Les maladies et les blessures articulaires sont des causes fréquentes de boiterie et de baisse de performance chez les chevaux, en particulier chez les animaux athlétiques ou jeunes en croissance. Des affections comme l’ostéochondrite disséquante (OCD), la synovite et les fractures traumatiques des surfaces articulaires peuvent affecter de façon significative le confort, les mouvements et la solidité à long terme d’un cheval.

L’arthroscopie est devenue la référence en matière de prise en charge de ces problèmes, car elle permet au chirurgien d’évaluer directement l’articulation, plutôt que de se fier uniquement à des techniques d’imagerie comme les radiographies ou l’échographie. Cette procédure consiste à insérer une petite caméra et des instruments spécialisés par de minuscules incisions afin de visualiser, diagnostiquer et traiter les problèmes à l’intérieur de l’articulation.

L’arthroscopie offre de nombreux avantages par rapport aux techniques chirurgicales traditionnelles. Les petites incisions associées à la procédure réduisent les traumatismes des tissus mous, la douleur postopératoire et le risque d’infection. L’arthroscopie permet également des temps de guérison plus rapides avec une cicatrisation minimale comparativement aux méthodes plus invasives.

À mesure que les chevaux athlètes repoussent les limites de la performance, le maintien de la santé articulaire est devenu une priorité majeure, tant en prévention qu’en traitement. L’arthroscopie représente une avancée clé dans cet effort, combinant précision, sécurité et efficacité afin de favoriser de meilleurs résultats à long terme pour les chevaux de toutes disciplines.

Arthroscopie chez le cheval

L’arthroscopie est une intervention chirurgicale minimalement invasive qui permet la visualisation directe de l’intérieur de l’articulation d’un cheval à l’aide d’une petite caméra qui transmet des images en temps réel à un moniteur. En pratiquant plusieurs petites incisions, des instruments spécialisés peuvent être introduits au niveau de l’articulation pour retirer des fragments libres, lisser le cartilage endommagé ou réaliser d’autres procédures délicates.

L’arthroscopie peut être utilisée à des fins diagnostiques et thérapeutiques pour les problèmes articulaires chez le cheval. Comme outil diagnostique, elle permet au vétérinaire d’évaluer le cartilage, l’os et les tissus mous qui composent une articulation. [1]

L’arthroscopie est utilisée pour diagnostiquer de nombreuses affections, notamment : [1]

Dans la plupart des cas, ces affections sont fortement soupçonnées sur la base des résultats d’autres examens diagnostiques, notamment l’examen physique, les radiographies, l’échographie, l’IRM ou la TDM. [2] L’arthroscopie permet un diagnostic définitif de ces affections dans les cas où les autres modalités diagnostiques sont non concluantes. [2]

Pendant le traitement, les chirurgiens peuvent retirer les tissus endommagés ainsi que des fragments de cartilage ou d’os afin de rétablir une fonction articulaire normale. L’arthroscopie est le plus souvent utilisée pour traiter les fragments ostéochondraux associés à l’ostéochondrite disséquante, mais les autres affections énumérées ci-dessus peuvent également bénéficier de l’arthroscopie. [1]

Équipement

Le principal équipement utilisé pour l’arthroscopie est un endoscope, un tube rigide muni d’une caméra ou d’un système optique à son extrémité que le chirurgien insère dans l’articulation. [1] La plupart des endoscopes utilisés pour l’arthroscopie chez les chevaux ont un diamètre inférieur à 4 mm. [1]

L’endoscope transmet l’image à un oculaire ou à un moniteur externe que le chirurgien peut visualiser. [3] L’unité d’endoscopie comprend également une source lumineuse afin d’éclairer les tissus pour la visualisation. [1]

Le tube rigide qui compose l’endoscope est creux, ce qui permet au chirurgien d’introduire un liquide ou un gaz dans la capsule articulaire. [1] Cela aide à nettoyer les surfaces tissulaires, à éliminer les saignements et à pressuriser la capsule articulaire afin de maximiser la visibilité. [1]

Lorsqu’elle est utilisée à des fins thérapeutiques, l’arthroscopie permet au chirurgien d’introduire des instruments chirurgicaux par une deuxième incision dans l’espace articulaire. [1] Les instruments peuvent inclure des pinces, des curettes osseuses, des lames ou des sondes. [1]

Procédure

La plupart des chirurgiens effectuent l’arthroscopie pendant que le cheval est sous anesthésie générale. Après avoir anesthésié le cheval et l’avoir déplacé dans la salle de chirurgie, ils commencent la préparation de la peau pour l’intervention.

