté augmentant graduellement au fur et à mesure que leur force physique et leur préparation mentale s’améliorent. Pousser un cheval trop rapidement peut entraîner du stress, des blessures ou un épuisement.

2) Utiliser l’influence du cavalier de manière éthique

Tout comme l’entraînement établit les bases, l’attitude et les choix du cavalier, sur le parcours comme partout ailleurs, façonnent directement l’expérience et le bien-être du cheval.

Les décisions quotidiennes d’un cavalier — sa façon de communiquer, les moments où il laisse son cheval se reposer, et la gestion de son propre stress — ont des effets durables sur la santé, les performances et le bonheur du cheval.

Responsabilités éthiques

Les cavaliers doivent s’assurer que leurs chevaux reçoivent des soins appropriés, incluant un repos adéquat, une nutrition appropriée et des examens médicaux réguliers. Reconnaître quand un cheval a besoin de repos ou qu’il est temps de le retirer de la compétition est fondamental pour son bien-être.

La santé du cheval doit toujours passer avant les ambitions de compétition, car un cheval bien soigné offre de meilleures performances et bénéficie d’une carrière plus longue et plus heureuse.

Comportement

Le comportement du cavalier influence directement l’état mental du cheval. Les chevaux sont très perceptifs et peuvent sentir les émotions du cavalier. Un cavalier calme et patient favorise un sentiment de sécurité, tandis que la frustration ou l’agressivité peuvent générer de l’anxiété.

Un entraînement et une communication constants peuvent renforcer la confiance du cheval lorsque les attentes demeurent justes et clairement exprimées. Il est essentiel d’établir une relation de confiance et de respect avec le cheval et ce, tant pour ses performances que pour son bien-être.

3) Choisir un cheval en fonction de ses aptitudes

Choisir le bon cheval pour le saut d’obstacles est une décision clé qui influence à la fois les performances et le bien-être. [6][7] Les chevaux doivent avoir la conformation physique nécessaire pour répondre aux exigences de la discipline, incluant des postérieurs forts, des articulations solides et une bonne santé générale.

Le tempérament est tout aussi important ; les chevaux naturellement calmes, coopératifs et confiants sont mieux adaptés aux rigueurs de la compétition. Bien que le saut d’obstacles mette en valeur les qualités athlétiques et le partenariat entre le cheval et le cavalier, traverser un parcours va à l’encontre des instincts naturels du cheval.

Forcer un cheval ayant une disposition inadaptée (par exemple, un cheval très anxieux) à pratiquer ce sport peut entraîner du stress et des problèmes comportementaux, compromettant à la fois le bien-être et la sécurité.

4) Travailler selon la nature du cheval

À l’état sauvage, les chevaux évitent les mouvements rapides et explosifs, sauf en cas de menace, car ces actions dépensent beaucoup d’énergie et augmentent leur vulnérabilité aux prédateurs. De même, sauter des obstacles imposants et souvent visuellement intimidants va à l’encontre de leur tendance naturelle d’éviter les dangers potentiels.

Une désensibilisation adéquate et l’utilisation du renforcement positif pendant l’entraînement sont essentielles pour aider les chevaux à surmonter cette hésitation naturelle. Cette approche renforce leur confiance envers le cavalier et développe leur volonté de relever ces défis. [7]

Cela ne signifie pas que la pratique du saut d’obstacles est intrinsèquement contraire à l’éthique. Comme pour toutes les disciplines équestres, cette pratique exige un engagement envers des méthodes d’entraînement réfléchies et une gestion centrée sur le bien-être. Les entraîneurs doivent prioriser le confort et la confiance du cheval pour que sa participation soit sécuritaire et agréable plutôt que motivée par la peur. [7]

5) Participer à des compétitions adaptées à l’âge du cheval

Un enjeu particulier de bien-être en saut d’obstacles concerne la hauteur des obstacles dans les épreuves pour jeunes chevaux, qui peuvent amener ces derniers à sauter trop haut pour leur âge.

