Une bonne compréhension des besoins énergétiques de votre cheval est importante afin d’élaborer un programme alimentaire équilibré qui soutient les performances sportives, le maintien du poids et la fonction globale de l’organisme.

Comme tous les animaux, les chevaux dépendent de l’énergie fournie par leur alimentation pour leurs activités quotidiennes. L’énergie est nécessaire à la croissance, la reproduction, les fonctions cellulaires de base et le maintien général d’une bonne santé.

Chez les chevaux, les besoins énergétiques varient considérablement en fonction de facteurs tels que l’âge, la charge de travail, le métabolisme et même le climat. L’état de chair d’un cheval influence aussi ses besoins énergétiques : les chevaux en insuffisance pondérale ont besoin de davantage de calories pour prendre du poids, tandis que les chevaux en surpoids doivent consommer moins de calories pour perdre ou maintenir leur poids.

Les chevaux tirent la majeure partie de leur énergie alimentaire de la fermentation des fibres issues des fourrages, comme le foin et l’herbe des pâturages. Ils peuvent également extraire de l’énergie à partir des glucides hydrolysables (c’est-à-dire le sucre et l’amidon), des lipides et des protéines. Chaque source d’énergie a des répercussions différentes sur les fonctions et les performances du cheval.

Dans l’article qui suit, nous vous expliquerons comment déterminer les besoins énergétiques des chevaux et nous vous guiderons dans le choix des meilleures sources de calories pour votre cheval. De plus, nous examinerons les effets d’un excès ou d’une carence en énergie dans l’alimentation équine.

Énergie dans l’alimentation équine

Le métabolisme est le processus par lequel le corps du cheval convertit les aliments en énergie. Cette énergie alimente tout, de la digestion à la réparation cellulaire, en passant par les mouvements et la production de chaleur.

Les chevaux puisent leur énergie dans plusieurs composantes de leur alimentation. Dans le cas d’une alimentation à base de fourrage, la majorité de l’énergie est fournie par les fibres, qui sont fermentées par les microbes dans l’intestin postérieur pour produire des acides gras volatils (AGV).

Les AGV sont absorbés dans la circulation sanguine et fournissent une énergie régulière à libération lente, optimale pour la santé métabolique et le fonctionnement physiologique du cheval. Pour la plupart des chevaux qui font de l’activité physique faible à modérée, le fourrage à lui seul peut combler tous les besoins énergétiques.

Certains chevaux ont besoin d’une alimentation plus riche en énergie afin de soutenir leur niveau d’activité physique intense, leur fonction reproductive ou une prise de poids. Outre les fibres, les chevaux peuvent obtenir de l’énergie à partir d’autres composantes alimentaires :

  • Lipides : nutriments riches en calories présents dans les huiles et les grains entiers comme les graines de soja grillées, fournissant une énergie concentrée
  • Glucides simples : sucres tels que le glucose, le fructose et le saccharose présents dans les céréales et rapidement absorbés dans l’intestin grêle ; toutefois, une consommation excessive peut entraîner des problèmes de santé
  • Glucides complexes (amidon) : type de glucide présent dans les céréales, digéré et absorbé dans l’intestin grêle, fournissant une énergie constante
  • Protéines : fournissent des acides aminés essentiels à la synthèse des protéines dans l’organisme du cheval ; certains acides aminés contribuent également à la production d’énergie lorsqu’ils sont métabolisés

Bilan énergétique

Dans le contexte de l’alimentation équine, la relation entre l’énergie consommée et l’énergie utilisée par l’organisme d’un cheval est appelée bilan énergique. L’atteinte d’un bilan énergétique optimal permet de vous assurer que l’alimentation de votre cheval est adaptée à ses besoins en ce qui a trait à son niveau d’activité et au maintien de son poids.

L’apport énergétique de l’alimentation de votre cheval peut être ajusté afin d’atteindre l’un des trois types de bilan énergétique suivants :

  • Bilan énergétique positif : lorsque l’alimentation fournit plus d’énergie que nécessaire pour l’entretien du cheval, ce dernier dispose de calories supplémentaires pour la prise de poids, la croissance ou la récupération après un effort intense. Ceci est bénéfique pour les chevaux en insuffisance pondérale ou ceux dont l’état de chair doit être amélioré.
  • Bilan énergétique nul : lorsque l’alimentation fournit la quantité exacte d’énergie requise pour les activités quotidiennes, le cheval maintient son poids et son état de chair actuels. Cet équilibre est idéal pour les chevaux ayant un poids santé, les chevaux à l’entretien et ceux faisant de l’exercice régulier.
  • Bilan énergétique négatif : lorsque l’alimentation fournit moins de calories que nécessaire, le cheval utilise ses réserves de graisse corporelle pour produire de l’énergie, ce qui entraîne une perte de poids. Ceci est bénéfique pour les chevaux en surpoids ou ceux qui doivent réduire leur état de chair. Un léger bilan négatif peut également aider à contrôler la vitesse de croissance chez les jeunes chevaux.

Pour ajuster le bilan énergétique de votre cheval, vous pouvez modifier :

  • La densité énergétique : augmentez ou diminuez les aliments riches en calories comme les céréales ou les suppléments de gras. Pour une prise de poids, ajoutez davantage de sources d’énergie concentrée ; pour une perte de poids, limitez les aliments riches en calories tout en maintenant une alimentation équilibrée.
  • L’apport de matière sèche : ajustez la quantité totale de fourrage ou d’aliments (matière sèche) pour répondre aux besoins énergétiques. L’augmentation de l’apport (p. ex. en offrant du foin à volonté) fournit plus de calories, tandis que la restriction de l’apport (p. ex. en rationnant le foin) aide à contrôler le poids en réduisant les calories sans altérer l’équilibre nutritionnel.
  • La dépense énergétique : augmentez ou diminuez le niveau d’activité physique. Une activité plus intense aide à brûler des calories et peut faire pencher le bilan énergétique vers la perte de poids, tandis que la réduction de la charge de travail ou du stress peut aider à conserver l’énergie.

L’ajustement du bilan énergétique dans l’alimentation de votre cheval vous permet de gérer son poids et son état de chair efficacement, soutenant ainsi sa santé et les besoins liés à ses performances.

Comment l’énergie est-elle mesurée ?

La teneur énergétique de l’alimentation de votre cheval est généralement mesurée selon deux unités : les calories (couramment utilisées en Amérique du Nord) et les joules (utilisées en Europe).

Une calorie représente l’énergie requise pour élever la température d’un litre d’eau d’un degré Celsius. Les joules, quant à eux, sont fréquemment utilisés en physique pour mesurer l’énergie nécessaire pour déplacer un objet de 1 kg sur un mètre avec une force d’un newton.

Par souci de simplicité, dans le contexte de cet article nous utiliserons les calories comme unité de mesure. Toutefois, il est important de noter que lorsqu’il est question de nutrition, le terme « calorie » désigne en fait les kilocalories (kcal).

  • Calorie : une calorie (cal) correspond à la quantité d’énergie requise pour élever la température d’un gramme d’eau d’un degré Celsius. Cependant, cette unité étant très petite, elle n’est donc pas couramment utilisée pour mesurer l’énergie alimentaire.
  • Kilocalorie (kcal ou Cal) : une kilocalorie équivaut à 1 000 calories et constitue l’unité de mesure standard de l’énergie alimentaire. Lorsqu’on parle de « calories » sur les étiquettes alimentaires ou en nutrition, il s’agit en fait de kilocalories. Par exemple, un repas de « 500 calories » contient 500 kilocalories. Sur les étiquettes des aliments destinés à la consommation humaine, on utilise « Cal » avec un C majuscule pour désigner les kilocalories, mais de nombreux consommateurs ne sont pas au courant de cette distinction.

Pour plus de clarté, nous continuerons d’utiliser le terme « calories » lorsqu’il est question de kilocalories dans la présente discussion.

En nutrition équine, les besoins énergétiques sont souvent exprimés en mégacalories (mcal), où 1 mcal équivaut à 1 000 kilocalories.

En notation scientifique, le préfixe « méga » est représenté par « M ». Dans les documents de référence sur l’alimentation équine, comme les analyses de foin, il est plus courant de voir les mégacalories exprimées en « mcal » plutôt qu’en « Mcal ». Dans le présent article, nous avons donc choisi d’utiliser « mcal » afin d’avoir recours à des termes similaires aux documents auxquels les propriétaires de chevaux sont habitués.

À titre d’exemple, les besoins énergétiques d’entretien moyen pour un cheval adulte sont d’environ 16 700 kilocalories par jour, ce qui est généralement exprimé comme 16,7 mcal par jour.