Selon l’emplacement de la chirurgie et les préférences du chirurgien, la préparation cutanée peut inclure la tonte ou le rasage des poils. [2] L’équipe vétérinaire nettoie la peau avec des antiseptiques tels que la povidone iodée ou la chlorhexidine afin d’éliminer toute contamination bactérienne à la surface de la peau. [2]

Une fois la peau nettoyée, l’équipe vétérinaire place des champs imperméables autour du site chirurgical. Ces champs aident à prévenir la contamination du site chirurgical pendant l’intervention. [2]

Le chirurgien pratique une incision initiale près de l’articulation et insère l’arthroscope. Il utilise un liquide ou un gaz pour distendre la capsule articulaire, ce qui facilite la manipulation des instruments dans l’espace articulaire. [2]

Selon la visibilité, le chirurgien peut devoir rincer l’articulation en introduisant un liquide et en le laissant s’écouler par une seconde incision ou par une aiguille placée à travers la peau. [2] Ce processus permet d’éliminer tout matériau pouvant nuire à l’évaluation des tissus articulaires.

Une fois l’espace articulaire propre, le chirurgien commence à évaluer l’articulation afin de repérer toute modification pouvant causer une boiterie. Une fois l’évaluation terminée, le chirurgien peut procéder au traitement selon ses constatations.

Les traitements peuvent inclure : [2]

  • Retrait de fragments d’os ou de cartilage
  • Débridement (retrait) des tissus afin de favoriser une guérison adéquate
  • Lavage de l’articulation pour éliminer le matériel infectieux ou inflammatoire
  • Reconstruction de la surface articulaire

Après le traitement, le chirurgien referme les incisions cutanées à l’aide de sutures. Les champs chirurgicaux sont retirés et le membre est bandé avant que le cheval ne soit réveillé de l’anesthésie générale.

Interprétation des résultats

L’arthroscopie permet aux chirurgiens d’évaluer visuellement l’intégrité d’une articulation, plutôt que de s’appuyer sur d’autres outils diagnostiques qui peuvent ne pas révéler l’étendue réelle des lésions.

Les éléments de l’articulation qu’ils observent comprennent : [2]

  • Le liquide articulaire
  • La membrane articulaire
  • La capsule articulaire et les ligaments
  • Le cartilage et l’os

Liquide articulaire

Le liquide articulaire est généralement clair, légèrement jaunâtre et visqueux (épais). Il ne devrait contenir aucun débris ni fragment. [2]

Lors d’une arthroscopie, un liquide articulaire teinté de rouge peut indiquer une perturbation tissulaire récente ou récurrente, entraînant un saignement dans l’espace articulaire. La présence de fragments ou de débris peut indiquer une dégradation du cartilage ou de l’os. [2]

Membrane articulaire

La synoviale (membrane articulaire) produit le liquide articulaire afin d’assurer une lubrification adéquate de l’articulation. Elle présente des villosités caractéristiques (projections en forme de doigts) sur sa surface interne. [2] Les villosités synoviales réagissent aux lésions à l’intérieur de l’articulation en modifiant leur couleur, densité et épaisseur. Les chirurgiens peuvent interpréter ces changements pour poser un diagnostic.

Les changements courants observés au niveau de la synoviale comprennent : [2]

  • Hyperémie : Rougeur des villosités indiquant une inflammation.
  • Pétéchiation : Petits points rouges sur les villosités, là où de petits vaisseaux sanguins se sont dilatés, indiquant une inflammation.
  • Épaississement : Gonflement des villosités dû à un œdème (accumulation de liquide), évocateur d’une inflammation.
  • Modifications de densité : La coalescence ou l’agglutination des villosités peut être une réponse à l’inflammation, alors que l’organisme tente de produire davantage de liquide synovial afin de maintenir la lubrification. Les villosités endommagées peuvent également développer du tissu cicatriciel, formant des nappes denses.