Bien que ces compétitions soient conçues pour mettre en valeur le talent et le potentiel d’un cheval, elles peuvent involontairement imposer un stress physique excessif à des animaux dont le développement n’est pas encore terminé. [8]

Des sauts de haute intensité effectués avant que la structure osseuse d’un cheval ne soit pleinement développée augmente le risque de blessures à long terme, y compris les lésions tendineuses, les dommages articulaires et la boiterie chronique. Il est essentiel de veiller à ce que les jeunes chevaux ne soient pas poussés au-delà de leurs limites physiques ou mentales pour leur sécurité et leur bien-être.

Des obstacles moins hauts, des parcours plus courts et une surveillance attentive de l’état du cheval peuvent aider à réduire ces risques. [8]

Il est également crucial que les instances dirigeantes et les organisateurs des évènements accordent la priorité à des normes de compétition adaptées à l’âge des chevaux, favorisant ainsi la santé à long terme et la longévité de la carrière. [8][9]

6) Minimiser les risques de blessure

Le saut d’obstacles est un sport palpitant qui met en valeur les qualités athlétiques et l’agilité des chevaux, mais il impose également des contraintes considérables à leur corps. Comprendre ces risques et prendre des mesures proactives est essentiel pour assurer le bien-être à long terme des chevaux de saut d’obstacles.

Les blessures courantes chez les chevaux de saut d’obstacles comprennent : [8][9]

  • Des blessures aux tendons : touchant à la fois les tendons fléchisseurs superficiel et profond du doigt (TFSD et TFPD). Ces tendons jouent un rôle crucial dans le soutien du poids du cheval et l’absorption des chocs à la réception. Une sollicitation répétée ou un effort excessif peuvent provoquer des microdéchirures, entraînant une inflammation, une enflure et, dans les cas graves, une boiterie à long terme.
  • Des blessures aux ligaments : les blessures au ligament suspenseur sont également fréquentes, souvent dues à la forte pression exercée sur les membres lors de l’appel et de la réception.
  • Des blessures aux articulations et aux os : les réceptions à fort impact et les virages serrés peuvent exercer une pression importante sur les articulations du cheval. Cette pression peut entraîner une inflammation articulaire, des contusions osseuses ou des fractures. Avec le temps, l’impact cumulatif du saut peut contribuer à l’apparition d’une maladie dégénérative des articulations.

Protocoles lors d’événements en cas de blessure

Une intervention rapide en cas de blessure peut améliorer considérablement le rétablissement et la santé à long terme d’un cheval. La mise en place de protocoles pour gérer les blessures sur place est un élément important pour assurer le bien-être des chevaux lors des compétitions de saut d’obstacles.

Les aspects des protocoles d’intervention suivis lors des compétitions de saut d’obstacles comprennent : [2][6][10]

  • Le soutien vétérinaire sur place : les grandes compétitions de saut d’obstacles doivent obligatoirement avoir des vétérinaires disponibles sur place pour fournir des soins immédiats en cas d’accident. Une intervention rapide est cruciale pour éviter que des blessures mineures ne deviennent graves.
  • Les plans d’intervention d’urgence et la formation : les protocoles d’intervention d’urgence lors des compétitions de saut d’obstacles doivent être établis à l’avance afin d’assurer une réaction rapide et coordonnée en cas de blessure. Cela inclut la disponibilité de trousses médicales bien équipées et de personnel formé prêt à intervenir.
  • La préparation logistique : en cas de blessure grave, il peut être nécessaire de transporter les chevaux vers des établissements vétérinaires spécialisés. Les organisateurs doivent s’assurer que des plans de transport et de communication sont en place pour gérer efficacement de telles situations.
  • Les soins après la compétition : il est important d’évaluer l’état d’un cheval de performance immédiatement après la compétition. Même si un cheval ne présente pas de blessure apparente, un examen approfondi est nécessaire pour détecter des problèmes subtils qui ne sont pas immédiatement visibles. Les soins post-compétition comprennent généralement une période de retour au calme, un examen complet visant à détecter un stress thermique causé par la chaleur, une enflure ou une boiterie, ainsi que la mise en place de mesures de récupération appropriées, telles que le repos, la cryothérapie ou la physiothérapie au besoin.