Afin de vous permettre de mieux comprendre, voici la teneur énergétique typique de divers aliments pour chevaux par 1 kg (2,2 lb), exprimée en mégacalories (mcal) :

  • Foin de graminées : environ 2,0 à 2,4 mcal
  • Herbe de pâturage : environ 2,5 mcal
  • Foin de luzerne : environ 2,2 à 2,6 mcal
  • Pulpe de betterave : environ 2,8 mcal
  • Avoine : environ 3,3 mcal
  • Orge : environ 3,5 à 3,7 mcal
  • Maïs : environ 3,8 à 4,0 mcal
  • Moulées commerciales : variable, généralement autour de 3,0 à 3,5 mcal
  • Huile végétale : environ 9,5 mcal

Énergie digestible (ED)

Sur le plan biologique, l’énergie que les chevaux tirent de leur alimentation peut être décrite de quatre manières : [1]

  1. Énergie brute : il s’agit de la quantité totale d’énergie contenue dans un aliment. Elle est mesurée en brûlant l’aliment pour en déterminer son apport calorique total.
  2. Énergie digestible : il s’agit de la quantité totale d’énergie dans un aliment (énergie brute) moins l’énergie perdue dans les matières fécales lors de la digestion par le cheval.
  3. Énergie métabolisable : elle correspond à la quantité d’énergie digestible, à laquelle on soustrait l’énergie perdue dans l’urine et les gaz produits pendant la digestion.
  4. Énergie nette : il s’agit de la portion de l’énergie métabolisable qui reste après avoir soustrait l’énergie utilisée pendant la digestion, l’absorption et le métabolisme des nutriments. Elle représente l’énergie réellement disponible pour les fonctions corporelles du cheval.

Le document Nutrient Requirements of Horses de 2007 du National Research Council (NRC) utilise l’énergie digestible (ED) comme unité standard pour évaluer la teneur énergétique des aliments et les besoins énergétiques des chevaux.

Tout au long de cet article, nous utiliserons également l’énergie digestible (ED) pour discuter de la teneur énergétique des aliments et des besoins énergétiques des chevaux.

Lorsque nous parlons d’« alimentation », nous faisons référence à tous les composants du régime alimentaire, y compris le fourrage, les moulées commerciales et les suppléments.

Besoins énergétiques des chevaux

Les besoins énergétiques des chevaux sont définis dans le document Nutrient Requirements of Horses de 2007 du National Research Council (NRC). Ce guide complet établit les besoins nutritionnels de base des chevaux pour différents stades de vie, niveaux d’activité et conditions physiologiques.

En général, les besoins énergétiques d’un cheval correspondent à l’énergie requise pour maintenir sa note d’état de chair actuelle (besoins d’entretien), à laquelle s’ajoute l’énergie requise pour une activité physiologique ou le travail, comme la croissance ou l’exercice.

Le NRC distingue six grandes catégories de chevaux ayant des besoins énergétiques distincts :

  • Les chevaux à l’entretien (ne faisant pas d’exercice)
  • Les chevaux effectuant de l’exercice
  • Les juments gestantes
  • Les juments allaitantes
  • Les jeunes chevaux en croissance
  • Les étalons

Entretien

Les chevaux à l’entretien sont définis comme tout cheval adulte qui n’est pas gestant, allaitant ou impliqué dans une quelconque forme de travail, ce qui inclut la reproduction pour les étalons ou la participation à un programme d’exercice pour les chevaux de performance. [15]

Dans ce contexte, le terme « adulte » désigne les chevaux ayant terminé leur développement physique complet, ce qui se produit généralement vers 4 à 5 ans, selon la race. Ces chevaux ne sont plus en croissance et leurs besoins énergétiques sont stables par rapport aux jeunes chevaux en développement.

Ces chevaux sont à un stade de vie où l’objectif nutritionnel principal est de maintenir leur état de chair et leur santé. Les chevaux à l’entretien participent généralement à des activités de faible intensité, telles que les déplacements naturels et le broutage lors des sorties au pâturage, un maniement occasionnel ainsi que d’autres activités de loisir.

Les besoins d’entretien des chevaux sont calculés en fonction du poids corporel et du niveau d’activité volontaire — c’est-à-dire l’activité que le cheval fait seul, sans intervention humaine.

Le niveau d’activité volontaire peut être influencé par des facteurs tels que le contexte d’hébergement, l’âge, le tempérament et la race. Par exemple, un jeune cheval actif au pâturage aura tendance à bouger davantage qu’un cheval âgé et sédentaire gardé au box.

Besoins typiques

Les besoins énergétiques d’un cheval moyen de 1 100 lb (500 kg) à trois niveaux d’entretien différents sont les suivants : [15]

  • Besoins d’entretien minimaux : 15,2 mcal par jour, adaptés aux chevaux plus sédentaires que la moyenne, soit environ 10 % de moins que les besoins d’entretien moyens.
  • Besoins d’entretien moyens : 16,7 mcal par jour, selon des données regroupées provenant de plusieurs études sur les besoins d’entretien.
  • Besoins d’entretien élevés : 18,2 mcal par jour, destinés aux chevaux au tempérament plus fougueux ou qui sont naturellement plus actifs.

Pour la plupart des chevaux à l’entretien, un fourrage de qualité moyenne combiné à un supplément de vitamines et minéraux fournit généralement suffisamment d’énergie et de nutriments pour garder un état de chair sain.

Facteurs influençant les besoins

Il est important de garder à l’esprit que les estimations ci-dessus sont des recommandations générales et que chaque cheval peut avoir des besoins uniques qui ne correspondent pas aux recommandations standard. En plus de l’activité volontaire, plusieurs autres facteurs peuvent influencer les besoins d’entretien chez les chevaux, tels que : [15]

  • La composition de l’alimentation : l’équilibre nutritionnel de l’alimentation, y compris les niveaux de fibres, de lipides et de protéines, peut influencer l’efficacité avec laquelle le cheval métabolise l’énergie
  • L’âge : les chevaux âgés peuvent avoir des besoins énergétiques différents des jeunes chevaux en raison des changements associés au vieillissement
  • La race : certaines races sont prédisposées à avoir un métabolisme faible ou rapide, ce qui influence les besoins énergétiques de base de ces chevaux
  • La génétique : certains traits génétiques influencent le métabolisme, l’utilisation de l’énergie et le stockage des graisses
  • La masse musculaire maigre : il est possible que les chevaux ayant une masse musculaire plus importante aient besoin de plus d’énergie pour entretenir ces tissus comparativement à ceux ayant un pourcentage de gras plus élevé
  • Les facteurs environnementaux : les climats froids ou les conditions météorologiques extrêmes augmentent les besoins énergétiques, car les chevaux dépensent davantage d’énergie pour réguler leur température corporelle
  • Les différences individuelles : chaque cheval possède des caractéristiques comportementales et des besoins de santé uniques pouvant modifier ses besoins énergétiques spécifiques

Des recherches supplémentaires sont requises pour mieux comprendre l’impact de ces facteurs sur les besoins énergétiques des chevaux à l’entretien.

Étalons

Les étalons sont des chevaux mâles adultes non castrés, souvent gardés à des fins de reproduction.

On estime que les besoins d’entretien des étalons sont plus élevés que ceux des hongres ou des juments, en raison de différences dans la composition corporelle et d’un niveau d’activité volontaire naturellement plus élevé (c’est-à-dire un tempérament plus fougueux).

Par conséquent, les besoins d’entretien des étalons sont calculés selon la catégorie de besoins d’entretien élevés utilisée pour les chevaux adultes qui ne font pas d’exercice. [15][16][17]

En plus de leurs besoins d’entretien de base, les étalons reproducteurs peuvent avoir besoin de plus d’énergie en raison des activités liées à la reproduction. Les besoins énergétiques des étalons utilisés dans des programmes d’élevage intensifs sont estimés à 20 % de plus que ceux des étalons non reproducteurs. [15]

Pour un étalon moyen de 1 100 lb (500 kg), les besoins énergétiques sont calculés comme suit : [15]

  • Étalons non reproducteurs : 18,2 mcal par jour
  • Étalons reproducteurs : 21,8 mcal par jour

Alors que les besoin des étalons non reproducteurs peuvent généralement être comblés avec du foin de graminées de qualité moyenne, les étalons qui se reproduisent fréquemment peuvent avoir besoin d’aliments supplémentaires pour maintenir leur état de chair et combler leurs besoins en protéines. Les aliments riches en énergie qui peuvent être ajoutés à l’alimentation comprennent :

Pour en savoir plus sur l’alimentation des étalons, consultez notre guide sur l’alimentation et la gestion des étalons ou consultez un nutritionniste équin pour vous aider à équilibrer l’alimentation de votre cheval.