Capsule articulaire et ligaments

La capsule articulaire est une couche de tissu conjonctif qui contient le liquide articulaire. Les zones soumises à des contraintes élevées s’épaississent pour former un ligament, soit un cordon de tissu conjonctif plus robuste à l’intérieur de la capsule articulaire. [2]

La capsule articulaire ou les ligaments qui y sont associés peuvent se déchirer ou se rompre, ce qui peut être identifié par arthroscopie dans certains cas. [2]

Cartilage et os

Les os qui composent chaque articulation sont tapissés d’une couche de cartilage, qui aide à fournir une surface à faible friction et lisse pour le mouvement articulaire. L’arthroscopie permet au chirurgien d’évaluer le cartilage et les contours des os afin d’identifier toute modification.

Les constatations courantes comprennent : [1][2]

  • Ostéophytes : Zones de prolifération osseuse au bord d’une articulation, indiquant de l’arthrite.
  • Enthésophytes : Prolifération osseuse à l’endroit où un ligament ou un tendon s’insère sur l’articulation, indiquant une inflammation, des lésions ligamentaires antérieures et/ou de l’arthrite.
  • Fibrillation : Irrégularité de la surface du cartilage produisant des ondulations, de petits cratères ou des érosions linéaires. Indique souvent la présence d’un fragment libre dans l’espace articulaire qui interfère avec le mouvement articulaire.
  • Éburnation : Zones où le cartilage est complètement usé, laissant apparaître l’os sous-jacent. Cela résulte généralement d’une arthrite chronique.
  • Fragments : Peuvent résulter de l’arthrose ou de l’ostéochondrite disséquante. Ces fragments se détachent de l’os ou du cartilage et flottent dans le liquide articulaire, ce qui interfère avec le mouvement articulaire et augmente la friction.

Préparer votre cheval pour une arthroscopie

Il n’y a aucune étape particulière requise pour préparer votre cheval à une arthroscopie, puisque la majorité de la préparation est prise en charge par l’équipe vétérinaire une fois que votre cheval arrive au centre chirurgical. Votre chirurgien vétérinaire peut vous expliquer les étapes de préparation qu’il effectue pour l’intervention spécifique de votre cheval.

Après l’intervention, votre cheval aura un plan de soins postopératoires afin d’assurer une guérison appropriée. L’ampleur des soins après l’opération dépend de l’articulation concernée, du caractère invasif de la procédure et d’autres facteurs. [1]

Les éléments courants des soins postopératoires après une arthroscopie comprennent : [1]

Selon les préférences du chirurgien, les installations disponibles et d’autres facteurs, la période initiale de récupération peut avoir lieu à la clinique ou à domicile. Certains chirurgiens peuvent vous orienter vers des installations de pension de récupération chirurgicale ou des centres de réadaptation pour une prise en charge continue.

Si votre cheval a subi un traitement, votre chirurgien peut recommander un programme de réadaptation afin de remettre votre cheval au travail une fois le site chirurgical guéri. Il peut également recommander des traitements intra-articulaires (dans l’articulation) pendant plusieurs semaines afin de favoriser la guérison du cartilage et de réduire l’inflammation. [1]

Un plan de réadaptation après une arthroscopie peut comprendre : [4]

  • Repos au box avec broutage en main seulement jusqu’à 2 semaines
  • Introduction graduelle et augmentation de la marche en main sur une période de 6 semaines
  • Sorties au paddock dans un petit enclos et retour graduel au travail monté

Pendant la période de récupération, vous devez surveiller toute enflure, tout écoulement au site chirurgical, la fièvre ou une boiterie. Communiquez avec l’équipe chirurgicale de votre cheval s’il y a des signes de douleur ou d’autres complications. [4]

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Complications

Bien que l’arthroscopie soit une intervention sécuritaire et efficace, elle comporte un risque de complications peropératoires (pendant la chirurgie) et postopératoires (pendant la convalescence). Les complications graves sont rares pour cette intervention.

Complications peropératoires

Les complications peropératoires les plus courantes lors d’une arthroscopie sont les suivantes : [5]

  • Lésions iatrogènes
  • Présence de corps étrangers dans la capsule articulaire

Lésions iatrogènes

Les lésions iatrogènes désignent des atteintes tissulaires causées par le chirurgien pendant la chirurgie. Elles surviennent le plus souvent en raison d’une technique trop agressive, de mouvements du cheval durant l’intervention causés par une sédation ou une anesthésie inadéquate, ou d’une mauvaise visualisation des tissus au cours de la procédure. [6]

Si une lésion iatrogène est identifiée, le chirurgien traite la blessure et informe le client du dommage. Le pronostic dépend de l’étendue de la lésion, des soins postopératoires et d’autres facteurs. Afin de prévenir les lésions iatrogènes, les chirurgiens sont formés à des techniques délicates et à une manipulation optimale des instruments. Ils veillent également à assurer une sédation ou une anesthésie appropriée pendant l’intervention.