Prévention des blessures

Éviter la surutilisation et la fatigue due aux efforts répétés, tout en favorisant la santé à long terme, est essentiel pour maintenir le bien-être des chevaux de saut d’obstacles. [8][10]

Les approches courantes pour prévenir les blessures et l’épuisement chez les chevaux de saut d’obstacles comprennent : [11][12][13]

  • Le repos et la récupération : les chevaux ont besoin de pauses planifiées entre les périodes d’entraînement intense et de compétition afin d’éviter l’épuisement et les blessures physiques. Cela doit inclure des périodes de repos suffisantes et planifiées entre les entraînements et les compétitions intenses, pour prévenir la fatigue chronique et le stress.
  • La physiothérapie et la rééducation : les chevaux de saut d’obstacles peuvent souvent bénéficier de l’accès à des physiothérapeutes équins et à des massothérapeutes, qui peuvent aider à identifier et traiter les tensions musculaires, les foulures ou autres blessures avant qu’elles ne deviennent plus graves.
  • Les examens vétérinaires réguliers : il est essentiel de se tenir à jour avec les examens vétérinaires de routine afin de détecter les problèmes avant qu’ils ne deviennent graves. Ces examens peuvent inclure l’évaluation de la santé musculosquelettique, de la fonction respiratoire et de l’état général du cheval.
  • La médecine avancée : les récents progrès en médecine vétérinaire, notamment l’utilisation de cellules souches et d’autres types de thérapies régénératrices, offrent de nouvelles options pour traiter les blessures et favoriser le bien-être à long terme.

7) Choisir un harnachement approprié

Le harnachement joue un rôle important dans le confort et le bien-être des chevaux. Comprendre les inconvénients potentiels de différents composants du harnachement peut aider les cavaliers à éviter tout inconfort ou blessure inutile.

Voici quelques aspects du bien-être à prendre en compte pour divers éléments de harnachement utilisés en saut d’obstacles :[14][15][16][17]

  • Mors : considérés comme des aides essentielles à la monte, les mors sont utilisés avec la bride pour transmettre des indications au cheval. Certains modèles, comme les mors releveurs, peuvent causer de la confusion, de la douleur ou des blessures. Les mors trop forts ou ceux utilisés avec des muserolles serrées peuvent engendrer du stress ou une douleur supplémentaires, nuisant aux performances. En raison de leurs arêtes vives, de leur finesse, de leurs cannelures ou d’un effet de levier important, les configurations de mors sévères devraient être évitées.
  • Muserolles : les muserolles trop serrées ou restrictives peuvent limiter l’amplitude de mouvement de la bouche du cheval, entraînant de l’inconfort et empêchant l’expression naturelle de comportements tels que lécher, mâcher et bâiller. Les muserolles trop serrées peuvent également rendre le cheval plus sensible au mors, ce qui peut augmenter la douleur et l’anxiété. Elles devraient être ajustées de manière à permettre le passage d’au moins deux doigts superposés entre la muserolle et le chanfrein du cheval.
  • Ajustement de la selle : une selle bien ajustée est essentielle pour le confort et la souplesse du cheval. Une selle mal ajustée peut provoquer de la douleur et restreindre les mouvements du cheval, particulièrement lors des sauts. Des vérifications et ajustements réguliers par un spécialiste en ajustement de selles qualifié sont cruciaux pour préserver le bien-être du cheval.
  • Rênes auxiliaires : des outils comme les martingales à anneaux permettent de contrôler la position de la tête, mais peuvent également limiter le mouvement de l’encolure ou exercer une pression excessive sur la bouche ou la tête du cheval. Limiter les mouvements de la tête pendant les sauts peut nuire aux performances et à la vision du cheval. Ces outils devraient être utilisés avec prudence et réservés aux cavaliers expérimentés.
  • Guêtres et bandages : conçus pour protéger, les guêtres et les bandages doivent également permettre de dissiper efficacement la chaleur afin d’éviter les lésions aux tendons. Éviter les conceptions restrictives ou les matériaux qui retiennent la chaleur contribue à préserver la santé et le confort des membres.

Le règlement de la FEI offre aux cavaliers un large éventail d’options d’équipement adaptées aux différents chevaux et aux besoins d’entraînement qui varient. Cependant, il est important de reconnaître que certains équipements, s’ils sont utilisés de manière inappropriée, peuvent entraîner de l’inconfort ou des conséquences imprévues pour le cheval. [2]

Signalements de préoccupations : aborder les enjeux de bien-être en saut d’obstacles

Dans le monde du saut d’obstacles, où les chevaux sont régulièrement exposés au stress de la compétition et de l’entraînement intensif, il est essentiel de mettre en place des systèmes permettant d’identifier et de gérer les problèmes liés au bien-être. L’un de ces mécanismes est l’utilisation de signalements de préoccupations.