Gestation

Les juments gestantes ont des besoins nutritionnels plus élevés visant à soutenir le développement du fœtus et à maintenir une gestation saine. Les besoins énergétiques des juments gestantes sont calculés comme la somme de l’énergie nécessaire à : [15]

  • L’entretien de la jument
  • La croissance du fœtus et du placenta
  • La croissance de l’utérus
  • Le développement du tissu mammaire
  • Le maintien des autres tissus liés à la gestation

Les besoins énergétiques des juments restent généralement stables jusqu’au cinquième mois de gestation, moment où le développement accru du fœtus et du placenta fait augmenter les besoins. [15] Ces besoins augmentent considérablement en fin de gestation, car le fœtus atteindra environ 9,7 % du poids de la jument à la naissance.

Idéalement, les juments devraient commencer leur gestation avec une note d’état de chair entre 5 et 6 afin de répondre aux besoins de la gestation sans puiser excessivement dans leurs réserves corporelles. Si une jument présente une note d’état de chair plus faible au moment de la conception, son apport énergétique devrait être progressivement augmenté pour atteindre une note de 5 ou plus au neuvième mois de gestation. [15]

Les besoins énergétiques d’une jument gestante moyenne de 1 100 lb (500 kg) sont les suivants : [15]

  • < 5 mois de gestation : 16,7 mcal par jour
  • 5 mois de gestation : 17,1 mcal par jour
  • 6 mois de gestation :17,4 mcal par jour
  • 7 mois de gestation : 17,9 mcal par jour
  • 8 mois de gestation : 18,5 mcal par jour
  • 9 mois de gestation : 19,2 mcal par jour
  • 10 mois de gestation : 20,2 mcal par jour
  • 11 mois de gestation : 21,4 mcal par jour

Energy Requirements of Pregnant Mares

Légende:
Energy Requirements of Pregnant Mares : Besoins énergétiques des juments gestantes
Digestible Energy Requirements (MCal/day) : Besoins en énergie digestible (MCal/jour)
Maintenance : Entretien
Months: Mois

Du début jusqu’au milieu de la gestation, un foin de qualité moyenne ou élevée peut généralement suffire à lui seul à couvrir les besoins énergétiques des juments. Cependant, à la fin de la gestation (10 mois et plus), une supplémentation énergétique additionnelle peut être requise pour maintenir l’état de chair du cheval, dépendant de la qualité et du type de fourrage disponible.

Pour ces juments, vous pouvez augmenter l’apport énergétique en ajoutant un ou plusieurs aliments riches en énergie, comme :

  • Du foin des cubes ou des granulés de luzerne
  • De la pulpe de betterave
  • Des suppléments de gras

Pour en savoir plus sur ce sujet, consultez notre article sur l’alimentation des juments gestantes ou soumettez les informations relatives à l’alimentation de votre cheval en ligne pour une évaluation gratuite par nos nutritionnistes équins afin d’obtenir de l’aide pour formuler un régime alimentaire équilibré.

Lactation

Les juments en lactation ont des besoins énergétiques plus élevés, car la production de lait pour le poulain requiert beaucoup d’énergie, de nutriments et de liquides. Ces besoins accrus soutiennent la production de lait nécessaire à la croissance et au développement du poulain, tout en préservant la santé de la jument.

Les besoins caloriques des juments en lactation sont calculés comme la somme de leurs besoins d’entretien et de l’énergie additionnelle requise pour la production de lait. Ces besoins dépendent de la quantité de lait produite par la jument et de la densité énergétique de ce lait.

À l’heure actuelle, les estimations de la production de lait sont basées sur le nombre de jours écoulés depuis la mise bas et le poids corporel de la jument non gestante. Toutefois, la production de lait peut varier en fonction de plusieurs facteurs qui nécessitent davantage de recherches, notamment : [15]

  • La race de la jument
  • La composition de l’alimentation
  • La fréquence des tétées du poulain
  • La densité énergétique de l’alimentation de la jument

En général, à mesure que la lactation progresse, la densité énergétique et le volume de lait produit diminuent.

Pour une jument moyenne de 1 100 lb (500 kg) en lactation, les besoins énergétiques quotidiens estimés à différentes étapes de la lactation sont les suivants : [15]

  • 1 mois de lactation : 31,7 Mcal par jour
  • 2 mois de lactation : 31,7 Mcal par jour
  • 3 mois de lactation : 30,6 Mcal par jour
  • 4 mois de lactation : 29,4 Mcal par jour
  • 5 mois de lactation : 28,3 Mcal par jour
  • 6 mois de lactation : 27,2 Mcal par jour

Au début de la lactation, lorsque le lait constitue la seule source d’alimentation du poulain, il faut supplémenter l’alimentation de la jument en énergie et en protéines pour répondre aux besoins liés à la production de lait.

Toutefois, aux stades plus avancés de la lactation (5 à 6 mois), un foin de graminées de haute qualité peut suffire à combler les besoins nutritionnels d’une jument en lactation.

Les juments en début de lactation peuvent bénéficier d’une supplémentation avec des aliments riches en énergie, tels que :

  • Du foin, des cubes ou des granulés de luzerne
  • De la pulpe de betterave
  • Des suppléments de gras
  • Du tourteau de soja
  • Du tourteau de coton

Pour en savoir plus sur l’alimentation des juments en lactation, lisez notre article « Comment nourrir la jument allaitante » ou consultez l’un de nos nutritionnistes équins pour équilibrer le régime alimentaire de votre jument.

Croissance

Les chevaux en croissance sont ceux qui sont en phase de développement, de la naissance jusqu’à la maturité physique, étape qui est généralement atteinte vers quatre ou cinq ans. Durant cette période, les chevaux en croissance ont des besoins nutritionnels élevés pour soutenir le développement du squelette, la formation musculaire et la prise de poids.

Les besoins énergétiques des chevaux en croissance sont calculés en combinant l’énergie requise pour maintenir leur poids corporel actuel et l’énergie additionnelle nécessaire à la croissance jusqu’à leur poids adulte prévu.

Bien que les besoins énergétiques d’entretien puissent être influencés par divers facteurs, l’équation du NRC pour calculer les besoins énergétiques tient compte de deux variables principales : l’âge (en mois) et le poids adulte prévu du cheval.

Ces données servent à estimer la prise de poids quotidienne moyenne du cheval, ce qui permet de déterminer l’apport énergétique nécessaire pour soutenir sa croissance. Outre ces calculs de base, d’autres facteurs influencent directement les besoins énergétiques : [15]

  • La composition des tissus liés à la prise de poids : les types de tissus développés (par exemple, des os, des muscles ou de la graisse) influencent les besoins énergétiques. Le développement musculaire et osseux, par exemple, requiert davantage de protéines et de minéraux spécifiques, tandis que les dépôts adipeux présentent un profil énergétique différent.
  • La vitesse de la prise de poids : il est important de surveiller la vitesse de la prise de poids d’un jeune cheval afin de protéger la santé de ce dernier. Un rythme de croissance rapide peut accroître les besoins énergétiques mais ces derniers doivent être équilibrés afin d’éviter les maladies orthopédiques du développement.
  • La composition de l’alimentation : le type d’aliments inclus dans l’alimentation – comme les laits de replacement, les concentrés ou les fourrages – influencent l’énergie nécessaire à la digestion ainsi que l’énergie métabolisable disponible pour le cheval.

Le NRC estime les besoins énergétiques des chevaux en croissance en fonction de l’âge et du poids corporel, en tenant compte des variations dans le taux de croissance et la composition des tissus.

Pour un cheval en croissance dont le poids adulte prévu est 1 100 lb (500 kg), les besoins énergétiques sont estimés comme suit : [15]

  • 4 mois : 13,3 Mcal par jour
  • 6 mois : 15,5 Mcal par jour
  • 12 mois : 18,8 Mcal par jour
  • 18 mois : 19,2 Mcal par jour
  • 24 mois : 18,7 Mcal par jour

Les chevaux en croissance doivent recevoir un fourrage de haute qualité pour répondre à leurs besoins en énergie et en protéines. Toutefois, les poulains sevrés de moins d’un an ont généralement besoin d’un apport supérieur en énergie et en protéines, car le fourrage seul ne suffit pas.

Les poulains sevrés et les poulains âgés entre un et deux ans peuvent bénéficier d’une supplémentation avec des aliments tels que :

  • Du foin, des cubes ou des granulés de luzerne
  • De la pulpe de betterave
  • Des suppléments de gras
  • Du tourteau de soja
  • Du tourteau de coton

Il est important d’éviter un apport excessif en énergie dans l’alimentation des jeunes chevaux, car un surplus de calories peut entraîner une croissance trop rapide et augmenter le risque de maladies orthopédiques du développement. [15]

Pour en savoir plus sur le sujet, consultez notre article sur l’alimentation d’un poulain en croissance ou consultez l’un de nos nutritionnistes équins pour équilibrer le régime alimentaire de votre jeune cheval.

Exercice

Les chevaux qui font de l’exercice régulier, que ce soit pour le loisir ou la compétition, ont des besoins énergétiques accrus qui varient en fonction de la fréquence, de l’intensité, de la durée et du type d’activité.