Corps étrangers

La présence de corps étrangers dans la capsule articulaire peut survenir en raison de la rupture d’instruments ou de l’introduction de fragments de champ opératoire, de poils, de peau ou d’adhésif dans l’incision chirurgicale. [5] Dans la plupart des cas, ces fragments peuvent être évacués de l’articulation par lavage durant la chirurgie.

Les instruments chirurgicaux peuvent se briser accidentellement en raison d’une interférence entre les outils dans l’espace articulaire ou de mouvements du cheval pendant la procédure. Les chirurgiens sont formés aux techniques de manipulation des instruments afin de réduire le risque d’interférence. Si un instrument se brise, les chirurgiens utilisent l’endoscopie, la radiographie ou l’échographie pour localiser le fragment et le retirer. [6]

Complications postopératoires

Les complications postopératoires associées à l’arthroscopie comprennent : [5]

  • Neuropathie ou myopathie
  • Infection du site chirurgical
  • Synovite

Neuropathie ou myopathie

À la suite d’une anesthésie générale, les chevaux peuvent être incapables d’utiliser correctement un membre ou plusieurs membres en raison de lésions aux muscles ou aux nerfs. [6] Ces affections résultent généralement d’un rembourrage insuffisant sur la table chirurgicale, entraînant un pincement ou une compression des tissus. [6]

Le pronostic dépend de la gravité de la blessure. La plupart des chevaux retrouvent une fonction normale dans les 10 à 14 jours suivant l’intervention. Si des déficits persistent, comme une difficulté à bouger un membre, après 14 jours, le pronostic de récupération complète de la fonction est défavorable. [6]

Infection du site chirurgical

La chirurgie crée une occasion pour les bactéries de pénétrer dans l’organisme, ce qui peut entraîner une infection. Afin de réduire le risque d’infection, les chirurgiens utilisent une technique aseptique pour minimiser le risque que des bactéries pénètrent dans la plaie. Ils peuvent également administrer des antibiotiques au cheval après la chirurgie afin de prévenir le développement d’une infection. [6]

Le pronostic des infections du site chirurgical dépend de l’emplacement de l’infection. Les infections cutanées se résolvent généralement rapidement avec un traitement approprié.

La arthrite septique, une infection bactérienne de l’articulation, constitue une complication plus grave qui nécessite un traitement intensif. [6] Cette affection est peu fréquente après une arthroscopie, survenant dans environ 1 % des interventions chirurgicales. [7] Le traitement peut comprendre des antibiotiques, un lavage de l’articulation, une perfusion régionale du membre, et plus encore. [5]

Le pronostic de cette affection peut être défavorable, car l’infection bactérienne cause des dommages importants aux tissus articulaires.

Synovite

Certains chevaux subissant une arthroscopie développent un gonflement articulaire après la chirurgie. Ce gonflement peut persister pendant plus de 6 semaines. [6]

La synovite indique habituellement qu’une pathologie est encore présente dans l’articulation et qu’elle n’a pas été complètement traitée lors de l’intervention. [6] Elle peut également se développer si le cheval reprend l’activité trop rapidement après la chirurgie, entraînant une inflammation de faible intensité au sein de l’articulation. Toutefois, certains chevaux développent une synovite idiopathique (cause inconnue) qui peut persister pendant des semaines, voire des mois. [6]

Le traitement consiste généralement à répéter l’arthroscopie afin de retirer toute zone de tissu malade qui aurait été manquée, ou à administrer des médicaments anti-inflammatoires pour réduire l’inflammation locale. La synovite idiopathique peut se résorber avec le temps, à mesure que la capsule articulaire du cheval réduit sa production accrue de liquide articulaire en réponse à la chirurgie. [6]

Les stratégies de prévention comprennent l’administration d’anti-inflammatoires après la chirurgie et un retour graduel à l’exercice.

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