Les signalements de préoccupations sont des plaintes ou observations officielles soumises lorsqu’il existe un risque perçu pour le bien-être d’un cheval. Ces signalements peuvent être effectués dans diverses circonstances, notamment en cas de maltraitance, de soins inadéquats, de pratiques dangereuses ou de toute autre situation pouvant indiquer qu’un cheval est exposé à un danger ou victime de négligence. [17]

Les signalements de préoccupations sont généralement transmis aux instances dirigeantes, telles que la FEI ou d’autres organismes équestres nationaux, et sont pris au sérieux afin de protéger le bien-être des chevaux en compétition. [17]

Types de préoccupations signalées

Les préoccupations peuvent varier considérablement selon la nature de l’événement, mais elles relèvent généralement de l’une des catégories suivantes : [17][18][19][20][21]

  1. Violence physique ou mauvais traitements : inclut l’usage de force excessive, de méthodes d’entraînement brutales ou de manipulations abusives. L’utilisation inappropriée de fouets ou d’éperons, de mors sévères, ou l’infliction de punitions physiques pour de mauvaises performances sont des exemples fréquents de préoccupations de bien-être qu’on retrouve dans cette catégorie.
  2. Soins vétérinaires insuffisants : cette catégorie peut inclure des situations où un cheval ne reçoit pas les traitements médicaux nécessaires ou lorsque les conseils vétérinaires sont ignorés afin de garder le cheval en compétition ou à l’entraînement. Elle englobe aussi les cas où des chevaux reçoivent des substances dopantes ou des médicaments compromettant leur santé.
  3. Conditions dangereuses : fait référence à des situations telles que des parcours de saut mal conçus, des surfaces de sol instables ou des environnements de compétition susceptibles de causer du stress ou des blessures. Cela inclut également l’absence d’équipement de protection approprié pour les chevaux, comme les guêtres.
  4. Repos ou récupération insuffisants : l’utilisation excessive des chevaux sans période de repos suffisante entre les épreuves ou les séances d’entraînement est un enjeu de bien-être. Les chevaux ont besoin de périodes de récupération adéquates pour prévenir les blessures et l’épuisement. Pousser un cheval trop fort ou trop souvent sans repos approprié peut mener à des blessures chroniques et à de la fatigue.
  5. Stress mental et négligence : les chevaux évoluant dans des environnements de compétition peuvent souffrir d’anxiété ou d’autres formes de stress mental. Un manque d’attention au bien-être psychologique d’un cheval (par exemple, en l’exposant fréquemment à des environnements bruyants, à des lieux inconnus, ou en négligeant ses besoins sociaux) peut entraîner des problèmes de comportement, des blessures et des dommages psychologiques à long terme.

Soumettre un signalement de préoccupations

Le processus de soumission d’un signalement de préoccupations suit généralement les étapes suivantes : [17][18][19][20][21]

  1. Collecte d’informations : la personne concernée recueille les informations pertinentes, incluant l’heure, l’endroit et la nature de la préoccupation.
  2. Soumission du signalement : la personne soumet son signalement à l’instance dirigeante appropriée. Les soumissions peuvent être faites de façon anonyme.
  3. Enquête : selon la gravité du signalement, l’instance dirigeante peut mener une enquête comprenant des entrevues avec les parties impliquées, un examen des dossiers vétérinaires ou une inspection de l’événement ou de l’établissement concernés.
  4. Mesures : si l’instance dirigeante considère que le signalement est fondé, les mesures prises peuvent inclure des sanctions pour la ou les parties impliquées, une formation obligatoire ou des changements au niveau des pratiques, et, dans certains cas, l’interdiction pour un cheval ou un cavalier de participer à des compétitions.

Les signalements de préoccupations jouent un rôle clé dans le maintien de l’intégrité du saut d’obstacles. En favorisant une culture où les enjeux de bien-être sont abordés rapidement et ouvertement, ce sport peut continuer à améliorer ses normes éthiques.