Les besoins énergétiques des chevaux qui travaillent sont déterminés en additionnant leurs besoins caloriques d’entretien à l’énergie supplémentaire requise pour leur niveau d’exercice spécifique.

Pour les chevaux effectuant un travail léger à intense, le besoin d’entretien est considéré comme moyen. Toutefois, on prend pour acquis que les chevaux qui font du travail très intense ont des besoins d’entretien plus élevés afin de soutenir les besoins énergétiques plus importants liés à la fonction musculaire et à la récupération. [15]

L’énergie dépensée pendant l’exercice dépend de plusieurs facteurs, incluant : [15]

  • Les variations individuelles entre les chevaux
  • Le niveau d’entraînement et de condition physique
  • Le type d’exercice
  • Le poids du cavalier
  • L’expérience du cavalier
  • Le climat
  • Les conditions/la résistance du sol

De plus, d’autres activités associées à l’exercice, comme le transport en remorque pour se rendre à des compétitions, peuvent également accroître les besoins énergétiques d’un cheval. [18]

Des chercheurs utilisent la consommation d’oxygène dans un contexte expérimental pour estimer les besoins énergétiques pendant l’exercice. Puisqu’il existe une forte corrélation entre la consommation d’oxygène et la fréquence cardiaque, un moniteur de fréquence cardiaque est couramment utilisé par les propriétaires de chevaux afin d’estimer les dépenses énergétiques sur le terrain. [15][19]

Le NRC estime comment la fréquence cardiaque et la charge de travail hebdomadaire sont corrélées avec différents niveaux d’intensité d’exercice.

Tableau 1. Classification des charges de travail, des fréquences cardiaques et des dépenses énergétiques [15]

Catégorie d’exercice Fréquence cardiaque moyenne pendant l’activité Description du travail Exemples de disciplines
Léger 80 battements par minute
  • 1 à 3 heures par semaine
  • 40 % pas
  • 50 % trot
  • 10 % petit galop
  • Équitation de plaisance
  • Début des programmes d’entraînement
  • Chevaux participant occasionnellement à des concours
Modéré 90 battements par minute
  • 3 à 5 heures par semaine
  • 30 % pas
  • 55 % trot
  • 10 % petit galop
  • 5 % sauts, tri du bétail (cutting) ou travail technique
  • Équitation de plaisance
  • Chevaux d’école
  • Débourrage et début de l’entraînement
  • Chevaux participant fréquemment à des concours
  • Polo
  • Travail de ranch
Intense 110 battements par minute
  • 4 à 5 heures par semaine
  • Intensité plus élevée
  • 20 % pas
  • 50 % trot
  • 15 % petit galop
  • 15 % grand galop, saut ou travail technique
  • Travail de ranch
  • Polo
  • Chevaux participant fréquemment à des concours exigeants
  • Concours complet de niveau débutant à intermédiaire
  • Phases intermédiaires de l’entraînement pour la course
Très intense 110 à 150 battements par minute
  • Variable selon l’intensité
  • 1 heure de travail rapide
  • 6 à 12 heures de travail lent

Pour estimer la charge de travail de votre cheval à l’aide de sa fréquence cardiaque, il est important de la mesurer pendant l’exercice, car elle diminue rapidement après l’effort. Un moniteur cardiaque continu est essentiel pour obtenir des données précises. De plus, assurez-vous que votre cheval est calme pendant la prise de données afin d’éviter des valeurs artificiellement élevées. [15]

Pour mieux comprendre le niveau d’exercice de votre cheval, mesurez sa fréquence cardiaque pendant plusieurs séances d’entraînement qui représentent toute la gamme d’activités qu’il effectue de façon régulière. De cette façon, vous obtiendrez des résultats plus fiables que si vous ne vous basez que sur une seule séance. [15]

Une fois que vous avez identifié la charge de travail de votre cheval selon le système de classification du NRC, vous pouvez calculer sa dépense énergétique.

Pour un cheval moyen de 1 100 lb (500 kg), les besoins énergétiques selon différents niveaux d’exercice sont : [15]

  • Exercice léger : 20 mcal par jour
  • Exercice modéré : 23,3 mcal par jour
  • Exercice intense : 26,6 mcal par jour
  • Exercice très intense : 34,5 mcal par jour

Alors que les chevaux effectuant un travail léger à intense peuvent généralement maintenir leur état de chair avec du foin de qualité moyenne à élevée, les chevaux soumis à un travail très intense ont souvent besoin de suppléments d’énergie et de protéines. Les chevaux qui travaillent et qui ont du mal à maintenir leur état de chair peuvent bénéficier de suppléments alimentaires riches en énergie comme :

  • Du foin, des cubes ou des granulés de luzerne
  • De la pulpe de betterave
  • Des suppléments de gras

Pour en savoir plus sur le sujet, consultez notre guide sur l’alimentation des chevaux qui travaillent ou contactez un nutritionniste pour vous aider à équilibrer l’alimentation de votre cheval.

Digestion et absorption de l’énergie

Les chevaux tirent leur énergie de trois macronutriments principaux : les glucides (y compris les fibres), les lipides et les protéines. Ces sources diffèrent en termes de quantité d’énergie fournie et de facilité avec laquelle le cheval peut les utiliser. Il est important de comprendre ces différences afin d’optimiser l’alimentation de votre cheval en fonction de ses besoins spécifiques.

Chacun de ces macronutriments possède des caractéristiques et une composition uniques ; ils sont donc digérés et absorbés différemment par l’organisme du cheval.

Glucides

Les glucides constituent la principale source d’énergie dans l’alimentation équine. Composés de molécules de carbone, d’hydrogène et d’oxygène, ils peuvent être classés en trois grandes catégories :

  • Glucides hydrolysables : sucres et amidons dégradés dans l’intestin grêle pour une énergie rapide
  • Glucides rapidement fermentescibles : glucides tels que les fibres solubles de la pulpe de betterave, facilement fermentés dans l’intestin postérieur pour produire de l’énergie
  • Glucides structuraux : fibres comme la cellulose, fermentées lentement dans l’intestin postérieur pour répondre aux besoins énergétiques

Glucides hydrolysables (GH)

Les glucides hydrolysables (GH) sont des glucides facilement digestibles présents dans les fourrages et les aliments pour chevaux. Ils sont décomposés et absorbés dans l’intestin grêle, ce qui provoque une augmentation de la glycémie après un repas. Cette pic de glucose dans le sang déclenche la libération d’insuline par le pancréas, une hormone qui régule la glycémie.

Sur une étiquette d’aliment pour chevaux ou une analyse de fourrage, les glucides hydrolysables (GH) correspondent à la somme de l’amidon et des glucides solubles dans l’éthanol (GSEt). Les GSEt sont constitués de sucres simples et d’oligosaccharides (sucres complexes) : [2]

  • Monosaccharides : contient une unité de sucre simple (par exemple, le glucose). Les monosaccharides sont présents en faible concentration dans les plantes et forment des glucides plus complexes comme les di-, oligo- et polysaccharides.
  • Disaccharides : contient deux unités de sucre simple. Le lactose et le maltose sont des disaccharides importants en nutrition équine.
  • Oligosaccharides : contient trois à dix unités de sucre simple. Les aliments pour chevaux et les fourrages peuvent contenir des oligosaccharides comme le raffinose, le stachyose et les fructo-oligosaccharides.

Les monosaccharides sont directement absorbés dans le sang à travers les cellules intestinales. Les disaccharides, oligosaccharides et l’amidon sont d’abord décomposés par des enzymes dans l’intestin grêle pour libérer des monosaccharides absorbables. Parmi les enzymes qui servent spécifiquement à digérer les sucres, on retrouve la lactase, qui décompose le lactose en galactose et glucose, et l’amylase, qui dégrade l’amidon en fragments plus petits. [4]

La digestion et l’absorption directe des sucres sans avoir besoin d’avoir recours à la fermentation permet aux glucides hydrolysables de fournir une source immédiate d’énergie pour les chevaux, ce qui en fait une option intéressante pour répondre aux besoins énergétiques des chevaux de performance. Cependant, une consommation excessive de GH peut provoquer des pics de glycémie et d’insuline, pouvant aggraver les troubles métaboliques comme la résistance à l’insuline ou la laminite.

La teneur en GH de l’alimentation doit être gérée avec soin pour prévenir les problèmes de santé, surtout chez les chevaux souffrant de troubles métaboliques. Les céréales comme l’avoine, l’orge et le maïs sont riches en amidon, tandis que les moulées commerciales contenant du sucre ajouté ou de la mélasse présentent souvent des niveaux élevés de glucides solubles dans l’éthanol (GSEt). De plus, une consommation excessive de sucres et d’amidon augmente le risque d’ulcères gastriques chez les chevaux.

De nombreux propriétaires de chevaux connaissent mieux le terme « glucides non structuraux » (GNS) lorsqu’il il question des sucres et de l’amidon dans l’alimentation équine. Toutefois, « glucides hydrolysables » (GH) est un terme plus précis, car il tient compte de la manière dont les sucres et amidons sont digérés dans le système gastro-intestinal du cheval.

Glucides rapidement fermentescibles

Contrairement aux glucides hydrolysables, les glucides fermentescibles ne sont pas décomposés par les enzymes digestives du cheval. Ils sont plutôt décomposés par les microbes de l’intestin postérieur. Ces microbes fermentent les glucides et produisent des composés appelés acides gras volatils (AGV) que le cheval peut absorber et utiliser comme source d’énergie.

Trois principaux acides gras volatils sont produits par les microbes dans l’intestin postérieur du cheval : [2][7][8][9][10]

  • L’acétate : utilisé immédiatement par les tissus, y compris les muscles, ou converti en acides gras pour le stockage d’énergie
  • Le propionate : converti par le foie en glucose, fournissant une source d’énergie clé au cheval
  • Le butyrate : sert de source d’énergie pour les cellules du système digestif, contribuant ainsi à la santé digestive

Les glucides rapidement fermentescibles sont une sous-ensemble de glucides fermentescibles que les microbes de l’intestin postérieur peuvent décomposer rapidement grâce à leur structure simple et facilement accessible.

Des exemples de ce type de glucides incluent notamment les pectines, les gommes et les mucilages, qui sont des fibres solubles présentes dans la paroi cellulaire des fruits, des betteraves, des graminées et des légumineuses. La pulpe de betterave est particulièrement riche en pectines, ce qui en fait une excellente option pour contribuer au bon fonctionnement de l’intestin postérieur.

Récemment, on remarque un intérêt croissant pour les fibres rapidement fermentescibles, en particulier les fructanes. Les fructanes sont des glucides composés de plusieurs unités de fructose. Ils peuvent être présents dans les aliments et les foins sous forme d’oligosaccharides ou de polysaccharides, représentant de 5 à 40 % de la matière sèche de certains foins. [2][4][11]

Bien que les fructanes contiennent des liaisons glycosidiques bêta que les enzymes du cheval ne peuvent pas digérer dans l’intestin grêle, les microbes résidant dans l’intestin grêle pourraient potentiellement en décomposer une partie. [4][12]

Cela peut susciter des inquiétudes pour les chevaux ayant des problèmes métaboliques, car il a été démontré que des doses concentrées de fructane ont leur capacité d’induire la laminite lorsqu’elles sont consommées en très grande quantité. [4][13] Il est donc recommandé de surveiller l’apport en fructanes, qui peut être évalué en contrôlant la teneur en glucides solubles dans l’eau (GSE) des foins et des aliments, chez les chevaux présentant des troubles métaboliques.

Glucides structuraux

Les fibres sont un type de glucides que l’on retrouve dans les plantes comme les graminées et les légumineuses (p. ex., la luzerne). Elles sont classées comme glucides structuraux parce qu’elles forment la structure des parois cellulaires des plantes, leur procurant force et support.

Les glucides structuraux sont des molécules complexes comportant des liaisons bêta, que les enzymes digestives du cheval ne peuvent pas décomposer. Ce sont plutôt les microbes de l’intestin postérieur qui les fermentent, produisant de l’énergie sous forme d’acides gras volatils.

Dans une analyse de fourrage, les glucides structuraux sont mesurés sous le nom de fibres au détergent neutre (FDN). La FDN représente la fraction de fibres lentement fermentescibles dans les aliments et les fourrages, incluant : [6]

  • La cellulose
  • L’hémicellulose
  • La lignine

Parmi ces composants, la cellulose et l’hémicellulose peuvent être fermentées par les microbes de l’intestin postérieur, ce qui fournit une source d’énergie au cheval. Toutefois, la lignine est indigeste : ni les enzymes du cheval ni la fermentation microbienne ne peuvent la décomposer.

Les lipides

Les lipides (ou gras) représentent une source concentrée d’énergie, fournissant environ 2,25 fois plus de calories par gramme que les glucides. L’ajout de lipides à l’alimentation peut augmenter considérablement la densité énergétique sans qu’il soit nécessaire d’accroître le volume de nourriture offerte.

L’alimentation du cheval est naturellement pauvre en matières grasses : celles-ci représentent moins de 5 % de l’énergie calorique fournie par le fourrage. Toutefois, les chevaux peuvent digérer et utiliser efficacement le gras alimentaire lorsque ce dernier est introduit graduellement dans l’alimentation.

En plus de servir de supplément énergétique, les lipides offrent d’autres avantages pour la santé, incluant l’amélioration de l’état de la peau et du pelage, une meilleure endurance chez les chevaux de performance et le soutien de la santé intestinale. De plus, ils peuvent servir de source d’énergie alternative pour les chevaux sensibles à l’amidon et au sucre.

Sources de matières grasses

Les sources de lipides les plus courantes dans l’alimentation équine incluent les huiles, les aliments riches en matières grasses et les suppléments de gras en granulés. Ces options offrent une certaine flexibilité et peuvent être adaptées aux besoins spécifiques de chaque cheval.

Les huiles tirent 100 % de leurs calories des lipides, ce qui en fait la source d’énergie la plus concentrée disponible pour les chevaux. Les huiles végétales et issues de graines les plus populaires incluent :

  • Le soja
  • Le canola
  • Le maïs
  • Le tournesol
  • Le lin
  • La caméline
  • La noix de coco

D’autres options populaires incluent les huiles d’origine marine, telles que l’huile de poisson ou l’huile issue de microalgues.

Les huiles sont généralement ajoutées à l’alimentation en quantités variant de 30 à 300 ml par jour, selon les besoins spécifiques du cheval, notamment son état de chair et ses besoins énergétiques.

Les aliments riches en matières grasses qui peuvent être intégrés à l’alimentation du cheval comprennent les graines de lin moulues, le son de riz et les fèves de soya grillées. D’autres options incluent des suppléments de gras en poudre ou en granulés, comme le son de riz stabilisé.

Ces ingrédients peuvent être ajoutés individuellement à l’alimentation, ce qui permet un contrôle plus précis de la composition nutritionnelle globale. On les retrouve également dans des moulées complètes formulées pour les chevaux de performance ou les juments en lactation afin d’augmenter la densité énergétique.

De petites quantités de matières grasses et d’huiles sont aussi ajoutées aux aliments pour chevaux afin de réduire la poussière, d’améliorer la palatabilité et de limiter les irritations respiratoires. Elles aident à lier les particules d’aliment, garantissant ainsi un mélange uniforme et un apport régulier en nutriments, tout en améliorant le processus de granulation. [14]

Types de lipides

La plupart des matières grasses présentes dans l’alimentation du cheval sont sous forme de triacylglycérols, constitués de trois chaînes d’acides gras liées à un squelette de glycérol. [14]

En plus d’être une source d’énergie, les gras jouent un rôle essentiel dans l’organisme. Les acides gras sont des composants clés de la structure des membranes cellulaires, influençant leur fluidité et la façon dont les cellules réagissent aux signaux externes.

Ils servent également de précurseurs à des molécules de signalisation importantes, comme les éicosanoïdes, qui régulent l’inflammation, la réponse immunitaire et d’autres fonctions physiologiques.

La structure des acides gras détermine leur utilisation par l’organisme et leurs effets sur la santé et les performances du cheval. Leurs fonctions biologiques dépendent : [14]

  • De la longueur des chaînes d’acides gras
  • Du degré d’insaturation (nombre de doubles liaisons)
  • De la position des doubles liaisons dans la molécule

Certains types d’acides gras, comme les oméga-3 et oméga-6, ont des rôles spécialisés dans l’organisme.

  • Acides gras oméga-3 : ces gras insaturés, caractérisés par une double liaison sur le troisième carbone à partir de l’extrémité méthyle de la chaîne carbonée, incluent des acides gras oméga-3 spécifiques tels que le DHA et l’EPA. Abondants dans les sources marines, le DHA et l’EPA encouragent des réponses inflammatoires normales, favorisent la fonction articulaire, contribuent à la santé respiratoire et soutiennent la fonction cardiovasculaire.
  • Acides gras oméga-6 : avec une double liaison au sixième carbone à partir de l’extrémité méthyle de la chaîne carbonée, les oméga-6 ont un rôle pro-inflammatoire, favorisant la cicatrisation et stimulant la réponse immunitaire.

Les oméga-3 et oméga-6 sont tous deux nécessaires à la santé de votre cheval, mais un apport plus élevé en oméga-3 est généralement considéré comme bénéfique.