Foire aux questions

Voici quelques questions fréquemment posées sur les préoccupations liées au bien-être des chevaux de saut d’obstacles :

Résumé

Participer à des compétitions de saut d’obstacles avec son cheval peut être une expérience enrichissante. Toutefois, comme tout sport équestre, cette discipline comporte aussi des risques potentiels pour le bien-être du cheval, qui nécessitent une vigilance constante et une gestion responsable.

  • Les propriétaires, les cavaliers et les soigneurs de chevaux peuvent utiliser des cadres de référence en matière de bien-être, comme le modèle des cinq domaines, pour orienter la gestion et l’entraînement de leur animal de façon éthique
  • En mettant l’accent sur la prévention des blessures, la reconnaissance de la douleur et du stress, et en tenant compte de l’impact psychologique sur les chevaux, les cavaliers peuvent veiller à ce que le saut d’obstacles demeure une activité respectueuse et agréable
  • La participation éthique au saut d’obstacles exige un engagement envers la formation continue et les soins réguliers
  • Les décisions liées au bien-être équin doivent toujours privilégier la santé de l’animal avant les performances en compétition
Manque-t-il quelque chose dans l’alimentation de votre cheval?

Identifier les manques dans le programme alimentaire de votre cheval pour optimiser son bien-être.

Références

  1. Steinkraus. W., An Overview of the History of Show Jumping. Show Jumping Hall of Fame. 1987.
  2. FEI Jumping Rules. FEI. 2012.
  3. Mellor. D. J. et al., The 2020 Five Domains Model: Including Human–Animal Interactions in Assessments of Animal Welfare. Animals. 2020.
  4. The 5 Domains of Animal Welfare. World Horse Welfare.
  5. Nutrient Requirements of Horses: Sixth Revised Edition. National Academies Press, Washington, D.C. 2007. View Summary
  6. Górecka-Bruzda. A. et al., To Jump or Not to Jump? Strategies Employed by Leisure and Sport Horses. Journal of Veterinary Behavior. 2013.
  7. McLean. A. N. and McGreevy. P. D., Horse-Training Techniques That May Defy the Principles of Learning Theory and Compromise Welfare. Journal of Veterinary Behavior. Elsevier. 2010.
  8. Trump, Marc. A retrospective study of the prevalence of injuries to the suspensory ligament, digital flexor tendons and associated structures in a nonracehorse referral-hospital population. Diss. University of Zurich, 2014.
  9. Clayton. H. M. and Barlow. D. A., The Effect of Fence Height and Width on the Limb Placements of Show Jumping Horses. Journal of Equine Veterinary Science. 1989.
  10. Campbell. M. L. H. and Sandøe. P., Welfare in Horse Breeding. The Veterinary Record. 2015. View Summary
  11. Kaneps. A. J. et al., Equine Sports Medicine and Surgery: Basic and Clinical Sciences of the Equine Athlete. Second edition. Saunders/Elsevier, Edinburgh. 2014.
  12. Baxter, G. M. Adams and Stashak's lameness in horses. John Wiley & Sons. 2020.
  13. Equine Stem Cell Therapy Research. RVC. 2025.
  14. Gehlen. H. et al., Evaluating Horse Owner Expertise and Professional Use of Auxiliary Reins during Horse Riding. Animals. Multidisciplinary Digital Publishing Institute. 2021.
  15. Fenner. K. et al., The Effect of Noseband Tightening on Horses' Behavior, Eye Temperature, and Cardiac Responses. PLoS ONE. 2016. View Summary
  16. Dyson. S. et al., Saddle Fitting, Recognising an Ill-Fitting Saddle and the Consequences of an Ill-Fitting Saddle to Horse and Rider. Equine Veterinary Education. 2015.
  17. FEI Reporting Hub. FEI. 2025.
  18. Arkow. P., Recognizing and Responding to Cases of Suspected Animal Cruelty, Abuse, and Neglect: What the Veterinarian Needs to Know. Veterinary Medicine : Research and Reports. 2015.
  19. Reporting Equine Abuse. US Equestrian Federation. 2025.
  20. Worried about a Horse?. World Horse Welfare.
  21. Horse Welfare: Reporting Cruelty Or Abuse. The British Horse Society. 2025.