Digestion des lipides

Les gras constituent une source d’énergie hautement digestible, ce qui signifie qu’ils sont efficacement transformés et absorbés par le système digestif du cheval.
Comme chez les autres mammifères, la digestion des gras se fait en trois étapes distinctes chez le cheval : [14]

  1. La fragmentation mécanique : la mastication dans la bouche et le brassage dans l’estomac décomposent les gras alimentaires en particules plus petites et émulsifiées, plus faciles à digérer.
  2. La digestion enzymatique : la digestion commence avec la lipase gastrique dans l’estomac et se poursuit dans l’intestin grêle avec la bile, les sucs pancréatiques, la lipase et la colipase. Ces enzymes décomposent davantage les gras en composants absorbables.
  3. La formation de micelles : les produits issus de la digestion enzymatique dans l’intestin grêle sont organisés en micelles mixtes, qui transportent les acides gras jusqu’à la paroi intestinale pour l’absorption.

Au niveau de la paroi intestinale, les micelles acheminent les acides gras vers les cellules intestinales soit par transport facilité par des protéines, soit par diffusion. À l’intérieur de ces cellules, les acides gras à longue chaîne sont réassemblés en chylomicrons, de grands lipoprotéines. Les chylomicrons sont ensuite exportés vers le système lymphatique avant d’atteindre la circulation sanguine. [14]

Les acides gras à chaîne courte (moins de 12 atomes de carbone) ne passent pas par ce processus : ils sont absorbés directement dans la circulation sanguine sans devoir être réassemblés en chylomicrons.

Adaptation progressive à une ration riche en lipides

Les chevaux ne sont pas naturellement adaptés pour consommer de larges repas riches en lipides, car leur système digestif est surtout conçu pour digérer les fibres d’une alimentation à base de fourrages. Si un cheval est soudainement exposé à une alimentation très riche en gras, il est possible que son système digestif ait du mal à digérer et absorber efficacement les lipides, en raison d’une production insuffisante des enzymes et acides biliaires nécessaires.

Toutefois, lorsque les gras sont introduits graduellement sur plusieurs semaines, le système digestif du cheval peut s’adapter en :

  • Augmentant la production de lipase : la lipase, l’enzyme responsable de la dégradation des matières grasses, devient plus abondante dans le tube digestif
  • Améliorant la sécrétion de bile : les chevaux n’ont pas de vésicule biliaire, donc la bile est sécrétée en continu en petites quantités. Une introduction graduelle permet au foie d’ajuster cette production pour faciliter l’émulsification des lipides
  • Optimisant l’absorption : avec le temps, l’intestin grêle devient plus efficace pour former les micelles et transporter les acides gras à travers la paroi intestinale pour leur absorption

En augmentant progressivement la quantité de lipides dans l’alimentation, les chevaux peuvent mieux les utiliser comme source d’énergie. Cette adaptation leur permet de digérer les matières grasses de manière sûre et efficace afin de répondre à leurs besoins énergétiques.

Les chevaux peuvent puiser jusqu’à 20 % de leur énergie digestible des lipides, dépendant de leur alimentation globale et de leurs besoins individuels.

Les protéines

Les protéines sont des nutriments essentiels dans l’alimentation équine. Elles sont principalement utilisées pour construire et réparer les tissus, soutenir le développement musculaire et maintenir la santé de la peau, des poils et des sabots.

Bien que la fonction première des protéines ne soit pas la production d’énergie, elles peuvent servir de source d’énergie lorsqu’un cheval ne reçoit pas assez d’énergie des glucides et des lipides.

La digestion des protéines produit des acides aminés libres, qui peuvent être décomposés et utilisés comme source d’énergie. Cela implique l’élimination de l’élément azoté de l’acide aminé, ce qui laisse un squelette carboné qui entre dans le cycle de l’acide tricarboxylique (cycle de Krebs).

Dans ce cycle, les acides aminés peuvent être convertis en substrats énergétiques tels que le glucose ou les acides gras, ou être directement oxydés pour produire de l’ATP, la monnaie énergétique des cellules.

Cependant, l’utilisation des protéines comme source d’énergie est inefficace : le processus de dégradation des acides aminés et d’élimination de l’azote exige beaucoup d’énergie. Ce coût métabolique élevé rend les protéines peu pratiques comme source énergétique principale comparativement aux glucides ou aux lipides.

Sources d’énergie

Les chevaux dépendent de divers composants alimentaires pour répondre à leurs besoins énergétiques. Les sources d’énergie courantes dans l’alimentation équine incluent le foin, les pâturages, les céréales, la pulpe de betterave et les huiles.

Chacune de ces sources de calories offre des avantages et des particularités uniques à prendre en considération pour favoriser la santé et les performances de votre cheval. Il est important de bien comprendre ces options afin de concevoir un plan alimentaire équilibré adapté aux besoins spécifiques de votre cheval.

Dans la section qui suit, nous explorerons les sources d’énergie populaires pour les chevaux, y compris leur profil nutritionnel, leur digestibilité et les particularités importantes à prendre en compte.

Foin de graminées

Le foin de graminées est un pilier de l’alimentation équine, tout particulièrement pendant les mois d’hiver ou dans les régions où des pâturages frais sont inaccessibles. Les types de foin de graminées couramment offerts aux chevaux incluent :

  • Le foin de fléole des prés : un choix populaire reconnu pour son profil nutritionnel équilibré et sa palatabilité
  • Le foin de dactyle pelotonné : un foin tendre et feuillu, avec des niveaux modérés de protéines et d’énergie, souvent apprécié pour sa faible teneur en poussière
  • Le foin de chiendent pied-de-poule : courant dans les climats plus chauds, il fournit suffisamment de fibres mais a tendance à contenir moins de protéines et d’énergie que d’autres foins de graminées
  • Le foin d’ivraie (ray-grass) : très appétissant et nutritif, mais sa teneur en sucre pouvant être élevée, il est important d’être prudent avec les chevaux atteints de troubles métaboliques
  • Le foin de fétuque : facilement accessible et résistant, bien que son utilisation puisse justifier une analyse pour détecter toute contamination par des endophytes, surtout s’il est utilisé auprès de juments gestantes

La densité énergétique du foin de graminées dépend de sa maturité au moment de la coupe ainsi que de facteurs tels que l’heure de la récolte et les conditions climatiques. À mesure que les graminées mûrissent, elles développent davantage de fibres et perdent graduellement leur teneur en énergie et en protéines, ce qui donne un foin moins dense en nutriments dans l’ensemble.

Les foins de graminées, y compris le foin de fléole, de dactyle pelotonné, de chiendent pied-de-poule et d’ivraie, devraient constituer la majeure partie de l’alimentation des chevaux lorsqu’un accès aux pâturages n’est pas disponible. Pour les chevaux à l’entretien ou effectuant un travail léger à modéré, un accès à volonté au foin de graminées est généralement suffisant pour combler leurs besoins énergétiques.

Les foins de graminées de saison fraîche récoltés à maturité moyenne présentent généralement le profil nutritionnel suivant : [20][21]

  • 2,18 mcal par kg de matière sèche
  • 58 % de fibres au détergente neutre
  • 7,0 % de sucres simples (GSEt)
  • 1,4 % d’amidon
  • 2,5 % de matières grasses
  • 13 % de protéines brutes

À mesure que le foin de graminées mûrit, son contenu nutritionnel change. Les foins de graminées plus mûrs peuvent contenir : [20][21]

  • 2,04 mcal par kg de matière sèche
  • 69 % de fibres au détergente neutre
  • 7,0 % de sucres simples (GSEt)
  • 1,4 % d’amidon
  • 2,0 % de matières grasses
  • 11 % de protéines brutes

Les foins de graminées immatures peuvent contenir : [20][21]

  • 2,36 mcal par kg de matière sèche
  • 50 % de fibres au détergent neutre
  • 7,0 % de sucres simples (GSEt)
  • 1,4 % d’amidon
  • 3,3 % de matières grasses
  • 18 % de protéines brutes

La teneur en énergie et en nutriments du foin varie considérablement selon sa maturité ainsi que d’autres facteurs. La façon la plus précise d’en déterminer la valeur nutritionnelle est de soumettre un échantillon de fourrage pour une analyse. Une analyse de foin fournit des données détaillées sur la teneur en protéines, fibres, amidon, sucre, matières grasses et minéraux, ainsi qu’une estimation de la teneur en énergie calculée à partir niveaux de protéines et de fibres.

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Foin de légumineuses

Les foins de légumineuses, comme la luzerne et le foin d’arachide, sont généralement plus faibles en fibres et plus riches en protéines que les foins de graminées, ce qui leur confère une densité énergétique plus élevée. Le foin de légumineuses peut être incorporé à l’alimentation équine sous forme de foin à longues tiges, de granulés ou de cubes.

Même si les foins de légumineuses ne devraient pas constituer la totalité du fourrage d’un cheval, ils peuvent être inclus dans l’alimentation pour répondre à des besoins énergétiques accrus. Leur teneur élevée en protéines et en énergie est particulièrement bénéfique pour les chevaux dont les besoins nutritionnels sont plus importants, comme les juments en lactation, les jeunes chevaux en croissance ou les chevaux qui font un travail intensif.

Les foins de légumineuses récoltés à maturité moyenne contiennent généralement : [20][21]

  • 2,43 mcal par kg de matière sèche
  • 43 % de fibres au détergent neutre
  • 6,8 % de sucres simples (GSEt)
  • 1,3 % d’amidon
  • 2,0 % de matières grasses
  • 21 % de protéines brutes

Les foins de légumineuses plus mûrs peuvent contenir : [20][21]

  • 2,21 mcal par kg de matière sèche
  • 51 % de fibres au détergent neutre
  • 6,8 % de sucres simples (GSEt)
  • 1,3 % d’amidon
  • 1,6 % de matières grasses
  • 18 % de protéines brutes

Les foins de légumineuses immatures peuvent contenir : [20][21]

  • 2,62 mcal par kg de matière sèche
  • 36 % de fibres au détergent neutre
  • 6,8 % de sucres simples (GSEt)
  • 1,3 % d’amidon
  • 2,1 % de matières grasses
  • 20,5 % de protéines brutes
Le foin de luzerne est riche en calcium, ce qui doit être compensé par un apport adéquat en phosphore. Consultez un nutritionniste équin lorsque vous ajoutez des fourrages de légumineuses à l’alimentation, particulièrement pour les jeunes chevaux ou les juments en lactation, afin de vous assurer que le rapport entre le calcium et le phosphore est équilibré.

Pâturages

Les pâturages d’herbe fraîche représentent une source d’énergie riche, fournissant amplement de calories tout en soutenant le comportement naturel de broutage du cheval et en favorisant son bien-être général.

Dans les régions où les pâturages sont accessibles, l’augmentation du temps passé à l’extérieur au pâturage est souvent la méthode la plus économique pour fournir l’énergie nécessaire aux chevaux ayant des besoins caloriques accrus comparativement à une alimentation basée uniquement sur le foin.

Cependant, la teneur en sucre de l’herbe des pâturages peut varier considérablement selon l’heure de la journée et la maturité du fourrage. Il est possible qu’un pâturage luxuriant ne convenienne pas aux chevaux atteints de syndrome métabolique qui sont prédisposés à la laminite.

Les pâturages d’herbe offrents généralement le profil nutritionnel suivant : [20][21]

  • 2,39 mcal par kg de matière sèche
  • 46 % à 61 % de fibres au détergent neutre
  • 6,8 % de sucres simples (GSEt)
  • 1,9 % d’amidon
  • 2,7 % à 3,4 % de matières grasses
  • 16 % à 27 % de protéines brutes

L’herbe est un organisme vivant et sa composition nutritionnelle fluctue selon la saison, la météo et l’heure de la journée. Par conséquent, l’échantillonnage des pâturages à un moment précis pour déterminer les niveaux d’énergie et de nutriments ne reflètera pas nécessairement fidèlement les nutriments qu’un cheval consommera sur une période prolongée.

Pulpe de betterave

La pulpe de betterave est une fibre facilement fermentescible, couramment utilisée dans l’alimentation équine comme source d’énergie. Elle est un sous-produit de l’extraction du sucre de la betterave sucrière.

La pulpe de betterave est riche en fibres solubles qui sont facilement fermentées dans l’intestin postérieur, fournissant ainsi une source d’énergie stable sans augmenter les niveaux de sucres et d’amidon dans l’alimentation de façon importante. Tant que les propriétaires de chevaux optent pour l’option sans mélasse, la pulpe de betterave constitue une excellente option pour les chevaux qui ne tolèrent pas un apport élevé en glucides hydrolysables.

Le profil nutritionnel de la pulpe de betterave varie selon son mode de transformation, mais contient généralement : [20][21]

  • 2,8 mcal par kg de matière sèche
  • 40 % à 46 % de fibres au détergent neutre
  • 10,2 % de sucres simples (GSEt)
  • 1,1 % d’amidon
  • 1,1 % de matières grasses
  • 10 % de protéines brutes

Avoine

L’avoine est une autre source d’énergie courante dans l’alimentation équine. Il s’agit d’une céréale riche en calories; une grande partie de cet apport énergétique provient de l’amidon stocké dans la graine d’avoine.

En raison de sa teneur élevé en amidon, l’avoine n’est généralement pas recommandée pour les chevaux souffrant de problèmes métaboliques tels que le syndrome métabolique équin. Cependant, elle peut être un ajout précieux à l’alimentation de certains chevaux qui font de l’exercice intense.

Selon la manière dont elle est transformée, l’avoine présente généralement la composition nutritionnelle suivante : [20][21]

  • 3,3 mcal par kg de matière sèche
  • 30 % de fibres au détergente neutre
  • 2,18 % de sucres simples (GSEt)
  • 43 % d’amidon
  • 5,2 % de matières grasses
  • 14 % de protéines brutes

Huiles

Les huiles sont très denses en calories, ce qui en fait une option idéale pour les chevaux ayant des besoins énergétiques élevés, tels que les juments en lactation, les chevaux de performance et les chevaux en insuffisance pondérale. Les huiles fournissent des calories « fraîches » (ne contribuant pas un à comportement excité) qui aident à maintenir des niveaux d’énergie constants et à améliorer la régulation du tempérament chez les chevaux réactifs.

En plus petites quantités, les suppléments de gras conviennent également à d’autres chevaux puisqu’elles fournissent des calories tout en réduisant la dépendance aux aliments à base de céréales.

Les huiles pures contiennent généralement : [20][21]

  • 9,5 mcal par kg de matière sèche
  • 0 % de fibres au détergente neutre
  • 0 % de sucres simples (GSEt)
  • 0 % d’amidon
  • 100 % de matières grasses
  • 0 % de protéines brutes

Toutes les huiles ont la même densité calorique, mais leur composition en acides gras peut différer. Certaines huiles végétales, comme l’huile de lin et l’huile de cameline, sont riches en acide alpha-linolénique (ALA), un acide gras oméga-3. En revanche, d’autres huiles comme, l’huile de soja et l’huile de maïs, sont riches en acide linoléique (LA), un acide gras oméga-6.

Les chevaux ont besoin d’acides gras oméga-3 et oméga-6 dans leur alimentation pour favoriser une régulation normale de l’inflammation. Les acides gras oméga-3 aident à maintenir une réponse inflammatoire équilibrée, tandis que les acides gras oméga-6 contribuent à un bon fonctionnement du système immunitaire et à la réparation des tissus.

Les chevaux souffrant de douleurs articulaires, de problèmes respiratoires ou une mauvaise qualité de la peau et du pelage bénéficient des huiles riches en acides gras oméga-3. Parmi eux, le DHA et EPA contribuent à la fonction respiratoire, à la santé articulaire, au développement d’un pelage brillant et à la fonction cardiovasculaire.

L’huile w-3 de Mad Barn est un supplément de gras appétissant pour les chevaux, enrichi en acide gras oméga-3 DHA ainsi qu’en vitamine E naturelle. L’ajout de l’huile w-3 à l’alimentation soutient les chevaux ayant des besoins énergétiques accrus tout en fournissant des acides gras oméga-3 bénéfiques pour le bien-être général et les performances.

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Déséquilibres énergétiques chez les chevaux : carences et excès d’énergie

Un bon équilibre énergétique dans l’alimentation d’un cheval est essentiel pour maintenir une santé, des performances et un état de chair optimaux.

Si votre cheval consomme moins d’énergie que ce dont il a besoin, il peut perdre du poids et du tonus musculaire, se sentir fatigué et avoir des difficultés à performer. D’autre part, consommer trop d’énergie ou des quantités excessives de certaines sources de calories peut entraîner une prise de poids, des problèmes comportementaux et des problèmes métaboliques.

Vous pouvez suivre l’évolution de l’état de chair de votre cheval pour vérifier s’il reçoit la bonne quantité d’énergie de son alimentation. Une diminution de l’état de chair indique une carence en énergie, tandis qu’une augmentation indique un excès de calories dans l’alimentation.

Pour la plupart des chevaux, une note d’état de chair de 5 sur l’échelle Henneke est idéale. Cependant, pour certaines catégories de chevaux, telles que les juments poulinières ou les chevaux qui font de l’exercice, la note d’état de chair devrait plus élevée ou plus basse afin d’optimiser les objectifs de performance. [15]

Pour influencer la note d’état de chair d’un cheval, les propriétaires et les soigneurs de chevaux peuvent modifier l’équilibre énergétique du cheval en ajustant l’apport et/ou la dépense en calories. Pour un cheval moyen de 1 100 lb (500 kg), on estime qu’une prise ou une perte de 35 à 44 lb (16 à 20 kg) de poids corporel est nécessaire pour obtenir un changement d’un point sur l’échelle d’état de chair. [15]

Chevaux en insuffisance pondérale

Les chevaux en insuffisance pondérale doivent toujours être évalués par un vétérinaire pour diagnostiquer tout problème médical sous-jacent pouvant contribuer à leur faible état de chair. Les diagnostics courants associés à la perte de poids incluent :

Sur recommandation de votre vétérinaire et de votre nutritionniste équin, vous pouvez augmenter la densité calorique de l’alimentation pour soutenir une prise de poids progressive. Surveillez et notez régulièrement le poids et l’état de chair de votre cheval afin de suivre les progrès et d’apporter les ajustements nécessaires.

L’énergie nécessaire pour promouvoir une prise de poids chez votre cheval peut varier en fonction de plusieurs facteurs [15]

  • La composition des tissus liés à la prise de poids: si le poids gagné est constitué principalement de muscle ou de graisse
  • La composition de l’alimentation: le type de sources d’énergie dans l’alimentation, comme les gras versus les fibres
  • L’état de chair initial: les chevaux dont la note d’état de chair est particulièrement faible peuvent avoir besoin de plus d’énergie pour prendre du poids

Augmentation des calories requise

L’estimation de l’énergie alimentaire et du temps nécessaires pour obtenir une augmentation d’un point dans la note d’état de chair (par exemple, de 4 à 5) est la suivante : [15]

  • 60 jours : augmentation de 5,3 à 6,7 mcal par jour
  • 90 jours : augmentation de 3,6 à 4,4 mcal par jour
  • 120 jours : augmentation de 2,7 à 3,3 mcal par jour
  • 150 jours : augmentation de 2,1 à 2,7 mcal par jour
  • 180 jours : augmentation de 1,8 à 2,2 mcal par jour

Aliments pour la prise de poids

Pour un cheval adulte de 1 100 lb (500 kg) à l’entretien avec du foin de graminées à volonté, l’ajout de l’un des aliments suivants peut fournir environ 3 mcal/jour de calories supplémentaires :

  • 2 lb (1 kg) de cubes de luzerne (poids sec)
  • 3,3 lb (1,5 kg) de pulpe de betterave (poids sec)
  • 200 ml (7 oz) d’huile

L’ajout de ces aliments à un régime alimentaire basé sur un accès à du foin à volonté devrait entraîner une augmentation d’état de chair d’un point sur l’échelle de Henneke en environ 120 jours (3 mois).

Notez qu’à lui seul, ce régime alimentaire ne répond pas à tous les besoins nutritionnels, notamment pour les vitamines et les minéraux. Pour équilibrer complètement ce plan alimentaire, ajoutez le supplément Omneity® de Mad Barn, qui contient des oligo-éléments organiques à 100 %, un niveau élevé de vitamine E et toutes les vitamines du spectre B, y compris 20 mg de biotine pour la santé des sabots.

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Chevaux en surpoids

Les chevaux en surpoids doivent atteindre un déficit calorique pour réduire leur pourcentage de gras corporel et atteindre un état de chair sain. Cela implique de réduire les calories tout en veillant à ce que l’alimentation demeure équilibrée et réponde aux besoins nutritionnels du cheval.

Les chevaux qui suivent un programme de perte de poids risquent de perdre à la fois du muscle et de la graisse, même avec des efforts pour cibler spécifiquement la perte de graisse. [15] Pour minimiser la perte musculaire et favoriser une réduction du poids plus rapide et plus saine, un programme de perte de poids doit inclure à la fois de l’exercice et des changements alimentaires. L’exercice permet de maintenir la masse musculaire tout en augmentant la dépense énergétique.

Les programmes de perte de poids doivent viser une réduction progressive de 1 % du poids corporel par semaine. Pour un cheval de 1 210 lb (550 kg), cela équivaut à une perte d’environ 48 lb (22 kg) sur une période d’un mois. Cette approche contrôlée permet d’assurer une perte de poids sécuritaire et durable tout en minimisant les risques de complications de santé.

Certains équidés, tels que les poneys et les ânes, sont sensibles à l’hyperlipidémie, une affection qui peut survenir lors d’une restriction calorique prolongée ou sévère. Pour éviter ce problème, il est important d’éviter des réductions trop importantes ou prolongées de l’apport calorique pour ces animaux. Consultez un nutritionniste équin pour élaborer un programme de perte de poids sécuritaire pour les ânes et les poneys.

Pour les chevaux en surpoids, les céréales et les aliments riches en gras doivent être progressivement réduits tout en veillant à offrir un accès suffisant au fourrage pour soutenir la santé intestinale et le bien-être mental. Des sorties régulières à l’extérieur sont bénéfiques pour encourager le mouvement libre, mais il peut être nécessaire de gérer ces sorties en utilisant une parcelle sèche ou, si le cheval sort sur des pâturages, une muselière de pâturage pour limiter la consommation d’herbe.

Il peut être nécessaire de rationner le foin riche en calories, mais l’apport ne doit pas être limité à moins de 1,5 % du poids corporel du cheval sur une base de matière sèche afin de garantir un apport suffisant en fibres. Une autre option est de le mélanger avec un fourrage moins calorique ou de la paille. Le trempage du foin peut également réduire la teneur en calories.

Pour découvrir plus de stratégies visant à favoriser une perte de poids sécuritaire chez les chevaux en surpoids, lisez notre guide intitulé « L’alimentation d’un cheval trop gras pour favoriser la perte de poids – [10 conseils] ».

Questions fréquemment posées

Voici quelques questions fréquemment posées sur les besoins énergétiques des chevaux et les sources de calories :

Résumé

Les besoins énergétiques des chevaux sont calculés en fonction de leur poids corporel, de leur état physiologique et de leur niveau d’exercice. D’autres facteurs comme l’âge, la génétique, le climat, la composition de la ration et le métabolisme individuel influencent aussi les besoins énergétiques d’un cheval.

  • L’énergie dans l’alimentation des chevaux est mesurée en mégacalories (mcal). Un cheval adulte typique au maintien a besoin de 16,7 mcal par jour, ce qui équivaut à 16 700 calories.
  • Les stades de vie et les activités telles que l’exercice, la gestation, la lactation et la croissance augmentent les besoins énergétiques d’un cheval au-delà des niveaux de maintien.
  • Les chevaux tirent leur énergie de différents nutriments dans leur ration, notamment les fibres (fourrages), les glucides hydrolysables (sucre et amidon), les matières grasses et les protéines. Les fourrages devraient constituer la majeure partie de la ration, et d’autres sources peuvent être ajoutées pour répondre à des besoins spécifiques.
  • Les différentes sources d’énergie sont digérées, absorbées et métabolisées différemment par les chevaux, ce qui rend certaines sources plus adaptées à des catégories particulières de chevaux, comme ceux effectuant un travail intensif ou présentant des sensibilités métaboliques.
  • Le suivi de la note d’état corporel (BCS) aide à évaluer l’équilibre énergétique. Les chevaux ayant une BCS inférieure à 5 peuvent nécessiter un apport calorique accru pour atteindre un poids santé, tandis que ceux ayant une BCS supérieure à 6 peuvent bénéficier d’une réduction des calories pour favoriser une perte de poids.
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References

  1. Geor, R.J. et al. Chapter 5: Energy Systems and Requirements. Equine Applied and Clinical Nutrition: Health, Welfare and Performance. 2013.
  2. National Research Council Chapter 2: Carbohydrates. Nutrient Requirements of Horses. 2007.
  3. Hoffman, R.M., et. al.Hydrolyzable carbohydrates in pasture, hay, and horse feeds: direct assay and seasonal variation. JAS. 2001.
  4. Geor, R.J. et al. Chapter 8: Carbohydrates. Equine Applied and Clinical Nutrition: Health, Welfare and Performance. 2013.
  5. Hall, M.B. Challenges with nonfiber carbohydrate methods. JAS. 2003.
  6. National Research Council Chapter 10: Feed Analysis. Nutrient Requirements of Horses. 2007.
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  12. Coenen, M., et al. Fermentative Gases in Breath Indicate that Inulin and Starch Start to Be Degraded by Microbial Fermentation in the Stomach and Small Intestine of the Horse in Contrast to Pectin and Cellulose. The Journal of Nutrition. 2006. View Summary
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  20. National Research Council Chapter 16: Nutrient Requirements, Feedstuff Composition, and Other Tables. Nutrient Requirements of Horses. 2007.
  21. Equi-Analytical – Feed Composition Library. Accessed Oct 18, 2023.
  22. Geor, R.J. et al. Chapter 28: Obesity. Equine Applied and Clinical Nutrition: Health, Welfare and Performance. 2013.